Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) : Coup de clarté sur CLARA!

Publié le 13 Janvier 2026

L’objectif de départ de ce travail était plus réduit mais comme j'ai glané quelques éléments, voici donc une troisième partie sur Clara, avec un travail d’archives, et des témoignages inédits (certains éléments figurent dans les épisodes précédents 1 et 2).  Poursuivre la constitution d’une chronologie, débutée dans la première partie, était aussi intéressant. Quelques trouvailles sont encore au programme,  mais je renouvelle l'avertissement : la majorité des témoignages  reviennent du diable vauvert, d'un temps sans appareil photo toujours dispo, sans internet. Ceci reste un "work in progress" sur une matière molle, vaporeuse, légère et... incertaine.  J'ai laissé d'ailleurs quelques éléments pour le montrer clairement, et dans l'espoir que cela puisse raviver des mémoires, d'autant plus que j'ai aimé me perdre dans certaines impasses qui amènent à découvrir d'autres aspects de ces années-là (les bals, les discothèques, les groupes).  Sur certains points, je m'adresse autant aux musiciens clermontois et amateurs d'histoire du rock qu'aux fans de Murat. 

PS : la liste des concerts des Clara est sans doute loin d'être  complète (Crous Dolet? Yenne?...). PS2 :  Merci de laisser des commentaires!

 

Jean-Louis Murat :

« Je sortais des groupes punk. Dope, overdose, j'étais pris là-dedans. J'étais déjà une sorte de rescapé. Les séjours à l'hosto, les trucs extrêmes, j'ai donné. Théoriquement, je n'aurais pas dû m'en sortir… Et je m'en suis sorti avec ce "Suicidez-vous le peuple est mort", qui était une façon de dire : à quoi bon chanter, le public n'existe plus. Il n'y a plus d'oreilles pour toi. Trente ans après, c'est encore pire » (Télérama 2014).   

 

Voilà comme précédemment une citation alléchante pour entamer un article sur cette période, mais les lecteurs attentifs de la partie 2 auront constaté que les propos de Murat, tout comme la mémoire de chacun, sont des éléments à manier avec délicatesse… si bien qu’on pouvait croire que Jean-Louis avait rendu impossible toute biographie qui s’appuierait sur ses interviews. En tout cas, on l’a pensé ici, même si au bout du compte, avec certaines récurrences et en retirant un peu de l'esbroufe et de la poudre aux yeux pour journalistes, le syndrome de la mythomanie n’est clairement pas attesté - la tentative de le démontrer de Sébastien Bataille était vaine (ou peu convaincante). Cela n'empêche pas quelques arrangements avec la vérité, avec le côté grande gueule médiatique en sus... Pour autant, on ne revendique pas, loin de là,  d'avoir établi toute la vérité. Aucune âme d'archiviste n'a été trouvée dans les personnes interrogées et  certaines fumées semblent avoir nui de leur propre aveu à la mémoire de celles-ci...

 

On débutera par une première date tout à fait fiable : 11 mars 1978. Ce jour-là a eu lieu, et ce n'est pas au doigt mouillé, c'est avéré, le décès de Claude François. Pour le reste, c'est à voir : à La Bourboule, on aurait fait une « Grosse java » pour fêter ça. C’est aussi pour ce genre de remarques que Jean-Louis doit être classé dans les rockers… (Deux Plexiglass feront hurler leurs amis en 1980 le jour de la mort de Joe Dassin en criant « Joe Dassin est mort, vive les Rolling Stones », les chats ne font pas des chiens).

 

Quelques rappels sur des choses déjà évoquées :

- Printemps 78 : premières répétitions durant les vacances de Pâques (selon Alain Bonnefont).

- Concert pour se tester avant le grand événement (à la MJC selon Marco, mais il est possible qu'il ait eu lieu en-dessous du casino selon J.P. Haddou).

- Eté : Clara profite du buron des Pardons (Lieu-dit à la Bourboule), qui appartient à son ami Jean-Pierre Tatry. Il le citait en sa présence lors du concert "Clara" du KOLOKO 2013! Sa sœur Christine, qui a assisté à quelques concerts de Clara, confirme l’année. A propos de son frère et de Jean-Louis, elle dit : « des amis d'enfance, deux forts caractères, avec les mêmes valeurs, qui s'amusaient à se contredire. Ils se tenaient tête, souvent fâchés mais jamais très longtemps. Ils se connaissaient par cœur ». Christine se rappelle de Jean-Louis en supporter de la course cycliste.

Petite digression.... ou pas  :  des courses ouvertes aux professionnels avaient lieu jusqu'en 1954, avant 18 ans d'arrêt de la pédale dans la haute vallée de la Dordogne. En 1972, l'Union Cycliste La Bourboule-Le Mont-Dore est créée ainsi qu’un événement, «La nocturne des commerçants». Jean-Louis a donc sans doute soutenu Joël Bernard de l’équipe CR4C qui l’emporte le 06/08/1978, Jean Tiberghien (de l'UCBMD) victorieux le 04/08/1979 ou Jacky Portejoie (ACVSY) le 02/08/1980. Mais cette création tardive de clubs a peut-être joué un rôle décisif dans l’histoire que nous contons : da, ns les années 1960le jeune Bergheaud qui discute  musique et du cyclisme avec son pote Marco, « mises à part quelques petites courses » n’a pas pu se lancer dans la compétition sportive  faute de club à La Bourboule. Il l’indiquait devant Pierre Chany, son journaliste sportif préféré, à Nulle Part Ailleurs ! L’existence d’un club cycliste dans les années 60 à La Bourboule aurait-il pu changé l’histoire de la Française Pop ? L’ investissement dans le sport licencié en club aurait-il changé la vie de Jean-Louis ? Aurait-il  développé des capacités de grand rouleur (au vu de son physique) et pas celle de rouleur de...,  ou franchi en tête de peloton le très anonyme Col de la Croix-Morand ? Ou encore, acculé par les médias, aurait-il fini par avouer, devenant un héros des Guignols de l'info :  « Les hasards d’une fatalité malveillante voulurent que, privé de toute connaissance et de toute volonté propre, je fusse amené à user d’artifices étrangers à ma nature, lesquels vinrent troubler l’authenticité de mes forces»... On peut en douter… Pour en revenir aux faits, au début des années 90, une jeune femme qui faisait le catering, juste avant  la montée sur scène, se voit confier par le chanteur qui n'avait daigné parler à personne avant ça, un objet porte bonheur : "une figurine cycliste.  Je l'ai gardée précieusement pendant plus d'une heure."

Pour finir sur le cyclisme et un clin d’œil, l’histoire entre le vélo et La Bourboule est ancienne : elle a été l'une des toutes premières villes d'Auvergne à posséder un vélodrome (exploité par la Société des Casinos). Il était en terre battue et se trouvait sur l'emplacement du centre équestre actuel, le Mont Sans Souci. Une enseigne "Café du Vélodrome" est toujours visible de nos jours (ci-dessous). Selon les archives départementales, il aurait été entièrement réaménagé par la Ville, agrandi et couvert entre 1932 et 1938, le conseil municipal jugeant cette investissement « absolument indispensable à notre station ».

Cette petite étape n’a pas été inutile Elle permet de dénicher une photo de l’abri qui servait de scène pour le Festival de la Bourboule (en vidéo là, sous la neige), et donc de tourner la page, ou la roue vers...

- 28/08/1978 :  le Festival "New Wave Rock" de la Bourboule On ne revient pas là-dessus car un article complet existe. Contentons-nous d'indiquer que le festival est organisé pour offrir à Clara une première scène par un "gros dealer français" (a dit Jean-Louis), qui circulait en voiture pour ne pas se faire arrêter par les gendarmes. Le batteur des Asphalt Jungle en overdose est incapable de jouer. 

P.J. Fontfrède qui a joué ce jour-là m’indique qu’un enregistrement sur bande magnétique aurait été fait… Pour lui, Sergio Brut, le propriétaire des Écuries, était dans l’organisation, mais il ne s’agissait pas du grand ordonnateur. Rappelons que l'article de presse relatant l'événement parle de cent personnes dans le public : le festival "ne paraît pas avoir autant marqué l'histoire de la musique locale que Murat aimerait le laisser penser" et "ne rassembla pas une foule immense" nous disait Matthieu dans l'article. A part les souvenirs des locaux de Plexiglass, aucun autre acteur clermontois interrogé n'a semble-t-il été présent. A noter que La Tour d'Auvergne connaît également son festival en 1982 avec les groupes de Christophe Pie et Christophe Adam notamment et que de nos jours, le Festival L'Arsenik qui a lieu dans le théâtre de La Bourboule se pérennise. On y verra les amis BELFOUR cette année du 17 au 21/02/26 (9e édition).  

 

 

- Automne 1978 : les Écuries (cf partie 2). L’installation du studio avec cabine sera sans doute finie au printemps 79, car Roger Giraud de Plexiglass raconte avoir participé au collage des plaques d’œufs.

 

- Date imprécise : Jean-Louis a une vieille Simca qui les lâche (souvenir de Christine Blanc). Ils achètent une camionnette Ford Transit MK1 d’occasion. On en reparle ensuite.

                            Le modèle exact

- Rapidement, les Écuries ont des visiteurs :

Plexiglass a eu l’honneur de faire l’objet d’un article entier (le précédent), l’histoire était très méconnue. Le lien avec les Sales Gosses est plus documenté mais assez comparable dans la relation avec Jean-Louis, même si eux existaient avant Clara. Christophe Adam (on en a souvent parlé ici) et Dominique Cartier nous apportent quelques éléments nouveaux.

Dominique qui est de 1960 raconte que le groupe se forme au lycée, Jean-François Alos est leur pion, ils sont en classe avec Agnès Audigier, sœur de Marie et Christophe est « très pote avec François Saillard (nous étions ensemble en 4ème), la connexion se fait d’abord par rapport à lui sans doute ». Le tour du petit monde des rockeurs de Clermont est vite fait, tout le monde se connaît. Christophe a rencontré via le club de ski (comme Annie Clavaizolle d’ailleurs) P.Y. Denizot, le fondateur d'Arachnée. Les groupes étant peu nombreux , ils vont vite être programmés sur des gros concerts dont Status Quo. Ils ont 16 ans. Sur cette époque, Serge Pantel (figure clermontoise figurant dans le livre Une histoire du rock à Clermont à Ferrand pour sa participation à High School, Tachycardie et Real Cool Killers) indique qu’en 1977, il ne savait pas s’il existait d’autres groupes à Clermont et que c’était une vraie chance d’avoir connu cette période. On a raconté qu’il était un peu surréaliste de vouloir faire du rock à La Bourboule en 1977, mais Serge relativise : il n’y avait pas beaucoup de concurrence et le public était curieux, les gens venaient voir des concerts. (Le contraste est cruel avec la période que nous vivons, où il faut presque payer pour jouer dans des bars et offrir une musique de fond à des gens en terrasse).

Christophe Adam : « Nous avions dix ans de moins [ou presque] et le premier matériel que nous ayons acheté était deux amplis Ampeg à transistor et un Teisco pour la basse. Auparavant nous répétions dans ma chambre avec des radios bricolées par le frère de Dominique Cartier. Clara était le premier groupe, en dehors des groupes de bals, qui avait du matériel professionnel. La première stratocaster que j'ai vue était celle de JLM, le premier vox celui d'Alain sans parler de l'Ampeg en plexiglass de JF Alos.… La première fois que je suis passé aux Écuries, Jean-Louis était encore avec Michelle, la maman de Yann et Marie était avec Jeannot. Je me souviens très bien ensuite d'un voyage en train avec Agnès et Marie Audigier où Marie nous laissait entendre à demi-mots qu'il s’était passé quelque chose avec Jean-Louis. Je pense qu'à l'époque Agnès était avec notre guitariste Christian Isoard. » Christian Isoard dit Kiki a poursuivi sa route avec Christophe dans Fafafa. Dominique Cartier se rappelle encore avec émotion de lui : « il me manque terriblement, pour moi, il n’y avait pas meilleur guitariste ». Il est mort à 55 ans (on le retrouvait aux côtés de Murat lors du concert pour la Roumanie avec le groupe Steve Mac Queen composé d’Alain Bonnefont, Stéphane Mikaelian, Jérôme Pietri). Son talentueux fils Sam a pris le relais à la cinq cordes.

 

Il y a eu donc plusieurs visites des Sales Gosses aux Ecuries, notamment quand un véritable studio a été aménagé. Il reste une trace de cette fréquentation puisqu'on peut entendre le saxo de Jean-Louis Murat sur un titre des Sales Gosses. Du côté des Plexiglass, Roger se rappelle du temps passé avec eux et de bons moments de rigolade (ils avaient le même âge, les gens de Clara étaient plus vieux), mais Jean-Pierre se rappelle d’un Christophe Adam « d'une suffisance et d'une arrogance extrêmes », un sale gosse, quoi!

 

La relation entre Christophe et  Jean-Louis s'avéra compliquée. On le devine  avec ce que Christophe disait dans Une histoire du Rock... de P. Foulhoux : «  On est devenu super potes avec la bande de La Bourboule. Tout le monde s’est embringué dans la secte de JL Bergheaud. On découvrait une espèce de gourou qui écrivait des chansons non stop sur rouleaux de PQ. Écrire, c’était sa seule obsession. Je découvrais un poète barré qui ne pensait qu’à ça. On s’est retrouvé à faire des maquettes chez lui. Et là, il s’est mis à intellectualiser le truc. Il avait à redire sur mes textes, et gnagnangna gnagnagna». (Rappelons que les Sales Gosses se réclamaient du punk et chantaient « T’en fais pas, bébé, tu as déjà ta place au cimetière!"). Le côté prof de Murat pouvait ne pas bien passer avec des jeunes punks un peu morveux, même si Christophe reconnaît qu’il a participé à sa culture musicale.

 

En tout cas, les Sales Gosses sont contents de pouvoir profiter des installations, de pouvoir avoir des enregistrements permettant peut-être d’assurer leur promotion. Et ce coup de main, Jean-Louis devenu Murat va continuer à le donner. Christophe indique que son nouveau groupe, Armée Rouge, se retrouve à enregistrer au  studio de Flexanville (dans le livre, c'est marqué Herouville, mais c'est une erreur puisque Murat a enregistré le disque LP Murat dans le premier) par son intermédiaire puis qu’il les emmène au MIDEM où ils rencontrent Nino Ferrer dont ils feront le backing band lors d’une prestation à la radio chez Foulquier.  Se faire appeler Armée rouge dans les années de plomb n’étant pas forcement une bonne idée quand on n’a pas une vocation de révolutionnaire, ils deviendront Fafafa, plus tourné reggae. Le groupe emploiera Alain Bonnefont et Christophe Pie et n’aura pas la carrière qu'on aurait pu attendre. Plus tard, Marie Audigier  amènera à Christophe la collaboration avec l’arrangeuse Marie-Jeanne Serero (de A bird on a poire, interviewée ici)  avant de devenir un acteur de la grande époque de Clermont Capitale du Rock, période Kutu Folk, puis fondateur de la chaîne youtube French Kiss, l'occasion de bœufs comme au temps des Écuries avec Alain B. ou des invitations aux Vinzelles, sans parler de son disque célébré par Didier Varrod. 

Christophe Adam est donc resté ami de nombreux camarades de Murat, mais avec Jean-Louis beaucoup moins... Sa participation aux chœurs dans Babel sur « Chacun vendait des grives » nous a surpris à l’époque (avec Alain et Christophe).

Cela ne l’empêchera pas par la suite de revendiquer auprès de moi sa religion au credo étonnant : l’interdiction d’écouter du Murat, un credo qui résonnera avec certains propos de José Pereira en partie 2… Brûler l’idole ? accepter sa protection ? devenir son apôtre ? devenir agnostique ? A un certain moment, être musicien à Clermont, c’était devoir faire ces choix, être pour ou être contre… avec cette particularité détectée par Didier Veillault,  le directeur de la Coopé, dans le livre de P. Foulhoux :« C'est une caractéristique du milieu rock clermontois. On n'aime pas leus meilleurs. Pierre-Yves Denizot, Jean-Louis Murat, Marc Daumail, Jean Felzine ».

Deux derniers mots de Christophe Adam : 

- « Sur les photos au buron [en plein air, potentiellement en 78], on voit la console Cerwin-Vega que Clara avait achetée a Clermont music, on s’étonnait à l’époque, on se demandait d’où ils tenaient le fric; connaissant bien JF, François et Alain on savait que cela ne venait pas d'eux ni de leurs familles ». [Cerwin-Vega était une marque innovante à partir des années 50 notamment sur les amplis, les hauts-parleurs (utilisés par Fender). A l’époque, ils ont utilisé le slogan "Loud is beautiful… if it's clean"]

- "sur une autre photo, on voit des bouteille de jaune. Ça me fait penser à l'Hepatoum dont il  [Jean-Louis] était friand!".  Roger nous l'avait déjà raconté : "Jean-Louis avait constamment le foie malade de stress, et il tournait à l’hépatoum. C’est un truc pharmaceutique pour se libérer de la bile et il se gavait de ça. Je lui disais : « mais arrête de boire !" Je ne me rappelle pas des migraines, mais l’hépatoum, ça m’avait marqué".  Une consommation (en vente libre) peut-être marquée par le sceau du régionalisme puisque le macéré de curcuma est fait avec de l'eau de Vichy... et de l’éthanol (à la limite maximum de certaines  posologies, d'après mes calculs peu savants, ça pouvait représenter  l'équivalent 10 cl de vin. Dans les années 80, il passa à la codéine d'après ses aveux chez Ardisson).  

Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!

On retrouve trace de deux concerts communs entre Clara et les Sales Gosses, à Riom en avril 79 - attesté - et - selon un témoignage cette fois-ci - au Casino de La Bourboule (mais ni Christophe, ni Dominique Cartier n’ont de souvenirs de concerts). Roger Giraud des Plexiglass raconte : "Clara et eux se tiraient la bourre. Une rivalité. Je me rappelle de Jean-Louis qui disait, quand Clara faisait leur première partie, ou que c’était les Sales Gosses qui jouaient avant : « il faut qu’on mette le max ! ». Les Sales Gosses étaient un peu plus rock. Il y avait deux trois musiques qui envoyaient chez Clara mais c’était un peu plus cool et plus élaboré au niveau des textes ».

- 17/11/78 : première partie de Lavilliers : Voici ce qu’a rapporté La Montagne : « En faisant la première d'un « grand », c'est clair tu joues ton joker : pour le groupe « Clara », hier soir à la Maison des Sports, ça s'est terminé par décision du public avec jet de l'éponge. Dommage. À bientôt, certainement." Et ce qu’en a dit Jean-Louis : « Pour Lavilliers, idem, dès la première note le public nous hue, on enchaîne, je les traite de tous les noms, de culs-de-plomb, de public de merde dans une ville de merde, et on part sous les quolibets et les canettes de bière ! Pierre-Yves Denizot avait du courage !". On peut peut-être ranger la citation dans les exagérations de Mister Murat (comme ce qu’il avait raconté du festival d’août 78), d’autant que Roger comme José des Plexiglass se rappelle d’un Jean-Louis assez timide, voire effacé, peut-être totalement concentré sur sa création. (José et Jean-Pierre ne l’imaginent d’ailleurs pas du tout en séducteur, « c’est plutôt les femmes qui s’approchaient »).

Le photographe clermontois Danyel Massacrier immortalise le moment :  (on a présenté la série de 5 photos lors du deuxième week-end Murat)

Murat a parlé une fois d’une première partie pour Motörhead, mais c’était peut-être une erreur ou une blague ! Programmer Clara en première partie d’un groupe de hard aurait été somme toute dangereux. Christophe Pie avait auprès d’un internaute tout-à-fait écarté cette possibilité (en sachant que Matthieu avait lu l’ensemble de la presse locale de l’époque sans en trouver aucune trace).

 

- Départ de François Saillard - arrivée de Jean-François Alos (avec un seul L!). Ce dernier est plutôt guitariste mais il accepte de prendre la place de bassiste.

 

 

 

 

 

 

Jean-François dit Nonoss (image tirée d'un teaser de l'album Taormina) et François lors du concert Lavilliers (par D. Massacryer).

 

Tirer un fil en amène un autre, et de fil en aiguillage, et n’ayant de maille à partir avec personne, il se trouve qu’un camarade courant historique punk, Eric Romera, activiste clermontois et toulousain, cofondateur de Spliff (on retrouve ses fanzines archivés) et qui devint journaliste, nous apprend que le «petit François» a eu un court projet - comme on ne disait pas à l’époque - "Général Sinse" (et un autre  "Rocco Flamengo"  tirant sur le reggae, figurant sur la cassette Bibendum vol 1)… et que Jean-Louis aurait participé à des chœurs sur le titre "French Sinsemilla". Ce serait sorti là encore sous forme de cassette avec Spliff.  Il faut faire confiance à Eric sur ce coup-là - mais il est sûr de lui, la "deuxième voix est celle de Murat" affirme-t-il - car à l'écoute de ce préquel rancheriste, hymne locavore et écoresponsable avant l'heure, difficile de le dire, à part peut-être un "mmm" (un peu effacé sur cette version mixée avec un son plus fort : à 49 sec).  François qui répondait à Jean-Louis avec humour sur le blog de Didier  (« Comment ça : pas une dans le panier? Je débutais, mais j’inventais une nouvelle manière de jouer de la basse : pas dans le temps, mais pas à contre-temps non plus ») est parti sans revendiquer sa place dans l’ombre de Jean-Louis (qui répéta également dans un local qui appartenait à François  au cours des années 80).  Article lors de sa mort en septembre 2025

 

(La branche reggae était très active sur Clermont avec Fafafa et les Sinsemilla, à ne pas confondre avec les grenoblois de Sinsemilia.  Un de ses plus fameux représentants, Guillaume Metenier (Sales Gosses, Armée rouge et Fafafa) évolua ensuite avec les Babylone Fighters et les Satellites, et proposa un feat à Murat sur "La ballade de Melody Nelson" avec son groupe Seven Dub (il en parle ici vers la 13e minute en donnant des précisions inédites).  « J'ai découvert Al Green chez Jean-Louis Murat»  a-t-il témoigné. 

"French sinsemilla" en écoute (on attend vos commentaires!) :

                                                                             Le Petit François, en 2010  (par Y. LOUDIER, TDR)

 

 - 1978 : un autre souvenir de rockeurs clermontois nous permet de trouver la trace d’un concert supplémentaire avec Ambulance, le groupe de Joël Rivet, en première partie de Clara (il y avait déjà Jean-François selon J. Moiroux). C’était au Cinéma L'Essai à Clermont. (Après, Joël est parti en Angleterre, un an, puis a fait deux ans de service militaire en Jordanie, et est revenu en 81, où il a eu l'autorisation des parents de Christophe Pie de le sortir du lycée le mercredi après midi pour répéter avec les Guêpes). Le cinéma est aujourd'hui détruit. Il se trouvait rue Antoine Menat ou rue Jean Baptiste Torilhon juste après le lycée Amedée Gasquet. Il a été rasé pour créer le parc Torilhon. Il servait au ciné-club local ainsi que pour les examens du permis de conduire.

 

- Date indéterminée : Ville Le Grand  (74). Jacky Stadler qui a rencontré à Thonon Jean-Louis grâce à Gérard Guillaume, copain d’enfance de la Bourboule, raconte  : «J’avais de mon côté un groupe aussi, Ultime Atome, et une association, ARC (Art, Recherche et Créations). On organisait des concerts sur Annemasse et alentours, et bien évidemment on a programmé Clara dans une salle à Ville Le Grand, en 78 ou 79 je pense  - à vérifier, mais c’est difficile maintenant de trouver une trace de ce concert. De mémoire, il avait bien marché, avec un autre groupe aussi. Enfin ce n’était pas des milliers de spectateurs, en plus la salle ne le permettait pas, mais 200 ou 300 personnes c’est sûr! » (Matthieu qui avait été particulièrement bien inspiré, avait contacté Jacky il y a dix ans, un très court échange avait eu lieu confirmant la bonne pioche… mais Jacky n’avait plus répondu à nos sollicitations avant une ultime tentative cette année. Il est un symbole des difficultés que l’on avait de récolter des témoignages du vivant de Jean-Louis, c’est  moins difficile désormais).

 

- On fait un saut jusqu’au mois d’avril 1979 qui se révèle chargé ! Les membres de Clara ont-ils profité de la saison d’hiver pour bosser? (Il semble qu’elle n’offre pas beaucoup de perspectives autres pour les musiciens ; aujourd’hui encore, c’est l’été que l’on retrouve Adèle Coyo, Matt Low, Denis, Coco Macé - pour parler de l’été 2025 - et beaucoup de camarades au Parc Fenestre ou dans le square, ou différents autres événements à La Bourboule comme au Mont-Dore).

- Date indéterminée (Avril?)  : un concert commun, dont Serge Pantel est le premier à nous  parler, à la fac des Cezeaux, amphi 4 (ou 6 ; on parlait du lieu en partie deux, Ferré y a joué en 76) avec Hard Trip (Clara en première partie, avec High School). Thierry Soustre de High School qui gérait l’aspect « commercial » du groupe se rappelle avoir été contacté par Jean-Louis pour jouer : « On ne s’était pas encore croisé, ils ne tournaient plus là-haut et ils cherchaient à se montrer plus à Clermont. Jean-Louis m’avait demandé de faire la première partie ». Thierry lui a donné le contact des étudiants qui organisaient le concert. Pour lui, c’était en avril. Serge se rappelle à quel point Jean-Louis impressionnait : « On se sentait un peu comme des gamins  par rapport à lui, on le voyait pour la première fois et d’emblée, on sentait la maturité qu’il avait, à la fois dans la façon d’appréhender la musique, les concerts, et la maitrise de la façon de composer les chansons, les arrangements. Et j’ai préféré cette époque à ce qu’il a fait par la suite ». Thierry Soustre se rappelle avoir bien échangé avec les gens de Clara ce soir-là, mais sur un sujet un peu inattendu : leurs expériences de bals (en tant que musiciens). High School était aussi sur cette activité lucrative, cela leur permettait de jouer beaucoup, ils sont allés plus tard l’exploiter dans le sud, fuyant le secteur clermontois (comme SOS, le groupe de J. Pietri) qui était trop synonyme de bagarres très violentes : les bandes s’affrontaient en « match aller et retour », dans le bassin minier, à Issoire surtout dit-il, et les municipalités interdisaient les bals. Il me nomme l’orchestre Concorde dans lequel certains Clara auraient joué, un groupe assez professionnel, « Concorde 70 » avec grosse camionnette peinte au nom du groupe. On y trouve Mike Lehman - Jacques Jouffre dit  « le phoque » - qui aura lui aussi son groupe de bal Alfa, Marc Bourguet  (Gâtec Jazz band actuellement), le bassiste Alain Garaud (Eric Morata de la discothèque Les Sucquets à Orcines, futur Phidias a assuré un remplacement),   le tout dirigé par Jean-Pierre Martin qui aura le studio Probam, utilisé par Murat quelques années plus tard (Jean-Pierre Martin, qui a été avec Ange pendant 20 ans,  est crédité sur plusieurs disques dont Murat en plein air!). Et ce dernier nous confirme :Alain Bonnefont a été le guitariste du groupe!  Comme on l’a déjà dit, ces groupes de bal, parfois très rocks comme SOS, et ces lieux de danse (Les Sucquets remportent un grand succès avec leur soirée rock du vendredi) étaient importants pour la diffusion de la musique… et Jean-Louis en a profité  (il a chanté "le Bal à Giat" et "le Phidias" et  ce n’est pas un hasard si, comme nous l'a appris Roger Giraud,  une peinture qui ornait le Café des Négociants à La Bourboule le représentait en train de danser avec sa première femme…). Tous les jeunes de l'époque avaient donc sans doute de nombreuses anecdotes de bal à évoquer... et encore plus si on porte le même nom que le roi de la cabrette, ce qui vaut quelques confusions sur les internet!). 

Aux manettes ce soir-là, aux Cezeaux : Jean-Paul Haddou (qui est interviewé lui aussi dans le livre Une histoire du rock...) Il a commencé dans le domaine de la musique par sonoriser ses amis de High School (qui faisait en 77 la première partie de Renaud, puis de Starshooter, et a gagné un concours au Golf Drouot). Il a fait l’acquisition d’une des rares sonos sur Clermont (avec celle de Félix Louvel me dit-il, qui faisait des concerts avec le surnommé « Ripolin » à la fac de lettres et devint directeur des services techniques de Thiers), et se retrouvait donc à l’utiliser à droite et à gauche. Jean-Paul a poursuivi ainsi tout en faisant des études d’ingénieur et a créé une entreprise qui est devenue une société importante de sonorisation et matériels pour la musique (STS. Son successeur Eric Potte est décédé en décembre 2025). Et Jean-Paul nous fait une surprise : des photos de ce concert ! On les a publiées ici.

Il avait en sa possession des bandes de concerts… mais ses archives ont été attaquées par les moisissures il y a déjà bien longtemps, l’obligeant à jeter ces trésors à la poubelle ! Il se souvient avoir rencontré avant la bande de Jean-Louis pendant l'été pour un concert au Casino de la Bourboule (en réalité : en dessous, « une salle désaffectée » qui devint une discothèque). Il dit que c’était avec les Sales Gosses, mais là encore, les souvenirs sont vagues : « ça planait dans tous les sens, c’était compliqué ». On retrouvera un peu plus tard Jean-Paul.

Le troisième groupe qui était présent ce jour-là faisait du "hard" comme l'indique leur nom, Hard Trip. Spliff raconte qu'un ingénieur du son a menacé, lors d'un concert à La Bourboule (peut-être avec Clara donc), de se barrer s'ils ne jouaient pas moins fort ! Jean-Paul ne peut pas certifier qu'il était cet ingénieur du son mais reconnaît bien son "style" : "Oui, j'aurais été capable de le dire et de le faire! J'ai viré les Washington Dead Cats de la maison du peuple!".  L'interview ci-dessous dans Spliff numéro 1 donne une bonne image des loulous de Hard Trip, et fait surgir une autre réminiscence chez Jean-Paul: "Ils avaient osé taguer leur nom sur un garage le long du boulevard Léon Jouhaux face au cimetière... alors qu'à la même époque, Clara avait tagué en ville vers la place de la treille et sur le mur du CROUS à Dolet ! Le tag était resté très longtemps à Dolet. Il était là (mais l'escalier latéral n'existait pas à l'époque) :

 

 

 

 

Voilà une information qui me ravit mais me rend triste pour Matthieu Guillaumond qui avait produit ce beau travail de recherche sur les graffitis clermontois... et le fameux "suicidez-vous le peuple est mort" du 8 place Michel de l'Hospital. Personne ne nous avait évoqué de graffs "Clara" à l'époque. Il aurait adoré!

 

Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!

 

- 07/04/79 :  première partie de Téléphone au Palais des Sports. Jean-Louis essaye de taxer Jean-Louis mais sans succès. Matthieu a évoqué tout ça ici  [Murat a parlé de plusieurs premières parties de Téléphone, mais il est impossible de l’affirmer. Montlucon?]

Cette première partie comme celle de Lavilliers ne laisse pas un souvenir impérissable (Le semeur Hebdo parle de deux mauvais accueils - ci-dessous à droite -, La Montagne, elle, excuse le groupe : ces deux prestations de Clara "se sont déroulées dans de mauvaises conditions (mixage défectueux, etc.)". 

 

- -21 avril 1979, Festival « Rock d’ici »:

 L'événement rassemble dix groupes auvergnats dans la   salle des fêtes de Riom. Pour 20 francs, le public peut     entendre : «ATTILA ET LES AUTRES», «JUDAËX», «LARSEN»   et«CLARA» notamment. C’est organisé par Jean-Paul Haddou et l’association Rock Culture. Ce dernier se remémore quelques bribes… et ça a été encore   mouvementé  pour Clara ! « On avait essayé de faire un truc   assez exhaustif de ce qui se faisait sur Clermont et dans la   région (le Cantal)», une grosse organisation donc mais « Pour Jean-Louis, ça ne s’était pas bien passé. Jean-Louis avait engueulé un peu le public, et le répertoire depuis l’été, ou les Cezeaux, avait complètement changé. Il n’y avait aucune chanson qu’on connaissait. Il avait peut-être débarqué en voulant faire vingt chansons, mais le temps imparti ne le permettait pas. Et c’était que des chansons nouvelles. Il avait engueulé tout le monde… à cause d’un aigle royal qui avait été tué à La Bourboule ou dans ces coins-là, et il y avait consacré une chanson [on fera le lien avec le rapace de la pochette de Passions privées].  Le festival en lui-même s’était bien passé, on avait dû faire un petit bénéfice de 1700 Francs. On offrait juste la bière et des sandwichs aux musiciens». A toutes ces occasions, Jean-Paul a pu constater le caractère bien trempé et difficile de Jean-Louis et avoue avoir plus discuté avec Marie qu’avec lui, mais il est parti quand même plus tard en mini-tournée avec lui, en 1984. Il se rappelle des répéts intensives dans la Maison de la Culture où ils se gelaient (un autre participant avait évoqué le froid semble-t-il),  et d'un concert au Teil, vers la centrale nucléaire, dans une salle pourrie et… bien vide (on ne connaissait pas ce concert!). "Je me rappelle d'avoir acheté un compresseur SCV audio d'occasion à Dominique Guerré (de STS, puis Mix et Mousse, puis Railcoop). C'était la première utilisation.  Au son, c'est possible qu'il y ait eu Jean-François Alos, j'ai beaucoup bossé avec lui à  cette époque notamment sur "St Amant Rock ça vibre", le concert du groupe Indochine à Royere-De-Vassivière...".  Après avoir revu les images du concert de Lyon, il se rappelle de la salle Rameau, compliquée en terme de son et pour se garer :  «Il me semble reconnaître le matériel JPH Sound, via le sticker du micro, les wedges 3 voies de Jean-Louis et la colonne batteur". Les anecdotes des ingénieurs du son ne sont pas les plus croustillantes, il faut l'avouer, mais c'est amusant de  constater les sujets de prédilection de chacun (en comparaison, exactement au même moment, j'interroge un musicien sur un festival commun avec Bashung et les Suisses de Maniacs de Stéphane Reynaud, à St Amant Rock justement,  et lui, ce dont il se souvient:  c'est d'une bouteille de Vodka! "Si elle avait été descendue après être passé sur scène, ça aurait pu le faire"!).  Jean-Paul conclut sur Jean-Louis :  "On ne savait jamais trop dans quel sens il allait partir, mais disons que c’était rarement des grands éclats de rire. J’ai eu du mal à l’aborder ». 

Les photos signées Guy Forgeois qu’avaient dénichées Didier Le Bras datent de cette soirée, et non pas d’octobre 79 comme il l’avait indiqué sur son blog.

 

 

- Avril 1979 : le groupe Clara et son leader Jean-Louis Bergheaud enregistre une maquette aux studios « Magic Productions » à Riom selon la coupure de presse donnant l'adresse des Ecuries et le téléphone (on ne sait pas où cela a été diffusé). La mention de  deux premières parties seulement (Téléphone et Lavilliers) fait penser qu'elles ont été les seules pou Clara.  Sur cette session, Patrick Vacheron que Jean-Louis emploiera pour quelques sessions ultérieures n’a pas de souvenir.[EDIT: Erreur:  C'est de leur rencontre lors d'un concert à la Bourboule dont il ne se rappelle pas précisément. Sur le blog  de Didier: "il m’arrivait également d’être sollicité pour sonoriser des concerts « live » sur des évènements particuliers. C’est lors de l’un de ces festivals, auquel je participais à la Bourboule, que je me suis retrouvé derrière les « manettes » du groupe CLARA et que j’ai rencontré Jean-Louis BERGHEAUD, qui était déjà, une figure de la scène Clermontoise. Nous avons sympathisé et tout naturellement, lorsqu’il a décidé d’enregistrer des maquettes pour promouvoir CLARA, c’est vers « Magic-Productions » qu’il s’est tourné. Jean-Louis était déjà très charismatique et très exigeant dans sa démarche musicale et sonore. Son caractère bien trempé, sa détermination, sa soif de réussir, son besoin de bousculer, de déranger, d’innover, de rechercher en permanence, son éternelle insatisfaction (même lorsque tout semblait lui plaire quelques instant auparavant ) et cette faculté incroyable de nous emmener là ou il voulait aller, de nous enfermer dans son monde, son regard bleu profond, transperçant, sa culture d’une richesse incroyable et sa voix monocorde et envoutante, j’avoue que ce fut très déstabilisant, mais certainement l’une de mes plus belles rencontres artistiques". Dans le Roman de Murat, il est ajouté à cette citation  à propos de son regard "transperçant comme un Husky]]. On peut penser que Jean-Louis veut tester le passage à l’enregistrement avec des professionnels. C’est une étape complexe qu’il ne maîtrisera sans doute qu’à partir de Cheyenne Autumn, le LP Murat piloté par Zacha qui reconnait ses erreurs, avec des «musiciens de studio» aux dents bien blanches mais limées restant sans doute un moment malheureux pour lui. Les références musicales de cette coupure sont intéressantes, peut-être un peu à visée commerciale, plus porteuses que le "continental rock" dont ils s'affublent : de Roxy à Julien Clerc (Matthieu me parlait de son "Yann et les dauphins" datant de 69). 

 

- 30/06 ou 1/07/79 :  Fête de l'Huma, Pont du Château. Des photos de Marco existent, et cela a été chroniqué rapidement en BD par un ami d’Alain Bonnefont, Thiriet, dans Histoire de la Musique, en 2010 (chez Fluide Glacial). On y apprend que Jean-Louis « fait un scandale » (à dire en imitant Georges Marchais?) pour avoir une charrette plus grande. La photo ne détermine pas s’il a eu gain de cause. La célèbre photo contre le mur de cimetière est signée Marco (faussement légendée dans le Chorus de 2002 et dans la BD)

 

 

 

Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
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Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!
Le Rock Bourboulien (partie 3- épisode1) :  Coup de clarté sur CLARA!

- Juillet 79 : concert au Casino (date fixée par Marc-André dans un commentaire sur le blog : « J'ai fait quelques cures à La Bourboule (via une colonie de vacances). En Juillet 1979, j'ai eu le batteur de Clara comme moniteur [la famille Esnault a une maison d'enfants, qui a aussi employé Marie]. J'ai pu dater parce qu'il m'a fait découvrir le premier LP de Joe Jackson et le le deuxième de Police. Bref, pendant ce mois de juillet, j'ai vu Clara en live au grand Casino de la Bourboule (un samedi, en matinée forcément) ». Avec Plexiglass sans doute.

 

- 28/10/79 :  Encore un événement que l’on ne connaissait pas, un Festival à Fontevraud, au Logis Bourbon. Roger Giraud  nous raconte :

« On donnait aussi des coups de main, pour transporter le matos quand il y avait des petits concerts de droite et de gauche. Je me rappelle qu’avec Bernard, Christophe, on était parti dans un festival à Fontevraux. Il y avait tout un tas de groupes, une dizaine, et Clara était passé dans les premiers. En tête d’affiche, c’était Au bonheur des dames. Je me rappelle de la réaction des gars quand on est arrivé, ils étaient surpris, Clara, ils croyaient que c’était des filles! Du fait du nom et parce que c’était écrit en rose ! Mais la seule fille qui était là, c’était Marie qui avait organisé ça. On était parti à deux voitures, avec le matos, la camionnette Ford et une bagnole de Marco, on a traversé la Creuse… et on s’est réparti dans les chambres louées pour le groupe. C’était une bonne expédition ». On découvrira un jour des photos de Marco qui permettront de lever certains doutes : dans son souvenir, c’était Clara 3e version mais il faut en douter au vu de la date. Marco se rappelle d’une pause sur la route, du convoi bloqué par un troupeau de vaches et de Christophe Pie qui pour une fois transportait du matériel ("il était tire-au-flanc" dit-il). En ce qui concerne le concert, plus qu’Au Bonheur des dames (le chanteur Vincent Lamy - Eddick Ritchell - n’en a pas de souvenir), c’est la présence des Dogs qui est remarquable ! C’est la trace de la première rencontre avec Dominique Laboubée, auquel Murat dédiera une chanson dans Lilith (après avoir repris « Tomber sous le charme », chanson qu’il avait composée). Jean-Louis a également pu voir un bluesman français : Paul Personne avec son groupe de l’époque, et la formation Diesel qui venait d’enregistrer avec Michel Zacha leur album, dans un style déjà proche de la musique de Téléphone juste avant qu'Oliv ne quitte le groupe [Zacha produira "Sur ma mob" de Lili Drop avec Bertignac, rencontrera Enzo-enzo, Kent : il était lancé] … Étaient également programmés des jamaïcains-anglais, The Cimarrons, groupe du mouvement reggae skinhead.  La veille, un beau programme était aussi prévu (les Givordains de Ganafoul, qu'on peut encore écouter en live de nos jours -leur manager de l'époque a travaillé avec Murat en 82 en tant que représentant local de Pathé-,  et encore Bijou). L'affiche révèle une organisation un peu amateur : Clara y apparaît comme tête d’affiche laissant Au bonheur des dames ainsi que Dr. Feelgood (finalement absent) peu visibles. On apprend grâce à un article que les organisateurs attendaient 5000 personnes, ils ne furent que la moitié (il faudrait estimer le nombre de fois que  Murat s'est produit devant autant de monde, 15, 20 concerts?). 

Petite curiosité : le premier article est signé Michel Embareck, qui a le même âge que Jean-Louis, journaliste à Best (pour lequel il a interviewé Neil Young dans un troquet près de la Gare de l’Est) à côté de son emploi en PQR… et qui fut comme Murat, chroniqueur d’une coupe de monde pour Libération (il s’agit pour lui de rugby). Il a écrit plusieurs livres.

 

 

Et je vous propose d'en rester là pour aujourd'hui pour ne pas risquer l'indigestion, avec ce savoureux menu (j'espère).  On se retrouve pour "Fromage et dessert"(hé hé... ouf, on a évité Michel Fucca et ses dragées, Edith Vagin et ses pertes blanches, Euthanasie,  Solution finale, Raoul et ses dégueulis, et Bitocul*)...    On se revoit dans les années 80 très vite.

*Avec cette énumération de noms de groupes clermontois (petite provocation de ma part -la fréquentation assidue de sales gosses, de punks et de rockers finit par déteindre sur moi-), on comprend que Jean-Louis a fini par penser que le nom Clara était un peu sage, et réfléchi à prendre l’appellation "L'homme qui tua John Lennon"...  Spécial dédicace à Christophe Pie qui nous a dit en 2013 au Koloko, que le "seul impératif était juste de faire chier le bourgeois Bourboulien!". 

la suite là

Pour rappel: les sources seront dans le prochain article

Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques, #inter-ViOUS et MURAT

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P
Quel plaisir à lire ! Merci, je voyage ! La boîte à rythme (celle de JL ??) sur "French sinsemilla" est une korg ryhtm 55, tant chérie par JLM : il s'en accompagne sur sa 1ère télé FR3, on l'entend sur ses morceaux comme "Dieu me garde de vieillir"...
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F
Salut Pierrot,<br /> <br /> Magnifique travail que le tien, on tire un fil et on n'en fini plus, je viens de découvrir la magnifique interview de Marie-Jeanne Serero, que j'ai maintenant envie de connaitre mieux.<br /> Mais tes trois derniers articles sont remarquables, on est à la Bourboule en 1978 grâce à toi...
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P
merci!
H
La librairie du coin avait reçu un exemplaire du Roman de Murat. Je l'ai acheté. Parcouru à la va-vite. Je crois que c'est un livre qui va me faire du bien. Et pour l'heure je remets Innamorato sur la platine!
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H
Absolument passionnant pour comprendre le fonctionnement du petit monde du rock français de ces années là! Merci!
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