baby love

Publié le 14 Mars 2020

Après l'avis du Soir, voici ce matin d'autres avis de la part des demi-finalistes de la coupe du monde -c'est beau pour un si petit pays quand même, qui plus est si fidèle à Murat.  Le Soir, rappelons-le, lui avait attribué le titre de "personnalité de l'année" en 2011-. 

Merci à Dagmar et Helena pour les infos!

1) BELGIQUE:

-  Commençons par FOCUS VIF (12/03/2020):  7/10 (qui ne fait pas un numéro spécial comme en 2014...). Une chronique sans plus qui reprend le "storytelling" sans sourciller...

"Baby Love"

Partant du principe que la plus grande musique est celle qui donne envie de se reproduire, Jean-Louis Murat a tenu à mettre en avant le groove qui sommeillait en lui. Certes, Baby Love n'est pas un disque de Curtis Mayfield, de James Brown ou de Prince qui enverrait illico les couples au plumard mais l'Auvergnat signe un album pop, plutôt up tempo et sensuel sur lequel il a privilégié une production moderne. Murat s'est imaginé comme un débutant en quête de son premier contrat discographique au milieu des années 80. Il chante la séparation, la nouvelle princesse, cite Proust, Anquetil, Tony Joe White et Alain Delon... Un honnête cru que ce https://focus.levif.be/culture/magazine/jean-louis-murat/article-normal-1262489.htmlquatrième album en cinq ans.

Distribué par Pias.

7

 

 

- TELEMOUSTIQUE: 12/03/2020

  BABY LOVE (Pias) : Avec sa nouvelle livraison annuelle, l'insaisissable chansonnier auvergnat voit la vie (et sa pochette) en rose. En onze morceaux composés en écoutant en boucle Earth, Wind & Fire, Murat décline l'amour sous toutes ses formes. Il joue de tous les instruments, impose des guitares funk, des pédales wah-wah, du blues du bayou (sur le crépusculaire Tony Joe), offre des grands moments (La Reason Why, Montboudif avec ses grattes à la Funkadelic), flirte avec la variété eighties (Xanadu) et pense déjà à l'heure qu'il est à son prochain disque. Un Murat à l'humeur badine, ça fait du bien. LL

 

- Et la Chronique "mystère"... Je n'ai pas le nom du journal à cette heure... mais ça me provient bien de Brussels! Et c'est la plus personnel :

*dont on ne peut QUE tomber amoureux!

 

2) Ouf, on a pu rentrer en France sans quarantaine...

a- Voici le mot de Nicolas Neyman sur le groupe facebook "Jean-Louis Murat"

Baby Love : 11 titres, 40 minutes.

“Si tu voulais me faire Pearl Harbour, ça c'est fait…”
Voici donc un album de rupture sentimentale. Une rupture qui pourra atteindre une rare violence, où un couple se déchire, sans pudeur, sous nos yeux.
Nous ne sommes pas ici dans la mélancolie ou le désespoir, Murat emprunte un autre chemin. La voix claire comme jamais, oscillant musicalement entre énergie (les blues du Mec qui se la donne ou de Tony Joe), trouvailles et bidouillages un peu bizarres (Xanadu) et une pop maîtrisée bien plus intéressante (Réparer la maison, Monboudif, Si je m'attendais), Murat se dévoile comme jamais. Une mise à nu (dans la crevasse) incroyablement pure.
Si, d'habitude, les textes sont plus obscurs, permettant diverses analyses et ouvrant la voie à des interprétations délicates et différentes, ici, la nouveauté, c'est que c'est souvent beaucoup plus clair :
“Ok, dégage, chuchota l'avocate / Cette fois c'est la guerre…” (Le Reason Why), “Si tu voulais me rendre mon âge, ça c'est fait / Si tu voulais que je pleure sur toi, ça c'est fait…” (Ca c'est fait).
Mais de toute cette noirceur, merveilleux paradoxe, se dégagent des lueurs magnifiques : d'abord sur deux titres, La Princesse of the cool et Si je m'attendais. Mais cette lumière presque estivale traverse également l'album de bout en bout : “Enfin deviens ce que tu es, m'a chanté la fille amour” (Le Reason Why), “Par le chant, phacochère, file arracher le chardon…” (Réparer la maison). A se demander si Bergheaud, à la fin de ce voyage au bout du noir, aurait retrouvé l'amour, ou bien si Murat ne l'aurait que simplement délicieusement rêvé…
Ce voyage est donc très beau sur sept titres sur onze : Le Reason Why, Réparer la maison, Monboudif, La Princesse of the cool, Rester dans le monde, Ca c'est fait, Si je m'attendais. D'où ce sentiment, à la fin, de voir un artiste ayant réussi à transformer sa souffrance en créativité, et un homme se relever tant bien que mal de son malheur.

 

b- Frank LORIOU, l'auteur de cette pochette rose, qui fait son petit effet, et qui participe à l'interprétation de ce disque, nous propose en ce moment,  une expo à LA ROCHELLE. Je suis un peu en retard pour l'annoncer car j'avais retenu que c'était dans le cadre des francos, mais que nenni. 

LORIOU EXPO affiche   Exposition à La Sirène, La Rochelle
du samedi 22 février au dimanche 29 mars. Cette expo est commandable si vous la voulez chez vous! Contactez Frank sur fb

On en profite pour une autre archive: il était dans PERSONA hiver 2019... avec la même photo de JLM:

Merci FLORENCE!

On en reste là pour le moment... mais on se dit à très vite!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 13 Mars 2020

 

 

-  Jean-Louis MURAT était avec Antoine DE CAUNES ce vendredi 13/03 sur FRANCE INTER. Antoine n'est plus que l'ombre de la figure rock qu'il a été, et que Murat avait peut-être un peu fréquenté avec Manoeuvre, et Jean-Louis semble le constater de manière polie... dans une émission où il est très peu invité à parler... Au moins au début. On peut revoir une précédente rencontre entre les deux, en 1989 sur le plateau de Nulle Part ailleurs.

Son choix culturel:   

- LIVRE:  Comment chier dans les bois : Pour une approche environnementale d'un art perdu de Kathleen Meyer     Une occasion de reparler des touristes

- FILM:  CALMOS de Bertrand Blier, un choix "polémique" en cette période ("éloge de la testostérone" selon le quotidien du cinéma)... mais il n'en rajoute pas!

- Série : "bonne nuit les petits"...  "c'est très étrange, tous ces gens qui regardent des séries"....

- Chanson culte:  Mustang sally, de Wilson Pickett.

 

On écoute... et je prends quelques notes en même temps:

Bon, pas si inintéressant que ça... Murat est prolixe, et de bonne humeur!

 

A une question sur la conception de l'album (Murat aurait dit à Denis qu'il fallait faire comme si on était en 85, et qu'il fallait faire une K7 pour plaire à une maison de disque)....   Murat avoue ses arrangements avec le storytelling:  "pour venir devant vous, il faut avoir ce qu'il appelle dans les maisons de disque, du storytelling, alors il faut réfléchir à 3 ou 4 petites formules, du coup, ils sont contents. Alors bien-sûr, c'est complètement idiot de dire : on est en 85, [Rires] Denis m'aurait dit "ça va pas la tête?", Donc ça fait partie de notre job, il y a une sorte de  "halo de mensonges pour donner un peu de sens à ce qu'on fait, et les gens [journalistes] sont près à dire à peu près n'importe quoi pour se donner une profondeur à leur boulot qui est plat comme une limande et qui de toute façon ne mérite pas la profondeur".   On imagine la tête de la fille plate en face de lui... qui relance malgré tout... "pourquoi cette phrase alors?" Et JLM, refusant de parler du fil conducteur de l'album,  de rester sur le même registre: "pour que vous ne soyez pas SECHE, et que vous sachiez quoi me dire".  "ça a marché à fond".

Il revient sur l'anecdote de l'ambianceur. "j'emballais à mort".

Antoine lui parle de la pistachio... et Murat confirme qu'il s'agit d'une fender (et s'amuse des fans qui ont cherché à l'identifier!). 

Ce jour, il indique que la cohabitation entre ses personnalités se passe bien, même si "il s'ennuie tellement avec lui-même"...

"Volvic, c'est earth, wind, and Fire, aussi".

Séquence ensuite sur JJ CALE ET Tony Joe, dont il se sentait proche à la Bourboule (du fait de leur peau, et de la ruralité qu'ils chantaient).

"Si les gens m'aiment bien, c'est que je les aide à se bouger le cul" [je retranscris en gros].

Malgré ses intérêts pour le rap, il indique que c'est globalement désespérant du fait du "rond rond poétique".

Encore une fois ensuite, il avoue qu'il cède au show business, sinon il ne serait pas invité... "ça fait partie du job" "je ne vais pas arriver ici avec la sagesse d'un tenancier du shopi"!...  avec le refus du "robinet d'eau tiède".  "J'aime la joute" (dans la tradition du rock anglais).

Et la question rituelle: qu'est-ce que la pop? "Un trou noir dont nous sortons, ça n'a pas vraiment de consistance, qu'est-ce qu'on peut y trouver, un vieux mouchoir de Sheila...".

 

LE LIEN EN PLUS EST PARTI  FAIRE LA CUISINE.

Allez :  à demain! Avec encore de la radio, de la chronique, et tout le toutim!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #le goût de qui vous savez

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Publié le 13 Mars 2020

1) Jean-Louis était sur FRANCE 5 hier soir, avec sa célèbre chemise violette, mais avec le menton en jachère... Et c'était l'occasion d'entendre une première traduction live de Baby Love... et sans surprise-?-, c'est une version guitare, nue, qu'il nous a délivrée, donc sans artifices synthétiques... mais le renfort de 6 cordes (puisqu'il a utilisé sa 12 cordes, on va encore attendre pour découvrir sa "Pistachio").  Très joli moment sur ce "Si je devais manquer de toi 2020".... même si son introspection aveugle a peut-être laissée aux quidams une impression étrange, alors que nous, on le comprend... jouer la sérénade au digestif, après le Rwanda et le Corona, ce n'est pas une sinécure pour notre chanteur timide (cf interview de France culture).

On retrouve JLM cette après midi avec Antoine DE CAUNES...

 

2) A l'initiative d'un journaliste de RTL, les avis de certains critiques sur les sorties de la semaine!  Les avis sont partagés sur le Murat (1 à 4 étoiles), plus  que pour le collègue de chez Pias: Louis Chédid. Varrod que l'on n'avait pas encore vu sur cette promo donne seulement 3 étoiles, tout comme Troadec...

 

 

3) Une belle chronique chez les amis d'ADA, à lire sur leur site, svp!

http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article7885

Si chaque album de Jean-Louis Murat renvoie à une manière poétique de journal intime, Baby Love, nouveau sommet d’une œuvre gargantuesque, est celui de la perte et du délabrement affectifs, du véritable lien défait. Car c’est un Murat goguenard qui se présente ici : distant avec ses nouvelles cicatrices intérieures (disait Philippe Garrel), il feint la drôlesse pour canaliser ce mal qui actuellement le ronge. Ce mal ? L’insupportable déréliction du sentiment amoureux.

Murat en bave, Murat philosophe sur les filles, il n’encaisse pas une énième rupture, et pour le coup propose aujourd’hui un disque contemporain, un bateau phare à rebours des actuels discours féministes et du clivage hommes / femmes qui nous pend tous au nez. Comprendre Jean-Louis : élégant romantique issu du XIX e, il fustige « la saloperie des hommes » (dénoncée aujourd’hui avec courage par de nombreuses victimes) mais tient à préciser qu’il ne faut pas englober tous les mecs dans un même panel à ordures. Quel avenir pour les garçons qui aiment sincèrement ? Que vont devenir les romantiques purs ? Probablement rien : entre filles et garçons, dorénavant, c’est cassé. Ne reste qu’à oublier l’Amour puis vivre en ermite.

Discours ténébreux, bien qu’implicite, que Murat, éternel audacieux, met en musique avec un groove ensorcelant. Baby Love entremêle, souvent dans un mouvement similaire, les sonorités dansantes ou contemplatives jusqu’à l’extase : soul, électro, pop, blues…. Ce nouveau Murat est jouissif à l’écoute, et joyeusement plombé dans son propos. Sa haute puissance vient de là.

Baby Love s’impose d’emblée comme du très grand Murat (l’un de ses meilleurs ?). Abondent les chansons condamnées à devenir des classiques : “Le Reason why” est probablement le chef-d’œuvre de l’album, mais il faudrait également citer…tous les autres titres (preuve de cette excellence globale).

Du Murat semblable à personne, comme toujours. Le Commandeur, c’est lui. Point barre.

 

4) Un petit télex sur la MONTAGNE:

Onze titres pour un nouvel album studio signé Jean-Louis Murat. Baby Love...

Le nouveau Jean-Louis Murat est désormais disponible. "Baby Love est l’œuvre magistrale d’un homme amoureux. Comme le miroir inversé de son album Dolorès un quart de siècle après, Jean-Louis Murat, en plein chamboulement personnel et écoutant en boucle le groupe Earth, Wind & Fire, a composé et écrit ces onze chansons ramassées en quarante minutes, jouant tous les instruments".

 

5) Du côté du Télégramme: l'article inspiré de l'afp mais néanmoins signé, et la chronique qui a été publié dans l'édition papier:

a-

  https://www.letelegramme.fr/musique/jean-louis-murat-la-genese-de-son-nouvel-album-05-03-2020-12518141.php

C’est un de ses plus beaux albums, éclairé d’un groove made in USA qu’il aime tant : Jean-Louis Murat fait rimer solitaire avec solaire dans « Baby Love », à paraître vendredi 6 mars.

Que montrait sa boussole en entrant en studio avec son complice Denis Clavaizolle ? « L’idée c’était : on travaille sur la forme, on est en 1985. L’année où il fallait que je cravache, que j’enregistre rapidement une K7 et monte à Paris en stop pour tenter de séduire une maison de disques ». « Ce sont des petits présupposés, bien à poser », raconte l’Auvergnat de sa voix douce.

 

Puis il a fallu libérer les paroles. « Une partie de ce que je disais, c’est assez douloureux, alors on ne s’attarde pas, je ne suis pas maso quand même (sourires). Tout est vrai mais tout est codé chez moi. Je raconte jusqu’au plus infini détail toute ma vie sentimentale, comme depuis le début de ma carrière ».

 

« Liberté et générosité »

Il balance ici entre naissance du sentiment amoureux et clap de fin, qui hante le titre « Montboudif », nom d’une commune du Cantal connue pour avoir vu naître Georges Pompidou. « J’habite à Douharesse (en Auvergne), c’est plus difficile à mettre en bouche (sourires). Mais ça y ressemble. Montboudif, c’est le bout du bout. Le désamour passe par le divorce sur le lieu. T’as pas de réseau, faut casser le bois, tout ça. C’est le début de la fin si un des deux ne s’est jamais posé la question et l’autre se dit : Pourquoi habiter ici ? ». « Je suis seul dans une ferme, comme tous les paysans du coin, les gonzesses ne restent pas », souffle-t-il, sans s’apitoyer. « C’est d’un commun ».

Et « Baby Love » ne verse jamais dans la déprime. « Ça fait extrêmement plaisir de le retrouver avec cette légèreté, avec cet œil qui n’avait pas pétillé comme ça depuis longtemps, même s’il garde son côté grinçant », commente Antoine Dabrowski, directeur d’antenne de Tsugi Radio, webradio du magazine éponyme. « Il y a des tubes en puissance, comme « Réparer la maison » ».

Frédéric Lo (coauteur avec Bill Pritchard du majestueux « Rendez-vous streets » sorti en novembre) aime, lui, « la liberté et la générosité » de Murat, qu’il a vu au théâtre parisien de La Madeleine en décembre. « Il impose le respect, ce serait bien qu’il connaisse à nouveau la consécration avec cet album, ça le récompenserait », espère le compositeur.

« Des vertes et des pas mûres »

On entend sur ce disque la musique américaine qu’aime à conter Murat, comme cette « soul et ce rythm’n’blues, des années 1966 à 1972 ». « Ce qu’il y a essentiellement sur mon téléphone : la Stax, les prémices de ce qui pourrait devenir le funk, les mélodies, les musiciens sont forts, les débuts de la technologie, une insouciance, encore, portée par les années 1960 », poursuit-il, passionné. Comme quand il parle de ses guitares. « Je suis assez affectueux, un peu bébête. Là je suis tombé sur une guitare et je lui ai fait la promesse de faire tout l’album avec elle, ce que j’ai fait ». À La Madeleine, il jouait sur une douze cordes, autre nouvelle venue, pour la scène. « Ça marche ou ça ne marche pas, ça va plus vite qu’avec une nana (sourires) et ça a marché ». « On sentait que ça lui amenait un plaisir nouveau, c’est toujours bienvenu », a d’ailleurs ressenti dans la salle Frédéric Lo.

« La musique est dans les guitares, il y a 200-300 chansons dans chaque guitare, quand je m’en sépare, il ne reste plus rien dedans », insiste Murat. Et que deviennent les « ex » ? « Dans une pièce, il y en a une quarantaine, elles se racontent des histoires, comment elles ont été délaissées, « J’ai pas su lui plaire » (rires). Elles doivent en dire des vertes et des pas mûres sur moi. » Philippe Grelard

b- la chronique:

https://www.letelegramme.fr/musique/a-ecouter/jean-louis-murat-baby-love-05-03-2020-12518129.php

Amours débutantes et ruptures sentimentales nourrissent « Baby Love », vingtième album de Jean-Louis Murat. Et ça groove.

Note : 4/5

Depuis quelque temps déjà, Jean-Louis Murat a repris sa riche discographie, offrant aux albums qui l’ont construit des chansons inédites et des morceaux alternatifs. L’artiste n’en oublie pas pour autant de livrer de nouvelles pièces musicales à l’image de ce « Baby Love », un vingtième album ô combien entraînant qui sonne comme aux premières heures. Le disque chante l’amour, sentiment loin d’être nouveau chez lui tant il n’a cessé d’évoquer au fil de ses albums les amours débutantes et les ruptures sentimentales. De « La Princesse of the Cool » à « Réparer la maison », Murat nous balade à nouveau dans ses tourments, entre premiers émois (« Si je m’attendais ») et ange déchu (« Troie »).

 
 

Efficacité des mélodies

Après l’expérimental (et dispensable) « Travaux sur la N89 », celui qui vit pour les plus hautes amours offre un disque qui donne envie de danser. Moins douloureux que « Morituri », ce « Baby Love » dont le titre fait penser aux Supremes est, il est vrai, moins rhythm and blues que disco (à l’image de la pochette au rose clinquant). « Je suis un danseur invétéré », assure Murat qui explique s’être fait plaisir.

 

En renouant notamment avec le groove et l’efficacité des mélodies qui firent le succès notamment de « Mustango », pierre angulaire de la discographie de l’Auvergnat. De « Troie » sublime, à « Ça s’est fait » dans lequel il se met à nu, et « Tony Joe », morceau diablement efficace où s’entend son amour pour la guitare, Murat signe un album éclatant. 

Stéphane Guihéneuf

Cette chronique a été publié dans l'édition de dimanche 9/03:

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 12 Mars 2020

morceaux choisis par France Culture:

Jeudi-musique

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur compositeur interprète, Jean-Louis Murat, pour Baby love ( Pias Le label ).

J'ai la voix d'un timide. 

La voix est notre miroir encore plus que le regard, certainement plus. Si je vous écoute, je sais beaucoup plus de choses de vous que si je vous regarde.

"Je chante avec une douceur triste", ai-je dit ça ? [cf. interview Inrockuptibles, 2020] Non, est-ce que je peux le retirer ? Ce qui m'est très mystérieux, c'est comment l'amour naît, comment il meurt. Comment il renaît. Je me suis attaché avec obstination à reproduire le schéma de mes parents. J'ai toujours été amoureux - et j'ai toujours été malheureux mais j'ai été amoureux. Fixé tel un petit animal sur un rocher.

Je me sens toujours aussi nigaud qu'à l'âge de mes quinze ans. La façon qu'on a de se débrouiller avec le sentiment amoureux, je chante ça. Avec l'aide de la poésie, de ma guitare. Je suis un sentimental.

Comment naît une chanson ? Je passe par une case de perte de contrôle, je pratique beaucoup l'écriture automatique, je suis graphomane. J'alterne piano et guitare. Sur une chanson, je ne fais pas beaucoup d'essais parce que j'écris beaucoup de chansons mais ce qui me retient, c'est l'envie ou la nécessité d'en faire quelque chose, une sorte de champ de consolation. 

Mon grand œuvre, c'est ma bibliothèque, donc je passe mon temps avec mes bouquins. Adolescent, j'ai fait plein de concours de poésie, j'envoyais mes poèmes partout. Pour moi, la chanson est une sous passion, ma passion c'est la littérature et les livres. J'aime la poésie et l'expression poétique, au-delà des poètes eux-mêmes.

La nostalgie ? Oui. C'est un nerf. On peut s'y perdre, même si on peut se retrouver.

Bon, j'écoute ça à midi, et je réédite l'article si l'envie de commenter me vient!

EDIT: Quelques petits compléments en note rapide:

Le journaliste commence par s'étonner que JL ait la même voix qu'en 1987... mais le fait est qu'on n'est pas frappé selon moi par sa beauté sur ce disque (comme par exemple sur la fille du capitaine...). Murat avoue qu'il ne le travaille pas.

Murat évoque son statut d'"enfant de divorcés" qui l'a marqué dans son intérêt dans la naissance et la fin des amours. Puis s'avoue "toujours aussi nigaud qu'à 15 ans" en la matière. Puis a un discours plus élaboré sur le sentiment amoureux qui aide à devenir soi,  puis indique qu'il y aussi  une "culture", "une construction politique" (qui débute au 12e siècle) de la notion d'amour dans lequel il se sent   finalement un peu prisonnier (surutilisation du mot amour). "On ne sait même pas si ça existe". Et définit ensuite son "sentimentalisme":  "pour un sentiment assez simple,assez basique avec un taux d'intensité pas trop fort , je peux tomber de cheval"

Le précédent album était composé au piano, celui-là à la guitare. J'alterne.

Murat raconte une nouvelle fois l'anecdote sur Hamilton et Nicholson...

- " Paris n'est pas la France, Il faudrait séparer Paris de la France... et exagérant : on ne peut pas faire une interview en Auvergne, il n'y a pas une seule caméra"... Sus à la centralisation

-  Le Blues rock, parce que c'est le plus facile à jouer

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 10 Mars 2020

Bonsoir,

- Ce que l'on retrouve dans le numéro 3661 de la  de la revue, c'est le même texte qui figurait sur le site internet lors de la diffusion en avant-première du disque. On apprend donc juste que pour Erwan Perron, Baby Love faut 3f, loin de ses sommets, mais pas déshonorant.

 

- Ah, les goûts et les couleurs! Un spécialiste m'a dit tout à l'heure que c'était le plus mauvais album de Murat... Comme dirait JJG, "tout mais pas l'indifférence"... Alors, du pire, au moyen, passons au "MEILLEUR": "de l’un des plus grand chanteur, auteur, compositeur, français contemporains". C'est ce qui est dit dans  la chronique du camarade métro dolo canto(che) dodo, Mr Sy!, hébergé chez FroggyDelight

https://www.froggydelight.com/article-23346-Jean_Louis_Murat.html

extrait:

Vingtième album environ et s’il y a deux mots qui ne vont pas avec le travail de Murat, c’est bien "facilité" et "répétition", c’est ça la différence entre le talent et le laborieux. Et une fois de plus, il le prouve avec ce Baby Love.

Poursuivant sa petite révolution musicale entamée avec Travaux sur la N89 (2017), Murat réussit un disque en prise avec son époque sans être daté, sans doute car il se réclame autant d’inspiration seventies (Earth, Wind & Fire notamment) que de Frank Ocean, la musique à la mode est une vague qui revient sans cesse. On peut d’ailleurs noter des sonorités très proche de Dolores (1996) auquel il adjoint une guitare très présente. Une guitare comme seule compagne, celle qui inspire, celle qui est fidèle, celle qui reste quand les filles partent. En distillant des éclats de cuivres qui donnent une impression de puissance, de groove, de groupe, ce qui est amusant quand on pense qu’il a tout fait seul avec son vieux complice Denis Clavaizolle.

Comme une continuité de la formule power trio, qu’il a longtemps chérie, et le retour à ses premiers amours musicaux car il ne faut pas oublier qu’à la base Murat était saxophoniste (je vous rappelle que le saxophone est un bois et non pas un cuivre et que tout comme le gaffophone il porte le nom de son inventeur - c’était le moment petit savoir inutile pour briller dans les dîners, c’est cadeau c’est pour moi). On trouvait déjà cette petite évolution dans Chronique d’un mouvement en chansons soit six chansons autour des gilets jaunes, totalement indispensable que PIAS devrait avoir la bonne idée de sortir pour le disquaire day (nudge nudge wink wink) 15 minutes totalement nécessaire, totalement rancheresques avec en plus hommage à la chanson "Marie-Jeanne (Ode to Billie Joe)" qu’on a tant aimé...

Evidemment, comme il est seul à bord, il fait son Charlemagne as usual, à rajouter ici ou là des voix un peu drôles un peu too much, mais qui lui permettent de se servir d'elle comme un instrument. Onze chansons efficaces qui restent en tête, qui font onduler le corps et chavirer le coeur, parce que c’est avant tout un faiseur de tubes qui s’ignore, parce que trop tard, parce que pas envie, parce que non, parce qu’avoir du succès c’est se trahir. Les chansons pourraient avoir des arrangements country façon Le cours ordinaire des choses (2009), des arrangements bruts avec des cœurs par Camille à la Lilith (2003) ou même en simple guitare voix façon Toboggan (2013) - ça resterait des bonnes chansons, peu importe que tu aies un costume cravate, ou un t-shirt ce qui compte c’est ce que tu es, qu’importe les arrangements ce qui compte c’est que la chanson soit bonne.

Ayant toujours autant le sens de la formule, du double sens comme par exemple "Montboudif" (lui dit plus trop), c’est un village à 35 kilomètres de La Bourboule et une chanson qui évoque autant l’ennui dans la campagne qu’une formule salace qui dit le désamour, comme en d’autres temps il se demandait "Que fait cette tige d'or dans ton glacier ?". L’écriture est beaucoup plus spontanée moins ampoulée "je fais de la poésie", à la cool presque, il n’y a qu’à voir les titres des chansons, qui ressemblent à des blagues, à des cut up aléatoires : "Le reason why", "Le mec qui se la donne", "Ça c’est fait".[...]

 

Ah, les yeux de l'amour...  J'ai envie de revenir sur "ce faiseur de tubes qui s'ignore", "avoir du succès c'est se trahir"...  Murat n'a-t-il pas essayé de faire un album accessible et qui puisse se vendre un peu plus ? Mais effectivement, on imagine tout-à-fait ces chansons figurant dans d'autres habits ...

 

- Et puisque c'est le soir, passons au LE SOIR (oula, je suis inspiré...) pour voir comment Baby Love a franchi Quievrain, et comment il est accueilli au pays de Sttellla, Stromae, Soulwax...  Le porte-parole du pays plat? Thierry COLJON, autre fidèle:   (merci Didier)

 

Une pochette rose pour un disco psychédélique placé sous le signe de Xanadu ? Il y a de cela dans ce vingtième album de l’Auvergnat qui a retrouvé son vieux complice Denis Clavaizolle pour un disque à la fois neuf et fidèle.

Abonné aux disques remarq
uables contenant de grandes chansons allergiques aux hit-parades, Murat, pour les distraits, ferait toujours le même album. C’est vrai que depuis le prodigieux Cheyenne Autumn, le rythme moyen de l’artisan de la chanson est d’un album tous les ans, mais chacun est différent. Celui-ci est plus soul, plus cuivré, plus dansant, plus lumineux, plus choral…

S’il tourne légèrement le dos au power-rock d’un Crazy Horse, c’est pour mieux embrasser une chanson française rythmée aux tourments personnels. Les boîtes électroniques servent à Réparer la maison, à dégager de l’espace, à faire le ménage dans sa boîte crânienne. Mais l’orgue n’est jamais loin pour préserver l’esprit soul d’un disque à la fois moderne et intemporel.

Tout cela pour un album foncièrement funky, hors des sentiers battus (du moins en France). Murat est grand, tout comme ce Baby Love dont on ne peut que tomber amoureux.

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- On termine par Sunburnsout, et Benjamin Berton, et donc sur une très bonne note :  8.6 sur 10 (ne me demandez pas comment cette note est obtenue). "un des grands albums de variété de ces dernières années!"

A lire bien sûr in situ:  https://www.sunburnsout.com/jean-louis-murat-baby-love-pias/

 

Un disque pop brillant, majoritairement uptempo, vibrionnant et pétri d’humour : voilà en quelques mots à quoi ressemble Baby Love, le nouvel album de Jean-Louis Murat. Ce 20ème essai (bon sang, on rêve déjà du coffret à sa mort !) est sans conteste une immense réussite qui fait écho à ses disques les plus séduisants et exigeants des années 90. Les premiers titres avaient donné le ton d’une musique lumineuse, pop, agitée de sonorités « plus jeunes », de synthés années 80 et d’échos : l’album confirme cette sensation d’un album délibérément tourné vers une forme de lisibilité contemporaine et ayant pignon sur l’air du temps. Il faut écouter l’impeccable Réparer la Maison, produit « à la Kanye West », pour s’en rendre compte. Murat est le plus moderne des modernes et le seul capable d’employer les mots « coquelicots » et « vipère » dans une chanson sans que cela paraisse incongru ou complètement désuet.

Baby Love, avec sa pochette tape à l’œil rose et noir et son lettrage énormissime, est un album « qui pète », un album qui veut se faire repérer et taper à l’oreille de son auditeur. C’est un album qui démarre pour ainsi dire en fanfare avec un Troie cuivré et alerte, malicieux et séduisant. Murat enchaîne avec Le mec qui se la donne, chanson classique où la langue poétique est fécondée par l’époque.  « Rien à faire de l’histoire, j’ai rendez-vous chez le Soir. Idem le territoire, alors là toi t’écrase ! Tiens voilà le mec qui se la donne », chante Murat avant de verser dans un final aux sonorités funky. Le reason why (dont le titre intriguait) est l’un des meilleurs morceaux de l’album. Le texte est formidable, mêlant des champs référentiels variés et des fulgurances remarquables. « J’ai su en passant la rivière que la pièce était jouée/…/ ok, dégage, je suis chaude à l’avocate. Cette fois c’est la guerre/ Harley, toujours aussi con s’était fait croquer le manche/ J’ai dit : « ta gueule, putain de forêt, c’est toi qui attire l’orage » ». C’est un festival de formules et d’inventivité avec un résultat qui sidère et fascine sur plus de trois minutes. Le reason why présente Murat à son meilleur, inspiré et foisonnant. C’est ce Murat qui domine ici, enchaînant les morceaux comme à la parade avec de faux airs de caméléon. Réparer la Maison est groovy et alangui. Montboudif, décroché auvergnat (c’est le village natal de Pompidou), est le morceau le plus cool qui ait jamais cité Jacques Anquetil dans le texte. Et ce n’est pas fini.

La seconde moitié du disque est encore meilleure. L’Auvergnat sonne le Rebirth of The Cool sur la Princesse of The Cool, une pièce joueuse et anecdotique qui s’amuse à rendre tendrement maboule. Murat n’est jamais meilleur que lorsqu’il évolue en roue libre. La séquence de rimes en « oule » est à tomber, plaisante et en phase avec son sujet désinvolte et superficiel. Cela ne mène évidemment nulle part et donc droit sur l’un des titres les plus solides du disque : un Rester dans le Monde assez hermétique sur un fond disco-blues insolent et sensuel. Murat en dit assez peu sur les situations (un type dont le rapport au monde est motivé simplement par l’entretien d’une relation amoureuse) et allège ses couplets. La musique lui emprunte le pas, reposant sur quelques gimmicks rudimentaires et une guitare blues économe. On est à la limite du cabotinage sur Xanadu, pur exercice de style jammé/chanté sur fond de satire sociale. Murat fait du Philippe Katerine ou (osons-le) une parodie de Katerine. « Les libertines, c’est facile à dire, faut pas se tromper. Brune ou blonde y’a de la connasse mais pas ça. Alors dis, l’Afrique, c’est comment l’Afrique ? », dénonçant peut-être la superficialité du rapport à la vie de certaines personnes.

Murat revient avec Si je m’attendais à un registre plus intimiste et introverti. Le morceau est splendide, mélancolique, comme si, après avoir bien rigolé, il fallait revenir aux choses sérieuses. « Amour, je suis venu pour toi. » On a le sentiment de retrouver cette phrase d’album en album, comme s’il s’agissait, par la répétition des situations, de retrouver cette fraîcheur et cette vivacité de la présentation (de l’homme amoureux) à sa prétendante. C’est ce sentiment que donne l’album tout entier : l’idée qu’après tout ce temps, Murat a retrouvé le plaisir de se présenter devant nous, le plaisir de séduire, d’enchanter, d’amuser et de faire briller son regard. Alors que certains de ses albums étaient plus fermés, critiques ou centrés sur leur propre unité, Baby Love sent le plaisir et la jubilation à plein nez. Il tend la main à l’auditeur et s’entend comme une offrande, de mots, de sons, qui agite les neurones et donne presque envie de danser. L’hommage qui referme le disque à l’un des chanteurs référence de Murat, Tony Joe White, renvoie au vaudou, perçu comme force d’enchantement et de mise en mouvement des émotions et des corps. C’est ce pouvoir là que ressuscite Murat à travers cet album, cette capacité mystique et mystérieuse à faire lever les morts et à créer l’attachement.

Baby Love est un album de jeune homme, de séducteur et de conteur désinhibé, l’un des albums de variété française les plus impressionnants de ces dernières années. On peut y aller sans réfléchir…

 

C'est  tout pour ce soir, LE LIEN EN PLUS est parti manger.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 8 Mars 2020

Dans l'article précédent, je rappelais que Jean-Louis souhaitait faire un disque qui pourrait trouver un public plus large ou renouer avec sa plus large assistance (ceux-là vont glisser numériquement une oreille forcement et peut-être se laisser tenter). Pour les autres (à conquérir), je ne suis pas certain que la promo habituelle soit très efficace. Ce qui peut changer la donne selon moi, c'est la diffusion radio... Est-ce que des radios pourraient s'ouvrir devant ce nouveau son?   (En souvenir: le  choix de single du "cow-boy à l'âme fresh" pour le Cours Ordinaire des choses avait été fait pour cela, avec la promesse de certains programmateurs -oui fm il me semble- de la diffuser).

Pour l'instant,  on en reste donc dans le cercle habituel de la radio publique.

 

- D'abord, sur FRANCE INFO, une petite interview:

https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/jean-louis-murat-la-plus-grande-musique-est-celle-qui-donne-envie-de-se-reproduire_3835703.html

Jean-Louis explique qu'une chanson "ne pèse qu'une plume" et qu'il voulait avant tout faire danser, que "c'est limité", et que si c'est de la bricole finalement, "l'honnêteté supérieure" là-dedans, c'est de donner"l'envie de bouger quand on écoute", "le respect absolu pour les gens malades, pas malades", et rappelle qu'il aurait pu être ambianceur dans des boites (comme il l'a raconté dans cette promo).  "La plus grande musique, c'est celle qui donne envie de se reproduire".  A voir donc si Baby Love sera à l'origine d'un Baby Boom... 

A la question sur l'utilisation de machines, Il s'en prend  aux musiciens français (tiens donc: comme pour le "Cours ordinaire des choses"), avec lesquels on ne peut pas "tenter le groove",  qui ont fait le malheur de Johnny... "Sauf Stéphane et Fred..." (Fred qui a bien-sûr usiné chez Johnny... mais embauché par un français Yarol Poupaud... qui a tenté à l'origine une fusion française rock et funk dans FFF).  Là dessus, mon impression, c'est surtout que Murat n'a pas envie de se faire chier, ou d'investir dans de nouvelles rencontres, parfois infructueuses, surtout que dans le passé, avec les rencontres, il serait plus pygmalion que pouvant s'oublier dans "un groupe" (on se rappellera de la réponse artistique de Camille et de son "Baby... carny bird" sur "le fil".). Les Delano Orchestra lui avaient été offert sur un plateau de proximité...  Cela correspond aussi à son idée d'"artisanat", il fait son truc dans son coin.

 

Le texte qui accompagne sur internet:

Pour cet album tendrement intitulé Baby Love, Jean-Louis Murat a voulu, dit-il, mettre en avant le "groove". Et ça marche encore très bien, qu'il se rassure. C'est même assez étonnant de voir un artiste qui a sorti tant de disques - "On dit toujours une vingtaine mais c'est beaucoup plus !" - parvenir à impressionner à chaque fois. D'autant plus quand, comme lui, on suit un rythme d'un voire plusieurs disques par an. Ce disque est donc celui d'un amoureux, d'un chanteur au plaisir variable, qui se retrouve dans la déstructuration totale (comme dans Travaux sur la N89) comme dans la bonne chanson française, mélodies en avant. "Ce sont des petites chansons légères, ça ne pèse pas plus lourd qu'une plume, une chanson", affirme-t-il aujourd'hui.

Et au risque de surprendre ceux qui ne le connaissent pas bien, Murat explique : "Ma seule constante, c'est d'avoir envie de danser". Alors ce disque, il l'a fait pour le groove, en l'assumant totalement, plaidant pour l'utilisation des machines plutôt que les musiciens français, "de la daube, sauf Stéphane et Fred avec qui je tourne depuis 20 ans". Jean-Louis Murat tel qu'on le connaît, avec de sacrées belles chansons.

Jean-Louis Murat, Baby Love (Le Label/Pias). Album disponible le 6 mars.

 

UN grand merci à MANU! (PSDT, Manu)

L'interview à télécharger:  https://www.transfernow.net/2warw9032020

 

- Il était aussi question de BABY LOVE SUR FRANCE INTER dans le journal de 8 heures, le plus écouté de France il me semble,  le vendredi 6 mars.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-8h/le-journal-de-8h-06-mars-2020?fbclid=IwAR2Htb8Ssf34dVBytCwNb8xVm2dn34RuE5hRZCuha5Cjo1YTM4GqC54qylc

A noter: l'aveu de ses "difficultés familiales terribles" qui ont généré ses chansons... et beaucoup plus : 30 qu'il aurait écrites dans cette période... "soupape indispensable" "sans laquelle je serais mort"... Et toute à l'heure, sur France info, il disait qu'une chanson, ce n'était presque rien! Comme quoi, Murat est peut-être égocentrique, mais pas mégalo: ce n'est pas parce qu'écrire des chansons lui est essentiel, qu'il considère qu'elles sont essentielles au monde...

 

A part ça, Murat était dans la sélection "à écouter" dans le MONDE (réservé aux abonnés) (Si quelqu'un là, on est preneur) et en double page, dans MAGIC.   On y reviendra.

 

LA CHRONIQUE EN PLUS

Popnshot a dégainé rapidement : Léonard Pottier a eu du mal à rentrer dans l'album et est finalement conquis.

http://popnshot.fr/2020/03/06/baby-love-jean-louis-murat-2/

Extraits:

Une suite revigorante

 Pour autant, ne vous inquiétez pas ! La suite est toute autre, car BABY LOVE se rattrape bien assez vite pour nous faire oublier ce premier contact. Les successeurs de « Troie » élèvent le niveau à tel point qu’ils parviennent à éviter toutes les facilités liées à l’univers sonore dans lequel le projet s’inscrit. Les écueils sont contournés, la prise de risque enlacée, et l’album commence alors à scintiller. « Le mec qui se la donne » et « le Reason Why », titres aussi séduisants qu’intrigants, débarquent avec bien plus de gravité et de profondeur, offrant enfin le Jean-Louis Murat attendu, celui qui, depuis quelques années, semble être au meilleur de sa forme créatrice. Compositeur au talent indéniable, le chanteur poursuit ici sa route à travers des propositions sonores certes connues, mais mises au goût du jour de telle sorte qu’elles en adviennent rattachées à un savoir-faire unique, celui d’une identité transposable partout et à foison.

 

Le défi du renouvellement

 Les morceaux de Jean-Louis Murat ont beau être directement reconnaissables, ils délivrent toujours quelque chose de neuf et de puissant, à la croisée d’un sentiment nostalgique et d’une volonté certaine de ne jamais s’épuiser. Pendant combien de temps cela perdurera ? Indéfiniment il faut croire. Car il s’agit moins de se répéter bêtement que de trouver des façons de le faire avec grâce et distinction, en essayant de ne pas perdre l’essence première d’un art déjà mis à nu. Le renouvellement est le principal défi de Murat aujourd’hui, essayant de créer avec les continuelles mêmes ficelles, mais sans jamais penser faire deux fois le même album. L’impression de connaître les morceaux dès leur première écoute est saisissante, tant elle raconte quelque chose sur la carrière de l’artiste, qui a su construire un lien extrêmement fort entre tous ses projets. Ces nouveaux morceaux, nous les avons déjà apprivoisés par le passé, mais rien n’est plus fort que de ressentir sans cesse le même plaisir à les écouter, car ceux-là ont des traits légèrement différents : une voix perfectionnée, un texte endurci, une production affinée… BABY LOVE témoigne d’un riche vécu, en faisant réapparaître mille en une images sous une forme encore inexplorée.[...]

Entre amour et désamour, comme souvent chez Murat, BABY LOVE fait l’état d’une existence marquée par la musique et les sentiments amoureux, meilleurs alliés comme meilleurs ennemis. De par sa production exigeante et une qualité sonore comme il est rare, l’album trouve ici son point fort le plus évident. « Xanadu » ou encore « Tony Joe » le démontrent avec ardeur : le son est une priorité. Les cuivres de « Ca c’est fait », quant à eux, élèvent le morceau en lui donnant une force lourde et imposante. Pour autant, Jean-Louis Murat ne laisse aucun élément prendre le dessus sur l’autre. Entre textes, sonorités et mélodies tout se conjugue parfaitement au point de faire porter une voix atypique que l’on connaît presque par cœur, mais qu’il fait toujours chaud au cœur d’écouter. Car le chant de Jean-Louis Murat est sans nul doute l’un des meilleurs de la chanson française. Alors, tant qu’il perdure avec élégance et talent, pourquoi s’en priver ?

 

A TRES BIENTOT POUR LA SUITE DU RETOUR DE COUCHE...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 5 Mars 2020

Je suis en vacances.... mais il pleut... Alors, je vous fais un petit article en J-1.... Je n'arrive pas à me connecter à tous mes sites, alors vous aurez un rattrapage de l'actualité dimanche!! En attendant:

 

L'Agence Française de Presse a diffusé son article à ses clients... avec des bouts d'interview dedans.

(AFP) - C'est un de ses plus beaux albums, éclairé d'un groove made in USA qu'il aime tant: Jean-Louis Murat fait rimer solitaire avec solaire dans "Baby Love", à paraître vendredi.

Musique
Jean-Louis Murat, soleil d'Auvergne et nuit américaine

Que montrait sa boussole en entrant en studio avec son complice Denis Clavaizolle ? "L'idée c'était: on travaille sur la forme, on est en 1985. L'année où il fallait que je cravache, que j'enregistre rapidement une K7 et monte à Paris en stop pour tenter de séduire une maison de disques". "Ce sont des petits présupposés, bien à poser", raconte l'Auvergnat de sa voix douce à l'AFP.

 

Puis il a fallu libérer les paroles. "Une partie de ce que je disais, c'est assez douloureux, alors on ne s'attarde pas, je ne suis pas maso quand même (sourires). Tout est vrai mais tout est codé chez moi. Je raconte jusqu'au plus infini détail toute ma vie sentimentale, comme depuis le début de ma carrière".

- "Liberté et générosité" -
Il balance ici entre naissance du sentiment amoureux et clap de fin, qui hante le titre "Montboudif", nom d'une commune du Cantal connue pour avoir vu naître Georges Pompidou. "J'habite à Douharesse (en Auvergne), c'est plus difficile à mettre en bouche (sourires). Mais ça y ressemble. Montboudif, c'est le bout du bout. Le désamour passe par le divorce sur le lieu. T'as pas de réseau, faut casser le bois, tout ça. C'est le début de la fin si un des deux ne s'est jamais posé la question et l'autre se dit +pourquoi habiter ici?+".

"Je suis seul dans une ferme, comme tous les paysans du coin, les gonzesses ne restent pas", souffle-t-il, sans s'apitoyer, "c'est d'un commun".

Et "Baby Love" ne verse jamais dans la déprime. "Ça fait extrêmement plaisir de le retrouver avec cette légèreté, avec cet œil qui n'avait pas pétillé comme ça depuis longtemps, même s'il garde son côté grinçant", commente pour l'AFP Antoine Dabrowski, directeur d'antenne de Tsugi Radio, webradio du magazine éponyme. "Il y a des tubes en puissance, comme +Réparer la maison+".

Frédéric Lo (coauteur avec Bill Pritchard du majestueux "Rendez-vous streets" sorti en novembre) aime lui "la liberté et la générosité" de Murat, qu'il a vu au théâtre parisien de La Madeleine en décembre. "Il impose le respect, ce serait bien qu'il connaisse à nouveau la consécration avec cet album, ça le récompenserait", espère le compositeur auprès de l'AFP.

- "Des vertes et des pas mûres" -
On entend sur ce disque la musique américaine qu'aime à conter Murat, comme cette "soul et ce rythm'n'blues, des années 1966 à 1972". "Ce qu'il y a essentiellement sur mon téléphone: la Stax, les prémices de ce pourrait devenir le funk, les mélodies, les musiciens sont forts, les débuts de la technologie, une insouciance, encore, portée par les années 1960", poursuit-il, passionné.

Comme quand il parle de ses guitares. "Je suis assez affectueux, un peu +bébête+, là je suis tombé sur une guitare et je lui ai fait la promesse de faire tout l'album avec elle, ce que j'ai fait". A La Madeleine, il jouait sur une douze cordes, autre nouvelle venue, pour la scène. "Ça marche ou ça ne marche pas, ça va plus vite qu'avec une nana (sourires) et ça a marché".

"On sentait que ça lui amenait un plaisir nouveau, c'est toujours bienvenu", a d'ailleurs ressenti dans la salle Frédéric Lo.

"La musique est dans les guitares, il y a 200-300 chansons dans chaque guitare, quand je m'en sépare, il ne reste plus rien dedans", insiste Murat. Et que deviennent les "ex"? "Dans une pièce, il y en a une quarantaine, elles se racontent des histoires, comment elles ont été délaissées, +j'ai pas su lui plaire+ (rires). Elles doivent en dire des vertes et des pas mûres sur moi".

 

Je suis un peu étonné par quelques propos sur la séparation ("pourquoi habiter ici"?)...

 

LE LIEN EN PLUS EST REPORTE

J'ai essayé un quart d'heure de télécharger une photo mais, faute de wifi suffisant?, la photo ne télécharge pas.... Bonne écoute demain!!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 28 Février 2020

- 30 000 exemplaires, ça me paraissait un tirage correct... mais au Cultura, 5 exemplaires d"Elements [pour la culture européenne]" de DE BENOIST, à côté de 4 exemplaires de "FRANC maçonnerie MAGAZINE".... si... et UN SEUL EXEMPLAIRE du nouveau "VINYLE ET AUDIO" (passion vinyle et haute performance)... Oui, on a déjà fait mieux comme titre...  J'avais appelé et réservé l'exemplaire (50 bornes, je ne voulais pas les faire pour rien).

En couverture, JEAN-LOUIS... A. Aubert... Et mention de deux interviews de 2 M.  Maaloof. Malzieu.  Il aura fallu le coup de pouce de Pierre Mikaïloff sur les réseaux pour savoir que pourtant du JLM se cachait à l'intérieur.

On y trouve en effet UNE DOUBLE PAGE illustré des 3 photos de D. Pourcher. Je ne vous les partage pas en intégralité aujourd'hui afin de soutenir ce nouveau magazine (Edition d'ACAMAR, rédac chef Christian Eudeline, dans les rédacteurs, un autre ancien: Jean-Eric Perrin).  (vous pouvez l'acheter par correspondance par exemple ici). L'interview a été réalisée en auvergne.

On y apprend que BABY LOVE vient bien des SUPREMES... et surtout que MURAT a déjà prévu une session studio : "Une petite tournée, toute petite, comme d'hab, rien de spécial. J'écris des nouvelles chansons, je rentre en studio dans 15 jours pour ne pas penser à tout ce bordel. Je commence à avoir envie de faire des disques qui sortiront dans 20 ou 30 ans, en donnant une date de sortie, comme ça je pourrai faire vraiment ce que je veux. J'en ai déjà parlé à mes enfants. Parce qu'on est obligé de faire des oeuvres posthumes: le présent est merdique".

Au programme également: son coup de foudre chez Denis avec sa "pistachio", le travail avec Denis,  une belle anecdote sur Tony JOE (TIna Turner PTDR en le rencontrant "pendant 10 minutes"[...]C'est incroyable, je croyais que tu étais noir")... mais rien sur les rééditions vinyles, et la collection de disque de Jean-Louis... comme quoi on ne s'enferme pas dans les galettes dans cette revue.

 

 

-  Et on trouve du Murat plus facilement dans le FIGARO DE CE VENDREDI (dans le carnet "figaro et vous")... entre 250 et 300 000 exemplaires distribués.... 

Olivier NUC qui n'en avait pas fait des tonnes depuis un moment est plutôt dithyrambique : "album le plus inspiré de Murat depuis plusieurs années" (formulation un peu vague). "le plus fluide et mélodieux, accessible, depuis de longues années" rajoute-t-il ensuite.  Longues années? Les années de Murat sont courtes... et peut-être Olivier Nuc parle-t-il de "depuis BABEL?"...

Anecdote inédite ensuite sur les années ST-TROP: "au début des années 70, je dansais 4 ou 5 heures par nuit[...] avec ma première épouse. On nous avait même proposé un contrat".   Messieurs les producteurs de "danse avec les stars", à votre téléphone!! (je rigole!).

Et confirmation: "pistachio", c'est le petit surnom de la guitare, mais pas le modèle.

 

 

 

Un JEAN-LOUIS peut en cacher un autre...  et un figaro là, et du France INTER
Un JEAN-LOUIS peut en cacher un autre...  et un figaro là, et du France INTER

 

 

LE LIEN AUDIO EN PLUS

MATTHIEU CONQUET nous parlait ce matin de "BABY LOVE" SUR INTER.

 

Jean-Louis Murat revient et commence ce vingtième album par un geste chaloupé qui parle aussi bien de la guerre que de la ruse et d’amour, forcément. Le titre de l’album c’est Baby Love et s’il y a quelque chose du Baby Love des Suprêmes c’est dans cette pulsion d’innocence et de maîtrise conjuguées, avec guitares claviers et cuivres synthétiques.  Ils ont fait tout l’album à deux, Jean-Louis Murat et son comparse Denis Clavaizolle, et je disais chaloupé, on va beaucoup remuer au cour de ce disque “Baby Love”, au tempo relevé qui change volontiers de registre.

Ce qui au fond correspond assez bien à la discographie de Jean-Louis Murat qui a signé en 40 ans albums très différents. Il a eu un côté americana auvergnate (du genre Neil Young mais du côté des volcans), il a adapté François Béranger dans 1829, il a fait dire et chanter de la poésie du XVIème à Isabelle Huppert sur des instruments baroques avec Madame Deshoulières

Si je vous parle de ses anciens albums c’est aussi parce deux d’entre eux viennent d’être réédités :  Cheyenne Autumn (1989) et puis Mustango (1999) et qu’on retrouve certains de ces gestes dans ce nouveau Baby Love

On retrouve chez Jean-Louis Murat une grande sincérité, déguisée, un peu tordue parfois, mais sincère. Il se raconte, se met à nu Jean-Louis Bergheaud alias Jean-Louis Murat. 

Il se voit là comme “de la chair à psychanalyse”, dimension qui saute aux yeux avec un titre comme Le Reason why

Je vous disais que c’est un disque plein d’amour et de contradictions, par exemple : il se méfie de ceux qui n’aiment pas la guitare, c'est d'ailleurs, ce qui est dit dans le morceau Tony Joe mais utilise volontiers l’auto-tune à la Frank Ocean. Il chanté avec Mylène Farmer mais il a eu peur de demander à Tony Joe White de jouer pour lui, il est fan de Frank Sinatra mais aussi de cyclisme. Bref il est plein de contradictions et il a bien raison. 

https://www.franceinter.fr/emissions/dans-la-playlist-de-france-inter/dans-la-playlist-de-france-inter-28-fevrier-2020

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 25 Février 2020

Et bravo pour TV5 Monde pour avoir choisi cette belle image d'accroche!, il avait pourtant une belle chemise très seyante. Bon, à part ça, c''est du rapide...

EDIT: France 5 (et moi aussi) a été repris par les AP de PIAS pour l'image (un Murat peu flatteur) et ça a été modifié depuis.

 

dispo là:

https://information.tv5monde.com/video/jean-louis-murat-et-les-turpitudes-de-l-amour

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 22 Février 2020

On part pour un petit article vite fait... et en tirant le fil de l'actualité et de la mémoire... on se retrouve en 1981, 1898

 

- Voilà le texte "promo" de BABY LOVE, et curieusement, c'est plus une disco qu'un discours sur le dernier album... Un paragraphe parle quand même du disque imprégné des Earth, wind and Fire... et de la guitare "pistachio" (Murat en parlait en avril 2019 dans les inrocks)

Plus les années passent, plus Jean-Louis Murat accélère son rythme discographique. Relativement économe de ses efforts au début de sa carrière (seulement trois albums dans la décennie 1980, quatre pour la suivante), l’Auvergnat a considérablement augmenté sa vitesse de publication au tournant des années 1990/2000, avec six disques parus par décennie (sans compter les projets parallèles, littéraires, ni les enregistrements publics).

Car il « écrit des chansons comme on purgerait des vipères ».

Au sortir d’une année 2019 passée en studio et sur les routes de France, Murat a notamment réédité deux authentiques chefs-d’œuvre. D’abord, son troisième album Cheyenne Autumn (1989), disque majeur et inusable qui a durablement marqué la chanson française et influencé nombre d’artistes hexagonaux à travers des ballades spleenétiques faisant le grand pont entre Leonard Cohen et Léo Ferré, Robert Wyatt et The Pale Fountains.
Autre réédition anniversaire, Mustango (1999), le septième album de Murat et le premier disque américain de sa carrière, enregistré entre New York et Tucson, aux côtés de Calexico, d’Elysian Fields et du guitariste inventif Marc Ribot.

Avec le transatlantique Mustango, l’homme privilégie l’immédiateté mélodique et retrouve son instrument de prédilection, la guitare, qu’il avait délaissée le temps de l’immense Dolorès (1996), œuvre de rupture sentimentale et artistique principalement composée au clavier.
Dans les années 2000, donc, Murat tient une cadence infernale, alternant albums studio (dont le classique Le Moujik et sa femme en 2002, le triple Lilith l’année suivante et l’atmosphérique Taormina en 2006), collaborations multiples (Isabelle Huppert avec Madame Deshoulières en 2001, Jennifer Charles et Fred Jimenez pour A Bird On A Poire en 2004) et adaptations musicales (Jean de Béranger, Baudelaire et Ferré).
Dix ans après Mustango, l’Auvergnat repart outre-Atlantique pour enregistrer à Nashville, le temple de la country. Le Cours ordinaire des choses (2009) résume bien cette décennie pour son insatiable auteur-compositeur-interprète.

“Chanter est ma façon d’errer”, comme il le dit lui-même.

S’ouvre alors une nouvelle décennie avec Grand lièvre (2011), avant que Murat ne tourne définitivement le dos aux majors et rejoigne le label indépendant [PIAS].
Cet artisan de la chanson française enchaîne les disques en solo (Toboggan, 2013) ou en groupe (le mirifique Babel en 2014 avec The Delano Orchestra, l’endeuillé Morituri en 2016).
En 2017, Jean-Louis Murat échafaude une fusée à trois étages, dont le premier volet volontiers électronique et expérimental, Travaux sur la N89, surprend son monde, avant que le superbe Il Francese (2018), marqué par le deuil (la mort de son batteur historique Christophe Pie) et les aspirations napolitaines, ne vienne couronner des années 2010 décidément prolifiques pour son auteur.

Et comme le chanteur sexagénaire n’en fait qu’à sa tête depuis le mythique 45 tours Suicidez-vous le peuple est mort (1981), il revient en mars 2020 avec un vingtième album, qui n’est pas la fin espérée du triptyque. Comme son titre l’indique, Baby Love est l’œuvre magistrale d’un homme amoureux – comme le miroir inversé de Dolorès un quart de siècle après.
C’est un disque qui groove. “J’en avais marre de réfléchir aux chansons, je voulais d’abord m’amuser et me mettre hors contrôle”, explique l’intéressé. “Cet album concentre toute la musique que j’aime, en particulier celle qui me donne envie de danser, comme le disco. Car je suis un danseur invétéré.”

En plein chamboulement personnel et écoutant en boucle le groupe Earth, Wind & Fire, Murat a composé et écrit ces onze chansons ramassées en quarante minutes, jouant tous les instruments avec son vieux complice Denis Clavaizolle. “Dans le studio de Denis, mon mot d’ordre était de lui dire que nous étions en 1985, comme des débutants en quête d’un premier contrat discographique. Nous avons recherché la simplicité, avec des chansons au format 3’30.”
Tombé sous le charme d’une guitare Pistachio, Jean-Louis Bergheaud s’en donne à cœur joie et s’éclate comme rarement. “C’est la nouvelle guitare de ma vie”, s’enthousiasme-t-il. “En studio, je pensais d’ailleurs à la musique plutôt qu’aux paroles. J’ai presque découvert les textes au moment du mixage de l’album, un peu comme si leur sens m’avait échappé. Je constate que c’est de la chair à psychanalyse. Comme toujours dans mes disques, il est question d’amour finissant et d’amour débutant. J’ai souvent écrit dans cet état de suspension.” Baby Love balance ainsi entre amour nouveau (La Princesse of the Cool, Le Reason Why, Si je m’attendais) et désamour (le single Troie, Réparer la maison, Ça s’est fait). Derrière sa pochette typographique d’un rose disco, se cache le vingtième album studio de Jean-Louis Murat – déjà l’un des grands disques de 2020.

Crédits :

Réalisé par JL Murat
Tous instruments : JL Murat - Denis Clavaizolle
Arrangements : Denis Clavaizolle - JL Murat
Mixé par Aymeric Létoquart au studio de la Seine à Paris
Masterisé par Jean-Pierre Chalbos à La Source Mastering
Artwork et photos : Frank Loriou
Production exécutive : Laure Bergheaud
Management : Guillaume Depagne, gd@aimegmt.com
Paroles et musiques : JL Bergheaud Murat
Editions : Scarlett Productions Editions

 

- En plus de l'article paru dans la semaine, les inrocks.fr nous proposent une playlist de Jean-Louis Murat

https://www.lesinrocks.com/2020/02/21/musique/musique/en-couv-des-inrocks-cette-semaine-jean-louis-murat-devoile-sa-playlist/

Après avoir dit qu'il ne comprenait plus son intérêt pour Neil Young, voilà tout de même qu'il le choisit dans sa sélection...  avec Celentano, et Earth, Wind and Fire dont il a nous a parlé également. On retrouve également Talk Talk (à lire ici), Badu et GS Heron (figurant tous les deux déjà dans une playlist de 2008) avec les mêmes chansons. Plus rare:  du Prince, la californienne Khadja Bonet (extraterrestre) et un choix que je crois vraiment inédit : Tom Waits... dont Marc Ribot (Mustango) fut le guitariste.

Et c'est accompagné d'un nouveau cliché de DENIS POURCHER:  il fait un peu peur, non?

 

LE LIEN EN PLUS
 

Morgane Imbeaud, toujours grignette, connait Jean-Louis Murat depuis toute petite:

http://www.baz-art.org/archives/2020/02/14/37951226.html

"Jean Louis (Murat), je le connais depuis que je suis toute petite, il a travaillé avec mes parents et c'est vrai qu'on a commencé à collaborer ensemble depuis 2007 et Babel et depuis j'ai souvent eu l'honneur de collaborer avec lui sur certains de ses albums. Là il m'a écrit un morceau " si l'amour est un sport" que j'aime beaucoup et qui est totalement dans son esprit.  Jean Louis a su me faire confiance, il m' a permis de me libérer notamment sur scène où j'ose plus et ses conseils m'ont vraiment beaucoup aidé en cela. "

LE CLICHE EN PLUS

Un petit clin d'oeil au lecture actuel de Monsieur Bergheaud (cf article précédent).  Merci à Manu (pas Macron bien sûr) pour l'envoi qui aurait ravi Matthieu (...), l'auteur de l'article "au commencement était un graff" qui renvoyait déjà Murat au mouvement libertaire et anar, bien avant les gilets jaunes.

« Je passe plus de temps avec mes bouquins qu’avec la musique. Je suis un peu timbré des livres », glisse-t-il. Et de nous expliquer que l’ouvrage qui l’a le plus influencé s’appelle Histoire d’un ruisseau, écrit à la fin du XIXe siècle par Élisée Reclus, un géographe et anarchiste français. Une contemplation poétique de la nature, mais pas que…    ouest france en10/ 2018

 

On termine du coup par "l'idée", texte de Charles D'Avray (vers 1898), autre libertaire... alors, n'hésitez pas "suicidez-vous... le peuple est mort", même s'il faut mourir pour ses idées, mais de mort lente comme de bien entendu. Matthieu :

"J'ai contacté Claude Guillon, l'auteur de Suicide mode d'emploi (tu as sans doute entendu parler de ce bouquin qui fit du bruit dans les 80's) et très bon connaisseur de l’anarchisme. Il m'a dit que le suicide était rarement une solution proposée par les anars, ceux-ci le condamnant plutôt comme une forme de désertion... Pour ma part, cette partie-là du tag me fait davantage penser à l'esprit punk de l'époque (No Futur, etc.). En revanche, l'idée de peuple mort fait selon lui écho à une vieille thématique anarchiste, celle d'un peuple trop passif. De fait, Charles d'Avray (l'auteur de "L'idée")  a ainsi écrit un "Le peuple est vieux" et dans "Ni Dieu ni maître", tu trouves le vers "le peuple sommeille"...
 Donc, selon Guillon et moi, ce slogan porte les empreintes de l'anarchisme et du punk. L'humour de l'autre tag ("C'est plus propre") me paraît également le rapprocher du punk, voire d'un certain situationnisme.. Mais j'ai préféré résumer ces diverses conjectures, plutôt que d'ajouter une mini-thèse à l'album photos...[à propos de l'article Au commencement était un graff]

[Février... le moment de la chanson qu'il appréciait: peu me chaut... "S'il faut partir un jour, peu me chaut"]

Bon, ceci dit:

En parlant d’URSS et d’esprit de révolte, tu cites Kropotkine (ndlr. écrivain russe anarchiste, auteur de L’Esprit De Révolte, 1881) dans la chanson Voodoo Simple.
Oui, je lisais ça. C’est nul d’ailleurs, juste un joli nom : Pierre Kropotkine. Sur mon bureau, j’ai aussi son livre La Morale Anarchiste (1889), qui est terrifiant de connerie. L’anarchie s’est pourtant beaucoup appuyée là-dessus. Kropotkine s’essaie parfois à démontrer les preuves scientifiques de l’existence d’un comportement anarchiste, mais il n’y a pas un truc qui tient, c’est archinul.

http://www.magicrpm.com/entrevue-29-04-13/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez, #Baby Love

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