bonjour!
Au milieu des préparations pour le Week-end Murat, yes sir!, j'ai pu passer une petite heure au téléphone avec Fabrice Nataf, qui a signé Jean-Louis Murat en 1986 chez Virgin. C'est un peu un oublié des biographies de Jean-Louis et il en est un peu surpris! Faute peut-être à l'étiquette Bill Baxter-Daho-Liane Foly (entre autres) qu'il a pu avoir (d'ailleurs, les biographes de Manu Chao l'oublient aussi alors qu'il a signé la Mano - "ils étaient 8, une voix chacun, et Virgin, une voix!"-NDLR: le passage d'un tel groupe alternatif chez une Major était un événement à l'époque-). En tout cas, il récuse en s'en amusant tout-à-fait le propos de Jean-Louis Murat sur le fait qu'il l'aurait signé parce que sa petite amie de l'époque aurait apprécié sa musique. Il connaissait "Suicidez-vous le peuple est mort", et a accepté un rendez-vous et l'écoute des maquettes a permis de valider. Il garde en mémoire une biographie officielle où il était indiqué "signature avec Fabrice Nataf". Cette mention l'avait touchée. Autre souvenir : Jean-Louis lui disant "si tu ne m'avais pas signé, j'aurais arrêté la musique". Il doute que cela soit vrai mais c'est conforme à certains propos de Murat.
"mais franchement, c'est l'artiste avec lequel j'ai pris le plus de plaisir à travailler. Sa culture, son intelligence. On était parti en vacances en Auvergne, je me rappelle, on était passé chez Denis, et puis chez Jean-Louis. Je me rappelle, il m'avait parlé pendant 2 heures des quotas laitiers! Et il n'y avait que lui pour rendre ça intéressant! C'était passionnant. Pendant ce repas, il y a un type qui est passé, peut-être un député, de droite, un peu prétentieux et Jean-Louis avait eu cette phrase "oui, il est sympa mais je suis sur qu'il n'a jamais vu un film de Bill Wilder en entier". Autre phrase gardée en mémoire: "ce qui est important ce n'est pas la question, c'est la réponse".
Petite anecdote sur l'épisode Besson : Vu qu'il était "le roi" après l'immense succès du Grand Bleu, le réalisateur convoque Gaumont et Virgin (Nataf), et explique son projet, une suite, avec une BO originale signée par des artistes qu'il a choisis... et lui de sortir sa liste: Madonna ("euh, Madonna, LA Madonna? - oui"), The Cure... tous les plus grands... et le seul français Murat... Et tout le monde a accepté! Sauf Miles Davis, le manager demandait 50 000 dollars pour simplement poser la question à Miles. Besson était prêt à infiltrer un hôtel déguisé en groume pour aller le trouver, mais Fabrice ne l'a pas suivi dans ce projet! Après un essai avec les images avec quelques titres, tout le monde s'est rendu compte que cela ne fonctionnait pas... et Murat a donc récupéré sa musique (dont "le col de la croix morand").
Pas mal comme teaser d'interview, non? Vous êtes impatients? ... Bien fait pour vous! Vous n'aviez qu'à tous prendre vos billets pour le week-end Murat, yes sir! J'aurais eu plus de temps!
Fabrice est parti aux éditions EMI, a dirigé d'autres labels, signé Morgane Imbeaud chez Belleville (juste avant la cession d'activité du label)... mais est toujours resté dans ce milieu, jusqu'à créer sa structure Freedonia (distribution avec Sony). Il y a travaillé avec Kimberose, Mr Mat, Marie Sarah... et vient de signer Lili EM, une invitée du Week-end Murat!
Le contact s'est fait tout simplement par les réseaux sociaux, Fabrice a écouté les maquettes préparés avec Vivien Bouchet (ex Kaolin) et il a adoré. La rencontre s'est bien passée, et ils ont décidé de travailler ensemble. C'est le tout début de l'aventure, avec juste un premier single "Mademoiselle", et Fabrice est très satisfait des écoutes spotify... "alors qu'on n'a rien fait, pas de clip". "J'adore cette fille, je trouve qu'elle a un talent fou, et ça m'a fait marrer et aussi très plaisir quand elle m'a dit qu'elle allait faire un hommage à Jean-Louis Murat, d'ailleurs, j'aimerais bien qu'elle fasse une cover, il n'y en a pas eu suffisamment. D'ailleurs, j'avais fait un essai avec Anna Mouglalis sur "le venin", mais ce n'était pas concluant". Je l'ai interrogé sur le passage un peu obligé à la référence à Murat pour un artiste qui vient d' Auvergne. Pour lui, ce n'est pas le cas, il n'en avait pas été question avec Lili Em (il est vrai que son univers est plus éloigné de Murat que celui d'une Adèle Coyo par exemple, pour la référence à la nature par exemple). En tout cas, l'aventure ne fait que commencer pour Lili, avec un EP à l'automne, avant un album.
Voici maintenant un mot de LILI EM sur Jean-Louis MURAT:
Enfant, Jean - Louis Murat
était d'abord pour moi cette voix, que je trouvais bien sûr mystérieuse, puis plus tard cet homme énigmatique à l'aura pour ainsi dire très magnétique...
J'ai découvert les mots de "l'éphémère", la chanson "regrets", qu'il chantait avec Mylene Farmer que j'écoutais beaucoup, le "Mont sans souci" évidemment... Sa plume, sa verve en interview...
S'il est un regret pour moi en tant qu'artiste de la région, c'est d'ailleurs de ne l'avoir jamais rencontré. J'aurais vraiment aimé, mais je l'ai vu en concert. Dans mon parcours, j'ai rencontré des personnes qui le connaissaient bien, et aujourd'hui étant signée sur le label Freedonia, je suis honorée de travailler avec Fabrice Nataf, alors je vois comme un petit lien avec lui :)
L'ingénieur du son, Rémy, qui m'accompagne aujourd'hui l'accompagnait aussi sur ses tournées.
Je crois de toute façon que comme pour beaucoup, et notamment pour les artistes, auteurs, compositeurs, de la région et au delà, il y a ce sentiment particulier, cette aura, cette sensation quand on pense à lui et à son oeuvre.
J'ai beaucoup entendu parlé de sa façon de travailler, et de l'artisan de la chanson qu'il était. C'est vraiment fascinant.
Il y a ses chansons bien sûr, mais aussi l'image que je garde, celle que j'ai toujours eue de lui : la puissance et la douceur de son regard... énigmatique...
Je suis très heureuse de pouvoir participer à cette nouvelle édition, j'ai assisté à la précédente en tant que public et je me souviens encore de l'émotion qui régnait...
Courte interview radio de Lili Em sur Logos FM où est recommandé le week-end Murat!