Publié le 21 Octobre 2011

 

Allez, on tente le coup... Très chère lectrice fidèle notée A. ou  chères lectrices tout court ou mesdames, mesdemoiselles, Messieurs passant au hasard,    si vous avez été hier au concert de Jean-Louis Murat à Montpellier,  merci de nous laisser quelques mots en commentaire sur votre soirée!

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 19 Octobre 2011

 

 

 

 

Merci à Nicolas pour la transmission des deux articles!

 

 

Après "Public", voici une chronique dans VOICI... Gentil VOICI, ce grand prescripteur culturel... Une mise à l'honneur de Jean-Louis Murat dans le journal peut-être pour le remercier de "s'être fait " chez Ardisson un concurrent direct... Closer... 

 

VOICI-texte.jpg

On peut rigoler... mais en tout cas, la critique est plus qu'élogieuse...  On lit même que la musique est variée... ce qui n'a pas été très souvent souligné...

 

Bon, delà à chanter la Marseillaise... vous avez bien compris que c'était une blague... euh, peut-être...  Enfin, soit, le deuxième article est sorti de la MARSEILLAISE :

 

 

la marseillaise

 

la marseillaise

Un article qui ne se mouille pas trop....

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 17 Octobre 2011

Merci à Rémi (et à Madame qu'il l'a poussé un peu...).
Et au fait, on attend toujours des vrais comptes rendus d'ISTRES...
Belle soirée ce mercredi 12 octobre au Kao, la salle de la brasserie Ninkasi à Lyon. JLM a fait peau neuve avec une coupe de cheveux rafraîchie façon rocker d'antan, une chemise chic qui va avec, et des souliers fins  pour aller faire le beau à la ville. Il a aussi repassé son vieux coupe-chou sur le cuir de sa ceinture, et s'est fait la barbe pour de bon. Méconnaissable, je vous dis ! Le secret de cette métamorphose, c'est  surtout le nouveau son de l'artiste et de ses complices, et une attitude résolument rock.
 
Quand je pense qu'il y a deux ans nous l'avions  vu gratter la guitare et souffler dans le biniou tout seul, avec une table de mixage posée sur une toile cirée :  "Vous aurez droit à un concert de prolo", avait déclaré JLM à Hauterive, dans le palais idéal du facteur Cheval. Ce soir-là, le prolo avait emmené son public juste sous les étoiles.
 
Au Kao, nous avons eu droit à une première partie assurée par la jeune LiliMarche, qui s'accompagne au clavier, et chante de petites compositions personnelles acidulées et sans prétention : une belle voix, des textes aux registres variés, et une présence à la fois charmeuse et sympathique. Je suis toutefois insensible aux textes en anglais, donc  pas de commentaire sur cet aspect de sa prestation.
 
Pendant ce concert  lyonnais le public a pu entendre tout l'album "Grand Lièvre", et quelques reprises des plus célèbres des compositions anciennes, dont Les jours du Jaguar. Beaucoup de décibels ( les bons !) et beaucoup de jeux de lumières très dynamiques,  qui tranchaient avec l'éclairage type usine de sa dernière tournée : au Kao, nous avons retrouvé les riffs stroboscopiques des années psychédéliques. Murat et ses compagnons ont joué avec beaucoup d'énergie et ont fait bouger le public dans cette salle dépourvue de sièges. Le chanteur est au meilleur de son art ; qu'il se confie dans un registre élégiaque ou amoureux, ou qu'il vocifère son incompréhension de la bêtise ambiante, sa voix n'est jamais affadie ni déformée, sachant aussi se mettre à l'unisson de sa guitare.
 
Après le traditionnel rappel, je me suis précipité avec ma fenotte  (ma "chérie", en Lyonnais) sur le stand de Jocelyne, l'infatigable responsable des "produits dérivés". Cette appellation bassement mercantile ne cadre guère avec la démarche du  chanteur, mais Jocelyne gère tout cela avec beaucoup de gentillesse et de sensibilité...
JlM est venu, tout mouillé de chaud, signer les albums vinyles et les CD, en râlant que "quand c'est fini, ça continue..", histoire de faire son bougon.
Cecile tend le disque, JLM signe, nous regarde un instant avant de conclure "Allez, bonsoir M'sieu Dame!"
Comme on ne savait pas quoi répondre, on a souri et on est partis. Le lendemain, on souriait encore.
Remi Bernard.
tournee grand lievre
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PUB:
j'ai eu pleins de propositions d'ebuzzing, que je n'ai pas diffusé... mais une fois de temps en temps... et un assureur militant... banco...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 17 Octobre 2011

 

Bonne idée du figaro...un dialogue entre JLM et une philosophe.... même si on aurait préféré un autre thème peut-être..  Amusant qu'ils aient choisi une philosophe écrivant dans l'Humanité....

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cynthia_Fleury

 

 

En tout cas, un discours (hors promo complet) intéressant et libre, et presque sans chercher la polémique, de Jean-Louis Murat... notamment autour de la sexualité...

 

  EDIT: Plus facile à lire en ligne peut-être: http://madame.lefigaro.fr/societe/femmes-restent-proies-191011-183532

 

 

 

 

SAM 4878

 

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SAM 4883

 

 

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On parle du FIGARO.. Peut-être des cadres intéressés par :

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 16 Octobre 2011

 

 

Du côté de FROGGYDELIGHT...

Rencontrer Jean-Louis Murat est une épreuve à laquelle on se prépare. Il est impressionnant d'une part en raison de son oeuvre et de chansons qui font de lui un des compositeurs/interprètes majeurs dans la chanson française de ces vingt dernières années, mais aussi parce qu'il a la réputation de ne pas avoir un caractère facile. Pourtant, c'est un homme agréable et chaleureux qui m'accueille, loin de l'image du chanteur torturé que je redoutais de rencontrer. Néanmoins, pour l'avoir vu de nombreuses fois en concert, je le sais capable de se fermer ou de se monter cinglant. Ainsi en rentrant dans la chambre de l'hôtel parisien où il enchaîne les interviews ("C'est quand même un métier moins dur que celui de maçon" me dira-t-il dans un sourire avant l'entretien), je n'ose pas faire de blague entre le lit défait et le titre de son single de 1991, "Le lien défait". Pourtant son dernier album, Grand lièvre, par la légèreté de ses mélodies et de ses arrangements, rappelle à bien des égards ses productions de l'époque. Rencontre avec un artisan passionné.

 

LA SUITE; http://www.froggydelight.com/article-10980-Jean_Louis_Murat

 

Excellente question à la fin:

Sur Grand Lièvre, on retrouve une des marques de fabrique des disques de Murat, à savoir certains passages parlés, parfois incompréhensibles, à l'arrière des chansons, ou des enregistrements de bruits de la vie. Quel est l'apport de ces ajouts ?

Jean-Louis Murat : Je sais que les auditeurs aiment bien suivre cela. Ça a un sens, mais je laisse à chacun la liberté de l'interpréter comme il le souhaite. Il faut laisser entrer la vie dans les chansons, et laisser l'esprit de l'auditeur travailler. Par exemple, sur "Rémy est mort", j'avais un long texte dont je n'ai gardé que quelques bribes. C'était un texte sur un officier américain qui arrivait à Dachau et téléphonait à son supérieur pour lui annoncer l'horreur qu'il avait découvert. Il ne reste que quelques bouts de phrases qui parlent d'infini et de désarroi. J'intègre ces passages dans mes chansons pour intriguer l'auditeur. Souvent ce sont des phrases que j'enregistre sur un dictaphone et que je glisse ensuite lors de l'enregistrement.

Ajouter ces morceaux de vie est aussi un moyen de lutter contre la technologie. Pour Grand Lièvre, on a enregistré sur un 24 pistes à l'ancienne parce qu'on voulait qu'il y ait du bruit de fond. La technologie numérique permet de gommer tous les bruits de fond, et paradoxalement aujourd'hui, c'est la musique qui est devenue un bruit de fond. J'aime le souffle et les craquements que produisent les disques vinyle, je trouve quelque chose de poétique à ce souffle qui enrichit l'écoute. Depuis 30 ans, il existe des micros qui coupent automatiquement les signaux trop faibles. Par exemple, dans le jazz, lorsqu'un saxophoniste est enregistré avec un micro de proximité, on ne l'entendra plus prendre son souffle et on n'entendra pas la note arriver de très loin. En perdant le bruit de fond, on perd aussi le fond et le sens des choses. C'est comme si dans la peinture, chez de Vinci ou chez Raphaël, on gommait l'arrière-plan du tableau. La signification ne serait plus la même.

De plus, il y a le format mp3 qui non seulement écrase l'espace, l'ampleur qu'on peut donner à la musique, mais qui aussi javellise l'ensemble. C'est-à-dire que tous les petit bruits, toutes les petites bactéries qui font la musique, disparaissent. Or ces petites bactéries, comme en biologie, participent de la vie dans la musique. Je peux m'enregistrer en guitare/voix, mais si je m'entends un mois plus tard en mp3, parfois je ne retrouve rien du tout de l'instant. C'est un format dégueulasse. La musique est déshumanisée et c'est, à mon sens, une des raisons du désamour des gens pour les chansons.

En dernière question, je voulais vous parler d'un disque que vous aviez réalisé et qui comportait beaucoup de bruits de fond, c'était les Rancheros. Après le volume 1 "Golden couillasse", le volume 2 qui était annoncé sortira-t-il un jour ?

Jean-Louis Murat : (rires) Alors là, en effet, il y avait du bruit de fond. Bien que les chansons du volume 2, "Silver connasse", existent, elles ne sortiront pas. C'était une blague. On avait même le titre pour un troisième album, "Platinium fucking". Il n'y aura eu que "Golden couillasse" finalement. (rires).

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 16 Octobre 2011

 

 

Ah, j'ai pensé aller voter... pour le mauvais cheval (je passais devant faut dire)... mais j'ai zappé d'aller acheter le Figaro Madame... Oui, c'est moins naturel... 

 

Donc, dans le FIGARO MADAME d'hier, il y avait le JEAN-LOUIS...  Je pense que ça sera en ligne bientôt... mais j'essayerai d'acheter demain...  Un camarade blogueur a lui déjà lu l'article et a relayé certaines citations :

http://aurayoncd.canalblog.com/archives/2011/10/16/22357788.html

Extrait : "

"Il y a quelques années, ma maison de disques demanda à un programmateur de radio pourquoi il ne passait pas mes chansons :''C'est trop hétéro, ce que fait Murat, ça pourrait heurter nos auditeurs.'' Bien sûr, le féminisme est un combat qu'il faut mener, mais il est tellement pris en charge par des imbéciles que les résultats produisent le contraire des attentes. Il ne faudrait pas que les femmes jouent contre leur camp. Je constate aussi l'augmentation du nombre de jeunes femmes malheureuses. Epouser un con est très tendance. Si le féminisme fait autant de malheureuses, la belle affaire !".

"Avez-vous remarqué cette nouvelle génération de chanteuses qui ne portent que des prénoms ? Comme un carnet de Madame Claude. C'est étonnant, non ? Elles perdent leur identité".

100% d'accord avec Murat, ces chanteuses dont le pseudo se résume en un prénom sont la marque de l'interchangeabilité avérée des individus aujourd'hui. Elles chantent toutes de la même façon : façon Star Ac'. Elle parlent toutes de la même façon, genre libérées (de quoi ?) et pas connes. C'est à ça que je reconnais les connes personnellement. Les individualités sont gommées... ça pourrait choquer les auditeurs ? Le prénom représente aussi la simplicité obligatoire, le côté "sympa". La chanteuse devient une familière puisqu'on l'appelle par son prénom. Proximité, convivialité... argh. Marketing du cool, toujours.

Murat va plus loin et ose un rapprochement bien senti entre cette tendance et le carnet de Madame Claude. Pourquoi pas.

Jean-Louis, c'était bien avec Camille ?"

 

Sur twitter, une autre personne a relayé le propos suivant : "je trouve les femmes moins libres qu'avant"...

 

 

- J'ai quelques amis québécois, belges.. mais pas de libanais... Pourtant, c'est un peu Beyrouth chez moi... Alors il vous faudra vous contenter d'un extrait d'un article du journal L'ORIENT : le quotidien libanais d'expression française.

 JEAN-LOUIS MURATGrand lièvre On a l’impression que Murat est triste. Ce nouvel album, Grand lièvre, est plus un recueil de poésies parlées qu’un disque de musique à part entière. On a cette agréable surprise de se sentir au XIXe siècle grâce aux textes qui sont sublimes et à cette musique dépouillée, très Murat

l'article est réservée aux abonnés.

http://www.lorientlejour.com//news/article.php?id=727070

 

 

- Mauvaises nouvelles du dimanche : demain, c'est lundi... et "GRAND LIEVRE" est tombé à la 39e place du classement des ventes...  Ce n'est pas bon du tout...

 

 

- LE LIEN DEFAIT a trouvé une petite interview vidéo pour finir... Rien d'extraordinaire par contre.. si ce n'est le gros plan du visage de Jean-Louis pour les Dames..

 

http://musique.orange.fr/jean-louis-murat/music-express_11878314/video?HQ=1

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 15 Octobre 2011

 

Après quelques échanges avec Malika, et consultation de FB,  le concert d'ISTRES s'est apparemment bien déroulé... Pas de surprises au niveau du set... mais... mais... Jean-Louis Murat a parlé au public.... "il parait qu'il faut que je vous parle!"

 

Cette phrase m'a beaucoup amusé... Apparemment le débriefing avec Marie, après consultation du public lyonnais, a eu son petit effet...  A vrai dire, je ne sais pas si c'est un mal ou un bien:

"petit refrain assez rigolo nous disant qu'il était dans tel hôtel, chambre 707 et s'adressant à fred "et toi t'es dans quelle chambre ?", moi j'ai demandé la 707 et on me l'a donnée"... Il me semble l'avoir déjà entendu dire ce genre de choses en concert...

 Il  a évoqué  également la pollution autour de l'étang de Berre à côté duquel il était allé courir dans la journée!  Ah, quand on vous dit qu'il est en forme en ce moment!  Par contre, un propos politique évoquant la méditerranée a laissé un peu perplexe Malika... 

 

Ces quelques mots  modifient-t-il la perception du public?  Difficile à dire pour l'instant... Mais le rire n'est sans doute préjuciable! Même si au lieu de partir dans la déconn, quelques propos sur les chansons, une anecdote liée à la création du titre suivant... serait peut-être beaucoup plus intéressante... mais là, ce n'est pas le genre de la maison!! Mais ma foi... depuis hier, je me lâche: on peut toujours demander... puisque finalement, il est prêt à faire des efforts!

 

A propos de  la perception du public, il sera difficile, malgré tout, d'avoir une unanimité...  Certains reprochent toujours à Murat un côté méprisant,  notamment lors de la séance de dédicace (organisé comme à Lyon, mais pas au RIO), mais d'autres sur FB indiquent  un JLM "charmant"-comme à Lyon- à ce moment-là...    Le plus important est que chacun est apprécié le concert... "musicalité extrême" indique Malika, qui a énormément aimé le groupe, notamment Fred et Slim... et parle elle aussi d'un des meilleurs concerts de Murat auquel elle ait assisté...

 

PS :

Il faisait comme à Lyon et Montauban très chaud (serait-ce lié à l'éclairage?)...

 

 

             Ce que j'ai ramené du KAo:

SAM_4844.JPG

SAM_4843.JPG

J'amène (quand j'y pense) des petites choses (des pochettes de CD*)... Mais ce n'est pas le cas de tout le monde... Henro, que j'ai râté, prévoit toujours tout un tas de truc à dédicacer... et j'ai aperçu un jeune homme avec trois vieux vinyls.. dont le Murat  de 82... Un peu précieux à mon avis pour emmener au concert!

 

 

* content notamment d'avoir mon Cartier-Bresson autographé! 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 15 Octobre 2011

la tribune de lyon3 (2)  

 

 

la tribune de lyon3 (3)

 

 

la tribune de lyon3 (1)

 

 

LE LIEN EN PLUS :

 

ENcore une petite chronique québécoise... CARIBOU!!

http://www.gangansurleweb.com/?p=5994

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 15 Octobre 2011

On avait déjà eu la chronique de l'album... Voici l'interview! Notamment avec une explication de Murat sur ses "attaques" envers ses collègues musiciens.. une explication non pas  nietzschéenne, mais shrekienne... Cette attitude de vouloir faire le méchant uniquement pour protéger sa quiétude et son soi à soi (oui,ça m'a bien plu cette expression!)... alors qu'au fond (de son trou du Sancy), on est plutôt   gentil... LE LIEN EN PLUS semble l'indiquer...

 

  

 

Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) Ce n'est pas pour rien si Jean-Louis Murat a choisi le titre Grand lièvre pour son dernier album, arrivé dans les bacs la semaine dernière. À l'image de la bête qui a presque disparu dans certains coins d'Europe, le chanteur se considère comme un artiste en voie d'extinction. Il a souvent songé à quitter le métier, mais il se dit heureux s'il écrit une chanson chaque jour et il continue de lancer des albums presque chaque année depuis plus de 20 ans. Il voudrait voir son art plus largement diffusé, mais il entretient une image de marginal en même temps qu'une relation parfois explosive avec les médias. L'Auvergnat est un homme de paradoxes, certes, mais surtout d'honnêteté et de franchise. Entretien avec un artiste fidèle à lui-même et peu porté sur les compromis.

Q En 2000, après la sortie de l'album Mustango, vous aviez confié au Soleil que vous n'étiez plus certain de poursuivre votre carrière musicale. Vous avez lancé une bonne dizaine de disques depuis. Qu'est-ce qui vous a motivé à continuer?

R À chaque sortie d'album, je me dis c'est le dernier, que j'en ai marre. Mais j'ai beaucoup de mal à trouver une autre activité aussi intéressante, finalement. C'est très décevant. Depuis le temps que je sors des disques et que chaque disque est un quasi-échec, à la fin, c'est un peu épuisant. Mais malgré tout, je continue. La ténacité, il faut qu'elle fasse usage de talent. Voilà, je suis tenace.

Q Cet album a été enregistré plutôt rapidement, n'est-ce pas?

 

R J'ai enregistré pendant une semaine en Provence, dans des conditions quasiment live. J'aime beaucoup enregistrer comme ça. J'y suis très entraîné. J'aime beaucoup enregistrer deux ou trois chansons par jour. Je n'aime pas passer des jours et des jours sur une seule chanson. Je l'ai déjà fait beaucoup et je sais que c'est vain.

Q Sentez-vous que cette spontanéité apporte quelque chose de différent à votre musique?

R Je l'espère. Je trouve que de rester trop longtemps sur des chansons, ça aseptise, ça javellise le son. On travaille à l'ancienne avec une vieille console, des magnétos, des bandes qui tournent. Je dis aux musiciens qu'il faut tout enregistrer. Je veux que ce soit plein de microbes. Je veux qu'il y ait des bactéries absolument partout dans la chanson pour que ce soit une matière vivante.

Q Vos textes sont denses. Ils nécessitent parfois plusieurs écoutes avant de se laisser apprivoiser. Êtes-vous conscient de cet aspect lorsque vous écrivez?

R Dans ce que j'aime écouter, ça fonctionne un peu pareil. J'ai une discothèque faite de disques et de chansons où on aime revenir. Au cinéma, c'est un peu la même chose avec les films qu'on veut revoir. L'envie de revoir, de réécouter, de relire, c'est pour moi un signe de qualité. On trouve de nouvelles choses. On met ce qu'on veut dans une chanson, mais il faut qu'elle soit assez ouverte et énigmatique pour accrocher des états d'âme différents. À la fin, la chanson devient partie même de vos sentiments. Dans l'absolu, j'aimerais bien que ce soit toujours comme ça. Que les chansons collent à la peau.

Q Où vous situez-vous par rapport à vos collègues musiciens en France?

R Je suis extrêmement à part. Je ne sais pas si c'est bien ou pas. Je ne me sens pas du tout intégré dans le milieu de la musique. Mais ça me plaît bien, aussi. Avec un soin très particulier, j'ai choisi des amis qui ne sont pas dans la musique. J'essaie de me tenir à distance du monde du disque. Et dès que les gens se rapprochent, comme j'ai la lan­gue bien pendue, je balance chaque fois des vacheries épouvantables sur les collègues ou sur le métier pour être bien sûr qu'on n'essaiera pas de m'approcher.

Q Vous êtes connu pour vos coups de gueule sur des plateaux de télé. Cette visibilité vous sert-elle?

R Ça m'est arrivé une fois ou deux. Ça se retrouve sur Internet, les gens en parlent. Dans la réalité, ça doit tenir en deux minutes. Mais c'est vrai que je suis soupe au lait. Et il ne faut pas que je me mette dans des situations où, sur des plateaux de télé, on attend pendant des heures et on parle de n'importe quoi. À un moment, je me demande ce que je fais là et je deviens désagréable. [...] Ça ne peut être que négatif.

Q Acceptez-vous toujours d'aller à la télé?

R Le métier est tellement difficile. Il faut faire passer l'information quand on sort un disque. Le problème, et je crois que c'est la même chose chez vous, c'est qu'il n'existe plus beaucoup d'émissions sur la musique. [...] La maison de disques m'incite à le faire, sauf que, si ça se passe mal, je joue contre moi. Surtout que moi, je suis un campagnard. Et devant cette agitation stupide à la parisienne, je réagis brutalement, parfois.

Q On sent bien ce côté campagnard sur votre dernier album. Vous y soulevez des questionnements sur la détérioration de la nature... Avez-vous mal à votre campagne?

R Toutes les atteintes à la nature, j'ai un peu de mal à les accepter. Surtout le phénomène touristique. J'ai presque des altercations quotidiennes avec des touristes. Le sans-gêne destructeur du touriste, ça me rend agressif. De ne prendre aucun égard pour les autochtones, c'est ravageur. On le constate avec beaucoup de civilisations qui s'ouvrent au tourisme et qui sont pulvérisées dans leur réalité.

Q Considérez-vous vos chansons comme revendicatrices? Avez-vous la volonté de changer les choses?

R Non. Je n'y crois pas. Je ne suis pas un optimiste, moi. Je ne me fais aucune illusion sur la nature humaine. Pour moi, l'homme est un salopard qui détruira absolument tout. Je n'ai pas d'autre philosophie. Je ne suis jamais surpris par toutes les saloperies que peut faire l'homme. Je suis accablé, mais pas surpris.

Q N'est-ce pas lourd à porter, cette philosophie?

R Une fois qu'on a dit ça, après, on organise la proximité. Il y a la famille, les enfants... Je me replie sur des valeurs assez traditionnelles. Malgré tout, j'essaie de faire passer qui je suis, ce que je vis. Je ne vais pas chercher trop loin de ce qui est autour de moi. Je fais de la chanson de proximité.

 

 

LE LIEN EN PLUS :

 

 
"Il faut rendre à César… Ou plutôt à Jean-Louis Murat, qui a longtemps représenté la seule tête de gondole locale. Un père spirituel ?   Alexandre ROCHON :« Oh oui ! Un grand-père, même ! », se marre Mark.
« Il y a toute une scène clermontoise, dont fait partie Jean-Louis Murat, qui a fait vivre la ville musicalement pendant les années 80-90, poursuit Alexandre de Kütu Folk Records. Nous connaissons un peu moins Murat, qui vit à la campagne et fait plus rarement le déplacement pour les concerts mais nous ne manquons pas de pères spirituels, comme le batteur Christophe Pie, qui continue à nous accompagner, Gilbert, gérant de Spliff, disquaire indé de la ville, ou Christophe Adam, merveilleux chanteur et ingénieur du son. »
http://www.starstory.fr/Folk-in-Clermont-Ferrand_a390.html

 

D'ailleurs, va falloir que je me mette à écrire ma chronique de GRAND LIEVRE... parce que j'ai pas encore lu une seule ligne indiquant la présence de Christophe PIE dans les crédits de ce disque! C'est quand même quelque chose!

Et il faudra aussi que je remette la main sur le dernier disque des DELANO orchestra... parce que je ne l'ai pas suffisamment écouté....  - Petit! petit! petit!.. ne te cache pas... Non, décidemment, je ne vois pas où il est...

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Publié le 15 Octobre 2011

Bon, ça me console de ne pas encore avoir trouvé le magazine... UN ARTICLE ESSENTIEL... si on veut enfin ouvrir les portes de la perception... des titres du GRAND LIEVRE.. Ceux qui veulent garder le mystère ou leur propre interprétation ou les promoteurs de "l'intentionnalité de l'oeuvre" passeront leur chemin! Un grand plaisir de découvrir un Jean-Louis qui se confie...notamment sur son désintérêt du titre "les rouges souliers"!

 

 

MERCI MAGIC, toujours fidèle à Murat depuis le début...

http://www.magicrpm.com/a-lire/interview/jean-louis-murat/track-by-track-14-10-11

Lisez l'article sur le site de MAGIC!

 

Track by track - 14/10/11 Franck vergeade

Deux ans après un détour mémorable à Nashville, Le Cours Ordinaire Des Choses (2009), Jean-Louis Murat a retrouvé sa fidèle section rythmique pour signer un treizième album massif et déjà central dans discographie, l’irrésistible Grand Lièvre. Où le natif de Haut Arverne réaffirme autant son endurance que sa difficulté à se placer sur la carte de la chanson française, tout en professant quelques conseils paternels. [Interview Franck Vergeade].

Qu'Est-Ce Que Ça Veut Dire ?

Jean-Louis Murat : Comme souvent, en promotion, je me retrouve en décalage puisque je dois parler d’un album qui va sortir alors que j’ai déjà écrit le suivant. Laisse-moi me remémorer un peu les conditions dans lesquelles j’ai fait Grand Lièvre. Pour ce disque et en particulier cette chanson d’ouverture, je voulais aborder le sujet de la perte de mémoire, qui touche de plus en plus de gens dans mon entourage, mais pas seulement. Aujourd’hui, on ne peut que constater que notre pays a la maladie d’Alzheimer. J’aurais d’ailleurs pu intituler cet album Alzheimer. Je dis parfois aux musiciens qu’on va organiser un Alzheimer Tour. Comme ça, si un soir je n’ai pas envie de monter sur scène ou si je m’arrête en plein milieu d’un morceau, j’aurais un bon prétexte… Depuis Le Cours Ordinaire Des Choses (2009), j’ai passé des mois en tournée avec Fred (ndlr. Jimenez, le bassiste) et Stéphane (ndlr. Reynaud, le batteur), donc on ne peut vraiment parler de retrouvailles entre nous même si nous n’avions plus enregistré de disque ensemble depuis Taormina (2006). La vraie nouveauté, c’est l’arrivée du pianiste Slim Batteux, un musicien sensationnel. C’était une idée de Laure (ndlr. Bergheaud, sa femme), qui l’avait vu sur scène. Slim a aussi bien accompagné Percy Sledge que Ray Charles, Johnny Hallyday que Michel Jonasz – le gimmick de La Boîte De Jazz, c’est lui –, il est également spécialiste de la culture indienne. Connaissait-il Murat ? On n’en a pas parlé, mais franchement, ça m’étonnerait. Il doit être un peu comme moi, c’est-à-dire qu’il n’écoute jamais de disques français. Il n’a pas de temps à perdre.

L’album a été enregistré à La Fabrique, à Saint-Rémy-de-Provence, au milieu de la plus grande collection au monde de vinyles de musique classique. C’était très impressionnant de se trouver face à l’histoire de cette musique, et l’endroit est magnifique. En une petite semaine, sur vingt-quatre pistes et avec du vieux matériel, l’affaire était pliée. Le mot d’ordre était simple : “On ne touche à rien”. À l’arrivée, on avait quinze titres, mais dix suffisent amplement. Comme du temps des Beatles, on pourrait revenir aux enregistrements d’une demi-heure. Au-delà d’une quarantaine de minutes, je décroche à l’écoute d’un album. La durée trop longue des disques fait d’ailleurs partie de la crise actuelle. Il devrait y avoir une loi qui oblige les artistes à enregistrer dix chansons. Pour ce qui me concerne, je ne pense publier trop d’albums. Ce sont les professionnels qui le pensent, pas le public. Je peux comprendre les personnes de ma maison de disques, qui se demandent ce que je vais pouvoir raconter aux médias d’une année sur l’autre. Elles courent après les nouvelles têtes. D’ailleurs, les journalistes ont été dressés dans la soif de nouveautés. Ils cherchent le chef-d’œuvre par semaine, qu’ils auront oublié quinze jours après… Fort heureusement, mon public est réceptif à ma sortie discographique annuelle. Je voudrais aussi dire un mot sur Alain Artaud, qui a récemment été viré de Polydor et avec lequel je travaillais depuis plus de vingt ans. Ensemble, on faisait déjà la pochette de Cheyenne Autumn (1989), avec la photo de Jeanloup Sieff…

 

[sympa le mot sur Artaud!    l'inter-ViOUS d'ALAIN ARTAUD http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-10-alain-artaud-75198522.html  ]

 


Sans Pitié Pour Le Cheval
La guerre 14-18… Bataille de la Marne… Mon nom d’état civil n’est pas le mien : j’ai celui d’un arrière grand-oncle, qui se prénommait également Jean-Louis. On m’a donc redonné le nom de Jean-Louis Bergheaud. Étant le premier garçon à être né, je me suis retrouvé dans la famille en charge de l’hérédité imposée d’un combattant héroïque de la guerre 14-18, qui meurt d’ailleurs en 1918. Sans faire de la psychologie à trois balles ou de la schizophrénie de comptoir, j’ai toujours eu du mal avec mon identité. Ainsi, je suis resté sensible à la guerre 14-18, où je suis donc mort une première fois. D’où cette chanson Sans Pitié Pour Le Cheval. J’en ai quelques-unes sur les chevaux et la manière dont les animaux sont traités depuis lors. Moi, j’ai eu la chance de jouer aux cowboys et aux Indiens avec mes enfants, en partant dès l’aube à la montagne avec un poney chacun. On faisait des cavalcades effrénées. Les êtres humains ont perdu le rapport aux animaux. Je regrette le temps où les hommes circulaient à cheval. Il y avait une noblesse qui n’existe pas dans une Clio ou un Picasso… (Sourire.)


Rémi Est Mort Ainsi
Là encore, la résistance a été un élément essentiel dans notre famille. J’ai appris à lire et à écrire dans un manuel dont les deux héros s’appelaient Rémi et Colette. Ces deux prénoms me sont revenus en écrivant Rémi Est Mort Ainsi. Comme je te le disais, Grand Lièvre est un album axé autour de la mémoire et de la perte des choses. Pour ce disque, j’ai arrêté l’écriture à quarante-quatre chansons. J’en ai choisi dix. Donc j’ai envisagé plein de thématiques différentes. Il y avait des titres sur les cavalcades du Far West, un autre sur Cortés, un autre encore que j’ai posté sur mon site, Ne T’Attends Qu’À Toi Seul. J’aurais donc pu faire un album entier sur l’homme à cheval ou la guerre, mais je prends au final les chansons les plus solides. Je n’attache pas une importance très grande aux textes. Selon moi, la musique forme un tout : la mélodie, les paroles, la production. D’ailleurs, je fais tout en même temps. Mon pire cauchemar, c’est d’avoir une musique sans texte ou un texte sans musique. La ligne mélodique et les mots sont tellement imbriqués. C’est comme si un maçon bâtissait un mur en parpaings et mettait le ciment après. (Sourire.)

Pour les textes, je dispose bien souvent de trois fois la matière que j’utilise. Si je me laissais aller, je pourrais faire des chansons d’un quart d’heure, alors je coupe dans le vif et saute ce qui est faible. En concert, les gens se demandent pourquoi il m’arrive de ne pas dire certains mots, mais c’est parce que j’en ai marre de les chanter. Je les zappe parce que je ne m’y reconnais plus. Notre métier relève tellement de l’art du mensonge que j’essaie d’éviter d’en rajouter. J’ai beaucoup insisté auprès du label pour joindre avec l’album ce Live À La Coopé, enregistré à Clermont-Ferrand le 7 avril 2010. C’est un concert directement sorti de la prise stéréo de la console, puis je l’ai apporté à la gravure – mes musiciens et techniciens sont devenus dingues. Ils voulaient que ce soit mixé. À l’inverse, je tenais à publier un live comme dans les années 70. Cela ne sert à rien d’enregistrer un concert en multipistes. Plus personne ne sort de disque live aujourd’hui.

Alexandrie
De son vrai prénom Alexandrie, Alex était une amie très chère, qui est décédée dans un accident de moto avec le bassiste de Clara, mon premier groupe. Ils sont morts dans la nuit sur une Harley Davidson il y a quelques années. Je leur avais dédié l’album Taormina (2006). C’était très émouvant de faire ces chœurs “Alexandrie/Alex” en pensant à elle. Elle devait avoir vingt-trois ans lorsqu’elle est morte. Encore une chanson sur la mémoire, la disparition, le passé…Ce n’est pas l’approche de la soixantaine qui me fait avoir ces pensées. Dans Suicidez-Vous Le Peuple Est Mort (1981), j’étais déjà là-dedans…

Haut Arverne
Ma chanson préférée et celle qui me colle le plus à la peau. Il n’y a pas un poil de cul de jeu : elle est réglée comme une voiture de Formule 1. D’après le nouveau patron de Polydor, c’est même le single de l’album. Moi, j’habite donc dans le haut de l’Auvergne. “L’homme captif a besoin d’aide”“Amour et nous peu de sommeil/Jamais l’âme ne rejoint le sang”. Le texte est d’une telle noirceur. C’est d’ailleurs l’une de mes surprises avec ce disque, je pensais avoir fait du goudron, et tous ceux qui l’ont écouté trouvent cet album léger. (Sourire.) À l’origine, je voulais d’ailleurs l’intituler Haut Arverne, mais j’ai finalement décidé de ne pas en remettre une couche sur l’Auvergne. Alors j’ai choisi Grand Lièvre comme titre, en souvenir d’une chanson dont j’ai malheureusement perdu le texte. Depuis, j’ai changé de méthode : j’écris sur des cahiers, ce qui évite que les enfants jettent des feuilles volantes avec des paroles par inadvertance. J’ai encore les images en tête : un grand lièvre dans des herbes hautes, perdu dans la nuit après avoir été jeté d’une famille et donc condamné à mort.

Je Voudrais Me Perdre De Vue
Ma dépression du moment d’écriture de l’album. J’étais au fond du trou… J’étais tellement mal que je m’en suis rendu malade. (Sourire.) J’ai fait deux passages aux urgences. La deuxième fois, j’ai sincèrement cru que ma dernière heure était arrivée. J’ai ainsi passé de longues nuits sans dormir à l’hôpital. À poil aux urgences et sous morphine, ça te remue pas mal. Sans parler de la cohabitation avec tous les malheureux de la Terre. Une expérience néanmoins intéressante. Suis-je toujours hypocondriaque ? De moins en moins, car j’ai tellement peur que les enfants le deviennent. On change grâce aux enfants. Ce sont eux qui nous éduquent. Ainsi, on finit par stopper ces comportements infantiles, ces petites concessions ou lâchetés à soi-même. Si tu veux bien élever tes enfants, commence par changer, sinon ils vont devenir comme toi puisqu’ils scannent tes moindres faits et gestes. Ils projettent tes défauts en 3D. Je suis devenu un sage, comme tu peux le remarquer.

Vendre Les Prés
Je parle là de l’exode rural, et pas seulement français. Selon les dernières prévisions, sur sept milliards d’individus, il y en aurait la moitié en villes. C’est complètement fou. Le monde moderne ne veut plus d’agriculteurs, de paysans, de montagnards. Le dernier peuple le plus haut, c’était les Tibétains, mais le Tibet est désormais occupé par 60% de Chinois. Je l’ai souvent abordé dans mes chansons, mais je n’ai jamais compris l’acharnement des gens des plaines et des villes à vouloir tuer symboliquement les peuples des montagnes. Chez nous, il y a de moins en moins de troupeaux, les forêts poussent, le paysage n’est pas entretenu. Un beau jour, comme au Japon, on va devoir subventionner des jeunes pour redevenir agriculteurs. C’est le monde à l’envers.

Le Champion Espagnol
Lequel champion espagnol ? Bahamontes, “l’aigle de Tolède”, mais j’aime tous les champions. Ils sont irrésistibles, les grands champions sont des futurs héros. C’est comme si j’avais l’occasion de voir Achille ou Ulysse en action. D’ailleurs, j’avais transformé Platini en Achille À Mexico (ndlr. un titre figurant sur la compilation Amour Foot, 1998). J’aurais aimé être champion. Cette année, je suis encore allé voir le Tour de France, qui ne passait pas loin de chez moi. Mes enfants chantaient à tue-tête “Cadel Evans est un suceur de roue”…(Sourire.) Cadel Evans est le vainqueur du Tour 2011, mais pas un champion. Le dernier grand champion, ce fut Lance Armstrong. C’est pour cela que la lutte antidopage m’énerve intensément. Ou alors il n’avait qu’à contrôler la testostérone chez DSK. Au moins on aurait gagné du temps. Les champions ne sont pas là pour porter la moralité à la place des hommes politiques. La lutte antidopage est une spécialité française portée par les inventeurs du dopage intensif – c’est-à-dire les communistes. Ça me dégoûte que cette connasse de Buffet ait transformé des apparatchiks du PC en récupérateurs de pipi de champion. J’aime les héros : saint Anquetil, saint Hinault, saint Lance (qui n’est autre que l’abréviation de Lancelot).

Les Rouges Souliers
Ça me surprend encore que ce soit le premier single de l’album. Car j’ai mis cette chanson sur l’album sur l’insistance de tout le monde. Si je m’étais écouté, elle n’y figurerait pas. Je n’ai donc pas grand-chose à en dire. Une chose est certaine, je ne l’écrirai plus aujourd’hui. Je trouve le texte un peu trop facile et cynique à mon goût. Musicalement, en revanche, elle me plaît beaucoup.

La Lettre De La Pampa
Comme je le dis souvent, je ne sais pas où me mettre. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de lieu approprié sur Terre. Je suis à l’Ouest, voire au Sud-Ouest ou dans la pampa. Artistiquement ou musicalement, je ne sais pas où me situer dans le paysage français. Depuis que je suis tout petit, il n’y a jamais eu de place nulle part pour moi. Il n’y pas un siège avec mon nom écrit dessus. C’est un peu l’idée de la chanson. Je tenais aussi à commencer et finir l’album en parlant du travail. La valeur travail est une notion essentielle. Les premiers mots du disque sont : “Manier du bout des doigts/Sa raison en travaillant” et je chante, dans La Lettre De La Pampa, “Toutes les sensations viennent de mon travail”. Le travail est finalement mon seul lieu de séjour. En dehors de ça, j’ai toujours l’impression d’être un étranger. Et ce n’est pas à un âge canonique que cela va changer.

Franck Vergeade
Pour conclure, la prestation live de murat lors du fou du roi...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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