Publié le 26 Novembre 2025

bonjour,

Non, pas un, pas deux, mais trois... ce qui commence à faire un beau plateau d'hommages. Sa-alers bien. On parlera aussi des décès de la semaine.

-attention: de la musique d'une vidéo - tout en bas- se déclenche automatiquement !- 

 

1)  Une chanson sur Jean-Louis justement appelée  La chanson de Jean-Louis figurera  dans le nouveau disque de la MAISON TELLIER.   Une chanson très courte, sur fond d'oiseaux, autour d'une bonne idée, une interrogation... mais il faudra attendre plusieurs mois avant de  découvrir La timidité des arbres après un crowdfunding particulièrement réussi (plus de 40 000 euros récoltés). Je les avais invités pour le week-end Murat l'an dernier, mais les discussions se sont vite arrêtées du fait de leur agenda. 

Voici ce que disait Helmut Tellier en 2022

Ce sont des références pour toi ?

Oui. Concernant Murat, on a travaillé avec Pascal Mondaz à la réalisation et à la prise de son de « A7LAS » qui avait bossé avec lui sur l’album « Babel » (ndlr. Sorti en 2014) avec le Delano Orchestra. Il voulait marier des musiques très ancrées en Amérique avec un langage très ancré en France et plutôt fin de 19e. Et ça, ça me touche beaucoup. Chez Murat, il n’y a pas forcément de constance, et c’est normal depuis le temps qu’il fait des albums, mais par contre, il y a des éclairs de pur génie : il y a des trouvailles qui me mettent par terre, quelque chose de très, très brillant qui me touche en plein cœur. Je trouve qu’il n’y a pas tellement d’équivalent dans la chanson française quand il produit cet éclair de génie.

 

Concerts:... avec peut-être possibilité d'entendre des nouveaux titres:

- 27 novembre, l'Antichambre à Mordelles (35)
- 28 novembre, Centre Culturel Georges Brassens à Avrillé (49)
- 29 novembre, Espace Culturel Saint Clément à Craon (53)

 

  [J'ai enfin lu le livre de leur batteur et muratien  Matthieu Pigné, Royal Bourbon, disponible en pocheUn polar intéressant  où on se promène entre  les univers -d'Olivier Adam, l'underground rock, les mouvances d'extrême droite et la mafia russe jusqu'à une surprise finale à la Bussi...]

 

 

 

2) Après la version "répétition" visible ici (que j'ai tendance à préférer d'ailleurs car plus originale),   on m'a fait passer la version "concert" de Foule romaine  par Nesles. C'était vendredi à l'Archipel, à Paris, pour la release party de l'album Barocco. Un excellent concert, comme d'habitude, à en croire la personne qui nous a filmé ça. Nesles, aux multiples talents -il est aussi acteur- est très bon sur scène, un côté très partageur et vraiment très sympathique... et très bien accompagné... notamment de Jérôme Castel... et sur Foule Romaine... par un spécial guest Frederic LO! On retrouvera ce dernier avec F. Loriou à la Librairie de Paris, toujours sur du Murat. C'est ce soir!

Autre invité de la soirée: Silvain Vanot... inutile de préciser son lien avec Jean-Louis Murat (sa reprise de Rouge est mon sommeil sur Aura Aime Murat).

Et puisqu'on est entre amis, petit featuring avec Dominique A qui figure sur son nouveau disque (pour un final très Florent Marchet)

 

3) Et enfin, dans la série AURA aime vraiment Murat, après notamment l'EP du savoyard Sauveterre, il vient d'être annoncé par des lyonnais sous le nom MaDam(s)  un Ep qui sera disponible via bandcamp autour de Jean-Louis Murat. 

tandem trouble. Dams : basse, batterie, prog, lead      Mk : claviers, guitares, lead   We make it Suntori Time(s)

Jean-Louis Murat nous a quittés. Un tandem, frères de coeur, a souhaité rendre hommage au génie, en empruntant ses voies.
. Un EP 7 titres en hommage à @jeanlouismurat, compositions originales inspirées de l'univers de JLM. Sortie en janvier 2026 sur Bandcamp. Single à venir : "Eenie meenie miney moe" disponible le 15/12/2025 avec un clip.
 
Quelques notes disponibles sur insta... et c'est assez prometteur musicalement.
 

 

LES HOMMAGE EN PLUS SINCERES CONDOLEANCES

L'oeuvre de Jean Guidoni m'est globalement inconnu, même si je le connaissais après son succès de la fin des années 80 avec Tramway Terminus nord qui le voit passer à la télévision... au même moment où Jean-Louis, plus jeune d'une année,  apparaît sur nos écrans. D'ailleurs, ils ont été dans la même émission le 17/01/88 (La nouvelle affiche sur Fr3 présentée par Julien Lepers). 

A part ça,  difficile  de faire beaucoup de rapprochement avec Murat, même si Guidoni a collaboré avec Dominique A, Jeanne Cherhal, Philippe Katerine, ou Sheller,  des muratiens attestés.  On a une forte pensée pour l'ami Alain Klingler, que Jean Guidoni avait reçu pour écouter ses chansons. Il nous en parlait en 2023.

Même si les univers étaient très différents,  j'ai quand même envie de noter en guise de petit clin d'oeil que les deux artistes sont très représentés dans le livre Des chansons pour le dire, une anthologie de la chanson qui trouble et qui dérange de Baptiste Vignol (Ed Tournon)...  plus avec le bas-ventre pour Jean-L. et tout ce qu'on catégorise par les bas-fonds pour Jean- G. 

J'ai écouté et recommande ce podcast très intéressant pour découvrir le parcours de Jean Guidoni : radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-jean-guidoni-sous-le-fard

 

- Autre décès : Biyouna... Je n'aurais jamais pensé l'évoquer... mais une story de Marie Audigier m'interpelle:  "adieu Biyouna, Biyouna chérie, repose en paix. La production de l'album où j'ai le plus ri, c'était le tien. et on l'a réussi. Et tu en étais très fière".  C'était le disque Blonde dans la Casbah en 2008 avec un sacré casting: Racaille, Christophe et Marie Moor, et Jacques Duvall, et D. Wampas, mais  sur les sites comme la Fnac,  on trouve qu'il a été réalisé avec  "des collaborateurs de JL Murat" . Marie, mais  aussi  Christophe Dupouy, son ingénieur du son.

 

Biyouna et l'Algérie: à lire dans le figaro  

Le monde

Vous pouvez quitter les lieux:  Non, je ne fais  pas de rappel pour Jimmy Cliff... 

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vous êtes encore là?  

Bon, on sait que Jean-Louis a vu Bob Marley à Paris. Voilà, c'est tout ce que j'ai... et difficile de ne pas penser à lui à l'écoute du gospel présent dans "nu dans la crevasse"  : 

How many roads to cross How many rivers to cry            vs  "Many rivers to cross"

EDIT 1/12: 

ALain Bonnefont indique dans "les jours du jaguar"  que Pierre-Yves Denizot, le tourneur auvergnat, a pris FAFAFA (le groupe de Christophe Adam) dans lequel il a bassiste un court moment, en tournée au début des années 80 (entre le lp Murat et Passions Privées)... en première partie de Jimmy Cliff! 

Jimmy était en France en 1982, Jimmy cliff, c'était déjà énorme... 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 21 Novembre 2025

bonjour,

La promo de Photorama de Frank Loriou a continué de se faire avec succès, ce qui permet de faire parler de Jean-Louis Murat. Voici les 6 derniers principaux épisodes :

 

Rappel mes petites puces:  La rétrospective Laetitia Masson à la cinémathèque commence ce soir!  On entendra les BO de Murat dans "coupable" samedi 29/11, dans "petite fille" (dimanche 30) et un peu de sa musique dans "Chevrotine"(dimanche).

J'en profite pour un autre rappel: Le Voyage de Noz fête ses 40 ans (si!) au Radiant à Caluire le 4/12 et incroyable, il reste des places! (c'est bien dommage de ne pas avoir fait ça un week-end!). article et billets

 

a) A l'occasion de la soirée aux Vinzelles, JC Virlogeux de Radio Totem, après son interview de Frank déjà diffusée, a interrogé JP Nataf. Une très belle interview qui évoque la relation avec Jean-Louis mais dresse un très joli portrait d'un musicien infiniment sympathique. 

En podcast ou via youtube:

Lien vers le podcast

Petit résumé:

Vraiment très chouette interview, et je suis content qu'elle soit enfin réalisée! J'avais décroché son email à Annecy en 2011  pour une inter-ViOUS ET MURAT,  j'avais traîné, perdu le mail... 

Lui et Jean-Louis n'avaient pas une relation intime et suivie, mais on apprend quand même des jolies choses sur ce qu'on peut quand même qualifier d'amitié. Une relation fluide, des invitations à chaque concert parisien, et Jean-Louis qui envoie une énorme peluche de poule pour la naissance du premier fils de JP (qui aura toujours appelé l'objet "la poule de Murat"). JP indique que c'est via Marie Audigier qu'il rencontrait facilement sur Paris qu'il avait des contacts. Sans surprise, il parle de la richesse des moments passés avec Jean-Louis Murat. Par rapport au succès, il explique que le vivre en groupe est sans doute très différent que de le faire en solo... mais que cela leur a permis de faire "post partum", leur "pet sound", radical à leur façon et leur 4e "real word", plus austère, qui lui ne rencontrera pas de succès. La différence avec Jean-Louis a été que leur réussite a été rapide, voire "violente" (selon le terme de JP), même si le succès n'a jamais eu de conséquences négatives sur leur vie (il faut rappeler ce que c'était les Innocents à l'époque: deux Victoires consécutives).   JP indique qu'il n'a pas du tout le même besoin que Murat d'écrire et qu'il peut passer 3 ans sans écrire (hélas pour nous) mais que la musique est "toute aussi importante pour lui", il se dit "musicien", d'où le fait qu'on le trouve de tant et tant de projets (prochainement, participant dans  While my guitar gently weeps, avec beaucoup de camarades talentueux dont il parle en fin d'interview), et toujours sur la route. Il se dit simplement heureux et privilégié de pouvoir vivre de sa passion, même si c'est en jouant dans des petits endroits, faire des ateliers en prison... quitte à annuler Drucker! Le reste de ses propos le rend tout aussi sympathique... même si finalement, on aimerait qu'il puisse avoir un peu plus d'égo afin qu'il écrive de nouvelles chansons. 

Il est rapidement évoqué le concert de Noirmoutier de Jean-Louis en août 2007. Ce jour-là, JL lui a donné ses deux recettes de cocktail (je pense le Gaspard et la Justine, sous réserve: l'un redbull/bourbon, l'autre pastis/Gentiane). JP Nataf a évoqué cette date dans la pochette de Clair, puis a parlé d'un des breuvages (en le buvant) en concert.

JP Nataf a deux albums :  "Clair" et "plus de sucre" à écouter absolument, et je recommande aussi la bande originale de je me suis fait tout petit.  + rappel de ma captation d'un de ses concerts, un moment absolument unique pour moi (et c'était dans une cave, et pas une arena). 

 

 

b)   L'ARGENTique de LORiou

On commence par rappeler la soirée parisienne avec F. LO, à la Librairie de Paris mercredi 26/11 à partir de 19h, mais un autre rendez-vous en province a lieu: 

 

13/12 LANNION (22) Médiathèque
Conférence / rencontre "La création de pochettes d’albums à l'ère digitale"

Présentation et signature du livre "Jean-Louis Murat Photorama", en collaboration avec la Librairie Gwalarn

et ça nous vaut cette belle page dans le Trégor:

 

Toutes les DATES :
 
26/11 PARIS - LIBRAIRIE DE PARIS - Place de Clichy (19H)
Dédicace livre & Rencontre - Avec la participation musicale de FRÉDÉRIC LO
 
30/11 REIMS - FESTIVAL CHARABIA - Théâtre du Manège (14H)
Dédicace livre & Rencontre « La photo est-elle une écriture comme une autre ? » avec Christophe Crénel animée par Olivier Bas
 
16/01 BAYONNE - MÉDIATHÈQUE
Dédicace livre & Conférence « La création de pochettes d’albums à l’ère digitale » 
Exposition « Face à Face, portraits des musiques actuelles » du 24 octobre au 24 janvier 2026
 
 31/01 HYÈRES LES PALMIERS - MÉDIATHÈQUE
Exposition « Face à Face, portraits de la musique actuelle » du 31 janvier au 14 février 2026
et ce n'est pas fini en 2026... 
 
 

c) Autre interview dans BENZINE : (ils avaient déjà fait un article en octobre)

https://www.benzinemag.net/2025/11/08/interview-frank-loriou-photorama-est-ma-pierre-a-ledifice-de-murat/

Benzine : Dans votre ouvrage, vous racontez fort bien votre première rencontre avec un brin d’appréhension. Murat avait en effet sa réputation. Comment gagnait-on sa confiance ? Y a-t-il eu un moment décisif qui fit basculer ensuite votre relation vers un véritable compagnonnage ?

Frank : Un gâteau au chocolat. Mais l’histoire avait commencé avant. On a travaillé ensemble sur Mustango à la fin des années 1990, puis il y eut une interruption de plusieurs années. Quand Jean-Louis Murat a appris que j’étais devenu photographe, il m’a « convoqué » en Auvergne pour faire des images, et une nouvelle aventure a commencé. C’est lui qui m’a choisi plutôt que l’inverse. Mais le moment décisif, c’est un jour où je suis passé le voir avec mes enfants peu de temps après, et qu’une vraie complicité est née autour d’un gâteau au chocolat dans le jardin, pendant que ses enfants jouaient avec les miens.

Benzine : Votre livre fait bien évidemment la part belle à l’Auvergne et à l’enracinement de Murat, très profond et si terrien, qui traverse son œuvre également. Deux paysages magnifiques encadrent d’ailleurs votre texte. Quel rapport avait-il avec son territoire ?

Frank : Il a écrit et chanté Accueille moi paysage, tout est dit ! Il faisait corps avec l’Auvergne. Il skiait, courait dans les bois, connaissait le nom des plantes, des animaux, des églises, des rochers. Il y en a plein ses chansons. Quand il marchait dans sa campagne, il remettait en place les piquets des clôtures, l’air de rien. On a fait la majeure partie des images à quelques mètres de sa maison, dans ce pays qui lui ressemble. Jusqu’au climat, qui va des plus grandes froideurs au soleil le plus ardent.

Benzine : Vous écrivez à un moment le regret de ne pas avoir évoqué vos origines avec Murat. Vous partagez en effet avec lui le fait d’être un autodidacte, “un chien dans un jeu de quilles”, une sorte d’outsider. Vous pouvez nous en dire davantage ?

Frank : Au moment où on travaillait sur Mustango, je pensais n’avoir pas su lui dire combien son œuvre me touchait, et comme j’aimais son tempérament exigeant, radical, insoumis, poétique, curieux. En fait il l’avait compris, puisqu’il m’a rappelé des années plus tard. Comme moi, il se sentait étranger au microcosme parisien de la musique, qui pourtant lui faisait la cour, et dont il se protégeait. J’ai quitté l’école à 17 ans, lui aussi. J’ai grandi dans un petit village breton, loin des villes, comme lui au milieu des montagnes. On n’était pas forcément invités au banquet au départ, lui et moi. Je me sentais bien décalé quand je suis arrivé à Paris, mais j’étais aussi bien ancré, j’avais déjà vécu plusieurs vies, côtoyé tous les milieux. J’avais travaillé dix ans dans dans l’imprimerie. Ça lui parlait. On avait la même approche de la création artistique, très intuitive, presque animale. On allait à l’essentiel.  la suite ici

Il est notamment indiqué "Il aurait pu écrire pour beaucoup d’artistes, mais parfois, pour un seul mot qu’on lui demandait de changer dans le morceau, et il refusait". J'avais déjà dû le glisser:  cela a été le cas  je pense pour Calogero. Murat en parlait dans Télérama en 2014

 

d) Frank et Murat sont aussi dans la belle revue PERSONA automne 2025,  que l'on peut se procurer ici (avec aussi les muratiens Belin et Carlotti au programme, et Claude Gassian qui l'a photographié).  On trouve ce partage sur les réseaux sociaux:

 

 

 

e) Tout ceci permet une diffusion de Sentiment nouveau sur RFI où était invité Charles Pépin qui signe la préface de Photorama. C'était le choix musical de Charles. A 37 minutes.  Charles Pépin  parle ensuite du morceau, et du franc-parler du chanteur qu'il aimait (c'est ce dont il parle dans sa préface). 

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/autour-de-la-question-le-magazine-de-toutes-les-sciences/20251021-o%C3%B9-trouver-la-force

LE LIEN EN PLUS 

Au passage, même si je ne suis pas vigilant à tout ce qui se passe autour de REGRETS, le duo avec Mylène Farmer (j'ai jamais cherché à compléter la collection de ce côté là), indiquons que le titre figure sur une compilation. Best of 86/97. Articles à lire sur weculte ou gonzomusic

 

LA MUSIQUE EN PLUS 

J'ai découvert François Puyalto quand j'étais venu voir Nicolas Paugam à A THOU BOUT DE CHANT à Lyon en 2014.  Ils ont tous les deux une actualité. Je les réunis donc à nouveau. 

 

François fait partie de la petite famille des artistes indé que l'on aime (il a travaillé notamment avec les amis Travis Burki - ici et interview), Nesles, et encore Belin et BlauBird). Ce titre est extrait de l'album "Malrevert" que j'aime beaucoup,  disponible ici : https://kuronekomedia.lnk.to/Malrevert Site web: https://www.puyalto.fr Youtube:   / françoispuyaltomusic   Facebook:   / francoispuyaltomusic   Instagram:   / francoispuyalto  

 

Quant à Paugam, son nouvel album est un disque de reprises de Brassens. L'assassinat sort le 28/11. Celui qui avait repris le Reason why sur Aura aime Murat  tropicalise Brassens, avec des chansons qui ne sont pas dans le Best of du chanteur sétois à quelques exceptions près. J'ai juste survolé le disque pour l'instant.  Pop news 

Le samedi 13 décembre au Chair de poule, à Paris

https://www.nicolaspaugam.fr/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie

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Publié le 13 Novembre 2025

 

Le vieux -20 ans- PC familial,  le seul ordi de la maisonnée capable de lire le CD-Rom "Morceaux choisis",  ayant été ressorti du grenier, je saisis l'occasion de vous parler enfin de cette pièce de collection... et pour le coup, ça fait un peu voyager dans le temps. Si les vinyles, et les cassettes, ont encore un peu de vitalité (un jeune label clermontois les disques bleus utilise ce support), le "CD-rom" culturel lui fait bien partie du passé...  

Si par le plus grand des hasards, des gens nées après 1990 lisent cet article :  Le cédérom (en français) est né du disque compact (laser) en 1985... et a remplacé la disquette (8 pouces -souples-, 5,5 puis 3.5 pouces) comme support de stockage. La commercialisation grand public arrive en 1988 pour des jeux et une encyclopédie. Quelques CD se substituaient à 20 kg de livres volumineux. L'interactivité et la possibilité de jouer entre images, sons, animations suscitent  la création d'objets culturels. On visite par exemple Le Louvre dans son salon. 

En 1995, ce n'est pas encore très grand public, comme on le voit dans cet article de Libération : 

Vous êtes installé devant votre ordinateur, un whisky dans la main  gauche, une souris dans la main droite. Vous venez de choisir un CD-Rom et le sujet vous passionne. Le prix, 315 francs (une moyenne, le prix des CD-Rom varie de 100 à 500 francs, voire davantage), vous a fait hésiter, mais la pochette alléchante a emporté votre décision. Vous lancez le disque. Musique? Non, un message «veuillez vérifier la configuration de votre ordinateur». Vous passez alors quelques minutes à vous débattre avec la notice du CD-Rom, jonglant entre icones et tableaux de bord.

Enfin, vous voici devant un choix: écouter un commentaire, lire un historique, voir des photos, visionner un film. Le commentaire? Plat, inintéressant. Vous faites la moue. La vidéo? Hélas, elle est réduite à la dimension d'une carte de visite, couleurs douteuses et images saccadées. Le texte? Mal présenté, incomplet, et truffé de fautes d'orthographe. Reste les photos. Une quinzaine de clichés s'enchaînent, archiconnus, avec en fond sonore une explication pontifiante. Mais impossible d'interrompre ce diaporama indigeste. Un peu excité, vous finissez par «planter» votre ordinateur. Vous vous dites alors que rien ne vaut un vrai livre ou une vraie cassette vidéo.

On peut parler d'un phénomène commercial, avec une offre pas toujours au niveau... Et Libération sur la période 1995-2021  consacre 1 757 articles au CD-Rom et aux nouveautés.... mais dès 1997, on trouve un premier article qui s'interroge sur l'avenir... et en 2001, un autre titré "Le CD rom perd connaissance".  Ceci explique que j'ai trouvé dans les bacs d'un GIFI à deux euros cet objet quelques années plus tard. Pour mémoire,  Jean-Louis Murat est un des premiers à créer son site jlmurat.com début 1998 sur  internet, qui rendra caduc le CD-Rom. 

Ressources: Regard rétrospectif sur les CD Rom culturels et https://hal.science/hal-03181146/documen  https://rotek.fr/cd-rom-40-ans/

Cette parenthèse historique n'est pas inintéressante car le Cd rom "Morceaux choisis" fait bien partie de cette histoire: il est présenté par le journal comme la première compilation musicale interactive. Il est indiqué "volume 1" sur le côté de la boite... mais je ne trouve aucune trace d'un volume 2. Rappelons que Libération est à l'origine de plusieurs pièces de collection "muratienne": cd "Murat en plein air", cd 2 titres "Murat live" et  Cd "vendre les près"... sans parler des UNE qui seront consacrées à Jean-Louis. 

Voici un article qui  parlait du Cd-Rom:  Libération19/01/96     Balade et ballades interactives

"Bashung, Cesaria Evora, Jimmy Scott, Lobi Traore, Manset, Portishead et Soul Coughing ensemble sur un même CD, ce n'est pas pour un concert exceptionnel au profit d'une cause quelconque. C'est Morceaux choisis, la première compilation "interactive" réalisée par Virgin et Libération, à partir d'une sélection de groupes et de chanteurs représentatifs des grandes tendances musicales du moment.

Morceaux choisis est un CD hybride, à la fois CD-Rom et CD audio. On peut le passer sur une platine laser, pour entendre les morceaux in extenso. A condition toutefois de ne pas lire la première piste où sont placées les données informatiques (risque réel d'endommagement du matériel hi-fi). C'est quand même avant tout un CD-Rom, à condition de ne pas vouloir écouter trop de musique. Morceaux choisis propose une balade dans l'univers des musiciens, grâce à la collaboration graphique d'une douzaine d'illustrateurs comme Carlotta, Cathy Millet, ou Makeit. On peut aussi voir des minividéos mettant en scène des critiques musicaux de Libération, ou lire certains de leurs articles. C'est assez beau, mais un peu lent.

"Morceaux choisis", éditeurs Virgin et "Libération", compatibilité PC et Mac, 250 F."

Voici donc ma petite vidéo bricolée sur cette curiosité:

 

 

Après avoir fait le Geek du RETROGAMING sur ma chaine twhich, schitwh...euh: twitch!

j'ai vite l'envie de passer à autre chose... et de parler un peu plus de ce que Jean-Louis choisit de chanter... avec la contrainte de durée qu'on avait dû lui donner. Cette vidéo me laisse des impressions mitigées, mais les signaux envoyés sont effectivement contradictoires. Sous cette lumière tamisée et romantique, Jean-Louis, plus "jeune premier" (à 42 ou 43 ans!) que jamais, semble néanmoins un peu sorti du sketch des inconnus ("et vice et versa" de 1992) et minaude, peut-être un peu intimidé de chanter a capela... Et que nous chante, ce jeune Hidalgo -tourmenté du talon de Platini-*? Une chanson sur un nigaud!  A la fin, l'oeil coquin  et ses "mmm mmm" laissent penser qu'il y a là de la malice, en plus de chanter un air traditionnel dans le truc le plus hype et moderne de l'époque. Et si l'illustration dans le cd-rom est clairement inspirée par le petit prince (en étant un peu hors-sujet au vu de ce que chante Murat dans  "St- Ex" -clip en bas de l'article), ce jardin clos verdoyant peut évoquer aussi le jardin du Roman de la rose (œuvre poétique française médiévale de 21 780 vers octosyllabiques)... Murat aurait donc pu y trouver l'idée de cette chanson ancienne.

*bon, j'éclaircis  : Hidalgo, c'était l’entraîneur de l'équipe de france de Football à la coupe du monde au Mexique. Platini que Murat appréciait souffrait du talon durant toute l'épreuve, et ça a donné la chanson "Achille à Mexico" en 1998. 

Le fait est que ce choix ne doit pas nous surprendre: quelques années plus tôt dans "Murat en plein air", il chante déjà Le pastrassou dien sa tsabano, une chanson traditionnelle auvergnate recueillie par J. Canteloube, qui a dit : « Les chants paysans s'élèvent bien souvent au niveau de l'art le plus pur, par le sentiment et l'expression, sinon par la forme».  En 2013, dans ses chansons préférées, il donnera "la complainte de mandrin", "ne pleure pas, jeannette"(que lui chantait sa grand-mère -le monde 1991), et "marions les roses" (chant traditionnel immortalisé par Malicorne, groupe qu'il appréciait - Il en a témoigné à Marie, la chanteuse, qui travaillait à Virgin quand il fréquentait les bureaux de la maison de disque).  Cette perpétuation de la chanson traditionnelle française, on la trouve partout dans l'oeuvre de Jean-Louis où l'on chante les bois et les roses, les fontaines, les mois et les saisons, le coucou et les chats, Colin et Margot, et même les soldats, avec des sous-entendus sexuels qui vont avec ("nous n'irons plus au bois", "le rossignol"...cf ici  ou ). En 2002, il disait:

Moi, j'essaie plutôt de rester dans le tronc, dans la montée de sève. Quand tu travailles sur des textes comme ça, tu t'aperçois que ce qu'on appelle la chanson française, c'est la langue classique, celle qui a été posée au XVIIe siècle et qui possède sa musique intérieure. Et on y revient toujours, quels que soient les détours.

Dernier élément:  il a évoqué à de nombreuses reprises sa grand-mère qui "chantait tout le temps. Elle connaissait des centaines de chansons. Des qu'elle en entendait une, elle essayait de la reprendre. EIle avait une oreille très juste et chantait super bien".    Il pense sans doute à elle avec cette chanson. 

Alors, cette chanson (qui est largement présente dans les compilations de comptines, chez Henri Dés et même le Grand Orchestre du Splendid ), on la connaît chez les muratiens, sous le nom de "et toi de m'encourir"... mais on trouve de nombreuses appellations ce qui complique quand même les recherches!! Voyez plutôt:

Le petit nigaud,  Le coucou, Le bois ou En passant par un petit bois ou même: En passant dans un p'tit bois où les coucous chantaient (tel que dans le recueil des chansons populaires de 1887) ou encore :   et moi, je m'enfoui-foui (en lieu et place de Encourir, par Guy Béart, Chansons éternelles de France 1966 ou 67 -), et même  Peureux, Peureux de tout  ou du « Poltron », et donc quand même "à toi de m'encourir"... verbe qui a l'avantage d'être peu usité et facilite donc les recherches. Il peut signifier ici : "devoir supporter quelque chose de fâcheux". M. Sarkozy ne connaît sans doute pas le terme, cela n'empêche donc pas d'être un nigaud.

En premier lieu, disons que la chanson n'est pas auvergnate, elle a beau exister dans un fond patrimonial du Pilat, on la trouve aussi répertorié dans le Loiret,  le Finistère (recueil des chansons populaires de E. Rolland de 1887).

                                                                                    Réédition de 1987 de livres parus pendant la guerre.. Dessin illustrant la comptine.

 

Dans une source citée dans le paragraphe précédent, elle est classée comme "une chanson de randonnée".

« Le Petit Nigaud » fait partie des ces chansons et contes de « randonnées », un terme très imagé pour décrire les formes littéraires orales qui pourraient se réciter à l’infini. La « randonnée » se déroule comme lors d’une promenade, le personnage principal faisant sur sa route de multiples rencontres : ici, le canard, le coucou, le moulin… L’histoire est simple, tout comme la construction du récit, accessible aux tout-petits qui s’amusent par ailleurs beaucoup des répétitions du texte.

Il y a plusieurs types de « randonnées » (par accumulation – à l’exemple de “Alouette, gentille alouette” ou par élimination, entre autres) et il s’agit vraisemblablement ici d’une « randonnée de succession » c’est-à-dire un récit d’étapes au sein desquelles un problème, une situation, un scénario se répète inlassablement.

Théoriquement, la « randonnée de succession » s’achève lorsqu’une solution apparaît. Dans le cas de notre petit nigaud, nous n’avons mis la main sur aucune fin connue… Peureux il est, peureux il restera !

 

Jean-Louis ne chante que quelques couplets, mais d'autres strophes existent... et deux qui pourraient avoir une connotation anticléricale car l'enfant y a peur du "prieur" (qui chante Alléluia)  et de "moines" (chantant Te Deum)... Cela aurait pû lui évoquer sa grand-mère : "J'avais une grand-mère qui, à vingt ans, a fait six cents kilomètres à pied, dans les bois, parce qu'elle s'était sauvée d'un couvent où l'avaient placée ses parents lorsqu'elle était gamine. Autant dire que dans la famille, il ne fallait pas nous parler des curés et de la religion" (Inrocks 1989, n°18).

Et un autre couplet où une "bonn'femme" lui propose de faire dodo (Il faut avoir l'esprit mal tourné quand on écoute des comptines!). Ceci nous amène à une dernière interprétation qui serait  de dire que "le monde est plein de méfiant" (cf cette chronique suisse)... et cela me donne l'image du petit auvergnat, dans sa vallée enclavée, qui se méfie du monde extérieur et des quolibets des bourgeois, des touristes et versaillais-clermontois...  et qui rêve néanmoins des aventures de l'aviateur Saint-Exupery.  Par la suite,  il a rencontré l'amérique... et c'est une autre histoire...  

En passant près d'un p'tit bois
(Le peureux)

En passant près d'un p'tit bois
Où le coucou chantait,
Où le coucou chantait
Et dans son joli chant disait :
"Coucou coucou ! Coucou coucou !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Coupe-lui le cou ! Coupe-lui le cou !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'un étang
Où le canard chantait,
Où le canard chantait
Et dans son joli chant disait :
"Can can can can ! Can can can can !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Jette-le dedans ! Jette-le dedans !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant d'vant une maison
Où la bonn' femm' chantait,
Où la bonn' femm' chantait,
Et dans son joli chant disait :
"Dodo, dodo ! Dodo, dodo  !"
Et moi qui croyais qu'elle disait :
"Cass'-lui les os ! Cass'-lui les os !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'une rivière
Où les pêcheurs pêchaient
Où les pêcheurs pêchaient
Et dans leur joli chant disaient :
"Quel beau poisson ! Quel beau poisson !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Quel polisson ! Quel polisson !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant devant les blés
Les moissonneurs fauchaient
Les moissonneurs fauchaient,
Et dans leur joli chant disaient :
"Ah! Quelle chaleur! Ah quelle chaleur !"
Et moi je croyais qu'ils disaient :
"Ah! quel voleur ! "Ah! quel voleur !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant devant l'église
Le prieur célébrait,
Le prieur célébrait,
Et dans son joli chant disait :
"Alléluia ! Alléluia !"
Et moi je croyais qu'il disait :
"Faut prend' le gars ! Faut prend' le gars !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'un moulin
Pendant qu' la roue tournait
Pendant qu' la roue tournait,
Et dans son joli chant disait :
"Tic tac, tic tac ! Tic tac, tic tac !"
Et moi je croyais qu'il disait :
"Mets-le dans l' sac ! Mets-le dans l' sac !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

Tout en passant près du couvent
Les moines y priaient,
Les moines y priaient,
Et dans leur joli chant disaient :
"Te Deum Te Deum ! Te Deum Te Deum !"*
Et moi je croyais qu'ils disaient :
"Tuez donc l'homme ! Tuez donc l'homme !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

 

 

La version de Béart: 

 

En passant près d'un moulin
Que le moulin tournait (bis)
Et dans son joli chant disait
Ketiketac ketiketak
Et moi je croyais qu'il disait
Attrappe attrappe
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant dans un grand bois
Que les coucous chantaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Coucou coucou
Et moi je croyais qu'il disaient
Coupons'y l'cou, coupons'y l'cou
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant près d'une église
Que les abbés chantaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Alleluia alleluia
Et moi je croyais qu'il disaient
Ah le voilà, ah le voilà
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant près d'une prairie
Que les faucheurs fauchaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Ah l'beau faucheur, Ah l'beau faucheur
Et moi je croyais qu'ils disaient
Ah vl'à l'voleur, ah vl'à l'voleur
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

 

LA NOTE EN PLUS

En 2010, lors d'un "chat" organisé par Télérama, une personne a demandé à Jean-Louis Murat, ce qu'il chantait à ses deux jeunes enfants.   C'est à lire ici:

https://www.surjeanlouismurat.com/article-la-berceuse-de-justine-42764931.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez, #vieilleries -archives-disques

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Publié le 6 Novembre 2025

C'est étrange, non?, que les anglais utilisent le terme COVER pour REPRISE. Une reprise (pas terrible non plus ce nom), ce n'est pas un couverture, un couvercle, une protection. C'est tout le contraire, une ouverture, une découverte, un risque... Faire re-vivre une chanson et pas l'étouffer, comme les troubadours, les mères puis les enfants de leurs enfants, transmettaient les ritournelles et les chansons aux générations futures. 

J'ai fait une recherche rapide, et il se trouve que le terme Cover dans le cadre du commerce musical peut effectivement s'assimiler à une couvercle, on y trouvera donc peut-être l'origine de cette appellation:  " Titre à succès que les compagnies de disques font enregistrer à l’un de leurs poulains dans le but de concurrencer la version originale. Les covers subissent souvent la censure par remodelage de paroles jugées trop dérangeantes ou obscènes : c’est le cas, entre de nombreux autres, de Shake, Rattle and Roll de Big Joe Turner qui sera un tube national dans la reprise propre et aseptisée qu’en donnera Bill Haley quelques mois plus tard".   On est dans ce cas-là, loin de mon idéalisme... mais on se rappellerait sans doute moins de Big Joe Turner sans Bill Haley (à ce sujet, je vous avais déjà conseillé le documentaire sur la chanson alléluia de Cohen). 

Pour les plus courageux, la citation ci-dessus vient d'un article savant mais très intéressant  Christophe Kihm, « Typologie de la reprise »Volume !, 7 : 1 | 2010, disponible ici. 

Et donc, où est-ce que je veux en venir, c'est à quel sujet?, dans quel état j'erre?

Euh, alors, oui, le point de départ du jour, c'était l'interview de Pierre Andrieu, auteur du livre "les jours du jaguar" (édition le boulon) sur Radio Grand Brives par Guillaume Lebouis, mon Meymacois (comme la chanson de Piaf) préféré. 

Un moment agréable entre deux grands admirateurs de l’œuvre de JLM:

https://audioblog.arteradio.com/blog/259128/podcast/262692/borborygmes-et-logorrhees-avec-pierre-andrieu

PS: On retrouve ce soir Guillaume à Tulles et demain (7/11) à Périgueux avec son groupe City of exiles (avec Sébastien Miel -la famille Tellier- et Matthieu Pigné - autre muratien, le batteur écrivain, dont je me suis enfin procuré le polar qui vient de sortir en poche). 

 

Cette actualité était donc  l'occasion de publier le passage de Pierre Andrieu lors du Week-end Murat, yes sir 2025! Il a été invité pour l'accompagner par Alexandra Issartel du groupe Shezlöng. Le groupe sera au Lieu-Dit (Clermont-Ferrand) avec les excellents Montanita (on en a parlé plusieurs fois) samedi 8/11 à partir de 19 heures. Montanita également aux Vinzelles le 21/11.

Ils ont clôturé la très longue soirée tribute, et c'était presque le milieu de la nuit lors de leur passage, ce qui explique l'assistance qui s'était clairsemée. C'était l'évidence qu'ils terminent la soirée... car ils avaient choisi de jouer "les jours du jaguar", qui a rythmé la fin de tant de concerts de Jean-Louis... Et on commence là-dessus... J'adore vraiment le début, la guimbarde, le sifflement et le feulement félin d'Alexandra.  Et ces vidéos bénéficient toujours du son sorti de la console de Théophane Bertuit (studio polyphone). 

 

Ils avaient commencé leur prestation par Jim, j'ai fréquenté la beauté... et vu que le public en réclamait encore, "foule romaine" en rappel... toujours en version "électrique brut", avec la stratocaster de Pierre Andrieu (qui n'a pas le vécu scénique des autres participants, et a dû vivre cette longue soirée avec le trac). 

2)  D'une cover à une autre... Le camarade Nesles que l'on avait interviewé lors d'un précédent album a livré sur instagram une reprise de "Foule romaine". Je me suis permis de la capter pour youtube. Il voulait saluer ainsi le livre de Frank Loriou, Photorama

J'en profite pour parler d'un nouveau rendez-vous avec Frank, à Reims, Dimanche 30/11 à 14h. “𝐿𝑎 𝑝ℎ𝑜𝑡𝑜 𝑒𝑠𝑡-𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒 ?”.  Rencontre Littéraire, avec 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐤 𝐋𝐨𝐫𝐢𝐨𝐮 et 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐨𝐩𝐡𝐞 𝐂𝐫𝐞́𝐧𝐞𝐥 au Manège de Reims.

 

Le dernier disque de Nesles vient de sortir, il s'appelle Barocco. Il sera en concert à l'Archipel le jeudi 21/11. Florence nous avait livré un compte-rendu élogieux d'un concert parisien en janvier 2024 alors ne le ratez pas!

Nouveau clip tout frais ici sur sa chanson Beckett

 

3)  Milla et Marc Aymon nos invités suisses du week-end Murat ont rejoué ensemble en Suisse... et Murat était au programme... Je vous laisse découvrir l'endroit de leur prestation.... Le lac souterrain de Saint-Gontard!

leur set au We Murat visible ici

 

4)  Petit rappel :   Matt Low et son Douharesse en tournée.... ça sera toujours d'actualité en 2026 (vous pouvez le contacter pour des concerts à domicile). 

En attendant encore deux dates:   en Belgique (16/11 : L'Ancienne Fée Verte, Anlier (Belgique ) et le 15 dans la Nièvre, avec Alain Bonnefont!

Pierre Andrieu sur les ondes et sur scène (Week-end Murat), et autres reprises : Nesles, Milla....

LA MUSIQUE ORIGINALE EN PLUS 

Puisqu'on en est à parler du Week-end Murat, saluons l'actualité d'Adèle Coyo et des Belfour présents en 2023. 

Adèle sort un EP 6 titres, toujours avec Delayre :  https://bfan.link/sirenes

En concert à Aurillac à l'Hélitas le 14 novembre

 

Et Belfour, le duo qui a clôturé le premier week-end Murat, sort une nouvelle chanson. Super démarrage pour le clip qui a déjà dépassé les 14 000 vues... et le paysage auvergnat est convoqué: 

Cette chanson, c’est l’enfance dévoré à pleine dents, le bonheur de courir à l’air libre, de dépasser les frontières. Nos frontières à nous, c’était la chaine des Puys. Nous étions à la fois attirés mais effrayés par ces volcans qui pouvaient se réveiller à tout moment.
Et puis, ça nous tenait à cœur que Mémé/Janine participe à notre clip. Depuis longtemps, on répète dans la cabane au fond de son jardin à Olby, petit village Auvergnat au pied du Puy de Dôme. Mémé elle nous appelle souvent le midi pour venir manger comme si on avait 10 ans. Grâce à elle, on reste un peu des grands gamins jouant au fond de son jardin.
 
Dernière minute:  je vois qu'ils seront aux Vinzelles le 28/11

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #week-end Murat, #bibliographie

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Publié le 4 Novembre 2025

 

1)  Après Didier Varrod, Olivier Adam,  on termine cette série d'articles  "Bibliographie" avec une autre pointure... Laurence Boccoloni et son livre  Showtime, souvenirs du chaos chez KERO. 

On avait déjà croisé Laurence Boccoloni ici car ses souvenirs avec Jean-Louis Murat avaient déjà suscité des articles dans la presse people et tv... On savait à l'époque qu'elle devait en parler à nouveau dans son prochain livre. Celui-ci est sorti en mars 2025. Antonin me l'a rappelé et je me le suis donc procuré... On n'en apprend pas beaucoup plus, mais c'est néanmoins sympathique et agréable d'avoir une telle description de Jean-Louis Murat qui passe même à l'improviste saluer Bernard Lenoir et Laurence.

 

Je ne me suis pas attardé sur le reste du livre mais les quelques pages sur la musique sont amusantes (rencontre avec Jim Kerr et le grand classique du livre de souvenirs rock : la rencontre avec Lou Reed,  un vrai minotaure journalistique - note pour plus tard: idée d'article Combats de Minotaure: L. Reed/ Murat, le pire souvenir des journalistes? Mais  Lou Reed l'emporterait haut la main! ).  Le récit d'un voyage pleins de péripéties  à Los Angeles pour la radio est assez tordant...  dont l'anecdote suivante: Laurence doit interviewer Jimmy Page, ils l'attendent dans un hôtel avec pas mal de gens, elle parle mal anglais et indisposée par le bruit et les fumées de ganja, passe une heure avec un gars qu'elle pense être du management de Jimmy Page... et finalement fuit... Quand elle fait part à son accompagnatrice de sa déception de ne pas avoir pu voir Jimmy, celle-ci lui dit: "mais tu as discuté avec lui pendant une heure!!?"... Elle ne l'avait pas reconnu. Il semble que son seul souvenir est qu'il lui a parlé de l'artiste français qu'il aime bien: Gainsbourg. Le jour suivant, elle se fait draguer par Robert Palmer... 

 

 

 

2) On passe à un gros rattrapage sur la promo de PHOTORAMA de Frank Loriou  mais d'abord, une annonce :

Une nouvelle rencontre aura lieu à PARIS pleine de douceur, moelleuse, puisque ça sera une rencontre LO - LO ou FLo-FLo... F. LOriou et F. LO.  Le 26 novembre, 19h à la Librairie de Paris, place clichy. 

Presse: 

 

Et plus conséquent, dans ROCK AND FOLK, par F. Basterra:

Bibliographie: Laurence boccolini et Promo Frank Loriou
Bibliographie: Laurence boccolini et Promo Frank Loriou

Radio:      par le fan Jean-Charles Virlogeux, pour Radio TOTEM; la radio régionale incontournable du Sud du Massif Central. : en podcast pour une discussion de 40 minutes.

LE LIEN EN PLUS

Autre podcast .  Sur Radio Grand Brives, Fred Jimenez était interviewé par Guillaume Lebouis (City of exile)

https://audioblog.arteradio.com/blog/259128/podcast/261118/borborygmes-et-logorrhees-avec-fred-jimenez

Fred Jimenez parle surtout de Johnny, mais il est aussi question de "les jours du jaguar", et un très joli mot sur Stéphane Reynaud notamment.

Mardi 4 novembre, ça sera au tour de Pierre ANDRIEU d'être invité. 

https://radiograndbrive.fr/category/borborygmes-et-logorrhees

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie

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Publié le 31 Octobre 2025

Ici, l'OLIVIER  est un marronnier du blog (j'ai déjà dû la faire celle-ci), je parle de l'Olivier ADAM. Le dernier épisode était en 2023 mais vous en retrouverez quelques autres  dans cet article. qui portait sur Tout peut s'oublier, livre que j'avais apprécié et chroniqué. Murat y apparaissait  en épigraphe... Chanson de la ville silencieuse  est aussi recommandé (tiens,  la mort de JL justifierait peut-être une relecture "muratienne" après celle que j'avais faite en 2018. A l'époque, la sortie de Travaux sur la N89 rentrait déjà en résonance avec l'ouvrage nous avait dit Olivier)

Encore une fois, aucune de mes alertes médias ne m'avait orienté vers le nouveau livre Et toute la vie devant nous sorti en août (encore un signe du peu d'intérêt porté à Murat en dehors du cercle habituel?), mais il y est bien souvent question de musique, et de Murat dans ses pages. Merci à Laure Desbruères de nous en avoir glissé un mot l'autre soir. Olivier Adam sera aux Vinzelles le 14/11 (réservation ici).

Bon, le fait est que je devrais m'intéresser à tous les livres d'Olivier Adam tant l’œuvre de Jean-Louis Murat fait partie de son paysage, décor, de son intimité (même celle de son couple avait-il dit), et qu'elle est finalement peut-être toujours présente...  Rappelons que Grégoire Bouillier nous avait appris que c'est suite à une discussion avec lui que l'hommage à Jean-Louis à la Maison de la poésie a vu le jour.

Si Murat est convoqué cette fois, c'est que le livre est l'histoire de trois amis sur 40/50 ans de leur vie, et qu'il sera question énormément de leur rapport à l'art, à la pratique artistique. Murat sera présent dans la construction de Paul, double d'Olivier Adam déjà présent dans plusieurs ouvrages. Celui-ci devient donc romancier, l'autre garçon se consacre à la peinture pendant un certain temps avant de disparaître (oui, on est bien dans un livre d'Olivier Adam, sans parler de la Bretagne). L'héroïne, elle, aurait pu être actrice ou chanteuse, mais s'oriente vers le social. Le récit dans cet aspect-là m'a un peu interrogé, tant j'imagine plutôt les artistes porteurs du feu sacré, qui ont une intime conviction de ce qu'ils doivent faire, qui sont les "monstres" dont je parlais en fin du précédent article. Ici, place aux doutes, aux hasards, aux rencontres...  et c'est sans doute assez juste. On peut trouver des exemples facilement de personnes devenues écrivains sur le tard je pense. 

Le côté monstrueux de l'artiste (cette appellation m'est peut-être propre) est néanmoins présent dans la façon dont le personnage écrivain va piocher son inspiration dans la vie de ses amis. Comme dans Les lisières, les parents vont refuser de lire les livres qui dévoilent trop de leur intimité et de leurs erreurs et les amis se déchirer par moment. Je ne l'avais pas pris comme tel, mais un passage du livre pourrait mettre mal à l'aise les muratiens. Acte de brigandage littéraire cette fois d'Olivier Adam lui-même : les circonstances du décès de Jean-Louis Bergheaud sont clairement reprises pour décrire la mort d'un des parents des personnages (On reste malgré tout assez loin du côté sordide de l'affaire Desplechin/Denicourt dans le livre et l'inspiration d'O. Adam).

Olivier a accepté de me répondre à ce sujet:

-L' allusion au décès apparaît clairement dans votre livre. Était-ce une façon de faire écho au propos du livre sur les emprunts du romancier à la vie réelle? (et comme dans le livre, ça peut être choquant, ma coéquipière sur le blog m'a fait ce retour)

Disons qu’il s’agit d’une illustration parmi d’autres de ma façon de procéder. Et de ma foi en l’impureté chimique du roman. Se superposent dans ce passage plusieurs « fantômes ». Comme toujours je tords, mélange, recompose. Et évidemment, tout vient de quelque part. J’ai bien sûr pensé au décès de Murat pour cette scène. Comme il est pas mal cité par ailleurs, il y a un système d’échos qui traverse le récit. Que certains entendent (ceux qui savent savent) et d’autres non. Mes livres jouent sur plusieurs niveaux. Ils sont très codés, cryptés, sous l’apparence de l’évidence et de la fluidité. Du côté des chanteurs, il y a des invariants, un clin d’œil caché (au delà de la citation de son nom) à Dominique A. Bien sûr Murat. Daho d’une manière ou d’une autre (par exemple dans Chanson de la ville silencieuse, où je prête à mon personnage certains épisodes tirés de sa vie). (Je sais par ailleurs que Murat n’aimait pas Daho et ça m’amuse d’autant plus de les faire cohabiter).  Pour la scène en question, effectivement, Murat est en filigrane, mais mélangé à deux autres personnes « tirées » de ma vie… la mère d’un amie très proche. Et un ami de mes parents(cycliste patenté) décédé dans des circonstances assez similaires, qui m’avaient beaucoup marquées adolescent. Dans ce livre, il y a des éléments très recomposés et réinventés. Et d’autres quasi autobiographiques (si tant est que l’autobiographie existe, ce que je ne crois pas.). L’épisode du faux producteur par exemple (même si « dans la vraie vie » le « groupe » était composé de mon frère, de ma compagne et de moi-même), la soirée du Goncourt raté (même si je mélange deux finales « perdues » de ce prix), la fête du BDE de l’université etc etc. D’autres sont inspirés directement de la vie de proches que j’ai connus et connais pour certains encore (Sarah et le prof de théâtre, même si tout est inversé : dans la vraie vie c’était un coach sportif, alors que dans le bouquin c’est la version fictive de Paul…).   Etc etc

Et dans ce joyeux mélange, il y a aussi tout ce que je tire d’autres œuvres ou que je vole à des gens que je ne connais pas directement.

À quoi s’ajoute quelques trucs que je crois inventés mais dont je m’aperçois en fait qu’ils viennent de quelque part et de quelque qu’un, mais j’ai juste oublié (il n’est pas rare que le quelqu’un en question me le rappelle…)

Et sûrement, mais ce n’est même pas sûr, quelque part, quelques lignes « purement » inventées.  Voilà, en gros. Ah oui, un petit exemple de truc un peu codé que personne ou presque ne voit : Paul essaie de jouer le "basket Ball" de Sheller. Puis il se rabat sur "l’ange déchu". Sheller Murat. Bon. Ceux qui savent savent. Ceux qui voient voient. C’est presque une coquetterie. Mais en même temps c’est un passage de relais que j’ai vécu dans mon propre apprentissage. Sheller, puis Murat. Bien sûr j’ignorais à l’époque qu’ils étaient liés… Idem par exemple, dans dessous les roses pour la scène où le narrateur découvre que son père écoutait Dominique A. Écho direct à la chanson Manset de Dominique. Alors que dans la vraie vie, étrangement mon père écoutait Manset (ma mère détestait et c’est comme ça que moi je l’ai découvert). Bon, j’arrête là. Mais des trucs comme ça, ou j’emprunte à la fois à ma vie, à celle des autres, et aux artistes que j’admire, et même à leurs œuvres, il y en a presque à chaque page.

Merci Olivier !

Je n'avais pas tilté au clin d'oeil qu'il nous faisait en réunissant Sheller et Murat (mais la mention de Basket Ball est deux pages avant celle de Murat).  NDLR: Sheller est un des "découvreurs" du chanteur, il est venu le voir en concert à la Bourboule et aidé le groupe Clara en les embauchant pour faire des jingles pour Europe1. Voici l'extrait :

 

Bibliographie :  Olivier ADAM "Et toute la vie devant nous", et Murat à l'intérieur

Et voici l'extrait sur le décès:

Bibliographie :  Olivier ADAM "Et toute la vie devant nous", et Murat à l'intérieur
Bibliographie :  Olivier ADAM "Et toute la vie devant nous", et Murat à l'intérieur

Autre mention anecdotique :

Bibliographie :  Olivier ADAM "Et toute la vie devant nous", et Murat à l'intérieur

 

Je retire mon œillère du blog muratien (ce n'est pas vraiment l'essentiel ici) pour dire quelques mots du livre.

Et toute la vie devant nous ne désarçonnera pas les fidèles lecteurs d'Olivier Adam car les thèmes chers à l'écrivain sont présents : la disparition comme on l'a indiqué, les gens de peu, les classes sociales, le romancier et son inspiration. La particularité de l'ouvrage sera peut-être à trouver dans le côté générationnel, la mienne. Les personnages ont l'âge d'Olivier Adam,  un an ou deux de moins que moi, et c'est une plongée dans la musique, les événements politiques et sociaux que nous avons vécus (notamment les attentats, #metoo sur la fin).  Cela m'a beaucoup évoqué le deuxième livre de Florent Marchet (sans surprise, on est dans la famille, avec Arnaud Cathrine) dans cette tentative clinique de plongée dans nos années collège, lycée. Cela passe beaucoup par le nom d'artistes ici alors que Marchet citait la télé, les produits du supermarché...  On aura le droit d'y trouver du plaisir par moment, le plaisir de l'identification... ou du désintérêt puisque finalement, on a vécu tout ça, et certains préféreraient découvrir la vie d'un paysan du Cantal - ou d'un fermier du col de la croix saint-Robert -, voire d'un glouton du Kamtchatka...  Ah, je n'ai pas placé mon adjectif préféré : séculier.

L'exercice de style du livre est de faire un récit, au passé, à deux voix qui s'adressent -littéralement- l'une à l'autre, un récit de 50 ans de vie et d'une amitié exceptionnelle, dans lesquelles deux drames particuliers interviennent, éléments plus romanesques que la sociologie "des lisières" qui sert également de fond (d'ailleurs, le personnage tient à retourner à la fin sur les lieux de son enfance). L'un permet à l'auteur de réagir à l'actualité, Le consentement de Vanessa Springora est évoqué par exemple. Les lecteurs découvriront donc comment les personnages se dépatouillent de tout ça. Personnellement,  je me suis interrogé : comment une amitié aussi forte peut-elle être synonyme d'autant de non-dits à la fois face à des difficultés et aux sentiments ? C'est par l'art que deux des personnages s'exprimeront... mais est-ce suffisant dans leur cas ? Ces réflexions m’amènent à nouveau à Grégoire Bouillier*, et ce qu'il aurait fait lui de ces événements, Grégoire qui est aussi un "pilleur" (la fin de son dernier livre pouvait aussi être déplaisant à ce titre).  La confrontation au réel, à soi, et à sa vie, est moins direct chez Olivier, mais il est romancier, et au fil de ses livres, il nous en aura dit tout autant sur lui. 

 

*je le fais sans scrupule: Olivier fait référence au "Le syndrome de l'orangerie" dans le livre! "la référence aux nymphéas de Monet semblait explicite. Alex avait toute une théorie à leur sujet. Ces toiles étaient des tombeaux. Monet y cachait un cadavre".

PS: Photo d'illustration "et toute la vie devant nous- et Murat derrière" par  Frank Courtès, devenu lui aussi.... écrivain de sa vie...

 

Archives:

et dans Tout peut s'oublier :

 

Petit truc en plus :

J'ai trouvé intéressant ce propos de Sfar (plutôt sur la fin) par rapport à ce qui est écrit ici et dans l'article précédent:  https://www.instagram.com/reel/DQZMM58jJDR/?utm_source=ig_web_button_share_sheet&igsh=MzRlODBiNWFlZA==

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie, #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 29 Octobre 2025

Avant-propos. Quand je parlais dans le compte-rendu de la soirée des Vinzelles de mon besoin d'anonymat, c'est que le blog fait l'objet de beaucoup d'attentions depuis quelques mois. Avec des bons côtés mais aussi par moments une certaine pression (latente essentiellement) sans parler de celle que mon caractère m'impose. Je suis donc dans l'obligation d'être très vigilant dans mon propos.  C'est bien embêtant car je n'aime pas trop réfléchir... et mon penchant naturel est de m'épancher sur les histoires muratiennes dont j'ai connaissance... mais c'est impossible.

Ces derniers mois et jours, j'ai lu des remarques ou des critiques car je ne parlais pas de certaines choses, voire des injonctions (certains allant jusqu'à parler de déontologie!).   Tout d'abord, ici, c'est un blog, amateur et non officiel. Je ne suis soumis à rien, si ce n'est à ma propre éthique, et je rappelle que je ne vends rien (j'achète... et c'est vraiment foutre son argent en l'air parfois).  Même si j'ai revendiqué d'être "exhaustif" ("toute l'actualité"), je ne l'ai jamais été, notamment quand Didier Le Bras œuvrait. Il y avait une concurrence qui est restée assez saine et parfois stimulante sur certains sujets. Murat ne m'appartient pas*, et tout le monde en fait ce qu'il en veut. Plein de choses existent en ligne, et ma subjectivité intervient...    (*Je rappelle que je refuse le titre de fan numéro 1 de Murat qu'on m'accole parfois... et encore moins leader d'une communauté et Stan  - mot que je découvre dans le Varrod dont on va parler). 

J'essaie en tout cas d'être le plus rigoureux et honnête possible ce qui ne va sans doutes. Par exemple, j'ai notamment été amené à m'interroger sur les interviews. Je m'en suis rendu compte par exemple à propos de celle d'Alain Artaud en 2011 qui commet une ou deux imprécisions.  Ce n'était pas bien grave en 2011, du vivant des acteurs,  mais maintenant, je m'interroge sur la publication de témoignages qui ne seraient pas recoupés et j'en ai quelques-uns à retranscrire. J'avais par exemple critiqué Sébastien Bataille et son interview d'Hebey qui n'était pas mise en perspective et soumise à un regard critique dans ce qui s'affiche comme une biographie journalistique. 

Je réfléchis tout en vous écrivant... Je crois que le blog reste un outil à la disposition des biographes et auteurs et que c'est à eux de faire le tri, mais pour autant, je n'offrirai pas de tribune libre ici.  En revanche,  les commentaires sont ouverts. Le blog a été créé pour être un espace de liberté, la mienne mais aussi celle de tous.  De fait, Marc Besse vient d'utiliser cette possibilité (avant-dernier article) en réponse à Denis Clavaizolle (sur mon mur facebook), intervention qui a suscité une réponse de Yann Bergheaud et de l'Institut JLM sur fb également. J'ai été l'étincelle sans doute parce que j'ai été le premier à mentionner le livre, le feu aurait pris sans doute quelques jours ou semaines après. 

En tout cas, depuis des mois, je  cherche des éléments , je me demande si je dois avoir un rôle, et depuis quelques jours, me tracasse de savoir si je dois traiter de la situation, pourquoi, comment et dans le contexte d'une forte affluence de visiteurs...  et la réponse est non, même si mon traitement de l'actualité n'est pas transparent je pense. J'en reste donc à ce fait: il y a trois ayant-droits, ils doivent agir ensemble. 

 

Je fais des chansons d'incertitude, je ne suis sûr de rien. Si on essaye de coller sur moi un carcan de certitudes, ça ne tient pas, ça déborde dans tous les sens. JLM

 

J'en reviens donc à mon vrai hobby...  avec à nouveau de la bibliographie (et on en aura encore dans la semaine). Malheureusement, ce n'est pas l'occasion de retrouver tout-à-fait la bonne humeur.

 

Après  Rock La France, 60 ans de guitares et d'électricité chez Marabout, dans lequel il était si peu question de Murat (sous prétexte qu'il aurait été réducteur de le mettre dans la case "rock"  - c'est à lire ici), on attendait que Didier Varrod qui a co-dirigé cet ouvrage se rattrape. J'ai surveillé chaque année  la programmation de l'hyper week-end Festival dont il s'occupe et qui a mis l'honneur Gainsbourg, Balavoine, Françoise Hardy... sans avoir connu satisfaction. Son livre La chanson française, un peu, beaucoup, passionnément était l'occasion de remettre Murat à l'honneur. Un commentaire sur instagram m'a valu une réponse : "vous allez sûrement encore être déçu... mais Murat est bien là". Avec ce "là" seul, j'ai donc mis le livre sur mon dos quand il est passé à ma portée (cette phrase ne va pas m'inciter à lui donner une note). 

Étonnons-nous en premier lieu, enfin moi, ça m'étonne, que, même si Didier Varrod a une jolie plume (on pourra lire les mots de 1989), le livre soit co-écrit avec Martin Soudan. Peut-être qu'on pourra trouver là une explication à certaines impressions données par la lecture. Certes, l'objectif est d'apporter une vision un peu sociétale mais vaguement, en composant aussi un livre de souvenirs, le tout en évoquant une bonne partie du paysage musical français actuel et passé (je pense qu'on peut noter la faible présence de Brassens, Le Forestier, Jonasz).  On a un peu l'impression de se retrouver dans les émissions sur la chanson française sur France 3, auquel Didier participe régulièrement et de rester cantonné au très haut de l'iceberg (fallait-il intituler le livre "la variété française"?), par exemple, quand il est écrit qu'il y a très peu de chansons anti-macrons (Michel Kemper en a pourtant fait un livre!). 

L'élément intéressant (parfois agaçant - le premier concert de Téléphone considéré comme l'acte de naissance du rock français) est de voir quel est le fil qui va être tiré à chaque chapitre... Le microclash Armanet/Sardou est le point de départ pour parler de chansons engagées, Charles Trenet sortant de prison nous amène à Eddy de Pretto ("l'un des artistes gays les plus importants de l'histoire de la pop mondiale" sic), de Aya Nakamura à la cérémonie d'ouverture des JO, on en arrive  aux quelques français qui remportent du succès à l'étranger. Le chapitre "Gilbert Becaud, premières culottes" parle des chanteurs qui ont suscité une vague "fanatique" (Cloclo, Bruel dont le "cassez la voix" aurait été écrite un soir de frustration aux Franco...) pour en arriver à la téléréalité. Henri Salvador conduit à parler de ceux qui ont dû se défaire d'un malentendu (Anne Sylvestre, Olivia Ruiz, Nino Ferrer, Christophe). Le chapitre "Charlotte ouvre la maison Gainsbourg" conduit à parler des fils/fille de. Et c'est donc via Souchon qu'on nous amène à Jean-Louis Murat, Souchon ainsi considéré comme le père de toutes les voix sensibles de la chanson (Delerm, Marchet, De La Simone, et Dominique A, même s'il a dit que Murat avait été décisif pour lui et Varrod le rappelle lui-même).

Le paragraphe sur Murat commence très bien... mais à la moitié, il y a ce "jusqu'à", qui est à même de le discréditer pour misogynie et sexisme, rappelant les propos sur Angèle, certes déplorables... A cette évocation, je me permets toujours de  rappeler cette autre phrase dite quelques temps plutôt par le chanteur : "j'ai demandé à Camille et Angèle de chanter à mes côtés [...] Je suis assez bluffé par Angèle, on dirait Lio période Banana Split, mais avec Bac +12" (inrocks 2019), mais tous les lecteurs du livre n'en seront pas informés. Cela m'a attristé, car cela arrive quelques jours après que j'aie eu un échange avec Antoine Couder à ce sujet, tant sur le documentaire disponible sur radiofrance que sur son texte de présentation. Je pense qu'il est injuste de  discréditer Jean-Louis Murat à ce sujet  et d'autant plus que son œuvre n'a pas la place qu'elle mérite (sans pour autant le nier, Morgane Imbeaud parle dans son témoignage dans les jours du jaguar de son aspect "vieux jeu").  Manset qui est juste cité dans le livre, sera prochainement dans l'actualité, et Didier Varrod l'apprécie, or les propos du livre de Wisut kasat de GM me posent plus de problème que toutes les pochades de Murat... qui pour le coup a dit ne pas avoir aimé le regard que portait Gérard sur les femmes lors de leur rencontre!  L'autodestruction médiatique de Murat fait encore son effet après sa mort, alors qu'aucun faits et révélations ne viennent ternir son image. Au contraire...  Bref.  

Edit: Quelle place occupent les femmes dans votre vie ?
JLM La place numéro un. De ma grand-mère à ma fille, en passant par ma mère ou ma femme, je les aime toutes. Je ne vis entouré que de femmes. Mon manager aussi, c'est une femme. Je m'entends beaucoup mieux avec les femmes qu'avec les hommes. On dirait que je les comprends mieux. (femme actuelle, 2006)

[Didier m'a gentiment répondu sur instagram en indiquant que je n'ai pas compris et qu'il exprimait juste des regrets sur le propos de Murat et sans me répondre sur GM. Vous serez juges]

Je vous laisse découvrir le paragraphe...qui est par ailleurs paresseux.  Murat parlait effectivement des "seconds couteaux"... mais il aimait avant tout Dylan, Cohen et les Rolling Stones, la soul, et tant d'autres (mais pas tant que ça Calexico?). Par ailleurs est citée comme unique chanson dont il serait l'auteur... "le charme"... signée Alain Bonnefont ! Quel dommage de la part de Didier Varrod qui nous a si bien parlé de Jean-Louis, notamment lors de son décès, et qui nous a valu le concert des 50 ans d'Inter...  Allez, il va se rattraper, il va se rattraper...  On attend.  

 

 

 

 

Bibliographie: "la chanson française, un peu, beaucoup..." de Didier Varrod

Il est aussi question de Jean-Louis Murat à propos de Regrets avec Mylène Farmer.  Avec une interprétation assez iconoclaste :  Murat  aurait accordé avec ce titre de la légitimité à Mylène dans la sphère des Inrocks. En 1991, le boss C. Fevret lui posait pourtant cette question : "Ton image souffre de quelques collaborations… douteuses. Mylène Farmer dernièrement, qui t’a demandé de chanter en duo. Es-tu flatté ou gêné ?". C'était bien sûr plutôt un énorme coup de pouce médiatique de Farmer à Murat (La chanteuse ayant par ailleurs financé le film Murat en plein air). Par la suite, Didier Varrod parle de la dernière tournée pour évoquer le never/more qui s'affichait sur le grand écran à la fin. Rappelons, nous, que sur ce grand écran, Mylène Farmer a souhaité débuter le show par un hommage à Jean-Louis. Un beau symbole, au vu de tout ce qu'incarne Mylène Farmer -oui, parce que personne ne va, à chaque occasion, rappeler la concernant qu'elle aime Onfray-,  et qui pourrait être en mesure de laver en partie l'image médiatique de Murat.      Oups, je m'agace, je m'agace, mais j'ai une excuse, je suis privé de sport...

Bibliographie: "la chanson française, un peu, beaucoup..." de Didier Varrod

A propos de Mylène Farmer, il est longuement question de la soirée hommage au Hyperweek-end (on s'en passerait). Et Didier n'élude pas la question de la difficulté de faire admettre les reprises, auprès des fans comme de Pascal Nègre qui aurait dit ce jour-là: "maintenant, on se rendra enfin compte qu'il est presque impossible de reprendre ses chansons". Vous voyez ce que ça m'évoque... Dans cette partie, est mentionnée Biolay interprète de regrets avec Marie-Flore "troublante projection de Murat" (je glisse que Benjamin vient de redire que Jean-Louis était un modèle -je vous mets ça tout en bas).

Le nom de Murat est encore présent au sujet d'Anne Sylvestre, lorsqu'il est question des artistes qui nous la font redécouvrir: "En 2019, Jean-Louis Murat confie aux Inrocks qu'Anne Sylvestre est sa chanteuse préférée et reprend "Un mur pour pleurer", chanson gigantesque qu'il fait alors découvrir aux auditeurs de France Inter". 

Pour en revenir au livre dans sa globalité, on apprend quand même des choses de droite et de gauche:  pour ma part, une anecdote entre Mitterrand et Balavoine (quelques mois après la rencontre sur une plateau télé),  le nombre de fois où Claude François a failli mourir avant de changer son ampoule, et le titre de Libé à sa mort (Claude François : a volté), le sens caché du "jardin extraordinaire" de Trenet, le standardiste de Polydor tué par un "fan" de Mylène alors qu'il y était DA... et quelques beaux souvenirs (son interview anisée de Gainsbourg)  ou anecdotes (Jane Birkin, qui débarque à Paris, fille au pair, dans l'immeuble de Piaf, le jour de sa mort...et les photogrraphes la prennent pour F. Hardy...).  Je veux mentionner aussi le premier chapitre qui parle des Francos et revient sur la brouille avec Foulquier, ce qui intéressait tant Matthieu Guillaumond, notre grand amoureux de chansons et des ondes publiques. L'occasion donc de reposter cette photo : lui et Didier, avec moi et Marie Audigier... un matin "de concert" (50 ans d'Inter). On était si heureux de fêter ça avec cet événement. 

 

 

LE LIEN EN PLUS 

Je n'ai pas suivi tout à fait le bon fil pour intégrer l'article ci-dessous à l'article, mais je vais quand même le partager et contrebalancer mon angélisme lebrasien. Vous verrez vous-même le lien avec ce qui est évoqué ci-dessus. Je répète : j'ai  fait ce blog en partie par fascination par les contradictions de Jean-Louis Murat et pour le "monstre" qu'est un artiste en général (on en reparlera dans un des prochains articles bibliographiques très rapidement), l'âme obsédée par l'oeuvre à laisser, l'aède décrit par Bayon, "son frère de laid"... plus que par l'artisan.  Donc voici ce "et quand bien même!" 

 

Le Monde l'époque, lundi 27 janvier 2025 

Le dilemme: Peut-on aimer l’art de ceux que l’on condamne moralement ?

Entre ceux qui appellent à boycotter les créations culturelles d’hommes « monstrueux » et ceux qui veulent « séparer l’œuvre de l’artiste », le fossé n’a jamais semblé si profond. Continuer à aimer l’art de ceux qui nous indignent est une gymnastique tourmentée, constate Valentine Faure

On pourrait raccrocher ce dilemme à l’actualité – celle, par exemple, qui a vu l’annulation de la projection du Dernier Tango à Paris (1972), de Bernardo Bertolucci, par La Cinémathèque, à la suite des protestations d’associations féministes, qui par ailleurs n’en demandaient pas tant (mais plus simplement une contextualisation du film, qui comporte une scène de sodomie simulée, tournée sans que l’actrice Maria Schneider en ait été prévenue). « Personne n’aurait pris satisfaction à voir ce film dans ces conditions-là. Je pense que même les cinéphiles n’ont pas nécessairement envie de se retrouver dans une ambiance de guerre civile. Personne n’a rien à y gagner », déclarait au Monde le président par intérim du Centre national du cinéma et de l’image animée, Olivier Henrard. Mais toutes les annulations, mises en garde, tous les procès et condamnations ne règlent pas – pas toujours – le malaise qui se pose quand on aime, encore, l’art de ceux qui nous révulsent moralement.

L’écrivain et rappeur Gaël Faye parlait le 4 décembre 2024 au micro du journaliste Mouloud Achour, qui lui posait la question : que faire de ces « idoles », R. Kelly, P. Diddy, Michael Jackson, ou plutôt que faire de leur musique, maintenant qu’on sait ce que l’on sait ? « On brûle nos idoles peu à peu , se désolait l’écrivain. On ne peut plus accepter que ces choses-là passent, se dire “ce n’est pas grave”. » Ce n’est pas de boycott dont Gaël Faye parlait, mais du rapport intime que l’on a avec un artiste : « Je n’arrive plus à écouter Michael Jackson. Et je le dis avec peine. Quelque chose s’est brisé en moi. » Pour lui, la question ne se pose pas comme un dilemme : c’est presque à regret qu’il n’arrive plus à aimer ce qu’il a aimé.

C’est justement l’amour qui est au centre de l’excellent essai de l’écrivaine et critique Claire Dederer Les Monstres. Séparer l’œuvre de l’artiste ? (Grasset, 2024), consacré à cette question. L’amour de l’art quand il se teinte de culpabilité, de dégoût, mais quand malgré tout il persiste. L’amour des films de Polanski, en ce qui concerne l’autrice américaine. Claire Dederer admet que, même après avoir appris les crimes commis par son réalisateur préféré, elle prit conscience qu’elle les aimait toujours autant. « Je voulais être une consommatrice vertueuse, une féministe dans les actes, mais, dans le même temps, je voulais être une citoyenne du monde des arts, l’opposé d’un philistin ,écrit-elle dans son dernier ouvrage. Pour moi, la question, l’énigme, consistait à savoir comment répondre à ces deux injonctions similaires, en apparence contradictoires. »

Le récit suit les déambulations de l’autrice dans cet espace où se rencontrent une œuvre, son auteur et son public. On partage les allers-retours de Claire Dederer lorsqu’elle se demande où commence la monstruosité ; si abandonner son enfant pour créer – comme Doris Lessing ou Joni Mitchell – range ces femmes du côté des monstres ; si elle n’a pas adoré ces femmes précisément parce qu’elle les trouvait un peu monstrueuses. S’il peut exister un rapport « vertueux » à l’art. Si elle-même – ancienne alcoolique – n’a pas fait des choses un peu monstrueuses. Si elle n’aurait pas été meilleure autrice si elle l’avait été davantage.

On y trouve de drôles d’idées. Celle de Martha Gellhorn, par exemple, journaliste, écrivaine et accessoirement troisième épouse de Hemingway, qui pensait plutôt qu’ « un homme doit être un grand génie pour compenser le fait d’être aussi répugnant en tant qu’humain » . Que, autrement dit, c’est le monstre qui a besoin de se transformer en artiste, et non l’artiste qui peut tout se permettre.

Et Claire Dederer se demande donc « que faire de l’art des hommes monstrueux » : « La première pensée qui nous vient à l’esprit est de boycotter cet art – la solution progressiste qui consiste à retirer notre argent et notre attention. » Mais nous ne devrions pas aborder ce dilemme en consommateurs, prévient-elle, ni exercer notre moralité par ce que nous choisissons de « consommer » ou non. En fait, « l’art que vous consommez ne fait de vous ni une mauvaise ni une bonne personne. Il faudra trouver une autre manière de vous accomplir » .

A une consommation « vertueuse » de l’art, elle oppose un autre paramètre : la beauté. Principe fragile, si on l’oppose à la moralité. « Et pourtant, la beauté compte.Et on ne décide pas la beauté. Elle nous frappe. »

En 1990, la dramaturge américaine Pearl Cleage publiait l’essai Mad at Miles(« en colère contre Miles », Cleage Group, non traduit) .Elle y examine sa relation – car c’est cela qui nous lie à certains artistes – à la musique de Miles Davis, qui était très violent avec les femmes. Partant de sa propre expérience de victime de violences, elle s’interroge : « Est-ce qu’on peut faire l’amour en écoutant un “vieux disque de Miles”, alors que le jour où il l’a enregistré, il a peut-être passé sa matinée à mettre des baffes dans la gueule de l’une de nos sœurs ? » L’amour de Pearl Cleage est personnel, sa haine l’est également.

Il se passe avec ces œuvres que l’on aime avec tourment la même chose qu’avec les gens que l’on continue d’aimer, même si parfois ils nous blessent. «“Le problème, c’est que vous l’aimez toujours.” Cette phrase décrit des relations si fréquentes avec notre famille, notre partenaire dans la vie, parfois même avec nos enfants, écrit Claire Dederer. Que faire des gens terribles que nous aimons ? La plupart du temps, nous continuons à les aimer tout de même. » Prétendre que cet amour n’existe pas ou qu’il ne devrait pas exister, cela n’aide en rien. Aimez ce que vous aimez, nous dit-elle. Cela n’excuse personne.

LA NOTE DE BAS DE PAGE EN PLUS PROMISE:

Biolay dans les Inrocks:

L’année prochaine, ce sera le 25e anniversaire de ton premier album, Rose Kennedy (2001).

Cela me paraît dingue. Un sacré bail. Surtout par rapport à la durée de vie de certains artistes qu’on écoute encore. Au-delà de la chance incroyable de pouvoir faire encore ce métier, c’est aussi le temps qui permet de constituer une œuvre. Je déteste tellement ce fils de pute de Mark Chapman de nous avoir tué John Lennon à 40 ans, il nous a privés d’au moins 20 ans supplémentaires de la discographie de Lennon. Hubert Mounier, c’est pareil, parti trop tôt. Je pense tout le temps à lui. Regarde la longue discographie de Jean-Louis Murat ou d’Étienne Daho, qui restent des modèles.

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie

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Publié le 26 Octobre 2025

bonjour,

on garde notre tradition initiée par Matthieu Guillaumond des jeux concours  dont la récompense se mérite. Malheureusement pour certains*, le cadeau ne bénéficiera qu'à une personne qui pourra se rendre mardi 28/10 sur Lyon.... puisqu'il s'agit d'une place pour le spectacle solo de Stephan Eicher au théâtre des Célestins. Je cède ma place -au balcon - à regret. 

Voici l'énigme toujours assez limpide, pleines d'indices.

"Ap- pâté par une vierge, tu rêves d' une passion non publique, mais ça a un prix, 1000 vies.

Retrouve celui qui se de décarcasse pour qu'ça sonne, et l'autre Con"

il me faut donc deux noms, présents dans l"histoire de Murat et Eicher et aux moins 3 résolutions d'indices (on en a 8+une en option qui arrive: Le c. n'est pas S.B.)

Réponse par mail à  pierrotjlm[...]hotmail[...]fr

JEU TERMINE

*je propose qu'une fois que le gagnant a trouvé, ceux qui veulent jouer pour le fun  le fassent en zone commentaires. 

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 17 Octobre 2025

Et bien, c'est une semaine pleine d'actu! Rappelons donc quand même le documentaire sur France Culture dimanche 17h puis  podcastable! (et on vous signale un joli texte sur la page de l'émision), mais passons aux nouvelles du jour qui remplissent encore la catégorie "bibliographie" du blog :

 

-  Le roman de Murat de Yann Bergheaud sortira chez ALBIN MICHEL. C'est une première surprise que Murat intéresse enfin une grande maison d'édition, sans faire injures au BOULON, qui s'affiche "résolument rock".

Broché 210 pages   ISBN: 978-2-226-50707-5
À paraître le 02/01/2026
Il est dit: "Fils de Jean-Louis Murat, l'auteur évoque son père, son oeuvre, son exploration des différents genres musicaux, ses inspirations, entre autres."   Le titre m'évoque ce qui sera dit dimanche sur France culture par Carla Bruni, "Jean-Louis Murat est un personnage romanesque". 
C'est déjà affiché sur tous les sites de ventes de livre, en précommande chez certains.
 
Je ne ferais pas mon job si je ne précisais pas que tout récemment, on a entendu et lu certains saluer la discrétion de Justine et Gaspard (les autres ayants-droits -néanmoins présents lors des événements autour du livre de Frank Loriou-). Après le week-end Murat qui a aussi été fait l'objet d'un certain adoubement, le livre de F. Loriou est lui aussi sorti dans la sérénité et l'approbation de tous,  on espère donc qu'un chemin a été trouvé... 
 

Plus que jamais: Murat en librairie (photo à  la médiathèque de Rosny, rencontre racontée ici). 

 

- Dans les autres livres parus en auto-édition ou des éditeurs plus modestes,  il faudra donc rajouter celui (un autre tome est prévu je crois) de Zoubida Berrahou. Elle était membre des groupes facebook et y a déjà fait part de son histoire avec l'oeuvre muratienne.  La France est pour elle "le pays de la liberté, de la littérature et de l'imaginaire",  mais c'est bien de la république démocratique et populaire d'Algérie  qu'elle nous écrit (où elle est professeur d'économie à l'université), une vision qu'on espère donc iconoclaste, loin du  "germanopratisme" qu'elle critique par ailleurs.

 

 

LE LIEN EN PLUS POUR LE LIVRE QUI EST DEJA SORTI 

 

- Dans les différents journaux du groupe CENTRE FRANCE (dont l'Eveil de la Haute-Loire, la montagne...):

Franck Loriou, photographe et graphiste, a conçu plus de 300 visuels pour des artistes français. Des Dominique A, Bertrand Burgalat, Brigitte Fontaine, Arthur H, Miossec, Peter von Poehl, Arno, Ultra Orange, Oxmo Puccino, Yarol Poupaud, Rachid Taha, Kent, Arman Méliès, Luke, Les innocents et bien d'autres encore. Avec Jean-Louis Murat, ce sont vingt années de collaboration qu'il a décidé de mettre en images et en mots. C'est Photorama. Musicalement, Franck Loriou a découvert JLM à travers Dolores (1996); professionnellement, c'est après avoir bossé sur des albums de Tiersen d'abord, puis Manu Chao (Clandestino) qu'il a été envoyé en mission spéciale en Auvergne, sur les hauteurs d'Orcival. « La première rencontre c'était pour Mustango, en 1998; j'ai pris le train pour Clermont avant d'aller à Douharesse. Je connaissais à peine son oeuvre, pas du tout l'homme, et nous voilà chez Jean-Louis, à manger en famille Un grand moment, un jour de mars, gris et pluvieux [] Jean-Louis était  un peu le seul pour lequel on faisait le voyage en fait. En temps normal, ce genre de choses se gérait au téléphone. En ce sens-là, il demandait quelque chose de spécial, et l'obtenait. J'ai toujours trouvé ça très fort chez lui. Il était à part. Il n'était pas soumis, il avait créé un autre rapport »
Qu'est-ce qu'une bonne pochette, une bonne image de disque ?S'il y a une réponse ? « Compliqué, effectivement. Il y a des pochettes ratées qui deviennent cultes parce que l'album l'est. Je pense à Nirvana, never mind avec le bébé dans l'eau. On aurait pu considérer cette image d'un mauvais goût absolu si l'album avait été mauvais. En chanson c'est différent. Une belle photo ne fait pas une belle pochette. Une pochette doit durer dans le temps. Souvent, c'est un peu un tableau, une composition, quelque chose avec de la matière. On devrait pouvoir l'afficher chez soi.  Jean-Louis n'était forcément ok pour ap-
paraître à chaque fois. Quand il le faisait  c'était une concession, le plus souvent.

Alors qu'il était tellement beau !  -Oui. Mais tu vois, il se méfiait de la beauté, et de la sienne en particulier. Moi, je fais également très attention à cela. Un artiste trop beau, c'est parfois compliqué puisque l'on considère souvent que le beau colle au superficiel, ce qui n'est évidemment pas vrai. J'essaie de le rendre beau pour de bonnes raisons. Je m'explique : s'ils sont très beaux je vais essayer de les replacer dans une forme de normalité, c'est pour cette raison que j'utilise souvent le flou; j'essaie que l'on soit moins sur la plastique que sur la captation d'un regard.
Quelle est la dernière pochette sur laquelle vous avez travaillé Jean-Louis
et toi ? La vraie vie de Buck John, en 2021. Elle est douloureuse. C'est la pochette post-covid, la seule sur laquelle on est resté à distance tous les deux. Nous l'avons travaillée avec des photos prises par son entourage; j'en suis néanmoins très fier. Mais j'ai le regret immense de ne pas l'avoir vu à ce moment-là et de ne jamais l'avoir revu du coup. C'est la vie. Je crois que la dernière fois en vrai c'était sur la session photo d 'Inamorento , la session en général d'empire dans les champs.
C'est cette série de photos où il apparaît en caleçon ? -On revient à l'espiègle. Nous avons passé plusieurs jours chez lui à repousser le moment où il faudrait faire des images. Je le voulais avec ce costume noir Et il est apparu, au bas des escaliers avec la veste, la chemise ok, mais en bas, un short de cycliste; et medisant : bon on ne fait que du portrait, d'accord (sourire) !!!

Et il savait donc que tu allais le faire en pied ! - Oui, bien sûr ! Et il a même choisi celle-là pour être, plus tard l'affiche de promo de l'album dans le métro parisien. Il aimait déstabiliser, s'amuser.
Revenons-en à Buck John. - Cette pochette, j'ai réalisé cela en travaillant sur le livre : c'est presque la couverture d'un roman d'aventure. Jean-Louis étaitun éternel ado, Buck John c'est un héros de BD. Jean Louis devient un personnage de livre d'aventure pour ado,quelque chose de ça, je trouve ça très beau comme si la boucle était bouclée
Que peux-tu dire de cette aventure Murat ? J'ai eu une chance inouïe de côtoyer ce grand homme, cet intellectuel, cet artiste d'une exigence rare, d'une intelligence rare, d'une sincérité rare; et de l'avoir vraiment rencontré. C'était beau.

 

- Sud Ouest dimanche - Gironde

dimanche 12 octobre 2025 176 mots, p. 28

Murat, une vie en «photorama»

Stéphane C. Jonathan

 Disparu il y a deux ans, le musicien et artiste auvergnat Jean-Louis Murat continue de fasciner et d’intriguer. Frank Loriou l’a bien connu et ouvre aujourd’hui ses archives. Photographe et graphiste spécialisé dans le domaine musical, il a réalisé les pochettes de disques essentiels («Clandestino» de Manu Chao, «Le Phare» de Yann Tiersen, mais aussi Dominique A, Arthur H, Brigitte Fontaine…). Pendant près de vingt ans, il a entretenu avec Murat une relation privilégiée et réalisé le visuel de neuf de ses albums. Des sessions photo en argentique qui ont participé à l’image publique du musicien.

Pour accompagner les 150photographies présentées dans un luxueux livre carré, Frank Loriou livre un texte de 20pages, un «journal extime» qui lève le voile sur leur complicité. La succession de vues – parfois redondantes – de chaque session témoigne de la connivence entre le photographe et son sujet, parfois cabotin mais toujours authentique

- Dans Plugged ( de M. Veillet)

- Enfin, une petite séquence vidéo avec La Montagne: 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 15 Octobre 2025

Je n'avais pas encore fait ces crêtes-ci. J'en ai pris pleins  les yeux... attention, ça va éclater de couleurs.

 

 

 

 

 

ci-dessous, PanoRAMA du Sancy:  Monts d'Ardèche ou Maurienne (indiquée sur la Table... mais vu que le Mont-Blanc n'est pas visible, j'ai des doutes). On distingue par contre le sommet culminant de l'Aubrac, nos visiteurs du jour  (à découvrir ci-dessous) viennent de cette direction.... Et plus proche : le Guery, l'Ouire de Jean-Louis... Vous pourrez jouer lors de votre prochaine venue avec la table d'orientation: 17 références trouvées à des textes signées Bergheaud!

Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne

 

Fontaine salée, ci dessus... (arpentée en hiver), les ruisseaux brillaient au soleil... avant de plonger dans les rouges -souliers- et l'ocre ("Ocre jaune est la poussière où le soir descend", la chanson Couleurs - carta de colores est approprié pour la journée).

 

Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automneClichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automneClichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
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Et voilà les visiteurs du jour (très nombreux cette année), les vautours (fauve je pense) qui viennent des Cévennes et des Causses (à voir ici)...  

 La plus belle et nette: 

 

Les voilà surplombant le Sancy:  

 

Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne

Puis le  lendemain, en allant aux Planchettes chercher nourriture terrestre...  et the last arrêt cause is the place to be en automne: entre Tuilière et Sanadoire.

Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne
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Clichés n° 64 : les faubourgs de la soirée Photorama/ ou Photorama d'un Sancy d'automne

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos

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