Publié le 5 Juin 2026

Avant de revenir sur l'actualité "TOUR DE FRANCE 2022", passage par :

1) La  Maison Tellier. 

On a déjà partagé la version live de "la chanson de Jean-Louis" qui figure sur leur dernier disque "la timidité des arbres". Matthieu Pigné le batteur m'avait dit qu'ils bossaient sur une reprise... et ils se sont lancés!  Vous trouverez donc ci-dessous leur prestation en Vendée, avec JIM... 

 

Dans les articles qui leurs sont consacrés, il est souvent question de Jean-Louis Murat.  Un exemple:

La République des Pyrénées (site web)
Edition principale
mercredi 3 juin 2026 377 mots

Le groupe est connu pour son style unique au service d’influences folk, blues, voire country, une musique bâtarde quelque part entre Calexico, Creedence Clearwater Revival et Jean-Louis Murat. Le disque lui est d’ailleurs dédié, ainsi qu’à Shane MacGowan.

Le public est attendu en nombre pour cet anniversaire à ne manquer sous aucun prétexte. Il faut penser à réserver, le nombre de places disponibles étant limité. Comme à chaque concert, l’ouverture des portes se fera à 19h et le début des concerts à 20h. Buvette et petite restauration seront proposées sur place ; il ne faut pas oublier d’apporter son ecocup.

Les tarifs sont de 5, 8 et 10 euros, et l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Pour les réservations : https://www.billetterie.festik.net/blackrainbow/. Pour tout renseignement : 06 11 74 82 52.

Samedi 13 Juin 2026 à 20h00    MOURENX, Salle Daniel Balavoine

2)  Que font les grands partenaires historiques de Murat de cette nouveauté discographique?  Je veux parler de Libération et les Inrocks. Le minimum...

Pour Libération, deux lignes (et le partage d'une vidéo - dite pirate- puisque seul un teaser est disponible officiellement.)

https://www.liberation.fr/culture/musique/thibaut-pez-ange-jean-louis-murat-autour-de-lucie-coup-dur-folamour-leon-phal-la-playlist-du-cahier-musique-de-liberation-20260530_OJPRXGGZYVFP7HVVJ3CBG3HUS4/

Pépite d’un excellent album live de sa dernière tournée, cet inédit rappelle les meilleures années du poète rocker montagnard. Un parfum de Cours dire aux hommes faibles.

Il est aussi question du nouvel album d'AUTOUR DE LUCIE que je recommande. Quel plaisir de réentendre cette voix.

 

Quant aux inrocks, nous n'avons droit qu'à un édito dans une newsletter et le site internet. C'est bien sûr F. Vergeade qui s'y colle.

https://www.lesinrocks.com/musique/jean-louis-murat-son-ultime-tour-de-france-2022-696658-29-05-2026/

Trois ans après sa disparition, un ultime album live de Jean-Louis Murat ravive le souvenir de ses derniers concerts.

Trois ans déjà que Jean-Louis Murat nous a quittés subitement, un matin sombre du 25 mai 2023. Une semaine plus tôt, le chanteur auvergnat livrait à Tulle (Corrèze) le tout dernier concert de sa tournée entamée l’année précédente. On se souvient encore de notre dernière discussion, un samedi soir de novembre 2022 dans les loges de La Marbrerie à Montreuil, après une performance magnétique en trio avec Fred Jimenez à la basse et Yann Clavaizolle à la batterie.

Le musicien auvergnat ne faisait rien comme personne

Comme l’écrit Laure Desbruères, sa dernière femme et mère de Justine et Gaspard Bergheaud, dans un magnifique et déchirant post sur Instagram, “Quand je t’ai rencontré en 1994, tu me disais : ‘Je ne monterai plus sur scène, ça ne m’intéresse pas.’ Tu sortais exsangue de la tournée Vénus… Presque trente ans de collaboration plus tard, tu m’as dit : ‘Je fais des disques pour aller sur scène ! […] Il est sorti aujourd’hui ton Tour de France 2022, tu serais heureux !” Car cet ultime enregistrement live, tout comme Live (1995), Live In Dolorès (1998), Muragostang (2000) et Innamorato (2019), démontre encore une fois que le chanteur et musicien auvergnat ne faisait rien comme personne, particulièrement sur scène, métamorphosant ses morceaux comme bon lui semblait : “Chacun sa façon/Chacun sa façon en son infini/De se dire un jour alors c’est fini”.

 

J'ai lu cette chronique vendredi dernier juste avant d'aller voir un spectacle de l'ami ALAIN KLINGLER, participant du disque "AuRa aime Murat"... qui a interrompu  le soir évoqué (en novembre 2022) la discussion entre Jean-Louis et F. Vergeade! Il a franchi la porte accueilli par un grand sourire de Jean-Louis...et garde lui aussi ce moment dans son cœur. Ce soir-là, Jean-Louis lui promettait de venir au premier week-end Murat de juin 2023... 

Alain Klingler sera en Avignon au festival off, en jouant en alternance son spectacle "Constellation Bobin/Leprest" et le nouveau consacré à Arthur Rimbaud (Déflagration Rimbaud)!  Même si Murat ne s'est pas frotté à Arthur (peut-être parce que c'était sa réincarnation comme certaines le disent...), pour les amateurs de chansons à texte, c'est à ne pas rater! C'est au Verbe Fou (12h45).  Deux autres participants d'Aura Aime Murat seront présents en Avignon : l'excellent Paugam qui tropicalise Brassens (à l'Arrache-coeur qui reçoit également Stan Mathis). Le 8 et 15/07, Baptiste W. Hamon jouera également son spectacle Americana qui semble prometteur (même si Murat n'est pas mentionné dans sa sélection)

 

 

3)  L'auteur de la chronique pour lust4live était à la pré-écoute parisienne et nous en parle. Il a apprécié, et nous parle joliment du disque:    « Ce live, c’est la précision de la langue française alliée au son anglais…on sent une véritable attention dans la production. ». Voici un « best-of live » d’une rare intensité, composé de titres accrocheurs et immédiats.

https://lust4live.fr/jean-louis-murat-en-concert-tour-de-france-2022-les-quatre-fantastiques/

« Jean-Louis Murat en concert. Tour de France 2022. » Les quatre fantastiques.
En ce mercredi de Mai, nous voici une poignée de fidèles réunis dans les bureaux de Wise Music France afin d’écouter en avant-première le live posthume du regretté Jean-Louis Murat. Triste anniversaire, le poète auvergnat ayant rejoint « l’au-delà » le 25 mai 2023. La plupart de ses proches, professionnels ou familiaux, sont rassemblés afin de nous faire part d’un souvenir précis de l’artiste. Marie Audigier, ex-compagne et ex-manager, anime cette rencontre et c’est au cœur de l’intime que se dessine un portrait de l’un des plus grands auteur, compositeur et interprète de la chanson française. Fred Jimenez, bassiste fidèle, égrène quelques souvenirs amusants et rappelle combien l’homme était attachant. La fille de ce dernier, Justine, se remémore un dernier Trianon triomphant et Frank Loriou, ami de longue date et responsable de l’artwork du dit LP, nous fait part de son émotion, la gorge nouée.
 
Et l’album ? Il est un résumé de cette dernière tournée via 14 titres choisis par Jean-Louis Murat et Denis Clavaizolle acolyte de toujours. L’intégralité des concerts donnés fut enregistrée, laissant le champ libre au duo. De quoi grapiller des versions habitées et électriques d’un répertoire partant de « Taormina » pour s’acheminer vers « La vraie vie de Buck John ».
 
Ce qui nous saisit, à l’écoute des morceaux proposés, c’est le caractère sauvage et insaisissable du quatuor. Murat hulule, grogne, siffle et s’exclame. Étire les introductions et réfrène ses conclusions. Pousse ses camarades de jeu vers de nouveaux territoires, de nouvelles expériences sensorielles. La batterie de Yann Clavaizolle lui répond et rebondit, tout en souplesse maitrisée. Le clavier de Denis Clavaizolle taquine la guitare du chanteur et la basse de Fred Jimenez se cale, sans mal, sur ces nombreuses séquences improvisées et chaloupées.
 
Comme le dit si bien mon ami Marco, « Ce live, c’est la précision de la langue française alliée au son anglais…on sent une véritable attention dans la production. ».
Voici un « best-of live » d’une rare intensité, composé de titres accrocheurs et immédiats. Murat y chante comme jamais. Mi Jaguar, mi Bob Dylan.
 
Et puis, cette matière rugueuse qui enveloppe chaque ritournelle donne un cachet « brut » à cette restitution. Aux antipodes des productions léchées qui fleurissent tant dans les bacs des fournisseurs.
En poussant le son, vous aurez la divine impression d’avoir ce « Tour de France 2022 » dans votre salon. Face à vous.
 
A présent que l’artiste n’est plus, cette captation sonore rend hommage à l’Ami Auvergnat mais aussi à son public. Quelles soient chaotiques ou d’une générosité folle, Jean-LouisMurat goûtait voluptueusement ses prestations scéniques.
A notre tour d’en savourer tous les contours.
 
John Book.

 

 

LE PREMIER LIEN EN PLUS 

J'avais cru comprendre qu'il y avait une actualité Mylène Farmer, sans en savoir plus, ni chercher à le savoir... Mais un chroniqueur de  Sunburnsout fait l'éloge du parcours de Mylène en faisant le lien avec Murat... 

https://www.sunburnsout.com/a-t-on-fait-le-tour-de-mylene-farmer/

C’est sans oublier le parfum de mystère plus que de scandale d’ailleurs, faisant encore effet quarante ans après, preuve indubitable. Par l’écriture. La voix. Le style. Le travail de cohérence. L’aura internationale. La magie, quoi… J’enrage quand certains se refusent, à défaut d’y penser, à dresser des ponts entre un Jean-Louis Murat, Les Occidentaux et Farmer, mais aussi Éric Serra ou Uman pour ne citer qu’eux, tant des connexions et croisements sont multiples, évidentes, relevant d’un renouveau melancochic pop et français des années 80/90. Une telle longévité ne peut être fondée sur du flanc.

 

LE DEUXIEME LIEN EN PLUS POUR CHERCHER LA PETITE BETE MAIS ON VA PAS MOURIR DE RIRE POUR AUTANT

oh, Mickey!

https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2026/05/31/mickey-3d-le-foreztival-je-suis-heureux-d-y-aller-et-heureux-qu-il-existe

Dans un article qui parle de l'ASSE, autant vous dire qu'il ne faut pas s'attendre à grand chose...  même si un concert unique en forme de retour du groupe Mickey 3D, dans leur département  est une nouvelle sympathique.  Par contre, l'évocation de Jean-Louis Murat par Mickaël Fournon me questionne:

 Quand j’ai sorti mon album en 2023 ( Nous étions des humains ), je n’ai pas fait de tournée. Je n’en n’avais pas envie, mes filles étaient petites et je n’étais pas du tout focalisé là-dessus. Je voulais juste sortir un disque. J’ai toujours fait des concerts depuis que j’ai 16-17 ans et là j’avais envie de faire un truc à la Jean-Louis Murat qui faisait des disques, chez lui, sans faire de tournée.

Ok pour les albums home made pour Murat... mais il avait toujours à cœur d'aller ensuite les jouer sur scène!! 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

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Publié le 3 Juin 2026

bonjour,

 

1)   On commence par un article dans LA GRUYERE, journal suisse fidèle à Murat.  Un grand merci à Serge Péclard qui a pu m'envoyer l'article!

Album posthume. Jean-Louis Murat pour une dernière tournée

A sa disparition, il y a tout juste trois ans, Jean-Louis Murat venait d’achever une tournée de 50 dates. Un album sort ces jours, témoignage de ses ultimes concerts, efficaces et sans fioritures inutiles.

Il suffit de quelques notes du très groovy Jean Bizarre et des premiers mots de cette voix incomparable pour comprendre à quel point il nous manque: Jean-Louis Murat est mort il y a tout juste trois ans et l’on n’a pas fini de mesurer son absence. Reflet de son ultime tournée, ce Tour de France 2022 vient rappeler à quel point l’ombrageux Auvergnat régnait alors au sommet d’un art libre et authentique.  Suite réservée aux abonnées

 
Chroniques du diques France/Belgique/Suisse:        La Gruyère, Magic, Sunburnsout, vif, Dh

L'article revient sur le côté grande gueule... et j'ai constaté que certains avaient jugés intéressants de refaire circuler sur facebook un paragraphe de saillies qui est en fait une compilation  de phrases vaches sur des dizaines d'années. Dommage alors qu'il y a une actualité à promouvoir et de quoi faire découvrir son oeuvre... Mais soit...

 

2) Chronique MAGIC par Cédric Barré

 

  3)    Une première chronique belge dans DH La Libre Belgique par Charles Van Dievort (27/05/2026)

 

Le dernier “Tour de France” de Jean-Louis Murat : voici ce que nous avons pensé de son album live posthume qui vient de paraître

À l’occasion des trois ans de la mort du chanteur est sorti un album live retraçant les moments les plus forts de sa dernière tournée. Un disque épique, à la Neil Young, qui rappelle combien l’artiste occupait une place unique dans le paysage musical.

Le 25 mai 2023, la nouvelle tombait comme une douche froide, on apprenait la mort de Jean-Louis Murat à l’âge de 71 ans. Rien ne laissait présager une disparition aussi brutale, le chanteur ayant tout juste terminé sa première tournée post-Covid quelques jours plus tôt.

Ironie du sort, le lendemain était commercialisé le premier best of de l’artiste. Lui qui avait toujours manifesté une hostilité totale à toute compilation regroupant ses plus grands succès, avait fini par céder.

Depuis, en dehors de concerts hommage et de livres – plutôt nombreux -, aucun disque de l’Auvergnat, posthume ou autre, n’était venu caresser les oreilles des fans et du public… jusqu’à ce vendredi 22 mai, date de sortie d’un live immortalisant la dernière tournée du plus bougon des orfèvres de la chanson française.

Une relecture à la Neil Young de son œuvre

Intitulé Tour de France 2022, il propose 14 titres captés lors de différentes dates de la tournée qu’il a clôturée juste avant de mourir. Des chansons choisies par ses soins après une sélection effectuée par son comparse de (presque) toujours, Denis Clavaizole. “Tous les concerts de l’année 2022 ont été enregistrés. Absolument tous, explique ce dernier dans les notes du livret qui accompagne le CD et le double vinyle. Et Jean-Louis m’a désigné comme personne de confiance pour effectuer un premier tri, choisir les quatre ou cinq meilleures versions de chaque titre. Ensuite, c’est bien sûr lui qui tranchait […] Deux mois avant sa disparition, ça ne faisait aucun doute pour lui : 'C’est bon, on a tous les morceaux !'.”

Sur ce live, Jean-Louis Murat est plus “neilyoungesque” que jamais, avec notamment de longues chevauchées comme il les aimait tant. Comment résister aux somptueuses revisites du “Chemin des poneys” et de “Taormina”, deux des rares chansons plus anciennes figurant sur cet album.

Les aficonados du gars de Douharesse le savent, Murat se projetait toujours vers l’avant, regardait rarement en arrière. Ses succès gravés sur disque, il passait à autre chose. Dans ce cas-ci, C’est son dernier album La vraie vie de Buck John qui est à l’honneur, avec quelques titres de son prédécesseur, Baby Love.

Des chevauchées endiablées

Pour ceux que ces deux disques ont déroutés par leur approche musicale orientée électro-funk pour le second et inclassable pour le premier, voici l’occasion de redécouvrir les chansons sous de nouveaux atours. Car ce n’est pas là le moindre des talents de Jean-Louis Murat que d’emmener ses créations vers des contrées insoupçonnées lorsqu’il les présente sur scène. Les précédents l’attestent : Live in Dolorès en 1998, qui revisitait Dolorès en mode “acoustique”, et Muragostang en 2000, formidable déclinaison 100 % électronique du très organique Mustango sorti l’année précédente.

Comment ne pas succomber aux chevauchés, souvent endiablées, que proposent les interprétations de “Jean Bizarre”, “Ma Babe”, Montboudif” et “Battlefield”. Sans oublier l’épique “Où Geronimo rêvait” !

Et que dire de ces moments où le temps semble suspendu quand Murat se fait doux comme du velours avec “La princesse of the cool”, le jazzy “Frankie” et la pièce maîtresse de cet album live, “La pharmacienne d’Yvetot”.

Un inédit somptueux

Un titre que cette dernière chanson se dispute avec le seul inédit gravé sur ce disque : “Hello You”. Comme à son habitude, Jean-Louis Murat gratifiait son publique de quelques-unes de ses plus belles perles exclusivement interprétées sur scène. Voilà qui n’est pas sans rappeler d’autres morceaux du même acabit : “Ami, Amour, Amant”, “Michigan”, etc.

Quatorze titres qui font revivre tout le talent de l’Auvergnat, bien entouré pour ce dernier Tour de France. Le bassiste Fred Jimenez, rencontré pour l’enregistrement du triple album Lilith en 2003, est à l’œuvre, avec le claviériste Denis Clavaizole qui accompagne le chanteur depuis Cheyenne Autumn, en 1989. Et, comme pour boucler la boucle, c’est le fils de ce dernier, Yann, qui est à la batterie. C’est lui qu’on entend, alors qu’il était bébé, sur “Déjà deux siècles 89”, titre extrait de Cheyenne Autumn !

Le point final de l’histoire ?

La seule déception à l’horizon nous vient du livret du disque. Ou plutôt de ces phrases qui le clôturent, signée Laure Desbruères, l’ex-femme du chanteur qui fut productrice pour Scarlett à partir de 2004, la structure qui réalisait les disques de Jean-Louis Murat à partir de 2006. “Scarlett, ce furent quelque vingt années intenses et exigeantes, et la moitié de la production phonographique de cet immense artiste-auteur-compositeur”, note-t-elle. “Scarlett, ce fut une très belle aventure. Une très belle aventure qui s’achève ici et vous laisse une œuvre intemporelle signée Jean-Louis Murat, une œuvre qui n’en finira pas d’être redécouverte.”

Si Scarlett termine son existence avec ce Tour de France 2022, en référence bien sûr à la passion qu’éprouvait le chanteur pour le cyclisme, notamment Wout Van Aert, faut-il comprendre qu’il n’y aura plus d’autre sortie signée Jean-Louis Murat ? N’avait-il pas dit, régulièrement, qu’il avait des “tonnes” d’inédits et même des albums prêts à paraître après sa mort ? Les entendra-t-on un jour. Pas sûr…

 

Du même auteur, du côté de MOUSTIQUE: 

Moustique (site web) - Moustique

Monday, June 1, 2026 

Un album anniversaire de Jean-Louis Murat, un disque enregistré en live pour Dua Lipa et le retour du groupe Inferno pour débuter la semaine

Trois ans après sa disparition, le 25 mai 2023, à l’âge de 71 ans de Jean-Louis Murat, “Tour de France 2022” propose 14 titres captés lors de différentes dates de sa dernière tournée.

Sur ce live, le chanteur et guitariste est plus “ neilyoungesque” que jamais, avec notamment de longues chevauchées comme il les aimait tant. Impossible ainsi de résister aux somptueuses relectures du Chemin des poneys et de Taormina , deux des rares chansons plus anciennes figurant sur cet album.

Nostalgie quand tu nous tiens

Pour le reste, c’est son dernier album “La vraie vie de Buck John” qui est à l’honneur, avec quelques titres de son prédécesseur, “Baby Love”. Si les chansons de ces deux disques avaient dérouté par leur approche musicale -orientée électro-funk pour le second et inclassable pour le premier-, Murat en propose ici des versions complètement remaniées.

Jean Bizarre, Ma Babe, Montboudif, Battlefield ou encore l’épique Où Geronimo rêvait! Plus loin, Murat se fait doux comme du velours avec La princesse of the cool, le jazzy Frankie et la pièce maîtresse de cet album live, La pharmacienne d’Yvetot. Cerise sur le gâteau: l’inédit Hello You. L’Auvergnat était particulièrement bien entouré pour ce dernier Tour de France. Le bassiste Fred Jimenez, rencontré pour l’enregistrement du triple album “Lilith” en 2003, est à l’œuvre, avec le claviériste Denis Clavaizole qui accompagne le chanteur depuis “Cheyenne Autumn”, en 1989. Et, comme pour boucler la boucle, c’est le fils de ce dernier, Yann, qui est à la batterie.

4)  Toujours chez les belges,   dans les sorties de la semaine,  VIF indique:

3. Jean-Louis Murat – Jean-Louis Murat en concert – Tour de France

Il aura donc fallu que Murat casse sa pipe (en 2023, à 71 ans) pour que s'interrompe l'une des discographies les plus aventureuses (et les plus foisonnantes) de la scène française. "Ce n'est pas une excuse", aurait pu répliquer le poète retors. Pardonnez la boutade: il y a des disparus qui manquent plus que d'autres… Trois ans quasi jour pour jour après son décès, Jean-Louis Murat a droit à un premier album posthume : un live capté lors de son ultime tournée, en 2022.

A l'époque, le chanteur vient tout juste de sortir La Vraie Vie de Buck John, qu'il décide d'emmener sur la route en formation resserrée: Fred Jimenez à la basse, Yann Clavaizolle à la batterie et Denis Clavaizolle aux claviers. Au programme, une tournée de plus de 50 villes. Un véritable tour de France pour ce fan de vélo (auquel la course a d'ailleurs rendu hommage l'an dernier, lors de son passage dans le col de la Croix-Morand). Enthousiaste, Murat décide d'enregistrer chaque concert, imaginant un album live qui ne garderait que les meilleures versions de chaque chanson –un parcours du combattant quand on connaît la manie de l'intéressé de ne jamais jouer deux fois le même titre de la même manière.

C'est Denis Clavaizolle qui va s'y coller, proposant une sélection finale à Murat, deux mois avant sa disparition. Par la force des choses, elle se concentre sur ses derniers disques –de Buck John à Morituri (2016), avec l'une ou l'autre incartade dans Taormina (2006)–, augmentée d'un inédit (Hello You). Soit quatorze chansons au total, où l'on retrouve un Murat presque jovial –au point de vouloir faire chanter le public sur Battlefield–, labourant son blues-rock auvergnat (Où Geronimo rêvait) avec ce mélange toujours aussi savoureux de roublardise (Marilyn et Marianne) et de magnétisme troublant (La Pharmacienne d'Yvetot).● L.H.

Distribué par Cinq7/Wagram. La cote de Focus : 3,5/5

5)  Et chez les amis de Sunburnsout (vous pouvez aller sur le site pour lire: je termine l'article du jour, ici!, pas envie de lien en plus aujourd'hui, n'insistez pas)

“Bon sang ! Qu’est-ce qu’il était vivant !” Comme tous les disparus, Murat respirait, chantait, blasphémait et swinguait du tonnerre… avant de ne plus pouvoir le faire du tout, pour cause de mort. “Qu’est-ce qu’il vivait !” C’est ce qu’on se dit dans ces cas là mais on sait qu’il y en a qui sont un peu plus vivants que d’autres et le Murat que l’on entend à l’entame de ce live des trois ans… qui date de quatre ans, et qu’on écoutera sûrement encore dans cinq ou dix, l’était bel et bien… vivant.

On n’entend que ça sur Jean Bizarre qui était aussi l’un des morceaux de son dernier album, La Vraie Vie de Buck John, sorti en 2021, la vie qui bruisse sur cette chanson et explose dans des allitérations, des échos de mots et de sonorités, visiblement choisies pour la manière dont elles s’entrechoquent et se combinent avec la rythmique mi-jazz, mi-folk rock du morceau. C’est un beau morceau pour entamer un disque live, un morceau amusant, sûrement pas facile à chanter mais qui met en confiance et donne la patate. Ce n’est pas négligeable : il arrivait qu’on aille à un concert de Murat avec une boule au ventre ou du moins un peu d’appréhension. Parce qu’il n’était pas toujours tendre avec son public et parfois de mauvais poil. Ce n’est pas le cas cette fois. Murat, même mort, nous accueille avec l’oeil jubilatoire et la langue agile. On en avait bien profité lorsqu’on l’avait admiré pour la dernière fois de notre vie de supporteur, c’était à Allonnes en mai 2022.

Ce Jean Bizarre dit au moins une chose quand on entend scatter l’Auvergnat comme à la parade, c’est qu’il était en forme/vivant et plutôt content d’être là. On se fout un peu qu’il avale les mots sur la Princesse of the cool, comme s’il avait une chaussette dans la bouche, parce que c’est justement de cela dont il est question ici : être cool, se laisser aller et tant pis pour la clarté de la diction. On a les doigts en éventail et on slacke à la France, en charentaises et en poésie. On avait bien aimé Baby Love, disque sur lequel on trouve la chanson. Murat en joue aussi Montboudif sur ce live. Mais c’est surtout Buck John qui est à l’honneur avec des cris d’indiens ou de vieux paysans sur Où Géronimo Rêvait et quatre autres morceaux (en plus du premier). Ce Tour de France 2022 est foutrement rock et foutrement joueur parce que Buck John était un album pétillant et “décomplexé”, pas comme la droite du même nom, un album décomplexé qui, à la façon de Murat, s’en fout royalement d’être rock, blues, jazz ou chanson française et qui passe de l’un à l’autre par la virtuosité des musiciens et la grâce de son chanteur. Murat chante, il hurle, il hulule même. C’est le Jon Spencer Blues à la mode de Riom, Alan Vega 63, habité par le souffle de l’Amérique et la vitalité des monts d’Auvergne.

C’en est presque triste, alors qu’on sait qu’il est mort, quelque part d’avoir choisi un concert aussi généreux et relâché du tubercule. Le groupe est particulièrement agile ici avec Fred Jimenez à la basse, Denis Clavaizolle au clavier, Yann Clavaizolle (le fils de Denis) à la batterie. Les deux premiers ont joué avec Murat depuis ses débuts et le trio propose ici un accompagnement formidablement rythmé qui sied parfaitement aux titres retenus. On adore la liberté et l’espace entre les instruments sur Ciné Vox, l’un des meilleurs morceaux du très bon Il Francese,que Murat ralentit et semble ne pas vouloir terminer. Taormina est bouillant et électrique. Murat mélange les nouveautés du moment avec Ma Babe, Marylin et Marianne, Chacun sa Façon ou Battlefield, et des titres qui viennent d’un peu plus loin comme la Pharmacienne d’Yvetot (2016) ou le sublime Chemin des Poneys (sur Taormina, il y a vingt ans). La performance d’ensemble est généreuse et met en relief la culture rock (des années 50 aux années 70) d’un Murat qui aimait autant les textes bien tournés que les guitares électriques bavardes. C’est cette expressivité des guitares (sur Marylin et Marianne, bien soutenues par un clavier à la Jerry Harrison, fougueux) qui donne à l’ensemble une vitalité extraordinaire. Le groupe négocie à la perfection les changements de tempo, se changeant sur la Pharmacienne en un piano band pourpre et nocturne. On a un petit faible pour la version velvetienne d’un Frankie qui taquine les sept minutes. L’inspiration américaine irrigue le disque et cette période finale d’un Murat splendide dans son minimalisme et ses regains d’électricité. Le Chemin des Poneys est sûrement pensée comme LA grande chanson du set. Elle l’est et nous ouvre les portes électriques d’un ciel encore trop haut pour nous.

Ce disque est un témoignage précieux du “dernier” Murat par la force des choses, un Murat qui, parce qu’il n’y en eut pas d’autre, nous semble avec le recul, une bonne synthèse voire une synthèse presque parfaite de tous les Murat qui sont passés avant, la somme d’héritages accumulés sur cinq décennies au moins, de la chanson française au punk rock américain. Tout est là, niché au creux d’une poésie ancienne. Tour de France 2022 est un beau disque crépusculaire et vibrant d’irrévérence. Un disque qu’on aimera écouter et réécouter, jusqu’à ce que les vers de deux ou trois chansons se mélangent pour en former d’autres. Façon cut-up.

An 1163
L’ordure leva
Le pont-levis
Mon cœur est
Mort de froid

Il n’y a rien ma mie
Qui doit nous faire peur
La portière ouverte
Ressens-tu la chaleur
Berger du néant
Troupeau d’éternité
Viens mon ange

La mort a rarement du bon. Elle est comme le froid et le vent.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

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Publié le 29 Mai 2026

 

Je n'ai jamais aimé les anniversaires, et je n'ai fait aucune allusion l'autre jour... mais voici un petit tweet de Pascale Clark:

Et vu le nombre de like et de repartage, la publication sur les réseaux de Rock And Folk:

Promos 2 : L'équipe, france info, interview Frank Loriou et un peu de "Murat de A à Z"

Pour ne pas faire trop long, je garde d'autres chroniques déjà parues pour un prochain article, mais voici une petite sélection: 

- Le journal L'Equipe  est encore au rendez-vous pour parler de Jean-Louis Murat:

 

Cycle Jean-Louis Murat

Sa mort en mai 2023 nous avait abasourdis. Un poète disparaissait. Jean-Louis Murat nous revient par la grâce d'un album posthume nommé Tour de France 2022 , soit quatorze chansons enregistrées en live lors de son ultime tournée, une cinquantaine de dates dans tout le pays. L'allusion à la Grande Boucle était un choix conscient de l'Auvergnat, accro de vélo, pratiquant ardent et érudit. « Le Tour, c'était son moment de bonheur ! » , dit Marie Audigier, sa manager historique. Hors de question de planifier un enregistrement ou des concerts en juillet, le chanteur du Col de la Croix-Morand suivait la course devant la télé, sans le son, cartes et encyclopédies à portée de main. Et se déplaçait avec entrain si le peloton passait dans ses parages vallonnés. Il racontait que le Tour de France « dévoile une part très intime de chacun de nous, une nostalgie d'enfance, une pulsion de voyage, nourrit une passion estivale qui dit beaucoup de l'étrangeté du Français ».

Pour Tour de France 2022 , Jean-Louis Murat avait sélectionné des titres captés à Aurillac, Paris, Beauvais, Cholet... À chaque fois dans une version revisitée du morceau original pour chasser la lassitude et bousculer le fan, dans une veine très Neil Young. S'y mêlent des chansons récentes et des classiques tel l'envoûtant Taormina. Plus un inédit, Hello you. C. L.

 

 

- La chronique en forme de Best of musical de B. DICALE:

 

https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ces-chansons-qui-font-l-actu/jean-louis-murat-retrouvailles-posthumes_7992995.html

Ces chansons qui font l'actu Bertrand Dicale Le samedi à 18h23, 20h53 et 23h55, le dimanche à 17h23, 19h23, 21h23 et 23h23

L'album "Tour de France 2022", enregistré en public, vient de sortir. L'occasion de revenir sur une trajectoire d'artiste d'une opiniâtre liberté. 

Nous sommes en 2022, quelque part en France, à un concert de Jean-Louis Murat. Avec lui, son très fidèle pianiste Denis Clavaizolle, le fils de celui-ci, Yann Clavaizolle à la batterie et Fred Jimenez à la basse. "Marylin et Marianne" est une chanson de l’album La Vraie de vie de Buck John, paru l’année précédente, qu’il emmène en tournée.

Ces concerts forment la matière de l’album Tour de France 2022, album live et posthume qui vient de sortir – son sixième album live pour une trentaine d’albums en une quarantaine d’années avant sa mort soudaine le 25 mai 2023.

 

- Et on peut retrouver une belle et  Longue interview de Frank LORIOU chez Froggy par l'ami Sy!

https://www.froggydelight.com/article-29442-Frank_Loriou.html

Un court extrait:

C’est de là que vient l’idée du livre, avec l’envie d’en parler ?

Frank Loriou : Ce n’est pas que j'avais envie d'en parler, j’ai vu une peine immense que la disparition de Jean-Louis Murat a causée évidemment chez moi, mais aussi chez tous ceux qui l'aimaient et qui l'écoutaient, un vrai choc. Et je me suis dit : mes disques durs sont pleins d'images que personne n'a jamais vues et ne verra jamais. Et je trouvais ça injuste d'être le seul à les avoir. Et puis il y a beaucoup de gens qui sont venus vers moi pour acheter des tirages photos, mais tout le monde n'avait pas les moyens d'acheter des tirages photos, ça coûte cher un tirage d'art.

C'était aussi une manière de partager avec tous, qu’il n’y ait pas un élitisme, qu’il y ait une forme de justice et que quels que soient les moyens qu'on a, on peut retrouver un livre accessible, c'est cher 38 € mais ce n’est pas très cher pour 200 pages couleurs.

Il n’y a pas ton nom sur la couverture, pourquoi ?

Frank Loriou : C’est volontaire évidemment, c'est pour ça que j'étais gêné par ta remarque tout à l'heure où tu disais que je parle de moi parce que justement, je veux parler surtout de Jean-Louis quand même et donc c'est venu extrêmement naturellement, ce n’était pas important pour moi d'avoir mon nom sur la couverture, pas du tout.

Cependant, c'était important et beaucoup plus beau parce que je ne voulais pas rivaliser avec lui. En fait, je suis surpris parce que dans les articles de presse, je vois ma photo en grand et je suis très surpris de ça et même parfois un peu gêné parce que j'ai envie qu'on voit du Jean-Louis Murat en grand partout.

Au départ, je voulais faire ce que j'appelle un hommage silencieux. Je voulais faire un livre avec que des images, pas de texte du tout et on aurait ouvert et ça aurait été un long silence et juste des photos de Jean-Louis Murat qui défilaient comme elles sont organisées dans le livre.

Puis je me suis dit que c'était dommage de ne pas partager aussi toutes les petites choses qu'on avait vécues et qui pour moi étaient quand même une forme de normalité. C'est parce que je travaille avec beaucoup d'artistes, donc c’est un peu notre quotidien, c'est un peu les cuisines et donc je me suis dit que tout ça c'était aussi très précieux pour moi et pour les gens.

J'avais aussi envie de raconter le Jean-Louis Murat que j'ai connu vraiment et donc j'ai écrit ce texte et c'est devenu un livre moins silencieux. C'est la première fois que je publie un texte que j’ai écrit, j'ai gardé la structure initiale mais avec une part où je raconte et une autre part avec les photos. Je n’aime pas les photos avec des légendes, il y a des légendes qui enlèvent la poésie d'une image et puis la photo est belle et le gars a mis un titre complètement absurde, ça casse tout.

et ailleurs: 

Frank Loriou : Les chansons de Jean-Louis, ce sont un peu des nouvelles, un disque, un recueil de nouvelles. Il y a une chanson, c'est "Robinson" sur Tobogan, il dit : apprends à t'orienter de jour, apprends à t'orienter de nuit. C'est un morceau qui me bouleverse.

Je n’en ai jamais parlé à personne, peut-être que personne ne l’a remarqué ce morceau, ou peut-être que plein de gens se disent : moi aussi ça me bouleverse. Il y a plein de petits trésors. C’est pour ça qu’une écoute d'un album de Jean-Louis, ce n’est pas une musique d'ambiance. Chaque morceau est un petit univers avec un langage, des personnages, des codes, des mystères.

Je pense que tous ces gens qui sont venus vers moi avec émotion, c'est parce qu’ils ont trouvé dans des petites chansons des trésors qui leur ont parlé de leur vie et tout cette part d'universel, c'est ça aussi Murat.

Aujourd'hui, il nous manque, mais ses albums nous manquent aussi. On avait l'habitude d'avoir tous les ans un album qui arrivait et aujourd'hui on ne l'a plus. On est orphelin de sa musique, de ses chansons et de ce qu'il nous disait dans ses chansons et de ses mots. Il y avait cette générosité. Quand on dit parfois qu’il gérait son image, mais il ne gérait rien du tout. Non, il vivait aussi au jour le jour, il aimait créer et justement il ne calculait pas. Quand on démarrait, on ne savait pas ce qu'on allait faire, on n’était pas en train de penser une stratégie. Il était libre et il est resté libre jusqu'au bout.

 

 - Et on termine par un article de BENZINE sur le livre de Cédric Barré:

Je vous invite bien-sûr à le lire avec facilité in situ :

https://www.benzinemag.net/2026/05/25/french-lynx-murat/

[Essai] « French Lynx – Murat de A à Z » de Cédric Barré : Murat is Alive (suite)

25 mai 2026 Jérôme Barbarossa 7

Benzine honore la mémoire de Jean-Louis Murat, disparu il y a 3 ans. Zoom sur l’abécédaire ludique de Cédric Barré, sorte de portrait chinois de « l’Animal »…

Trois ans après sa disparition, le bluesman auvergnat est célébré de diverses façons, notamment par la sortie très récente de French Lynx – Murat de A à Z, ouvrage de Cédric Barré, directeur des affaires culturelles de la ville de Laon, musicien lui-même et spécialiste de JLM (et entre autres rédacteur à Magic ! R.P.M. et Mowno). Un deuxième livre en deux ans sur le « Bougnat » après son étude approfondie du Moujik et sa femme.

Une nouvelle réussite, dans le genre plus ludique de l’abécédaire, qui propose une biographie déguisée, oblique, par le prisme de thèmes fondateurs, sujets de prédilection ou détestation, anecdotes et collaborations marquantes de l’individu et de l’artiste complexes Murat. Un clin d’œil pertinent quand on sait que le Larousse fut longtemps le livre de chevet de Murat, sa découverte à l’âge de 9 ans lui ayant ouvert un monde insoupçonné. « Ce livre n’est ni un continuum journalistique, ni une thèse appliquée. Il s’agit d’un abécédaire, non exhaustif mais de cœur. En grande partie, ce que j’aurais voulu savoir sur Jean-Louis Murat sans oser le lui demander. Cédric Barré est sans aucun doute un des gardiens précieux de la flamme muratienne » explique Florent Marchet, autre gardien précieux du temple, dans la belle et longue préface de l’ouvrage.

French Lynx est ainsi une occasion d’explorer ou d’approfondir sa connaissance du territoire muratien, d’une traite ou en papillonnant selon les envies au long de la centaine d’entrées, de « Animal » à « Zimmerman ». On y sourit, on s’émeut, on retrouve des envolées ou des énervements, en découvre d’autres. Au menu, entre autres, Camille, Leonard Cohen, Denis Clavaizolle, Clara, ses passions du vélo et du football, Tony Joe White, Neil Young inévitablement, Bayon et Bernard Lenoir, le Groënland, Ferré et Farmer, l’Auvergne et le cinéma, les femmes de sa vie, Marie Audigier et Laure Desbruères, et plus généralement son rapport aux femmes, à l’érotisme et sexe, si présent dans ses textes… Et on y parle aussi, bien sûr, de live, et du rapport complexe évolutif à la scène depuis ses débuts contrariés en première partie de CharlElie Couture. Un éclairage pertinent au moment où est enfin publié le live de sa dernière tournée, Tour de France 2022.

Cédric Barré rappelle cette déclaration de 1996 à Mofo : « Le public, c’est un gros fainéant, super-décevant. Moi, quand j’assiste à un concert, je déteste qu’on me refasse le disque. J’adore aller voir des nouveaux groupes que je ne connais pas. Le public, il paie 150 balles et il veut entendre l’album. J’ai jamais compris pourquoi il me faisait la tronche parce que je chantais des inédits ou des versions différentes de chansons qu’il connaissait déjà ! » Mais, de fait, après de premières expériences difficiles, « le Brenoï » y prend goût, prenant un soin parfois maniaque à préparer certaines tournées, et des enregistrements parfois associés. Avec un art du contre-pied consommé. Le meilleur exemple en reste la tournée de Mustango, album si organique, enregistré à Tucson avec les musiciens de Calexico et d’Elysian Fields, qui aura une déclinaison électronique sur scène ! Murat avait dû composer avec l’absence des musiciens ayant enregistré l’album, et décidé de proposer une expérience totalement différente à son public. Un choix risqué, clivant, restant toutefois raccord avec ses débuts plus marqués par les machines (déjà gérées par Clavaizolle, sorcier clermontois du son). Une expérience qui m’avait personnellement déstabilisé lors d’une soirée au Trianon que je ne suis pas près d’oublier, et dont je comprends mieux désormais la richesse ludique, mais aussi tout le travail artistique à l’œuvre, que l’on peut entendre sur le live alors publié (Muragostang). Trente ans après, le verdict de l’histoire donne raison à l’Auvergnat : Mustango, reste un album de chevet et le chef d’œuvre de cette discographie — dont Florent Marchet, qui le souligne dans la préface — et Muragostang est un OVNI génial, inclassable, un autre album très réussi à part entière.

Résultat des courses, ce constat résumé dans une citation connue de JLM dans la Libre Belgique, rappelée par Cédric Barré : « Ouais, j’suis devenu accro. Moi qui passais mon temps à dire : ‘la scène c’est de la merde, j’veux pas en faire’. Quel con ! Non, mais les années passant, je trouve que ce qu’il y a de mieux dans mon job c’est la scène. Chaque fois que je compose une chanson je pense tout de suite au concert. J’adore être sur scène, capter l’attention des gens. C’est une vraie révélation pour moi ». Pas au point d’être totalement vacciné, puisqu’il écourtera par exemple la tournée du Moujik et sa femme, ne se sentant pas bien avec son groupe, et mettra un certain temps à trouver sa formule idéale, souvent en power trio avec Stéphane Reynaud et Fred Jimenez, comme le rappelle Barré. Ce parcours de labeur, fait de de virages, nids-de poule et travaux sur la nationale du « live », pour préparer l’épreuve de la réception en direct de son œuvre par son public est en tout cas une raison de plus pour écouter ce Tour de France 2022 aujourd’hui édité.

 

 

LE LIEN EN PLUS

Le camarade Gregoire Bouillier a sorti un livre sur Arsène Lupin, et son podcast avec Radio France dans lequel François Morel rend honneur au style et à la fantaisie de l'auteur de son texte.  Grégoire a réussi à placer le nom de  Murat rapidement dans le livre!  : "Le primesaut est ce qui s'oppose au cafard qui, comme le chante Jean-Louis Murat, fait un carnage chez les colibris"...  (pp 196-197).  

On peut aller le rencontrer à Périgueux et même casser la croûte!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022, #bibliographie

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Publié le 28 Mai 2026

Je devrais publier un article "promo" sur "Tour de France 2022" mais j'ai été distrait!

Merci à l'amie Véronique qui m'a signalé un podcast, qui nous permet de retrouver un camarade multiplement croisé, que ce soit lors d'une soirée en commun avec Nesles, avec Baptiste Vignol sur son petit livre sur les chansons sur Johnny, ou illustrant le "Française de Pop" de Christophe Conte... et surtout pour avoir croisé, croqué Jean-Louis Murat dans le RING-deezer disponible sur youtube.... et j'ai oublié quelque chose... mais quoi... Ah oui! Vous dire qu'il s'agit de Charles Berberian, le dessinateur scénariste,  peintre et musicien. 

Et dans ce podcast, il nous offre une chanson, une reprise, qui m'a beaucoup touché... et son petit mot ensuite pour l'expliquer l'est tout autant, touchant, car il indique que quand l'angoisse le prend les nuits d'insomnie, il se récite ce texte...   

Je me suis permis d'en faire une petite vidéo, avec des images de son face à face avec Murat et des dessins qu'il a signé de Jean-Louis, et son petit propos a été ajouté à la fin.

Podcast disponible sur youtube et autres plateformes, et l'appli Radio France.

https://www.youtube.com/watch?v=SUdsrbPk7AM&list=PLXwdR7CVwCFtEbHARjTKwD8sWdVD5rtMj&index=2&t=2401s

Quitter sans partir, c’est l’histoire de nos vies ballotées entre les avions, les passeports, les années qui passent et ces pays qui restent en nous. Ni d’ici, ni d’ailleurs, ou peut-être un petit peu des deux ?  Ce cinquième épisode de « L’Orient-La Nuit », le podcast de « L’Orient-Le Jour » est consacré à ceux qui échappent aux étiquettes et habitent un entre-deux.  Nous quittons exceptionnellement Beyrouth pour accoster à Saint-Malo pour le festival Étonnants Voyageurs, dont le Liban est l’invité d’honneur.  Stéphanie Khouri reçoit l’écrivain Selim Nassib et le dessinateur Charles Berberian. Deux invités dont les parcours traversent les frontières, les langues et les mémoires, entre attachement au Liban, vie ailleurs et identité plurielle. Selim Nassib est issu d’une famille juive libanaise d’origine syrienne. Il vit en France depuis le début des années 70. Quant à Charles Berberian, il est né en Irak d'un père arménien et d'une mère grecque-chypriote. Il passe sa jeunesse au Liban avant de partir pour la France.  À une époque où les identités se crispent et où les frontières se ferment, que signifie avoir plusieurs patries ? Comment apprend-on à vivre entre plusieurs rives, plusieurs histoires, plusieurs « chez-soi » ?  Une conversation sur la transmission, le déracinement, les fidélités invisibles et cette manière singulière qu’ont certains destins de faire de l’entre-deux non pas une perte, mais un lieu de vie. Musique : Charles Berberian reprend « L’Ange déchu » de Jean-Louis Murat, interprète des extraits de « Ring them bells » de Bob Dylan et des extraits de « Avalanche » de Leonard Cohen.  Nos invités : 

  • Selim Nassib, écrivain

  • Charles Berberian, dessinateur

Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak et Paul Victor Schoucair 

 

A très vite !

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #divers- liens-autres

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Publié le 25 Mai 2026

Un temps prévu chez Wagram, la pré-écoute du disque a finalement eu lieu dans les locaux de Wise Music France (premieremusic.fr/), la maison d'édition des oeuvres de Jean-Louis Murat (on parlait de la vente du fond ).  Dans les beaux quartiers, il faut se hisser par l'escalier quasi-monumental pour arriver dans les bureaux, une grande pièce a été vidée pour l'occasion. 

La jauge était de 40 personnes et beaucoup de têtes connues...  dont la surprise de voir les suisses Marc Aymon et Milla, invités du dernier Week-end Murat, yes sir! Je propose aussitôt qu'ils nous improvisent une petite chanson pour finir...  

Arrivé un peu juste, je serai fidèle à ma réputation de grand vidéaste*... en n'installant pas de trépied, et en confiant la caméra à une personne qui offrira un beau contre jour... mais pour une fois, la carte mémoire a suffisamment de capacité et la batterie tiendra. Naturellement, il faudra aussi tendre l'oreille et une écoute au casque est conseillé. (*je pense surtout à mon expérience malheureuse  au Toboggan de Décines)!  

On commence par un mot d'accueil de Thomas Jamois. 

Je vais en profiter pour donner quelques éléments biographiques trouvés sur internet puisqu'il devient un personne centrale pour faire vivre l'oeuvre de JL Murat: Formé au marketing chez VIRGIN FRANCE puis gérant du label et des éditions TRICATEL aux côtés de Bertrand Burgalat, il fut directeur des Editions musicales et de la synchronisation au sein de la société NAÏVE jusqu’en 2010 (Cela lui a donné l’occasion de collaborer étroitement avec les plus grands compositeurs français : Alexandre Desplat, Bruno Coulais, Gabriel Yared, Michel Legrand)  avant de monter sa propre société d’édition VELVETICA. Il est désormais Managing Director de Wise Music Group où il a une expérience de la gestion patrimoniale d'un catalogue (Becaud, Salvador notamment- ils ont aussi Bashung). Dans sa carrière d'une trentaine d'années, il a supervisé l’administration et la sous-édition pour des artistes et labels de renom (Lomepal, Phoenix, Caravan Palace, Muse, Asa, Michel Houellebecq, Moriarty, Claire Diterzi, Alex Beaupain…). 

 

https://wisemusiccreative.com/fr/writers/jean-louis-murat/

Cette première vidéo s'arrête quand Marie Audigier me demande d'intervenir sur le choix des titres. J'ai fait très bref, mais mon choix a été de faire écouter :  

Où Geronimo rêvait  : Pour représenter les titres plus récents et celui-ci  a été peu joué sur la tournée

Taormina  : parce que c'est un  grand morceau de fin de concert avec Les Jours du jaguar, Extraordinaire voudou, même s'il n'a pas joué ce rôle-là en 2022. 

La pharmacienne d’Yvetot, Le chemin des poneys et Frankie, car l'interprétation et l'ambiance sont magnifiques et je pense que ces chansons étaient plus à même de toucher l'assistance. Hello you ayant été diffusé dans la journée sur les plateformes, elle n'était plus inédite, mais fait partie de mes préférés du disque. Le fait que ce soit les titres les plus longs n'est pas un hasard, c'est ce que j'aime en concert. 

J'ai regardé l'assistance pendant la session et c'était très émouvant de "voir cette [qualité d'] écoute",  voir cette concentration, chez Nesles ou Christophe, l'émotion de Samuel et de Florence et de quelques autres, les yeux fermés d'autres pour se plonger en concert...

 

[oups, en fait, dans les vidéos, il manque quelques présentations effectuées par Marie: les personnes de la maison de disque Cinq7 (Alain Gac, Pauline Dageville et Stéphane Vérité qui a assuré la vente des disques...), le webmaster depuis 17 ans (JB Serres), Fabienne Azzaro, "fan numéro 2" selon Jean-Louis lui-même, celle qui a travaillé avec Jean-Louis sur une ou deux tournées (on peut la connaître par le fait qu'elle encadrait les séances dédicace de fin de concert). J'apprends que c'est grace à Jean-Louis qu'elle s'est professionnalisée dans la musique. Elle travaille maintenant au FAIR (fonds d'action et d'initiative rock). La veille à Rouen devait être présent "Fan n°1" (toujours selon Murat), de son prénom Stéphane, une personne discrète mais qui s'était fait repérer par JL  (on parlait dans le dernier article de ceux qui ont des histoires intimes avec Jean-Louis, en voilà donc deux de plus).  Il manque aussi un court propos de Frank Loriou sur la pochette, en voici l'audio où on entend son émotion finale:

 

La vidéo commence quand il parle de l'expo à St-Malo, vient ensuite quelques questions au si adorable Fred Jimenez et à Justine. 

(c'est peu audible, mais en me rendant sur Paris, j'ai essayé de compter le nombre de concert de Fred avec Murat, et c'est sans doute plus de 200 - J'avais atteint 260 mais  j'ai oublié de retirer ses remplacements par David Fangione et Christophe Minck). 

[J'ai un autre souvenir marquant avec Justine, c'est sa prise de parole en l'église d'Orcival. J'ai fait le choix de ne pas en parler dans mon article de l'époque pour ne pas faire du Paris Match, mais je l'ai toujours gardée en mémoire et cette sincérité m'a influencé par la suite.  La discussion que j'ai eue encore en privé après avec Fred me fait garder le même cap]. 

 

- Ensuite,   Marie présente Alain Artaud, on en a souvent parlé ici (dès 2011), Florence Beauville, Stéphanie Giraud (époque Virgin- j'ai une interview sous le coude!). Et lit un texte de Pascal Aznar qui était à la promo télé avant d'être le directeur de la com à Canal+ (vous le trouverez le texte ci-dessous). Guillaume Depagne, le dernier manageur est intervenu ensuite sur l'idée du live, la dernière date en 2023, le Best of qu'il avait accepté ("confiant la sélection des titres à Jean-Luc Marre de Pias en qui il avait toute confiance"), de l'album qui était en préparation [hors-vidéo]. Il y a ensuite Olivier NUC qui indique qu'il doit beaucoup à Murat, puis Nesles pour sa belle initiative  (meme si j ai un peu trouvé qu'il oubliait qu'il y a eu d'autres initiatives pour chanter du Murat: tribute band et soirées hommage). Et on a terminé par l'éditeur... qui était là à Benicassim lors de la rencontre entre Murat et Fred... et Houellebecq.  Il cite l'intelligence artificielle comme un des éléments qui pourra intervenir dans la gestion de l’œuvre... 

 

Le texte de Pascal Aznar:

La meilleure façon de boucler La Grande Boucle

avec cet album live intitulé "Le Tour de France de Murat".

La mythologie du cyclisme a régulièrement été représentée dans l'oeuvre de Jean-Louis Murat : les titres "Le champion espagnol" ou plus récemment "Les Molteni" en témoignent. Pour le film de Pascale Bailly "Mademoiselle Personne" avec Elodie Bouchez, il avait parcouru quelques étapes de sa tournée sur son Pinarello de meilleur grimpeur. On repense à cette réunion dans le bureau d'Emmanuel de Buretel avec son potentiel tourneur et ses cheffes de projet pour le convaincre de tourner et accompagner la sortie de Venus. Au bout d'une discussion très longue et assez animée, JLM finit par lâcher "OK si je joue dans des villes traversées par le Tour de France de 1952 remporté par Fausto Coppi (avec un passage au col de la Croix Morand)". J'ai bien senti que j'étais le seul à avoir la référence autour de la table et suis parti dans un fou rire. Je me souviens que cette tournée passait donc parfois par des villes qui n'avaient ni théâtre, ni salle des fêtes et que Denis et Christophe Dupouy dépensaient beaucoup d'énergie à essayer de limiter les dégâts soniques d'un gymnase en structure métallique avec une hauteur de plafond digne des Wembanyama locaux. Ce fut finalement assez conforme avec le son brut que Murat avait imposé pour cette tournée. Plus tard, Jean-Louis me fit faire la descente de La Bourboule où Stephen Roche s'imposa dans le Tour de 1992. Aujourd'hui il repose en paix à quelques mètres de la ligne d'arrivée en attendant le prochain peloton. La Grande Boucle est bouclée.

Bises Pascal Aznar

 

Et on termine par la prestation de MILLA :

En y repensant, c'était vraiment beau cette petite réunion de famille mixant ceux qui ont travaillé avec Jean-Louis, pour certains à partir de 1989 -dois-je encore préciser que cela montre bien que collaborer avec lui n'était pas si abominable que ça, ce que m'a confirmé Fred ensuite qui réfute absolument le fait que Murat l'ait engueulé lors d'un concert, même  une seule fois!),  le cercle professionnel plus récent mais qui continue d’œuvrer et les fans qui ont aussi une connaissance intime du chanteur. Le temps était hélas un peu limité pour la discussion publique du fait du showcase qui a suivi, mais les échanges ont pu se poursuivre et nous avons pu profiter d'un joli buffet et de boissons jusqu'assez tard dans la nuit, et des talentueux Lichen (Michael Clark, fils de Gavin Clark, auteur-compositeur basé dans le sud de Londres) et la new soul  de  Ngaiire, originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée et basée en Australie. Et vu qu'on est chez leur éditeur, il a été souligné qu'on a entendu leur musique dans plusieurs séries et films internationaux!

Un grand merci  aux trois, quatre personnes qui se sont adressés à moi pour me remercier  pour le blog ou le week-end Murat, yes sir!  Ca rebooste pour un petit tour... 

 

Allez, en petit bonus, en audio : une petite anecdote donnée à Rouen par Mathieu Pigné de la maison Tellier.

merci à Marie pour les photos ci-dessous et pour tout le reste!

La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images
La soirée parisienne "pré-écoute" du "Tour de France 2022" du 20 mai 2026, en images

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

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Publié le 24 Mai 2026

bonsoir,

Est-ce que j'écris que ça fait un peu bizarre de se retrouver en mode "période promo"? (vu que je suis dans le train du retour, j'ai le temps de causer...). 

Bon, des "promo" post-2023, on en a vécu, avec les livres, les événements mais là, un disque...  Les amateurs l'ont attendu si longtemps : 4 ans et demi (sortie de La vraie vie de Buck john en octobre 2021), une éternité. On peut donc comprendre l'enthousiasme des fans qui ont enfin la possibilité de se mettre du neuf sous la dent, entre les oreilles, dans les neurones. Oui, ce n'est qu'un live, mais Jean-Louis faisait désormais des disques pour être sur scène et ce témoignage-là est essentiel pour montrer que Jean-Louis Murat n'est pas le cliché du chanteur neurasthénique et dépressif mais un musicien heureux de faire vibrer une salle sur des rythmes électriques... même si on retrouve aussi le chanteur au tempo plus lent et à la voix de velours (magistral Pharmacienne d'Yvetot, Frankie et le chemin des poneys), avec l'inédit hello you qui mixe les deux en guise de symbole de sa musique. Reste que, oui, ça fait drôle de ne pas avoir quelques  bons mots, un petit storytelling de derrière les fagots (même si le "Tour de France" cycliste est sa dernière petite astuce)... Je sais très bien que beaucoup en ont marre d'avoir passé trois ans à écouter les autres parler de Murat, et ne veulent  pas lire les ouvrages qui sortent, mais il faut bien s'y résoudre... ou tout simplement, s'enfermer avec ce disque.

Je restituerai l'événement parisien un peu plus tard, et en attendant les autres actualités :

 

1)   JEUDI  21 Mai à  13h30, Marie Audigier et Denis Clavaizolle étaient sur France Inter:

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-13-14/le-13-14-du-jeudi-21-mai-2026-3844679

 

Denis explique la genèse du projet (notamment l'essai qu'avait constitué la session live 7 titres), et l'idée que Jean-Louis avait eue de faire une sélection des meilleures versions (Denis était chargé de lui faire des propositions). On apprend ainsi que c'est Jean-Louis qui a choisi les versions qui sont sur le disque, par exemple en préférant un titre joué à Caluire plutôt qu'au Trianon. On n'en saura pas plus sur les crédits car on nous dit que Denis a égaré le papier sur lequel il avait noté la sélection finale. Cela offre l'avantage de justifier le titre "Tour de France" et cela me plait assez d'imaginer qu'on entend le Silex d'Auxerre, qui était un peu vide mais un fantastique concert, ou les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu, et pas seulement le Trianon, enfiévré et plein comme un œuf -j'étais sur un strapontin ! (Marie Audigier indique qu'elle a été marqué ce soir-là par la qualité d'écoute quasi "religieuse" du public)

Il est aussi question du choix du titre et du cyclisme, on y reviendra. Vu que des questions du public sont prises, on a droit à l'arlésienne d'un disque d'inédits. Et Denis confirme qu'il y a de la matière... même si je pense qu'il y a beaucoup d'inédits qui ont déjà été dévoilés de droite et de gauche, et que l'on retrouve aujourd'hui sur les (you)-"tubes". 

Gaspard le dernier fils de Jean-Louis est également nommé (c'est lui qui a fait découvrir Kendrick Lamar à son père et il a été également dit qu'il discutait avec son père des concerts à son retour). Cette sortie est pour lui et sa soeur l'occasion d'enfin parler (lors des pré-écoutes). Je suis heureux qu'ils le fassent, même s'ils accordent à Marie Audigier toute leur confiance pour continuer à faire vivre l’œuvre de Jean-Louis Murat. Marie indique, comme je l'ai beaucoup dit, que cela passera sans doute avec des interprètes ou le travail d'éditeur pour que la musique de Jean-Louis apparaisse dans des films et des séries et parvienne à des oreilles vierges. (Si je ne crois pas qu'on le placera dans un nouveau Stranger things comme Kate Bush, j'ai en tête Manset :  Léopoldine (Hummel) et Maxime Kerzanet ne connaissaient rien de lui, le générique d'Holly Motors a été un choc, et ils ont ensuite créé un très beau spectacle qui a été joué pendant plusieurs années partout en France).  Dernier petit commentaire : alors qu'il est question des textes de JL Murat, Marie parle de construction de chanson comme des "cartes mentales" et qu'elle ne sait pas ce qu'il a pu susciter "la pharmacienne d'Yvetot"... On a quand même quelques pistes : Annie Ernaux ou l'empathie du chanteur pour certaines fans - En plus du texte, pour l'une, un message sur un répondeur en témoigne  -. 

A ce sujet, même si certains fans sont viscéralement attachés à Jean-Louis  seulement par l'écoute de ses disques, considérant même qu'il y a là une histoire personnelle et particulière, d'autres ont des histoires plus concrètes qui les relient à lui.  Par exemple, Arthur rencontré mercredi.  Mais il me faut remonter à ma rencontre   avec  Valli lors d'un spectacle avec Chamfort en 2025 (je n'avais pas eu l'occasion d'en parler encore). Interrogé sur son lien avec Murat, elle m'a raconté une anecdote:  lors d'un concert sur Inter (2019), un salarié d'Inter était venu avec sa fille qui souffre d'un handicap, et elle se rappelle que Jean-Louis avait tout de suite compris, avait pris sous son aile l'enfant et avait été adorable avec elle.  Et bien, cette enfant devenue grande était là mercredi, très émue à l'écoute du disque... et son papa nous a répété l'anecdote en nous montrant des photos de ce moment.   Bon, ceci aurait pu figurer dans mon compte-rendu futur de la soirée mercredi, mais soit. On cause, on cause et on déborde.

Un article du site 7 jours à Clermont est aussi disponible mais qui reprend les infos données sur France Inter. 

 

 

2)  Vu que le camarade Jean-Charles n'a pas pu se libérer pour la Coopérative, j'ai joué le pompier de service pour parler du disque sur les ondes de Radio Totem pour sa sortie (deux montages différents pour les journaux du Puy-de-Dôme du matin le 22 mai).  Une retranscription est sur le site:

https://www.radiototem.net/tour-de-france-2022-l-album-qui-redonne-vie-a-jean-louis-murat

Tour de France 2022 (Cinq7/Wagram) sort ce 22 mai 2026

Tour de France 2022 a été enregistré durant la dernière tournée de l‘artiste auvergnat. 14 titres sélectionnés au gré des concerts, figurent sur cet album, dont un inédit « Hello You » déjà sorti en single ce printemps. Toutes les dates avaient été méticuleusement enregistrées et Murat et ses complices ont eu le choix du roi pour en garder les meilleurs morceaux.  Jean-Louis Murat s’était produit une bonne partie de cette tournée en quatuor, accompagné de deux compagnons de longue date :  Fred Jimenez qui a aussi été bassiste de Johnny Hallyday, et Denis Clavaizolle, fidèle des premiers succès (mais pas seulement) et à qui on doit notamment les synthés de l’album Cheyenne Autumn (1989) ou du Col de la Croix-Morand (1991). Il faut y ajouter son propre fils à la batterie, Yann Clavaizolle. Rien que ce line-up représente un beau symbole de quasiment toute la carrière de l’artiste auvergnat. Et tous ont plusieurs fois répété le bonheur qu’ils avaient eu à jouer ensemble sur scène lors de cette tournée.

"Ce live met vraiment le tempo à l'honneur"

  Pierre V. est le fondateur du blog de référence « Surjeanlouismurat.com ». Il se réjouit de la sortie de ce disque : « c’est chouette et important d’avoir une trace discographique de cette dernière tournée ».  Lui qui a assisté à plusieurs dates (7, quand on aime, on ne compte pas) , a aussi eu le privilège d’entendre ce disque en avant-première. Premier verdict, il est fidèle à ce qu’il a vu sur scène. C’est à dire un set rythmé : « Jean-Louis parlait beaucoup de sa règle des 3T : tonalité, tempo et « tructure » pour la petite blague…  Ce live met vraiment à l'honneur le tempo et c'est vraiment quelque chose que j'apprécie chez Murat… Même si effectivement il ne fait pas de la musique forcément très dansante ».

Ses derniers albums, davantage tournés vers l’électro et la soul, avaient fait mentir cette image. « Pour les gens qui ne le connaissent pas, on a effectivement un peu cette image de musique dépressive, etc…  mais il y a quand même toujours pour moi, même dans les morceaux un peu plus lents, quelque chose qui donne envie de taper du pied. Et là, on met vraiment à l'honneur aussi ce côté groove des titres du dernier album (La Vraie Vie de Buck John), mais aussi des précédents, Il Francese, Baby Love… Des titres très influencés par la musique américaine, soul, black... »

Murat le guitar hero 

Au-delà de la joie qu’ont eu les quatre compères de tourner ensemble, il y avait aussi le sentiment de livrer peut-être les meilleures versions du répertoire de Murat interprété sur scène.

Pour Pierre V., cette tournée (et ce disque) ont effectivement plusieurs forces : « déjà, le clavier. C'est vrai que par rapport à pas mal de tournées où ils ont tourné à 3,  la fameuse formule du power trio, avec Fred Jimenez et Stéphane Reynaud notamment (sur une bonne partie des tournées de l’artiste à partir de 2002), ça offre aussi une richesse d'orchestration.

Les claviers de Denis, mais aussi la basse de Fred Jimenez, ça permet aussi à Jean-Louis de se concentrer sur son interprétation, son jeu de guitare…. Et toute personne qui a vu Murat sur scène, sait que c’est un de ses atouts. «  C'est quand même presque un guitar hero pour nous qui l'avons beaucoup vu jouer »…

On retrouve aussi le Murat plus lent, davantage interprète, que certains apprécient plus. « Aux sessions de découvertes de l’album (organisées ces derniers jours à Rouen, à la Coopé de Mai à Clermont-Ferrand et à Paris) , les yeux étaient humides à l’écoute de certains titres comme La Pharmacienne d’Yvetot, Frankie, le Chemin des Poneys »…

Et puis il y a les chœurs, masculins forcément, « ce qui n’est pas sans rappeler l’album Grand Lièvre, ils avaient fait parler à l’époque «  (2011). Ils sont très importants dans ces versions et font partie de la soul music. C’est une petite richesse supplémentaire sur ce disque …».

 

Comme d'habitude, je ne suis pas particulièrement satisfait de mes propos, mis à part le fait que je parle de la musique, et pas des textes qui sont souvent mis en avant ! C'est bien que cette sortie de disque en soit l'occasion... avant que le recueil que j'ai annoncé depuis plusieurs semaines sorte (on a appris que c'est Eric Reinhardt, annoncé comme postfacier, qui en est le maître  d’œuvre). 

Podcast pour le journal de 8 heures (passage en fin du journal)

 

3)  Au moment de réaliser la pochette, le seul matériel disponible sur la tournée était des vidéos de la fille de Denis Clavaizolle, mais l'objet est quand même plutôt réussi, sous la houlette de Frank Loriou. Le  livret qui est collé donne une petite touche d'originalité à l'objet. Il y figure,  outre un mot de Denis, c'est une petite surprise de découvrir un mot de Laure Desbruères. Au-delà des remerciements de circonstance, il s'agit de clôturer l'histoire de Scarlett qui "devait" contractuellement encore un album à Cinq7. Le texte qu'elle a publié hier sur les réseaux est un peu plus personnel et touchant, le voici :

 

Il est sorti aujourd’hui ton Tour de France 2022, tu serais heureux ! Il est comme tu le voulais avec Denis, avec ton titre. On s’est battu, Denis le premier et tu peux le féliciter tu sais ! On s’est battu vaillamment et mes premières pensées vont à Guillaume Depagne parce que ça n’a jamais été aussi difficile (et je n’oublierai pas cet été 2025), aux enfants, à mes proches qui supportent hélas tout ça au quotidien, et à Marie Audigier qui a pris le relais et qui est si courageuse...
Quand je t’ai rencontré en 1994, tu me disais : « Je ne monterai plus sur scène, ça ne m’intéresse pas ». Tu sortais exsangue de la tournée Vénus... Presque trente ans de collaboration plus tard, tu m’as dit : « Je fais des disques pour aller sur scène ! » Travailler avec toi, c’était accepter les contradictions, les coups de gueule, les abandons intempestifs mais surtout la créativité débordante, l’adaptation, la précision maniaque, la patience de l’artisan. Je n’ai fait que servir au mieux cette intelligence-là et Scarlett Productions Éditions, créé par Marie en 1991, était notre outil pour t’aider à construire cette œuvre monumentale, une petite production indépendante, dans laquelle beaucoup se sont investis et je tenais à les remercier avec ce court générique de fin dans le livret de ce live.
Il y a des oublis forcément, mais qu’importe, il fallait le souligner car tu savais prendre soin de tous ces gens qui t'entouraient, tu savais, toi, que sortir des disques est un travail d’équipe.
Une équipe qui se retrouve derrière ce Tour de France, le dernier disque de Scarlett Productions. Un disque qui est désormais à vous…

 

4 ) Petit article du Figaro, petit car il ne s'agit pas vraiment d'une  chronique du disque: 

Interviews sur France Inter, Radio Totem, Chroniques et le Figaro...

 5)  Et voilà justement deux vraies chroniques :

 

- Pierre ANDRIEU, l'auteur du livre Les jours du jaguar sur concertandco. A LIRE ICI

Extrait : [...] Ce qui frappe à l'écoute du disque, c'est que les versions que l'on y découvre s'éloignent de celles dévoilées devant nous à l'époque. Clairement, Murat n'avait pas oublié sa bonne habitude de changer sa proposition artistique quasiment chaque soir. Cela dit, à l'exception de la très bonne adaptation de "L'arc en ciel" d'Adriano Celentano (qui ne figure pas sur le disque à cause du refus des ayants droits de l'artiste italien), on retrouve un concert classieux conforme à ce que l'on garde en mémoire. Avec de nombreux extraits de La vraie vie de Buck John, souvent supérieurs à leurs versions studio, des titres figurant sur des disques récents, Baby Love et Il Francese, un retour gagnant vers Taormina et Morituri, sans oublier un superbe inédit à double détente, "Hello You". Sur cette perle qui comporte deux (très bonnes) chansons en une seule, on retrouve deux des visages de l'Auvergnat : le songwriter ténébreux poétisant en piano voix, puis le crooner posant ses mots doux sur des instrumentations plus rythmées. On peut retrouver tout cela sur les meilleurs titres de Tour de France 2022 : "La pharmacienne d'Yvetot" (avec son piano enjôleur et son texte à tomber à la renverse), "Frankie" (même tonalité, avec l'ajout d'une guitare à la Neil Young & Crazy Horse), "Taormina" et "Le chemin des poneys" (un duo de titres aux atmosphères plus folk rock, absolument géniaux) ou encore "Ciné Vox" et "La princesse of the cool", ruisselants de sensualité. Et puis le très en jambes JLM enclenche un gros braquet et se lance dans des boogie rock de nature à faire taper du pied ses fans : "Jean Bizarre", "Où Géronimo rêvait", "Montboudif", "Ma babe" ou encore "Battlefield", entre autres. Moins subtil, peut-être, mais tout aussi réjouissant, car Murat n'oublie pas de chanter divinement sur chaque titre. Très à l'aise à ces altitudes peu fréquentées, l'homme semble prendre un pied pas possible au micro, et ses fréquents changements de tempo provoquent des émotions en forme de montagnes russes. Jean-Louis Murat, avant d'être accueilli à bras ouverts par les paysages arvernes qu'il affectionnait tant, avait donc pris soin d'effectuer une dernière série d'étapes victorieuses, dont ce live est un magistral témoignage [...].

 

- Et sur BENZINE, par Jérôme Barbarossa: A LIRE ICI   "un live incendiaire…"

Extrait :  

"[ longue introduction et retour sur la période 2023-2026...]   Le son est cristallin, et, ce qui frappe, c’est que Murat chante particulièrement bien, et de manière si… vivante.

2018 12 10 Jean-Louis Murat Café de la Danse (12)
Jean-Louis Murat au Café de la Danse en 2018 – Photo : ED

Titré Tour de France 2022 en clin d’œil à la passion de JLM pour le cyclisme et la course hexagonale, l’album reflète les setlists de cette tournée, soit un corps d’une quinzaine de chansons utilisées au total. La track-list propose 13 chansons, dont 6 des 12 chansons du dernier album, et un choix parcimonieux dans cette discographie pléthorique piochant dans les tentations italiennes Ciné-Vox (extrait d’Il Francese) et Taormina dans l’album éponyme, ou encore dans les albums récents, Frankie et La pharmacienne d’Yvetot (sur le magnifique Morituri, à redécouvrir), La princesse of the cool et Montboudif (sur le mésestimé Baby Love, album durant le confinement).

Principal cadeau pour les fans, un inédit, Hello You, qui était effectivement joué quasi systématiquement sur cette tournée, et qu’on ne peut écouter aujourd’hui sans être troublé par cette lancinante introduction sur une discrète mélodie piano – guitare : « Je pense à l’envolée / Mais où est-il, mais où est-il ? / Dis, où t’es-tu caché ? / Mais où est-il, mais où est-il / Mais… / Quelque part, dans le bleu des forêts / Mais où est-il ? / Quelque endroit dans la fleur de mai / Mais où est-il / Mais… » Cet inédit s’envole ensuite dans un groove rudimentaire et efficace, qu’il partage avec la plupart des titres ici. Difficile de ne pas être remué par ces versions entraînantes, vivantes, souvent rallongées, des chansons sélectionnées ici. Avec un son d’une clarté intense, le plaisir du jeu de ce quatuor complice — avec les « anciens » Denis Clavaizolle et Fred Jimenez à la basse, renforcés par Yann Clavaizolle, « fils de », à la batterie — transpire de partout, favorisé par le choix éditorial de proposer les « meilleures » versions choisies.

Au global, alors qu’il ne s’agit pas a priori de « très grandes chansons », sauf Taormina, ce choix permet de vérifier la capacité de Murat et de son groupe à transcender ce type de morceaux, en théorie pas inoubliables sur les albums. Car « le Brennoï » a toujours fait ce qu’il voulait sur scène, et ce n’est pas à 72 ans que cela allait changer. Seules réserves, malgré tout, on a toujours un peu de mal à adhérer à Jean Bizarre et La princesse of the cool, qui ouvrent le recueil, que l’on trouve toujours poussives et un peu dans l’auto-caricature muratienne, ou Ma Babe, qui nous semble rester anecdotique, et confirmer que leur auteur n’est pas à son meilleur dans l’usage d’un sabir franglais. Mais comment ne pas s’abandonner aux versions dantesques de Taormina, Où Geronimo rêvait, Chacun sa façon, Battlefield et Frankie, cette dernière étant à notre avis le sommet de cette collection, avec ce piano se mariant parfaitement aux arpèges et aux chœurs des hommes en fusion ? Là, aux confins du rythm’n’blues, du folk et de la soul de ce sud américain si fantasmé, Murat, haletant, embrasé vivant, donne le meilleur de lui-même, même s’il n’a pas toujours été compris par son public dans ses choix pour la scène, aussi bien pour les arrangements que pour les setlists. Et c’est tant mieux, c’est aussi pour cela qu’on l’aimait. Qu’on l’aime.

J'aurais  mentionner "le chemin des poneys" dans les grandes chansons, surtout dans cette version live.

J'en arrête là même si d'autres choses sont arrivées... 

N'HESITEZ PAS A PARTAGER VOTRE AVIS  SUR LE DISQUE en commentaire! 

Je vais maintenant  voir pour restituer la fin d'après midi parisienne le 20/05... 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #2026 Tour de France 2022

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Publié le 20 Mai 2026

Avant de prendre le train pour la session d'écoute sur Paris à 17h30, voici la première chronique de Marion Guilbaud sur Inter avec en exclusivité un large extrait de l'inédit "hello you".... qui vient également de sortir sur toutes les plateformes (par exemple deezer) !! 

C'est une belle chronique notamment via les extraits choisis par Marion dont l'intérêt pour Murat s'était déjà fait connaître sur l'émission "Côté club" notamment. 

Si vous étiez à la Coopérative de Mai hier ou à Rouen, n'hésitez pas à nous raconter ! 

la Montagne: 

Message de Pierre Jean:

Salut,

Suite à la suggestion que tu as faite sur ton blog :

La soirée à la Coopérative valait surtout par les témoignages des invités. Écoute de 4 morceaux seulement, Taormina (le moins convaincant à mon goût), La pharmacienne d’Yvetot, Frankie, Hello you. Cet inédit est pêchu et au carrefour de diverses voies empruntées par JL dans son parcours.

Sur l’estrade Denis, extrêmement ému au début, Laure, Gaspard, le gars de la Coopé, un de Cinq7 Wagram, d’autres dont j’ai pas retenu l’identité. 

Puis Matt, Jérôme, Morgane, les Elysan Fields, un Ranchero (batteur [S. Mikaelian]). Alain n’a pas voulu se joindre à eux. La fille d’Elysan Fields est semble bien "perchée" mais Laure a dit qu’elle avait pas mal de points communs avec JL. Son acolyte a dit que JL était un des hommes les plus sensibles qu’il ait jamais rencontré, et qu’il y avait aussi une agressivité palpable en lui. D’ailleurs il avait giflé un tourneur - ou un gazier de maison de disques. En parlant de gazier, un soir à de concert à Vichy il faisait froid dans la salle, JL a demandé s’ils n’avaient pas le gaz à Vichy…

Bon, les témoignages les plus  intéressants c’était ceux de Denis et de Laure, bien sûr. Même si les lecteurs de ton blog, Pierrot, n’auront rien appris de nouveau ! JL voulait ce disque live de la tournée 2022, dont il était content. Mais il aurait aimé un disque live quasiment après chaque tournée ! Il voyait Gaspard entre les dates et lui disait chaque fois qu’ils s’étaient améliorés depuis les concerts précédents. Laure semblait impliquée ce qui m’a étonné. Denis a répondu aux questions, depuis Cheyenne et Col de la Croix-Morand jusqu’à Tour de France. Impossible de savoir quels soirs ont été enregistrés les 14 titres, Denis a perdu le papier. Au moins 12 concerts différents en tout cas, dont celui de Lyon. 

Ont aussi été évoqués les souvenirs à la Coopé, les concerts caritatifs, et les Rancheros avec surtout des sous-entendus…

Un guitariste de rock reconnu (ayant joué avec les Blues Brothers ??) a félicité JL pour la qualité de son jeu de guitare, ça l’avait profondément réjoui. [Steve Crooper]

Laure a dit que JL tenait un journal intime et que celui-ci est maintenant propriété de ses trois enfants. Elle a remercié Denis et aussi le public qui était si important pour JL (triste quand les salles n’étaient pas pleines). 

Moi une fois de plus j’ai constaté que Denis était d’une importance capitale dans l’œuvre de JL.

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 10 Mai 2026

 

Un petit mot de restitution sur la soirée de mercredi m'est parvenu et j'ai hélas appris le lendemain que ca avait été diffusé en direct (désolé de ne pas l'avoir annoncé).. mais bonne nouvelle, la vidéo reste disponible.

Voici le petit compte-rendu: 

 

 

Nous étions si nombreux ce mercredi soir, lovely hearts, cœurs battants : une salle comble pour Jean-Louis Murat, et la joie d’entendre ses silences attentifs, ses rires à la lecture des interviews (et aux apartés de JP Nataf !) son enthousiasme.

Emotion devant cette unité sur scène, où chacun fait entendre sa voix singulière, mais aussi où nombre de morceaux sont partagés – les rappels notamment, « Nus dans la crevasse », « Le lien défait » sont magnifiques. Si éloquents, le regard de Nesles écoutant ses camarades, son sourire quand ils sont acclamés.

          Surprise, et plaisir fou d’avoir l’impression de redécouvrir un répertoire qu’on croyait connaître par cœur, avec une set list qui mêle les tubes joliment réarrangés (superbe « Si je devais manquer de toi » par JP Nataf, « L’amour qui passe », « L’au-delà », « Le mont sans souci », « Foule romaine »…) aux chansons moins souvent portées sur scène (Très émouvant « Dans la direction du Crest », « Oiseau de paradis », « Et le désert avance » magnifique en ouverture…)

           Plaisir aussi d’entendre la voix de Murat par celle d’Olivier Bas – initiateur du projet, rappelle Nesles - qui lit une sélection d’interviews [sourcées]. Rapport au paysage - aux oiseaux, aux rivières - à la création, à son image, aux femmes : on y retrouve son humour et ses piques, mais aussi sa curiosité, sa capacité à admirer (avec un éloge du rap), et son sens des images, lorsqu’il dit par exemple qu’il voudrait que ses chansons vieillissent comme des meubles anciens, ou qu’il connaît tous les oiseaux par leur prénom.

           Joie d’étirer ces moments en revenant devant le bar sur tout ce qui était si beau… Et « Accueille-moi paysage » … Et « Le troupeau »… « Le Pont Mirabeau »… Et même les sons qui nous ont accueillis en entrant dans la salle, entre les chants d’oiseaux chers à Murat et les jeux sonores de Nesles dans ses derniers concerts.

            Immense gratitude pour ce désir si visible et généreux de faire vivre cette œuvre que l’on sent tellement vibrante en chacun. Pour nourrir ainsi notre admiration et nous faire à notre tour nous sentir si vivants et heureux.

Joie enfin de savoir que ce n’est qu’un début !

 

Merci, madame!    Olivier Bas connu pour sa fonction de jury dans La Nouvelle Star,  a connu Jean-Louis Murat à ses débuts à Virgin. Il était attaché de presse.  Ayant pris les rênes de l'émission CD d'aujourd'hui, il avait tenu à mettre Jean-Louis Murat à l'honneur dans sa première émission.

Et voilà donc la vidéo disponible sur le fb de la Manufacture chanson pour découvrir ce vrai travail de groupe, avec des orchestrations et des chœurs soignées. Tout le monde a été ravi semble-t-il. 

 

 

Edit:

Serge de Suisse a fait le déplacement:

Hello.
Je rentre de Paris et je te fais un petit compte-rendu de la soirée. Un concert très sympa, très pro et à la fois chaleureux. Des interprétations très originales de morceaux parfois très souvent joués (L'au-delà, L'amour qui passe, Au Mont Sans-Souci, Si je devais manquer de toi,...)  et d'autres plus rares (Le troupeau, Foule romaine,...). Je ne connaissais pas tous les musiciens du Murat's Lovely Hearts Club Band, comme ils se sont appelés (!). Matt Low, vu au Week-end Murat, toujours aussi timide mais très bon à la basse. JP Nataf excellent, et les autres (Armelle Pioline, Vincent Mougel, Sylvain Vanot) très compétents et tous avec l'air d'être fort contents d'être là. Bref une très belle soirée même si je me sens toujours un peu étranger à tous ces gens et un peu perdu dans un public également étranger pour moi. Un seul bémol: les interventions d'un nommé Olivier Bas qui interrompaient les musiciens pour nous répéter les interviews parfois grinçants de JLM. C'était trop long, dans un concert on préfère .... la musique!
 
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #week-end Murat

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Publié le 6 Mai 2026

En attendant les retours de la soirée Murat de la manufacture (avec Nesles) - on me dit déjà que  c 'était très chouette-, Voici "la chanson de Jean-Louis" en live, la chanson qui figure sur le dernier disque de la maison Tellier. Le groupe a livré un très joli set devant un public très nombreux et très chaud. C'était assez émouvant de sentir cette ferveur pour un groupe de qualité qui se dit dans la suite de Murat et de Manset. Pour "la chanson de Jean-Louis", l'écoute a vraiment été très belle, j'ai vu beaucoup de personnes sortir leur téléphone alors que la voix de Jean-Louis débutait le morceau.

Un peu plus tard, Helmut le chanteur a expliqué qu'il avait enregistré le morceau en extérieur, avec un autre, en s'inspirant d'Higelin (à Hérouville, sous son parasol)... Petit clin d'oeil à Michel Zacha, qui se dépatouilla avec ça pour sortir un disque, en bon sorcier du Son ( c' est Higelin qui le dit)... et enregistra ensuite Murat en 82...

Helmut sera à Rouen le 19 mai pour l'écoute du disque "Tour de France 2022".,.. Il restait encore des places pour cette semaine. Il est possible qu'il soit accompagné par un autre membre du groupe aux multiples talents... 

Retrouvez cet excellent groupe dans toute la France, et à Clermont à l.'automne (20/11)... et quelques autres villes qui ont  vu JEAN-Louis lors de sa dernière tournée (Oignies, Allonnes...). Dates et billets:

https://lamaisontellierofficiel.fr/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 29 Avril 2026

 

J'ai pris le temps  pour restituer l'ensemble des archives du dernier week-end Murat, yes sir, 3e édition, au fotomat (Clermont-Ferrand), le 20 et 21 juin dernier.  Il y avait une forme de rétention peut-être ou l'envie de faire perdurer un peu ces souvenirs.  Et puis, je me suis mis à attendre les occasions.  Et voilà, celle qui nous permet d'en terminer :  un concert des PORCO ROSSO du camarade YANN GIRAUD.  Ce groupe qui  s'était illustré sur du Murat il  a bien des années renaît de ses cendres. 

(Archives:  https://www.surjeanlouismurat.com/2020/08/cover-par-fleur-du-mal.html  et son interview de 2010)

Vous pourrez donc les retrouver le 23 mai prochain avec Fieldscape à L'Armony (Montreuil) - métro croix de chavaux

Et c'est donc l'occasion pour :   Revenir sur les prestations de Yann Giraud lors du dernier week-end ! En plus de jouer sur scène, il avait également la charge de la conférence qui ouvrait la soirée de samedi, du fait de sa qualité de chroniqueur musical, notamment dans Crossroads revue dans laquelle il a signé une discographie importante en septembre 2009. Celui qui est aussi professeur d'économie est parti sur ce terme, une façon de nous parler de la vision/posture/profession de foi  "indé" de Jean-Louis Murat. Voici une petite lecture (la conférence a duré une petite trentaine de minutes).   

(Je réalise que la sortie du  live "Tour de France 2022" le 22 mai fournissait également une "occasion"... car cela illustre très bien les propos de l'auteur)      (PS:  La première conférence de 2023 par Pascal Torrin imprimée en livret doit toujours être disponible  au bar du Fotomat! Et si vous êtes à Paris pour l'écoute du disque le 20 mai, je peux vous en livrer un pour 5 euros). 

« L’économie morale de la musique de Jean-Louis Murat »

Tout d’abord, je voudrais remercier Pierre Venet (Pierrot) d’avoir organisé, une fois de plus, ce week-end et de m’avoir invité à vous parler de Jean-Louis Murat. Nos routes se sont croisées avec Pierre, d’abord au gré des forums consacrés à JLM, puis ensuite lorsqu’il a eu l’amabilité de me contacter pour parler de mon admiration pour Murat, en lien avec le groupe que j’avais alors — et qui s’appelle toujours d’ailleurs — Porco Rosso. Je crois que peu de blogueurs ou de chroniqueurs sur des webzines auront passé autant de temps que Pierre à promouvoir toutes sortes de projets musicaux auxquels j’ai participé. Malgré tout un tas d’engagements que j’ai en ce moment, je ne pouvais absolument pas manquer l’occasion de venir faire cette conférence et jouer quelques chansons. À cette occasion, je voudrais aussi remercier Antonin, sans l’enthousiasme duquel j’aurais encore pu trouver une ou deux raisons d’annuler à la dernière minute.

Cela étant posé, me voici donc coincé devant vous, et pour tout vous avouer, il y a encore quelques jours, je n’étais pas sûr de ce que j’allais bien pouvoir vous raconter. Lorsque Pierre m’a demandé il y a quelques mois si j’avais un titre pour ma présentation, j’ai été un peu pris de court et j’ai dit : « Think global, act local ? Murat entre autoproduction et ouverture au monde. » Hmm… Pierre a sans doute bien compris que ce titre, assez médiocre — il faut le dire —, n’allait pas faire recette, et il a donc préféré dire que j’allais parler de la musique de Murat, sans en dire plus. Bien lui en a pris, puisqu’entre-temps, j’ai trouvé un titre bien plus universitaire, et donc bien plus pompeux.

Avant de vous expliquer ce que j’entends par « économie morale », laissez-moi me présenter, vous dire de quel point de vue je parle. Je suis universitaire, professeur en histoire de la pensée économique à l’Université de Cergy. J’ai aussi écrit pendant quelques années dans Crossroads, un mensuel dédié à la musique, pour lequel j’ai rédigé une longue discographie commentée de Murat, ainsi qu’un entretien avec ce dernier au moment de la sortie de Tristan, en 2008.

Mais avant tout, comme la plupart d’entre vous, je suis d’abord un admirateur de Murat. Ce n’est pas parce que j’étais chroniqueur musical que j’ai écrit sur lui, mais bien parce que j’avais envie d’écrire sur lui que je suis devenu chroniqueur musical. À cet égard, je n’ai pas plus de mérite que la plupart d’entre vous. Je parcours les réseaux sociaux, je lis les posts des fans ici ou là et je sais que beaucoup d’entre vous sont plus érudits que moi sur la question. Les vrais Dolos, contrairement à moi, peuvent rectifier la date d’enregistrement d’un morceau ou d’un concert, vous dire la marque de la table de mixage sur laquelle il a été enregistré, retracer l’évolution des diverses variations de textes d’une même chanson à travers ses versions live successives. En ce sens, les Dolos font partie, au même titre que les musiciens, les producteurs, les tourneurs, le crew, etc., de cette économie morale dont je vais vous parler. J’y reviendrai en conclusion.

Pour ma part, je suis venu à Jean-Louis non pas à ses tout débuts mais au moment où est sorti Mustango — j’avais alors une vingtaine d’années — et j’ai tout de suite vu en lui une influence majeure pour le musicien amateur que j’étais, ainsi qu’une porte ouverte sur tout un tas de choses. C’est en écoutant Mustango que j’ai compris que je ne m’exprimerais jamais autrement qu’en français dans ma musique. Pourtant, Murat ne m’a pas vraiment initié à la chanson française ; il m’en a même dégoûté, tant presque tout le reste m’a paru fade et sans intérêt en comparaison. Je pense avoir à peu près partagé ses opinions sur ses « concurrents » et sa vision générale du milieu… à vrai dire, il n’y a que ses piques à Daho que je ne cautionne pas. Pour le reste, je reste persuadé que l’œuvre de Murat se situe deux ou trois crans au-dessus de toutes les autres dans la chanson française, et j’inclus notamment celle de Bashung, laquelle me semble très surestimée en comparaison — mais on pourra toujours en débattre. Je pense que le sillon qu’il a tracé en France est unique, que sa musique est un modèle par sa substance et par la démarche qui la sous-tend.

Murat n’est pas juste le créateur d’une œuvre de grande qualité : c’est aussi un pourfendeur de la médiocrité et, à ce titre, je ne peux m’empêcher de le comparer à un autre musicien disparu récemment, Steve Albini. Albini était le guitariste de Big Black et de Shellac, mais surtout l’ingénieur du son sur des disques tels que ceux de Pixies, Nirvana, PJ Harvey, Palace Brothers ou Songs: Ohia, et de tout un tas de groupes et musiciens dont la liste serait bien trop longue pour être citée. À ma connaissance, les routes de Steve Albini et de Murat ne se sont pas croisées, mais leur degré de séparation est infime. En 1997, Albini a enregistré (on ne dit pas « produit ») ce qui aurait dû être le deuxième album d’Elysian Fields, mais qui n’a jamais vu le jour. C’était donc quelques mois avant que Murat n’enregistre avec ces derniers pour Mustango. Albini est connu pour la qualité de ses enregistrements, au son mat et minimaliste, pour sa démarche résolument indépendante, et pour ses propos très acides sur le milieu de la musique. Son texte The Problem with Music, où il décrivait, chiffres à l’appui, la manière dont le principe de l’avance sur recettes exploitait les artistes indépendants — lesquels ne gagnaient pas plus qu’un serveur de restaurant pendant que toute une chaîne de l’industrie musicale se goinfrait sur leur dos — est considéré comme un classique du genre.

« Le groupe en est maintenant au quart de son contrat, a enrichi l’industrie musicale de plus de 3 millions de dollars, mais est à découvert de 14 000 $ sur les royalties. Les membres du groupe ont chacun gagné environ un tiers de ce qu’ils gagneraient en travaillant dans un 7-Eleven, mais ils ont eu le privilège de voyager dans un bus de tournée pendant un mois.

Le prochain album sera à peu près pareil, sauf que la maison de disques insistera pour qu’ils y passent plus de temps et dépensent plus d’argent. Puisque le précédent album n’a jamais été "rentabilisé", le groupe n’aura aucune marge de manœuvre, et devra s’y plier... Certains de tes amis sont probablement déjà dans ce pétrin. »

Quelques minutes avant de décéder d’une crise cardiaque, Albini avait posté sur les réseaux sociaux : « Le logo des Rolling Stones, mais ce serait un cul au lieu d’une langue, cela me donne une idée. » Tel était Steve Albini : un provocateur, un caillou dans la chaussure de l’industrie musicale. Mais surtout, et c’est sans doute ce qui rendait ses saillies acceptables, un artiste d’une grande intégrité, connu pour faire des disques avec un bleu de travail, à l’ancienne, sur du matériel analogique. Un travailleur acharné, qui considérait d’abord son art comme un métier. Au groupe anglais Placebo, qui l’avait contacté pour travailler avec lui et lui avait envoyé des maquettes du futur album, il aurait répondu : « Sortez les maquettes. » Pour Albini, il n’y avait aucun intérêt à essayer de polir une musique déjà enregistrée. Il fallait juste s’employer à capter le moment, ne pas trop se poser de questions. Feature it or fuck it — « intégrez-la ou jetez-la » — est une phrase qu’il répétait régulièrement aux musiciens hésitant à refaire une prise.

Il y a un parallèle évident qu’on peut faire avec ce qu’a dit Jean-Louis Murat, par exemple cette phrase recueillie en 2003 par Franck Vergeade :

« [S]i j’avais dix-huit ans, je me mettrais à l’anglais et je partirais aux États-Unis. Ça, c’est sûr. Quand tu vois comment ils font de la musique dans les circuits parallèles, c’est le rêve. La vie de musicien, c’est de pouvoir gagner trois cents balles en liquide en allant jouer cinq-six chansons dans un bar, et pas de s’agenouiller aux Assedic devant un enculé de fonctionnaire CGT qui veut t’en radier. »

Au-delà du ton et de la provocation, il y a cette idée de s’inspirer du modèle de « l’indie » américain, qu’il s’agisse du rock indépendant cher à Albini — que JLM va côtoyer sur Mustango — ou de la country outlaw de Johnny Cash, Waylon Jennings et consorts. Il y a cette idée qu’en musique, la nécessité devrait faire loi, qu’une forme de précarité — ou du moins de contrainte économique — n’est pas une mauvaise chose, mais un véhicule créatif. Murat a parfois affirmé regretter de ne pas avoir été un chanteur populaire. Il a dit être blacklisté par les Restos du Cœur, par les radios commerciales. Il a souvent parlé des chiffres de vente décevants générés par ses albums. Je ne doute pas qu’à certains moments, il se soit comporté avec certains attachés de presse ou cadres de maisons de disques comme une diva. Cependant — et je vais aller ici contre ce qui est généralement rapporté à son sujet — je pense qu’il s’est globalement parfaitement épanoui dans cette indépendance, qu’elle lui a permis de faire une musique qui a mieux traversé les années que celle d’artistes plus établis, et qu’elle lui a surtout permis de trouver une sorte de justification morale à sa démarche, véhiculant l’image de l’artiste travailleur dans un milieu essentiellement constitué de rentiers et dominé par une sorte de noblesse de classe : celle des grands comptes de la Sacem sortant un disque certifié or ou platine tous les cinq ans, pendant que lui, sur la même période, sortait quatre ou cinq disques — dont un double.

C’est cela que j’entends par « économie morale », terme que l’on doit à l’historien E.P. Thompson, et qu’il emploie par opposition à l’économie libérale de marché. Il s’agit de considérer que l’économie ne constitue pas seulement une série de contraintes matérielles et financières, mais aussi une forme d’adhésion collective à des valeurs qui dépassent les questions d’argent. Un exemple d’économie morale, c’est le milieu auquel j’appartiens : celui de la recherche — du moins lorsqu’il fonctionne bien. Les chercheurs, la plupart du temps, ne mesurent pas leur effort selon un calcul coût-bénéfice. Ils peuvent travailler pour des revenus relativement faibles par rapport à d’autres secteurs, tout simplement parce qu’ils pensent que la recherche scientifique ne peut être réduite à son utilité sociale.

Il me semble qu’il est possible de relire les interviews que Murat a données et de réinterpréter son œuvre à la lumière de ce concept. Murat a, bien plus que ses collègues musiciens, évoqué les contraintes financières qui pesaient sur son travail. Il parlait régulièrement des ventes de ses disques, de la difficulté à faire des concerts dans de bonnes conditions. Lorsque je l’ai interviewé en 2008, il expliquait notamment les raisons pour lesquelles il avait été amené à n’utiliser pratiquement que la Telecaster et un ampli à modélisation, le fameux Vetta Line 6. C’était juste plus pratique à emporter, moins onéreux qu’avoir un ampli à lampes. Il évoquait un ingénieur du son qui aurait endommagé son Fender Twin Reverb, car il l’aurait débranché avant que les lampes aient pu refroidir. Il insistait pour dire que ce dernier l’avait pris pour Jean-Louis Aubert, lui demandant s’il comptait reformer Téléphone !

Au-delà de la blague, ce type de posture avait pour but non seulement de se plaindre, mais aussi de légitimer une attitude d’indépendance, une certaine forme de valeur travail dans un monde qui serait profondément immoral et décadent. Même si ce type de saillie a pu le faire apparaître comme un chanteur porteur de valeurs « de droite » — sa critique de l’intermittence, de la Sacem, des syndicats, etc. — elle s’inscrit aussi dans une critique d’un capitalisme qui ne raisonne qu’à court terme, nuit aux carrières longues et ne célèbre que le changement et la nouveauté. Pour Murat, il existerait une sorte d’alliance objective entre un système de financement de la musique qui décourage l’effort et une industrie musicale dans laquelle il y a une forte concentration des profits.

Le travail, la prolificité dont il faisait preuve ne sont pas vus comme des conditions pour réussir, mais comme des garanties de qualité. Il insistait régulièrement pour dire que la réussite n’était pas possible dans le milieu de la musique. Il affirmait vouloir que ses enfants ne deviennent pas musiciens, qu’ils exercent plutôt une activité manuelle. Il critiquait les dynasties, les « fils et filles de », ironisait sur la peur qu’il aurait à ce que ses enfants se lancent dans le jazz manouche.

Une première conclusion est qu’il n’y a pas, contrairement à ce que l’on peut souvent lire dans les ouvrages qui lui sont consacrés — et même dans les témoignages de ses proches — de contradiction entre la qualité de sa musique et ses saillies provocantes dans les interviews ou sur des plateaux télé. Ces dernières auraient prétendument contribué à éclipser la première. Je pense au contraire que l’une et l’autre se complètent, qu’en se positionnant en pourfendeur de la médiocrité, Murat articule une proposition alternative et se réclame d’une certaine forme d’indépendance.

Cette attitude est totalement en phase avec ce qui se passait à la même époque dans le monde anglo-américain avec la montée du grunge et du rock alternatif, qui ne proposait pas seulement une musique nouvelle — inspirée du punk anglais et de quelques précurseurs comme Sonic Youth ou Dinosaur Jr. — mais aussi de créer un nouveau modèle d’indépendance censé balayer les dérives des années 1980 : la musique commerciale et le rock masculiniste. Bien sûr, ce mouvement a vite été rattrapé par le milieu mainstream et par les maisons de disques — c’est bien sûr dans ce contexte, quelques mois avant la mort de Kurt Cobain, qu’il faut lire le texte d’Albini — mais il a tout de même porté ses fruits, embarquant toute une scène alternative qui, sans connaître le même succès que Nirvana, va jouir d’un fort succès d’estime.

C’est dans ce contexte-là également que vont émerger des figures plus cultes, des niches musicales, comme cette fameuse scène americana ou roots rock à laquelle appartient le groupe Giant Sand. Ce groupe, qui va signer à la fin des années 2000 sur le label V2, créé par Richard Branson, est notamment connu pour sa section rythmique composée de John Convertino (batterie) et Joey Burns (basse), laquelle va former le groupe Calexico.

Giant Sand est le groupe d’Howe Gelb, un musicien multi-instrumentiste né en Pennsylvanie mais installé à Tucson, en Arizona. Fan de country, de Leonard Cohen mais aussi de punk rock, il crée sa propre version sudiste du rock alternatif de Dinosaur Jr., incorporant des éléments de musique mexicaine tout comme des expérimentations sonores. Les disques de Giant Sand sont souvent autoproduits, sortent sur de nombreux labels et dans une certaine indifférence, ce qui n’a jamais empêché Gelb d’être prolifique.

Sur le fond, la musique de Gelb mêle une certaine forme de sincérité — avec des morceaux bouleversants, comme ceux consacrés à son ami Rainer Ptacek, mort d’une tumeur au cerveau — et un esprit potache, avec parfois des jeux de mots et un goût pour une certaine absurdité. Même si, avec Mustango, Murat va surtout contribuer à faire connaître Calexico en France, il me semble que c’est Gelb qui est réellement son alter ego. Sur l’album de 1999, ce dernier n’a qu’un rôle secondaire, mais la paire enregistre tout de même un morceau, « Enfonce-moi dans l’édifice », qui sortira en face B et qui a toutes les qualités de la musique que Gelb fait dans ses groupes ou en solo.

Je pense ne pas me tromper en disant que certains des morceaux les moins sérieux sur des disques comme Le Moujik et sa femme (« Vaison-la-Romaine », « Baby Carni Bird »), Mockba (« Nixon ») ou Taormina (« Maudits ») ont une forme de familiarité avec le rock sudiste de Giant Sand.

Au-delà d’un goût commun pour le blues cabossé et une forme d’ambition littéraire, Gelb et Murat partagent aussi des manières de faire analogues. Aucun des deux, par exemple, ne voit la réalisation d’un album comme un travail qui doit être finalisé. Cette attitude a bien sûr des antécédents : Neil Young ou Dylan, par exemple, ne cherchaient pas à faire des albums, mais juste à trouver un débouché à leur créativité. Ils écrivaient sans cesse, et lorsqu’ils avaient suffisamment de chansons, cela donnait un disque. Peu de disques de Neil Young sont issus d’une même session : ce sont souvent des enregistrements épars qui sont rassemblés. Même un disque ayant connu un succès phénoménal comme Harvest n’est en réalité qu’une forme de compilation d’enregistrements réalisés avec différents musiciens, à des dates différentes. Il en va de même pour On the Beach, dont Murat est un grand admirateur.

Aujourd’hui, les archives permettent de découvrir des versions alternatives des morceaux de ces albums, ou de repenser la chronologie de leurs sorties dans les années 1970. On comprend, en écoutant des lives d’époque, que « Heart of Gold » n’était pas censée être une chanson en tant que telle, mais la seconde partie de « A Man Needs a Maid ». Gelb va s’inspirer de ce processus et le pousser assez loin. Il réenregistre parfois les mêmes morceaux des deux côtés de l’Atlantique, soit avec des musiciens de l’Arizona, soit avec des musiciens danois. Certaines de ses chansons sont enregistrées en studio, d’autres le sont dans sa cuisine. On entend son micro-ondes.

Murat n’est pas allé aussi loin — du moins pas sur des albums studio — mais certaines de ses maquettes, sorties sur Internet à la fin des années 1990 ou au début des années 2000, témoignent d’une démarche analogue. Les lives, également, sont souvent vus comme une manière de revisiter le répertoire. « Les jours du Jaguar » ou « Le mou du chat » sont accélérées ou ralenties. Elles peuvent durer deux ou trois fois plus longtemps que les versions studio ou, au contraire, être écourtées. Faire cela est également un pied de nez à l’attitude qui domine généralement en France, et qui veut qu’un artiste réalise un album très léché, très finalisé, tous les quatre ou cinq ans, et l’interprète fidèlement sur scène.

Une autre caractéristique de cette « économie morale » réside dans la volonté de faire bande. On pense bien sûr aux Rancheros, mais, d’une manière générale, on peut constater qu’il y a une certaine fidélité dans la carrière de Murat, au-delà des brouilles passagères. Denis Clavaizolle, qui met en sons les premiers disques de Murat avec leur spleen synthétique, va revenir pour produire ses quatre derniers albums, lesquels constituent une synthèse intéressante de ses années blues rock et des sons typés des débuts. Jusqu’à son décès prématuré, Christophe Pie sera régulièrement mobilisé. C’est grâce à lui que Murat va pouvoir réaliser ce qui était sans doute un fantasme pour ses fans : un disque sur lequel l’artiste trouverait un backing band local à sa mesure — le Delano Orchestra.

Malgré quelques accidents de parcours, la collaboration avec Fred Jimenez se poursuit et devait donner lieu à un nouvel album. Quand on regarde qui joue sur les vingt albums studio de JLM (je mets de côté les collaborations et les lives), on voit de grandes disparités quantitatives, puisque cela va de Tristan, où l’artiste fait tout sans le moindre collaborateur, aux vingt-deux musiciens de Mustango. Cependant, ce dernier, malgré un casting impressionnant — convoquant, outre Calexico, la scène downtown new-yorkaise gravitant autour du Tonic et de John Zorn —, fonctionne essentiellement parce qu’il bénéficie aussi de l’appui de fidèles comme Clavaizolle et Alain Bonnefont. Ceux-ci donnent à l’album une touche plus française, et peut-être plus spleenétique, qui permet de ne pas tomber dans les clichés de l’album-type du Frenchie qui va aux States — un écueil auquel, il me semble, Le cours ordinaire des choses, sorti dix ans plus tard, n’échappe pas.

Mustango n’est en effet pas un disque d’americana. C’est en réalité un disque de transition entre la pop synthétique mélancolique des débuts et le tournant blues rock de la série de disques qui suit. Si l’album est souvent considéré par les fans de Murat — et même par des personnes qui n’aiment généralement pas sa musique — comme un sommet discographique, il est loin d’être sûr que Murat l’ait lui-même vu comme tel. Nous l’avons déjà dit : Murat n’a pas d’inclination particulière pour le format album. Il n’a pas non plus particulièrement de nostalgie. Ni 2009 ni 2019 n’ont été l’occasion de fêter l’anniversaire de ce disque. Par ailleurs, en interview, Murat a souvent été critique de Dolorès, vu également comme un de ses chefs-d’œuvre, en affirmant que la production y était trop travaillée, que l’usage de Pro Tools avait nui à la spontanéité du disque.

Non seulement JLM a relativement peu réinterprété ce répertoire par la suite, préférant jouer ses derniers disques en date, mais il s’est en plus employé à privilégier l’immédiateté, en tournant le dos aux possibilités d’édition qu’offre la technologie numérique au profit de disques plus directs et enregistrés en quelques jours. Cette démarche va bien sûr de pair avec la nécessité d’enregistrer à moindre frais, dans un contexte où les maisons de disques ne peuvent plus financer de longues séances d’enregistrement, et où les artistes sont « invités » à s’autoproduire et à négocier avec les labels des accords de licence.

Si l’on a beaucoup affirmé que Murat avait pâti des chamboulements du monde de la musique — notamment des fermetures, fusions et restructurations de ses maisons de disques — on peut aussi dire que ce nouveau système lui a été bénéfique, puisqu’en réalité sa musique a toujours été autoproduite. La paire que Murat forme à ses débuts avec Denis Clavaizolle, sur des albums où les deux jouent 90 % des instruments et ne font appel qu’à quelques invités pour étoffer leur musique, précède de plusieurs décennies ce que font aujourd’hui des stars comme Lana Del Rey, Billie Eilish ou Taylor Swift, qui travaillent souvent en home studio avec un partenaire multi-instrumentiste et n’ajoutent des instruments qu’à la marge.

Aujourd’hui, même la pop mainstream qui bénéficie de centaines de millions d’écoutes est issue de l’autoproduction. En d’autres termes, tout est « indie », même le mainstream.

Bien sûr, cette « économie morale de la musique » s’est aussi heurtée aux rigidités du système à la française. Si Murat fantasme le modèle à l’américaine, où les musiciens passent de sessions d’enregistrement en concerts, il oublie que les musiciens outre-Atlantique ne bénéficient d’aucune sécurité sociale, d’aucune protection en cas de pépin. La facilité, la fluidité qu’il y a à pouvoir jouer avec d’excellents musiciens pour un coût souvent minime se paie par une très grande précarité. Si les musiciens ne s’arrêtent pas, c’est aussi parce que souvent ils ne peuvent pas se le permettre. Des maux de dos et des dépressions sont souvent la conséquence de cela. L’addiction aux antidouleurs, qui a emporté des artistes comme Prince ou Tom Petty, en est une illustration.

Ce que Murat a pu réaliser aux États-Unis avec d’excellents musiciens de session n’aurait sans doute pas pu être réalisé en France, et ce pour de simples raisons financières. Par ailleurs, le marché du disque français s’est avéré incapable d’absorber l’intense créativité dont Murat a fait preuve entre 2002 et 2007, et a fortiori à la fin des années 2010. Pour les derniers albums, l’économie de moyens est vraiment maximale. Elle génère en revanche des disques très originaux et attachants, qui ont sans doute été un peu mésestimés à leur sortie, et qui, espérons-le, seront redécouverts d’ici quelques années.

Ce qui m’amène à mon dernier point, qui, pour moi, est une partie importante de cette « économie morale » muratienne : le rôle du public et des fans. Murat a toujours eu vis-à-vis de ces derniers une attitude ambivalente. Il le disait en interview. Il estimait que son public se devait d’être exigeant, et qu’il exigeait lui-même beaucoup de lui. Comme certains artistes connus pour leur grande intégrité artistique — je pense à Dylan ou Lou Reed, par exemple —, Murat avait de bons et de mauvais soirs. Certains de ses concerts révèlent un ou deux moments de grâce au milieu d’une prestation moyenne. On peut reprendre les propos de Silvain Vanot, frère d’armes de Murat et spécialiste de Dylan, à propos de ce dernier : il y a des concerts où l’on plaint les absents, et des concerts où l’on aurait préféré être chez soi.

C’est souvent le cas pour des artistes qui cherchent constamment à revisiter leur répertoire et à ne pas jouer deux soirs de suite les chansons de la même façon. Ce type de démarche nécessite donc un public qui se transforme en passeur. La collecte systématique et la digitalisation des enregistrements de concerts existants — fussent-ils pirates — doit permettre de perpétuer l’œuvre tout autant que les disques officiels.

Une expression récurrente entendue lors du décès de Jean-Louis Murat a été de dire que son œuvre était inachevée. Je ne doute pas que JLM ait eu l’ambition de construire une œuvre – même si je dirais qu’il rêvait surtout d’être l’auteur d’un songbook, comme peuvent l’être les grands songwriters américains. Je ne suis pas sûr, en revanche, que cette œuvre n’ait jamais eu vocation à être achevée, quand bien même son auteur aurait sorti d’autres disques. Les disques de Murat étaient, plus que des œuvres finies, des jalons censés documenter sa créativité. Une forme d’insatisfaction permanente vis-à-vis de sa production était inhérente à son travail. L’œuvre ne sera donc jamais achevée, mais peut être complétée par la circulation de documents inédits, d’extraits de concerts, etc. Il y a sans doute des barrières pouvant freiner cette circulation, mais peut-être est-ce le rôle de l’Institut Jean-Louis Murat d’œuvrer pour les dépasser. Des bootlegs Jean-Louis Murat, sur le modèle de ceux qui circulent pour le Grateful Dead, ça aurait tout de même de la gueule.

L’autre chose à faire, c’est ce qui va se passer, là, dans quelques minutes : faire vivre sa musique en la reprenant, en la réinterprétant. Là, il va s’agir de ne pas trop la respecter. Il va falloir la bousculer. La chanter au vocoder, à l’auto-tune, en rap, en metal, en punk, etc. Bien sûr, il est normal de vouloir donner le nom de Jean-Louis a des lieux évoqués dans ses chansons – des routes, des rues, des jardins, etc. – mais attention à la muséification, à ne pas le statufier.

Bref, cette économie morale que j’ai tenté de vous présenter, désormais, c’est vous. Je vous remercie. 

 

Merci Yann!

 

Et en droite ligne de sa conférence qui parle d'Albini, d'americana, et de rock indé,  on écoute ses deux reprises: "hombre" et "le désert avance". Ca dépote!  Avec Guss, Aurélien Bunch (Aymar...) et Antonin Lasseur (Soleil Brun).

ET puisqu'il y a une occasion aussi, voici la prestation de Soleil Brun, cheville ouvrière importante des trois soirées tribute des week-end Murat, yes sir. Il jouera le 6/06 dans le Var avec le groupe Jean-Louis Murat Expérience.

Bastide Saint Pierre, Bargème, France, 83840   Renseignements

Ici, "le mou du chat" et le plus rare "rivière" au piano (avec projection aqueuse), puis  en hommage à Christophe Pie, le titre Avallon de son groupe Rogojine, qu'il avait repris sur son album Sky lumina.  avec Yann à la E bow (la chanson est cosignée par Jérôme Caillon qui était présent -ses prestations ici-, on va bientôt parler de son nouvel album pour lequel il a travaillé avec Denis C., Morgane Imbeaud et Alain Bonnefont). 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #week-end Murat

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