C'était déjà une semaine bien triste... mais au moins, là, cela sera une occasion de rendre hommage à la beauté et à la paix.
Gabriel YACOUB est décédé.
Voici une des chansons préférées de Jean-Louis Murat. Il l'avait citée dans sa participation au livre "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur" de Baptiste Vignol, même s'il s'était trompé dans le titre les roses font un beau bouquet (quand elles sont jolies) au lieu de Marions les roses.
Et il a cité plusieurs fois Malicorne dans ses goûts.
Si Pierre Mikaïloff dans l'ouvrage de son collègue Jean-Éric Perrin, Frenchy but chic indique : "Le punk et la new wave ont eu un effet salutaire sur la scène française, dominée jusque-là par les courants folk et progressif, représentés par Malicorne, Ange, Magma, Atoll, Pulsar, Gong...", Murat lui qui émerge à ce moment-là, n'ostracise aucune musique... et notamment pas la chanson française, ou la musique "progressive" (on avait parlé de son intérêt dans un article consacré au côté "folk progressif" de l'album BABEL : Wyatt, Jethro Tull, Family...). On rappellera d'ailleurs que Gabriel Yacoub s'était plaint que Murat reprenne ce nom de Babel, il avait intitulé ainsi son album de 1997, mais ne lui en tient pas rigueur: Jean-Louis est cité dans sa bio officielle ("depuis, malicorne n'a cessé d'être cité en référence de qualité et d'inspiration par des musiciens aussi différents que stephan eicher [duo sur Babel, introuvable en ligne sauf extrait], jean-louis murat, ou françois hadji-lazaro" [ Gabriel a sorti plusieurs disques chez Boucherie Production].
Jean-Louis avait côtoyé Marie Sauvet, chanteuse du groupe et compagne de Gabriel chez Virgin. Voici ce qu'elle nous avait dit:
"Nous avons échangé à l'époque avec Jean-Louis sur Malicorne qu’il m’a effectivement dit aimer, ce qui a cette époque virginienne me rendait très heureuse ! ".
On sera forcé de remarquer que les deux hommes étaient nés presque au même moment : 28/01/52 contre 04/02/52... et Gabriel meurt lui aussi bien trop jeune... même si sa carrière à lui est lancée dès 1973(voir 1971 en accompagnant Alan Stivell!! Il faudra 14 ans de plus pour que Jean-Louis rencontre le succès!!
Je laisse les amis de "nos enchanteurs" vous parler plus en détail de Gabriel Yacoub:
PS: On trouve des disques de Malicorne sous le label de MASQ... le label du fils de Claude Dejacques, qui signa Murat chez Pathé en 1981.
NB: On pourrait tisser un lien avec Malicorne à propos de "l'almanach amoureux" de Murat (album "almanach" de Malicorne) ainsi que pour Tristan ou l'utilisation d'instruments anciens pour Mle Deshoulières.
En musique:
Leur MARGOT:
Et pour en revenir à la tristesse du moment, voici ce que disait Gabriel:
Pour vous qu’est-ce que la musique ?
Elle est indispensable, au même titre que la poésie, l’art en général, la nature. C’est une voie pour le rêve, l’antidote à la bêtise, la réponse aux imbéciles.
On verra ça à la Saint-Jean j'espère... mignonnes et mignons...
UN LIEN EN PLUS POUR COMMENCER UN ARTICLE SOYONS FOU EN 2025
On a cité Stan Cuesta dans l'article précédent. Voici une nouvelle occasion. Il est en interview dans CAUSEUR.
Que représente pour vous Robert Wyatt ?
C’est un de mes musiciens et chanteurs préférés. Il y a un culte autour de lui, justifié. Comme une société secrète des adorateurs de Robert Wyatt. Partout dans le monde, à quelques signes de reconnaissance, je rencontre des adeptes de la secte, et nous devenons amis. Cela suffit à nous rapprocher. Je cite Jean-Louis Murat et Pascal Comelade, mais il y en a bien d’autres. J’ai eu la chance de rencontrer Wyatt, de l’interviewer, ou plutôt de discuter avec lui, pour Rock & Folk. Ce pseudo-métier de journaliste musical me sert surtout à ça. C’est très mal payé, très peu lu, quasiment obsolète. Je m’en fous. J’ai rencontré la plupart de mes héros. Je suis content.
Cela m'évoque les propos de Grégoire Bouillier à la maison de la poésie, la "fraternité" entre personnes qui aiment Murat.
- Celui qui affirme aimer Jean-Louis Murat aujourd'hui c'est Renaud Hantson. C'est le titre de son disque "CEUX QUE J'AIME. Et on doit donc confraternellement lui faire un hug amical.
Pas d'ironie de ma part, pour un artiste qui a eu son heure de gloire (Comédie musicale Jimmy de Berger) et qui continue de tracer sa route en faisant ce qu'il aime (il cite Murat comme un exemple à ce titre : "pur artisan, "en dehors du circuit habituel"). Et sa reprise hispanisante est plutôt réussie, ainsi que le disque (avec des jolis choix), même si la voix gagnerait à s'épurer un peu des effets (ceci dit j'ai pris plaisir à entendre un peu de puissance pour une fois). D'ailleurs, Renaud indique que c'est Murat qui lui a inspiré un de ses gimmicks favoris, dans "si je devais manquer de toi": les "oh" ou "ah" qu'il fait avant le refrain.
La reprise n'étant pas en ligne, j'ai fabriqué un petit truc... N'ayant pas de bord de Loire chez moi, j'ai dû choisir les points du jour de ma contrée... dont je ne veux jamais manquer...
J'ai tenté de joindre sans succès Renaud pour avoir un complément d'information...
Petite note: Il a joué de la batterie pour W. Sheller.
LE LIEN EN PLUS
On reparlera prochainement de Nicolas Driot (Kandid), musicien auvergnat, qui fait le tour de France depuis quelques années déjà.
Après avoir chanté en décembre en première partie d'un interprète de Murat (la Grande Chorale de la Coopérative!*) , il est en Concert le dimanche 19/01 17h, Bourg En Bresse
"Un univers poétique et sensible, quelque part entre Ben Mazué et Jean-Louis Murat".
"Après avoir sorti 3 albums sous le nom de "Kandid" entre 2004 et 2014, dans une veine "chanson-folk acoustique", puis une longue parenthèse jeune public avec le conte musical à succès "Victor et le Ukulélé" (plus de 300 représentations), Nicolas Driot revient avec un nouveau projet : Mars 2020, interruption brutale de tournée. Le monde sur pause. Contecte inédit, doublé d'une tempête intérieure comme la vie sait parfois nous en réserver. De cette période chaotique sont nées 11 chansons, esquisses d'un nouvel album. Reflet des bouleversements du monde et de la perte de repères intérieurs, "Cartographie du Coeur" est un hymne à l'Amour et à l'espoir, imprégné de lumière. Si la collaboration avec le réalisateur Vivien Bouchet (Zazie, Etienne Daho...) et l'arrivée de deux nouveaux musiciens sur scène ont façonné des textures sonores plus modernes et plus pop, les textes sont toujours aussi délicatements ciselés".
*Le Cri du papillon sur leur premier disque, avec Denis.
NB: J'ai oublié de fêter mon anniversaire: Déc 2009-2024: 15 ans de blog. Je remarque une nouvelle fois que personne ne me l'a souhaité, pas un cadeau, ni même une remarque... Enfin soit... J'aurais aimé pour affronter cette étape importante que je redoute : Avoir une plus grande capacité à prendre soin des autres et à partager, et à développer des relations plus intimes . Passer moins de temps avec ses parents et plus de temps avec ses amis. Ressentir beaucoup de tristesse ou de dépression, ce qui peut entraîner de mauvaises notes à l’école, la consommation d’alcool ou de drogue, des rapports sexuels non protégés et d’autres problèmes... Aaaaaaaaahhhhh, non.... je ne veux pas grandir!! Ca fait peur!
Et oui, le week-end Murat, 3e édition aura lieu... On vous en dit plus d'ici février.
- Ce jour, Rudy Léonet a mis en ligne la reprise de Jean-Louis Murat d'une chanson de son groupe LA VARIETE intitulé "C'est dans ma nature". Ce n'était pas encore en ligne, même si l'inédit est référencé (site officiel, Muratextes qui indique live 1993...) et connu. Rudy date lui de 1994.
A propos de Marc Morgan - on en a parlé lors de son décès- voici ce que disait Stan Cuesta (sur le site de Gérard Bar-David):
il avait mis son talent au service de La Variété, le groupe qu’il avait formé avec son ami Rudy Léonet – il me disait toujours, « tu devrais rencontrer Rudy, je suis sûr que vous vous entendriez bien. » On ne s’est jamais rencontré. J’avais adoré l’album, je l’avais chroniqué, un peu seul au milieu de l’indifférence générale. A une exception notable près : Jean-Louis Murat, homme de goût, qui les avait pris en première partie et avait même enregistré une version de « Dans ma nature » (justement ma chanson préférée) qu’il n’a jamais sortie. Probablement parce qu’il était impossible d’égaler l’original. Cette chanson terrassante est une merveille. Quand je commence à l’écouter, je la remets en boucle à l’infini. Ce que je fais maintenant en pensant à Marc.
A 26'20:
LE LIEN EN PLUS
On a parlé d'Anne-Lise Broyer lors d'une exposition de photos que lui avait inspirée Jean-Louis Murat. On la retrouve à la BNF
L’artiste française fait partie des quatre lauréats du prix Niépce-Gens d’images 2024, exposés à la BNF. Restée fidèle à l’argentique et au noir et blanc, elle capte le temps dans un contraste troublant où se mêlent souvenirs d’enfance et clins d’œil à ses pairs.
Son travail prend sa source dans la lecture, dans les images mentales qui en surgissent et s’imposent alors qu’on a oublié des myriades de détails. Anne-Lise Broyer, lauréate du prix Niépce 2024, emmagasine des récits, des poèmes, des chansons, de Georges Bataille à Pierre Michon, de Marguerite Duras à Jean-Louis Murat. Elle élabore ensuite des séries photographiques au long cours autour de ces écrivains qu’elle affectionne, mais sans illustrer à la lettre leurs écrits. Elle ne plaque jamais une image sur des mots, elle traduit.
Bon, apparemment, j'ai un peu tardé pour faire un article en ce mois de décembre...
1) Murat sur TF1
C'était sur l'émission quotidienne de la Star Academy, le 8 ou 9 décembre... Une candidate au vrai air de Nolwenn Leroy, Marguerite, s'empare du piano et entonne "Si je devais manquer de toi". Une vidéo de 2 minutes a circulé dans des groupes fb (dont Murat en privé). Un extrait plus court sur Tiktok:
Pour avoir ce genre d'idées Marguerite, tu seras éliminé le 28/12... laissant 5 autres candidats espérer la victoire (et la chute dans les oubliettes). Merci au Parisien pour l'info de qualité.
2) Un peu avant cela, le 2/12, sur une autre chaîne de divertissement, LCP Public Sénat, On évoquait également Jean-Louis (ça aurait pu figurer dans la première partie de mon article précédent). Aborder Jean-Louis Murat et la politique en 1 minute 30, c'est beaucoup trop court, et je suis agacé qu'il est encore mention de Zemmour (il est toujours oublié le propos de Murat disant qu'il n'est d'accord sur rien avec lui).
J'ai pas les images, mais vous ne ratez rien : le plateau est noir, Didier Varrod est en noir, en gris (cheveux compris), Alex Beaupain est en noir, chemise grise. Voici le son:
C'est encore en replay quelques heures à l'heure où j'écris ces lignes.
3) A la suite de l'article sur MONTANITA et GARCIAPHONE (les auvergnats en anglais), j'avais débuté un article "les auvergnats en français"... mais charrette, charrette... je vous fais donc juste un petit mot pour vous conseiller l'écoute du dernier Alex DELANO la nuit les couleuvres
Il a été réalisé avec une autre connaissance muratienne : Samantha Julien, ex-Subway (le groupe féminin qui accompagna Jean-Louis à Nulle Part Ailleurs).
"Les radios françaises", le single et premier titre, me font penser dans la déprime du chanteur incompris, dans un autre style pop, à "mon disque dort" d'A. Fleurent-Didier. Ici, la voix reste lancinante mais ce n'est pas le cas pour la musique, plutôt synthétique. Et incipit va rimer avec afrobeat, et il y a donc un joli beat, en douceur, et la voix de Samantha
Le disque est accompagné de plusieurs clips, dont le très tempo-tonalité-tructure "le dernier conclave":
Une vraie réussite!
Évidemment, la sortie du disque a fait l'objet de quelques références à Murat:
Dix chansons pop, pour lesquelles les collaborations passées avec Jean-Philippe Toussaint ou Jean-Louis Murat ont marqué le style, se muant parfois en transe électronique, souvent chantées à deux voix, avec l'étroite participation de Samantha Julien aux chœurs et à la batterie et de Fab De Macedo à la réalisation.
ex Delano Orchestra (Le Mauvais Œil est réinterprété sur ce nouvel opus) hébergé par le génial label kütu Folk Records et ses pochettes cousues main, dont l’un des faits d’armes aura été de croiser la plume avec le regretté Jean-Louis Murat, le temps d’un album comme un emblème, un adoubement par le premier d’entre eux. {...] C’est avec gourmandise que j’ai plongé dans ce La nuit Des Couleuvres, recherchant peut être bien malgré moi des signes de vie du JLM qui nous a lâchement quitté alors qu’il devenait depuis longtemps impossible de vivre sans. C’est donc moi à la recherche de JLM qui écoutais Alexandre Delano à la recherche d’une certaine Olga. [... ] les traces de JLM se font par une encre sympathique, comme les lettres d’Olga se recouvrent d’un parfum aux traces subtiles. L’album nous caresse sans jamais nous hérisser le poil, magnant la mélancolie avec maestria, distillant également une forme de perfidie (humour) douce-amère (Les Radios Françaises qui rejoint Bruit Noir et Mustang dans la thématique) comme un clin d’œil au maître auvergnat.
Le disque sort sur le label BLEU NUIT, constitué avec Morgane Imbeaud et Matt Low, et les artistes associés ont fait un concert commun en novembre à Cebazat (avec aussi Yann Clavaizolle). Je n'ai plus la source de ce compte-rendu qui indique que Jean-Louis Murat n'a pas été oublié:
Genre de super-groupe hier soir sur la scène de Cébazat au septième soir du festival Sémaphore en chanson. Plus qu'un super-groupe d'ailleurs, un collectif, Bleu nuit, pour une Nuit bleue à se balader dans les galaxies de Morgane Imbeaud, Mat Low et Alexandre Delano. Avec le concours plus que précieux de Sam Julien, Yann Clavaizolle et Hugo Gilbert. L'occasion de (re)mettre en lumière les trois très bons albums parus cette année et de convoquer l'esprit de Jean-Louis Murat à travers des titres comme le rare Corrina Corrina ou J'ai fréquenté la beauté.
Vu que je n'ai pas la source, l'auteur n'aura pas un mauvais point: il n'a pas été chanté le classique américain "Corrina, corrina" (un article à ce sujet de 2010) mais "C'est l'âme qu'on nous arrache" (pas de vidéo en ligne semble-t-il).
Ce que je n'ai pas raté, c'est un petit concert près de Chambéry au Brin de Zinc, un dimanche de décembre. En solo, guitare ou piano, c'était un joli moment avec Morgane Imbeaud. Voici la version du soir de "AU NORD", un texte de Jean-Louis Murat sur son avant-dernier disque.
LIENS EN PLUS C'EST LES SOLDES :
LE LIEN D'AMITIE EN PLUS
Les amis Dory4 ont chanté deux titres de Jean-Louis lors de leur concert à Villefranche (Quai 474 le 7/12). Voici Foule Romaine.
Le chanteur nous parlait de l'album "Dolores" sur RQQG le 27/12 (podcast disponible 15 jours). Il a l'amabilité d'évoquer le week-end Murat, le 20 et 21 juin.
LE LIEN AVEC LA STAR HOLLYWOODIENNE... Avignonnaise...
On n'a pas fini d'entendre parler de Camille, qui illumine notamment "Parfum d'acacias au jardin" (disponible en CD il faut le rappeler), mais si on parle, c'est pour EMILIA PEREZ, en course vers les Oscars.
Depuis vos débuts, vous collaborez avec d’autres artistes : Jean-Louis Murat, Gérard Manset, Emily Loizeau…
On en revient à cette notion de partage. C’est là où je m’amuse le plus, où je suis la meilleure version de moi-même. Je crois aussi que créer à plusieurs est la meilleure façon d’être amis. La plupart de mes proches sont ceux avec lesquels je crée. C’est un accélérateur de particules fou. Je crée avec mon homme [le compositeur et arrangeur Clément Ducol], c’est d’ailleurs comme ça que je l’ai rencontré. Je l’ai auditionné pour l’un de mes spectacles, puis, après la tournée, nous sommes devenus un couple. Depuis, nous n’avons pas cessé de travailler ensemble. Il a fait les arrangements de mon disque Ilo Veyou[Warner Music, 2011], il a coréalisé Ouï [Because, 2017] et, pour Emilia Pérez, on a tout fait à deux du début à la fin. J’aurais énormément de mal à vivre avec quelqu’un avec qui je ne crée pas. Le monde du 15/12
LE LIEN COUNTRY
Du côté des "on cause français": un petit lien sur un article sur Baptiste W. Hamon, qui fit la dernière première partie parisienne de Jean-Louis. Il est dit "des références pas très rock, alors ajoutons à cette liste un Jean-Louis Murat, lui aussi persuadé que cette forme bizarre de musique populaire – typique des blancs du Sud des USA – n’était pas incompatible avec l’ambition musicale et poétique". On tente de nous l'arracher, mais l'âme reste fresh.
LE LIEN N'EN JETEZ PLUS IL VA FALLOIR ARRÊTER AVEC CET ARTICLE
Restons sur le thème du cinéma et de la musique. Pierre Gaffié (ex chroniqueur de Canal+, animateur radio) que l'on a déjà croisé ici à propos de textes que Jean-Louis Murat lui a écrits, a sorti un court-métrage. Murat est cité dans le teaser.
Les apparences sont trompeuses: non, je ne vous ai pas oublié! Et je vous fais donc un petit cadeau de Noël.... mais vu que je suis un sale gosse... Il est possible que ça ne vous plaise pas...
1) BIBLIOGRAPHIE
Le décès de Jean-Louis Murat nous a globalement fait sombrer dans un unanimisme de bon aloi... mais relatif: on aurait pu penser qu'il soit un brin plus panthéonisé, olympiacisé, documentarisé, hall-offamehiser, hyperWeekendisé -aie, je vais encore sombrer dans le GrégoireBouillierisme-. De l'autre côté, les proches n'ont pas non plus caché certains aspects it's complicated de la personnalité de Jean-Louis (témoignages du livre de P. Andrieu, discours de Bayon aux obsèques), aspects qu'il continue peut-être de payer (en étant mis dans un purgatoire médiatique, au minimum parce que sa renommée aurait été supérieure s'il ne s'était pas mis à dos certains hommes de gauche, de droite, des féministes, des masculinistes, certains communs de la LGBTP+, des anticorridas, les fans de Jojo et de Citroën, des amateurs de rap -dont il était-, et quelques autres... et je pense qu'il y a une parenthèse à fermer, donc). On l'a je pense toujours regretté ici, tout en aimant la complexité du personnage... et quand on aime râler et railler ses icônes, c'est parfait (et dire que certains m'accusent d'être un horrible fan... j'ai le nom). Trouver un connecteur logique patati et excès tes rats- sans digression supplémentaireet aujourd'hui, voilà une pièce à verser dans le dossier à charge [Pour l'instant, le magnifique article pour masoschistes de Matthieu de 2016 en était la masterpièce non peace and love].
C'est un petit article dans Libération qui m'a alerté. Alexis Bernier recommandait le livre d'Emmanuel Plane, ancien attaché de presse de la maison de disque LABELS, que Murat avait rejoint après Virgin (maison mère). Des contacts m'avaient fournis ce nom l'année dernière mais sans que j'en sache plus (les Week-end Murat me prennent trop de temps pour mener toutes les interviews que je souhaiterais).
Renaud Sachet nous apprend (après que le Dit Emmanuel l'ait divulgué lui-même sur Radio Nova) qu'Emmanuel était aussi chroniqueur/auteur sous le nom de Philippe Dumez (dernière apparition dans Section 26... au côté de Renaud... La Blogothèque, les inrocks et autres blogs personnels... mais aussi auteur d'un livre chez Le mot et le reste, c'est notamment à lui que Bernard Lenoir indiquait attendre un concert de son ami Murat à Biarritz. interview par Vincent Theval (label pop/radio France) en 2014 et sur GOnzaï en 2013).
"j'ai promené le chien de Guy-Man" est un livre sec, court, assez resserré sur des anecdotes, et on n'a pas l'impression de toujours lire un livre d'un chroniqueur de musique inspiré, mais c'est lié au fait qu' Emmanuel avait déjà écrit un livre de souvenirs musicaux: Il lui restait juste à raconter le côté plus professionnel... Il est quand même question de sa passion pour la musique, toujours gérée de manière altruiste (il profite de sa position pour faire des cadeaux -cd promos- à des fans ou à Robert Wyatt, ou de délivrer des invitations à des concerts) mais pas exempt de plaisirs solitaires (assister au répét de Black sessions de Lenoir). C'est donc surtout un témoignage sur le travail des attachés de presse, dans un label, autour des années 2000, le début de la fin des heures glorieuses (c'est très intéressant après le témoignage de F. Delmotte sur Virgin sur la décennie précédente). Emmanuel le fait sans chercher à faire du sensationnalisme, cachant parfois quelques noms... mais pour Jean-Louis Murat, il n'a pas cette réserve, et veut afficher sa rancœur.
Tout avait pourtant bien commencé! Jean-Louis adoube celui avec lequel il peut parler musique. Il partage des repas passionnant avec lui, des caprices (il refuse de jouer avec les Calexico en concert à Paris quand il apprend qu'il n'est pas le seul invité)... avant que le côté insupportable de Jean-Louis ne survienne... Aux yeux d'Emmanuel, des propos inexcusables sur un répondeur; et il décide de ne plus jamais avoir à faire avec ce dernier, jusqu'à le bannir de ses algorythmes. Entre temps, Emmanuel aura failli perdre en gare de Clermont les échantillons du vinyle de Lilith.. J'ai consulté Alain Artaud, le boss, dont il est un peu question dans le livre, qui m'indique rapidement;: "tout ce que Emmanuel dit est vrai. Ce qu’il a ressenti aussi".
A noter la page consacrée à Renaud Monfourny très élogieuse (il fait cadeau de tirage photo aux membres du label), et à Morvan (Boury), avec lequel Emmanuel travaille et qui a aussi travaillé avec JLM, la mention de Philippe Barbot (en vrai journaliste intègre) et de Bayon ("on met des cierges pour ne pas que ce soit Bayon qui s'en entiche: même dythérambique, un article peut sortir n'importe quand, y compris deux mois avant la sortie du disque. Autant Bayon en tant que responsable du service musique est imprévisible, autant l'homme est disponible et généréux. Bayon m'a souvent consolé quand j'avais le coeur gros").
Emmanuel Plane, j'ai promené le chien de Guy-Man (et autres histoires édifiantes), 5e étage sans ascenseur Edition, 123 pages (par correspondance ici)
2) Le 20 décembre, un petit lien est arrivé et je n'y ai pas pris garde au milieu des offres du Bon Coin et autres sites de vente... mais c'était tout autre chose: il est mis en vente des instruments et matériel du studio ayant appartenu à Jean-Louis Murat. Peut-être pas des pièces iconiques pour les fans, comme des guitares de Patrice Blanc... mais tout de même des très belles pièces, vintage : des fender électrique et acoustique, du Höfner, Rickenbacker ou Gibson
Vente en février par une maison qui est spécialisée dans les instruments de musique depuis 83 (il semble qu'il y ait une erreur par rapport à la date de novembre qui est indiqué).
Vu le petit émoi que cela a suscité sur les réseaux sociaux (le fait de disperser la collection) , j'ai sollicité Laure Desbruères qui nous fait passer ce message:
Il faut savoir que Jean-Louis voulait avant tout que les instruments soient joués. Nous avons tout au long de sa carrière choisi d’investir dans l’achat de matériel et d’instruments, par souci d’améliorer la qualité des albums produits par Scarlett, et ce dans le but de servir l’oeuvre avant tout. C’était notre priorité absolue. Jean-Louis disait aussi que les instruments prenaient de la valeur, que c’était par ailleurs un investissement pour la famille, et que les enfants auraient ça plus tard. En 2021 ou 2022, il m’avait d’ailleurs raconté en détails sa conversation sur le nouveau métier de notre ancien luthier: Jérôme Casanova, et l’expertise qu’il avait sur l’estimation des instruments. Le matériel va désormais être utilisé dans d’autres studios. Par d’autres musiciens. Les guitares vont être jouées, et servir d’autres créations. Beaucoup mieux que de finir dans une vitrine. Ainsi, comme il a été décidé en AG, le matériel et les instruments de Scarlett seront vendus aux enchères, et chaque enfant gardera une autre partie des instruments qui appartenaient à leur père.
Édit : Y. Bergheaud a souhaité m'indiquer qu'il participait à l'AG, mais juste avec le droit de faire des observations. Je complète par un commentaire.
Merci de votre fidélité, vous êtes plus nombreux, depuis..., mais nous essayons toujours d'assurer un service de qualité.
En formule Brasserie, ce jour, menu unique:
- Poisson du lac : de Genève, le Sirkis amer
A Geneve, Interrogé par le muratien Yann Zitouni, Nikola se plaint toujours du traitement que certains lui infligent... au contraire de Murat, qui aurait aimé Indochine... Cela reste peut-être à démontrer, il a plutôt dit qu'il avait de l'estime pour Sirkis.
Le Matin Dimanche, no. 23741
Cultura, dimanche 24 novembre 2024
Dédié à Jean-Louis Murat
Il est aussi dédié à Jean-Louis Murat, chanteur disparu en mai de la même année et avec lequel Sirkis avait déjà collaboré. « On avait prévu de travailler ensemble sur une nouvelle chanson. » Il se rappelle ce concert collectif organisé en hommage à Murat, auquel il a participé. Il se rappelle aussi la façon dont le magazine « Les Inrockuptibles » a couvert l'événement. « Selon eux, je ne pouvais pas aimer Murat et Murat ne pouvait pas m'aimer. Donc ils ont effacé mon nom, comme si je n'avais pas été là. On a toujours rangé Murat dans une niche, c'était l'artiste d'une intelligentsia. Eh ben, non! Il aimait Mylène Farmer et il aimait Indochine. C'est ça que j'aimais bien chez ce mec-là, il n'avait pas d'œillères. Et il disait beaucoup de choses dont j'appréciais la justesse. »
Murat et Erwin Olaf sont partis, le propre père de Nicola Sirkis s'en est allé il y a trois ans et il a récemment perdu sa belle-mère. Une chanson sur cet album (« Annabel Lee ») salue sa mémoire et, curieusement, c'est une chanson dont le texte est très clair, très direct, alors que Sirkis reconnaît lui-même que son écriture est souvent opaque.
- Plat léger ou pesant selon les estomacs: un morceau de Jaguar, froid (Cold wave).
Varsovie est un groupe de Grenoble formé en 2005, je ne crois pas en avoir jamais entendu parler mais il bénéficie semble-t-il d'un réseau européen underground et punk rock, avec des labels et des salles. Ils jouent ainsi dans toute l'Europe, récemment à Turin... en chantant la plupart du temps en français . On trouve ainsi une chronique du disque sur un site polonais, et leur page fb affiche plus de 5000 likes.
Et ils nous proposent donc la chanson la plus punk du répertoire de Murat... pour rendre hommage à ce morceau de bravoure. C'est repris assez sagement (fidèlement mélodiquement), avec la voix un peu en retrait, mais le final apporte de belles variations, notamment par l'apport de plusieurs guitares me semble-t-il (c'était toujours chouette quand Murat était accompagné de Pie ou d'Alex Delano avec une 2e six-cordes).
Disponible en CD avec cette belle photo de nos montagnes. On trouve aussi une reprise de Joy Division et là encore, choix peu surprenant dans le répertoire de Bashung: "Légère éclaircie", tant ses morceaux peuvent coller à l'univers dark et punk du groupe. Les 5 compositions du disque m'évoquent Noir Désir, notamment par le chant.
Vu que nous garantissons l'origine de nos produits, voici la traçabilité, un petit mot du producteur spécialement pour vous, confirmant l'humilité de la démarche:
Jean-Louis Murat n’a jamais été une influence directe pour Varsovie, mais nous accompagne depuis longtemps, notamment sur la route à travers l’Europe, avec sa capacité à produire des images marquantes, hors des sentiers, et à fixer des saisons mentales particulières. Le lien entre Murat et Varsovie est plus à chercher dans l’atmosphère et l’impact de la langue française dans un style où elle n’est pas la norme. Aussi, plus généralement, pour le côté « périphérique », à différents niveaux.
Personnellement, je l’avais découvert ado, comme beaucoup de gens, via son duo avec Mylène Farmer pour « Regrets », puis j’ai commencé à suivre sa musique, de loin, à partir de l’album « Mustango », surtout les chansons « Nu dans la crevasse » et « Au Mont Sans-Souci ». Le véritable coup de foudre est venu plus tard, avec « Lilith ». À partir de là, j’ai commencé à creuser sa discographie et à attendre ses nouvelles sorties. Bref, selon nous, Murat est l’un des plus grands musiciens français contemporains avec Bashung, Manset et quelques autres.
À la suite de l’enregistrement de notre 5ème album « Pression à froid », nous avons eu l’idée de faire des reprises pour un EP futur. Le disque « Déviation » est finalement sorti le 28 novembre 2024, avec quelques bonus. Nous avons choisi « Les Jours du jaguar », car la chanson nous semblait évidente. Son groove crépusculaire, son texte, son côté déjà quasi post-punk, le défi de chanter « bébé féroce » ou « petite guêpe personnelle »… Nous ne voulions pas nous éloigner de l’originale, mais simplement la jouer à notre manière, de façon un peu plus frontale, à peine moins détachée.
En soi, elle est inutile, dans le sens où elle n’apporte pas grand-chose par rapport à celle de Murat, mais nous tenions à l’intégrer à cette poignée de reprises aux côtés de Bauhaus, Joy Division, Bashung et Siekiera qui nous ont accompagné tout autant ces 20 dernières années, et ce, bien avant d’apprendre sa mort, puisque la décision avait été prise deux mois avant. D’une évidence strictement artistique, c’est devenu une sorte d’hommage accidentel.
Pour l’anecdote, Greg l’avait brièvement croisé à la sortie de l’un de ses concerts, il y a plus d’une dizaine d’années et lui avait donné un de nos albums. « J’écouterai ça dans la bagnole ! » avait-il lancé, avant de partir. Nous n’avons jamais su s’il l’avait écouté ou non, s’il l’avait détesté ou non, pas plus que nous ne saurons ce qu’il aurait pensé de ces « Jours du jaguar » affectueusement défigurés.
Arnault Destal / VARSOVIE
Merci Arnault!
Sucré:
Le reportage de Fr3 est en ligne depuis une semaine, après sa diffusion mercredi (jeudi à la première heure plutôt).
« J'adore son caractère d'ado chiante », nous avait confessé Jean-Louis Murat. On avait alors joué les messagers. « C'est mon côté saturnien ça. On sait que les gens qui sont nés à la culmination ou à la levée de Saturne ont une fixation au stade de l'adolescence ». L'écouter répondre ça un après-midi de mars 2010, allongée sur le canapé de son appartement du XVIe arrondissement parisien, ce n'était pas rien.
L'émission de France 3 est déjà en ligne. On en a parlé avec Richard Beaune ici. Un très joli moment à (re)vivre
plateforme France3 (disponible jusqu'au 28/12!). La diffusion sur les ondes sera le 27/11 (après minuit aux dernières nouvelles).
Je serai heureux d'avoir vos avis en commentaire!
Pour en rester sur cette soirée du 25 mai, on peut voir l'affiche exposée jusqu'au 18/01 au centre camille Claudel à Clermont:
la Montagne
Clermont Ferrand, jeudi 14 novembre 2024
1) Je n'ai pas fait beaucoup de pub à la sortie CD du PARFUM D'ACACIA... après celle en vinyle (épuisé sur la boutique Pias). Et cela n'a pas suscité de chroniques (d'ailleurs, j'ai même oublié de l'acheter en fait). C'est un peu dommage car c'est bien sûr un grand disque.
En première semaine, le CD est quand même apparu dans le top album avec... moins de 300 exemplaires... et a disparu ensuite.
«Avalanche» par Nick Cage ou par Jean-Louis Murat ?
Alexis Bernier
Deux reprises au programme cette semaine, d’après l’original «Avalanche» de Leonard Cohen: Nick Cave and the Bad Seeds et Jean-Louis Murat.
Nick Cave and the Bad Seeds
Deux reprises cette fois, puisque Avalanche est une création de Leonard Cohen dans son troisième album en 1971. La version qu’en donne Nick Cave and the Bad Seeds sur leur premier disque, le très flippant From Her to Eternity, est autrement plus démoniaque que celle du poète yogi canadien. A l’hypnotisant jeu de guitare nue de Cohen, les Bad Seeds, où s’illustrent à l’époque le guitariste «industriel» Blixa Bargeld et le fidèle Mick Harvey aux percussions, opposent un fracas spectral et glaçant que les hurlements funèbres de Nick Cave achèvent de rendre terrifiant. Assagi, Cave en donna plus tard une autre interprétation piano-violon-voix, bien plus fidèle à l’originale. Choisis ton camp, camarade.
Jean-Louis Murat
Amoureusement défendu par ce journal et malheureusement devenu un artiste presque underground à la fin de sa carrière, le montagnard disparu il y a un peu plus d’un an , était un compositeur unique, mais aussi un très grand chanteur. On n’insiste jamais assez sur le niveau vocal de ses interprétations. S’ouvrant sur le souffle du vent et le chant d’un oiseau des volcans qu’il aimait tant, cette version en français fut enregistrée en 1991 pour un magnifique album «tribute» commandité par les Inrocks. A la fois puissante et lasse, l’Avalanche de Murat semble flotter nue dans la brume de l’hiver. Sur cet écrin de nature glacée, la manière dont il fait respirer les mots est totalement déchirante.
3) Interview de Stuart Staples des Tindersticks: Je pensais qu'il connaissait un peu plus Murat (il me semble qu'ils s'étaient rencontrés en coulisse). Par Pierre Andrieu sur concertandco:
Un songwriter français (et auvergnat) disparu en 2023, Jean-Louis Murat, a lui-aussi collaboré avec Claire Denis. Il a aussi travaillé avec des membres des Tindersticks pour ses disques. Connais-tu sa musique et si oui, l'apprécies-tu ?
Je connais un petit peu la musique de Jean-Louis Murat, je ne peux pas dire que j'ai tout écouté mais je me souviens du moment où Dickon (Hinchliffe, nda) bossait avec lui, ça se passait bien. Je sais aussi que Murat habitait dans les montagnes au-dessus de Clermont, mais je n'en sais pas beaucoup plus, j'ai juste écouté quelques-unes des ses chansons.
Murat avait enregistré une version française de "No more affairs", qui était devenu "Plus de liaisons"?
Ah oui, je me souviens.
7) Un point 7 en passant parce que marre de la didacture du chiffre et parce que ce point ne méritait peut-être même pas un lien en plus :
4) On a consacré une chronique au livre d'Armanet il y a quelques temps. Je ne sais pas s'il mérite d'être dans le journal de Claire Chazal, mais en tout cas, c'est Guillaume Durand qui évoque certains propos de Jean-Louis Murat qui sont dans le livre. C'était sur public sénat, 3 muratiens (et je salue bien bas Guillaume qui a parlé de ce modeste au blog à 300 Millions de personnes en 2018 - je n'ai même pas la vidéo, suscitant une... non, rien du tout, mais quand même :
C'est à la 18 minutes (il est encore cité ensuite vers les 20 minutes)... "en d'artagnan, poète absolument formidable" selon Armanet [Grégoire Bouillier parlait de lui en Cyrano la semaine dernière, Murat qui s'est d'ailleurs grimé en ce personnage dans un clip]. Guillaume explique ensuite la ruée vers la musique anglo-saxonne chez les jeunes par le comportement des français pendant la guerre... C'est une analyse un peu audacieuse. Claire Chazal finit l'émission en conseillant la lecture d'une nouvelle revue Aventures dirigée par Y. HAENEL, autre muratien. On a partagé son hommage à Murat paru dans Charlie.
Guillaume en reste à l'important et n'évoque pas la pique sévère à J. PAGE dans l'émission Traffic Music. en 2004 (ça parle d'ailleurs du Parfum d'acacia au jardin, avec B. Molko).
5 si je ne m'abuse) Le nom de Murat ressort cette semaine au côté de Louis Chédid (les échos)... grâce à un nom qui ne me disait rien... Stan Neff.
"il l'a enregistré avec un jeune musicien, Stanislas Neff, avec lequel il s'est immédiatement entendu. Sur le CV de celui-ci, on remarque des collaborations avec Jean-Louis Murat, Camille, Brigitte, Christine and the Queens aussi Lilly Wood & The Pricks - un univers que l'on imaginait à tort bien éloigné du compositeur de succès comme Hold-up [ah oui! ;.)], T'as beau pas être beau, Ainsi soit-il".
6 Et le 6e point, Pierrot se reposa). It's time to lunch surtout.
7) Point Julien DORE
Bon, a priori la critique est plutôt d'accord avec moi sur le disque, même s'il a cartonné en terme de vente.
Sur France Inter: Jean-Louis Murat disait que le but ultime de l'album populaire, c'est quand l'auteur s'efface pour que la chanson appartienne à tout le monde. Julien Doré ajoute : « Comme si elle était désincarnée et qu’elle retrouvait une pulsion de vie, un corps, au travers des souvenirs de ceux qui se la sont appropriés par leur histoire. C'est le moment le plus miraculeux dans une chanson. En tant que chanteur, elle ne vous appartient plus. C’est peut-être dû à l'âme, à la médiatisation, à la célébrité, au succès de l’artiste. On pense souvent que c’est l’auteur de la musique qui mérite le piédestal, or, souvent, c’est la chanson. »
La citation est réelle (figaro 2008) et elle légitime le fait de "reprendre Murat" qui aspirait à être populaire (puisqu'il se disait le "meilleur"!!).
Toujours pas de version en ligne officielle de la reprise et pas d'autres mentions de Murat. Ma vidéo non répertoriée (visible que sur le blog ou en ayant le lien) a été vu 600 fois, c'est énorme. Allez, je mets en public pour voir...
J'ai pu m'organiser pour monter à Paris, même si la Maison de la Poésie a joué un peu avec nos nerfs en ne dévoilant la date du vendredi 15/11 que tardivement... la première date qui est devenue la deuxième, puisque une représentation jeudi a été ajoutée - ne permettant pas néanmoins à tous ceux qui souhaitaient venir de le faire. 160 places, c'est modeste. J'ai ainsi croisé le journaliste Dominique Séverac qui espérait rentrer par exemple.
D'ailleurs, dehors, c'était un peu la cohue dans le passage Molière, puisqu'un immortel vivant chauffait la place du nôtre, l'inacadémique tout aussi vivant d'après ce que nous dira quelques minutes plus tard Grégoire Bouillier. En effet, Dany Laferrière causait de James Baldwin à 19h, un Haïtien en lever de rideau d'un haï des siens (une partie de ses pairs mais je ne veux pas me justifier d'un mauvais jeu de mots)... Et en fait, l'autre frange (qualitative !) est là, bien représentée, sur scène mais aussi dans le public : je parle avec Barbara Carlotti qui m'évoque rapidement l'influence de Murat, ce dernier a aussi sorti CLOU (lui qui en est sorti beaucoup, des clous, d'où les inimitiés sus-évoquées), Barbara cite "Foule romaine" comme sa chanson préférée en story sur instagram le lendemain. L'adjointe de la Mairie de Paris aux anciens combattants est là, mais aucun rapport avec ses fonctions... Enfin, j'espère.
Je retrouve aussi Antonin, l'équipe du Lien défait... et on croise beaucoup de F : F. Vergeade, F. Loriou, F. LO, et la discrète F. du blog de Pierrot qui refuse tout net de se charger du compte-rendu... Ah, c'est dur de trouver du personnel.
Presque plus de personnalités donc qu'au dernier concert parisien de Jean-Louis... Non, ce n'est pas pour faire ma mauvaise tête, non. C'est juste pour parler.
Jolie scène, avec des canapés sur le fond et des tapis, c'est chaleureux.
La soirée débute avec le petit nouveau (dont nos lecteurs fidèles et très attentifs - je ne sais pas s'il y en a - connaissaient déjà l'amour pour Muragostang, l'un de ses trois disques préférés avec un Zappa et un Miles Davis) : l'écrivain Grégoire Bouillier. Exercice un peu difficile de démarrer une telle soirée, d'autant qu'il arrive dans un lourd silence de la salle, qu'il nous fait remarquer... Et il se lance dans une longue intervention, sur un rythme rapide, il a beaucoup à dire, c'est une course, c'est comme ça quand on a décidé de déclarer son amour que l'on avait tu longtemps, CQFD Penny!, faut que ça sorte, même si la pensée va plus vite que les mots qu'on en avale en passant, la sincérité évite toute péroraison pompeuse, et Grégoire de raconter que Murat n'est pas mort, qu'il est là l'accompagnant, qu'il ne peut être ami qu'avec des gens qui aiment également Murat (l'ami Pierre K. disait cela quelques temps auparavant), même dans ses piques de "Cyrano de La Bourboule" (il en cite quelques-unes - j'aime à rappeler moi qu'il a aussi dit du bien des rappeurs et même finalement de PNL mais passons-) pour terminer par un bouquet garni de vers, un cut up Murat très personnel, un best of perso, comme chacun en a un à lui, propre - ou plus sale (Eric Reinhardt fera lui aussi entendre les mots de Murat, dans une lecture émouvante et émue de "Au-dedans de moi" et "Bang Bang" : de la poésie, oui). Comme on le comprend en lisant son dernier livre, Le syndrome de l'Orangerie, chacun aborde une oeuvre avec son vécu, de son enfance comme aux jours précédents, son inconscient... un substrat qui va construire un pathos échappant peut-être à l'auteur - à condition de ne pas avoir la vie intérieure d'un teckel, pour reprendre une expression muratienne citée par Grégoire. Mais me voilà à le singer! C'est que je prends beaucoup de plaisir à lire Le syndrome de l'Orangerie, fasciné que je suis par les artistes, l'inspiration, la flamme -le feu sacré-, la vocation... C'est aussi ce qu'il nous raconte ce soir, et c'est très troublant de voir le narrateur de mon livre de chevet en face de moi, avec tout son aplomb et sa fantaisie (j'aime les deux ensemble).
Un solo de 15 minutes très applaudi, avant que les autres participants le rejoignent sur scène, et y restent : on alterne les solos, les duos, les chansons tous ensemble, mais tout le monde reste sur scène, s'assoit sur les côtés ou derrière, écoute attentivement... Eric Reinhardt contribue même au tambour sur "Nu dans la crevasse", piloté par Jeanne Cherhal qu'il ne quitte pas des yeux tandis qu'elle martèle le rythme à suivre sur sa poitrine. Et finalement Grégoire Bouillier et Eric Reinhardt s'agitent en gogo danseurs sur "Le cri du papillon" au deuxième rappel !
On retrouve beaucoup de titres joués à la soirée du 25 mai à la Coopé : très semblablement "La maladie d'amour" par Jeanne Cherhal, "Le cafard" par Morgane Imbeaud, comme la lecture par Eric Reinhardt, accompagné par Morgane, d'un extrait de son roman Cendrillon. Avec des variations sensibles et bienvenues cependant. Eric Reinhardt introduit sa lecture par le rappel du rôle qu'a joué Taormina dans la composition de son roman, et à une des périodes les plus difficiles de son existence. Il dresse aussi un beau portrait de Jean-Louis, homme et artiste. Florent Marchet a retravaillé l'accompagnement musical du "Monde intérieur", et la chanson prend encore une autre dimension : splendide reprise, suivie de celle de "Fort Alamo", tout aussi enthousiasmante. "Gilet Jaune#4", très dansant en grand orchestre à la Coopé est ici repris plus low fi... par les Red Legs qui nous font la surprise d'une reformation pour l'événement. Les Red legs, c'est la formation avec JP Nataf à la guitare et Jeanne à la basse. Ils sont très drôles tous les deux.
Mais je retiens surtout JP Nataf en solo sur "Le troupeau", une version qui s'éloigne beaucoup de l'original musicalement (plus que la version de Gontard sur Aura Aime Murat qui m'est si chère), qui me fait dire une nouvelle fois oh combien j'aime ce gars et son jeu de guitare. Et également le choix de Morgane Imbeaud de reprendre un titre de Travaux sur la N89, "La vie me va", seule au piano. Très très beau et de quoi peut-être faire réviser à certains leur avis sur cet album.
Je crois que j'ai dit ce qui me tenait à cœur, pour le reste.... ah, oui, c'est en intégralité là: (mais je vous propose de l'inédit ensuite!)
Bravo à Florent Marchet, Jeanne Cherhal, Morgane Imbeaud, JP Nataf, Grégoire et Eric, et Olivier Nuc, chargé de la guitare... et à Arnaud Cathrine, programmateur, pour qui Murat a été si important dans les années 80. Bon c'est peut-être l'occasion de citer quelques extraits que j'ai sous le coude depuis plus de 10 ans pour une interview qui ne s'est pas faite. Arnaud Cathrine :
J’ai eu, disais-je, une vie musicale clandestine, d’autant plus impérieuse pendant les années collège et lycée. Je revois ces garçons férus de Cure qui débarquaient dans la cour les ongles noircis au vernis et les lèvres rouges… Je ne comprenais rien à Cure, pour moi il était entendu que les garçons avaient le droit de pleurer (je n’aurais jamais pensé à aller chercher un quelconque second degré dans une chanson anglaise) et j’avais eu bien assez de leurs soupirs affligés lorsque j’avais brandi le magnifique « Cheyenne Automne » de Murat. « C’est quoi cette voix de tapette ?! » Sans appel. Je repasserai. Et je continuerai à écouter Murat. Je ne suis pas un garçon pop,je crois. Pas pop anglaise, en tout cas. Vous ne m’en voudrez pas ? (Mixte 2008 - disponible sur le site officiel d'Arnaud)
J'écume le répertoire de William Sheller, Véronique Sanson et Jean-Louis Murat. Je bêle dans le dos de mon professeur; je suis univers, je suis "Amoureuse", je suis "Passions privées". "Lorsque je tente de faire entendre la voix de Murat, je constate l'incompréhension crasse que l'Auvergnat aux yeux bleus inspire à mes congénères: sa voix alanguie désarçonne; le féminin qui s'y joue, il faut s'en défendre; quant à cet accent qu'il ne cherche pas le moins du monde à dissimuler, n'en parlons pas. A moi, il indique une voie, celle de la singularité (seul horizon, m'a-t-il toujours semblé). Et puis, il y a de goût pour le français et cette façon d'assumer totalement le sentiment (entre autres); voilà bien ce que je traque en moi-même à l'époque, restant du même coup à la porte des "bandes" qui sont majoritairement occupées non pas par la question du sentiment mais par l'expression brouillonne de la pulsion"
(NRF, de juin 2012, "variétés¨littérature et chanson")
Voilà ce que l’inconscient collectif semble demander à la chanson française. Du divertissement, tout simplement. Et je m’énerve tout seul, encore et toujours. Moi qui considère les textes de Dominique A, de Barbara, de Léo Ferré ou encore de Jean-Louis Murat comme de la pure littérature. Et pourquoi pas ? Moi qui considère que la chanson est un art majeur. Et pourquoi pas ? Mais c’est sans compter le paradis obligatoire et écervelé du divertissement… Sauf que nous parlons à un moment où les maisons de disque ajoutent leur contribution, paniquées Mixte 2009
Une chanson française qui ne va pas forcément aux Victoires de la Musique peut-être parce qu’à l’image du cinéma d’auteur et de la littérature; elle a d’autres ambitions que celle de nous divertir : elle, elle veut nous bouleverser, nous bousculer, nous désarçonner, affronter le pire et le meilleur de nos vies. Elle, elle n’arbore pas ce sourire forcé qu’on a parfois pendant les fêtes où l’on singe la joie comme des épouvantails. Elle n’est pourtant ni sinistre ni ennuyeuse : elle fait juste de l’or avec notre boue, selon la formule du poète. Rappelons-nous : c’est une expérience sacrément remuante de suivre le corbillard de Fernand avec Brel, de sentir le mal de vivre se changer en joie de vivre avec Barbara, d’assister au naufrages nocturnes de Richard avec Ferré, de regarder en face la mécanique terrible des trompettes de la renommée avec Brassens… C’est tout ça que fouillent, avec leur modernité et leur immense talent, Dominique A, Jean-Louis Murat, Florent Marchet, Bertrand Belin, Arman Méliès, Joseph d’Anvers, Valérie Leulliot, Bertrand Betsch, Alain Bashung, Philippe Katerine, Claire Diterzi, Frank Monnet… et Erik Arnaud. Entre autres. C’est ça aussi la chanson française. Une expérience sacrément remuante. Au moins autant que la « fête ». Sauf que ça nous laisse plus vivant. Alors pourquoi d’entre tous ces noms cités y en a-t-il que vous ne connaissez toujours pas ?
Cherchons l’erreur. Chronique écrite pour Envies de voir, TV5, 2007
Il y a de très jolies noms dans cette dernière liste... presque tous des "muratiens"... De quoi imaginer beaucoup d'autres belles soirées hommage... soirées ou week-end... Je dis ça, je dis pas rien, c'est bien l'annonce d'un week-end Murat, yes sir! le 20 et 21 juin, tout pareil, mais pleins de nouveaux participants!
J’ai lu, en duo avec Jeanne Cherhal, et non chanté, parce que Murat était aussi et avant tout un écrivain, un poète, le texte de sa chanson « Bang Bang ».
J’ai aussi lu, accompagné par la voix et les nappes de Morgane Imbeaud, un extrait de mon roman « Cendrillon », le livre qui nous a valu de nous rencontrer, Jean-Louis et moi, à l’automne 2007 et de devenir amis…
J’ai écrit une grande partie de « Cendrillon » en écoutant « Taormina » de façon éperdue, désespérée, comme si je m’étais raccroché à lui et que ma vie en dépendait.
Ma femme avait appris qu’elle était atteinte d’un cancer grave et m’avait fait promettre, comme un pacte entre nous, de terminer mon roman pendant qu’elle se battrait contre la maladie, afin qu’à l’automne, quelques mois plus tard, je le publie, elle soit guérie.
Je n’avais jamais eu autant besoin qu’une force extérieure me secoure, me protège, me donne foi dans la vie et le moment présent, fasse que le temps se dilate et qu’il m’accueille tel un nuage aux cieux — et c’est précisément ce que j’ai trouvé dans « Taormina », qui est la seule musique que j’ai écouté quatre mois durant, y puisant des forces et une ferveur phénoménales. Il y avait une dimension sacrée dans ma fréquentation ritualisée de cet album, ce qu’autorise voire favorise l’art de Jean-Louis Murat, incantatoire, épris d’absolu, d’au-delà, de transcendance.
Qui sait si j’y serais parvenu sans lui, la question pourrait paraître rhétorique mais elle ne l’est pas et c’est précisément, je crois, ce qui lie un grand nombre d’entre nous à sa musique : y trouver la puissance magique et tellurique dont nous avons besoin pour vivre, nous enchanter, nous consoler, endurer nos propres gouffres.
C’est ça, aussi, la musique, dans nos vies, on le sait bien.
On a déjà parlé de ce groupe après que j'ai pu assister à un de leurs concerts à Clermont. Leur album Dummy light in the Chaos vient de sortir le 18/10 chez Only Lovers Records/modulor avec un bel oeuf au plat dessiné sur la pochette. Une invitation au jeu de mots de foireux que je me refuse d'honorer, vous l'imaginez bien! Moi, jamais!
Pour le lien muratien, on notera qu'après ce qui était une petite intérim il me semble, Morgane Imbeaud fait toujours partie de la formation, même si le texte accompagnant le cd promo ne cite pour le noyau du groupe qu'Alexandre Costa, Sonia Lavergne et Pascal Mondaz... Ce dernier a aussi un lien avec Murat : il a enregistré Babel! Et à ce titre, figure dans dans le livre Les jours du jaguar de P. Andrieu avec une interview fort intéressante sur la conception de Babel (dont il a beaucoup appris - il a utilisé les mêmes procédés pour la Maison Tellier ensuite par exemple) et la personnalité de Jean-Louis. A l'époque de Babel, le texte promo nous disait ceci:
Pascal Mondaz
Ingénieur du son et réalisateur, attentif et instinctif, formé à la rude école de la scène, musicien en solo intégral avec Galaktyk Kowboy, Pascal ‘Power’ Mondaz a sans doute tout compris des subtilités du studio. Diplômé de la SAE de Londres, il a travaillé avec Cocoon, The Delano Orchestra, Zak Laughed, The Elderberries, autour de Bashung et avec la plupart des beaux projets clermontois.
Mais venons-en au disque : J'ai été un peu désarçonné au tout premier abord, en n'ayant pas l'impression de retrouver ce qui m'avait plu au concert (une luxuriance musical pop qui ne se prête pas à "une forme d'improvisation" telle qu'évoquée dans le texte promo), mais dès la deuxième écoute, le lien s'est fait, grâce aux rythmes et mélodies accrocheuses : "We'll be bound", "maybe not". Les harmonies vocales entre Alexandre et Sonia font merveille sur "Medusa"(très réussi) et "Weakness of mind"... et pour le coup, je retrouve vraiment sur ces titres ces petits bijoux pop (souvent à peine 2/3 minutes, voire une minute pour la dernière) qu'on a envie d'écouter en faisant défiler les miles... Une pop très 80 et 90s. Sur "whisper of Flames", c'est le petit synthé qui va nous conquérir, et on trouve les titres plus électro/synthétique : "lost cause", "walking away". "Rest my head" nous accroche aussi (C'est l'un des morceaux qui me reste en tête) grâce à sa partie de guitare qui pourrait tourner en boucle... on pense à The Cure, et c'est effectivement une référence citée (comme les Pixies, Slowdive, Girls in Hawai).
Cette galette (complète), c'est court, pas plat, mais au "poêle", percutant, sans coquille, frais mais protéiné, pas d'egg-eux du tout, on ne va pas faire un plat, mais ça fait un effet b-oeuf. Même les blancs sont bons. Un album-mine! Ça serait en français alors là...
En tant que camarade de route de S. EICHER, je veux signaler leur choix de reprendre EISBAR en live (filmé par P.Andrieux ici).
Après quelques dates en octobre sur la France, une seule date à retenir pour l'instant: concert le 8/03/25 à Rouen (les 3 pièces), mais à surveiller là : https://www.facebook.com/Montanitafootballclub
Et la presse apprécie:
"On est immergé dans une pop ouatée (“Maybe Not”) parfois lancinante (“Medusa”), très agréable et planante (“Lost Cause”), mais capable de quelques envolées plus alertes, comme ”Weakness of Mind” sur laquelle plane l’ombre de la new wave. ." ROCK & FOLK
"Le disque est gorgé d’une humanité profonde, naviguant entre noirceur et mélodies entraînantes, pour toujours trouver le chemin le plus clairement pop." INDIEPOPROCK
"On pense à Slowdive ou à Beach House mais ce qui est sûr c’est que ce premier disque est un clean game qui renverse nos quilles émotionnelles." SOUL KITCHEN
"Dummy Light in the Chaos est une régalade. Il sonne 90’s mais date d’aujourd’hui, impeccable de bout en bout" MUZZART
"(...) sublime album à venir, « Dummy Light in the Chaos », qui risque d’agiter la sphère indé en cette fin 2024." INDIE MUSIC
(...) la musique de Montañita s’épanouit tout en douceur et légèreté, les voix sont justes, les arrangements discrets et les mélodies délicieuses" ADDICT CULTURE
"Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître pour le groupe clermontois Montañita qui publie mi-octobre 2024 un premier album vraiment canon (...)" CONCERT AND CO
"C’est drôlement bien ficelé et catchy, le coup de projecteur est mérité." BENZINE
EN passant, quelques dates pour Morgane Imbeaud, dont ce soir, avec l'équipe bleue (Matt Low, Alex Delano, Yann C...), et à Chambéry (je devrais y être).
----------------------------------
- On passe à Garciaphone, et son troisième disque Ghost Fire (Microcultures). Sortie le 8/11 (numérique, cd et vinyle)
Je suis condamné à faire la parenthèse muratienne, alors:(rappelons que Jean-Louis a fait figurer Olivier Perez comme une tête couronnée dans Point de vue/images du mondeen 2016, et évoquait l'extrême bon goût de ses ballades, se disant "même épaté". On retrouve aux crédits du disque : Guillaume Bongiraud (Delano-babel) et Mocke (ex-Holden, guitariste pour la Féline, Nesles et Chevalrex -entre autres muratiens). Zacharie Boisseau (Zac Laughed) est toujours présent (peu muratien, au contraire de son papa, mais profitons-en pour signaler sa reprise de MANSET avec Yan C. sur la chaine frenchkiss), et Clément Chevrier (ex Delano). Enfin, notons bien sûr qu'Olivier Perez accompagne à la batterie les Elyzian Fields sur les deux dernières tournées européennes avec Matt Low à la basse).
Ghost douceur?
Alors, je crois avoir dit et redit tout le bien que je pensais du dernier disque Dreameater il y a 7 ans. Depuis, le cd n'est jamais parti au fond des étagères, restant à disposition pour des écoutes régulières. C'est peu dire que j'étais donc curieux de cette nouveauté. De toute évidence, on ne part pas pour une révolution. On retrouve avec plaisir la douce et très juste voix d'Olivier Perez, et les fameuses ballades. Les ambiances se prêtent toujours à se lover au coin d'un feu, dans une longue soirée d'hiver... mais les orchestrations laissent deviner par moment (surtout sur la première partie) des tourments extérieurs, les intempéries qui frappent à la fenêtre... ambiance d'étrangeté peut-être accentuée par des interventions de cithare, bouzouki et saz (luthe), qui marquent un peu la différence avec le précédent disque. (je lis le dernier Grégoire Bouillet sur Monet, ça m'incite à laisser mes interprétations gambader comme une chèvre alpestre au printemps
Au fil du disque:
"Aloha He", est un charmant "bienvenue" avec une belle guitare et voix, après une note de synthé... L'orchestration s'enrichit vite, douce guitare électrique, nappe vibrante et de plus en plus grinçante. Comme sur Dreameater, on retrouve immédiatement ce folk au premier abord simple mais dont les orchestrations nous préservent de tout ennui avec une écoute attentive (surtout que les chansons sont assez brèves, l'album fait 30 minutes).
"Someone Else's Dreams" nous amène sur les mêmes rives, mais là, c'est Guillaume Bongiraud et les cordes qui interviennent, et des jeux de tempo et de rythme, qui viennent finir sur un long pont presque jazzy, conclu par quelques sons surprenants.
Même si une guitare sonne presque espagnole au démarrage, "Conditional love" semble à nouveau sans surprise... et on peut se lover dans la voix très belle, avant un final "expérimental".
Il serait temps de placer un morceau un peu plus enlevé, et justement, "Weathercocks" nous a sorti de devant la cheminée, et on peut avaler les miles sur la Highway... mais en 1 minute 20, la virée tourne un peu au drame au son d'une guitare un rien saturé. C'est Thelma et Louise, les flics sont à nos trousses.
Un coin de soleil nous attend néanmoins avec le bavard "The Human form", qui reste sur un format court (2.3 minutes).
" A House that Speaks", c'est l'arrivée au saloon, un bar à Nashville, avec ce thème très country, même si la voix aigue évoque Paul Simon. L'orchestration est cette fois très sobre... même si un petit piano vient créer un peu la surprise.
"My Genes and Education" nous ramène à des choses plus contemporaines. Je suis moins adepte mais le pont un peu dissonant est intéressant.
"Beyond The Speaker" est dans la simplicité, plus mélodique... le refrain est accrocheur, et le violoncelle de Guillaume intervient joliment.
"Better and Better" est le tube de l'album, avec son petit refrain accrocheur, accompagné du violoncelle, qui vient avec une petite progression tout en douceur. Au 2e passage, on dodeline de la tête, on tape du pied.... Au 3e, encore plus, même si le choix est de rester dans la douceur dans le pont.
"Heard of the Hermit", guitare et voix... c'est naked. Folk pur en stock... avant un peu de violoncelle. Joli pour terminer le disque sur un morceau un peu plus long (comme le premier titre, on ne dépasse par pour autant les 4 minutes).
Il m'avait fallu du temps pour vraiment rentrer dans le dernier disque et c'est sans doute aussi vrai pour celui-là. L'anglais est bien sûr un obstacle pour le bourricot que je suis, je n'ai pas le sens des textes, ce qui m'empêche d'apprécier durablement du folk sans identité forte et mélodies accrocheuses. Mais ce n'est pas le cas avec Garciaphone. Je pense d'un coup à le ranger à côté de Syd Matters pour le talent des mélodies feutrées, mais il me manque peut-être à Ghost fire les harmonies vocales qui étaient présentes sur Dreameater... notamment sur ma préférée "Every Song of Sorrow Is New" qui est un titre que je peux me mettre en boucle pour son final. Pour autant, ce disque reste largement au dessus de panier tissé de cordes nylon (je vous invite à comparer avec le dernier Raoul Vignal).
Ghost Fire Le Monde Culture, mardi 12 novembre 2024:
Quand on pense à l’Auvergne, le nom de Jean-Louis Murat (1952-2023) vient à l’esprit. C’est sans compter sur le talentueux Clermontois Olivier Perez, alias Garciaphone. Depuis 2011, ce multi-instrumentiste et chanteur (aussi batteur de scène pour le duo Elysian Fields) a publié deux délicats disques de pop folk cotonneuse. Ce fin mélodiste, héritier d’Elliott Smith (1969-2003) et de Badly Drawn Boy, affiche une éthique artisanale (avec synthétiseurs de fortune façon Grandaddy) qui contribue à son charme. Sept ans après Dreameater, ce troisième album s’étoffe d’orchestrations subtiles (violoncelle, cithare, saz, bouzouki) avec l’aide des touche-à-tout Zacharie Boissau et Clément Chevrier (The Delano Orchestra) et le guitariste Mocke (Holden, Arlt). Garciaphone nous installe dans sa bulle légère, tour à tour pop feutrée (A House That Speaks, Beyond the Speaker), radieuse (Better and Better, Someone Else’s Dream) voire délicieusement brouillonne (Weathercocks).
Sud Ouest dimanche - Gironde- dimanche 10 novembre 2024 : Interview de J. Doré
Jusqu’aux «Cuitas les bananas» de Philippe Risoli quand même…
Oui. C’est un grand écart dans lequel je me suis construit. D’une enfance où Risoli était à la télé chez mes parents, où on écoutait Dalida à la radio. J’ai grandi aussi avec un amour infini pour Hélène Ségara, et c’est un bonheur d’avoir chanté avec elle «Sarà perché ti amo».
Et puis aussi enregistrer «Un homme heureux», un des plus belles chansons françaises. Et ne pas oublier qu’aux Beaux-Arts, j’écoutais Jean-Louis Murat qui a été très important dans ma façon d’écrire. Alors j’ai enregistré «L’Ange déchu», un des six bonus des versions vinyles (1). Six que je ne voulais pas laisser de côté après avoir choisi 23 chansons dans la centaine au départ!
L'album de reprises de Julien Doré est sorti hier, mais la reprise de Murat qui figure sur l'édition "noire" du vinyle (cf l'article de juillet dernier) n'est pas disponible en ligne.
Voici une petite vidéo à l'arrache pour vous faire une idée:
Je ne suis pas allergique à Doré puisque j'ai plusieurs disques mais une première écoute de l'ensemble me laisse perplexe, même si lui défend le projet sur un champ artistique en citant Duchamp...
Sur la reprise de "l'ange déchu", mon coeur va à Stéphane Pétrier, avec l'émotion inégalable d'avoir été présent avec vous, à applaudir... Stéphane qui lui aussi par moment peut défendre la variété (Michel Delpech...) mais la sincérité doit transpirer... C'est toujours le cas avec Stéphane.
Alors, si vous voulez un vinyle avec un homme nu, je ne saurais trop vous conseiller le premier disque solo de M. Pétrier, "l'homme coupé en deux" chez simplex records
J'ai eu un peu de mal à accrocher avec des écoutes sur mon téléphone, pour des raisons qui tiennent peut-être à mon attachement au Voyage de Noz, mais après deux écoutes du vinyle, c'est définitivement adopté.