Publié le 9 Avril 2013

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         Quand j’ai vu que l’ « inter-ViOUS ET MURAT »  pouvait devenir une série,  j’ai souhaité l’ouvrir à différents types de personnalités, pas seulement des chanteurs ou des amis de Jean-Louis Murat (voir des anonymes, qui sait ?). Et voilà quelques années que je croisais sur les réseaux sociaux ou sur le fil de l’actualité, un muratien un peu particulier (peut-être totalement sui generis), mais je cherchais une occasion...    « The end, etc… », le web-film de Laetitia Masson mis en musique par Murat  me l'a offert, avec l'ambition d'aider à répondre à  la question posée par la réalisatrice  : « c’est quoi l’engagement ? ». En effet,  l’homme que j’ai interrogé… est un «politique» et un « politicien » (même s’il garde une autre activité professionnelle)! 
         39 ans, diplômé de droit public, il s’agit d’Eric Quénard, premier adjoint P.S. de la Ville De Reims, 12e commune de France en terme d’habitants, conseiller général de la Marne.  Il n’hésite pas à partager sur le net, très régulièrement, son enthousiasme pour Murat aux milieux de commentaires plus attendus (informations sur ses nombreuses activités quotidiennes,  piques à ses collègues de l’opposition...).  Battu aux législatives par la député sortante, il reste élu de terrain pour l'instant… et s'est accordé un peu de temps les dimanche soir pour répondre à mes questions, poussé par une seule motivation : sa passion, pas si évidente à affirmer,  pour Jean-Louis Murat. Il ne sera pas donc  question de choc de compétitivité, de choc de simplification, ni même de choc de moralité...mais, sans aller jusqu'à convoquer le fantôme de Malraux pour autant... de "choc esthétique"!
   
 
- Première question qui est un peu celle qui vient rapidement quand deux muratiens se rencontrent: ça  a débuté quand? comment?

Eric Quénard : J'ai découvert Murat d'une manière assez originale. C'était à la fin des années 1980 avec l'album Cheyenne Autumn. J'avais 16 ans.
Ma mémoire avait imprimé certaines chansons telles que "le garçon qui maudit les filles", "Si je devais manquer de toi" mais sans pour autant que je me sois attaché à rechercher l'identité de l'artiste. C'est en écoutant un jour la chanson "L'Ange déchu" que j'ai entendu pour la première fois le nom de Jean-Louis Murat. Je me suis rapidement rendu chez un disquaire pour acheter l'album.
Et là en écoutant Cheyenne Autumn, je découvrais finalement que derrière Murat se cachait l'auteur et interprète des autres chansons que j'avais tant fredonné. Ce fut une heureuse surprise.. Cette rencontre avec l'artiste fut pour moi déterminante. Depuis cette époque, je suis resté un inconditionnel.
 
- Donc vous êtes un Muratien historique... car l'ayant écouté dès que sa carrière a réellement débutée.... ce qui n'était pas réellement mon cas.  Aimer Murat à 16 ans, cela m'évoque Arnaud Cathrine (né en 74 également) qui a écrit :
"
J’ai eu, disais-je, une vie musicale clandestine, d’autant plus impérieuse pendant les années collège et lycée. Je revois ces garçons férus de Cure qui débarquaient dans la cour les ongles noircis au vernis et les lèvres rouges… Je ne comprenais rien à Cure, pour moi il était entendu que les garçons avaient le droit de pleurer (je n’aurais jamais pensé à aller chercher un quelconque second degré dans une  chanson anglaise) et j’avais eu bien assez de leurs soupirs affligés lorsque j’avais  brandi le magnifique « Cheyenne Automne » de Murat. « C’est quoi cette voix de tapette ?! » Sans appel. Je repasserai. Et je continuerai à écouter Murat. Je ne suis pas un garçon pop, je crois".   ET
"Lorsque je tente de faire entendre la voix de Murat, je constate l'incompréhension crasse que l'Auvergnat aux yeux bleus inspire à mes congénères: sa voix alanguie désarçonne; le féminin qui s'y joue, il faut s'en défendre; quant à cet accent qu'il ne cherche pas le moins du monde à dissimuler, n'en parlons pas"
 
Eric Quénard : Oui effectivement je me retrouve assez bien dans cette description surtout d'ailleurs dans les réactions que pouvait susciter Jean-Louis Murat auprès de mes amis. J'ai toutefois toujours assumé avec une certaine fierté mon intérêt pour l'artiste, ses textes, ses mélodies. J'y trouvais même là une occasion de me singulariser par rapport aux autres.
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- Est-ce que la politique ne vous offrait justement pas cette singularité? L'engagement est-il venu plus tard?  Quel adolescent étiez-vous?
 
Eric Quénard : Non, car je me suis engagé quelques années plus tard à 19 ans à mon retour sur Reims. J'étais à l'époque dans la ville du Mans un collégien puis un lycéen plutôt discret même si j'exerçais déjà des responsabilités en représentant mes camarades de classe. Je lisais, j'écoutais pas mal de musique puis je faisais du sport (football, cyclisme).
 
 
- Comment et quand vous êtes vous engagé dans la politique?  Et quel a été le parcours qui vous a mené à vos fonctions actuelles?
 
Eric Quénard : J'avais des convictions, des idées que je souhaitais défendre, partager mais aussi confronter avec d'autres. J'étais profondément touché par les injustices. J'avais souvent des échanges avec mes amis, des débats parfois vifs. J'étais aussi critique vis à vis des structures partisanes. Je le reste d'ailleurs encore aujourd'hui. Rien ne me prédestinait à ce parcours. Je voulais en effet devenir commissaire de police. Mais j'ai choisi à l'époque de m'engager en rejoignant à l'âge de 19 ans un parti politique (PS) auquel je suis depuis resté fidèle. Rapidement, je me suis aperçu que cet engagement ne pouvait se concevoir sans un engagement plus concret dans le monde associatif. Tout en poursuivant mes études universitaires en droit, j'ai donc milité dans le milieu de l'éducation populaire (Maison des jeunes et de la culture ), pris des responsabilités dans un foyer de jeunes travailleurs et dans une structure qui aidait les immigrés à s'insérer.

 La fin de mes études en 1997 a coïncidé avec la dissolution de l'assemblée nationale et la victoire de la gauche. De nouveaux députés ont été élus. Une opportunité s'est alors présentée à moi. Je l'ai saisi. C'était pour moi l'occasion d'enrichir mon parcours d'une nouvelle expérience. J'ai travaillé pendant deux années au côté d'un député dans la pointe des Ardennes, appelée aussi la vallée de la Meuse, pays des fonderies puis ensuite auprès d'une députée européenne.

J'ai été ensuite élu en mars 2001 plus jeune conseiller général de la Marne sur un canton urbain avec un grand quartier populaire de 20.000 habitants où je vis encore aujourd'hui. Je suis depuis mars 2008 Premier adjoint au Maire de Reims où je suis les questions de logements, de politique de la ville, d'urbanisme, de voirie et de tranquillité publique.
 
 
 
- Et la dernière "aventure" fut la "bataille" des législatives où vous étiez candidat..  mais la vague rose n'a pas conquis totalement la ville du biscuit... rose.  Alors, concernant ce champ du politique et pour en revenir à "Murat et vous",  est-ce que vous écoutez aussi ce qu'il dit?  et n'est-ce pas parfois devenu difficile d'assumer votre intérêt pour lui?
 
Eric Quénard : Oui j'écoute ce qu'il dit. Je suis souvent en accord, parfois en désaccord. J'aime par exemple la manière dont il aborde son rapport à la nature, sa connaissance de l'histoire de la musique, son engagement pour des causes humanitaires (concert de la coopérative de mai), les sentiments, le sport. Je m'y retrouve souvent. Mais en même temps, ce qui me passionne chez Murat, ce sont ses textes, ses mélodies et son interprétation si singulière. Je n'ai jamais éprouvé de difficultés à assumer mon intérêt pour lui même si je reconnais bien volontiers que certaines de ses prestations ont pu me surprendre. En même temps, je pense qu'il assume son côté direct, franc et rejette la pensée unique. C'est un artiste libre.
 
 
 
- Vous ne vous êtes jamais retrouvé à devoir vous défendre de votre "passion" pour lui, alors que l'extrême droite  tenteait de le récupérer (quand il évoque Bernanos, Muray...) ou qu'il était dans le viseur de la presse gay?  ... Vous ne craignez pas encore de le défendre ou de parler de votre intérêt/goût/passion  pour le personnage, malgré la polémique?
 
Eric Quénard : C'est vrai que certains de ses propos ont pu m'interpeller. Je suis très souvent en accord avec lui à quelques exceptions près. Je ne me retrouve pas par exemple dans les propos qui lui ont été prêtés sur l'homosexualité. Quant aux tentatives de récupération par l'extrême droite, je n'ai jamais considéré que c'était très sérieux. Ces différentes polémiques n'ont en rien freiné l'admiration que je porte à cet artiste authentique. Je continue à défendre son travail, parce que je pense qu'il mérite d'être mieux connu et apprécié.
 
 
- Il a écrit un texte remarquable sur Mitterrand, support désormais de cours d'histoire, mais ses propos sur 1981, ses explications autour de "suicidez vous le peuple est mort",  ne fait-il pas un peu mal à l'homme politique de gauche forcément attaché à la conservation du "mythe" ?


Eric Quénard : C'est vrai que l'inédit de 1997 sur la disparition de François Mitterrand est remarquablement bien écrit. Il a su faire ressortir avec talent l'extraordinaire ambivalence et la complexité du personnage. Entre affection et rejet. En même temps, tout en étant remarquable, ce texte n'en est pas moins sans concession. Et je trouve que 16 ans après "suicidez-vous le peuple est mort", il y a une constance et une cohérence entre ces deux textes de Murat. On a beaucoup écrit sur François Mitterrand, sur son parcours, sur sa complexité, sa double vie. Il a été beaucoup décrié. Et malgré tout il fait d'une certaine manière partie de la famille. Personnellement, j'ai toujours eu sur le personnage un sentiment partagé entre admiration et incompréhension. C'est pourquoi sans doute, j'aime beaucoup cette chanson de 1997.
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-  A l'occasion de la sortie du livre de mon camarade Baptiste Vignol, j'avais envie de vous faire subir La question... belle séquence de torture que ce Monsieur a infligée à 276 artistes: "pourriez-vous nous confier la liste de
 vos dix chansons préférées, celles qui vous accompagnent, (que vous auriez aimé écrire, enregistrer) peu importe vos critères?  Établir ce genre de classement étant quasi-impossible si l'on veut être sincère et sérieux, trop de chansons étant liées à d'innombrables souvenirs, je vous conseillerai peut-être de le faire dans l'urgence, en prenant un quart d'heure..."

Eric Quénard : C'est effectivement un exercice difficile tant Murat fait partie de mon quotidien musical. J'aime de très nombreuses chansons de Murat. J'ai une faiblesse particulière pour la "chanson de Dolores" qui correspond à une période de séparation dans ma vie amoureuse. J'aime les premières chansons qui m'ont fait connaître l'artiste : « amours débutants », « l'ange déchu », « si je devais manquer de toi », « te garder près de moi ». J'aime le « Terres de France » de Murat en plein Air et sa chapelle de Notre Dame de Roche-Charles. J'aime « Montagne » et « Par Mégarde » sur Vénus. J'aime « Bang Bang » sur Mustango. J'aime « foule romaine » sur le Moujik. J'aime la reprise de Ferré « L'héautontimorouménos ». J'aime la sensualité de « Chappaquiddick », « le baiser », « Aimer » comme d'ailleurs de « Plus vu de femmes » en duo avec Camille. Plus récemment, j'aime beaucoup « qu'est- ce que ça veut dire » sur Grand Lièvre.
 
- Et  puisqu'on en est aux choix, voici les questions rituelles de l'"INTER-ViOUS et MURAT" : 
    votre album préféré de Murat ?  et s'il fallait retenir 3 titres ? et bien sûr pourquoi?
 
Eric Quénard : Live in Dolorès. Trois titres : « la chanson de Dolores »  pour la rupture, « Amours débutants » pour les premiers émois, « Montagne » pour la référence familiale et le lien à la nature.
 
 
 
- Pour les artistes, je pose ceci :"Est-ce que dans votre œuvre, vous avez une chanson qui vous fait penser à Murat, ou dont Jean-Louis Murat aurait participé à l’inspiration "?...  On va la modifier ainsi : Est-ce que votre passion vous a déjà amené à mettre du Murat dans vos discours?   Et une place Léonard Cohen, une école Jean-Louis Murat, cela vous-a-t-il déjà traversé l'esprit?
 
Eric Quénard : Non je n'ai jamais mis de référence Muratienne dans mes discours. Quant à baptiser une école du nom de Jean-Louis Murat, c'est une bonne question ... merci de me l'avoir posée. Je trouve que c'est une idée séduisante mais je ne suis pas sûr que l'artiste y soit favorable.
 
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- Gardez-vous en mémoire un concert de Murat en particulier? un souvenir? une ancdote?  
L'avez-vous vu régulièrement (dernière visite à la Cartonnerie en 2006)?
 
Eric Quénard : J'ai vu effectivement Murat plusieurs fois en concert à Paris et à Reims au Manège ou à La Cartonnerie. J'ai eu l'occasion de le croiser dans un resto après l'un des concerts qu'il avait donné au Manège de Reims avec Denis Clavaizolle dans le cadre de la tournée Dolores. J'avais pu échanger avec lui très brièvement. Je rêve de pouvoir un jour le rencontrer et échanger un peu plus longuement avec lui sur son œuvre et sur l'engagement.
J'envisage d'ailleurs d'aller le voir au Trianon le 5 avril prochain. [il n'a finalement pas pu s'y rendre]
 
 
- Vous avez partagé sur votre mur FB  "la marseillaise" de Murat. Je suis un peu surpris du peu de buzz autour de cette version il est vrai "respectueuse". Que représente cette chanson pour vous? et cette version? 
 
Eric Quénard : J'aime la Marseillaise pour ce qu'elle est et représente en tant qu'hymne national. Je frissonne à chaque fois qu'elle raisonne lors des rencontres sportives ou lors des manifestions commémoratives. Je trouve que la version de Murat est tout en mesure et sobriété.
 
 
Eric Quénard :  L'envers du Zébu : la création de Murat sur ce projet. 
L'Internationale : très belle interprétation. L'Internationale revue et modernisée par Murat.
Ni Dieu, ni maître : La devise de Murat, non ?
La Marseillaise : Mesure et sobriété. 
L'Idée :  une comptine enfantine dans la même veine que Noël à la Maison, Au Mont sans souci. Je trouve ce texte très beau.
 
Ces cinq chansons sont un hymne à la liberté. N'est-ce pas finalement cela l'engagement?
 
 
 - Une réaction sur son commentaire  sur le fait que la Marseillaise et l'internationale ça lui faisait ni plus ni moins d'effet que "la danse des canards"?
 
Eric Quénard : Murat est un homme de contrastes voire parfois même de provocations. En voilà une illustration. On se demande s’il ne recherche pas finalement chez ses contemporains la réaction, la confrontation. A cet égard, c'est un artiste engagé au sens noble du terme.
 
 
    http://www.rando-planetepuydedome.com/site/img/tourinsoft/414x311/Chapelle-de-Roche-Charles-4.jpg



- Les Inrocks ont fait un article laissant penser que Reims bataillait avec Clermont pour prendre la place de ville la plus rock... c'est vrai  que 2012 a vu l'arrivée de "jeunes gens modernes" venant de  cette ville. Y a-t-il une politique municipale en ce sens?  Vous-même vous avez été actif dans une salle de concert?
 
Eric Quénard : C'est vrai qu'il y a sur Reims une véritable dynamique culturelle depuis plusieurs années avec l'émergence d'une nouvelle scène rémoise dont sont issus des groupes tels que les Bewitched Hands (pop), mais aussi Brodinski (musique électro), Yuksek (musique électro), Alb (électro pop), Barcella (chansons françaises). 
L'ouverture de La Cartonnerie, salle des musiques amplifiées, en février 2005 a largement contribué à cet essor. J'ai été administrateur de cet équipement culturel pendant trois ans 2005-2008).
 
 
 
- Quelles photos souhaiteriez-vous pour illustrer l’article ?
 
Eric Quénard : J'aime la pochette de Mustango et de Cheyenne Autumn. Photos prises à l'extérieur et dans la Chapelle de Notre Dame de Roche-Charles pour Murat en plein air. Les roches Tuillière et Sanadoire.  J'aime beaucoup également cette photo officielle de Toboggan:
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                                                                                                                        C. Frank Loriou
 
 
 - et ce "toboggan" justement?

Eric Quénard :  Je trouve le nouvel album très réussi. Le CD tourne en boucle. Murat renoue avec ses fondamentaux.


    
- Qu'entendez-vous par "ses fondamentaux"?

Eric Quénard :
Quand je fais référence à certains fondamentaux, ce n'est naturellement pas un jugement de valeur mais bien une appréciation. Je trouve que cet album me rappelle d'une certaine manière Cheyenne Autumn ou le Manteau de pluie avec en particulier l'utilisation dans plusieurs titres de de samples d'animaux, des bruits de craquement et de vent. Mais aussi l'utilisation d'un clavier. Je reste en ce qui me concerne très attaché à ce travail sur les sons. Je le trouve très juste et minutieux. Il renforce l'impression de flottement comme sur "Il neige". J'aime beaucoup l'idée de la résistance au nihilisme que ce disque évoque. J'aime enfin plusieurs titres comme"Amour n'est pas querelle", "Belle", "Robinson" qui me rappellent des berceuses de l'enfance et certains titres de Murat "Au Mont sans souci", "Noël à la maison".
Murat reste incontestablement un artiste unique dans le paysage artistique. Je reste aujourd'hui plus que jamais un inconditionnel. J'espère avoir un jour la chance de le rencontrer.
 
 
 
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 Merci de cette conclusion!
Merci à vous de nous avoir accordé un peu de temps, hors de toute promotion et d'élection!
 

Inter-VIOUS ET MURAT- réalisé par mails du 18/11/2012 au 08/04/2013.
Cette interview ne contient pas de questions sur la crise du disque, ni sur la crise du le/la politique (une pensée pour Paul Bacot- private iep'joke) et encore moins sur Woodkid. Parce que.  
 Et que Reims reste en ligue 1... et que l'OL soit en champions league.      
 

Liens:
 
  - http://www.surjeanlouismurat.com/article-reveil-calme-en-suisse-et-avec-jean-louis-murat-85563733.html


Eric Quénard a été une des personnalités à signer la pétition "Pour une émisson spéciale pour les 30 ans de carrière de Jean-Louis Murat", avec Laure D. et  Jean Théfaine... Et oui, c'est ça l'engagement...
           ;.)
           
 
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 9 Avril 2013



 

Yo!

Hier, c'était CENON, près de Bordeaux. Rien à signaler for the moment à part des "merci" ,"excellent" et des "bravos" sur la page officielle de Jean-LOuis Murat sur FB (pour encore un concert "resserré")... alors, on va repartir encore plus en arrière: sur Meylan, Macon et Toulouse..

 

 

- MEYLAN:

La fille du bois de Poussebou, où l'on croise des loups, est descendu des hautes montagnes pour se rendez à la MAISON DE LA MUSIQUE. Voici son texte:

 

Voyage au pays de Murat: Tournée "ToboGGan"

J’ignorais si j’allais de ma plume, écrire un compte rendu,il fallait que je sois inspirée, c’était un duo ce soir et ce genre de défi me plaisait assez, les prouesses m’avaient toujours « emballées », très admirative de la tournée « Tristan »,je ne serais pas déçue, j’avais déjà cette certitude. Percussions et guitares étaient annoncées.

Aujourd’hui ; je suis encore « hier » « hier » est-ce aujourd’hui? J’aimerais bien qu’ « hier » soit encore « demain ».

«  Quitter la neige et retrouver la pluie » Je passais de l’hiver dans mon nids d’aigle au printemps dans la vallée; un air , une comptine me trottait déjà dans la tete.

- « que l’espoir laisse au printemps…chantait la grive…passait le givre…que l’espoir laisse au printemps passait la neige en tourbillonnant… »

Ces saisons familières accompagneront intemporellement cette tournée.

Arrivée 19h30, un peu tôt pour un concert de Murat, peu de monde comme à l’accoutumée…pas de surprise; j’observe , j’épie, finalement je n’ai aucun regret car je l’aperçois, j’aime tout compte fait arriver tôt , un manteau négligemment posé sur les épaules comme une cape, le maréchal Murat fait son tour d’inspection et surveille ses troupes , « une clef de sol  »  (logo du batiment ) au dessus de la tete , il se promène dans le hall de la « Maison de la musique » en donnant l’impression qu’il est prêt à livrer son deuxième combat. , puis se dirige à pas lents vers la double porte vitrée, nous observe impassible, sort un portable et nous mitraille de son objectif; la salle…l’extérieur…qui est la cible ?Je ne saurais le dire. Il nous fait un pied de nez, genre « Tel est pris qui croyait prendre »….

20 h; enfin, les portes s’ouvrent, encore l’attente et c’est l’extinction des feux.

L’apparition . Car c’est une apparition; déstabilisée, je le suis; au premier abord, par la tenue vestimentaire,un costume cravate noir qui me laisse pantoise et agréablement surprise; j’avais l’habitude de le voir dépenaillé, le dépenaillement déjà lui seyait bien mais là…cette élégance , ce raffinement….le sieur Bergheaud dépenaillé faisait place à un Murat surprenant; svelte ,tout en séduction, un vrai dandy…j’étais aux anges…mais non, je n’irais pas me « mettre aux anges » pour autant. .Ensuite ,parce que je trouvais la scène petite, juste un écran, quelques projos, plusieurs guitares et la batterie de Mr Stéphane Reynaud, en costume également….je souris …en les regardant; je pense machinalement aux « Blues Brothers »…enfin , le décor était posé, ambiance feutré,lumières discrètes et projections abstraites..

«  Over and Over  » signe l’ouverture, version plus lente que l’originale. Ensuite « Belle » se glisse avec délicatesse dans le répertoire, une ballade aux effluves médiévales; le voyage dans le temps peut commencer, un premier vortex s’ouvre sur une route enneigée par une nuit hivernale et crépusculaire, nous partons, nous prenons enfin la route…

« Belle, que fais-tu par un temps pareil, le froid de l’hiver est cruel….aux portes de la nuit, je t’appelle …Belle…. » appelle ,appelle toujours ta « Belle »…n’arrete pas…applaudissements, silence….

Mais qu’entends-je? …un bruit d’eau comme le doux murmure d’une rivière et ce tempo joué par une tribu indienne. Le décor a changé, « l’eau de la rivière  » se transforme en torrent bouillonnant…« boum…boum..répète t-il incessant…boum….boum….»…c’est le bruit que fait mon cœur…en cet instant.

Soudainement, je suis projetée dans les années 20...le voyage devient difficile… « Linberg bussiness » est vite rattrapé par « Le champion espagnol  »qui gravit les sommets comme si la mort était à ses trousses; c’est normal il était poursuivi par Hannibal Lecter, je comprends mieux…« J’ai tué parce que je m’ennuyais  »s’annonce déroutant…j’adore ce titre, je ne le dirais jamais assez; Murat dans la peau d’un psychopathe; déstabilisant pour certains; freudien pour d’autres; mais tout lui est permis ce soir, on lui pardonne.

Mais qu’est-ce sortant de derrière les fagots « Le chat noir » ?Je me retrouve enfant…tout va trop vite…juste le temps de jeter un coup d’œil derrière mon épaule, je file au grenier me cacher parmi les livres poussiéreux , l’odeur de moisi et tout ce bric à brac pour échapper au croquemitaine tout en évitant de regarder les miroirs , trop peur de croiser un esprit malin et bien trop curieux…cette comptine trotte… trotte dans ma tete  ,un conte cruel pour enfant « …Le chat noir pris dans le vent …passe son ame passe son ame…le chat noir pris dans le vent passe son ame en cabriolant.. » On s’attends à voir un sabbat de « sorcières faméliques » dansant autour d’un feu de la St Jean et un immense psyché ou passe « le chat noir » en ombre chinoise…brr…je suis terrifiée…l’interprétation est solitaire, accompagné de la guitare…et ces voix d’enfants diaboliques d‘un passé révolu…avec un peu d’imagination…on croirait presque les entendre…lui sifflote avec entrain et feule avec un plaisir non dissimulé…Malgré le silence qui suit l’interprétation…je l’entends encore…cette comptine me poursuit…vite pas le temps de souffler , je saute à pieds joints dans un puit sans fond…le voyage continue , …une autre porte s’ouvre au passage et j’atterris sur le pont « Mirabeau »; pont intemporel pour rejoindre nos chers disparus. Ce pont Mirabeau, qu’il nous interprète avec déférence  « Passer le pont Mirabeau…quel cours d’anatomie…guillaumin …guillaumette…est-ce qu’au moins il fait beau…passer le pont Mirabeau ? »

Un autre tunnel, il faut suivre le fil pour ne pas se perdre; c’est le passage de l’au-delà à la grande guerre…c’est troublant et grisant à la fois… « Sans pitié pour le cheval » C’est-ce que nous sommes…des silhouettes de poissons morts s‘agitent dans le vent…triste réalité…la guerre la plus meurtrière… pensée pour ces chevaux morts au combat afin d’ assouvir nos conquêtes guerrières.

« Il neige  »à présent sur le champs de bataille, les cadavres gisants se recouvrent du manteau épais et glacial de la mort…le paysage agonisant se dissout et laisse place à la blancheur immaculée; tout est silence; les branches givrés des hêtres implorent un ciel plombé…un ciel de neige…le monde retrouve sa pureté originelle, tout s’efface, se  métamorphose il neige au pays de l‘oubli, il neige sur la scène, je sens les flocons glacés me caresser le cou ou est-ce cette voix si singulière qui se perd en écho et me fait penser à un songe oublié ? Il neige au pays d’Auvergne; le seigneur Bergheaud est de retour de croisade et dans son château, sur la tour de guet contemple avec gravité ses terres… « Il neige…. sur les monts…sur la large plaine…comme tous les animaux te craignent…il neige depuis des jours… » guette t-il le loup ou. la bergère ?

C’est son secret…chut…

Enfin « Tout dépend du sniper » il a droit de vie ou de mort lui…l’ombre chinoise du Sir Murat se profile sur un fond sanguin et meurtrier…bourreau ou victime…de toute façon , il a toujours aimé les combats….

Je glisse inexorablement sur le grand « TobboGan »vers quelle destination cette fois? Les siècles défilent XII ème XIII ème siècle....

 

«Amour n’est pas querelle » chante le troubadour aux yeux transparents, tete levée au ciel , accompagné de son luth, cette magie qui s’échappe des doigts légers qui effleurent et caressent l’instrument comme une femme… « …ne cherche pas querelle… » …impossible…on ne peut que l’aimer. Bergheaud parle à Murat ou inversement; je retrouve mon chevalier…triste, abandonné, autodestructeur…non…pas torturé…grave, juste l’air grave; amour, perte,quête impossible,testament, éternité; son sang s’écoule de la plaie béante à la place du cœur et se répand en rigole sur le sentier vulgaire où pleurent les amoureux…majestueux…il l’est dans cette superbe et dramatique tragédie. « Que j’eusse aimer l’automne…l’automne ou bien l’hiver… » saisons de renoncement , d’aridité, de solitude. « Quelque part…où que j’aille…partout la chose amère… » triste constat…démission de l’homme ou de l’animal…tellement d’instinct primaire.

 

 

 

« Que je meure à l’instant …si la chose a un terme….qu’ai-je fait pour mourir…pour mourir en ce lieu…? »

« Il me faudrait le cœur ….le cœur d’un magicien… »il le possède déjà…qu’attend-il ?

«  Jamais un cœur ne change…il faut monter plus haut… » répond l’autre…toujours plus haut monte la voix pour s’évanouir de l’autre coté du miroir.

« Sur cette étrange terre parmi les animaux… » encore un no man’s land; tellement de choses à dire… « Aimer, c’est etre aimer…amour n'est pas querelle…renforce moi le cœur de couleurs immortelles.. » L’immortalité comme l’amour a un prix…ce prix est -il raisonnable de le payer….l’amour serait immortel …le croyez vous ? Alors le vrai, l’éternel , juste cet amour là, cet amour touché par la grâce. C’est l’écho d’un cœur qui renonce…faut-il demeurer immortel pour survivre à l’amour…? ma première larme…elle coule irrémédiablement, se transforme en ruisseau puis en torrent et enfin gonfle la vague…va…court rejoindre la sienne…c’est la mort de Lancelot…celle de « Ginette Ramade »interviendra un peu plus tard dans une version très allégée, perte de mémoire ou concentration pour laisser libre cours à son jeu de guitare…nous n’en saurons pas plus .Un petit voyage au pays des indiens….Le « Michigan »; « …Qu ‘allais-tu faire à Michigan ? …. » Ah non! Aucune idée , surtout aucune raison d’aller à Michigan; je me sentais bien ici…Le voyage autour de cette musique américaine qui lui tient tant à cœur…trop peu pour moi…les opus défilent sur l’écran…Robert Wyatt, Bob Dylan, Pat Everett et ce fameux « automne 88 » un mystère …que s’est-il passé cet automne 88 ? Je vois d’autres images, des visions apocalyptiques et surréalistes; il parle de flammes, d’homme blanc qu’il ne voit plus, de racine…et c’est le « Voodoo extraordinaire »nous nous mouvons dans sa bulle les yeux fermés, dans une transe hypnotique…un autre part, un autre lieu intemporel….Faut-il d’ailleurs écrire « Voodoo » v-o-o-d-o-o ou « Vaudou » v-a-u-d-o-u ? je pencherais vers la deuxième. Talismans et grigris jonchent le sol….je serre dans ma main avec force ma « perle d’eau » pierre bénéfique….et chuchote « mon grigri…porte moi chance…il ne faut pas que tout s’’arrete maintenant… » ce questionnement existentiel, cette triste confession avec cette voix intérieure…est-il déjà sur le sentier de la mort… l’attend t-elle cette belle femme habillée de noir…? mais qui peut etre l’autre, un lien avec le divin ou juste la « chose » ? et ses images qui défilent comme le temps qui passe…conversation chimérique, les mots sonnent cinglants et incisifs comme un verdict définitif , comme le glas d’un monde condamné à s’éteindre. Je regarde cet ange passait de l’exaltation des sentiments à l’apreté la plus profonde du désespoir.

 

C’est la fin, le voyage se termine, les portes du temps se ferment une à une; j’aimerais tant rester de l’autre coté mais il est trop tard, passé minuit, le royaume de « Brigadoon » disparaît, mais je sais comment rejoindre mon doux prince au pays oublié;il me semble avoir enfin trouver les clefs de son monde…Je pense à ce film de Marcel Carné « Juliette ou la clef des songes » oui ,j’ai enfin trouvé ma « clef des songes »,je me suis promise de retourner certains soirs dans ce pays de l’oubli dont le réveil m’extrait…J’entends encore le sifflement lointain du chevalier,le murmure des dernières notes sur « Amour n’est pas querelle »qui s’égrènent pour enfin disparaître dans la brume; cette brume qui happe, qui aspire toute vie et tous les reves .Le cor d’un Roland de Roncevaux avant sa mise à mort.

Ma plume s’est mise à glisser sur le papier sans que je puisse la retenir,elle court toujours après le temps. Où est -elle à présent ? Elle aussi a franchi la porte…Je me souviendrai de ce discours amoureux ,au dessus des nuages, entre le chevalier dépenaillé Bergheaud et l’élégant et raffiné Sir Murat.

« Faut-il etre immortel pour que l’amour survive… »

PS :

Pour répondre à Muse, non, je ne tuerais pas ce soir.

Beau sentiment, belle soirée empreinte de poésie, je resterai quelques jours dans mon cocon pour ne pas quitter cet état d’esprit, j’ai encore voyagé dans le temps, j’ai visité des mondes occultés; j’ai trouvé des livres poussiéreux, des secrets dévoilés, des trésors cachés, j’ai retrouvé mes peurs d’enfant, des contes de fée cruels et un pays de légende où se côtoient dragons et licornes…Le réveil risque d’etre un peu brutal, il attendra; avec Mr Jean Louis Murat, le moine soldat, on ne sait plus d’où l’on vient et ce que l’on est….

 

Fin

Rhiannon

 

MERci!

 

- Quelques jours plus tard, MACON, la cave à musique (mon article)...  

Voici quelques photos et quelques mots sur la soirée.

http://www.macon-infos.com/article.php?sid=31550

 

http://www.macon-infos.com/modules/upload/upload/MURATCAVE.jpg                                                                                           (Photos Michel Pelletier)

    http://www.macon-infos.com/modules/upload/upload/MURATCAVE5.jpg

                                                                                           La deuxième guitare capricieuse qui n'est semble-t-il plus utilisée.

 

 

 

-   Et on passe à TOULOUSE, connexion.

Texte sur le blog d'un nouveau "camarade" trouvé sur FB, et il a été emballé par la soirée.

http://icitaillac.blogspot.fr/2013/04/concert-jean-louis-murat-toulouse.html

 

A noter qu'Holden n'était finalement pas présent...

 

 

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DES PETITS CAMARADES souhaitent louer un gite à Orcival pour le week-end de Koloko. Si vous voulez vous joindre à eux... me contactez  par la zone commentaires ou contact.  

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 9 Avril 2013

 

 

Un grand merci Sandrine pour ce long témoignage!   Hier, à Toulouse, Excellement moment avec Agnus del babe.... mais disparition de Pont Mirabeau...

 



Evreux (ou le privilège de l'émotion)

Jeudi 04 avril 2013.. Nous arrivons vers 20h dans cette petite salle, l'Abordage à Evreux..

Un petit coucou à Jocelyne en passant, je lui demande si elle va bien et comment va Jean-Louis (vu qu'il s'était quand même fait porter pâle quelques jours avant) elle me dit, charmante et grand sourire aux lèvres, que oui, que tout le monde va bien, on se dit à plus tard et je rejoins mes amis au pied de la scène..

 

Alors on attend, on fait connaissance, on papote, et Robi fait son entrée vers 20h30, elle s'empare pleinement de l'espace (avec ses deux "oiseaux") pour une première partie d'environ 45 mn. Apparemment on ne chronomètre pas ce soir ..et c'est tant mieux !

 

C'est intime, on se sent bien à l'abordage, nous sommes peu nombreux mais c'est chaleureux.. Alors je suis confiante tout à coup, et me dis que la  proximité avec l'artiste et l'atmosphère qui règne dans cette sombre petite salle va nous réserver de belles surprises.. Jean-Louis accompagné de son fidèle et excellent batteur Stéphane, arrive sur scène vers 21h20. On applaudit, et il démarre délicatement avec "Over & Over". Un petit merci puis il enchaine avec "Belle", c'est beau..

 

Applaudissements/remerciements puis on change de style, ça s’accélère et ça envoie pour notre plus grand plaisir, c'est "L'eau de la rivière" et "Lindberg business", c'est alors que "John Lee Murat" et "Stéphane Bonham", nos deux complices, nous font une petite démonstration, le ton est donné et franchement on ne souffre pas de cette configuration scénique ! C'est Rock, c'est Blues.. C'est musicalement Bon !!

 

A vrai dire,  j'avais un peu de mal à imaginer (vu la couleur de l'album que, cela dit en passant, j'aime beaucoup) ce que cette tournée "Toboggan" en duo guitare/batterie allait donné (craignant aussi qu'ils se démotivent devant si peu de personnes) mais non et je suis fixée, ils embarquent tous les deux ! Alors on applaudit, on est peu nombreux certes, peut-être une centaine de personnes (je ne sais pas vraiment c'est pas évident à déterminer) mais on aime ça, on est fan à Evreux et on lui fait savoir..!

 

Place au "Champion Espagnol", personnellement je ne suis pas trop embarquée, en revanche celle qui suivra, "J'ai tué parce que je m'ennuyais", prend une toute autre dimension en live ! (et quelle dimension !)

 

Stéphane s'en va, laissant place à un "croissant de lune" qui deviendra, pour le morceau suivant, l'unique compagnon de scène de Jean-Louis. On devient encore plus intime tout à coup, puis ce dernier, pas toujours coutumier du fait, se met à nous parler.. Il nous annonce le prochain titre, lui aussi issu de son dernier album, prenant le soin de nous préciser avec humour qu'il est en vente à la sortie. Une petite voix familière lui dit "on l'a déjà", et souriant il répond "bah je sais pas, pour Noël, pour offrir en cadeau.. puis il ajoute pour "soutenir les artistes indépendants !" Sourires partagés, puis il reprend en sifflotant et nous livre un magnifique et très touchant "Chat noir" ! Le ton des applaudissements monte et quelques "bravos" fusent de droite et de gauche..on est scotché !

 

Ensuite Jean-Louis nous présentera, toujours en solo, une nouvelle chanson qu'il qualifiera de "triste". Il démarre et l'émotion l'envahit, nous aussi d'ailleurs ! Il a retiré son masque et le voir devant nous comme ça, la larme à l'oeil..c'est beau, c'est "Mirabeau" ! Il chante merveilleusement bien ce soir, c'est profond.. et il y a comme quelque chose de magnétique dans l'atmosphère..

 

Stéphane revient et il est grand temps maintenant de lâcher le cheval "fougueux", longue intro, belle complicité entre l'artiste et son batteur, ils se font plaisir et par la même occasion à nous aussi ! Vraiment géniale cette version revisitée de "Sans pitié pour le cheval".. Elle semblait si courte dans la tournée "Grand Lièvre" mais là, c'est parfait ! (lors des dédicaces, on lui fera part de notre contentement de cette version, il nous en remerciera).

 

Quelques flocons sur les écrans en fond annonce "Il neige", superbe intro guitare et merveilleuse interprétation, je suis touchée et là (c'est sûr) je ne suis pas la seule ! Ensuite "Tout dépend du sniper", et c'est reparti pour une petite leçon ! On ne va pas en rester là, il est bien ce soir et il a envie de donner apparemment, même de "L'Agnus Dei Babe" ...enfin presque !

 

Face à Stéphane, guitare en main, rythmé par le claquement de son talon sur le sol, il entame timidement l'intro d'une chanson que nous n'aurons ni le plaisir ni le temps de reconnaître ! Après plusieurs entrées et sorties, ce fut le claquement de porte de trop ! Et c'est fichu, coupé dans sa dynamique, il est déconcentré et dit à Stéphane "j'vais pas la faire celle-là". Stéphane se retire et nous on se demande du coup comment il va aborder la suite de son concert, les yeux rivés sur les portes de peur qu'elles s'ouvrent et claquent de nouveau !

 

Petit temps mort, il en profite pour se désaltérer et nous glisse un "pfff à cause de l'autre (...) avec la porte, vous voulez pas lui mettre un coup de guitare sur la tête ! Ce serait quand même dommage d'abimer la guitare" lui répond-on ! (il nous confiera après concert, qu'il est "toujours sur le fil" et que cet incident l'avait "gonflé") ce que nous pouvions comprendre puisque chiant pour nous aussi ! Dommage, surtout cette chanson qu'il n'a interprété, si je ne me trompe pas, qu'une seule fois depuis le début de la tournée.

 

Toujours la 12 cordes en main, il se replace devant le micro et se met à siffloter "façon Western", silence complet dans la salle, il captive ! Je reconnais "Amour n'est pas querelle" ..Bon sang, quel frisson j'en ai les poils hérissés, le gosier noué, complètement embarquée par la beauté et l'émotion qui se dégage de cette poignante interprétation..!

 

Il enchaine avec "Michigan" et nos deux complices se déchainent de nouveau sur leurs instruments pour cet élégant Blues, quel pied ! Puis Jean-Louis, présente "Stéphane à la batterie", on applaudit fort, les assommant encore de "bravos". C'est la sortie de scène, on a pas envie d'en rester là.. c'est le rappel.

 

"Tous descendrons des hautes montagnes quand l'amour sera oublié", et ça repart magnifiquement avec "Ginette Ramade". Puis le concert s’achèvera avec "Extraordinaire Voodoo", quelle chance ma préférée de son dernier opus. "Obéis voix intérieure, fais moi battre le sang..siffle-moi ce truc pratique pour être différent". Je frissonne et très franchement là, je me prends un "aller-retour" en pleine face ! Il salue le public, puis prends le soin de serrer quelques mains au premier rang, un p'tit bisou par ci, un p'tit coucou par là.. Il a fait l’unanimité ce soir, c'est confirmé par ce que j'entends de-ci de-là, pour ma part je ressors un peu chamboulée par sa prestation !

 

Pourtant, j'en étais pas à mon coup d'essai mais je ne me souviens pas avoir été touchée une fois de la sorte lors d'un concert de Murat, est-ce la configuration scénique, l'intimité du concert, ou tout simplement que cette fois ci l'émotion était à son comble pour ce Murat tantôt "Joueur de Blues" tantôt "Guitariste du Crazy Horse" tantôt "Troubadour enchanteur du XVIème siecle..? En tout cas une chose est sûre, il est bien plus "généreux" devant son public de Province..!

1h40 de concert.

 

 

LE LIEN EN PLUS:

le 45 tours d'over and over:  Vive les disquaires!

http://disquaireday.fr/les-pochettes-du-disquaire-day-18/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-pochettes-du-disquaire-day-18

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 8 Avril 2013

 

C'était dans le journal de la musique... Petite chronique avec une interview... le tout, sur 3 grosses minutes...

 

http://www.franceinfo.fr/musique/le-journal-de-la-musique/le-journal-de-la-musique-08-04-jlmurat-robi-ok-945529-2013-04-08#

"Jean-Louis Murat a changé de maison de disques mais pas de lignes artistiques, l'un des artistes les plus atypiques de la chanson française revient avec un nouvel album "Toboggan". Un disque sombre et intime avec lequel il tourne dans toute la France".   


 

 

 

LE LIEN EN PLUS :

 

Le clip d'over and over  fait parler de lui... Pour vous résumer le petit buzz voici 3 articles les plus conséquents.

http://blogue.enmusique.ca/blogue-2/jean-louis-murat-strip-tease

AU fait, TOBOGGAN SORT EN AVRIL au CANADA...

 

- On apprend sur le lien suivant là  (le lien fait 10 lignes!) le nom de l'acteur Benjamin Baroche, vu dans intouchables... et RIS sur TF1

 

- http://www.purepeople.com/article/jean-louis-murat-un-strip-tease-integral-pour-son-nouveau-clip-over-and-over_a118601/1

 

Allez, je me remets à mon "inter-ViOUS ET MURAT"...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 7 Avril 2013

 

Après l'interview dans Paris-Match, Benjamin Locoge nous livre un compte-rendu du concert du TRIANON, mais avec une photo d'archive.

 

http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Hier-soir-a-Paris-Jean-Louis-Murat-475841/

Au Trianon, le chanteur a joué l'épure en se consacrant d'abord aux derniers titres de sa discographie.

Costume noir, chemise blanche, cravate noire, Jean-Louis Murat a des allures de Bryan Ferry quand il monte sur la scène du Trianon à 20h15 ce vendredi 5 avril. Dix jours après la sortie du magnifique «Toboggan», Murat vient présenter ses nouvelles chansons au public parisien dans une configuration inédite. Accompagné d’un batteur, Stéphane Reynaud, Murat joue et chante devant un mur d’écrans où sont projetées des images au fil des chansons. Début tout en douceur avec «Over and over», suivi de «Belle», deux extraits de «Toboggan». A la manière d’un Dylan, d’un Neil Young, Murat joue avec ses mélodies, les triture, les transforme pour mieux les réinterpréter. Ce soir, il joue l’épure, chantant calmement pour mieux sublimer ses mots.

Comme d'habitude, Jean-Louis Murat refuse la facilité

Usé de passer pour un chanteur lettré, JLM n’hésite pas à prendre le large et à faire décoller certains titres. «Lindberg Business», seule concession de la soirée à son passé (la chanson date de 1984, parue sur le disque «Passions privées») prend des airs électriques grisants. Comme d’habitude, Murat refuse la facilité. Il n’interprète aucune chanson connue du grand public, ignore des pans entiers de sa discographie pléthorique, préférant comme toujours se consacrer à l’avenir et interpréter des titres inédits, le très beau «L’eau de la rivière» ce soir ou «Tout dépend du sniper». Seul en scène, le chanteur impose un silence de cathédrale, ses fidèles scotchés à ses lèvres. Cela donne une belle version de «Amour n’est pas querelle», une chanson initialement composée pour Françoise Hardy et refusée par cette dernière. Peu bavard, Murat se contente de quelques mercis polis. Un seul rappel, un final enlevé sur «Extraordinaire Voodoo » et la messe est dite en 80 minutes. Dans l’assistance, Jipé Nataf, Chloé Mons, Berry, Florent Marchet, Mickelango Loconte sortent de leur rêve. Le Trianon n’affichait pas complet pour l’auvergnat. C’est dommage, c’était beau.


 





Je vous fais part également d'un  commentaire d'Indoboy laissé sur le site de Paris-Match, qui m'attriste, même s'il n'est pas représentatif (on a encore eu qq retours positifs aujourd'hui)... C'est dommage, c'était beau:
indoboy (j'espère que ce n'est pas Nicola Sirkis qui a retwitté l'info du clip d'over and over le 4/4...)
Aucun respect pour son public, vraiment fidèle à son image médiatique. Pour moi, c'était le dernier concert et pourtant j'ai tous ses cd, mais vraiment qu'il arrête de nous prendre pour des cons....Adieu JLM, et bientôt il ne te restera pas assez de fan, tes chansons tu les fera pour toi tout seul !        

 

Voici un commentaire laissé ci-dessous:
Pour moi également le concert du Trianon fut un grand moment : parfait, beau, intense, plein d'émotions, pas une seconde d'ennui. Pour moi JLM était très présent, performant et très respectueux
de son public. Il m'a paru heureux des réactions de l'assistance. La chanson "Amour n'est pas querelle" qui n'était pas ma préférée sur l'album, magnifiquement chantée, m'a bouleversée ...
 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 6 Avril 2013

  -a-interprete-de-nombreux-titres-de-son-nouvel-album-mercre

 

 

- Le clip a suscité un peu de vaguelettes sur les réseaux sociaux. Voici le seul article plus conséquent: 

http://www.chartsinfrance.net/Jean-Louis-Murat/news-85206.html

Rue 89, partenaire de l'album, a partagé le clip et organisé un petit concours pour faire gagner 20 albums.

 

 

- Ouest-France annonce le concert à LAVAL... en partageant un clip pirate d'un de nos petites camarades vidéastes!

 http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Jean-Louis-Murat-presentera-son-nouvel-album-le-14-avril-a-Laval-_44881-2179993------53130-aud_actu.Htm

 

 

  
"Jean-Louis Murat présentera son nouvel album le 14 avril à Laval
Musique jeudi 04 avril 2013
     
 

Coup de coeur

 

Musique. Il faudrait un Murat par saison

 

« Il neige/il n'y a place que pour le silence/au couteau sur ta chair blanche... » Jean-Louis Murat envisageait-il, en devin auvergnat, que la météo serait glaciale quand sortirait, en ce printemps givré, son nouveau disque ?

 

Il neige introduit un disque façonné à la maison par le musicien solitaire, 61 ans, qui signe à peu près tout, sur ce qui est son 19e album studio. En trente ans, il y aurait pu en avoir plus. Mais cela ne se fait pas dans les maisons de disques.

 

Pour ce Toboggan, il a choisi entre une quarantaine de titres. Et il y a là tout ce qu'on aime chez lui : de la poésie et de la nonchalance ; une voix chaude et sensuelle.

 

Toboggan entend la nature qui respire. Toboggan dit la fantaisie et les doutes. Toboggan s'incline devant les belles de toujours : « Ainsi iraient les demoiselles/sur les alignements de pierres/à la légère depuis des millénaires. » Tout cela enveloppé dans une douceur électrique où les cordes sonnent, où le chant résonne, où les claviers gonflent. Splendide. Il faudrait un Murat pour chaque saison. Déréglée ou pas.

 

 

Toboggan, Scarlett/Pias, 10 titres.

 

 

Michel TROADEC.

 

Dimanche 14 avril, à 20 h 30, concert de Jean-Louis Murat au 6par4, 177, rue du Vieux-Saint-Louis, à Laval. Première partie : Robi. Tarifs : abonnés, 16 € ; en location, 18 € ; sur place, 20 €."


-
Sur TOULOUSE INFOS,  c'est un article pour le concert de Toulouse... Et, oui! Et c'est lundi.

http://www.toulouseinfos.fr/index.php/dossiers/breves/7955-jean-louis-murat-en-concert-lundi-au-connexion-live.html
ET il propose de revoir leur interview vidéo tournée de l'artiste en 2010.

"Jean-Louis Murat est en concert à Toulouse au Connexion Live lundi 8 Avril à partir de 20h. L’occasion d’écouter sa musique « poétique et sensible ».

 

Nouvel album «Toboggan»

 

Avec lui, ce n’est jamais la même histoire. Sans doute parce qu’il a en sainte horreur la simple idée de se répéter. De radoter. Alors, il se fie à ses envies, au hasard, aux coïncidences et continue d’avancer, en ravalant les frustrations liées à ce métier qui ne l’a pas forcément épargné. Il compose, enregistre, joue. Et vice-versa. Chaque jour, ou presque. De toute façon, il n’a pas d’alternative. Il n’en a jamais eu. “Le meilleur que je peux donner, c’est quand j’ai une guitare entre les mains ou que j’écris une chanson” , explique Jean-Louis Murat d’une voix posée. “En fait, soit je devenais artiste, soit je devenais malfaiteur. Je n’ai jamais vu de troisième case possible pour moi. Artisan de la chose musicale “extrêmement prolifique”, il ne sait donc faire que cela.

 

Ça tombe bien, me direz-vous, parce qu’il le fait bien. Parmi tant d’autres preuves à piocher dans une discographie pléthorique disséminée le long de quatre décennies, on pourrait évoquer Grand Lièvre, sorti en 2011, beau disque épris d’espace, intense et lumineux, joliment écartelé entre ses mélodies enjouées et ses paroles éplorées. Car il est ainsi, Murat : un homme de contrastes. Le gris ne l’intéresse pas. Ou si peu. Afin de ne pas sombrer dans la routine, il serait même plutôt du genre à “risquer le pire”, mais toujours mu par une authenticité chevillée au corps. C’est sans doute cette authenticité qui fait de lui un artiste singulier, insaisissable, difficile à cerner, impossible à cataloguer, cauchemar de certains journalistes et autres maisons de disques.

 

D’ailleurs, après son départ d’Universal, il s’est retrouvé un temps “chanteur SDF”, avant d’être accueilli par la structure indépendante [PIAS] France avec laquelle il commence aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire rocambolesque. Un chapitre qui débute sur ses terres.

 

Tourneboulante, intrigante et fascinante, Toboggan est une oeuvre atypique dans une époque qui porte trop souvent au pinacle uniformité, frilosité et pensée unique. Une œuvre qui en dit long sur “l’intransigeance artistique” de cet homme incapable de rentrer dans le moule. Une intransigeance qui prime sur le réel, les contingences commerciales, les ambitions personnelles. Une intransigeance qui fait définitivement de Jean-Louis Murat un artiste différent. Hors du temps."



 - On finit le tour de l'ouest... par Bordeaux... et une interview.

http://www.bordeaux7.com/bordeaux-sorties/4391-chanson

On en apprend plus sur le chat noir...

 

 

"Jean-Louis Murat, ombres et lumière

Être discret et grande gueule à la fois n’est pas la moindre des contradictions chez Jean-Louis Murat. Patiemment, le prolifique “barde auvergnat” construit une des plus riches discographies de la chanson actuelle. Dans son nouvel album «Toboggan» (Pias), les mélodies apaisées servent d’écrin à une plume toujours plus étincelante. Entretien à quelques jours de son concert au Rocher de Palmer.

 

J’ai lu en préparant l’interview que vous aviez de grands projets pour ce nouvel album: vous envisagiez de travailler avec John McEntire, de Tortoise. Finalement, ça ne s’est pas fait, et vous avez préféré cette formule bricolée tout seul chez vous en Auvergne. Pourquoi ce revirement?
C’est pour des raisons économiques, ce n’est qu’ensuite que j’y ai plaqué des raisons artistiques dessus. Je sais pas si vous avez remarqué, mais il n’y a plus de pognon dans ce business. Alors on est obligé de faire des choses pour pas cher.

Vous n’avez pas peur que ça renforce encore votre réputation d’ours solitaire?
Alors là, je m’en fous de ma réputation! À force, vous devriez le savoir: je m’en contrefiche.

Même sur des ritournelles plus légères, vous arrivez à glisser dans le sombre: je pense au «Chat noir», au côté médiéval traditionnel qui rappelle «Au mont Sans-Souci». S’il y a un chat qui cabriole, il faut forcément qu’il soit noir?
(Rires) Oh non ! Mais il se trouve qu’on a un voisin paysan qui a un chat noir, qui n’arrête pas de venir nous emmerder. J’en ai fait ma tête de turc, mon obsession. Dès que je sors, je cherche le chat noir, et ça fait bien marrer mes enfants. Mais s’il avait été roux, la chanson se serait appelée «Le Chat roux»...

L’album est parsemé de bruits de jouets, très “bricolo”, qui évoquent un peu la musique de CocoRosie...
C’est ça de travailler avec de jeunes enfants dans les pattes. On est vite tenté de leur piquer tous leurs jouets (rires).

C’est un très bel album, très fouillé, très uni. Assez froid aussi, sombre sans être triste. Où l’on retrouve la neige, l’hiver, omniprésents...

C’est-à-dire que je l’ai écrit en novembre-décembre, une période où «tiens, il neige», je me le disais tout le temps. Mon écriture est très imprégnée de ce qui se passe autour de moi. Je pense que s’il avait fait beau, j’aurais parlé du beau temps. Mais ça n’aurait pas tout changé fondamentalement au point d’être gai. Je ne crois vraiment pas que l’été soit plus gai que l’hiver. Il n’y a que les Parisiens pour penser des conneries pareilles...



«Toboggan», le titre de l’album, en appelle à l’enfance. Mais elle évoque aussi la descente, non?

Bien vu. C’est un album qui parle de glissade. Pas juste une glissade personnelle, mais une notion plus large de descente incontrôlée. J’ai l’impression que le monde est pris dans une grande glissade générale sans personne qui la contrôle. Et on ne sait pas où ça va s’arrêter.



Une dégringolade qui se termine avec «J’ai tué parce que je m’ennuyais», qui fait penser à l’acte gratuit dans «Les Faux-monnayeurs» de Gide…

C’est tout à fait ça, et ça va au-delà de ça. On n’est plus dans le gratuit, la curiosité. Je crois que, dans cette société, on a descendu tellement bas le niveau qu’on se fait chier, profondément – il n’y a qu’à voir le nombre de gens qui prennent des calmants. Le meurtre par ennui, c’est une vieille idée aux relents anarchistes qu’on retrouvait déjà chez Johnny Cash ou la littérature américaine, la figure de Billy le Kid. Dans la nouvelle littérature américaine, c’est devenu la règle: on tue à toutes les pages, et on n’a plus besoin d’une raison noble pour le faire. On tue pour le fun, on tue comme on irait sur Internet. Cette chanson, c’est une dénonciation de cet état nihiliste de notre société, où on se fait tellement chier qu’on est prêt à tout faire pour se désennuyer.



Sur cet album, vous avez tenté d’appliquer un conseil de votre ami Robert Wyatt, qui vous incitait à vous «débarrasser des oripeaux du rock»…

Oui, ça faisait longtemps que j’en avais envie. Le postulat guitare-basse-batterie du rock traditionnel, j’en ai tellement soupé ! Mais que voulez-vous ? Il y a toujours un musicien pour vous rattraper et plaquer des choses dessus. C’était le piège à éviter et, là, j’ai essayé de tenir cette ligne sur la longueur – il n’y a, par exemple,qu’un seul titre avec batterie.
Et sur scène, ça ne vous oblige pas à les retravailler totalement ?
Si, d’autant plus que j’emmène avec moi un percussionniste/batteur. Comme je n’aime pas me répéter, je fais peu d’anciens morceaux – je sais bien que le public aime ça mais moi j’aime pas, et comme ce que je pense m’importe plus… De la même manière, ce que je joue c’est autre chose que l’album. Il y a au moins un tiers des chansons que les gens ne connaîtront pas ou ne reconnaîtront pas vraiment. J’espère qu’ils trouveront ça original et surprenant... •

Recueilli par Sébastien Le Jeune

Au Rocher de Palmer (Cenon), mardi 9 avril, à 20h30, 23-27€.

Tél. 05 56 74 80 00 ou www.lerocherdepalmer.fr

Photo : L’été, plus gai que l’hiver ? «Il n’y a que les Parisiens pour penser des conneries pareilles.»"



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Et pourquoi on ne finirait pas par un petit scopitone? hein?  Respirez l'air de la dolce vita, ça nous fera du bien, en ces premiers jours d'hiver...



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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 6 Avril 2013

Rappel en kiosque : Murat dans les Inrocks de cette semaine, et dans Magic! du mois d'avril. Même si ça sera en ligne, profitez du papier!  

 

 

 

Murat était dans "20 minutes" le 5 avril.

 

20-minutes.jpgMerci FLORENCE pour la photo.

 

 

L'article est en ligne:

http://www.20minutes.fr/culture/1131643-pourtant-chantent-encore

"réinsertion

 

Yves Duteil, Michel Jonasz, Dick Rivers, Alain Chamfort… La crise du disque a été impitoyable pour ces chanteurs. Jugés ringards par leurs maisons de disques, ils se sont vus «rendre leur contrat», comme on dit pudiquement dans le milieu pour ne pas dire «virer». La plupart d'entre eux ont rebondi. Comme Jacques Higelin, qui sort son nouvel album, Beau repaire, chez Sony. «EMI s'est mal comporté avec moi, ça m'a choqué. Mais j'ai ensuite été très touché de voir que plusieurs maisons de disques voulaient m'accueillir. C'est bête à dire, mais ça m'a fait plaisir.»

Jean-Louis Murat, lui, en a eu «un peu rien à foutre». Après plusieurs albums sur le label indépendant V2 racheté par Universal, il s'est retrouvé sans maison de disques. «Je n'avais quasiment aucun rapport avec eux de toute façon. C'est mon agent qui m'a trouvé un nouveau contrat. Je ne m'occupe pas de ça.» Son nouvel album, Toboggan, sort donc chez Pias, le label. Créé au sein de la maison de disque, Pias, ce label francophone compte des artistes comme Miossec, Eiffel, Da Silva, Florent Marchet.

 

 

Y a de la joie

 

 

«Plusieurs labels ont saisi une belle opportunité en faisant signer des artistes à la réputation installée, reconnaît un dirigeant de major. Chez nous, ces artistes habitués à un certain confort ronronnaient. Je crois que changer de crémerie leur a donné un coup de fouet.» Jacques Higelin a, en tout cas, été pris d'un grand élan d'optimiste en composant Beau repaire, un album solaire. «Avant de composer, j'étais dans un état d'esprit sombre, je passais beaucoup de temps au chevet ou aux enterrements de mes proches. C'était dur. Et de tout ça est ressorti une envie de vie, une envie de beauté. Je voulais faire quelque chose de beau, donner de la joie. Sinon, à quoi je sers ?»

Jean-Louis Murat n'a pas ressenti cet appel de la joie. «Mon métier me rend à la fois heureux et malheureux. Je continue à le faire parce que j'ai des frais, comme tout le monde.» Son inspiration, qui a de très beaux restes sur Toboggan, l'un de ses plus beaux albums récents, ne semble pas touchée par la situation économique. «Je suis à l'aise dans mon époque parce que, comme elle, je me lasse vite des choses. J'écris, compose et enregistre de plus en plus vite. Je vais tourner avec un ou deux musiciens, par mesure d'économie. Mais la beauté elle-même est économe.»

 

 

benjamin Chapon"
LE LIEN EN PLUS :
Un nouveau réconcilié avec Murat:
Peu de chance qu'on revoit un LP un jour... On peut plus s'attendre à une réédition avec un titre en plus voire deux... Du côté de Pias, on avait commis ce genre de méfait pour Florent Marchet.
            

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 5 Avril 2013

 

 

JE me couche en  vous laissant une page blanche... à remplir!  Vous étiez nombreux, chers lecteurs, à assister au concert du soir, dans la belle salle du TRIANON... et nous comptons sur vous pour nous glisser quelques mots dans la zone "commentaires"...

 

 

Déjà : fallait pas être en retard, n'est-ce Pierre K. ?

 

 

 

http://lascenemaconnaise.free.fr/img/img_chro/murat/DSC_0129.jpg

 

EDIT :

Murat n'a pas chanté l'inédit "pont mirabeau" (mis hors set-list), ni "agnus del babe" (comme toujours, même si elle figure sur la liste), et n'a pas remplacé par un autre titre... Et on est donc tombé sur un concert un peu court... mais sans digressions verbales de Murat, ni accordage de 2e guitare (qui a disparu)... et du coup, je pense que cela a été plutôt une bonne durée en terme de musique! Des morceaux plus longs? des beaux solos?  En tout cas, malgré un commentaire négatif ci-dessous, c'est plutôt positif en terme d'échos et de retours... même ceux qui rechignaient sur grand lièvre. 

Voici un premier report plus conséquent:

http://toutelaculture.com/musique/chansons/live-report-concert-de-jean-louis-murat-au-trianon-le-5-avril-2013/

Extrait:  On a pu lire que Jean-Louis Murat regrettait de n’être aimé que pour ses mots, mais ce soir il a aussi été aimé pour sa musique, sa voix, sa présence et son émotion. Et avec un peu de chance, puisqu’il a prévu de nouvelles dates à l’automne, nous aurons bientôt une occasion de le vérifier.

 

Twitter:

        Jean-Louis au Trianon ce soir: très élégant, très belle voix bien posée, mélodies en valeur, guitare assez psyché, très bon batteur

Et il prend des photos pourris! C'est pourtant interdit! Alalalaa!

 

 

EDIT 2:  Le live report de Locoge pour Paris-Match, et d'autres commentaires.

 http://www.surjeanlouismurat.com/article-live-report-dans-paris-match-116879313.html

 Sur Fb, assez peu de commentaires sur la page de Murat... mais rien de négatif...

 

MERCI POUR TOUS VOS COMMENTAIRES!!  

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 4 Avril 2013

 
Allez, beaucoup de choses aujourd'hui, je suis allé fouiller les marchands de journaux... mais on va garder ça pour le week-end... mais  on l'attendait, il est là, enfin, avec quelques jours de retard, c'est le clip du single "over and over"... et on espère qu'il pourra relancer la carrière du "pousse-album", du "tire-charrue".... euh, non: tout simplement: de l'escalier métallique du "TOBOGGAN".... Single que j'ai fini par aimer... Et je trouve le clip sympathique. Simplissime, certes, et justement.  Beau long travelling, un seul plan séquence,  avec une belle ascension finale -je suis un peu curieux de la technique utilisée: bras?  hélico téléguidée?.... Et si la petite nudité finale peut suciter quelques envies de buzz.... Pourquoi pas?
 
 
Il a été diffusé en avant-première sur le site des INROCKS. En kiosque, leur numéro de la semaine offre une belle interview.
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Publié le 3 Avril 2013

 

 

On a soufflé ce week-end, la journée de promo annulée a sans doute jouée dans ce rallentissement... mais la tournée reprend demain... à Evreux, et le TRIANON vendredi nous permettra sans doute d'ouvrir un débat enfievré...

 

 

-  Un petit texte pour annoncer le concert de demain:

 http://www.77info.fr/pages/evenement.php?id=2931&event=concert+JEAN+LOUIS+MURAT

  Le 04/04/2013 - Concert : concert JEAN LOUIS MURAT
"Un disque sombre, Toboggan ? Finalement, non. Ici et là, il semble ériger la mélancolie en art de vivre (Il Neige, en guise d’ouverture éloquente ; Belle, élégante ballade aux accents soul), mais donne aussi l’impression de se dévoiler en homme apaisé, comme sur le délicieusement désabusé Over & Over, seul titre où il a accepté un peu de compagnie.
Cet “enchanteur de sentiments amoureux” suggère des émotions, peint des atmosphères. Il évoque les addictions sur le diptyque Voodoo Extraordinaire et Voodoo Simple, dialogue avec lui-même le temps du troublant Amour N’Est Pas Querelle.
Tourneboulante, intrigante et fascinante, Toboggan est une œuvre atypique dans une époque qui porte trop souvent au pinacle uniformité, frilosité et pensée unique. Une œuvre qui en dit long sur “l’intransigeance artistique” de cet homme incapable de rentrer dans le moule. Une intransigeance qui prime sur le réel, les ambitions personnelles, et qui fait définitivement de Jean-Louis Murat un artiste différent. Hors du temps."

 

  -  On a quelques clichés de MACON... avec un petit compte-rendu d'un non-initié... On ne peut pas dire par exemple qu'il est resté silencieux...

http://lascenemaconnaise.free.fr/index.php/2013/04/03/chronique-olivier-depardon-jean-louis-murat-macon-2013/

 Deux des 4 photos:

http://lascenemaconnaise.free.fr/img/img_chro/murat/DSC_0117.jpg 

 http://lascenemaconnaise.free.fr/img/img_chro/murat/DSC_0129.jpg

 

 

- Enfin, un petit "phoner" permettant au courrier picard d'annoncer  le concert à Amiens du 16 mai... On n'y parle peu de Toboggan... mais de littérature... Vous y trouverez donc les conseils de lecture de Murat.... Mais l'article contient une belle boulette. Sauras-tu la retrouver?

 

    http://www.courrier-picard.fr/loisirs-pratique/murat-sans-concessions-ia220b0n44345

"Jean-Louis Murat est un chanteur qui a su se forger un style grâce à des albums sans concessions et d'une indéniable qualité. Il vient de sortir un nouvel album, Toboggan où l'on retrouve son inspiration à la fois poétique et tendre. Un album calme, réalisé à l'ancienne, chez lui en Auvergne qu'il nous fera découvrir, le jeudi 16 mai prochain, à la Maison de la culture d'Amiens. Amiens qu'il connaît déjà un peu : « Quand j'y viens, je vais voir la cathédrale. La Picardie est le pays des cathédrales », explique-t-il. Sur scène, il sera accompagné de Christophe Minck (basse) et Stéphane Reynaud (batterie). « Il y aura aussi une installation avec des images ; des choses que j'ai réalisées et qui seront diffusées sur trois écrans », confie-t-il. « Mon dernier disque sera la matrice de ce spectacle. »

Murat, c'est aussi un univers très littéraire. Grand lecteur ? Il ne s'en cache pas : « J'ai lu tout Proust, tout Nietzsche, tout Camus ; j'ai repris la lecture de La Recherche du temps perdu », dit-il. « En ce moment, je lis beaucoup sur la Grèce antique. (Dans mon cartable, j'ai un livre de Jean-Pierre Vernant. Lire toute l'œuvre de Jean-Pierre Vernant, ça me paraît très intéressant.) Je suis en train de lire le dernier Philip Roth. » Il s'intéresse - on s'en doute - aux écrivains d'Auvergne, sa région qu'il adore : « Je vous recommande Marie-Hélène Lafon ; c'est très très bien. Elle écrit sur le monde paysan ; elle est professeur à la Sorbonne, mais elle est du Cantal. Je retrouve tout. J'ai lu tout Marie-Hélène Lafon ; j'ai connu tout ça parfaitement. C'est comme si je l'avais écrit moi-même. » Il a également lu Vialatte « grâce à mon grand-père. Les chroniques dans La Montagne. Je n'y comprenais rien, mais c'est le style qui me plaisait ; je trouvais ça admirable ».

Il a savouré la prose de Robert Giraud, un sacré écrivain, grand résistant qui combattit dans les maquis d'Auvergne au côté de Guingouin... « Mon petit dernier s'appelle Gaspard », confie-t-il. « Je l'ai appelé comme ça car c'était le nom d'un des chefs des maquisards dans le Puy-de-Dôme. (N.D.L.R : Émile Coulaudon, dit Colonel Gaspard, héros de la résistance en Auvergne.) »

Propos recueillis par
PHILIPPE LACOCHE

 

 

C'est bien-sûr l'évocation de Christophe Minck qui a plus d'un an de retard. J'ai quand même vérifié l'information auprès de ce dernier... qui s'est félicité avec humour que les péripéties de la précédente tournée ait donné à Murat l'envie de tourner façon "black keys"... Il m'a surtout indiqué  que "Toboggan" était pour lui un "grand cru"  et qu'avoir croisé Murat avait été  une grande expérience.

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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