C'est pour tout-à-fait autre chose que je jettais un oeil sur le site du tourneur de Murat... et que vois-je? DES NOUVELLES DATES... qui n'étaient pas encore tombés dans mes alertes...
VOILA DONC L'ENSEMBLE DES DATES ANNONCEES: les nouvelles dates en rouge...
Le disquaire day institution outre-manche s'installe en France depuis 2 ans. Une occasion de promouvoir l'achat de disques physiques chez les disquaires indépendants. On en avait parlé l'année dernière pour une vidéo de Frank Loriou évoquant la pochette de MUSTANGO... Cette année, on aura quelque chose de plus à se mettre sous la dent apparemment : En effet, les organisateurs ont annoncé le nom de Jean-Louis Murat comme faisant partie des artistes participant: y aura-t-il une édition vinyl spéciale, un disque avec des inédits? ou simplement un packaging spécial, un show case?
Il y est indiqué : Pour la France, 176 magasins (169 disquaires et 7 boutiques vidéo) ont pris part à
l’événement dans 79 villes en 2012, alors qu’ils n’étaient qu’un peu plus d’une centaine dans 63 villes en 2011. Le chiffre d’affaire généré a doublé en un an, passant de 300 à 600 000 euros.
Le Disquaire day 2013 aura lieu le SAMEDI 20 AVRIL. Et si une édition limitée est produite, il faudra se lever de bonne heure pour aller tôt en ville à la recherche de la galette.... et sans garantie... puisque certains disques sont éditées à peu d'exemplaires uniquement pour ce jour-là.
Membre du forum TOUTES CHOSES autour de Manset, j'y ai découvert aujourd'hui une vidéo qu'a postée un des anciens du forum, et vu que c'est un document qui ne circulait pas encore, je décide de vous en faire part : Manset invité dans le DISCORAMA, en 1973, pour une discussion autour de "la Mort d'ORION".
Sa voix n'a pas bougée, et ses propos pas tellement non plus...
La reprise par Murat d' ENTREZ DANS LE REVE:
Et celle de Nicola Sirkis (qui a retwitté G. MEDIONI pour annoncer "over and over" à ses followers)
Et on termine par ce petit bijou mise en ligne il y a quelques mois:
Je rappelle que Gérard MANSET devrait avoir bientôt sortir un nouveau disque chez East West France (warner), même si on n'a plus de nouvelle depuis la signature du contrat en juin 2012.
Mon commentaire: Murat utilise encore, et abuse un peu, du mot "Dieu" (2e strophe), même si je pense qu'il utilise aussi ce terme pour évoquer autre chose que le Big Boss... plutôt une "force de vie première" peut-être, l'amour exclusif (qu'il oppose dans la deuxième strophe justement à "ton Dieu")... Il répète aussi sur deux vers du refrain "manteau" (puis encore une autre fois dans une strophe suivante), ce qui peut être jugé un peu maladroit, mais vu l'"actif" relié à ce nom, et son capital sympathie, même s'il n'est pas relié à la pluie, cela peut passer. Pas fana des "over and over" également., mais j'aime, malgré ces réserves, quelques belles trouvailles: éternelle rimant avec homme poubelle, Dans ce vieil abstrait cruel, la façon dont je démène" et la petite rupture de rythme dans le chant que ce vers entraine, et "aplanée" (vieux français qui pourrait dire "caressée").
Cela en fait une belle chanson muratienne, avec les thématiques de l'amour, et du divin et de l'infini (il évoque l'abstrait mais ne manque pas de situer le personnage devant la Loire, la terre)... Pour le reste, on peut imaginer chacun son histoire: leur relation est-elle finie? Qui est cet amoureux: un amant? Enfin, soit, on peut laisser son esprit vagabonder au rythme down tempo de la musique...
A l'occasion de la dernière actualité, je lançais en guise de boutade finale à un message à Jeanne Cherhal... "PS...non pas PS mais NB!! : On attend une petite reprise de Murat pour son anniversaire!! C'est le 28!"... En effet, elle prend une bonne habitude de nous faire partager quelques reprises enregistrées chez elle (dernièrement, pour F. HARDY ou le jour où l'on a eu des bonnes nouvelles de Bowie), et voilà ce que je découvre ce soir:
Elle a choisi le titre qu'elle a classé dans ses 10 "chansons que l'on devrait connaitre par coeur" (livre de B. Vignol). Elle nous en a parlé dans l'Inter-ViOUS ET MURAT : "c'est une chanson parfaite pour moi qui me plonge dans une douceur et une délectable tristesse chaque fois qu'on l'écoute". Dans l'entretien, elle nous disait aussi qu'elle n'avait jamais réussi à le reprendre... Voilà qui est fait et c'est magnifique.
Retrouvez Jeanne Cherhal dans "the second woman" (notamment au tout débuta capella seule en scène... après on peut tout faire, même reprendre Murat... :
On découvre aujourd'hui la nouvelle chanson de Jean-Louis Murat. Bien que Murat ait l'habitude d'utiliser l'anglais dans ses titres, de jouer avec certains codes ou termes usés (Le Lady d'Orcival...ou le "cross" de Nu sous la crevasse...), le nom du titre dévoilé il y a 3 jours m'a un peu surpris... Surtout avec ce visuel assez disco. Cela ne collait pas trop avec ce que Marie Audigier nous avait dévoilé de TOBOGGAN. Mais cela m'a amusé ensuite... surtout en découvrant le nombre de chansons intitulées de la sorte... Wikipédia nous en propose un petit récapitulatif là , qui ne me parait pas complet. On remarquera surtout dans la liste le nom de... Nana Mouskouri?? Non celui de Neil Young... tiens donc... Partirions-nous en ce pays folk-blues?
Et bien, non...
Après 5 écoutes... non, j'arrive à la 6e, soyons franc : je reste circonspect... mais ce n'est pas la première fois que je regretterai le choix du single... même si cette fois, je comprends bien le choix... je ne dirais pas que ça sent le tube, mais au moins sa recherche. Murat n'a jamais été aussi prêt de revenir à "Cheyenne automn" (la guitare remplaçant le synthé). La RTBF résume ainsi laconiquement : "Il croone presque, loin des chansons plus rugueuses auxquelles il nous avait habitué ces dernières années".
Franck Vergeade de Magic! dit : "Un titre quiet et mélodique, qui rappelle un brin les moments calmes de Lilith (2003)"... Mouais... Juste un brin. F. Vergeade a également twitté ceci : "Alors, ce quatorzième album de @jeanlouismurat et le premier pour @PIASLeLabel ? D'ores et déjà, son disque le plus court".
Une autre réaction plus positive vient du MAGUE qui titre "un bijou": " On aime et défend Murat depuis 10 ans sur le Mague, mais force est de constater que son album qui sortira en 2013, si on en croit ce premier extrait, va être une excellente cuvée. OVER and OVER... is good !! ENJOY"
Sur FB, les réactions dans les commentaires sont elles-aussi positives. On en reparle j'espère dans les commentaires... J'en suis à la 10e écoute... et mes oreilles commencent à s'y faire...
EDIT : F. VERGEADE SUR TWITTER : Le nouveau @jeanlouismurat est hypnotique, concis et cryptique. Grand cru après "Grand lièvre"
LE LIEN EN PLUS :
Hasard du jour... Carla Bruni sort également son single aujourd'hui... et on en parle un peu plus que celui de Murat dans les médias... Olivier NUC, lui, fait le lien:
"Jean-Louis Bergère est un poète, un amoureux des mots ; la seule lecture des textes suffit à s'en convaincre. A l'exception peut-être d'un autre Jean-Louis (Murat), il y a bien longtemps que, dans ce magma informe qu'on appelle, "chanson française", la langue française n'avait été traitée avec tant d'égards et de finesse".
Nouvel album " Demain de nuits de jours" / janvier 2013.
Belle chanson... avec une intro musicale très chouette, joli sample d'opéra... Et un clip tout-à-fait honnête!
- On passe ensuite aux plus gros... mais pour qui la vie reste précaire... avec ALINE (ex-young Michelins)... Beaucoup de promos et de presse pour eux, et le soutien des Inrocks... et le rejet de pas mal d'autres... C'est pourtant sympathique... Leur premier album vient seulement de sortir... http://www.deezer.com/fr/album/6195568
Ils citent Jean-louis Murat dans une interview récente:
"Et aussi de se défaire du fantôme de Serge Gainsbourg, qui plane tant sur la
chanson française que la pop depuis plus de vingt ans ?
RG : Je trouve que ça fait du bien de s'en éloigner, car ça fait vingt ans que les journalistes et fans cherchent le nouveau Gainsbourg. Il faut faire le malin, le dandy... tout le monde est dandy aujourd'hui : dandy décalé, dandy mon cul... J'adore Gainsbourg, mais il faut arrêter de ramener la culture pop française à cette seule grosse figure tutélaire. Il y a eu les yéyés, Dutronc, Évariste... je voulais éviter à tout prix les comparaisons avec Gainsbourg et Bashung. D'ailleurs, maintenant, tout le monde cherche le nouveau Bashung. Sauf qu'on ne le trouvera jamais, et ça n'a rien de grave. L'héritage français est lourd à porter. Après, il reste des mecs comme Dominique A, Jean-Louis Murat, qui ont toujours tracé leur route, sans être les nouveaux Gainsbourg ou Bashung. Mais pour moi, ce n'est pas de la pop. Il n'a pas de réel modèle français pour la pop qu'on veut faire, même si on apprécie Daho, Jacno, Gamine ou Les Désaxés".
- Et puisque je vous parle du jaguar... Il faut que je vous présente une personne qui m'a dit chanter tous les jours "les jours du jaguar", et en découvrir tous les jours un nouvel aspect... Alain Klingler!
Prochains concerts pour lui au CANADA: Sund. February 17th Ottawa GIGSPACE 8pm Sund. February 24th Toronto MUSIDEUM 3pm / 8pm
- Le Brevet de muratien n'est pas encore attribué aux "DEJA VU" le groupe lyonnais... ils ont le soutien et l'amitié de FRED JIMENEZ... c'est vrai qu'on retrouve sa pop dans leur musique. Leur nouvel album sort en mars.
C'est tout pour ce soir. Vous pouvez disposer... et ne sortez pas de disques, c'est EMPTY.
J'avais un petit doute... et mon impatience me l'a fait négliger dans la rédaction de l'article précédemment édité ce jour. J'ai demandé l'autorisation (accordée) à Jeanne Cherhal d'utiliser la photo (ci-dessous)... mais sans lui demander d'où elle venait. Sur twitter, quelques minutes après j'utilisais le point d'interrogation... mais soit. Je vous prie de m'excuser... Merci à AB qui m'a permis de rectifier le tir!
La photo qu'a publiée Jeanne Cherhal ce jour ne faisait pas (apparemment, car je n'ai toujours pas confirmation) de l'enregistrement de TOBOGGAN mais de la BO de THE END, le webdocumentaire de Laetitia Masson.
Ab qui m'a averti m'a orienté sur le site où le film sera enfin visionnable... le 13 février (encore avec du retard... il devait être diffusé au départ pendant la campagne présidentielle). On peut y voir une bande annonce:
http://the-end.nouvelles-ecritures.francetv.fr
Depuis le temps qu'on en parle, je ne sais plus ce que je vous en avais dis... J'avais oublié moi-même qu'on pourrait y retrouver Elodie Bouchez (quelqu'un m'a dit l'avoir vu ce week-end dans une vieille VHS au bord de la mer avec Murat...).
Enfin, soit.. euuh, journée pourrie... et la France a perdue au handball...
Content quand même pour Jeanne Cherhal de cette collaboration...
Le camarade Baptiste VIGNOL, "inter-ViOUvé ET MURAT" numéro 2, et qui m'a apporté un appui important par la suite, fait paraitre le 24 janvier, un nouveau livre intitulé :
"le Top 100 des chansons que l'on devrait connaitre par coeur" (Edition Le Carpentier).
Même si le titre évoque une émission de TF1 présentée par Dechavanne, on retrouve la fine plume érudite et acérée de Baptiste telle qu'on la lit sur son blog "qu'est-ce qu'on nous chante?". Le principe était simple... mais sans doute bien difficile et long à réaliser : demander à des artistes francophones de donner leurs 10 chansons de chevet.
Avant de vous parler de manière plus détaillée du livre, je vous propose de découvrir la sélection de Jean-Louis MURAT, ce qui me permet de réactiver la "catégorie d'articles: le goût de qui vous savez"...
«Dans ce désert qu'est la chanson française, le moindre artiste sert de repère. Il y a la piste Brassens, la piste Ferré, la piste Brel ou Boby Lapointe. Léo Ferré est un mec du xixe siècle que l'on est bien obligé de rencontrer un jour ou l'autre, car il reste un maître: il n'y a rien à jeter dans La Mémoire et la mer, son chef-d'œuvre. J'ai toujours été un grand fan, même si je n'ai jamais adhéré à ses idées politiques. L'anarchie selon Ferré, c'est Bagdad. Je l'ai rencontré une fois, quand j'étais gamin. Il passait en concert à Clermont-Ferrand, des anars bloquaient la rue et il s'est senti obligé de se justifier d'avoir un chauffeur. A sa place, j'aurais foncé dans le tas.» (L'express, en 2007)
- Le passage au titre suivant va être un peu brutale, même si ça parle aussi d'exécution :
Ne pleure pas, Jeannette est une chanson traditionnelle francophone. "Cette chanson anonyme est apparue dans les armée françaises à la fin du 19e siècle comme chanson de marche puis fut reprise par les scouts et devint une chanson enfantine; Il s'agit d'une reprise simplifiée, mais sur le même thème, d'une chanson bien plus ancienne "la Pernette se lève" sur une musique très différente (voir chansons historiques de France 251 )"
interprétation : Lucienne Vernay et les quatre Barbus, disque "rondes et chansons de France"
- On en revient à une chanson moins originale pour ce genre de classement... La seule chanson de ce classement qu'il a reprise.
- Et petit pied de nez à la Murat... il insère dans son classement aussi la version de COHEN...
J'ai trouvé une petite vidéo avec introduction par Joe Dassin...qui aurait peut-être pu figurer dans ce classement...
- On rebascule encore dans le passé...par l'immense Malicorne... Ce n'est pas les "Tristes noces" dont j'ai pourtant déjà entendu dire que c'était la plus belle des chansons françaises (par Bernard Lallement, chef de choeur)... mais Marions les Roses
A noter que Murat se trompe de titre et indique : les roses font un beau bouquet (quand elles sont jolies)
- On trouve encore deux grands classiques : LES FEUILLES MORTES (Yves Montand), et LE TEMPS DES CERISES... Après le chant des partisans et l'affiche rouge, voici encore une chanson à haute valeur historique, hymne du peuple de gauche... http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temps_des_cerises_(chanson)
J'ai beaucoup aimé la version de Noir Désir:
- Dans tout classement de chanson... Il faut un TRENET... et Murat choisit, non pas la MER (qui est la chanson choisie par le public) mais une chanson plus personnelle de l'auteur de "que reste-t-il de nos amours?" (classé 10e) : La Folle complainte est d'ailleurs classée 12e.
Très belle évocation de son enfance... dont on comprend facilement qu'elle touche l'auteur Bergheaud.
Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore. On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire
Se donnant de la joie. ... Je n'ai pas aimé ma mère. Je n'ai pas aimé mon sort. Je n'ai pas aimé la guerre. Je n'ai pas aimé la mort.
ET ceci qu'y pourrait être du Bergheaud :
La vie, la mort, les squares Et les trains électriques, Les larmes dans les gares, Guignol et les coups de triques, Les becs d'acétylène Aux enfants assistés Et le sourire d'Hélène Par un beau soir d'été.
- Le dixième titre nous permet de finir sur un peu d'humour... avec le grand Boby... dont on aurait aimé qu'il nous laisse un peu plus de chansons... Murat l'avait déjà cité, notamment à côté de Dassin et Caussimon dans une interview avec RAPHAEL (de 2006). On ne sera donc pas étonné de ces choix peu modernes faits par Murat. Ce classement illustre bien les propos qu'il tenait au Nouvel-Obs en 2002:
C’est la chanson française actuelle que je mets en cause parce qu’elle ressemble de plus en plus à de la variété internationale. Par le passé, il y a eu des artistes formidables comme Bourvil, Boby Lapointe, Dick Annegarn, Isabelle Aubray, Charles Trenet... Je constate qu’aujourd’hui il y a une sorte de mondialisation qui me déplaît souverainement. Les chanteurs québécois, qui sont le cheval de Troie de la culture anglo-saxonne, hurlent dans le micro comme si l’électricité n’avait jamais été inventée. Par eux, c’est la culture américaine qui s’infiltre et dénature notre paysage. Alors que nous, les peuples d’Europe, sommes des murmurants. Pour moi, la voix de la France, c’est Etienne Daho ou Miossec, Johnny Hallyday étant une exception. Mais cette tendance un peu vaine qui consiste à mélanger ce qu’il y a de plus branché dans le rock avec ce qu’il y a de plus branché dans la poésie m’agace. Cela dit, on pourrait me retourner le compliment! C’est difficile d’être un chanteur français. Je pense que c’est une espèce en voie de disparition. A noter tout de même la présence de Prévert qu'il a déclaré "détesté" et d'Aragon qualifié de "sous Baudelaire" (L'express, 2007).
"II me semble que dans la chanson française on s'est de plus en plus éloigné de la musique de la langue, jusqu'à arriver à une sorte d'impasse. Gainsbourg, Bashung, évidemment que c'est sensas. Mais si tu les mets sur l'arbre de la langue, c'est une branche morte. Tu ne vois pas quelle descendance ils peuvent avoir. Moi, j'essaie plutôt de rester dans le tronc, dans la montée de sève. Quand tu travailles sur des textes comme ça, tu t'aperçois que ce qu'on appelle la chanson française, c'est la langue classique, celle qui a été posée au XVIIe siècle et qui possède sa musique intérieure. Et on y revient toujours, quels que soient les détours. Je pense par exemple à Carlos Jobim qui explique qu'il a inventé la bossa en jouant du Debussy. Il jouait du Debussy au piano, les fenêtres ouvertes, et c'est en entendant les rythmes provenant de la rue mélangés à Debussy qu'il a inventé la bossa. Et aujourd'hui, par un détour fulgurant, Salvador cartonne, en chanson française, avec un album bossa ! C'est pourquoi, à l'arrivée, je trouve pathétique la manière de Gainsbourg de jouer avec les mots. S'il parlait de la chanson comme d'un art mineur, c'est finalement qu'il ne s'en sortait pas ! Il aurait bien aimé faire toujours Je suis venu te dire que je m'en vais, faire du Verlaine, mais ça ne marchait pas. Comme le Gainsbourg avait un esprit de synthèse fort, qu'il voyait bien quelles musiques marchaient et qu'il ne voulait pas ronronner, il dynamitait les mots. Mais après quoi, c'est l'horreur. Parce que tu te retrouves dans un langage publicitaire, parce que tu fais du publicitaire. Arrivent alors des mecs élevés au Gainsbourg qui font du publicitaire, et comble de l'horreur, qui arrivent à te le faire passer pour de la littérature : Frédéric Beigbeder, par exemple. La langue est alors finie.
Dans la variété, ça donne toutes ces biches, ces petites nanas qui déplacent l'accent tonique et chantent comme des Américaines pour faire sauter le dernier verrou de la langue. Alors que la grande tradition de la chanson française, c'est l'articulation. Ce phrasé, c'est d'ailleurs la force de Gainsbourg. Là, il est dans la lignée de Nat King Cole qui institue, avec Frank Sinatra, le grand phrasé américain. Salvador est tout à fait là-dedans. Yves Montand aussi. Moi, je ne le fais pas assez, je baragouine, comme me le dit tout le temps Isabelle".
A noter que Dominique A a choisi "Amours débutants" (et pour Manset, Camion baché) et Florent Marchet "Nu dans la crevasse"... Cherhal, Bertrand Soulier, Robi ont également indiqué un Murat... mais je n'ai pas fini de vous compiler tout ça... On en reparle!