inter-ViOUS et MURAT- n°3 : JEANNE CHERHAL

Publié le 12 Février 2010

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 3:

JEANNE CHERHAL


                    Je suis très honoré d’accueillir sur ce modeste blog une des plus jolies plumes féminines de la pop française, Jeanne Cherhal.  Elle sort un nouvel album en mars intitulé « charade ». Et ça lui va très bien !  Car, sans « perm à Nantes » (ah, jacquot !),  sous la frimousse à la Audrey, elle sait manier la fantaisie et la variété d’un Stanley Donen ! Elle est aussi la co-auteur d’une des plus belles chansons de 2009 : « Brandt Rhapsodie » (avec B.Biolay).    Je remercie Baptiste Vignol de m’avoir parlé de son goût pour Murat…  qui n’était pas parvenu à mes oreilles je dois dire… Et pourtant, il y avait des indices… Notamment son bout de chemin musical avec JP Nataf et Holden.

                    Elle met en ligne quotidiennement sur son site des charades en "teasing" de la sortie de l'album (8 mars) et elle vient justement d’en consacrer une à Jean-Louis ("mon tout est un chanteur que je vais régulièrement espionner pendant qu’il bèche son jardin auvergnat en bleu de travail »).  Voilà qui méritait un peu d’éclaircissement !

 

    PORTRAIT MOUTON













photo: Tania et Vincent
"portrait mouton" 
(cela m'évoque les gros pulls de JLM!)
           

    




  Bonjour, Jeanne Cherhal!!
Merci d'avoir accepté le principe de "l'interViOUS et MURAT"...


 
 

 Dans votre charade consacrée à JL Murat, vous avouez l'espionner en plein bêchage dans son jardin. Vous savez qu'il n'aime pas trop les touristes et les fans envahissants? (même si je pense qu'il récolte  un peu ce qu'il a semé... et pas seulement après avoir bêcher... mais  en chantant  et filmant ses horizons et ses montagnes de si belle manière!)

 

J. CHERHAL :   Je ne le sais que trop. Mais je ne peux pas m'en empêcher! Ecrivant la majeure partie de mes chansons dans un grenier que l'on me prête dans le Puy-de-Dôme, j'en profite pour aller fureter du côté de ses terres... Non en fait, j'y monte pour me balader autour du lac de Guéry que j'adore. Surtout quand il est complètement gelé l'hiver. J'ai un jour appris que Jean-Louis Murat habitait dans le coin, alors j'y suis allée jeter un œil. Et il était là! J'ai cru qu'il me menaçait avec une hache, mais en fait il coupait du bois. Ça a suffi pour nourrir mes rêveries et cauchemars pendant quelques semaines. Plus sérieusement, je suis moi-même tellement pudique et craintive à l'idée qu'on me voie dans ma vie privée, que je n'ai pas réitéré l'expérience, à cause de la profonde admiration que je lui voue. Lorsque je l'ai aperçu, c'était donc plus ou moins le fruit du hasard...  J'aurais adoré qu'il ait son déguisement de lapin, mais non. 



- Ah, vous connaissez même le lapin!   Je suis impressionné!    C'est  donc ses chansons et ses levers de soleil qui vous ont guidé jusqu'à lui?   Vous n'aviez jamais eu d'autres occasions de le croiser ?

 
J. CHERHAL :   
Je l'ai croisé une fois au Café de la Danse sur la tournée de "Bird on a poire" avec notamment Jennifer Charles. Je connaissais très bien le musicien qui était au clavier et, chose que je n'aime pas trop faire, j'étais allée en loge après le concert. Là on nous avait présentés furtivement, mais c'est tout!

Ce qui me mène jusqu'à lui, ce sont évidemment ses chansons, son charisme, et j'ose le dire, sa sensualité

 

 

-  Est-ce son expérience avec Manset  mais Murat dit maintenant qu'il vaut mieux de ne pas rencontrer ses idoles (pendant l'enregistrement du dernier album, il avait l'opportunité de rencontrer Tony J. White, mais il est resté à sa porte sans oser sonner). Qu'en pensez-vous?

 

J. CHERHAL : Je pense qu'effectivement il peut être difficile de rencontrer "en vrai" quelqu'un que l'on met sur un piédestal. Un jour après un concert de Sonic Youth (mes idoles d'adolescence) à la Villette, on m'a amenée à la porte de leur loge. Il y avait quelques personnes qui entraient, mais moi je n'ai pas pu! Et finalement je ne le regrette pas. Concernant le backstage de Jean-Louis Murat au café de la Danse, je n'étais vraiment pas à l'aise...

 

 

- Est-ce que composer en Auvergne a eu de l'importance dans votre inspiration? Est-ce qu'il y avait une ombre sur votre plume?

 

J. CHERHAL :    L'Auvergne m'influence probablement, parce que c'est une région comparable à nulle autre, mais là où je puise mon inspiration c'est dans  mon grenier surtout. C'est un endroit béni à l'abri de tout, qu'un voisin pâtissier à la retraite couve du regard lorsque j'y travaille. Il fait en sorte que je ne manque jamais de tomates. Mes journées là-bas sont un peu kantiennes, je me force à sortir au moins une fois par jour pour faire un tour dans les champs environnants en écoutant très fort au casque ce sur quoi je suis en train de travailler. L'immense solitude de mes séjours auvergnats me sied. Quand il m'arrive de m'y retirer en été, je vais nager dans un lac assez proche mais pas trop longtemps, pour mieux retourner m'enfermer après.

 

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-  Vous évoquez Kant :  vous avez la philosophie en point commun avec JLMurat qui s'est plongé  dans la bibliothèque de sa femme licencié de philo.   Mais il serait plutôt   Nietzschéen... notamment dans sa conception du  rapport homme/femme... Même si, comme toujours, il joue des contradictions.  Ami de personnalités féministes, il a déclaré  qu'il était "prêt prendre une kalachnikov pour défendre la cause de l'égalité des sexes"... mais  aussi :   "La libération des femmes va tellement loin que notre libido a besoin de femmes libérées, mais les femmes libérées n’ont pas besoin d’hommes comme nous. J’ai lu qu’il y a 4 millions de sex-toys en France. C’est très troublant. J’ai beaucoup de mal à imaginer que les filles aient des pulsions sexuelles. La femme libérée pour moi est une horreur, bizarrement. Je préfère penser à la femme en Dolorès, en Lilith, en Iseult, plutôt qu’en cette traînée de Madonna. Peut-être resterai-je toujours dans la légende de la femme. En un sens, je suis un homme préhistorique" (N°61, 3 couleurs).  Il évoque beaucoup  "la virilité" également.

Vous qui avez joué "le monologue du vagin",  qu'en pensez-vous? 

 

J. CHERHAL :    C'est drôle mais je le comprends complètement. Je pense qu'au fond c'est un grand romantique au sens noble. Et de toute façon, féministe ne veut pas forcément dire nymphomane auto-proclamée! Lorsqu'il parle de femme libérée, dans ce contexte, je crois qu'il pense à la maîtresse femme qui dévore les hommes pour calmer son appétit. Si une telle femme existe vraiment... En tant que femmes, bien sûr nous dominons, c'est indéniable! -eh eh !!- mais notre pouvoir réside dans notre capacité à faire croire que nous sommes dominées!!!  Il prend l'exemple de Madonna, son personnage fait certainement peur aux hommes, inconsciemment. Que peut apporter un homme à une femme qui a l'air déjà si satisfaite et insatiable? Moi elle me fascine, mais je conçois qu'elle puisse ne pas représenter la femme idéale pour la plupart des mecs. A l'inverse de Laëtitia Casta par exemple. Elle, elle est idéale. Mais quand il dit qu'il est un  "homme préhistorique", je ne suis pas d'accord. Au contraire je trouve que c'est tout à fait moderne d'attendre d'une femme qu'elle ne soit pas la Margaret Thatcher de la libido. Vous voyez ce que je veux dire? On peut avoir une vie sexuelle extrêmement intense sans le crier sur les toits ni faire sa WonderWoman, brutalement. Un peu d'élégance, quoi. Les effusions soudaines n'en sont que meilleures.

 

 

-  En élargissant un peu la question précédente, est-ce que vous vous intéressez aussi à ses interviews, son discours? Est-ce que dans le métier,-on en a parlé lors de sa non-nomination aux victoires- , il n'y a pas un certain désamour envers lui du fait de ses déclarations, notamment par ses coups de griffes contre ses homologues ? (seul JP Nataf et B. Biolay, deux de vos amis,  ont eu l'honneur récemment d'un mot amical)?

 

J. CHERHAL :    Je m'y intéresse relativement. Ses interventions en presse sont toujours assez jubilatoires et truffées de trouvailles marrantes et provocantes, mais je ne suis pas murativore au point de le guetter à chaque apparition médiatique. Ce que j'aime chez lui en interview, c'est sa finesse, sa nonchalance, sa capacité à rebondir, à séduire et agacer en même temps, et sa culture qui apparaît sans crier gare sur n'importe quel sujet. Je ne sais pas trop s'il faut imputer son statut de "paria du métier" à ses coups de griffes. J'imagine que oui? En même temps Benjamin Biolay est pareil et il est encensé! Enfin aujourd'hui en tout cas... En général, vous voyez, je ne déteste pas les grandes gueules mais taper systématiquement sur les chanteurs d'à-côté, j'ai tendance à trouver ça un peu vain. On a quand même autre chose à faire avec la musique! En parlant de grande gueule, récemment j'ai entendu Brigitte Fontaine souhaiter son anniversaire au Président en disant "Monsieur le Président je vous gratte le cul très fort avec une fourchette", je l'ai vénérée!  Et j'ai tellement ri!

 

 

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- J'avais réfléchi à  une question autour de Brigitte Fontaine!  J'avais vu que vous l'aimiez... C'est vrai que Murat et elle, sont deux sacrés personnalités,  la folie et le surréalisme en moins chez Murat.  Vous évoquiez aussi votre travail d'écriture en recluse. C'est un mode de fonctionnement différent de Murat pour qui l'idéal est "une chanson par jour".  Vous fonctionnez  uniquement sur ces périodes intensives d'écriture ?

 

J. CHERHAL :    Il a toute mon admiration notamment pour ça. Une chanson par jour, quelle discipline... Moi je suis trop feignasse et trop dispersée pour y arriver. Il n'y a en effet que dans les périodes où je deviens une recluse en pétrification que je crée quelque chose. Enfin je crois. Disons, que dans ces périodes là, j'amène à maturation des choses qui grandissent chaque jour certainement. J'accouche en Auvergne. Deux fois l'an. Deux fois l'An j'accouche hum, hum... Ça fait Murat, un peu, je trouve. 

 

 

- Est-ce que l'idée de jouer de tous les instruments dans "charade" a un rapport avec l'expérience "tristan" chez Murat?  Cela arrive aussi, comme cet album pour lui,  après une période où vous avez été, peut-être, forcée au silence (changement de maison de disque, projet avec B. Biolay avorté)?

 

J. CHERHAL :    Je ne sais pas. Je ne pense pas que ça ait de rapport avec "Tristan". Le fait de m'être retrouvée face à moi-même en studio, sans musicien, s'est imposé à moi sans que j'y réfléchisse vraiment. Je n'ai pas l'impression d'avoir été forcée au silence, j'ai pris plus de temps que d'habitude, peut-être, pour mettre au monde ce quatrième album. C'est vrai qu'à mon âge (j'ai 31 ans), quatre ans entre deux disques c'est long! Mais je m'en fous en fait. L'important est de l'avoir fait quand j'étais prête. Concernant le projet avec Benjamin Biolay, pour moi il ne s'agit pas d'un avortement, puisque des chansons survivent de notre travail ensemble. Le côtoyer en studio m'a bousculée, je me suis frottée à des méthodes de travail que je n'avais jamais pratiquées (arriver en studio avec rien par exemple, et écrire en présence d'un ingénieur du son! C'était le tabou total avant pour moi!) et le fait que nous ne fassions pas un album de duos, comme nous avions pu l'évoquer en entamant notre collaboration, m'a au contraire donné une plus-value d'énergie pour mettre les bouchées doubles sur mon disque! Pour moi notre rencontre est au final très positive.

 

 

- Et comment! Rien que pour "Brandt Rhapsodie", cela valait la peine! 

   "La Superbe" a permis à Biolay de  convaincre quelques allergiques à sa musique et personnalité.   Est-ce que vous avez senti vous aussi  un certain impact de cette chanson sur le public, la presse ? Est-ce que l'on vous en parle?  

 

J. CHERHAL :    Oui c'est sûr qu'elle parle aux gens. Beaucoup m'en ont parlé. Je crois que pas mal de journalistes y ont été sensibles aussi. Nous l'avons chantée tous les deux sur scène il y a quelques jours, je sentais le public assez électrique! C'est une chanson à la fois très triviale parce qu'elle est énormément ancrée dans le réel et on a utilisé un niveau de langage presque parlé, et en même temps, j'ai l'impression que cette banalité la rend assez universelle... C'est un peu prétentieux de dire ça!... Mais j'assume. En tout cas lorsque nous l'avons écrite avec Benjamin c'était absolument sans prétention, nous nous sommes isolés chacun une heure dans un coin du studio où nous travaillions. Ensuite, sans nous concerter, nous sommes allés au micro poser nos bouts de texte sur des espaces de huit mesures en alternance. La version de l'album est celle de cette nuit-là, on a dit le texte une seule fois et on n'a rien retouché! C'était un moment assez magique...

 

 

-  B.Biolay  parlait justement d'un "virage radicale et intelligent" de votre part avec votre précédent album.  Comment parleriez vous de ce virage qui se poursuit avec "Charade"?

 

 J. CHERHAL :    C'est très aimable à lui!  Sur "Charade", je crois que mon "virage" se situe à deux niveaux. D'abord je me suis fait davantage confiance en tant qu'instrumentiste et productrice puisque je n'ai pas invité de musicien à m'accompagner, et ensuite je me rends compte que je n'ai sur aucun texte utilisé de second degré, ou de personnage à incarner pour mieux me planquer! Hormis la chanson "Pays d'amour", qui relate une garde à vue dont j'ai entendue, effondrée, le récit à la radio dans une émission de Daniel Mermet, le "Je" dans les chansons, c'est toujours moi!

 

 

 

- Est-ce qu’il y a une chanson particulière de votre discographie  qui vous fait penser à Murat ou dont il est l’inspirateur ?

 

J. CHERHAL :    Je crois que je lui dois le morceau "L'Eau" même si a priori il n'a rien à voir esthétiquement avec lui. Je ne sais pas trop pourquoi, pour moi cette chanson s'inscrit dans son paysage... Le texte, de l'eau partout...

 

 

- J'ai trouvé trace de pas mal de reprises de votre part (Barbara, Velvet, Bjork ...)  mais pas de chansons de JLM  ? En avez-vous déjà chanté?

 

J. CHERHAL :    Pour moi seule. Mais je n'ai jamais réussi pour l'instant à le reprendre sur scène, ce n'est pas chose aisée quand même...

 

 

-  Quels sont vos albums préférés de Jean-Louis Murat ? et pourquoi?

 

J.CHERHAL:   Lilith sans hésiter! Parce qu'il est hors d'âge et en même temps hyper actuel. Médiéval et contemporain tout à la fois. Parce qu'il y figure des choristes de luxe, et que le tout sonne terrible!!! Je l'adore.

  http://www.concertandco.com/cd2/jlmlilith.JPG

 

- et vos chansons préférées?

 

J.CHERHAL:   "La maladie d'amour" est une chanson parfaite pour moi, qui me plonge dans une douceur et une délectable tristesse chaque fois que je l'écoute. "Le cri du papillon", également sur Lilith, a le don de me faire danser la danse de Saint-Gui. Je suis très touchée par le "Mont Sans-Souci", et sur l'album que Jean-Louis Murat a consacré à Baudelaire et Ferré, je suis raide dingue de "A une mendiante rousse", qui me fait un effet incroyable! Je connais le poème par coeur depuis mon adolescence, et la première fois que je l'ai entendu chanté par lui, ça a été un vrai choc. C'est magistral de sensualité et de vérité! C'est beau tout simplement.

 

 

-  Vous avez déjà parlé d'un concert, mais l'avez vous vu à d'autres occasions? 

 

J.CHERHAL:  Eh non. 

 

 

- Vous m'avez eu avec Albin de La Simone, c'est un point de rapprochement entre Murat et vous qui m'avait échappé! mais j'en ai trouvé un juste à l'instant en parlant de concert : vous allez jouer avec les Littles Rabbits, qui ont enregistré à Tucson...  Une inspiration pour vous d'avoir un son à la Muragostang ?

 

 

J.CHERHAL:   Peut-être... Mais c'est surtout parce que j'avais envie de leur son à eux précisément!

 

 

- Enfin, je sens que je vais peut-être vous faire de la peine... Ce n'est pas parce que c'est la dernière question!!... Mais JLM a dit qu'il y aurait peut-être Emilie Loizeau, avec qui vous avez collaboré à plusieurs occasions, pour faire des choeurs lors de son concert à Clermont... Vous n'auriez pas envie de taper l'inscruste?

 

J.CHERHAL:   Si je n'y suis pas invitée, jamais! Je suis trop bien élevée malheureusement...

 



Interview réalisée par mails entre  le 4/02 et le 12/02/2010 (entre une rare soirée de libre, une petite prestation au Casino de Paris, un voyage en train et une prestation live dans un salon de coiffure chez Hiboo... entre autres!  Cette interview ne contient ni OGM, ni  question sur la crise du disque.
Merci Jeanne!
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Le site officiel de Jeanne:
http://www.jeannecherhal.net/

Son myspace:
http://www.myspace.com/jeannecherhal

Un nouveau clip, pour la nouvelle Jeanne Cherhal  (c'est très réussi... et très émouvant):


MON CORPS EST UNE CAGE
envoyé par jeanne-cherhal. -

L'album est en précommande :  ou

On peut également l'écouter
là  ....   mais à partir du 1er mars (SORTIE EN DIGITAL). 
Charade sera disponible le 8 MARS dans les bacs.


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LE  LIEN EN PLUS:
Quelques liens qui m'ont aidé, sans peine, à tomber sous le charme:

- Séquence émotion (Jeanne C. pense-t-elle à son père qui est ou était plombier?) :

http://www.youtube.com/watch?v=WZ-1fGSjVJY&feature=related

Belle émission suisse (j'ai un faible pour les montagnes suisses)... Vous pouvez la retrouver  en intégralité sur youtube.

- On comprendra aussi son intérêt pour Murat dans cette vidéo:
http://www.dailymotion.com/video/xav9l6_l-artiste-jeanne-cherhal-pour-la-sa_music

- Chez Mandor (le journaliste qui nous avait parlé en premier du CODC)...
http://www.mandor.fr/archive/2006/10/23/jeanne-cherhal-de-ci-de-l-eau.html
et aussi avec Pierre Derensy, autre murat-compatible:
http://www.franchuta.info/interview-19-jeanne-cherhal-par-pierre-derensy.html



- Critiques de "l'eau" :  http://mescritiques.be/spip.php?article410 ;  
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/leau/  ;
http://lame-son.hautetfort.com/tag/chanson

- Jeanne et les musiciens que l'on connait bien :

D'abord avec Camille !!!   Elles remettront ça à Bourges... Une soirée pyjama de folie avec Emilie Loizeau et Olivia Ruiz en plus...



et avec JP Nataf, Stremler, et Armelle Pioline (Holden):


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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Pierrot 28/09/2010 22:51



" Le cri du Papillon " premier single me fait
étrangement penser à un groupe qui a de nombreuses similitudes avec ta façon de penser la musique : les Littles Rabbits ? Eux comme toi, vous êtes très attirés par la musique qui vient
d'Outre-Atlantique.


 


De toute façon, tous les gens qui font de la musique et qui branchent une guitare électrique, dans la mesure où les grands chefs-d'œuvre ont été faits là-bas le sont… déjà je joue sur un
ampli Fender, une guitare Fender. C'est la couleur US. Je connais peu de luthier français.



Ton Pire Ennemi 20/02/2010 14:00


Heureux que l'on mentionne enfin La Fontaine pour autre chose que ses fables !

Ses "Contes & Nouvelles" sont une des oeuvres les plus réjouissantes que je connaisse. Libertine, drôle et et intelligente. Tout pour plaire.


Muse 18/02/2010 14:34


Le problème auquel est confronté JLM par rapport à d'autres hommes, c'est qu'il a un lieu de résidence qui lui sert aussi de lieu de travail.
Et du fait d'être artiste, il n'a pas de contraintes ni d'horaires comme des salariés ou des chefs d'entreprise.
Pour sa fillette, c'est déroutant parce que toutes ses autres petites copines d'école ont des papas qui soit sont agriculteurs et travaillent beaucoup à l'extérieur, soit ont des papas qui ont des
métiers en dehors du village et de la maison et en plus des métiers plus communs.
Donc conclusion de la petite: papa ne travaille pas comme les autres papas.
Et en plus il a pas un métier banal. Et on dirait à première vue, qu'il ne travaille pas. Juste aide maman au ménage.

Cette réflexion d'enfant donc doit perturber JLM.
Parce qu'il voudrait incarner le papa traditionnel qui travaille et rentre à la maison (parce que ça le conforterait dans une certaine autorité) tout en ne pouvant pas, de par son métier, incarner
ce stéréotype du fait de son choix professionnel.

Peut-être vivrait-il mieux cet état psychologiquement s'il avait un atelier de création à lui hors de sa maison - dans une petite localité à côté par exemple?

Le machisme est souvent lié à un malaise identitaire.
Un manque de confiance en soi. Un sentiment de perte et de peur.

Sa situation n'est certes pas évidente. Il a un métier à part. Sa compagne doit assumer beaucoup de choses pour lui laisser la liberté de créer comme il l'entend. Donc ça nécessite de verbaliser
beaucoup auprès de leurs enfants, d'expliquer les différences, de les sortir de visions de parents stéréotypés et traditionnels...
Ca oblige aussi à pas mal de stratégies alternatives pour qu'il parvienne à un équilibre sans qu'il ressente son rôle d'homme comme diminué.

Se réfugier dans le machisme ne le fera pas avancer.
Mais en discuter simplement avec sa compagne et ses enfants, redéfinir sa position et l'expliquer, en montrer les avantages aux deux petits (papa plus présent au plan éducation que d'autres papas,
partage plus régulier tant intellectuel qu'affectif que soins quotidiens), tout ça aide la famille à avancer.

Après, bien sûr que le fait d'avoir des enfants en bas âge à l'âge qu'il a, c'est aussi moins facile que plus jeune. On se pose plus de questions sur sa virilité, sur ses capacités à pouvoir donner
des repères solides à des petits, sur la question de la transmission, sur aussi ce qu'on peut apporter dans son couple même si on vieillit.
Et ça doit le perturber d'autant plus qu'il a des petits-enfants de l'âge de ses propres enfants. C'est logique.
Pour autant, c'est pas non plus rentrer dans une coquille machiste qui lui permettra d'aller mieux. Bien au contraire.
Vaudrait mieux qu'il explique son mal-être actuel et qu'il puisse trouver avec sa femme une solution ensemble qui leur permette à chacun d'aller mieux.

Et tu verras Pierrot, une fois la verbalisation faite et discussion d'une stratégie de couple, il aura plus besoin de tenir des discours machistes. Parce qu'il aura affronté la situation et dépassé
le problème.




Pierrot 18/02/2010 15:21


merci pour ce cours de psycho ...   Ah, ces gonzesses!! A toujours vouloir tout expliquer!!


Muse 17/02/2010 21:19


 Je cite JLM:
"La libération des femmes va tellement loin que notre libido a besoin de femmes libérées, mais les femmes libérées n’ont pas besoin d’hommes comme nous. J’ai lu qu’il y a 4 millions de sex-toys en
France. C’est très troublant. J’ai beaucoup de mal à imaginer que les filles aient des pulsions sexuelles. La femme libérée pour moi est une horreur, bizarrement. Je préfère penser à la femme en
Dolorès, en Lilith, en Iseult, plutôt qu’en cette traînée de Madonna. Peut-être resterai-je toujours dans la légende de la femme. En un sens, je suis un homme préhistorique" (N°61, 3 couleurs).
 Il évoque beaucoup  "la virilité" également.

Mais si! Faut lui dire à JLM que les femmes libérées ont besoin des hommes. Parce qu'il n'y a rien de plus beau pour une femme libérée que de jouir entre les bras d'un homme qu'elle aime...de
s'abandonner au plaisir sans retenue. Et c'est aussi très émouvant pour un homme cet abandon féminin dans le plaisir, non?

Une femme libérée c'est une femme qui connait son corps, ce qui la fait jouir et qui enseigne à l'homme qu'elle aime comment la faire jouir. Et qui aime aussi faire jouir l'homme qu'elle aime.
Parce que le plaisir de son partenaire sublime, enrichit son propre plaisir et vice versa...Et que c'est tellement formidable de communier ainsi sexuellement ensemble et d'arriver parfois ensemble
à l'extase!

Personnellement, je crois beaucoup en la poésie érotique de La Fontaine qui évoquait "comment l'esprit vient aux filles", à savoir par le traité des caresses, le plaisir éprouvé et donné. Un couple
s'accomplit je trouve l'un par l'autre en se guidant mutuellement dans la montée du plaisir. Et je crois que c'est beaucoup via cet échange amoureux et sexuel que l'homme comme la femme parvient à
un équilibre et à une forme d'accomplissement et d'épanouissement.

Et heureusement que les filles ont des pulsions sexuelles comme les garçons parce que franchement, c'est beaucoup plus amusant de participer à la montée du désir et du plaisir(le sien et celui du
partenaire) que d'attendre le nirvana passivement comme nos grands-mères.

Je voudrais bien savoir ce qu'il entend par homme préhistorique.
S'il entend par là, homme uniquement préoccupé de sa seule jouissance et attendant juste que madame écarte les cuisses...franchement ça fait fuir ce genre de mec.

Par contre, s'il pense qu'en donnant du plaisir à une femme et en acceptant d'en recevoir d'elle c'est préhistorique...faut vite le détromper. C'est au contraire l'idéal...que toutes les femmes
cherchent parfois désespérément toute leur vie.

Mais ça suppose que les femmes connaissent bien leur corps et ce qui les fait jouir pour pouvoir guider l'homme sans peur ni honte dans cette démarche. Et il faut évidemment aussi que l'homme
accepte que la femme le guide, lui montre ce qui la fait jouir sans qu'il ait peur d'échouer ou d'être nul ou dépossédé d'un pouvoir. C'est tout l'intérêt des jeux amoureux et du discours
amoureux...et si entente, cela conduit au meilleur! Et plus on avance dans la relation, plus l'extase est...enthousiasmante!

Le sextoy en augmentation, s'il veut savoir, c'est parce que beaucoup de femmes ont peur de demander à leur conjoint de les caresser ou de les faire jouir de telle ou telle façon. Plein de jeunes
filles arrivent à la fin d'adolescence en étant persuadées que les hommes sont omniscients en matière de sexe et de plaisir féminin. Or bien souvent, ce n'est pas le cas. Et les filles se rendent
compte qu'elles doivent expliquer à leur petit ami, conjoint comment les faire jouir.
Certaines osent parce qu'elles connaissent suffisamment leurs corps, assument de se masturber, de jouir, d'avoir du plaisir.

 D'autres qui ont du mal avec leur corps, la masturbation et l'idée même de jouir, se rabattent sur des sextoys, plutôt par dépit.

Ce qui est fort dommage car si un sextoy peut certes amener à la jouissance (et jouer parfois le rôle d'éducateur pour connaître mieux son corps), ça ne remplacera jamais les caresses d'un ou une
partenaire de jeu. Ce n'est pas la même qualité de plaisir. Pas le même épanouissement non plus.

Y aurait sans doute moins de femmes adeptes de sextoys si elles connaissaient mieux leur corps, acceptaient plus de jouir sans culpabiliser ou se retenir. Et il y aurait moins de recours aux
sextoys si les hommes avaient plus envie de faire jouir les femmes et acceptaient de suivre un guidage pour y parvenir sans prendre ça pour un manque de confiance ou un désaveu amoureux.

Parole de femme libérée, fontaine, sans sextoy et pleinement heureuse. ;-))


Pierrot 18/02/2010 09:23



Merci pour le cours de sexo... où l'on voit que chez les muratiens, il n'y a pas que des "mortes fontaines"....

En fait, je crois que sa contradiction, et oui, encore une, est surtout dans le fait qu'il a besoin des femmes libérées sexuellement... mais qu'à la maison, il n'en voudrait pas (machisme)!! Ma
question était plutôt orientée là-dessus à vrai dire... mais jeanne Cherhal, et d'autres...sous le charme de l'hidalmustango, n'ont pas perçu ça... 
Après, ce machisme est à relativiser...Il s'est dit le chef de famille, mais sa fille dit à sa maitresse que "son papa, comme métier, il aide maman à faire le ménage".... Le machisme en prend
déjà un petit coup!!!



Muse 13/02/2010 16:43


Très beau travail, Pierrot! Je te tire mon chapeau.
Je savais que Christophe adorait l'Auvergne aussi et qu'il aimait particulièrement certains paysages du Puy de Dôme pour trouver l'inspiration pour certaines de ses musiques...mais je savais pas
que Jeanne Cherhal avait aussi craqué pour la région.
Sympa ce qu'elle raconte sur le coin.
Peut-être un peu dommage qu'elle reste dans son grenier essentiellement pour composer, même si elle se force à sortir au moins une fois par jour...parce que l'Auvergne, c'est dans les paysages
qu'il y a cette espèce de don absolu et de saisissement intérieur...et c'est là aussi qu'il se passe des sortes de petits miracles d'émotion...et qui inspirent et portent durant de longs
mois...sans compter le tellurisme qui créée une sorte d'euphorie et d'apaisement profond, propices à la création...


Emmanuel 13/02/2010 10:44



Sympas ces inter-VIOUS :-)



Pierrot 13/02/2010 01:09


désolé pour les liens dans l'interview: impossible de les faire ouvrir dans une nouvelle fenêtre...