Et bien, voilà le clip "cours dire aux hommes faibles" qui n'était pas encore disponible dans les tubes, et il est nettoyé:
- ET un nouveau concert à BINCHE, en Belgique. 28 novembre. Et c'est toujours dans un théâtre (le batiment extérieur est ancien, mais la salle a été rénovée entièrement pour une ambiance "moderne".
1) Merci à l'auteur qui me signale son article... On l'avait déjà croisé : il a déjà interviewé Jean-Louis... et plusieurs fois, mais on ne dévoilera pas son identité!
Allez, on prend ses valises, et on se fait une petite virée dans le Sancy, à la recherche de Jean-Louis... On l'a tous fait.... ou presque... Joe Stratocaster signe un bel article aux multiples évocations muratiennes de son petit périple.
"Je vais vous parler de mon périple. De mon Odyssée, de ma quête. Ulysse perdu dans l’au-delà. Comme je ne suis pas un ricain exilé dans l’hexagone, j’ai mon Mississippi à moi : la Dordogne. Et comme il me fallait fuir, retrouver mes racines, caresser les vaches, boire un canon, évacuer la migraine d’une ville intoxiquée par ses problèmes, j’ai finalement décidé d’y partir pour retrouver Jean-Louis.
Depuis quelques années je rêvais d’aller perdre mes pieds dans les monts d’Auvergne. Vers un pays que je ne connais pas, un îlot sauvage évoqué, chanté, magnifié par la grâce d’un chanteur connu de moi et de quelques autres. Des milliers, des millions ? Un vague souvenir chez les uns, un monolithe de la chanson qui inspire le respect et l’admiration chez les autres. Artiste en global. Peintre, artisan, écrivain, poète, chanteur de l’ombre en plein cagnard.
Un nom de prince de l’empire, un pseudo évocateur de batailles. C’était presque perdu d’avance. Ça m’excitait. Pour compagnon de ma retraite : j’avais mon chien à la place du mort. Mon GPS foireux dans la bérézina des cartes. J’étais à coté de la plaque. Direction la Bourboule. Ca monte pas mal, on récupère de l’oxygène. Pas de quoi fouetter un chat ou remplir les 4000 signes nécessaires pour chier un article laudatif.
Premier arrêt en plein centre de la cible. Une bière en terrasse non propice à la confidence malgré l’affiche qui déclame « Pas de Giscard mais du Ricard ».
Je déambule en funambule de ma passion du Christ. Je trouve une gargote à touriste en février. Ce n’est pas la période des vacances à la ferme, c’est celle du ski, la lourdeur de la foule m’empêche de prendre du plaisir. Les gens sont mal habillés avec des vestes couleurs chaude. Société du divertissement quand tu nous tiens. Remises en bas des pistes crache la sono municipal. Je m’attendais à Fort Alamo mais là… je suis servi. Les sportifs du dimanche sont riches, beaux, grands et médiocre. Moi, je vis dans la crasse, je suis dégueulasse et je m’en fous.
« Ca aurait été Christophe Maé, j’aurais pu vous aider »
J’avise une gougnafière pour lui demander par où je dois aller afin de (re)trouver le barde du coin. J’ai bien envie de lui demander où va la neige quand elle fond mais je me contente de lui acheter un saucisson en attendant qu’elle me localise le moujik. Malheureusement il n’est pas connu à cette adresse, elle ne connait même pas son nom. « Ca aurait été Christophe Maé j’aurais pu vous aider ». Manque de bol pour moi le mien, de chanteur, est plus complexe qu’une rime pauvre.
Comme il glisse quelques indices dans à ses chansons sur son habitat naturel, je lui demande où se trouve le « Rocher de l’Aigle ». Elle connait. J’y grimpe. C’est beau mais, crotte de bique mis à part, pas de folk-singer dans les parages. Alors accueille moi, paysage. Un disque tous les ans, comme un pommier pond ses fruits et l’autochtone le confond avec un clown. Je comprends mieux qu’il soit, un peu, beaucoup, passionnément, désabusé.Je fais pisser le chien en haut des volcans, j’organise une balade au lac Chambon, je zigue-zague sur les monts d’Auvergne-sans-Soucy, c’est massif. Je bouffe comme un homme, c’est le court ordinaire des choses qui me rebooste la couenne. En repartant en ville pour me faire un ciné-vox, je m’interroge sur le fait de savoir si localiser Tino Rossi en Corse est aussi casse-bonbon.
« Vous tournez à gauche en sortant du virage en S, vous prenez à droite à l’embranchement en Y et vous arriverez dans un lieu-dit : c’est là »Il y a des travaux sur la N89. Je me gare en face du casino de la Bourboule, j’évite le parc surpeuplé. J’achète des clopes. Comportement anti-social. La buraliste est charmante, Lilith de mon coeur, je veux lui pincer les fesses mais elle rechigne à me tendre le cul, hold-up cow-boy et macadam. En pacte de non-agression, je pose pour la vingtième fois la même question. Et elle, Dolorès, elle sait. Je me doutais qu’une carrosserie pareil devait avoir autre chose que Marc Lavoine comme modèle. « Vous tournez à gauche en sortant du virage en S, vous prenez à droite à l’embranchement en Y et vous arriverez dans un lieu-dit : c’est là ». Là ou il crèche le petit Jésus.Mon chien me guide en aveugle. Tout est plutôt calme et joli. Loin de tout. Parfait pour composer, rêver, prendre et donner. J’avise le nom du bled sur une pancarte en bois. Pas d’affiches 4×3 pour se féliciter en mode. « C’est ici ». Je prend un café au bistrot.« – Vous connaissez Jean-Louis ?
– Oui mais il vit en ours, faut pas le faire chier. On le voit jamais. Il est dans sa ferme. Des fois on le voit traverser la place à toute vitesse… ».C’est le dahu ce mec. Une semaine de pâturage, sept jours de traque et je touche au but. Sur le fronton de l’Eglise il y a des instruments de tortures datant du moyen-âge. Je me demande s’il n’y aurait pas fait sécher Alain Voulzy ou Laurent Souchon pour se distraire.
2) Baptiste VIGNOL s'est bien-sûr fendu d'un billet sur son blog pour fêter "CHEYENNE AUTUMN". Il feint peut-être et toujours d'être choqué par l'absence d'honneurs faits à nos grands talents (notamment lors des victoires de la Musique), mais c'est tout à son honneur.
Le 27 mars 1989, Jean-Louis Murat, photographié par Jean-Loup Sieff, débarquait avec CHEYENNE AUTUMN, l’un des quatre ou cinq immenses disques de la décennie. Douze chansons idéales. Pour un univers parfaitement neuf. Qui ouvrait une fenêtre alléchante sur les années 90, annonçant en quelque sorte Dominique A, Autour de Lucie, Katerine, Holden ou Miossec... Alors, peut-on s’étonner qu’aucun hommage n’ait eu lieu pour honorer cet album fondateur? Non. Car le risque était grand que Jean-Louis Murat, toujours actif sur des landes à débroussailler, s’en moquât goulument, n’y trouvant aucune matière à se réjouir de quoi que ce fût. Ne chantait-il pas dans Paradis perdus : « Vois, ma quête est frénétique / J'ai le sommeil gorgé d’eau / Je rêve d'une musique / Pour tous les animaux… »? Un orpailleur. Un vrai. Sinon, LE MANTEAU DE PLUIE, deuxième château fort de sa discographie, serait dévoilé le 30 septembre 1991. Nostalghia.
[C'est vrai qu'on peut regretter que la réédition n'est pas coïncidée avec l'anniversaire, avec un plan promo adapté, ce qui aurait pu susciter un peu d'intérêt médiatique... mais le fait est l'actu muratienne ne s'arrête pas... Il faut se concentrer sur la sortie du prochain disque... Le live.. Quant à une émission télé de prestige, on l'attend toujours. Je me rappelle avoir lancé une pétition au moment des 30 ans de carrière, en 2001... Mme B. l'avait signée... ]
Des choses remises à plus tard, pour l'occasion, pour la période de désert, pour quand j'aurai un peu d'énergie, j'en ai un certain nombre... mais telle Médor et ses os, je les oublie pour la plupart. C'est ballot, ronger, c'est quand même un de mes plaisirs.
Enfin, bon, là, je me suis rappelé d'un truc... (et j'en profite pour rajouter quelques éléments)
1) Voici donc une petite chronique de Didier Varrod sur Cheyenne Automne:
C'est issu de :
Edition du Rocher/régie productions, 1992 (un des nombreux cadeaux que m'a faits Matthieu !)
Les chroniques sont datées (dans le sens premier du terme), la plupart des portraits aussi, mais pas les pages de Murat. Le portrait date de l'émission POLLEN du 18 mai 1989. Matthieu qui l'a écouté me parlait d'une belle intervention de Didier Varrod, "qui ne laisse pas Murat insensible". Les deux chansons qu'il y avait chantées:
Le jeune secrétaire générale de Fréquence Gay en 1982 (passage télé lors de la dépénalisation de l'homosexualité, en 1982): Matthieu avait trouvé l'archive (depuis, l'INA a diffusé l'interview -en juillet 2018-, elle est donc disponible sur le net). [Retrouvez quelques propos de Matthieu en fin d'article]
Encore quelques mots sur "Cheyenne Autumn":
- Anne-Marie Paquotte : "Il a publié le meilleur album chanson de l’année … l’écriture fine, la musique mesurée, l’ellipse maîtrisée, l’image lumineuse de paysages entrevus en rêve, par lui parcourus "
- En 1996, Les inrocks pour leur 10 ans l'ont classé 25e dans leur classement des disques essentiels de la décennie (au milieu des anglo-saxons!)
Mais Cheyenne Autumn, c'est Dominique A qui en a peut-être le plus parlé... Celui qui est devenu la référence pour tant de chanteurs a eu comme référence, comme "déclencheur", ce disque:
Je devais d'avoir trouvé ma voie, et ma voix, à Cheyenne Autumn; cet album m'avait parlé comme peu d'autres en français auparavant, et il m'avait glissé :" arrête de hurler"
"Vers la fin des années 80, les alternos tiraient tout vers le bas. Je me suis construit contre cet esprit simili-populo, cette foire du slip démago, sans propos musical. Du coup, CHEYENNE AUTUMN, de Murat a été capital. Il ramenait vers une certaine poésie, des arrangements désuets... JE me suis lancé et d'autres sont apparus en même temps, Katerine, Miossec, Vanot, Boogaerts.... Godard a dit : "je ne peux pas faire de bons films si d'autres n'en font pas." Moi, c'est pareil avec les disques...
PS: Murat disait que ce n'était pas tout-à-fait conscient d'avoir repris le titre d'un film de John Ford, même si il l'aime et qu'il a utilisé des images (clip ci dessous).
Sur Arte, on peut encore regarder un documentaire sur "L'Amérique de John Ford", Intéressant.
22/04/89 chez Ardisson (playback) et en live en 1994:
2) Michel Legrand
Bon, je n'avais pas encore rendu mon petit hommage, moi qui aime tant les Demoiselles. Pas de propos de Murat à son sujet, mais comme souvent, je suis allé voir dans le livre de Dejacques (mon article sur lui) ce qu'il pouvait nous en dire... Claude Dejacques qui a signé Murat chez Pathé a travaillé avec le duo Nougaro/Legrand, puis sur des projets avec le maestro... souvent au studio DAVOUT... où Murat a enregistré bien-sûr également.
COrine Marchand
QUELQUES MOTS EN PLUS DE MATTHIEU
Voici les mots de Matthieu puisque ça me plait de le citer:
"Il intervenait sur le plateau du journal de la nuit, en tant que Directeur des programmes (je crois) de Fréquence gaie, le soir où l'article faisant de l'homosexualité un délit fut aboli. Mais je t'ai envoyé l'image pour tes archives personnelles. Manifestement, dans les bios qui circulent sur lui, il n'évoque pas ce passé militant. C'est assez étrange, car il ne se cache pas d'être homo, il y fait souvent allusion, mais jamais rien sur ces années où il était plus engagé. Après, il peut y avoir plein de raisons personnelles que je ne connais pas. Bref, tu gardes la photo pour toi. On pourra s'en servir si un jour on lui consacre un portrait complet, mais a priori, on ne l'a pas prévu..."
De toute façon, un jour ou l'autre, toutes les archives audiovisuelles seront en ligne pour tout le monde, alors... Ce sont les enfants de tes enfants et ceux de tes bâtards (conçus avec les jeunes femmes que tu es censé conseiller) qui profiteront de tout ça... en supposant que la muratophilie soit héréditaire (et qu'ils ne soient pas devenus sourds à force d'écouter ACDC à fond à l'école) !
- Quant à Varrod et son rapport à la chanson dans ce qu'elle a de commercial, c'est encore un autre sujet, relativement vaste. Il a signé les biographies de Goldman, de Balavoine, pas celle de Benin ou Leprest, on ne peut pas dire qu'il se cache. Et Serge n'avait certes rien à voir avec Chorus. Mais Chorus, à la fin, consacrait ses "une" à Goldman et Cabrel. Alors... Les guerres fratricides à l'intérieur du monde des amateurs de chanson sont anciennes, je l'ai bien vérifié en me plongeant dans la revue de Lucien Nicolas. Kemper a raison sur un point au moins : à Radio France, Meyer (Inter) et Azera (Culture) sont les derniers à défendre une certaine forme de chanson qui ne passe presque plus sur les radios commerciales.
Le caractère de Varrod, ce serait encore un autre sujet. Est-il un pur opportuniste ? Je n'étais pas favorable à sa nomination comme directeur de la musique, je l'avais dit à Alexandre à l'époque. Subit-il des pressions ? Souvenons-nous des propos de Laurence Bloch dans Le Monde l'an dernier. Mais aussi du fait qu'il y a eu sur Inter une disparition progressive des spécialistes qui a commencé avant Varrod (Foulquier/Dhordain pour la chanson, Lenoir pour le rock, Delli-Fiori pour le jazz, Lodeon pour le classique, Pierre pour l'électro). Sans oublier Lavige et Le Vaillant, plus généralistes. Par ailleurs, cela fait belle lurette que la chanson qu'aime Ton Pire Ennemi n'a plus tellement droit de cité sur les grandes ondes. Une hypothèse serait que Varrod poussait au maximum sa curiosité lorsqu'il bossait avec Foulquier, précisément parce que le vieux était là. Et qu'une fois seul, il n'a plus été capable de résister aux pressions et aux tentations diverses. Même quand il faisait Électron Libre, il était sur un créneau pointu, mais je ne suis pas sûr qu'il ait été particulièrement pointu à l'intérieur de ce créneau pointu (contrairement à Laurence Pierre qui défrichait vraiment le genre).
Tout cela me rend bien triste, mais ce n'est pas nouveau.Je t'envoie un apéritif léger et sucré, tu me réponds par un digestif amer. Salaud, va ! [au moment de l'arrêt de Dordhain)
Et oui, le 27 mars 1989, sortait ce qui pouvait passer à l'époque pour le premier album de Jean-Louis Murat, "Cheyenne Autumn". Je n'ai pas le "bon de sortie", mais la date m'a été donnée par la maison mère. Un article m'indique que le 45 T "l'ange déchu" sortait simultanément. Quelques mois plus tard, le disque d'or était certifié.
Allez, tous ensemble: "Joyeux anniversaire, Joy-eux anni-ver-saire, joyeux anniversaire, Cheyenn-au-tumn, joyeux anniversaire!".... Merci pour lui.
Allez, pour l'occasion, une archive inédite!
L'autre jour est tombé sur le minitel, enfin le telex, une interview de Christophe CONTE dans GONZAÏ, une interview fleuve dont 99,9% des gens se foutent royalement sans doute, mais qu'avalera avec avidité les 0.1% restant, je veux parler des amateurs de presse musicale... et il y en a encore quelques uns (mais il ne faut pas que je me fie à mon petit monde facebookien). Avec avidité, que dis-je, sado-masochisme peut-être, du fait de la fascination/détestation exercées par les Inrocks, que Conte a incarnée, notamment en se mettant en première ligne avec les billets durs (il prit d'ailleurs un tacle sévère de Gonzaï) et en ne se réservant pas les meilleurs morceaux de la critique (c'est-à-dire des anglo-saxons).
C'est toujours assez coquasse de constater comme l'amour de la musique peut aussi passer par le papier, où se figent les passions et les modes, pour une activité qui s'en passe souvent (de papier à musique). Christophe Conte le dit lui-même: " Rapidement, je m’intéresse presque plus à la presse musicale qu’à la musique. De façon obsessionnelle, parce que je trouvais ça intéressant en soi. Je n’ai pas forcément besoin d’écouter les disques*, en entendre parler me suffit, et c’est également par la presse que j’ai appris une forme de littérature, car je ne lisais pas ou peu de livres à l’époque". Ceux qui conservent des kilos et des kilos de papiers dans le cagibi le comprendront. (*aaah: ceci explique donc certains cela).
Tout ceci nous vaut le succès (ou l'édition du moins) de nombreux livres de "rock critiques": Manoeuvre récemment, et on a parlé ici avec P. Barbot du sien, de Bigot... même si, en matière romanesque, on est loin d'atteindre Pacadis.
Christophe Conte n'y va pas de sa bio pour l'instant, et on l'en remercie. Chaudement. Pour l'heure, une interview longue convient tout-à-fait... et si je vous en cause, of course, c'est que ça évoque Murat.
Précisons qu'on ne peut pas ranger Conte dans les muratiens fervents, façon Bayon, Nuc et quelques autres. Il n'a ainsi pas signé une seule chronique d'un disque de Murat dans les Inrocks. M. dans son "10 bonnes raisons de détester Jean-Louis Murat" citait cette phrase : "Ce que Murat raconte, c'est vraiment pour moi devenu un vrai mystère […] J'ai l'impression d’entendre Frédéric Nihous qui a avalé de travers Les Nourritures terrestres" ("la dispute" sur France Culture, 2011 pour le grand Lièvre- on verra que son style n'a guère changé en 20 ans). Un rien bloqué sur cet aspect naturaliste, à l'époque de Morituri, il twittait " "Sur le nouvel album de Jean-Louis Murat, il y a une chanson intitulée Interroge la jument. J'en parlerai à mon cheval"... Il s'inquiétait même déjà de l'avis de Murat sur "Chasse-pêche, Nature et tradition" en août 99 (sa seule interview avec lui).
Toi qui as usé beaucoup d'énergie pour donner aux citadins une image assez flatteuse de la ruralité, tu dois être miné par Chasse, Pèche, Nature & Tradition?
J'ai surtout fait les louanges de la paysannerie de légende, en hommage à mes grands-parents. C'est ça que j'aime et que je ne trouve plus que chez les personnes de plus de 70 ans. La nouvelle paysannerie, j'en ai rien à foutre. Les jeunes paysans sont pires que les pires industriels pollueurs. J'habite à la campagne et ce sont mes pires ennemis. Je n'ai d'échanges qu'avec les vieux, qui eux aussi trouvent que les moins de 50 ans sont des craignos. Les lobbies du genre CPNT, c'est ni plus ni moins que de la contre-culture d'extrême droite. En même temps, même si j'ai toujours été contre la chasse, je comprends que des mecs qui n'ont pour seule distraction que le club de chasse n'aient pas envie qu'on les en prive. Ils placent ça sur le même plan que si on s'en prenait au club de lanceurs de fléchettes. La chasse, c'est souvent le seul moyen qu'ils ont trouvé pour ne pas se faire chier. Les citadins trouvent que c'est dégueulasse de tirer en pleine tête de la petite biche si gentille, mais eux ne le voient pas comme ça. C'est autour de ça que s'organise toute la vie sociale de leur petit pays et si tu leur ôtes ça, il n'y a plus de vie sociale.
Cette interview reproduite dans son livre cosigné avec Berbérian "la Française Pop" est issue du supplément spécial des inrocks "Murat en Amérique" (avec les photos de F. Courtès (inter-ViOUS ET Murat à relire), et les signatures de Beauvallet, Vivian, R. Robert, S.Deschamps...), dont il était le "responsable". Dans l'introduction du livre, il indique : "J'ai aussi beaucoup écouté Murat quand j'ai écouté cette chanson [Le garçon qui maudit les filles]". Et de raconter qu'il a fait appel à Murat pour le Village vert dont il était le cofondateur pour le disque d'hommage à Dassin... Il raconte aussi cet épisode dans Gonzaï.
J’avais cette idée à la con de faire une compile de reprises de Joe Dassin. J’avais vu une émission sur lui sur TF1, et je trouvais qu’il y avait chez lui des vraies chansons pop, pas uniquement de la grosse variété gluante. Je connaissais un peu Les Objets, Bill Pritchard, Jérôme Soligny, Philippe Katerine, Dominique Dalcan, Jean-Louis Murat, etc. On leur a soumis l’idée de reprendre Joe Dassin. Tous étaient hyper enthousiastes. La première référence du label, c’était ce tribute un peu cocasse, chez Columbia. Bertrand Burgalat avait entendu parler de ce projet de compile, il est venu me proposer de faire quelque chose dessus. Ce qu’on a évidemment accepté. Ce truc a mal vieilli mais dessus, t’avais vraiment un catalogue de gens importants à ce moment-là. Ca a donné de la crédibilité à la démarche artistique du label, à savoir proposer un truc pop en France. A l’époque, en France, personne n’en avait rien à foutre de la pop.
Hélas, pour lui, il raconte qu'il a revendu ses parts juste avant la signature de Luke... et sa "sentinelle" à succès... Unlucky (je vous évite du coup un jeux de mots avec "compte" pourtant j'en avais trouvé un correct, ne cédons pas à la facilité).
L'autre mention de Murat dans l'interview remonte à ses débuts de chroniqueur:
Christophe Conte : Au lycée j’avais créé un fanzine, Seppuku, toujours mon obsession Taxi Girl. Lorsque je débarque à Paris, je décide de continuer en me disant que ça peut servir de carte de visite, car c’est vraiment le métier que je veux faire. Je n’ai aucun plan B. Je vends mon fanzine à la cafétéria de ma fac. Je le fourgue aussi chez New Rose. Je fais un seul numéro par ce que je suis tout seul et que ça m’ennuie. Niveau études, je suis en arts plastiques, à Saint Charles. Pour la culture générale parce que j’ai aucun talent de plasticien. Je n’ai aucune idée sur la façon de devenir journaliste mais, pour ce que je veux faire, je sais que ça ne passe pas par les écoles traditionnelles. Je démarche des fanzines, mais c’est long. Je parviens quand même à en faire un ou deux avec des gens, mais sans affinités. Et puis, vers la fin des années 80, j’ai vu une opportunité dans Rockland, un nouveau magazine qui se montait. Le rédacteur en chef était Gilles Renault, qui plus tard sera aux Inrocks et à Libé. Je vais voir les mecs de Rockland, et ils me filent deux trucs à chroniquer : Jean-Louis Murat et XTC. Gilles me dit alors « Tes chroniques sont bien mais faut rajouter des vannes ». Faut dire que Rockland, c’était ça. Je me souviens d’un mec qui faisait une chronique de Simply Red, un groupe en déclin, et qui terminait par « Ils ne sont pas encore grillés mais simplement rouges ». Après deux ou trois numéros, le magazine se casse la gueule. Je me retrouve dans Backstage, un canard monté par des dissidents de Best et Rock & Folk. Notamment Philippe Blanchet, à qui je dois beaucoup. Un jour, je force la porte de son bureau. Il était là, avec sa tête de Gotlieb, hyper sympa. J’étais venu avec des disques que je venais d’acheter à la Fnac. Il me sort : « allez-y, chroniquez-les et on verra ce que ça donne ». Il m’a donné ma chance alors qu’il y avait dans Backstage des gars comme Philippe Barbot, Hugo Cassavetti, etc. Des mecs plus âgés. Blanchet m’avait à la bonne, il me confiait de plus en plus de choses. Même faire des papiers ou des interviews, ce que je n’avais plus fait depuis le fiasco Taxi Girl. Puis le journal s’est cassé la gueule. Il appartenait à un escroc qui avait foutu le feu aux locaux en faisant croire que c’était accidentel pour toucher la prime d’assurance.
J'ai apprécié l'anecdote comme je les aime du patron indélicat en fin de paragraphe mais me suis précipité dans mes archives... Pas de Rockland! Christophe, toujours prêt à te répondre sur les réseaux.... n'étaient plus certain du numéro... J'ai donc mené une petite enquête sur les sites marchands et trouvé une partie de la collection. Vu les prix, je me suis adressé au vendeur pour trouver le bon... et tente la négociation.... allant jusqu'à promettre une publicité gratuite sur le blog et ses 3 millions de lecteurs le siècle ("Boutique Everly24, sur RAKUTEN, votre bonheur en 24h chrono en point relais, l'essayer, c'est l'adopter, Everly 24, vos collections lui disent merci").... Bon, 18 euros dépensés plus tard... J'ai le numéro et voilà la chronique :
Rockland, mai 1989, n°10.
Gilles Renault (après être entré dans le journal grâce à Bayon) deviendra chef de service culture à Libé. Il parle de Rockland dans un article de L'orne combattante:
Le second déclic est également activé par Jean-Claude Lebon, en 1988. Ce dernier lui fait part qu’un nouveau magazine, baptisé « Rockland », recherche un journaliste pour la rubrique cinéma. Gilles Renault découvre alors tout le plaisir de l’écriture journalistique. « C’est à ce moment que j’ai réalisé que je prenais mon pied. » Il débute comme pigiste et réalise les portraits de Mylène Farmer, les Rita Mitsouko, Etienne Daho, etc. « Mais, le magazine était mauvais. Le premier numéro n’a pas marché et beaucoup de journalistes déjà établis ont quitté le navire en voyant qu’il n’y avait rien à en espérer. » Il devient alors rédacteur en chef adjoint, puis rédacteur en chef. « En réalité, je me suis retrouvé presque seul à tout faire : du standard à la rédaction et à la limite, le ménage. » Au bout d’un an, le mensuel est coulé.
Il a continué avec succès dans les vannes, Naïve obligeant même le quotidien à un droit de réponse à la suite de son titre sur Carla Bruni : "La première dame vers le bac à soldes ».
Dans ce numéro, Conte ne signe pas une critique de XTC comme il l'indique dans l'interview mais celle de "Three months, three weeks and two days" de Bill Pritchard
L'ARCHIVE EN PLUS
Il doit nous manquer des chroniques de mars/avril 89 (rien dans Rock and folk? Best?...)... mais voici celles que nous avons dès la sortie du disque:
Bon, enfin soit, tout ceci pour dire, Jean-Louis Murat a pu s'acheter un lave-vaisselle ensuite... et les murs pour le protéger.
En 1988, rue jean l'Olagne, quartier Vallières, Clermont.
LE CONTE EN PLUS
Conte, exfiltré des Inrocks, continue son bout de chemin notamment en produisant des doc... Son "Daho par Daho" a été diffusé récemment. Une longue interview sur sa carrière...
- REEDITION VINYLES (suite): J'avais l'information de première main que la sortie des prochaines rééditions devait être repoussée... c'est pour cela que je n'en avais pas parlé... Mais après amazon, c'est maintenant la FNAC qui a été mise à jour et qui annonce une sortie... le 16/11... Est-ce possible que cela soit vraiment repoussé? Je ne sais pas... mais mieux vaut être prudent pour la précommande si votre budget est serré. En tout cas, on sait maintenant ce que les disques contiendront.
LE MANTEAU DE PLUIE avec un disque de bonus, ainsi que le MOUJIK... et ses bonus, dont le fameux lp "l'au-delà". Pas d'inédits véritables, mais des morceaux rares ne figurant pas sur des albums, mais sur des faces B ou projets diverses... mais des titres cultes, comme "Noël à la maison", et "entre Tuilière et Sanadoire", qui figuraient aussi sur FACE NORD, le CD le plus difficile à trouver (offert aux nouveaux abonnés des inrocks).
Merci Olivier pour les photos.
Côté Le manteau de pluie: on pourra noter la présence du Mendiant à Rio, la reprise qui ne figurait que sur la première édition avant d'être retirée à la demande de Francks. "Qu'est-ce que tu voulais" est une reprise de Dylan.
Côté Moujik: Les disques ne me paraissent pas remplis comme "un oeuf", mais les titres "bonus" sont bien suffisant: là aussi, le lp l'au-delà était difficile à trouver à un prix correct.
2) LES VENTES DE "EL FRANCESE" (semaine du 2/11 au 9/11)
Jean-Louis est sorti du classement fusionné (physique-streaming- download), mais il figure encore dans le classement (physique et download) avec 302 ventes et 19 download. Il est 140e (91 l'année dernière). Dominique A suit à une semaine de décalage la même route... alors que Miossec est juste derrière Murat (l'album est sorti le même jour qu'el francese).
LA VIDEO EN PLUS EN RAPPORT AVEC CI- DESSUS COMME QUOI JE FAIS UN TRAVAIL EDITORIAL PARFOIS ET QUE CA SE VOIT PAS TOUS LES JOURS MAIS QUAND MEME
Une curiosité: Un monsieur fait des vidéos pour montrer des disques... Plusieurs concernent Murat:
Il a une belle collection concernant FORT ALAMO:
Il me manque le cd je crois.
... mais pour "cours dire aux hommes faible", j'ai l'autre disque...
Je vous l'avais annoncé d'abord par allusion (j'étais dans la confidence par une indiscrétion), puis clairement... et voilà enfin en écoute ce nouveau duo pour Murat, avec Chloé Mons, quelques jours avant la sortie du nouvel album de la dame "HÔTEL DE L'UNIVERS". Après Rose, Murat prête une nouvelle fois, sa voix à une composition extérieure, un autre univers... cette fois, un peu moins taillé pour le grand public.
Chloé Mons parviendra-t-elle à évacuer tout-à-fait l'image de "Femme de..." avec ce disque? Murat peut y contribuer, comme le soutien de Yan Péchin. L'avoir vu en première partie de son mari reste pour moi un souvenir douloureux, non pas pour la musique (je n'ai pas pu vraiment y prêter attention), mais par l'attitude totalement hallucinante du public la huant, et criant... C'était extrêmement désagréable. On sait maintenant que Chloé a élaboré sa propre voie, son univers et une vraie carrière (parfois actrice). On souhaite un bon taux de remplissage à son "hôtel de l'univers". Je ne peux rien dire de plus pour l'instant sur le duo, je n'arrive plus à l'écouter suite à des problèmes techniques. Je vous laisse me dire ce que vous en pensez...
2) Eryk E. vous propose de l'aider à financer la sortie de son nouveau disque: Alaska. Cette fois, pas de textes de Murat me semble-t-il, mais il est indiqué que Murat a apporté son regard bienveillant. Ont collaboré à ce disque sensiblement l'équipe qui accompagnait Eryk E. sur scène, mais aussi Josselin Hazard (la seule personne avec laquelle notre Matthieu pouvait peut-être se dire ami?)...et M. QUINET des DELANO ORCHESTRA. On retrouve Gaëlle Cotte aux choeurs.
A quoi je sers? où vais-je? dans quel étage je gère? Suis-je tout seul dans l'univers? Tenir un blog sur Murat, ça vous fait vous poser des questions... d'autant plus quand on se sent vraiment tout seul par moment, que le seul indicateur qui te reste est l'affluence des visiteurs et qu'elle redescend à 80 certains jours. Leliendéfait n'est plus mise à jour, Didier se repose, le forum a été mise à mort, et j'ai perdu mon acolyte, le seul en France et dans le monde, qui pouvait faire des heures de bus pour aller consulter une archive... La sphère muratienne semble par ailleurs bien éteinte. Qui s'est amusé à décrypter en détail "Travaux sur la n89"? J'imagine Murat qui s'est sans doute amusé dans ses textes abscons (comme ses multiples pistes musicales) à faire des références... et on s'y est peu intéressé. Murat est même obligé parfois à nous dévoiler lui-même des secrets: Matthieu avait saisi la perche une fois (Freud dans toboggan).
Enfin, on a perdu notre phare dans la nuit: notre Koloko... La rencontre, les retrouvailles, le moment privilégié... Et le mois de juin n'est plus le même.
Pour y penser, pour penser à Matthieu Guillaumond, voici le texte que Flo, une des fidèles commentatrices du blog, m'a fait passer : Non, les muratiens vivent encore, on les retrouvera cet automne....
EN SOUVENIR DE J … non, de M.
La communauté muratienne s'enorgueillit de 27.389 membres ( selon les membres inscrits sur sa page facebook mais en comptant ceux qui refusent la modernité et le numérique, on peut royalement aller jusqu'à arrondir le chiffre à 29.599 membres )
Parmi ces membres, il convient de distinguer les membres actifs des passifs.
Et là, il devient difficile de faire le décompte... en effet, peut-on raisonnablement tailler à la serpe dans un 50/50 ? ce serait trop facile et bien feignant .
Si l'on n'arrive pas à les quantifier, peut-on néanmoins dire quelle en est la part la plus importante ? Difficile, là aussi, car à force de remarquer ceux qui se manifestent à tout bout de champ et monopolisent la parole, on pourrait croire qu'ils sont nombreux à l'intérieur d'une même personne. Matthieu était précis et je compte lui rendre hommage. Tâchons d'être un peu sérieux.
Je dirais donc que sur les 29.599 membres escomptés, 28.301 sont passifs et 1298 actifs voire très actifs (je compte dans ce chiffre les hyper-actifs c'est-à-dire les administrateurs des groupes facebook par exemple).
Il va m'être difficile de sonder les passifs (encore que l'imagination doublée d'un exercice de style pourraient donner quelque chose d’intéressant), en revanche, je vais tenter de faire un portrait de ceux qui se manifestent de temps à autre voire tout le temps.
Chez les muratiens de tout bord, la première des qualités est la FIDELITE. Un muratien est par essence fidèle et constant. (le chiffre des aficionados est le même , à peu de choses près, depuis 30 ans...)
Ceci étant posé, chez les muratiens actifs, ce que l'on peut observer de leur mode de vie est qu'ils sont en longue hibernation pendant 11 mois de l'année (ceux qui précèdent la sortie d'un album) et qu'ils sortent de leur tanière en général en automne, date de sortie du nouvel opus. *Tout l'inverse des ours et des marmottes en somme.
Il arrive aux muratiens actifs d'être au-dessus de la croûte terrestre lorsqu'il y a des tournées (de leur idole). Ils se réveillent donc par grappes successives, selon leur terrier d'habitation, s'envoyant des petits mails pour se regrouper (« tu y vas ? Non pas là, je peux pas, faut que je fasse garder mes gosses mais une autre fois ») ils se bisent lorsqu'ils se retrouvent et s'échangent des bières (si,si) . Il y a même des muratiens qui n'habitent pas la Gaule et prennent l'avion à réaction pour passer la frontière (ou un train bleu, voire la voiture du chanteur) pour venir le voir par tous les temps. Mais ceci est une autre histoire.
En dehors des tournées, le muratien dort sous un tas de feuilles mortes et mange ses noisettes et glands glanés pour l'hiver. MAIS ! Quand arrive la sortie de l'ALBUM annuel, c'est la fête au village avec son lot de joyeux et de grincheux qui s'écharpent à coups de canne tel Agecanonix et Ordralfabetrix*. Et c'est toujours le barde qui finit en haut de son arbre, bâillonné pour la soirée... *Il est pas frais mon poisson ?
Ce village d'irréductibles muratiens est incorrigible ! C'est toujours la même rengaine.Les veines se gonflent, les gorges rougissent, les noms d'oiseaux fleurissent et depuis que la Gaule est Gaule , personne n'arrive à se mettre d'accord.
Tous les caractères sont représentés dans ce village, (de moyenne d'âge assez élevée, la natalité étant en baisse parmi les belligérants, on peut raisonnablement dire que la moyenne d'âge muratienne tourne autour de 50 ans... et ça ne s'arrange pas avec les années ! ) Les timides, les débonnaires, les enflammés, les inconditionnels, les fidèles coûte-que-coûte, les a-quoi-bonistes, les enragés, les exigeants, les intellectuels, les supérieurs, ceux qui lisent télérama, ceux qui lisent magic, ceux qui lisent les inrocks, ceux qui ne lisent rien et s'en foutent, ceux qui pensent qu'ils ont toujours raison et ceux qui se rangent derrière l'avis du dernier qui a parlé.
Il y a ceux qui pensent que Jean Louis ne chante que pour eux, ceux qui ont connu sa première brassière, ceux qui emmènent leurs gosses au concert, ceux qui ont des cheveux longs et une barbe aussi longue et un tee-shirt toujours noir , ceux qui viennent de loin,ceux qui passent la frontière, ceux qui descendent de leur montagne, ceux qui se réunissent autour d'une bière ( la bière de la Coopé 2 euros , gobelet consigné ) ceux qui sont tellement timides qu'on n'a jamais entendu le son de leur voix, ceux qui la ramènent tout le temps, celles qui cachent des bières dans leurs collants , celles et ceux qui sont secrètement amoureux de Stéphane Raynaud ou de Jocelyne qui vend les disques à la sortie.
Il y a ceux qui sont dans la queue depuis le matin et squattent le premier rang dès l'ouverture des portes, connaissent les paroles des chansons par cœur et les chantent à tue-tête tandis que d'autres leur crient « chuuuut !!! » ceux qui n'osent pas et donc se font marcher sur les pieds pour finalement atterrir au deuxième étage de la Coopé ( ils ont raison, finalement on y voit mieux la scène ) car ils ont laissé tout le monde passer devant eux.
Il y a ceux qui , dédaigneux, sortent à pas lents du concert, la lippe désabusée en disant « c'était de la merde, il ne nous a même pas salués à la fin ou... il n'a pas chanté ma chanson... ou son final était à chier « ceux qui comme des fourmis sont surexcités et écarquillent les yeux tout en s'ébaubissant rétrospectivement, ceux qui guettent subrepticement la porte des loges ( des fois qu'elle s'ouvre ) , ceux qui s'y introduisent alors qu'ils ne sont pas invités et y dégustent un gâteau au citron fait par les blanches mains de Laure B., ceux qui fument sur le parvis et ceux qui aident Stéphane Raynaud à ranger sa batterie dans son coffre de voiture tout en taillant la bavette avec lui. Les petits Bergheaud filent entre les jambes des participants et cela ressemble à une drôle de pagaille.
Quelquefois, un vigile interpelle quelque contrevenant à l'interdiction d'emporter de la boisson à l'intérieur de la salle … et la Suisse n'est plus neutre.
Il y a la confrérie des chapeaux de paille qui a décidé un jour de couvrir leur chef de ce chapeau campagnard sous prétexte que leur idole en arborait un sur un disque qui parlait de jeux pour les mômes ...On n'est pas sérieux quand on a 50 ans .
Il y a la confrérie des saucissoneux, fromage puant et vin rouge ou bière du pays qui ne conçoivent pas un concert de Murat sans se remplir la panse. * comment, il n'y a plus de sanglier ?
Il y a les gratouilleux qui apportent leur guitare et s'essayent à imiter le maître tandis qu'une chanteuse roucoule en imitant la belle Morgane.
Il y a les prévoyants qui se munissent de deux smartphones ou d'une batterie de secours pour pouvoir filmer les moments importants du concert.
Il y a les pressés qui sont arrivés le soir par le train de 17h05 et repartent le lendemain par le train de 08h03. Il y a les détendus qui sont là pour 3 jours et dont les sardines dépassent du sac à dos ainsi que le réchaud Butagaz (On les reconnaît à leur short et leur pataugas mais à Orcival, même en été, ça caille le matin).
Alors, me direz-vous, y a-t-il une hiérarchie dans cette communauté muratienne, hibernante et transhumante ?
Eh bien oui, comme dans le village gaulois avec son chef Abraracourcix et sa femme Bonnemine. Il y a ceux qui sont les plus anciens qui sont au sommet de cette hiérarchie , on les appelle de ce nom bizarre de DOLOS ( on ne vous en dira pas plus, vous n'aviez qu'à être là et non, ça n'a rien à voir avec Doliprane ). Ce sont les plus anciens, ils ne sortent du bois qu'une fois l'an et ce sont comme les gardiens du Temple. Parmi eux, il y a les adeptes du Grand Véhicule et ceux du petit Véhicule. Pas simple. Ils se partagent le temple sacré le temps d'une offrande mais s'ignorent superbement.
Après les DOLOS, il y a les KOLOKOS , nom encore plus étrange s'il est possible (non, on ne vous expliquera pas de quoi il s'agit, il ne fallait pas rater la saison 4 de Kaamelott, un indice= cela a un rapport avec Clermauvergne , chuuuut ,ceux qui savent !...).
Il y a ceux qui ont des talents d'organisateurs ( « en rang, deux par deux, qui sera là au Koloko 2012 ? oui dans la Grande Salle, prix des places 21 euros, y en a encore à la Fnac, on réserve un gîte à Orcival ? Combien de nuitées , qui sera véhiculé, qui s'occupe de réserver ?? tu peux ? OK. Qui sera là le dimanche matin pour aller acheter du fromage au marché d'Orcival ??? ») et ceux qui arrivent les mains dans les poches ( quand ils en ont ) ou les doigts dans le nez, « ah y a plus de place ? On peut en acheter une au marché noir ? Comment ça Orcival c'est à 10 km dans la montagne ? ».
Il y a ceux qui se scrutent ( « il m'a regardé, il m'a parlé, il m'a souri « il » étant le chanteur bien sûr ) et ceux qui attendent patiemment, leur disque à la main une dédicace du maître et qui osent lui faire une petite bise sur la joue et lui disant « jadooorecequevousfaites » il y a ceux qui vont faire une after dans la nuit de la place du 1er mai et se cachent tellement bien dans les buissons qu'ils en arrivent à se perdre et à ne plus retrouver le chemin de leur hôtel.
Mais tous les barbares, avec leurs particularités et leurs défauts, tous se rassemblaient et aimeraient bien se rassembler encore pour le festin final auprès de l'apôtre aux cheveux longs et à la barbe rousse. Voilà... Matthieu, ce texte est pour toi et on t'aime !!...
Florence Lohéac
Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait fortuite et involontaire on n'est pas sérieux quand on a 50 ans qui aime bien châtie bien reviens et tout est effacé.
Malgré la bonne diffusion de l'article consacré à Matthieu Guillaumond, je reste déçu que quelques témoignages supplémentaires ne soient pas parvenues à sa famille. Je n'ai pas retrouvé par exemple Catherine Escourolles, ancienne du cinéma LE RIO, dont le licenciement a conduit je pense Matthieu à ne plus remettre le pied dans un cinéma... J'aurais souhaité et pensé que la Montagne consacre un article à Matthieu, mais ça n'a pas été le cas. On maintient donc encore et toujours une bougie allumée... en attendant peut-être un événement à Clermont qui permette de lui rendre hommage.
PSDT ( et on ne te confond pas avec St-Pierre là haut?, tu peux podcaster "répliques" ?...)
Généralement les mois de juin sont les mois de festivités, et particulièrement chez les muratiens... Cette année, le calendrier était vide... alors pourquoi pas faire une petite fête d'anniversaire improvisée : j'ai enfin entamé ma petite vidéo comme je l'avais faite en 2011 pour les 30 ans de "Suicidez-vous le peuple est mort", et cette fois, c'est donc pour l'année du single "Le garçon qui maudit les filles", l'année du succès... avant qu'un vrai album ne voit le jour. De plus, ça tombe très bien aujourd'hui parce que... je n'ai pas la date officielle de sortie de ces 44 tours (1987 et 1988)...
1981: pour rappel pour commencer
et voici pour 1988:
Et voici Murat dans Libération en février 88:
une chronique d'Arnaud Viviant dans le monde de la musique en avril, et une mini chronique dans Compact (c'est tout ce qu'on a dans la revue de presse de notre archiviste en chef Mr FIVE'r pour 1988... j'imagine qu'il y a quelques manques)
Replié sur mon ordi par cause de pluie, voici quelques croquis dénichés sur l'appli Twitter. Ce n'est pas autant récent. Même pas du tout du neuf car l'archive est de 2009. Juillet, Jean-Louis y était, atrabilaire, pour la promo du Cours Ordinaire... en interview croisée avec Vanot, un dévoué poto. Mais j'en arrête là, car je dois aller aux fourneaux, et je garde mes frusques de mirliton.
Les croquis sont de David Scrima. J'avais déjà partagé l'article de la revue 3 Couleurs en 2010 ici. Des nombreux autres dessins de chanteurs et artistes sont visibles sur son site:
On peut voir ses dessins dans Télérama de temps et temps et en vrai à la Galerie Isabelle Laverny jusqu'à fin mai (Paris). David Scrima a participé en tant que guitariste chanteur à certaines soirées Livre Unplugged organisées par l'ami Pierre K.
Voici ci-dessous le dessin finalement publié dans l'article:
LE LIEN EN PLUS
Guillaume Bongiraud des DELANO ORCHESTRA, orfèvres de Babel, donne de ses nouvelles:
"Il y a tout juste un an, nous sommes partis avec Morgane Imbeaud dans 8 lieux magnifiques du Puy-De-Dôme, afin d'enregistrer mon album acoustique solo, "Murmuration". En voici le premier titre, "Nuit de sable", qui accompagne les superbes images de Morgane"[Imbeaud].
L'intégration de la vidéo ici n'est pas possible et c'est bien dommage car elle n'a été partagée que sur facebook. Voici le lien... et une petite surprise attend les muratiens.... puisque la chapelle Roche Charles est visitée. Il s'agit bien sûr du lieu où Murat y a enregistré son "plein air".
Ps: J'ai oublié de signaler que Matt Low jouait hier à Paris avec Garciaphone à l'Olympic Café.... Désolé. Désolé également: il était possible de rencontrer le réalisateur du clip "french lynx" Jean-François Spricigo le 6 mai à Paris. Quelques informations sur son travail ici.
Pour rappel: Alain Bonnefont continue de se produire régulièrement sur Clermont (prochaine date le 15 mai au caveau des anges à 19 heures).
Bon, vu que je n'ai pas le temps (euh...) de me pencher sur le gros travail en cours -il prend la poussière du coup depuis un petit moment- , je me tourne vers du brut, du facile: des archives... que Matthieu nous a laissées. Un certain nombre ne semblait pas être en possession de l'archiviste en chef... Mr Five... Moi et Didier lui devons beaucoup ou tout... mais moi, je n'ai pas tout lu j'avoue.
Alors, qu'avons-nous sorti de la banque de Genève, et caché sous le pneu de rechange pour passer la frontière dans une petite route du Jura? Une contrebande de petits papiers avec plus ou moins de valeurs... Les suisses commentent-ils de Murat le sens du placement (de la voix), le son chocolaté, son origine montagnarde, son goût du secret et des vaches, son sens de la lenteur (on remarquera la question : "le temps qui passe est très présent dans vos chansons?"). Et bien, je vous propose de le découvrir... Murat en tout cas nous dit: "quand j'arrive en Suisse, je me sens chez moi"... Il a dû souvent rajouter en concerts: "vous savez que c'est nous les Auvergnats, qui vous avons appris à faire du fromage?".
Voici une première série:
Orchestre de death cor'métal sans trou à Gruyère
4/01/89: la Gazette de Lauzanne
L'express 23/11/91
10/01/1991 Le nouveau quotidien (pour les amateurs de Mylène)
24/11/93 Le nouvelliste
1/12/93 Le nouveau quotidien
18/12/1993 Le nouvelliste (2 articles)
et puisqu'on parle de cinéma, Claire DENIS 15 juin 94 (Nouveau Quotidien)
17 05 1991 L'impartial (Julien Clerc speaking)
Et puisque on y est : William Sheller... qui en plus de son admiration pour Murat et Manset, nous avoue qu'il se poudrait le nez... (17/11/2015 L'express)
PS: Murat n'a jamais eu l'honneur du Montreux jazz festival (Biolay oui par contre), mais on l'a vu au PALEO en 2007, avec Christophe Pie, et une intro de Taormina redoutable ou alors pour débuter le set :