vieilleries -archives-disques

Publié le 13 Janvier 2013


... Voilà, voilà, on traine et on s'ennuie... et voilà qu'on se retrouve à lire des horoscopes dans le journal...  Et.. Et... je suis tombé via un tweet... sur cet article qui n'était pas répertorié semble-t-il par les archives constitués par les Anciens...  On tombe parfois sur le net sur des thèmes astraux de personnalité à la va comme je te pousse... mais là, c'est du sérieux, du documenté, du scientifique... alors en cette journée, à Paris, où le progrès et l'humanisme sont en marche, je m'associe à cette grande marche vers la lumière... en vous proposant une saine lecture :

 

 

"Jean-Louis Murat
"Le Fier amant de la terre"
    

 

 

 

"N’oublie pas qu’ici, mon vrai nom, c’est bercail" (Montagne, sur l’album Vénus)

 

Vénus, l’étoile du Bergheaud
Jean-Louis Murat est né le 28/01/52, à 6h00 TU, à Clermont-Ferrand. De son vrai nom, Bergheaud, il a passé son enfance dans un trou perdu de l’Auvergne, Murat-le-Caire, qui lui inspirera plus tard son nom de scène. A ses débuts, il signa d’ailleurs une chanson-baptême de "Murat", qui résumait déjà les dualités du personnage : "C’est un peu une habitude, un jeu, qui devient dangereux, du feu braqué sur les yeux. Avant d’être pris pour un grand, vous trouviez ça charmant qu’il soit déjà agaçant. Murat, c’est le héros d’un cinéma où la caissière se barre, personne n’entrera". Murat n’est pas Bergeaud. Il a souvent expliqué l’écart absolu qui réside entre le [personnage public, le "Mister Hyde-Murat" et le "Docteur Jeckyll-Bergheaud". Le premier fait le beau à la télévision, chante avec Mylène Farmer le temps d’un duo opportuniste, séduit autant qu’il énerve, aligne les tubes sans pour autant jamais "casser la baraque". Le second est l’être sensible et profondément intelligent qui compose des chansons uniques sur le tourment amoureux et qui redonne au mot "romantisme" son vrai sens (parler d’amour sans autant passer pour un doux rêveur ou un dragueur de midinettes, par exemple...). Le vénusien Murat parle le langage de l’amour comme on devrait tous le parler : comme un paysan auvergnat.
"L’ange déchu"
Le thème de Murat est dominé par le niveau "e" (Vénus-Mars-Neptune domi-nants), ce qui n’a rien d’étonnant pour cet artiste épidermique, dont la susceptibilité et la réputation d’écorché vif sont légendaires. L’art de Murat se nourrit exclusivement de ses états d’âme subjectifs et fluctuants, bousculés au gré de ses humeurs d’amours en haines aussi irrépressibles qu’injustifiables. Le revers de cette sensibilité tient dans la difficulté qu’il rencontre à émousser ses affects pour les adapter au monde qui l’entoure : le niveau "e" est en conflit direct avec deux planètes de niveau "r". S’identifiant totalement à ce qu’il ressent (force du niveau "e" en référentiel Sujet), il ne cherche pas plus que ça à s’adapter aux autres, au regard d’autrui, à l’avis d’un quelconque public. Uranien contrarié, Murat désamorce le jugement d’autrui par une attitude cassante, tranchante, non-diplomate. Il n’obéit qu’aux règles dictées par son bon vouloir et s’impose à plaisir la dictature de ses propres émotions. Comme un gamin chagrin et capricieux, Murat est dans la vie un personnage aussi attachant qu’insupportable, aussi fragile qu’orgueilleux. Orgueil certainement renforcé par la dissonance "aveugle" de son thème, l’opposition Lune-Pluton, qui le porte à se prendre pour l’exclu métaphysique absolu, le vilain petit canard rejeté par tous et qu’on aimera de toutes façons jamais assez : "Vois, je vis de rêves chaque jour, et je reste des nuits l’éternel amant", dans Le venin.
"Tous ces amours de courte haleine embellissaient nos vies"...
Angulaire à l’ascendant, la Vénus Capricorne de Murat-Bergheaud est opposée à Uranus, mais reliée harmoniquement à Mars-Scorpion. La sentimentalité du bon-homme est complexe, torturée, exigeante, capricieuse. Mais elle est constamment ancrée dans une réalité qui la structure, la vivifie, la gonfle de chair : "le fructose, le glucose, haut-les-cœurs, v’la la vie" ("Mustang"). Les textes de Murat sont à la fois délicats et rustauds, affectés et rugueux. L’amour, chez Murat, ne correspond pas à l’évocation d’un monde éthéré, désincarné, il se vit au présent, dans l’immédiateté d’un Mars organique et sanguin qui grogne, qui gémit, toutes veines saillantes, comme un enfant qui pleure ses caprices. Le paysan Murat ne dissocie jamais le cœur et le corps, la fleur et son terreau, le cerveau et le sexe. Nostalgique perpétuel de sa montagne natale, il préfère le froid rigoureux des hivers auvergnats à la chaleur faussée des projecteurs parisiens. Murat est un troubadour d’un autre âge qui parle des fleurs tout en épandant le fumier, qui adore la femme autant qu’il vénère les vaches de son troupeau. Mars-Scorpion est toujours là qui veille à tout ramener au concret, aux origines terrestres de toutes choses. Engagé dans une quête exigeante qui le pousse à toujours chercher le bon équilibre entre l’amour qui fait tomber (amoureux, par exemple : "Cours dire aux hommes faibles comme moi"...) et l’amour que l’on veut dominer (Vénus versus Uranus : "Tous vos désirs me dominent"...), Murat se réfugie sans cesse dans un retour perpétuel à sa source : la terre, la nature sauvage indomptée, et les animaux : "Contraint je vomis toujours plus loin de la vie, mais j’ai autant de désir qu’un vampire, qu’un yak, j’ai le désir intact" ; "A la jeunesse on envie l’irruption brutale du désir animal" ; "Moi, le fumier du monde où tu veux me planter" ; "J’ai dans les yeux le bleu de l’eau des montagnes" ; "Quand l’éclat mauve délétère n’éclaire plus ma vie, je vais dormir dans la bruyère, au Mont-Sans-Souci" ; "J’ai pour toi, la tendresse d’un poney", etc, etc.
Le paradis terrestre et L’ange déchu
On le voit, l’univers de Murat est un univers peuplé, vivant, grouillant, complexe en ce qu’il relève d’une sensibilité "e" : la conjonction Saturne-Neptune en dissonance à Mars inscrit les limites d’un cercle fou au-delà duquel Murat se perd, s’enfonce, se noie. A partir du réel tangiblement préhensible de Mars, Saturne et Neptune créent par leur mouvement en direction ou en provenance du niveau "T", un tourbillon échevelé et vertigineux de vents fous qui se nourrit de la réalité pour mieux l’ébouriffer. Cette éruption permanente de sentiments, de sensations inexprimables mais prégnantes, irrepressibles, donne le ton de l’univers de Murat : un monde où le sublime côtoie le sordide, où l’agréable gît dans l’écorchure, où les cœurs sont tantôt grugés par la main perfide de Satan, tantôt guidés par la "paluche de Dieu" ; une vallée de larmes dans laquelle le saturnien Murat se vautre à l’envi. Les dissonances urano-jupitériennes qui assaillent ce volcan inextinguible tentent comme elles le peuvent d’imprimer un ordre, un contrôle, un feedback surmoïque à ce brasier anarchique de sentiments qui brûlent dans l’enfer d’un Eden qui s’auto-consume. D’où les multiples références de Murat dans ses chansons à un mythique paradis perdu, à une religiosité qui lui permettrait d’imprimer une marque mystique à ses amours. Qu’il croie ou non à l’existence de Dieu, il ne peut se résoudre à ne voir dans les tourments de son âme que l’agitation stérile d’un feu provoqué par un crépitement d’hormones. De même, le romantisme que l’on associe couramment au style de Murat relève plus directement de Saturne que de Vénus. A l’hédonisme béant du jouisseur vénusien qui ne cherche qu’à satisfaire ses désirs, répond le questionnement inquiet du saturnien pour qui l’existence pose toujours problème puisqu’elle semble prendre un constant malin plaisir à contrarier le mouvement de nos humeurs. "Vas, je déteste la vie de ses bâtisseurs d’empire, de ces voleurs de prairie, où tu trouveras ta place. Je partirai cette nuit, sous un ciel peuplé d’étoiles, je ne connais qu’une envie, je veux retrouver mon âme" ([Le troupeau]).
"[Puis il y eut, ce sentiment nouveau...]" : Verseau malgré tout
En marge de son côté désengagé, apathique, morose, bouquetin grognon (Capricorne dominant), le Verseau Murat est aussi un pur idéaliste, un réactif attentif à réveiller les esprits engourdis. Le carré de Mars-Scorpion à ce Soleil-Verseau lui vaut de ne jamais sombrer toutefois dans la naïveté : le terrien critique l’emporte toujours sur le sentimental candide. L’auditeur scrupuleux peut déceler dans sa discographie de remarquables petites piques agressives à l’égard d’un monde que la connerie endort à petit feu : "De Salman as-tu des nouvelles ?"... "Quel étrange nom Arkan... Réfugié à Crémone, sucé à Washington, ai perdu tous mes amis... Belgrade ta gueule"... "Mais voilà tu nous cherches, Mégret serre les fesses, voilà les gonzesses et les pédés"... et sur la B.O. d’un film encore à ce jour inédit, "Mademoiselle Personne", à propos des Turcs : "Quel peuple d’enfoirés, ils ont niqué les Arméniens, ils vont niquer les Kurdes..." D’un autre côté, Murat idolâtre les purs, les naïfs, les simples d’esprit, les innocents que les vrais idiots prennent pour des imbéciles : Murat adore pêle-mêle Bourvil, Bernard Hinault, les enfants, et encore les vaches, tous ces êtres qui sont restés en accord avec leur nature profonde, marsienne, non civilisée (Jupiter dissoné). La part du Verseau est également à chercher dans le constant renouvellement musical de Murat. Il peut passer d’un dénuement acoustique absolu (l’album Vénus) à une extrême complexité de production (l’album Dolorès). La diversité des couleurs de la palette artistique du musicien Murat est un signe de son ouverture à la modernité et de son éveil aux courants et techniques de son temps (à bientôt 50 ans, Murat reste plus que jamais en phase avec l’évolution musicale de son époque, sans que cette adéquation ne puisse être taxée d’opportunisme ou de concession à quelque mode que ce soit).
L’apparente langueur du bonhomme ne doit pas masquer le côté mercurien, l’humour à froid de ce personnage surprenant et pince-sans-rire (qui se révèle une fois qu’on a percé la glace qui recouvre la carapace de ce clown triste). "Dans le fond, je suis un curieux avant tout. J’aime tenter des expériences. Et pour la musique c’est pareil".
"Je suis un Johnny Frenchman"
Plus drôle et déconneur qu’un Manset, plus incarné et hédoniste qu’un Bashung, le décrié Murat reste prisonnier d’une mauvaise image auprès du public (arrogant, froid, hautain, méprisant, désespéré, somnifère, etc...) qu’il a pourtant volontairement forgé. Indépendamment de cette image, on peut aussi le considérer comme ce "Môme éternel" qui nous ressemble dans nos qualités, nos défauts, et comme celui qui a su le mieux traduire la grandeur comme la faiblesse de nos sentiments. Au-delà des aspects irritants du personnage Murat, il faut découvrir il faut découvrir le compositeur, le poète, l’écrivain des âmes et des cœurs en exil sur cette terre, qu’est Jean-Louis Bergheaud, et qui lui, fait l’unanimité des auditeurs avisés.
Article paru dans le n° 14 du Fil d’ARIANA (octobre 2000)".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 24 Novembre 2012

Voici donc offerte à vos yeux et votre espace de cerveau disponible la dernière PARTICIPATION amicale et désintéressée de MATTHIEU à l'alimentation de ce blog. Aujourd'hui, il vous propose un retour en arrière autour de représentants de l'ancienne nouvelle nouvelle nouvelle chanson française... que Biolay d'ailleurs évoquait dans son interview à Télérama il y a deux ou trois semaines : Bénabar, Jeanne Cherhal et Delerm... regrettant d'avoir trop tapé à droite et à gauche... Héhé... ce n'est pas sans rapport avec ce qui est évoqué ci-dessous. Merci Matthieu! ET bonne lecture!     
Perso, cela ne m'a pas beaucoup plus : en effet, je suis un peu vert d'avoir interviewé Jeanne Cherhal et de ne pas avoir retrouvé cette interview pour lui en parler...  (oh, un smiley!)

 

 

 

Devine qui vient dîner ?

ou

Murat, le refoulé de la chanson française ?

 

     La récente disparition du journaliste Jean Théfaine nous fournit un prétexte facile pour nous souvenir de la défunte revue Chorus, dont il fut l'un des valeureux animateurs. L'occasion nous est ainsi donnée d'aller rechercher dans ses archives une apparition semi-clandestine de Jean-Louis Murat, invité perturbateur d'une réunion à laquelle il n'était pourtant pas convié. Et, plus largement, de nous interroger sur la place de celui-ci au sein de la chanson française.

 

 

     Tout le monde garde en mémoire la fameuse rencontre entre les trois monstres sacrés de la chanson qu'étaient G. Brassens, J. Brel et L Ferré, rencontre organisée en janvier 1969, rue Saint-Placide, à Paris, à l'initiative de François-René Cristiani (sur une idée de son épouse, Claudette) et publiée le mois suivant dans Rock & Folk. S'inscrivant dans la lignée de cette prestigieuse table ronde, Chorus invita à trois reprises, dans les années 1990, quatre auteurs-compositeurs-interprètes à venir discuter de leur métier. Il s'agissait alors de F. Cabrel, J.J Goldman, Y. Simon et A. Souchon. En 2004, à l'occasion de son cinquantième anniversaire, la revue renouvela l'expérience, cette fois avec trois représentants de la nouvelle génération, Bénabar, J. Cherhal et V. Delerm. Retour sur leur échange et sur la manière dont l'un de leurs collègues s'invita dans la discussion...

 PORTRAIT MOUTON

Acte I : Cherhal fait son coming out muratien, Delerm retourne dans le placard

 

     La rencontre entre les trois artistes a lieu le 27 septembre, dans l'après-midi, au siège de l'Adami, à Paris. Les trois vedettes naissantes sont interrogées par trois membres de la rédaction de Chorus, Fred Hidalgo, Michel Troadec et Jean Théfaine. Leurs propos sont enregistrés par la directrice de la publication de Chorus, Mauricette Hidalgo. La conversation commence par l'évocation des débuts des uns et des autres dans des petites salles, puis après un détour obligé par la Star Academy, jugée sans excès de sévérité, il est question du rapport de chacun à la scène et aux médias. Le ton est décontracté, Bénabar et Delerm plaisantent volontiers et c'est finalement le premier nommé qui résume le mieux les choses : « On est du genre gentils, quoi. »

     Pourtant, un nom lâché innocemment va créer un début de discorde dans cette atmosphère conviviale. Extrait :

 

CHORUS : Grosso modo, vous avez sorti chacun un album tous les deux ans. Pensez-vous pouvoir continuer à ce rythme-là ? Entre un Murat, qui publie cinquante chansons nouvelles en un an, et un Voulzy qui, le moins qu'on puisse dire, prend son temps, où vous situez-vous ? Dites-vous aussi, comme vos aînés, que la création exige un certain délai pour se renouveler ?

CHERHAL : Sûrement, oui.

DELERM : J'avais essayé de négocier avec Vincent Frèrebeau [le patron du label Tôt ou Tard], par contrat, le fait que je puisse sortir un album tous les dix-huit mois. Aujourd'hui, je suis ravi qu'il m'en ait empêché ! Cela dit, sur Murat, sa production a longtemps été sur un rythme plus normal qu'aujourd'hui... Jusqu'à Mustango, qui marque la fin de sa période normale. [petit sourire en coin] Depuis, c'est autre chose.

CHERHAL : Murat, c'est mon idole du moment.

DELERM : Pas moi.

CHERHAL : Je n'écoute que lui depuis quelque temps. Je découvre un peu tout ce qu'il a fait, globalement. J'ai détesté, maintenant j'adore.

DELERM : Moi aussi j'ai adoré ses chansons, mais...

BÉNABAR : Je ne connais pas bien...

CHORUS : Revenons au rythme de la production phonographique...

    

      Les positions sont bien dessinées : d'un côté, Cherhal déclare son amour pour Murat, une passion qui succède à une période initiale de rejet ; de l'autre côté, Delerm avoue à demi-mots qu'il a beaucoup aimé Murat, mais que ce n'est plus le cas. Les raisons de ce désamour sont floues : on croit comprendre qu'il a cessé de suivre JLM au moment de son tournant moujik des années 2000, pourtant, on sent comme une gêne. Ce « mais... » laissé en suspens semble indiquer un malaise que le chanteur-pianiste ne formule pas clairement pour l'instant. Mais on sait, au moins depuis Freud, que le refoulé finit toujours par ressortir, généralement de façon violente...

 

Acte II : Chacun campe sur ses positions

 

     La conversation reprend. Les trois artistes sont interrogés sur leur rythme de travail, leur désir d'écrire pour d'autres, la notion de bande et sur leurs influences. On apprend ainsi que Cherhal rêve d'écrire pour l'actrice Natacha Régnier et, plus surprenant, que Bénabar a pour modèle... Tom Waits. C'est Delerm qui se montre cette fois le plus lucide, remarquant que « L'étonnant, c'est que le terme de "nouvelle chanson" réapparaisse à notre propos, alors qu'historiquement c'est la première fois que la chanson française ne va pas de l'avant. » Un jugement qu'aurait pu tenir JLM, lequel déclarait en 2005 : « J'ai l'impression que pour Delerm ou Bénabar, la musique s'est arrêtée en 1955 et qu'elle reprend en 2005. […] Cette nouvelle chanson française parle d'un pays qui n'existe plus, de rapports humains qui n'existent plus. Une espèce de nostalgie faite par de jeunes vieux qui n'ont aucune insolence. » [1]

     Delerm, justement, réintroduit peu après le nom de son confrère auvergnat dans la discussion, pour charrier Cherhal. Il se réjouit d'abord d'avoir pu travailler avec Dominique A : « Ça me conforte dans l'idée qu'on vit une période assez ouverte, où il n'y a pas de rejets systématiques, de dégoûts immédiats. » Ouverte, ouverte... Bénabar semble avoir une vision moins optimiste : « C'est le discours officiel mais, pour ne parler que de moi, même si je m'efforce d'être ouvert... [moue éloquente]. » Delerm précise alors sa pensée :

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DELERM : Je pense qu'il y a peu de chanteurs à qui on irait serrer la main et qui te diraient : attends, toi, ce que tu fais, je ne veux pas en entendre parler. À part Murat, mais... [rires] L'idole de Jeanne !

CHERHAL : Ma nouvelle idole. Mon idole du moment...

DELERM : C'est pas bien, Jeanne, de l'encourager ! [rires]

 

     On commence à comprendre que c'est peut-être l'attitude relativement peu confraternelle de Murat qui indispose Delerm. Son fameux côté « bourboulien ». Pourtant, Cherhal, qui n'apprécie pas forcément cet aspect de la personnalité de JLM [2], maintient son admiration pour celui-ci. Delerm, lui, réussit encore à en rire. Pour l'instant.

 

Acte III : « À chacun sa vile manière de faire des chansons »

 

     L'échange se poursuit sur des thèmes importants, quoique convenus : la chanson est-elle un art mineur ? Est-il difficile d'être une femme dans un univers encore majoritairement masculin ? Les sujets bateau se succèdent : les Victoires de la Musique, la crise du disque, l'attention portée aux pochettes... Arrive enfin l'un des passages les plus intéressants de cette table ronde, concernant l'écriture. Bénabar explique sa démarche : « J'accorde plus d'importance à ce que je veux dire qu'à la façon dont c'est raconté... Je peux même utiliser des mots un peu moches, parce que je trouve ça plus efficace. » Un propos qui a au moins le mérite de la franchise... Cherhal, à l'inverse, revendique son souci de la forme, de la métrique, des rimes, etc. Delerm nuance et clarifie le débat : « L'écriture, en général, c'est important, mais je rejoins assez Bruno sur cette primauté qu'il y a, d'abord, à faire passer une idée, un sentiment... C'est vraiment l'école Souchon par rapport à l'école Gainsbourg. » À l'intérieur de ce panorama esquissé grossièrement, mais non sans pertinence, Cherhal choisit son camp, d'une manière timide, mais assumée :

 

CHERHAL : Je peux ajouter un truc ? Même si je me situe vraiment dans une forme de concret – j'ai toujours envie de parler de choses qui m'entourent et que je connais –, je suis attirée par des gens qui sont en plein dans l'abstraction. Comme JP Nataf par exemple. C'est quelqu'un qui écrit super bien et, par rapport à nous, il est beaucoup plus dans une espèce de nimbe irréelle. Sa façon très musicale d'écrire me fait vraiment fantasmer... Murat est un peu comme ça aussi.

BÉNABAR : Tu vas nous lâcher avec Murat, bordel !

DELERM : Arrête un peu avec lui... [rires]

 

     Alors les garçons, jaloux ? Ce n'est pas indiqué dans la retranscription de l'entretien, mais on sent que les sourires se crispent...

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  Photos prises à l'occasion de cette rencontre: au dessus, chère Jeanne s'épanouissant en parlant de Murat sous le regard désapprobateur des deux jouvenceaux, et en dessous, avec l'équipe de Chorus: Jean à gauche, assis, Hidalgo. Pierrot


Acte IV : Le retour du refoulé

 

     Puisque Cherhal évoque de nouveau JLM, les journalistes de Chorus saisissent l'occasion pour utiliser une déclaration du chanteur comme base de la question suivante. Sauf que Delerm, lui, n'a plus du tout envie de parler de Murat et il le fait savoir. Cette fois-ci, de façon très explicite :

 

CHORUS : À propos de Murat, c'est lui qui, en substance, nous déclarait dans un précédent numéro : « Si je ne peux plus faire un album à 150 000 balles, je le ferai pour 100 000 et même beaucoup moins. Parce que c'est mon boulot, ce que j'ai envie de faire. » On vous renvoie la question...

DELERM : Il raconte tellement de conneries que c'est facile de rebondir sur les trucs qu'il dit. Je n'ai plus envie de le commenter une seule fois. Pour en finir sur ce chapitre : tirer sur tout ce qui bouge, c'est un truc que l'on peut se permettre quand on fait des choses parfaites, ce qui n'est pas son cas.

BÉNABAR : Pour une fois que ce n'est pas moi qui dis du mal des collègues !

 

     Fermez le ban. On constate que le « mais... » suspendu du premier acte dissimulait en fait une forte irritation et que le désamour de Delerm est à la fois artistique et humain. Cela n'empêche pas la discussion de se poursuivre dans la bonne humeur sur des sujets variés – les sources d'inspiration de chacun, l'humour sur scène, les reprises, les chansons préférées – avant de se conclure sur l'avenir tel que le perçoivent les trois protagonistes. Cherhal veille toutefois à ne plus prononcer le nom de son « idole du moment ».

 

So what ?

 

     Quels enseignements peut-on tirer de ces apparitions fugaces mais électriques de JLM dans le cours de cette conversation ? À mon sens, il y en a au moins deux. Le premier, superficiel, est douloureux, mais compréhensible : les déclarations à l'emporte-pièce de Murat sur ses collègues peuvent finir par lasser, même ceux qui apprécient plutôt son travail. C'est le cas de Delerm, mais sans doute aussi de quelques autres, professionnels ou non. A contrario, on peut supposer que ces dézingages répétés le font pénétrer dans la catégorie, tellement prisée par certains, de personnalité « politiquement incorrect » et qu'ils lui amènent ainsi un nouveau public. Les idées politiques d'une partie de ces nouveaux admirateurs peuvent toutefois laisser songeur... [3]

     Le second enseignement me semble plus riche et plus intéressant. La distinction opérée par Delerm entre Souchon et Gainsbourg est évidemment abusive : il serait idiot – et ce n'est d'ailleurs pas ce que dit Delerm – d'affirmer que Souchon ne cherche qu'à faire passer des idées sans se soucier de la forme de ses textes, tout autant que de voir dans les chansons de Gainsbourg de simples jeux formels sans contenu. Pourtant, il y a effectivement des A.C.I. qui privilégient le propos, quitte à parfois négliger l'emballage de celui-ci et d'autres qui accordent la première place à la forme, au risque de sacrifier le fond. Pour formuler autrement la même idée, on pourrait distinguer dans la chanson française un courant plutôt tourné vers la narration et un autre vers la suggestion. JLM se situerait alors nettement dans ce second courant. Même lorsqu'il lui prend l'envie d'aborder un sujet précis, comme ce fut le cas sur plusieurs titres de Grand lièvre, il le fait moins en racontant une histoire solidement construite – selon le fameux modèle de la chanson-qui-est-comme-un-petit-scénario-de-film – qu'en agençant des sensations plus ou moins évocatrices. Or, il faut bien constater que, dans notre pays, ce sont très majoritairement les chansons narratives qui deviennent des succès auprès du public. La plupart du temps, le récit est platement naturaliste, mais il arrive qu'il puisse atteindre une dimension poétique. La fantaisie et/ou le surréalisme sont une autre piste – empruntée notamment par Trénet ou Higelin –, mais même dans ce cas de figure, la narration est généralement maintenue. Il me semble qu'à l'exception remarquable de Bashung, peu d'artistes ont réussi à faire des tubes avec des titres purement suggestifs [4]. Le succès récent de Dominique A – futur lauréat d'une Victoire de la Musique ? –, artiste qui a la réputation d'être quelque peu hermétique, confirme la règle : il a en effet reposé sur deux chansons qui ont beaucoup tourné en radio et qui racontent toutes les deux une histoire, pas sur des morceaux difficiles.

     Cette « espèce de nimbe irréelle » joliment évoquée par Jeanne Cherhal au sujet des chansons de JP Nataf et Jean-Louis Murat contribue sans doute à la valeur et à la rareté de ces deux artistes. Mais c'est peut-être aussi elle qui les condamne, par une sorte de fatalité, à une relative confidentialité. Les hermétiques mélancoliques ne semblent pas, dans notre cher pays, au bout de leur (parcours de la) peine. « Seuls sont les indomptés ».

 

                                                                                                                                                                                           Matthieu

 

 

1. Polystyrène n°85 (avril 2005). Merci à Didier Le Bras pour la citation.

2. Elle déclarait en effet, en 2003, sur ce blog : « En général, vous voyez, je ne déteste pas les grandes gueules mais taper systématiquement sur les chanteurs d'à-côté, j'ai tendance à trouver ça un peu vain. » Pour connaître les raisons de l'admiration de Jeanne Cherhal pour JLM, on pourra relire l'« Inter-Vious et Murat » n°3, réalisée par Pierrot, à cette adresse :

www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-3-jeanne-cherhal-44390670.html

3. On a ainsi vu récemment une publication « anarcho-royaliste » censée représenter « l'extrême droite contre-mutée » (sic) afficher sa passion pour celui qu'elle considère comme un « prophète » luttant contre l'« Empire du Bien »...

4. Je ne demande qu'à être contredit, la rubrique « Commentaires » est là, ci-dessous: il suffit de cliquer pour voir toute la clique des commentateurs... 

 

PHOTOS DE JEANNE : by TANIA ET VINCENT

Photos de la rencontre : by Francis Vernhet 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 5 Novembre 2012

Je continue de partager quelques clichés de mes achats....

La collection Murat me satisfaisant:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-collec-44152644.html j'ai jeté mon dévolu sur le périphérique... Murat est bien là, imprimé, avec un harmonica par là, un lalala par ici, et  avec Clavaizolle aux claviers, entre autres... mais c'est bien Madame  qui pilote. Tout une époque.

 

 

 

Album Marie AUDIGIER de 1990, coproduit avec Murat.   avec la bande de la Bourboule.

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SAM 8495

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Dans certains choeurs, une voix reconnaissable.

A noter une adaptation de "Dream a little dream of me": http://www.secondhandsongs.com/performance/88230
SAM 8501

 

Un CD SINGLE: (1993 de l'album CES ETES)

SAM 8549 

 

SAM 8550

 

SAM 8551

 

Un 45T : 

 

SAM 8552

SAM 8558

 

 

Les albums sont écoutables sur DEEZER:

http://www.deezer.com/fr/artist/153677   

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 1 Novembre 2012


Ah, je m'emmerde veaux gras... J'en suis réduit à aller jetter un oeil sur you-you (tube, tuyaux... etc... pour ceux qui n'auraient pas suivis)...
 
Pas pour rien... car voici une petite curiosité:
 
Une reprise sympathique par ce japonais amoureux de la chanson française:
sa reprise de "cherchez le garçon"... un peu trop fidèle.


Passons à la France profonde :
Joli clip... avec images appropriées...

Passons à l'inédit:
La loi du sport (myspace)
http://www.youtube.com/watch?v=15_uPl5xoYE
Et pour rappel, le dernier en date :
Et au rayon remix :
Toujours "te garder près de moi", version dream remix (qui devait figurer sur le maxi).
http://www.youtube.com/watch?v=h97NE-YD8No

et un  Fort Alamo (Mighty Bop Mix)... Le titre avait l'objet d'un disque de remix...
http://www.youtube.com/watch?v=ImFijoriIFU     Là, encore, joli clip...
Passons enfin par l'incontournable LEW: (avec son texte d'accompagnement lisible sur youtube)


Et encore, via LEW,  une évocation de la Mongolie dédicacée à Murat :
http://www.youtube.com/watch?v=i4eVEsAXvDc        photographies d'un clermontois ayant voyagé dans ce pays...Cela m'a fait repenser à l'article de Matthieu à propos de GENGIS: http://www.surjeanlouismurat.com/article-sur-les-traces-de-gengis-par-matthieu-92009520.html



ET voilà, tout est dit ... version lente

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 20 Octobre 2012

Bon, allez, je secoue mon corps... difficile le samedi matin... et en sortant de la déchetterie, où finalement, je ne l'ai pas jeté avec l'herbe cramoisie qui patientait depuis x nuités,  j'ai pensé à:
 

Chanson très muratienne... qui ça tombe bien a été écrit par le duo MURAT/Clavaizolle.
téléchargeable légalement:
Présent sur l'album de 96, où figure également "jour d'hiver"  (on trouvera la démo muratienne  et la version vartannienne, assez jolie ici) :
 
Sylvie Vartan
IL PENSE À SON CORPS
J.L. Murat, Denis Clavaizolle, 1996


Il pense à son corps
En dévalant les pentes enneigées du confort
Il pense au jour béni de ses quinze ans
Au voile éphémère de rosée a l'aurore
Même si l'amour est important
Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent
Il pense à son corps

Il pense à son corps
Ce joyau chéri comme un unique trésor
Il sent son coeur floue et comme un enfant
Par le temps perdu a le protéger de la mort
Même si l'amour est important
Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent
Il pense à son corps

Oh qu'attends tu
Dans une jeunesse éternelle
Oh t'attends tu
A desserrer l'étreinte cruelle

Il pense à son corps
Il rejoint les chevaux légers du remords
Par le caprice la neige et le tourment
Il rejoint sa haute vallée du mont d'or
Même si l'amour est important
Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent
Il pense à son corps

Oh qu'attends tu
Dans une jeunesse éternelle
Oh t'attends tu
A desserrer l'étreinte cruelle
LE LIEN EN PLUS :
Didier Varrod, le nouveau directeur de la musique sur France inter, c'est une bonne chose pour Murat!,  parlait de Wax taylor un matin sur inter... Et d'un duo avec Jennifer Charles...  M. Cohen l'a alors relancé en parlant d'"a bird on a poire"...
J'étais assez persuadé que cette relance avait été écrite par Didier Varrod... Il a eu la gentillesse de me répondre que ce n'était pas le cas et que le présentateur vedette était bel et bien fan de ce disque en particulier.
La séquence à réécouter:

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 9 Juillet 2012

 

Après le set "Passions privées" joué à Clermont, je me suis décidé à faire l'achat du vinyle "passions privées"...  que je n'avais que via la réédition de 1989 (via les deux versions, la première avait des fautes d'orthographe)... et j'ai été ravi d'en découvrir la pochette intérieure que je ne connaissais pas... Je vous la fais donc découvrir... notamment avec d'excellentes (certes, un peu datées peut-être) photos d'Alain Bonnefont, Christophe Pie, Jérome Pietri, et Pascal Mikaelian. 

 

 

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Je vous donnais quelques éléments sur le disque ici:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-concert-pour-clermauvergne-2e-partie-107167234.html

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SAM 6922

Une façon bien original de mettre le texte des chansons... avec un choix de mettre en avant via des MAJUSCULES certaines expressions : col de l'oiseau mort, voleur impénitent, Nanga Parbat... mais qui ne sont pas les titres... 

 

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SAM 6929

 A noter bien sûr le nom de Claude Dejacques (http://www.surjeanlouismurat.com/article-dejacques-et-zacha-producteurs-de-murat-en-81-82-part-2-77790374.html )

SAM 6930

 

Quant à l'édition SUMO, c'est Michel Zacha qui nous en parlait :

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-11-michel-zacha-101277868.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-11-michel-zacha-101277868.html

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 13 Mai 2012

 

Ah, petite surprise ce soir du côté de Five'r, contributeur principal des mises en ligne...

 

- avec en premier lieu, une cover :

Si quelqu'un sait d'où ça vient, et qui chante, merci de donner l'info!

 

  
 
- et ensuite une belle séquence avec Murat et Huppert:
 
On doit apercevoir Stéphane Prin... qui nous parlait de la session ci-dessous:
 
 
Et pour conclure : Jean-Louis qui "inspire" des vidéastes avec polly jean:
 
... Bon, vous en voulez encore? En 2009, Jean-Louis n'était pas avare d'inédits... dont :
http://www.youtube.com/watch?v=hjRmHen-sRs     réalisation de Maldoror
 
 
 
 
 
LE LIEN EN PLUS :
 
CONCERT CE JEUDI à LIGNIERES!!
 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 18 Mars 2012

 

 

J'ai été moins assidu au niveau vidéos, je crois l'avoir déjà écrit. Cause : trop de chats à fouetter, et le partage à tout-va sur FB qui rend ça moins indispensable, et aussi le fait que j'avais décidé de ne pas diffuser des vidéos pirates de live... tant la volonté de Murat de ne pas accepter de photos et vidéos de concert est clairement affiché. On nous avait d'ailleurs annoncé à l'entrée des abattoirs une fouille sévère... qui n'a pas eu lieu. Mais je n'ai aperçu pour une fois aucun appareil ou téléphone fonctionner...

 

Alors, what... Oui, c'est dimanche matin, il pleut... et il y a quand même du lourd à montrer...

 

D'abord, une petite curiosité...

 

 

 Une vidéo vue 60 000 fois.. c'est pas mal pour du Murat... Mais hélas, youtube n'a pas reconnu qu'il y avait du droit d'auteur là-dessus (sinon, il y aurait eu une pub sur la vidéo)... C'est donc fait de manière non officielle...

 

 

 

Les Jeunes Musulmans de France est une association affiliée à l'UOIF.  Le but de l'action  est de demander aux candidats aux élections  "de prendre position, de la manière la plus ferme, contre tout discours, toute idée ou tout slogan qui viserait à monter les Français les uns contre les autres, en faisant notamment de l’islam et des musulmans les boucs émissaires des maux que connaît notre société".  C'est effectivement d'actualité...  Je pense que si on lui avait demandé, Murat aurait pu donner son accord... 

 

Pour ceux qui n'auraient pas reconnu le morceau, il s'agit de la BO de "PAULINE ET FRANCOIS" : "les chevreuils". EN vente en numérique (première sortie d'un disque exclusivement en numérique pour Jean-Louis).

http://www.music-story.com/jean-louis-murat/titre/les-chevreuils/telecharger

 

 

 

-  Michel ZACHA dans la dernière inter-ViOUS et MURAT (2 articles plus bas, descendez le curseur m'ssieux, dames),  de l'enregistrement de "elle voulait revoir la normandie", gravé alors qu'il s'agissait juste d'une répét....  Deux jours plus tard, découverte d'une vidéo (déjà partagé sur Le LIEN DEFAIT forcement) de Gérard Blanchard... reprenant du MURAT.  Hasard amusant ou... J'ai posé la question...   Michel Z. a en tout cas été très touché..lien défait.... Une version très émouvante, avec un artiste, qui comme beaucoup d'autres, d'après ce que j'en lis sur wiki, connait des difficultés... 

 

 

 

 

 http://www.deezer.com/fr/music/gerard-blanchard        pour découvrir ses versions étonnantes de "la nuit je mens"... et d'"aragon et Castille" (talk over reggae country)

 

 

 

- Autre sortie de placard (par l'ami Lionel)... qui permet d'illustrer mes regrets exprimés hier sur les concerts 2012... j'veux dire: un peu de piano, un peu de guitare sèche, ça ferait plaisir...  Version livrée dans un show case en 2000 (ça ne me disait rien, je ne devais pas avoir).

 

- Autre titre (encore merci, Ombremor)... et là, c'est une vraie surprise pour moi...
 Ce titre ne me dit rien du tout. Inédit live de l'époque... Ah, oui, généralement, on l'intitule : "rivière" et pas "la rivière".   8'5 de voyage... ah, non, moins : Belle séquence parlée de Jean-Louis  qui fait rire la salle...
Et allez, pour être complet : la version de Julien CLERC de l'ange déchu... ah, oui, mince, j'ai oublié ce point commun entre Zacha et Murat...
ET en passant, mais ne le dites pas:
http://www.youtube.com/watch?v=3hu5IyjFcU0   alcaline 2012 (version encore plus sage qu'à Bourgoin)...  Ah, y'avait de l'ambiance au Luxembourg... superbe qualité de vidéo et de son....

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 30 Janvier 2012

 

Comme cela a déjà été le cas par le passé, Five-R m'a fait passer quelques vidéos que Dailymotion bloque du fait du copyright de la maison...  Je les diffuse donc pour lui:

 

 

 

 - 6 minutes sur LCi au moment de TRISTAN :

 Interview avec un  Murat souriant et amusant...

 

 

 

- Une deuxième interview, toujours  sur LCi, et qui me parait plus rondement menée... "On appartient à la même boite!" 

 

 

 

- Et pour finir... Une prestation chantée(ou similée) .... plus ancienne... sur "la une est à vous"... Prestation en matinée vu que  c'était le samedi après-midi....  On appréciera la souplesse de genou, et de bassin, de Jean-Louis....

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS:

 

 

Les hirondelles font parfois le printemps, mais la pop surement... et celle des ALINE (ex-young Michelin)  est un nid douillet...  euh.., et en plus, j'aime bien ce prénom moi.

 

LES ALINE recherche des dates de concert sur toute la france! 

https://www.facebook.com/alinepopband

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 17 Janvier 2012

 

 

 

 

      Outre Zacha, dont on a déjà parlé plus bas, dans la série des oubliés du parcours du jeune Murat, voici donc un autre nom méconnu : Claude Dejacques...  

                 Murat a souvent évoqué l'aide d' Anne-Marie Paquotte, J.B. Hebey, W. Sheller, Bayon... moins souvent de ceux qui l'ont signé dans les Maisons de disque.. mise à part Alain Artaud peut-être... quoi que.

 

                Sur le site officiel, je vous avais dit qu'on ne trouvait pas trace du nom de ZACHA... on ne trouve pas le nom de Claude Dejacques non plus... Pourtant, il est indiqué comme directeur artistique du disque passions privées :http://www.musikafrance.com/new/pages/album1.php?idalbum=1484).

 

                Sur Claude Dejacques,  le fait est qu'une fois passée le premier lien, on ne trouve pas énormément d'infos sur lui sur le net, pas de bio et de page wikipédia,  si ce n'est quelques liens concernant  la collection de  disques folkloriques qu'il a dirigé dans les années 70: "CLAUDE DEJACQUES ET ENSEMBLE FOLKLORIQUE"  (il fait énormément pour la diffusion de ce qu'on n'appelait pas encore la "word musique".... et il finira d'ailleurs sa vie comme guide de voyage!).  Et puis, en fouillant un peu :

 

 - Une interview de JL Foulquier qui venait de créer les franco:

"TDC : Vous faites un peu le même travail qu’un directeur artistique comme Jacques Canetti.

J.-L. F. Exactement. Ou bien Claude Dejacques ou encore Jean-Michel Boris. Sans aucune prétention, je me classe dans cette famille et j’y tiens. Pas obligatoirement du point de vue de la découverte mais plutôt de l’émotion et pas du marketing. Je ne m’intéresse pas à l’avenir d’un produit mais au potentiel artistique d’un chanteur. Mon souci est de trouver les moyens de l’accompagner".

 

- On découvre que bien avant Murat, il avait donné un bon coup de main à un petit jeune... qui aurait pu être jeté avec l'eau du bain... Coup du sort :  il a fini dedans...

 

"Grâce à Jerry Van Rooyen, qui vient de terminer les arrangements du premier album de Nicole Croisille, Claude François passe le 16 septembre 1961, une audition aux disques Fontana. Là, il rencontre le directeur artistique Jean-Jacques Tilché qui n'est pas du tout emballé au départ. Mais sous l'influence de Claude Dejacques de la maison de disques Philips, il accepte une deuxième audition".

   

 

 

- Il se trouvait également aux côtés d'un couple mythique, enregistrant une chanson mythique:

 

"Pour enregistrer le titre "Je t'aime moi non plus", on tamise les lumières du studio, si bien que les deux interprètes sont dans la pénombre. Claude Dejacques, directeur artistique, se souvient de l'enregistrement en studio: "On a fait ça en deux heures, pas plus. Il régnait dans le studio une ambiance d'amour extraordinaire, ils s'aimaient pour de vrai, c'était pas un flirt à la con, c'était très fort".

 

 

 

                Alors, oui, Dejacques ne m'évoquait rien... mais ces recherches ont aiguisé ma curiosité....  En découvrant un des livres qu'il avait écrit,  "Piégée, la chanson?", d'occasion... j'ai tergiversé... un peu cher.  Et il a été vendu... Et à sa remise en vente, j'ai tenté le coup... pressentant qu'il pouvait y être question  de Murat.... 

 

 

                  A la première lecture, le discours traversant le livre autour de "cette chanson qu'on assassine" et cette course à l'argent des "majors"... m'a fait survoler certains passages.... On peut se poser la question si le livre n'est pas écrit à la plume de la rancoeur... mais on se convainc petit à petit qu'elle serait légitime... Mais, même si Dejacques raconte qu'il s'est battu pour voir son travail reconnu et crédité, dans un passage, il écrit: "j'aurai finalement échappé au court-bouillon des honneurs et des décorations: pas de légions,  pas d'arts et lettres, pas de palme, pas de prix, pas de présidence, pas de casquette. Comme l'air est pur et la mer  bonne quand on s'y glisse à poil".   Et puis, on est conquis par cette succession d'anecdotes, la description du rôle de directeur artistique, celle critique  des maisons de disques dont on ne peut que constater la perspicacité et l'actualité  ( cf mon article sur le nouveau directeur de polydor , que j'avais justement rédigé au moment de la lecture du livre)...   Ca relativise toutefois aussi l'image de l'âge d'or des années 50 et 60:  les combines et coups commerciaux décrites   ne valaient pas mieux que René la taupe (ah, très drôle séquence sur Trumpet boy ) ...      

 

                 Alors, avant de vous dévoiler les lignes sur Murat,  j'ai vraiment envie de vous parler un peu plus de ce parcours... tel qu'il est décrit dans ce livre.  

 

 

                  Dejacques est né en 1928. Il s'engage dans l'armée... part au Japon... et est prisonnier au Cambodge. Durant deux ans. C'est juste évoqué dans ce livre-ci (notamment un "lavage de cerveau" durant 3 jours à l'aide d'un article du reader digest "comment soigner votre chien").      Au retour, il se retrouve sans métier et avec l'image du soldat "d'une sale guerre"... Petits métiers, avant de se retrouver magasinier dans un club de livres et de disques... Il y rencontre Jacques Brel qui restera son ami.   Le club fait faillite. Il se fait embaucher dans une petite maison de disques CONCERTEUM (1955)    "parce que j'avais été captif" comme les patrons (d'anciens déportés)...   La description est savoureuse : à partir de bandes d'origine inconnue de la 5e de Beethoven, la maison arrivait à sortir jusqu'à 5 disques sous des noms d'orchestres différents... Etant payé une fois sur deux, il démissionne...et retrouve aussi sec un boulot dans un club de disques... qui fait également du pressage... Ce que Dejacques apprend à faire...  Là, encore, on est étonné par la description de ce proto-marché : "on s'approvisionne désormais chez un grossiste à Bruxelles qui assure le pressage et la vente sur les marchés d'une partie de la  production soldée. Il se charge de fournir un jeu de moules en échange d'un droit de reproduction sous le manteau. Me voilà transformé en passeur...",  pressage de disques la nuit avec paiement en espèce... et premiers virées en Europe de l'est et au Guatemala pour récupérer des bandes. La boite coule... et il est embauché chez Philips en 1957... comme "agent de planning". Il ne sait pas en quoi ça consiste...

                Durant 2 ans, il fait de l'administratif, se contentant d'écouter les disques produits par Jacques Canetti et d'aller voir les artistes maisons aux 3 Baudets. C'est Boris Vian qu'il croise dans les bureaux qui le conseille afin d'assouvir son envie d'évoluer vers "l'artistique". Dejacques raconte qu'il se battra, avec succès, quelques temps plus tard pour rééditer les chansons de Vian (en contournant le refus initial de ses patrons!).  En 1960, il obtient une mutation, grâce à un concours artistique interne à l'entreprise.

                Il  est chargé des auditions "de courtoisie" et de sélectionner les disques CBS sous licence avec Philips, susceptibles de sortir en France.. dont un des premiers disques de Simon and Garfunkel dont il arrache la publication et qui est vendu à ...17 exemplaires!  Canetti lui confie également des travaux de photographie : Dario Moreno, Brassens (chez la Jeanne)....

                La description de  CANETTI est intéressante car elle dévoile un homme... qui "n'aimait pas le travail d'équipe"  et dont on doit "apprendre sans qu'il le remarque".... mais il déplore toute de même sa mise à l'écart au début des années 60... la priorité étant de "développer  au niveau français l'apport créatif des productions américaines au bon parfum de dollar".

                       C'est Jacques Plait, autre D.A. maison, qui l'initie au travail de studio et lui laissera la main dans ce domaine.  Et il se lance avec Nougaro, dont il reprend la direction artistique... C'est l'époque avec Michel Legrand. Et puis, ça sera Bardot, petit coup de main à Claude François, 7 ans de travail avec Gainsbourg (il est même son témoin de mariage), Nana Mouskouri, Béart dont il fait l'éloge... puis des jeunes artistes qu'il défend : Higelin (BBH, irradié...), Valérie Lagrange... Il est passionné durant tout ce temps par les voyages et la musique folklorique : risque de se faire licencier parce qu'il préfère un voyage au Japon qu'une promotion... et fait connaitre à Paul Simon la musique du Pérou... ce qui aboutira au succès de son "condor pasa" (dont  Dejacques possédait même les droits d'auteur...et qu'il cède "par amitié au véritable créateur).

 

                       Il  fait signer Barbara... Très belles pages... sur l'enregistrement de "Nantes" par exemple... et raconte qu'il lui "commande" une chanson qui lui permettra de terminer ses prestations... Ca sera "ma plus belle histoire d'amour..."     

 

                      On est à la lecture un peu assommé par cette charge de travail : en 1965, il gére 30 artistes, il évoque à un moment donné 72 heures de travail ininterrompu...  A la fin des années 60, il gère le label FESTIVAL.  Il travaille ensuite pour plusieurs maisons (salarié chez Pathé et free-lance pour d'autres), tant dans l'artistique (recherche de titres pour des interprètes, l'enregistrement: il livre des anecdotes très intéressantes sur ces séquences de création...) que dans la promotion... et il  écrit, parcoure le monde... et "fait" mai 68 (dont il tire un livre). Et surtout fourmille d'idées pour aboutir à ses fins : convaincre ses chefs qu'il faut signer un contrat à telle ou telle artiste, quitte à prendre trop de liberté (faire faire un enregistrement sans contrat, faire "buzzer" autour d'un disque pour inciter les patrons à le signer...), ce qui conduit Philips à l'astreindre  durant 3 ans de justifier heure par heure de ses activités de la semaine...  

 

                    La liste des chanteurs avec lequel il travaille s'allonge:   Bobby Lapointe, Maxime Le Forestier, Greco, Yves Simon, Vigneault... puis découvre,  lance ou aide des auteurs plus difficiles:  Herbert Pagani, Claude Leveillée - le québécois copain de Manset-, Georges Chelon, Yvan Dautin, Caradec, Hervé Christiani... et Catherine Lara (là aussi très élogieux), Marie Laforêt,  Zacha, Triangle, Peyrac, Duteil, Sapho et Alpha Blondy... et Sim, Popeck,  et Bernard Menez (il est alors directeur des variétés françaises de Pathé)... Il travaille un an sur un album pour la mythique Delphine Seyrig... qui n'a jamais vu le jour... Dejacques renonce lui-même à faire la liste de tous les chanteurs avec lesquels il a travaillé...  On peut aussi citer son rôle de réalisateur musical (terme qu'il préfère à D.A.) pour Nicole Croisille ("femme"), Moustaki et Bécaud (au début des années 80)... Alors qu'il se tue à la tâche... un matin, ses affaires ont été déménagées : il est rétrogradé directeur de création...

 

                     C'est là... page 307 qu'il est question de Murat :  

 

 

  dejacques-1.jpg 

dejacques-2.jpg

 

Intéressant témoignage révélant comme le disque était comme mort né, car sans soutien de la maison de disques.

 

              Petit à petit, Claude Desjacques est poussé vers la sortie... qui sera effective en 1986... rongé par le cancer et  par les décisions de ses chefs de résilier les artistes qu'il défend (il cite Murat)  ou leur refus de signer certains (dont Berliner et sa "louise" qui ira voir ailleurs ou Chédid et son God save the swing")... 

 

               Le livre (publié en 1994, édition ENTENTE) s'arrête là...  

 

 

 

                Concernant la relation avec Murat, et ses premières productions, ma curiosité (oui, c'est un vilain défaut)  reste inassouvie.... Je me suis ainsi demandé si Dejacques aurait pu être à l'origine de la seule signature de Murat... et non de son groupe Clara...  Murat ayant raconté que c'est la maison de disque qui en avait décidé ainsi.  Est-il aussi intervenue dans le choix du nom d'artiste qui a tant fait parlé depuis?   Dejacques est mort en mars 1998... Il ne nous en dira pas plus... 

 

 

                 Yves SIMON dans la préface écrit: "Claude Dejacques est un passeur d'âmes... un éclaireur providentiel...  Il sut faire naviguer inlassablement sa barque... afin de repérer dans la nuit les candidats à la traversée du miroir".

 

 

Merci d'avoir lu cet article laborieux jusqu'au bout....

 

 - Article sur DEJACQUES:

http://francois.faurant.free.fr/claude_dejacques/barbara_index.html

 

 

-  Une histoire du label EMI et PATHE... où les signatures de Gérard MANSET et de Jean-Louis MURAT sont cités comme des événements marquants.

http://www.emimusic.fr/download/historique_emi.pdf

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

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