- On termine pour aujourd'hui avec Tristan:
On reçoit notre Royal cadet, Prince de Savoie, il est né quoi? sous Chirac 2? Grand fan, un peu comme Antonin présent sur les réseaux muratiens, il vient de finir son 2e album réalisé chez Denis Clavaizolle. Voici son hommage à JL:
Perce neige : Autant dire que ce fut un choc et une révélation ! Un choc devant la puissance du texte, devant l'intemporalité et la richesse de la musique, devant la beauté crasse de la voix. Une révélation devant la musicalité des mots, d'une langue qui me paraissait jusqu'alors non adaptée à la musique telle que je l'aimais, telle que je voulais la faire. Tout un tas de certitudes qui furent, en 3 minutes 37 secondes, anéanties. Et ce faisant, ce fut pour moi le début d'un long périple, à la découverte de l'œuvre de Murat. Un périple qui commença avec Il Francese, qui venait de sortir et qui semblait m'aller comme un gant! Puis découvrant Dolorès, Travaux, Tristan, Toboggan, Babel, Venus, j'ai vite compris que son œuvre m'allait comme un incendie ! Bien sûr, depuis j'ai découvert beaucoup d'autres artistes francophones, qui m'ont marqué à leur manière, mais rien de comparable à Murat, rien d'aussi fondamental.
Au lycée je l'écoutais assidûment, je me souviens de moments de pur bonheur passés à écouter ses disques, un bonheur aussi simple qu'indispensable, ce bonheur qui fait de la musique une discipline magique et inexplicable, qui rend les gens heureux, pleins de joie et de lumière ! J'ai grandi avec lui en somme, j'ai appris les bases de la prod en l'écoutant, tout comme j'ai appris à écrire des chansons avec ses disques. J'aurai adoré le voir sortir quelques autres albums, j'aurais aimé, encore et toujours, être bouleversé et impressionné par quelques autres chansons, dont lui seul avait le secret, je pense à Amour n'est pas querelle, Ciné Vox, L'infidèle, Qui est cette fille?, Les ronces, Le môme éternel, La mésange bleue et tant d'autres. Tant pis, je garderai près de moi les 28 albums, les 28 piliers d'une œuvre éternelle, dont je n'ai pas fini de m'inspirer et qui, j'en suis convaincu, rencontrera un jour le succès qu'elle mérite.
La mort d'un artiste est toujours d'une tristesse infinie, mais celle de Murat va bien au-delà, elle laisse en moi un vide terrifiant. J'ai une profonde gratitude pour tout ce que m'a apporté son œuvre, pour la façon dont elle m'a transformée.
Dieu ne pourra pas trouver mieux, c'est donc à nous d'inventer, de créer, d'innover, de veiller à toujours rester libre, pour aller ailleurs, pour proposer autre chose, pour rester artiste à chaque instant, à l'image de Murat, qui assurément était et restera un grand artiste, un génie. Je pourrais en parler des heures, du sens que je donne à ses textes, de son évolution musicale, de son originalité stylistique sans pareil, de ses interviews tantôt brillantes tantôt insupportables, mais je m'arrête là, je vous laisse écouter, réécouter, découvrir son oeuvre et fréquenter un peu la beauté... Peut être qu'un jour j'enregistrerai un album de reprises si je m'en sens capable, en tout cas en tant que jeune musicien j'espère pouvoir continuer à faire vivre un peu son œuvre, ne serait-ce qu'en faisant découvrir ses chansons à ma génération et à celles d'après.
Je lui souhaite bon voyage dans l'au-delà, dans son quartier de lune avec ses habits de fête !”