Puisqu'on parlait de bio.. et d'amitiés, et d'hommage dans les articles précédents (et dans les commentaires) : voici un peu de "pub" pour une bio en cours d'écriture et en souscription (j'avais soumis cette idée de souscription à B. Vignol d'ailleurs...)... Celle des DOGS et de Dominique LABOUBEE...
Murat a dédié "gel et rosée" dans Lilith à Dominique Laboubée et je viens juste de voir que "Tomber sous le charme" le titre de Louise Féron que Murat a repris avait été composé par lui.
Extraits d'interview de Murat:
- Laboubée Dominique (chanteur des Dogs, décédé en 2002) J’ai branché ma guitare en 76 et j’ai vécu pleinement tout le mouvement musical de cette époque. On jouait dans les festivals (avec Clara, ndlr) et j’ai connu la vraie vie de groupe des années 70 en France. Je me souviens très bien que les Dogs avaient la classe, c’était un modèle. J’étais content de rendre hommage à Dominique Laboubée (avec la chanson Gel et rosée sur Lilith, ndlr) parce que c’est un personnage qui a amené quelque chose de supérieur. Dans la manière de se comporter de Bashung, il a un peu de lui. Il a posé un genre, une espèce de dandysme viril, quelque chose de cochranien. Il avait un sens de la beauté et de l’esthétique qui d’un seul coup donnait une dimension artistique à la chose. J’étais très triste de la fin de tout ça. http://www.flux4.eu/Rencontre/jean-louis-murat-poetiquement-incorrect.html
- Le morceau est dédié à Dominique LABOUBEE, le chanteur des « Dogs », récemment décédé. C’est une personne qui t’a marquée ?
C’était un mec bien qui était dans le rock. C’était quelqu’un de vachement important en fait. Il m’a toujours plu. Je connaissais sa nana, j’ai adapté une de ses chansons. « Gel et Rosée », ça ressemble un peu à ce qu’on essayait de faire avec mon 1er groupe « CLARA ». Ses amis et sa famille sont bien contents qu’on pense à lui. Sa fin est tellement triste, ça m’a marqué. Dans le rock Français, il est plus important que Johnny HALLYDAY, c’est ce que je voulais dire.
(Foutraque, 1/10/2003)
- Sur l’album il y a une chanson « Gel et Rosée » à la mémoire de Dominique Laboubée ex-chanteur des Dogs aujourd’hui décédé. Pourquoi cette dédicace? Super bon mec. Il était vraiment sansas. C’est une perte. Pour moi quand j’ai commencé en musique, et dans des groupes a la fin des années 70, dans les années 80, ça a toujours été une référence. J’ai eu l’occasion de travailler sur une de ses chansons. Je connaissais bien sa nana. Enfin bref… Quand on voit comment ça s’est terminé pour lui, on voit bien qu’on est dans un pays de trou du cul. Dominique Laboubée si ça avait été un anglais ou un américain ça aurait été une super stars, une mega stars. Ca fait réfléchir. Cette dédicace ça me remet d’ou je viens, des gens qui m’ont influencé. C’est naturel, c’est bon de témoigner ça. Je sais que ça a touché des gens proches, sa famille. Si ça peut leur donner l’illusion que leur enfant, leur ami, n’est pas passé sur terre pour rien, qu’à un moment précis quelques personnes peuvent continuer a penser a lui. Ca mange pas de pain. Propos recueillis par Simon Pégurier le mardi 23 septembre 2003
Clin d'oeil: Murat jouait à Rouen le jour où la place Dominique Laboubée était inaugurée dans cette même ville. Pur hasard selon ma source.
Je ne résiste pas à l'envie de partager aux retardataires le final du concert des Sables... Avec surprise : Lindeberg (il y a repris goût)! Enchainé au Jour du jaguar...
J'attendais l'article de Fred Hidalgo, l'ancien de Chorus aux côtés de Jean Théfaine, depuis la disparition de ce dernier. Il est arrivé sur son blog hier soir... et il est très émouvant et pudique... Il nous raconte la cérémonie qui a eu lieu en Bretagne, en présence notamment d' Hubert-Felix Thiéfaine et de la guitare et du chant de Dan Ar braz... Et il nous apprend qu'un texte de Jean-Louis Murat a été lu:
"Jean-Louis Murat pour sa part, prévenu par Michel Troadec qui savait les liens de complicité l’unissant à Jean (en particulier depuis que l’auteur-compositeur l’avait reçu chez lui en vue d’un dossier dans Chorus, resté sans équivalent à ce jour), a envoyé un message extrêmement émouvant qui a été lu en public et dont voici la fin : « Jean, tu savais si bien être exigeant et sévère que tu es devenu mon ami. Dorénavant, le meilleur de mon chant portera aussi ton souvenir. »
Je pensais avoir été le premier à avoir informé la maison Bergheaud le dimanche... mais vraiment peu importe. J'espère que nous pourrons avoir communication un jour du texte intégral de Jean-Louis Murat.
Le texte complet de Fred Hidalgo: "Nous savions – IL savait – l’issue inéluctable. On se prenait toutefois à espérer qu’elle serait aussi lointaine et tardive que possible, car notre ami Jean faisait tout pour la repousser et ne montrait rien ou presque de ses inquiétudes quant à lui-même. Mais la Camarde n’a pas voulu patienter davantage : Jean Théfaine est mort samedi 18 août à Rennes, au petit matin, non pas à 4 h 10 comme le chante Hubert-Félix Thiéfaine, son presque homonyme dont il était aussi le biographe, mais une heure plus tôt, à 3.10, heure d’été… Avec ses parents et ses proches, nous l’avons accompagné à sa dernière demeure... http://sicavouschante.over-blog.com/article-jean-thefaine-109356867.html
J'ai toujours un peu de mal à rajouter un article à la suite d'un évenement marquant... mais c'est la vie d'un blog... J'ai toutefois modifié l'article ce matin pour rajouter quelques citations muratiennes à ce parcours photographique. Je les dédie à Jean Théfaine.
Pour mon escapade annuel de deux jours, j'avais choisi un grand classique : à l'entrée de la vallée du Vénéon (Vénosc, La Bérarde- en Isère), la montée vers le refuge de la Muzelle pour débuter, puis exploration à déterminer, puis le lendemain, montée au col du Vallon pour redescendre vers le LAUVITEL: Il pourrait être le plus beau lac des alpes si une ligne à haute tension ne parasitait pas un petit peu le paysage.... et surtout s'il était moins fréquenté, et plus difficile d'accès.
Temps magnifique, pauses photo nombreuses, 2000 mètres de dénivelé positif le samedi... mais regret de n'avoir pas cherché un parcours plus aventureux (même si le passage du Col du Vallon, surtout la descente, n'est pas accessible à tous je pense...).
Enfin, bon, voila de quoi reprendre une nouvelle année avec pleins d'énergie... euh.... Enfin... soit.
Départ 7h30 de Bourg d'Arud 935 mètres.
On les voit tenir le haut du pavé. On les voit sourire, ils nous font gerber. Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas.
sentier pavé vers la Muzelle, un même sentier gravit les deux km vers le Lauvitel.
Les cascades se succèdent... Celle-ci, la plus grande, est visible de Vénosc.
On jure par les saillies du diable Qu'un mal qui épargne les chiens Tuerait les amants en cascade
La ville est juste là : les Deux alpes... et le massif des grandes Rousses (glacier de l'Alpe d'Huez)... Je suis ravi de découvrir d'un autre point de vue ces coins que je connais bien. J'y ai contemplé tellement de fois les montagnes que je gravis...
Les 300 derniers mètres sont rudes... avant le refuge.... A côté, la cabane du berger.... et les moutons qui passent la journée à se dorer au soleil. Fait trop chaud pour brouter (même à 10h du matin). Le Patou me signale que je ne dois pas imaginer un petit méchoui improvisé...
où sommeille la vie égorger de douleur le mouton mettre au rouet sa filasse infantile puis attacher au sapin des bonbons
Après m'être délesté au refuge, j'opte pour la montée au col de la Muzelle.
Le caillou est très chouette...
Reviens ma vêle craintive
Boire cette eau limpide
Je voulais te dire ne pleure pas caillou
Je t'aime
Dernière ombre avant le col....
La Dernière grimpette sur l'ardoise brillante me coupe les jambes... 1690 mètres de dénivelé à avaler faut dire...
Fenêtre sur le Valsenestre d'où arrive un vent assez fort. Un tout petit peu plus loin, le Valgaudémar.... dont arrivent quelques randonneurs réalisant le Tour de l'Oisans (10 jours).
Redescente en flirtant, avec les cristaux et les fleurs, je cherche un edelweiss. J'en trouverai 20 brins... le soir au refuge... parmis un bel ensemble de bouquets séchés qui servent de décoration.
Je me suis requinqué dans la descente.... et je monte derrière le refuge : allez, on optimise la journée... 400 mètres de plus...
Cela vaut le coup... Les points de vue sont célèbres:
mini DENT DE LA RANCUNE
Cheminées de fée (appelation géologique erroné : il s'agit de formations en cargneule polygénique, ce qui est nettement plus poétique et Pierre percée ci-dessous : le chemin passe dessous.
Le sentier continue jusqu'au glacier... mais je stoppe là...
Le serpentin impressionnant, c'est pour demain:
ralentissez le pas pour le pire, pour le meilleur gardez les yeux sur moi pour le pire, pour le meilleur
Un peu froide, je me contente d'un bain de siège : cf mon site surrikazaraï.com...
la paix des étoiles m'a quitté depuis longtemps je ne suis plus qu'un mendiant je parle de moi tous les jours sur tous les tons mais où est passée ma raison ?
Excellent repas au côté d'un auvergnat... de 88 ans... souffrant d'une maladie génétique détruisant les muscles du dos... En le voyant arriver au refuge, je n'en croyais pas mes yeux : il marche véritablement plié en deux... poussé par une passion féroce : celle de faire des sommets! Pas question pour lui de faire un col ou un petit tour! Je n'ose pas le questionner sur le Sancy, où il dit que les randonnées ne dépassent pas les 500 mètres de dénivelé...
L'heure bleue....
Vois, l'eau s'écoule à peine des glaciers fiévreux. Au nord, Kate, fille saine d'une sève bleue. Amour cruel, ah non de dieu
Tant de vibrations de glaciers. Tant la vie demande à jouir
2e jour: Départ à 7h15 du refuge...
Rien de très aérien finalement... Une grosse heure pour monter... et j'attends pour voir le soleil arriver sur le lac...
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts. Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts
Après quelques mètres de descente, on aperçoit rapidement le lac du Lauvitel....
Le premier rayon de soleil sur le lac:
Reflet
Un lac infini et bleu
Dame, c'est ce que vous veut
La plage:
A gauche, réserve intégrale du Lauvitel. accès interdit.
Toutes les infos sur la géologie du coin, notamment les failles...
J'apprends via FB que Jean Théfaine, dont nous avons souvent parlé ici est mort hier. Journaliste musicale, il a fait partie de l'aventure Chorus, dont le spécial Murat (N°41, automne 2002) est un indispensable. Il était un grand fan de l'auvergnat... Il l'avait d'ailleurs revu récemment lors de son concert à Rennes. Il m'avait proposé de lui faire passer mes salutations. Il avait eu la gentillesse de référencer et de parler de mon blog sur le sien très rapidement après que je me sois lancé dans l'aventure "surjeanlouismurat". Je garde surtout en mémoire le fait qu'il ait cité un de mes propos dans sa dernière interview de Murat sur son blog : http://www.surjeanlouismurat.com/article-belle-interview-sur-le-blog-de-jean-thephaine-90601123.html
Le site de Hubert-Felix Thiefaine dont il est le biographe lui rend aussi hommage:
C’est avec tristesse que nous apprenons le décès de Jean Théfaine des suites d’une longue maladie. Nous tenons à lui rendre hommage pour le talent & la générosité dont il a fait preuve dans l’accomplissement de la biographie officielle d’Hubert Félix THIEFAINE & plus généralement dans l’exercice de son métier de journaliste. Nous pensons à sa famille à qui nous transmettons nos plus sincères condoléances.
- Voici une autre interview plus ancienne, dans Chorus, automne-hiver 2003-2004:
JEAN-LOUIS MURAT
Autoportrait instantané
Lors de notre précédente rencontre (pour sa "Chorusgraphie"1),Jean-Louis Murat, auteur-compositeur-interprète singulier et trublion attachant de la famille chanson, venait de sortir Le Moujik et sa femme, et s’apprêtait à entamerune tournée qu’il annulera un peu plus tard pour raisons de santé.
Depuis, notre Auvergnat préféré n’a non seulement pas baissé la garde, mais il a accélérél’allure, comme en témoigne son récent album Lilith2... Commentaires et projets. Formidable album que ce double CD regroupant vingt-trois titres nouveaux, lui-même déclinaison d’un triple vinyle à tirage limité et somptueusement emballé, où l’ordre des chansons... n’est plus le même ! Point fixe avec le marathonien qui soupire, chevelure en pétard, l’œil allumé et le sourire carnassier : "J’aurais voulu sortir un nouvel album en mai 2004. Evidemment, ma maison ne voudra pas. Et ça me fout un peu dans la merde, car j’ai à peu près trois disques d’avance... Du coup, je commence à prendre un décalage dans le temps, je travaille sur des trucs qui ne verront le jour qu’en 2005... Entre autres choses, j’ai en tête, disons à échéance de trois ans, un projet qui devrait être très éclairant. Si j’ai le courage et si je parviens à le mener à son terme, il donnera une vue générale de tout ce que j’ai essayé de faire, depuis vingt ans..."
CHORUS : A un moment, dans le nouvel album Lilith, tu chantes : "Finies les grimaces / On sourit de se voir dans la glace..." Tu as réglé tes problèmes avec toi-même ? JEAN-LOUIS MURAT : [rire] C’est un peu une boutade ! – On ne nous a donc pas changé notre Murat ? – Non ! Ça correspondait à un moment. Et puis ça m’amusait de dire ça. Souvent, les gens pensent que je suis prisonnier d’un style, d’un genre, ou de je ne sais quoi. Mais je peux écrire aussi : "Allez, on sort de sa mélasse, on sourit, on est fier d’être en vie." J’ai aussi beaucoup ce côté-là... La sensation globale que je peux dégager peut être comme ci ou comme ça, ça ne m’empêche pas d’être habité par nombre de sentiments positifs ou offensifs. Je sais très bien qu’il y a toujours un moment où tu ne peux pas passer ton temps à faire la gueule. C’est une autre facette de moi, quoi. Une de plus ! – Trois pages à ton propos et la une pour la sortie de Lilith : le quotidien Libération t’a gâté... – Je te le dis tout de suite : j’ai pas lu. Ça me perturbe trop. Lorsque Laure, ma copine, lit un article qui me concerne, elle ne m’en parle pas... Si elle tombe sur un magazine ou un journal où il y a un truc sur moi, elle déchire la page. Elle planque tout. Elle regarde, mais moi je n’ouvre pas les journaux. Vraiment, je reste étanche à ça. Pour garder un peu de fraîcheur. Et puis je pense que ce n’est pas terrible comme expérience de lire des commentaires sur soi-même... Je ne pense pas que ça soit très sain. – Tu as tout de même lu le dossier que Chorus t’a consacré ? – Je l’ai parcouru en diagonale... un mois et demi ou deux après. Pas sur le coup, quoi. Attention, ce n’est pas un problème de journaliste. Même si tu retranscris exactement ce que je te dis, beaucoup de choses ne seront plus là à la lecture : la présence physique, les gestes, le regard. Si tu veux, ça donne de moi une image projetée... dans laquelle je ne me reconnais pas. En général, cela me file la migraine... Je suis malade deux jours ! Dans l’interview de moi qui est parue dans Chorus, il y a toutes ces choses, par exemple, où j’apparais arrogant. Si, si. Il y a plein de passages où j’ai vraiment l’air d’un petit orgueilleux, d’un mec qui veut absolument être le meilleur... Et du coup, pour les gens qui ne m’aiment guère, je prête le flanc... Je leur file tous les arguments pour me vomir encore un peu plus. A leurs yeux, je suis forcément un prétentieux, une grande gueule, une langue de pute... Alors, lorsque je lis ça, je n’y vois qu’un catalogue de tous mes défauts et cela m’est évidemment insupportable. Parce que je sais bien que je suis aussi autre chose, même si je n’ai pas envie de me présenter seulement avec des qualités. [haussement d’épaules] Je suis comme je suis, que veux-tu ! [soupir] Mais bon, je pense que la moitié, au moins, des lecteurs de Chorus ont dû me détester à travers ce qu’ils ont lu dans ce dossier... – Ce dossier a généré, c’est vrai, pas mal de courrier... – Beaucoup de gens m’en ont parlé, et notamment dans la profession. J’ai été très étonné... Même à Libé, tiens. Parce que Chorus leur sert vraiment de référence. J’ai même fait des interviews en réaction au dossier ! Récemment, TF1 m’a consacré un sujet ; eh bien la nana qui m’interrogeait avait le numéro de Chorus sous les yeux... Pour en revenir aux insultes, j’en ai reçu pas mal aussi à domicile. Notamment à propos d’un truc que je déclarais dans l’interview : "Georges Brassens, m’en fous..." [il siffle] Ouah, tout ce que j’ai lu ou entendu !... Du style : "Pour qui vous prenez-vous, petit merdeux ?" Ce que je voulais simplement dire, c’est que nous, les chanteurs de maintenant, avons déjà tellement à lutter pour exister qu’on ne peut pas toujours être écrasé par l’ombre de nos aînés. Il faut bien qu’on respire, quoi. Sinon, on disparaît. Je ne veux pas passer mon temps à parler de Georges Brassens et de Jacques Brel. C’est comme si eux avaient passé le leur à parler de Tino Rossi qui lui-même n’aurait pas cessé de parler de je ne sais qui avant lui. C’est étouffant, cette histoire... Ma réponse à ta question, c’était plutôt ça : "Laissez-nous vivre." Mais ça a été mal interprété. Pris, une nouvelle fois, comme de l’arrogance. – Retour à l’album Lilith. Côté textes, tu as puisé dans ta malle aux trésors ou c’est du tout neuf ? – Du tout neuf, à 90 %. Je me suis attaqué à l’écriture de cet album le 19 novembre 2002. Le 18, j’avais terminé d’aménager la grange où je travaille. Du lambris partout, avec des demi-arbres au plafond et vue sur les montagnes ! Maintenant, j’ai un vrai lieu où je peux ranger toutes mes grattes, faire de la musique. Plus encore que pour Le Moujik, j’ai travaillé là. Tout seul. Installé dans des conditions de concert, avec la bonne guitare : j’en ai utilisé seize sur ce disque. Après avoir tout calé soigneusement, et sans avoir fait la moindre "démo", je suis passé chez le luthier pour qu’il règle les tirants, les trucs. Une fois arrivé en studio, j’avais tout dans la tête. J’étais archi prêt. On entre cabine et on y va... C’est à ce moment seulement que j’ai réellement découvert comment sonnaient mes chansons... – C’est vrai que, pour une fois, tu as enregistré en studio... – A Davout... Mais l’enregistrement des rythmiques a eu lieu à St-Ouen ; là, ça a été extra. En quatre jours, tout était en boîte... – Pourquoi cette urgence ? – La première prise, il n’y a que ça de vrai. Tout ce qui fait le charme d’une certaine musique anglo-saxonne est là. Dans cette sorte de vigueur, de générosité, de spontanéité. Moi, j’essaie de mettre en place le même genre de processus pour saisir ce petit quelque chose... [il hésite] Déjà, à la troisième prise tu ne l’as plus. Je ne sais pas quel nom ça peut avoir... C’est comme de l’eau entre les mains, quoi. Je fais donc tout pour capter directement cet état de grâce de la première prise. J’espère que c’est encore mieux passé dans Lilith que dans Le Moujik... Prends "On ne peut rien en dire". Il est 10 h du matin. Stéphane, le batteur, que je connais à peine, et Fred arrivent. On s’assied par terre. Je joue la chanson. Je donne le tempo avec mon métronome. Stéphane tape un peu par terre avec ses baguettes. Fred voit rapidement les accords. Pour permettre à l’ingénieur du son de faire ses réglages, on lui fait un truc d’une minute. Il dit : OK, ça roule... Je lui fais : tu prends. Et hop ! C’est la première chanson qu’on a enregistrée. Première prise, tout direct. Le chant, les guitares, tout. On a juste rajouté une voix dessus. Avec les musiciens, on s’est dit souvent depuis : c’est dingue, ce morceau on ne l’a joué qu’une fois ! Bon, ce n’est pas un exploit surhumain : il faut juste tout bien préparer avant. Ne rien laisser au hasard... [rire] Je crois que j’ai trouvé avec Fred et Stéphane mon "power trio", comme on disait à l’époque ! Humainement, surtout. On est vraiment tous les trois sur la même longueur d’ondes. – Lilith existe en CD, mais aussi en vinyle... – Mon idée de départ, c’était de faire un double vinyle. Sauf que je me suis rendu compte que ne ça tenait pas sur un seul CD. De fil en aiguille, je me suis laissé déborder et c’est devenu un triple vinyle... dont le double CD est une réduction. Le vrai disque, c’est le triple vinyle, si tu veux. L’emballage a été conçu pour lui. Laure et moi, on a fait la pochette à la maison et elle est allée à Londres pour surveiller la fabrication de l’objet. – Il y a combien d’exemplaires ? – Très peu. Mille exemplaires. A part quelques disquaires fanatiques, les magasins n’en vendent plus. J’ai vraiment fait ça pour me faire plaisir et pour les gens qui aiment écouter les vinyles.
- Voici enfin, en guise de dernier hommage à sa plume, sa chronique de LILITH:
"JEAN-LOUIS MURAT
LILITH
Son Mustango (1999) au goût américain nous avait ravi ; son hommage à Madame Deshoulières (2001), en duo avec Isabelle Huppert, nous avait séduit ; l’évidence mélodique ainsi que l’urgence du Moujik et sa femme, en 2002, nous avait conquis.
Dans un métier où tout se calcule, une telle productivité est forcément suspecte... Qu’est-ce qu’il nous fait, hein, l’irascible et torrentiel Auvergnat ? Z’allez quand même pas nous faire croire que tout ça est de la pépite certifiée or ? Eh bien si, ladies and gentlemen. Tout ça, ou presque. Du tellement rare, du tellement chic, du tellement épicé, du tellement moite, du tellement tendre, du tellement rageur, du tellement inventif, du tellement peu politiquement correct que, même en cas d’éventuel trou d’air, ça vole toujours plusieurs crans au-dessus de la mêlée chansonnière.
La dernière folie en date de Murat s’appelle Lilith. Vingt-trois titres, tenez vous bien, en un double CD ! Un tsunami (regardez votre dico) musical que certains rapprochent déjà de ce double vinyle légendaire que fut jadis le Blonde on blonde de Dylan. Comme une bombe à fragmentation dont chaque écoute vous secoue un peu plus. Dès les griffures de la guitare saturée, obsédante, introduisant "Les jours du jaguar", on comprend que l’on s’embarque hors piste. Sensation confirmée lorsque tourne et chantourne "A la morte fontaine", ritournelle faussement folk.
Le reste est à l’avenant. Sinuant entre ballades douces-amères et désenchanteresses, rock tendu, rageur ("Lilith", ouvertement inspiré de cet art de l’essentiel que possédaient les Dogs ; "On ne peut rien en dire", un fascinant train fou de sept minutes).
Squatté par une armée des ombres où cohabitent John Lee Hooker, Tony Joe White, Neil Young, mais aussi Rimbaud, Casanova et Nabokov, les courtois troubadours, les princes du libertinage, Murat crache ici le meilleur de ses poisons. Semant dans son océan sonore mille ruisseaux de guitares limpides et de claviers charnels, un bouquet de chœurs féminins, un fêtu d’harmonica enrhumé ("Tant la vie demande à mourir"), la plainte nocturne d’un bugle ("Le mou du chat"), des nappes de cordes moirées (sublime "Se mettre aux anges").
Avec son nouveau lieutenant de confiance, le bassiste suisse Fred Jimenez, c’est – en un mot comme en cent – un chef-d’œuvre que l’insaisissable Murat dépose dans la corbeille de rentrée... Avis aux boosters de tubes : ce double OVNI en a plein ses soutes. Les malentendants seront dénoncés en place publique.
Jean Théfaine"
TOUTES MES CONDOLEANCES AUX PROCHES DE JEAN THEFAINE.
MERCI POUR TOUT JEAN.... Et puisqu'il faut terminer par des chansons, voici celle que Jean-Louis Murat avait mis en ligne en hommage à Anne-Marie Paquotte, autre journaliste ayant soutenu Murat à ses débuts.
Bon retour à vous (Oui, je sais, vous n'êtes pas parti, vous êtes restés sagement à m'attendre devant votre écran... Je vous souhaite donc un bon retour dans le sens que je vous souhaite que mon retour vous soit agréable... Bon... ce n'est pas gagné... si je commence comme ça... et surtout vu l'actualité aoûtienne morne plaine. Donc, je vous le dis tout de suite : pas de nouvelle du nouveau Murat, pas de confirmation du changement de maison de disque. C'est les vacances... et d'ailleurs, je vais prolonger les miennes aussi... na!
Bon, allez, j'ai quand même trouvé cet article posté sur la page FB de Murat concernant le concert des Sables d'olonnes... dont il semble qu'il ait fait débat... surtout via la confrontation avec l'univers de Fersen... Peut-être que Jean-Louis a d'ailleurs opté pour l'accentuer... en forcant sur la guitare électrique... Les amateurs de Murat ont apprécié en tout cas.
Voici donc l'article à lire sur le blog de la Dame... amatrice depuis 20 ans et qui n'avait jamais vu un concert!
Les yeux cernés juqu'au menton, je ne réalise pas vraiment ce qui s'est passé.
Nantes – Les Sables d'Olonne, j'ai vu Jean-Louis Murat en concert ; 20 ans que ce rendez-vous toujours manqué aurait dû avoir lieu ! 20 ans d'admiration pour celui dont les mots parlent de moi, parlent de ses milliers de jumeaux... J'aurais aimé l'entendre me parler de sa vie, je n'ai que ses chansons. Je me dis qu'il a sûrement les réponses aux questions existentielles que je me pose encore.
J'ai marché dans ses pas, au sens propre, je suis allée en auvergne pour savoir d'où venait ce poète troubadour des temps modernes, ce romantique, ce sensible insensé, ce doux rêveur, ce dur déçu, ce tendre carapaçonné.
Je suis allée à Orcival, au Col de la Croix Morand, à Murat-le-Quaire, dont il tire son patronyme et où j'ai visité le muséee de la Toinette, j'ai aussi espéré le croiser à Rochefort-Montagne, mais jamais, jamais je n'étais allée à un concert de mon idole déjantée, ce paysan-chanteur.
J'avais peut-être peur de confronter mes rêves à la la réalité.
Alors ?
Eh bien Murat est génial, Murat est entier, Murat n'est pas une star c'est un artiste... La suite:
... euh, oui, je suis toujours en vacances... Désolé... Alors, même topo : je compte sur vous pour faire le job : MERCI DE FILER AUX COMMENTAIRES ci-dessous! Merci à vous! Et il faut que ça soit précis : une dernière date de tournée, il faut la soigner!
Il faudra sans doute en effet attendre le printemps 2013 pour le revoir!
Bonsoir, je suis en vacances, et je ne sais pas si j'aurai internet... alors j'ai programmé la parution de cet article afin que vous vous geriez comme des grands : A vos commentaires, liens! Merci de vos partages!
Je ne vous vous oublie pas.. Et la preuve que je continue de veiller (même tard le soir)... voici donc une information donnée au conditionnel par le journaliste de l'express Gilles MEDIONI sur twitter :
"JEAN-LOUIS MURAT AURAIT SIGNE CHEZ PIAS"
Les informations données par Jean-Louis Murat étaient donc exactes... Il n'avait donc plus bel et bien de maison de disques... Le nouvel album aura donc convaincu le petit mais costaud PIAS. Dans "l'écurie", on trouve EIFFEL, Agnes OBEL, dEUs, Noel Gallaguer, Miossec... et Lambchop... Ils ont notamment des contrats de distribution avec beaucoup de labels indépendants (libertines, Anthony and the johnsons...) and Florent Marchet.
Et je partage donc avec vous , fidèle à ma ligne éditoriale sinueuse, ce courrier envoyé via la fonction "contact" du blog. Je l'ai mise en forme pour une meilleure lisibilité.
"
COMMUNIQUÉ COMMUN
DE
L'ACC (ASSOCIATION DES CLERMONTOIS EN COLÈRE )
ET DE
LA CRICF (COORDINATION POUR LA REVALORISATION DE L'IMAGE DE CLERMONT-FERRAND)
Marceline De Blatin Secrétaire Générale de l'Association des Clermontois En Colère.
Monsieur,
Nos deux associations qui se sont souvent opposées par le passé (notamment pour savoir s'il aurait été souhaitable qu'Olivier Bianchi, notre adjoint à la Culture, entame un régime Dukan ou si le tramway n'aurait pas gagné à être repeint en jaune et bleu), ont cette fois jugé utile d'unir leurs forces : il est en effet de notre devoir de réagir avec la plus extrême vigueur à la campagne de dénigrement que vous menez actuellement à l'encontre de la ville de Clermont-Ferrand, via votre blog. Par la présente, nous vous demandons instamment de cesser de calomnier notre bonne ville, sous peine de poursuites judiciaires.
Voilà en effet plusieurs semaines, Monsieur, que vous prenez un malin plaisir à répandre à travers les articles que publie votre officine l'idée selon laquelle Clermont-Ferrand serait une ville ennuyeuse. Tout est parti, semble-t-il, d'une ignominieuse chanson écrite il y a trente ans par M. Jean-Louis Bergheaud, qu'un maigre public connaît mieux sous le nom de Jean-Louis Murat. Ce monsieur, à qui l'idée que je me fais de la culture, telle qu'ont su l'incarner avec éclat des figures locales comme Mme Claire Chazal, M. Jean-Luc Petitrenaud et Messieurs Giscard d'Estaing (père et fils), m'empêche d'attribuer le nom d'artiste, se plaît depuis plusieurs années déjà à multiplier les propos malveillants sur notre belle métropole, en s'en prenant à longueur d'interviews à ses habitants, ses étudiants, ses musiciens et en traitant sa mère nourricière, l'industrie MICHELIN, plus bas que terre par un silencieux mépris.
Le comble est que ce triste individu proclame par ailleurs à qui veut bien l'entendre son attachement à l'Auvergne, sans doute dans l'espoir mesquin de s'attirer la sympathie de quelques auditeurs régionalistes. Ainsi, il y aurait la belle Auvergne et l'affreuse Clermont-Ferrand ? Mais que serait l'Auvergne sans Clermont-Ferrand ? Un désert, Monsieur, un désert où survivraient avec peine, dans un dénuement complet, quelques milliers de paysans et autres bovidés et qui ne serait visité que par une poignée de touristes en mal d'exotisme. Mais il est vrai que M. Murat se prend lui-même pour un moujik. Qu'il émigre donc en Sibérie ! Oui, il est temps de l'affirmer avec force : l'Auvergne ne serait rien sans son auguste capitale. Je rappelle que le sieur Murat, quant à lui, est originaire d'une bourgade dont l'énoncé du nom suffirait à faire se gausser la France entière et que ses parents ont sans doute été fort soulagés de pouvoir lui donner la vie en toute sécurité dans l'un de nos formidables hopitaux. Lui-même a d'ailleurs dû être ravi de pouvoir trouver asile dans le quartier Vallières au cours des années 80... Cependant, tant d'ingratitude n'a rien d'étonnant : "Elève des corbeaux et ils te mangeront les yeux !".
Mais la haine de M. Murat pour Clermont-Ferrand ne date malheureusement pas d'hier. Il a en effet commis il y a trente ans une chanson que tous les vrais amateurs de musique avaient pris soin d'ignorer et qu'il a cru bon de rechanter sur scène voilà quelques semaines, au cœur même de notre accueillante cité. Dans cette ritournelle dont le narcissisme n'a d'égal que l'insignifiance, M. Murat se décrit en train de traîner et de s'ennuyer dans les rues de Clermont-Ferrand... alors que sa chanson prouve dans le même temps qu'il y a mille activités possibles dans notre chère ville : on peut y aller au ciné, y donner son sang, y chercher l'amour... (et il omet de dire que nos brocantes regorgent de recueils de poétesses méconnues...).
Non content de ressortir son "œuvre" d'un oubli qui lui convenait parfaitement, M. Bergheaud a poussé la provocation lors de son récital, jusqu'à accompagner celle-ci de commentaires sarcastiques que la politesse m'interdit de reproduire ici. C'en est assez ! Que vous admiriez -sous le couvert de l'anonymat!-, Monsieur Pierrot, un chanteur qui ne doit sa minuscule notoriété qu'à la complaisance ignare d'une poignée de journalistes parisiens qui ne sauraient même pas situer Clermont-Ferrand sur une carte, c'est votre droit. Mais que vous colportiez comme vous le faites depuis des semaines cette idée que Clermont-Ferrand serait une ville où l'on s'ennuierait, qui plus est en produisant même un clip pour cette chanson, les Clermontois ne peuvent le tolérer plus longtemps ! Il est rigoureusement impossible de s'ennuyer à Clermont, il est impossible de s'ennuyer à Ferrand, nous ne connaissons pas l'ennui à Clermont-Ferrand ! Si quelqu'un s'ennuie ici, c'est qu'il l'a décidé !
Apprenez ainsi que notre merveilleuse agglomération accueille en ce moment-même une compétition sportive de dimension internationale, qui n'a certes rien à envier à la manifestation qui se déroulera dans quelques jours à Londres. En effet, Monsieur, Clermont-Ferrand organise ces jours-ci le championnat du monde de billes. Oui, Monsieur, de billes ! L'événement est suffisamment considérable pour que La Montagne lui ait consacré sa une dans son édition du 12 juillet. Pas un article discret en page 7 ou une demi-page dans la rubrique "Sports", non la une. Je vous parle bien de La Montagne, le grand journal régional fondé par Alexandre Varenne qui a été, je vous le rappelle, désigné en 2010 comme le meilleur quotidien français. Et puis, évoquons aussi la place du 1er mai, où se dresse fièrement dans notre ciel actuellement, le plus grand toboggan gonflable du monde! Voilà deux exemples assez éloquents, me semble-t-il, pour anéantir les quolibets sous lesquels vous essayez d'ensevelir notre cité si vivante!
Vous avez récemment publié un article dans lequel vous disiez randonner en chantant l'odieuse chanson que j'évoquais plus haut. Et vous avez voulu narguer le bon peuple clermontois avec des photos de votre excursion. Mais sachez, Monsieur, que les Clermontois n'ont que faire des images des montagnes qui entourent votre patelin. Ils s'enorgueillissent au contraire de vivre dans une ville en travaux, une ville où l'on bâtit, une ville où l'on bétonne. Oui, à Clermont, nous bétonnons et nous en sommes fiers !
Pour terminer, je me dois de rappeler certaines réalités qui pourraient avoir échappé à des lecteurs de votre blog qui auraient naïvement accordé leur crédit à la contre-publicité scandaleuse que vous nous faites.
Je vous précise donc que Clermont-Ferrand, aux couleurs chatoyantes de gris et noir, est une ville jeune et dynamique, dont le cœur palpite au rythme de l'incessante activité des dizaines de milliers d'étudiants qui y résident. Parmi ceux-ci, nous nous flattons de compter nombre d'étudiants chinois venus trouver dans la cité arverne les connaissances et la culture qui leur permettront ensuite d'insuffler à leur petit pays un dynamisme comparable à celui de notre ville.
Clermont-Ferrand est aussi une future métropole européenne à taille humaine, un carrefour des civilisations où viendra bientôt s'arrêter le Train à Grande Vitesse... Et je ne vous parle pas du Panoramique des Dômes, merveille technologique qui, contrairement à ce que laissent entendre certaines rumeurs malveillantes, fonctionne très bien et permet désormais à des centaines de milliers de touristes d'admirer la magnificence de notre ville, sans avoir à se salir les pieds en traversant d'inutiles et fangeux pâturages.
Tant d'attraits ne sont pas dus au hasard. Notre ville est en effet administrée avec talent, imagination et exemplarité par une majorité municipale socialiste, donc normale. Une équipe conduite avec fougue et panache par un maire lui aussi dynamique et normal qui va sur ses soixante-dix-sept printemps.
Enfin, Monsieur, comment ne pas vous rappeler à vous qui vous targuez d'être mélomane, que Clermont-Ferrand est la capitale française du rock n' roll, une ville qui regorge de jeunes groupes autrement plus talentueux que le misérable et médisant saltimbanque si cher à votre cœur, une ville dont les rues vibrent au son d'hymnes à la liberté et à l'hédonisme chantés par nos jeunes enfants dans la langue de Shakespeare.
Non, Monsieur, n'en déplaise au sieur Murat, Clermont-Ferrand n'est pas une ville où l'on traîne et où l'on s'ennuie. Clermont est une ville rock et l'on y joue aux billes. Qu'on se le dise !
Marceline De Blatin
Secrétaire Générale de l'Association des Clermontois En Colère.
Je ferme là les guillements : " .
ET VOICI MA REPONSE :
Madame, sachez que la muranitude est un combat... parfois contre soi-même... mais souvent contre son père fondateur... et son rejet de Clermont fait bien sûr partie des éléments difficiles à vivre. De Koloko en koloko, nous aimons Clermont... même oui, notre credo, notre confiteor est bien :
je suis heureux ça c'est montagne amoureux ça c'est la montagne tu peux au mieux être rivale tu peux au mieux dans tout cet attirail
Et nous aimons bien nous faire du mal... comme lui nous en fait parfois... Alors, voici quelques uns de ses propos sur Clermont (j'en rajoute pour vous faciliter vos démarches judiciaires).
Je réouvre des guillements, Murat speaking : "
- la petite ville, pour moi, c'était La Bourboule. j'étais toujours avec mon grand-père, on voyait trois bœufs par jour. L'école, aller en ville, c'était une vraie terreur. Après, il y a eu Clermont-Ferrand. Mes parents s'en souviennent très bien: j'ai toujours été malade pour aller à Clermont-Ferrand. j'ai toujours tout fait pour ne pas y aller. On s'arrêtait tous les dix kilomètres, j'étais malade en voiture, j'y restais couché tant qu'on était dans la ville. Depuis, j'ai la haine des citadins. Je vois chaque citadin comme un déserteur. Je leur souhaite le pire. Que toutes les villes soient rasées, qu'il ne reste absolument plus rien. Déjà, avec les filles, ça ne marchait pas du tout. Elles trouvaient toujours que je sentais la bouse de vache. Je me retrouvais toujours en marge. Même dans la classe. Toujours celui qui pue. Surtout à partir du mois d'avril, autour des vacances de Pâques, j'amenais du fumier, j'avais des pièces pour charger un tombereau chez les voisins. Et dans cette petite ville de La Bourboule, mille huit cents habitants, j'étais toujours en marge. Je les déteste tous encore. Tous. Je n'y fous jamais les pieds. Jamais je ne pourrai vivre avec une fille de la ville.
-Mais en ville, c'est une catastrophe. En ville, la vie n'existe plus. A part regarder les filles, il n'y a rien d'autre, quelques sourires, quelques regards, une démarche ou une silhouette. Sinon, une torture.
- Rien des noirceurs de la pierre clermontoise, cathédrale de lave, irriguée de ruelles aventureuses, avenues Michelin, bancs d'essai des pneus. Le point de passage obligé "pour aller àla capitale, et encore, ce n'est pas facile, le Téoz (nouveau train Corail de la SNCF) est déjà déglingué, quelle honte" (nouveau coup de patte).
-Moi je ne suis pas Clermontois. Pour nous à La Bourboule, Clermont, c'est Versailles. On déteste. C'est un peu l'émergence de la musique des bobos clermontois.
Ce n'est que quelques citations trouvées en quelques minutes...
Madame, Clermont, pour nous, muratiens, c'est la fête, les retrouvailles... mais pour lui, c'est le divorce, l'exode, la traversée du désert... et dans le coeur d'un enfant, et dans celui d'un adulte jamais apaisé, c'est un passif trop lourd...
Deux choses encore: - vous me menacez, Madame, mais si j'entends encore parler de vous... sachez que je diffuserais le titre "Clermont" des RANCHEROS dans le monde entier!
- vous vous plaignez des propos sur Clermont, estimez-vous heureuse de n'être point pas parisienne!
Allez, pour rappel... Le petit clip que vous évoquez... tourné un dimanche matin, dans les rues bien mortes de Clermont!
le paysage de ma précédente randonnée... Vallon de Marcieu, et le Col de Bellefond tout au fond.. J'y retourne....
Une belle harde... J'avance doucement...
Mais j'ai quelques remords... Je me demande si ce petit n'a pas perdu sa maman... La "saison" est néanmoins bien avancée, il est déjà costaud... et va vite retrouver le reste de la troupe.
Le fou du Manti... ou un crododile-cerf?
3 rando-alpinistes dans les falaises....
Pas pas là que les troupeaux peuvent monter...
Je me demandais pas où ils montaient... Ci-dessous... au prix d'une installation assez conséquente... et de barrières solides
Mais point de troupeaux en ce début juillet sur le vallon... Ne recoit-il plus de bêtes?
Voilà ma fin de parcours pour moi... J'ai atteint la zone que j'avais parcouru lors de la précédente randonnée... Je redescends sur le vallon... pour retraverser le bois ci-dessous..
Un regard sur le chemin aller : les crêtes...
belle faille...
De retour sur l'alpage de la dame...
Aux Varvats, Le crique de Saint-Même... et sa cascade supérieure....
Allez, c'est fini l'Isère... jusqu'au 17/18 août... direction l'OISANS...