La catégorie d'articles "Bibliographie" est consacrée aux œuvres imprimées dans lesquelles il est question de Jean-Louis Murat.
L'inter-ViOUS ET MURAT- n°21 était consacrée à Franck Courtès, photographe devenu écrivain. Il publiait un roman ("sur une partie majeure de la France") avec comme épigraphe un vers de Murat. Il s'avérait qu'il avait à deux occasions photographié le chanteur et il m'a fait l'honneur d'autoriser la publication de photos inédites. Il nous a conté cette rencontre à Orcival, puis à New-York.
Aujourd'hui, il publie son nouveau livre toujours chez Lattès, et toujours en s'appuyant sur une matière autobiographique. Cette fois-ci, de front... pour évoquer ses souvenirs et tourments de photographe. Côté souvenirs: beaucoup d'anecdotes autour de rencontres (sans que cela tourne aux Who's who et à l'anecdote druckerienne)... dont celle avec Jean-Louis Murat: Les quelques pages ne nous apprennent pas beaucoup plus que notre interview, mais on y retrouve joliment transmis l'amitié que Franck porte au chanteur. Vous pourrez lire tout ceci en fin d'article.
Franck nous parle aussi, entre autres, d'acteurs (Tom Hanks...), de politiques (Bérégovoy...), d'écrivains, de musiciens, de footballeurs (Evra qui ne connaissait pas du tout la ville de Manchester pour laquelle il jouait...), des bonnes surprises... comme des mauvaises (parfois d'un stricte point de vue des 5 minutes que le modèle accorde au photographe, mais "Je n'avais pas toujours besoin de lire un auteur pour savoir de lui l'essentiel. Souvent l'oeuvre venait après coup confirmer ce que j'avais ressenti dans l'instant partagé de la prise de vue") .
Toutefois, le cœur du livre est bien les tourments du photographe. La faute aux photos? Non.
Des tourments tels qu'il pensera souffrir de dépression. Face au travail de commandes, face aux portraiturés qui ne jouent pas le jeu, le joue trop, face à la peur du manque d'inspiration, quand l'autre s'en fout ou quand l'autre l'impressionne trop (Raymond Depardon...), et encore, face à l'effet médiatique (le festival de Cannes, ou l'écart entre l'impression laissée par un homme et les réactions que sa représentation en photo va susciter - Michel Polnareff ou Jean-Marie Le Pen), face à l'émergence du numérique, de la dictature de la photo et sa désacralisation dans le même temps, face à la crainte du procès qui empêche de poser son regard où on le souhaite, face aux impayés, ou enfin, l'impression de survoler les gens, les pays "voyagés" sans les appréhender vraiment: "je me rendis compte que j'étais allé en Amérique du Nord 24 fois en deux ans. Pourtant, je ne connaissais rien aux Etats-Unis". La dernière "humiliation", ça sera Joey Starr et un footballeur... Franck comprend qu'il est arrivé "au bout de sa passion" "comme on se rend compte [...] qu'on ne vieillira pas avec la femme de sa vie". Prises de vue, prises de tête. Débrancher la prise pour libérer non pas seulement l'esthète, mais son être dans son ensemble.
Bien sûr, il est aussi question de "l’état de grâce" quand tout se combine, et Franck arrive à lever un peu le mystère sur ce qui fait la magie d'une photo, en nous parlant de ces moments de complicité qu'il arrivait à instaurer parfois, ou en évoquant la technique autour de l'argentique (comme une contrainte libératoire, "l'envie d'en découdre", notamment avec la lumière: "le réglage de mon appareil était la première chose à laquelle je pensais en me levant" [en se précipitant à la fenêtre]). Ainsi, le lecteur aura bien souvent envie de stopper la lecture pour aller à la recherche des prises de vue qui viennent d'être évoquées.
C'est souvent sérieux, mais jamais prétentieux : Franck y reste toujours d'une grande modestie: quand il parle de ses travaux plus personnels (refusés à l'édition), ou quand il évoque, par exemple, son inculture : "je fus bientôt à même de tenir une conversation avec Philippe Sollers et Régis Debray, à condition qu'on parlât avec le premier des vins de Bordeaux et avec le second du mauvais état de ses rideaux de salle à manger", ou nous compte quelques bévues (sa rencontre avec P. Barouh dont il ne connait pas le nom: "des succès? Alors peut-être que si vous m'en chantonnez un, je le reconnaitrai").
Les dernières pages du livre sont consacrées à sa conversion vers l'écriture, qui est marquée par "l'ancrage", le "rester"(notamment dans un cadre villageois", et l'introspection... L'occasion bien-sûr de comprendre une nouvelle fois ce qui le relie à l’œuvre de Jean-Louis Murat.
"La dernière photo" est l’œuvre la moins romanesque de Franck, mais est passionnante pour les amateurs de photo, et pour ceux qui ont aimé ses précédents livres, qui dévoilaient d'autres aspects de sa vie. Franck en a-t-il fini avec cette matière très personnelle dont il s'est inspiré pour l'instant? On comprend en tout cas à la lecture que ce livre était forcement un préalable avant de pouvoir totalement passer à autre chose.
- A relire (avec d'autres photos, copyright Franck Courtès/agence Vu'):
Auteur, compositeur et interprète, Jean‐Louis Murat est un artiste complet, brillant aussi bien par la subtilité de ses textes que par ses arrangements musicaux. Avec tenacité, il a su séduire un public toujours plus large et continuellement surpris par son univers. L'Auvergnat reste fidèle à lui-même et continue d'expérimenter sans cesse de nouveaux styles (acoustique, électronique, classique, pop,…). À découvrir ou re-découvrir sur scène : les 10 et 11 décembre au Café de la Danse, Paris.
9e et 10e rendez-vous au Café de la Danse donc, après deux dates pour Mustango et 6 pour A bird on a poire (2004). 61e et 62e concerts parisiens...
Après Montpellier, la Belgique, voici donc une date à NANTES, à la bouche d'air, salle déjà plusieurs fois occupée par le passé. Cela sera le 9 octobre. Je commence à m'inquiéter car je ne serai pas dispo du 7 au 14, et ça risque d'être la période où il traversera ma région...
On peut signaler que le site internet a été mise à jour : Il signale qu'il y aura une tournée cet automne.
Pour revenir sur l'article précédent, voici un reportage sur la web radio de la coopé par PILS l'émission culturelle de F3 Clermont. La page mentionne que Murat y fera des playlists. Je compte sur vous pour surveiller ça là: http://www.lacoope.org/
Plusieurs articles évoquent jean-louis Murat notamment Quai baco,
Faut dire, voici ce que déclarait Nicolas: "Quant à Murat, j’ai mis très longtemps à l’écouter, du fait qu’il soit une sorte d’icône pour la critique lui aussi, ce qui est un peu encombrant. Et j’ai commencé à vraiment l’écouter avec Mustango, et je n’en décroche plus. Ce mec est, lui-aussi, immense" (ici interview où il dit se sentir plus près de... Bertrand Betsch)
Les premiers titres de l'album sont vraiment accrocheurs, et on apprécie forcement de retrouver de la pop soignée en français.
La coopérative de mai lance sa radio, en écoute sur son site et sur internet.
Des contributeurs participent aux choix musicaux... et forcement, Didier Veillault a fait appel à Murat...
Voici ces choix musicaux:
• MYKKI BLANCO - Loner • KENDRICK LAMAR - Good kid • JUNIOR KIMBROUGH - You better run • GIL SCOTT HERON - Lady Day and John Coltrane • ERYKAH BADU - Kiss me on my neck • EDDIE KENDRICKS - Boogie down
En écoute ci-dessous...
PS: le site internet officiel a été mise à jour: il mentionne "TOURNEE EN AUTOMNE"
Allez, puisque ces photos (prises lors de petits tours en vtt) s'y prêtent, j'ai pioché quelques vers de Murat pour les accompagner... Mai donne envie de poésie (et d'aimer) .... et puisque le soleil a disparu aujourd'hui (il a même neigé à Orcival), sans vouloir faire le rival, réchauffons nous de ces mots et photos mis bout à bout...
Il y a une petite surprise en fin d'article pour les plus jeunes d'entre-nous (ceux qui n'étaient pas là en 2009)....
Photos de mai et les mots de mai de Murat
Ame fervente Tout à ton sport De quoi veux-tu jouir Avant l'aurore
Citron volage Monde amoché De quel désir Veux-tu me faire le procès
Tu sais tu me dégoûtes Billy Tu n'es vraiment qu'un con Billy Prends garde à tes façons Billy Billy prends garde à toi
Vois je ne t'aime plus Billy Sans regret ni façon Billy Prends garde à tes façons Billy Billy prends garde à toi
Le pissenlit coquelicot Tous enfin chantonnèrent A demi-mot
Citron volage Monde amoché De quel désir Veux-tu me faire le procès
Le pissenlit coquelicot Tous enfin chantonnèrent A demi-mot
Le pissenlit coquelicot Tous enfin chantonnèrent A demi-mot
Tout est humeur et pissenlits
Dans le pays le pays d'ici
Le fromage et la fourmi
Se sont connus tout petits
Déjà dans les pissenlits
Ils se montraient leurs zizis
Le fromage et la fourmi
Hé matez sur le coeur La renoncule dorée La tendresse le physique Haut les cœurs V'là la vie
Des quasars des prairies Un vent solaire sur les hanches Puisatier galaxies Quinze milliards dans le ventre
Emotions tardives, nous sommes en mai
Emotions tardives, mois du bien aimé
Emotions tardives, pour le roi de cœur
Emotions tardives
Marche les nuits de mai
Quand les lilas
Envahissent le monde
Le corps apprivoisé
Pensée sauvages, dompte venin
Impatiente, mouron des oiseaux
Digitale, myosotis, verge d'or, épervière commune
Puis petite pluie de mai Rend tout le monde très gai Mai en bonne boue Fait bel épi en août Dans un mai fol et gracieux Tout mariage est malheureux Le beau mois d'avril Défait ce qui me plaît
joli moiS de mai
Joli, joli mois de mai...
L'amour nous rend belles,
Belles à désirer
L'amour ensorcelle quand revient le mois de mai
L'amour dit "je t'aime"
Sans fâcher les cœurs
L'amour naturel revient cueillir la fleur
Roulent sous sa langue
Les bijoux indiscrets
Et je à jure l'amour d'être toujours son sujet
Résonnent les chants
Chantent les journées
Je jure à l'amour, je jure de toujours aimer
Joli, joli mois de mai...
Courir l'aiguillon
Courir la beauté
Joie dans sa nature nous combe de qualité
Cœur reste toi même
Dans les sentiments
C'est l'instinct cruel qui fait la joie des amants
Mourir de plaisir
Sans s'en excuser
L'amour nous rend belles, l'amour est un faux danger
Paradis de joie
Sans dire ni penser
Sans plus de tourment femme fait ce qu'il te plait
Replié sur mon ordi par cause de pluie, voici quelques croquis dénichés sur l'appli Twitter. Ce n'est pas autant récent. Même pas du tout du neuf car l'archive est de 2009. Juillet, Jean-Louis y était, atrabilaire, pour la promo du Cours Ordinaire... en interview croisée avec Vanot, un dévoué poto. Mais j'en arrête là, car je dois aller aux fourneaux, et je garde mes frusques de mirliton.
Les croquis sont de David Scrima. J'avais déjà partagé l'article de la revue 3 Couleurs en 2010 ici. Des nombreux autres dessins de chanteurs et artistes sont visibles sur son site:
On peut voir ses dessins dans Télérama de temps et temps et en vrai à la Galerie Isabelle Laverny jusqu'à fin mai (Paris). David Scrima a participé en tant que guitariste chanteur à certaines soirées Livre Unplugged organisées par l'ami Pierre K.
Voici ci-dessous le dessin finalement publié dans l'article:
LE LIEN EN PLUS
Guillaume Bongiraud des DELANO ORCHESTRA, orfèvres de Babel, donne de ses nouvelles:
"Il y a tout juste un an, nous sommes partis avec Morgane Imbeaud dans 8 lieux magnifiques du Puy-De-Dôme, afin d'enregistrer mon album acoustique solo, "Murmuration". En voici le premier titre, "Nuit de sable", qui accompagne les superbes images de Morgane"[Imbeaud].
L'intégration de la vidéo ici n'est pas possible et c'est bien dommage car elle n'a été partagée que sur facebook. Voici le lien... et une petite surprise attend les muratiens.... puisque la chapelle Roche Charles est visitée. Il s'agit bien sûr du lieu où Murat y a enregistré son "plein air".
Ps: J'ai oublié de signaler que Matt Low jouait hier à Paris avec Garciaphone à l'Olympic Café.... Désolé. Désolé également: il était possible de rencontrer le réalisateur du clip "french lynx" Jean-François Spricigo le 6 mai à Paris. Quelques informations sur son travail ici.
Pour rappel: Alain Bonnefont continue de se produire régulièrement sur Clermont (prochaine date le 15 mai au caveau des anges à 19 heures).
- Comme prévu, voici des nouvelles dates pour la tournée d'automne 2018 de Jean-Louis Murat, après celle de Montpeller, et cela tombe sur la Belgique:
1) Retour au Botanique, le 13/12 à Bruxelles. J'ai eu la chance de le voir dans cette salle en 2015. Mon compte-rendu le lendemain, il jouait à Mons. Compte-rendu.
Pour l'instant, il n'y a aucune info sur le contenu du nouvel album (on sait juste qu'il est invité dans un festival autour de la guitare à Montpellier... ce qui est une information de taille vu le dernier album).
Il croisera donc sans doute le photographe Goldo (Dominique Houcmant) auteur de cette magnifique photo:
- Joie donc pour nos amis belges... mais aussi tristesse: j'apprends la mort de Maurane ce matin à 57 ans dans son appartement... alors qu'elle avait annoncé son retour.
« Tu vas hurler mais pour moi, c'est Maurane qui chante le mieux en France... »
« Mise en place, justesse, articulation, c'est une championne. Je ne la connais pas cette dame mais je fais ici une demande officielle pour lui écrire un disque.
Dans Magic!, quelques temps plus tard, il reparlait de son idée d'écrire un album entier à une femme (disant que les femmes trouvaient cela trop macho peut-être... il l'a proposé à Camille, à F. Hardy, essayé avec J. Cherhal dit-il...), mais cela n'a pas abouti. Pour Maurane, on ne sait pas s'il y a eu des contacts. Si ce n'est pas le cas, j'avoue mon incompréhension. Maurane était peut-être une immense chanteuse, mais comme Patricia Kaas, elle semblait dans l'incapacité de faire des choix artistiques très réussies, que ce soit vers le succès populaire ou critique... Dommage. Dommage...
On l'avait déjà évoqué... et voilà, c'est confirmé: Jean-Louis Murat sera en tournée cet automne. Des billets sont déjà en vente pour une première date: à Montpellier, le 11/10/2018... Cela sera dans le cadre du festival international de la guitare! On n'imagine donc qu'il ne défendra donc pas le "travaux sur la n89" qui l'avait vu délaisser l'instrument.
Je ne sais pas si c'est un si bel hommage à un photographe professionnel que cela de partager mes photos amateurs et automatiques ... mais il avait l'amabilité de les liker parfois sur fb.
DANYEL MASSACRIER, Clermontois, amoureux de sa ville et de l'Auvergne, est mort d'une longue maladie contre laquelle il se battait avec courage et dignité, et toujours avec sa bonne humeur et son sourire. Il avait repris cette phrase sur un de ses sites : "La photographie est à la portée du dernier des imbéciles. Elle s'apprend en une heure, ce qui ne s'apprend pas, c'est le sentiment."
Je ne l'ai pas fréquenté, et on n'a peu eu l'occasion de le croiser sur le blog, mais c'était un personnage du monde du rock à Clermont. Il n'avait pas son interview dans le livre "Une histoire du rock à Clermont" (article de M à ce sujet) mais l'auteur avait tenu à le remercier en premier dans les dernières pages. Le livre contenait en effet nombre de ses photos, notamment celle du groupe "les sales gosses", le groupe de Dominik Cartier (Clara) et Christophe Adam, dont on détenons un enregistrement avec JL Bergheaud au sax.
Nous avions utilisé les photos de Danyel pour l'article sur Jérôme Pietri. Curieuse coïncidence: c'est ce vendredi qu'"el Diablo" se reformait pour un concert unique au Tremplin... J'imagine que sa mémoire y a été honorée.
Très cher Danyel, combien de discours interminables, combien de remises de médailles ou de chèques, combien de soirées, de concerts, de spectacles, combien de cérémonies officielles, de dépôts de gerbes, de signatures de conventions, combien de conférences de presse, combien de départs de courses, de matchs et rencontres sportives, combien de festivals, sur combien d'événements qui concernent cette cité avons nous été en ta compagnie. Les couloirs de l'hôtel de ville, les coulisses de l'opéra, les maisons de quartier, les cours secrètes du vieux Montferrand, les pelouses des stades, les gymnases, les classes d'écoles, les gradins du stadium, la fosse de la Coopérative de Mai, les fauteuils de la Maison de la culture, les pavés centenaires, les fontaines et les places de la capitale, tant de lieux que tu connaissais par coeur et que nous avons foulé à tes côtés. Hier, nous étions sous le choc à l'annonce de ta disparition soudaine. Aujourd'hui, nous, les photographes de La Montagne, nous souhaitions te rendre un dernier hommage. Te dire un dernier merci. Cette silhouette, avec un air leger et un peu détaché, mais pourvu d'un regard affûté et professionnel, restera figée dans nos viseurs. Il restera le souvenir d'un photographe humble, jamais avare de partager un point de vue ou de nous laisser une petite place à ses côtés pour déclencher ensemble. Nous souhaitions adresser toutes nos condoléances à tes enfants, ta famille et tes amis. Très cher Danyel, tu nous a quitté bien vite, mais ces souvenirs resteront sur les premières pages de nos albums de photographies. Danyel Massacrier
Une petite séquence où il parle d'une de ses photos (magnifique):
Et bien, voilà, encore un article "nécro" à faire. "C'est comme ça, c'est la vie", les naissances... et les morts... Mais c'est plus facile de traiter des morts (Quel plaisir à la nécro mais le bien est monotone), y'a plus de matière. J'improvise, je dis des conneries. C'est une sorte d'hommage... parce que Jacques, il en aura dit un peu quand même (notamment au concert auquel j'ai assisté en 2013, j'ai gardé peu de souvenirs de 1999 à Fourvière, si ce n'est d'avoir bien ri).
J'avais écrit quelques autres commentaires personnels... mais pour une fois, je me suis relu... et j'ai effacé... mais pour rajouter un autre hommage à l'hommage, je me suis décidé à vous proposer une petite devinette en cours d'article (je la publierai en début de soirée si ma connexion internet me le permet ce soir)...
Passons directement à l'exercice habituel: le couple "Higelin-Murat"... qu'est-ce qu'on peut en dire?
Il me semble qu'on n'a pas vu souvent les deux noms associés, même si dans la revue "chansons" (mars-avril 83), Jean-Paul Lambert chroniquant le Ep "Murat" le rapproche de Manset, Bashung (classique) mais aussi de Higelin, Couture et Capdevielle.... Auparavant, en 76, Bergheaud ne le cite pas dans l'article sur la chanson française qu'il signe et ne sauve que Manset et Ferré (Irradié et BBH75 étaient donc déjà sortis). Le fait est que Higelin, malgré le blues, les rythmes africains, est née de la rive gauche, de Vian et de Trenet, et de Chevalier, et de Mai 68... Murat a plus de mal avec cet héritage. Côté texte, français tous les deux assumés et revendiqués, je ne vais pas tenter de comparer leurs deux arts poétiques, mais Higelin est sans doute plus dans "la déclamation" alors que Murat est dans "l'intimité" et le susurrement.
1) En commun dans leur parcours : Claude Dejacques, dont je vous ai parlé régulièrement. Dans son autobiographie (un vendeur la propose à 400 euros sur la fnac.com) dont j'avais déjà mise en ligne les pages consacrées à Higelin, on découvre la vie de bohème que menait Jacques à l'époque...et le rôle important que Dejacques a eu au moment de BBH75. C'est ce dernier sans doute qui l’amènera à travailler avec Michel Zacha, que Higelin cite ainsi sur la pochette de 1982 "merci à l'artiste Michel Zacha célèbre musicologue et accoucheur des cas désespérés". Cette année-là, Zacha travaille en studio avec Murat pour son premier disque. L'histoire A relire ici. La collaboration aura été moins heureuse.
Voici de nouveau les pages consacrées à Higelin dans "piégée? la chanson":
Claude Dejacques qui s'est battu pour que son travail de direction artistique sur les disques soit crédité figure sur la pochette de BBh75, comme sur le Murat 82 (le site officiel donne toujours des informations erronées sur ce disque).
A noter que Zacha, avec les mêmes musiciens que ceux qui ont travaillés sur le Murat 82, a aussi travaillé avec Elisabeth Wiener, avec laquelle Higelin a beaucoup chanté.
Higelin à Hérouville.
2) Une autre personne aura croisé leur chemin: Nicole Bouchard. Celle-ci qui est citée nommément dans l'inédit "Québec" de Murat ( Comme le dit Nicole Bouchard. Si tu veux retrouver le pays de tes ancêtres. Viens donc à Québec) a écrit un post "public" sur fb très touchant sur Higelin et je me permets donc de le reproduire:
Ha mon Jacko! Qu’est-ce qu’on s’aimait tous les deux!
Higelin est l’artiste français avec lequel j’ai le plus travaillé et c’est assurément celui avec lequel j’ai le plus rigolé de toute ma carrière.
Je l’ai rencontré au début octobre 1994 pour la sortie de son album « Aux héros de la voltige ». Je l’avais invité à faire une tournée de promotion et un lancement de presse au Foufounes Électriques le 7 octobre 1994, très exactement le jour où on les avait fermées pour six mois. Sylvain Lafrenière y était. Quand j’ai appris la descente de police le matin même et que je lui en ai parlé, il m’a dit : «Mais c’est là qu’il faut qu’on soit! On y va quand même et je vais parler aux médias de ça.» Les deux photos sur lesquelles je suis dans ses bras, c’était aux Foufounes ce jour-là. Il était comme ça, ne reculant devant rien, et je l’aimais pour ça.
Son spectacle l’été suivant au Théâtre Maisonneuve lors des Francofolies de Montréal est passé à l’histoire. La veille, il était arrivé en ville directement de l’île de Gorée en Afrique avec une tête de déterré. Il avait bourlingué sa vie. La conférence de presse fut glauque. Pascale Pontereau s’en souviendra. Quelle horrible photo le lendemain dans Le Devoir. Toujours est-il que ce soir de concert, insatisfait de ses musiciens, il est sorti de piste et a pris la liberté de faire de son show une véritable pièce de théâtre (plus jeune, Higelin était promis à une très grande carrière d’acteur). Ceux qui y étaient s’en souviendront comme d’un moment unique et complètement déjanté, mais quelle prestation! Le tout s’est terminé aux petites heures, Higelin et Pagliaro au piano au resto Le Continental sur St-Denis. Au Festival d’été de Québec, le même été, 20 000 personnes devant la scène du parlement qui chantent « Mona Lisa Klaxon » et « Champagne » à tue-tête et la régie qui menace de couper le son parce que le Jacko déborde le couvre-feu. Il m’appelait « la belle Nicole dans sa petite robe noire ». Il m’a offert beaucoup de cadeaux et disait : « Tu fais partie de mon harem! », en rigolant bien sûr. Parce que mon Jacko n’a jamais été grossier avec moi. Jamais! On s’adorait. Je l’ai revu plusieurs fois en France au Printemps de Bourges, dans les conventions EMI et une toute dernière fois, au Théâtre du Palais Royal à Paris en 2003. Il était venu voir Yann Perreau sur mon invitation. On s’est reparlé une dernière fois au téléphone peu de temps après. Il ne m’avait pas oubliée, et moi non plus évidemment.
Je vous épargne toutes les petites anecdotes et fous rires que nous avons eus. Il y en a trop. Mais lui et moi, on s’attrapait les ailes et on volait ensemble. Je te souhaite bonne voltige, mon héros. Mon Jacko.
La belle Nicole dans sa petite robe noire
Passons à du plus anecdotique... Si vous trouvez encore d'autres éléments (il y en a sûrement), n'hésitez pas à commenter.
3) Alors que nous écoutions Murat et les Delano le matin pour les 50 ans d'inter, l'après-midi à Paris, Higelin chantait avec Camille pour la même occasion. Celle-ci que Murat a contribué à faire connaitre, a été vue plus souvent avec Higelin ensuite.
4) Johnny Lee Hooker: J'ai entendu que Higelin l'avait beaucoup écouté... C'est également le cas de Murat... mais lui a porté ses valises.
5) Des bêtes télévisuels: J'ai en mémoire la curieuse invitation de Higelin par Cavada à une "marche du siècle" spéciale, et Higelin déclarant: "ma femme m'a dit: "mais tu ne vas fumer avant d'aller chez Cavada...". Ça ne l'a pas dérangé... et il était bien survolté. On l'imagine un peu plus gentil avec ses camarades que Murat, mais il avait aussi un côté ours, pas forcement toujours à l'aise avec le public, ou capable de se mettre en colère contre ses musiciens ou les techniciens (ça a pu être le cas de Murat aussi).
6) Murat/Higelin: 20 minutes les convoquait tous les deux en 2013, après qu'ils aient été tous les deux sans maison de disque.
7) Ils se sont peut-être croisés lors des Francofolies du Canada de 2010 et 2014 à La Rochelle... mais Murat était dans les plus petites salles. Ils ont joué aussi tous les deux au Palais idéal du Facteur Cheval.
8) Murat a été l'invité de R. Burger "dans sa vallée" des Vosges pour un concert. Higelin a connu ses derniers "souffles" d'artiste là-bas... et avec l'aide précieuse du vosgien.
9) Higelin a une filmographie important comme acteur, celle de Murat sera de toute évidence limité à deux (Izia a tourné elle aussi avec J.Doillon récemment).
"Il est un peu comme un modèle, un mentor, un fantasme. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté étant ado. Je n'avais jamais imaginé chanter avec lui." La première rencontre a lieu il y a trois ans, elle est en première partie d'un de ses concerts. "Un moment très doux et très fort ! J'ai ensuite osé le rappeler pour lui proposer un duo". Je voudrais dormir est présent sur l'album. "J'avais tout prévu dans ma tête, c'était très précis et lui a été très à l'écoute, il a respecté ma chanson".
"Il est un peu comme un modèle, un mentor, un fantasme. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté étant ado. Je n'avais jamais imaginé chanter avec lui." La première rencontre a lieu il y a trois ans, elle est en première partie d'un de ses concerts. "Un moment très doux et très fort ! J'ai ensuite osé le rappeler pour lui proposer un duo". Je voudrais dormir est présent sur l'album. "J'avais tout prévu dans ma tête, c'était très précis et lui a été très à l'écoute, il a respecté ma chanson".
"Il est un peu comme un modèle, un mentor, un fantasme. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté étant ado. Je n'avais jamais imaginé chanter avec lui." La première rencontre a lieu il y a trois ans, elle est en première partie d'un de ses concerts. "Un moment très doux et très fort ! J'ai ensuite osé le rappeler pour lui proposer un duo". Je voudrais dormir est présent sur l'album. "J'avais tout prévu dans ma tête, c'était très précis et lui a été très à l'écoute, il a respecté ma chanson".
"Il est un peu comme un modèle, un mentor, un fantasme. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté étant ado. Je n'avais jamais imaginé chanter avec lui." La première rencontre a lieu il y a trois ans, elle est en première partie d'un de ses concerts. "Un moment très doux et très fort ! J'ai ensuite osé le rappeler pour lui proposer un duo". Je voudrais dormir est présent sur l'album. "J'avais tout prévu dans ma tête, c'était très précis et lui a été très à l'écoute, il a respecté ma chanson".
"Il est un peu comme un modèle, un mentor, un fantasme. C'est quelqu'un que j'ai beaucoup écouté étant ado. Je n'avais jamais imaginé chanter avec lui." La première rencontre a lieu il y a trois ans, elle est en première partie d'un de ses concerts. "Un moment très doux et très fort ! J'ai ensuite osé le rappeler pour lui proposer un duo". Je voudrais dormir est présent sur l'album. "J'avais tout prévu dans ma tête, c'était très précis et lui a été très à l'écoute, il a respecté ma chanson".
10) Dans les interviewés sur le blog, Jeanne Cherhal considère Higelin comme son mentor, l'artiste qui a suscité sa vocation. Hardy l'apprécie aussi (interview):
- Jean-Louis Murat aime le « vous » , il me semble que vous y êtes fidèle aussi dans vos textes… Est-ce que vous auriez d’autres points de comparaison entre vos deux styles ?
F. HARDY: Beaucoup d'auteurs aiment le vouvoiement, ne serait-ce que parce que la sonorité de "vous" est si belle. Serge Gainsbourg l'a pas mal utilisé (- "J'avoue, j'en ai bavé pour vous, mon amour, avant d'avoir eu vent de vous..." - Quelle beauté ! ) Guy Béart aussi : "Ce qu'il y a de bon en vous, c'est vous" dans sa chanson "Vous"… etc… L'une de mes chansons préférées "Cet enfant que je t'avais fait" de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin fait plus fort encore avec le protagoniste masculin qui utilise le tutoiement et la protagoniste féminine qui utilise le vouvoiement (Offrez-moi une cigarette, J'aime la forme de vos mains,Que disiez-vous ? Caressez- moi encore la tête, J'ai tout mon temps jusqu'à demain, Que disiez-vous ?)
Avec Laurent Saligault, nous avions parlé du sacré Micky Finn, qui fut le guitariste d'Higelin.
11) Je n'ai retrouvé qu'une seule citation de Murat évoquant Higelin (interview dans foutraque),
Il n’y avait pas que Air et Jon Spencer à Saint-Malo… Je ne me souviens pas… J’ai regardé et j’ai écouté Dionysos, on dirait les enfants de Ange (en moins bien), mais c’est tout…
Tu n’as jamais écouté Ange ! Si, tu rigoles ? J’ai vu Ange, t’étais pas né ! Il y a un côté Ange chez Dionysos, qui est assez sympa…
Ils ne font pas du rock progressif, ils ne sont pas déguisés… Oui, mais chez eux, il y a une logique comme ça. Ils devraient faire leur prochain disque avec Jacques Higelin. Il y a un côté Higelin qui aurait écouté les punks, ça peut être plaisant (rires)… Un côté Maxime Leforestier qui aurait trop pris d’acide également. Ils sont bizarres ces gars là… mais c’est bien (rires) ! Quand il crawle sur le public, c’est un des grands moments du show. On dirait La piste aux étoiles… ou Intervilles (rires) : on se demande s’il va arriver jusqu’au bout de la salle. On dirait une compétition entre Pontarlier et Lons-le saunier… Dionysos, c’est sûrement le meilleur groupe français (éclats de rires) !
Dyonisos au Vercors Music Festival 2016
12) Je n'ai donc pas retrouvé trace de rencontre directe, mais Jérôme Pietri (le guitariste de Passions Privées) lui a une anecdote (je me permets de la reproduire pour l'Histoire):
"ça devait être en 74 à ... la patinoire, et on leur avait filé notre matos ( ils avaient eu une galère, on revenait de la Côte avec SOS, on avait ouvert pour eux . ( Bertignac et Jean-Pierre Kalfon aux guitares ) Des crèmes, ils avaient fait le matos avec nous, le grand Jacques avait chopé mon baffle Marshall avant que j'ai eu le temps de dire ouf :). Du coup on les avait emmenés au Gaulois (obligé) manger un steak à 1h du mat , super souvenir"[...] Suite de l'histoire, le lendemain, rencart à Gaillard pour casser la croûte, on arrive et... et on voit l’hôtel du Commerce, où ils dormaient, avec plus de fenêtres et le façade toute noire, ils avaient foutu le feu à l'hôtel"
PIETRI avec EL DIABLO sera en concert exceptionnel au TREMPLIN le 20/04. Matthieu en tomberait de sa chaise: malgré une interview fleuve en trois parties , le guitariste ne lui avait pas dit que Murat avait écrit une chanson sur ce groupe ("el diablo t'attend" sous réserve). Jérôme vient de me le signaler. Voilà donc un nouvel inédit de chez inédit à comptabiliser (à moins qu'à la Christophe Pie, il m'ait fait une blague...).
13) Allez, je vous propose une devinette... Vous étiez nombreux à l'attendre après la précédente édition suscitée par M. Si vous vous arrachez bien les cheveux, le gagnant aura un petit cadeau: un CD promo d'un artiste restant à définir.
Il faut bien-sûr trouver ce qui peut constituer le 13e point de cet article, avec l'ensemble de la phrase "traduite" ou expliquée.
Tombé O: Mené par la barbe, du fond des océans au col, l'autre a fait la route inverse. De l'astre mort frappeur, en passant au niveau moins 1 avec l'aide de celle qui est toujours l'Ex.
j'ignore si c'est difficile ou pas...
14) Ferré: Murat a été choisi par le fils Ferré pour l'album "Charles et léo"... mais Higelin a participé à plusieurs hommages à Ferré.
15) Pour finir, et avant mes vidéos de 2013 d'un concert à Bourgoin dont j'avais parlé ici, un petit commentaire: Higelin avait de toute évidence pris une nouvelle dimension ces derniers temps, peut-être plus cité comme référence par les jeunes artistes. Je pense qu'il n'avait pas tout-à-fait cet aura-là il y a encore quelques années. Réévaluation de son œuvre? prime à l'ancienneté? Je ne sais pas. Prenons pour étayer mon propos le livre de B. Vignol "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaitre par coeur"(2013)... Ce classement a été établi en demandant à 276 chanteurs leurs 10 chansons préférées. Une seule d'Higelin, cité par 5 chanteurs, figure au classement ("champagne", "parc montsouris" ayant été citée elle 4 fois). 10 chansons différentes de Higelin ont été données... loin derrière pour citer les contemporains Souchon (29), Bashung (25), Brigitte Fontaine (17!! ça peut paraitre étonnant), Renaud (19), Dominique A, Hardy (16)... Manset et Murat ont eux été citées avec 14 chansons. Assurément, ce même exercice donnerait une plus grande place à Higelin s'il était refait ce jour...
LE LIEN EN PLUS
En octobre, Colloque internationale sur "chanter les poètes"... Murat est cité dans la présentation