Hors-Murat N°3: Jérome PIETRI: Suite... et never ending fishin'

Publié le 7 Juillet 2014

Voilà enfin la 3e partie de l'interview de Jérôme PIETRI  centrée sur son dernier album.  Murat reste présent... avec une anecdote... et  via le blues... dont Jérôme, comme Murat, parle si bien.  
Dans la  première partie "Jérôme Pietri, 64 ans, édudiant", il  était question de  son parcours, notamment dans SOS, groupe culte auvergnat (à lire ici). La deuxième nous plongeait dans son travail et ses relations avec Jean-Louis Murat, si bien que je lui ai accordé le label "inter-ViOUS ET MURAT" ("comme un loup sur la voie lactée", à lire là). 

Un grand merci à lui et à Matthieu, l'intervieweur.
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JP3 Coope

 


Priez pour nous, pauvres pêcheurs

 

     C'est sur le son d'une batterie pesante et grave que s'ouvre Gone Fishin', avant qu'une voix hargneuse n'entame un hymne individualiste, claironnant son mépris de l'argent-roi. Une quarantaine de minutes plus tard, le disque s'achève dans le dépouillement d'un morceau joué à la guitare National, peinture d'un monde au devenir incertain, moins « global » que « létal ». De pêche, il ne sera donc question sur cet album que dans le titre et la pochette. Pour le reste, son contenu consisterait plutôt en une énumération amère des raisons de s'en aller. Pêcher, justement. John D. VOELKER, Testament d'un pêcheur à la mouche: « Je pêche parce que, dans un monde où les hommes semblent pour la plupart passer leur vie à faire des choses qu’ils détestent, la pêche est pour moi à la fois une inépuisable source de joie et un petit acte de rébellion ; parce que les truites ne mentent ni ne trichent et qu’elles ne se laissent pas acheter ni corrompre ni impressionner par une quelconque démonstration de pouvoir : on ne les gagne qu’à force de qutude, dhumilité et de patience infinie ». La corruption, le mensonge surtout, ceux des politiciens comme ceux des médias, font en effet partie des thèmes de l'album. Ils accompagnent, dans la liste des maux qui donnent au chanteur l'envie de sortir sa canne – ou son fusil, selon l'humeur –, le triomphe de la finance, la marche folle de la mondialisation, l'épuisement professionnel ou les ravages de la pollution. Cette dernière thématique – écologiste – trouve à s'exprimer sur « Like A Chained Dog », belle réussite dans un registre mélancoolique qui reste minoritaire sur un album par ailleurs pêchu et composé d'une bonne moitié de titres entraînants, aux refrains accrocheurs, aux riffs joueurs, produisant un blues-rock bousculé par l'usage des fameuses « home made guitars » que Pietri manie en maître. De cette série de tubes potentiels, on retiendra notamment « The Trader », chanson âpre et mordante, autoportrait d'un roi de la finance au cynisme parfaitement assumé. D'une simple rime – « Cos' it's all for business / Yes I confess » –, le tandem Bourdier/Pietri nous rappelle qu'historiquement, la confession a toujours été liée à l'économie – que l'on songe à la notion de « rachat » des péchés ou à la pratique des indulgences –, mais nous renvoie simultanément à l'actualité la plus brûlante, celle d'un Cahuzac piteux venant révéler sur une chaîne d'information continue sa « part d'ombre », étrange métaphore pour un compte en Suisse... Ce serait donc précisément pour échapper à ce genre d'ombre que Pietri s'en irait, bleus à l'âme et cœur turquoise, taquiner d'autres ombres, à écailles celles-ci. Avant de le laisser go fishin' sur la Dordogne, l'Allier ou, beaucoup plus au nord, sur la Suir (en photo au dos du livret), écoutons-le une dernière fois évoquer pour   www.surjeanlouismurat.com son travail sur ce nouveau disque...

 
JP3 Pochette

 

Si Pietri est avant tout connu et reconnu comme instrumentiste, cela ne signifie pas que Gone Fishin' soit un album de guitariste.

 

Je me suis attaché aux chansons d'abord et c'est la première fois que je m'implique dans l'écriture des textes. Moi, c'était la voix et une guitare. J'écoutais – avec un truc vraiment hyper dépouillé – et il fallait que ça le fasse. Après, le reste, comme je commence à avoir un peu de métier, en toute modestie, j'imaginais « les fleurs au balcon » que je pourrais mettre. Mais il fallait d'abord avoir les fondations. J'ai pas chiadé des solos de guitare, à mon grand désespoir, la plupart des solos qu'il y a sur l'album sont improvisés. J'ai tout fait en 4 jours à Utrecht, donc les chiens ont pas pissé sur les cordes de guitare.

 

Dans la promotion du disque, le musicien met en avant ses instruments faits maison, des guitares bidons. Mais au-delà du côté pittoresque, ce choix semble correspondre à une vraie recherche esthétique.

 

J'ai utilisé beaucoup de  guitares bidons, des trucs dépouillés sur lesquels j'ai flashé y a 4-5 ans. Donc, comme je me retrouvais avec des instruments sommaires sur lesquels il y avait que deux notes et trois sons, au lieu d'utiliser les gros clichés du blues, j'ai cherché des doigtés et c'est difficile, parce que que de notes ! Alors j'ai passé vachement de temps, mais l'intérêt, c'est qu'à la sortie, ce que j'ai trouvé, ça sonnait différemment et qu'il y avait une couleur, c'est ce qui m'intéressait. J'ai toujours l'incorrigible prétention de vouloir faire de la musique, ça j'y peux rien, je changerai jamais.

 JP3 Guitare bidon


L'album peut se ranger dans la catégorie blues-rock. Une étiquette à la fois large et floue, qui recouvre ici une démarche cohérente.

 

J'adore le blues des années 30, ça me met les poils ce style-là. Avec les bidons, j'ai essayé de garder ce blues des années 30-40, mais avec plus le « versant africain », où y a qu'un seul accord, même pas les trois, avec des gens que j'ai découverts comme Junior Kimbrough, R. L. Burnside, John Lee Hooker (le plus connu), qui jouent même pas les trois accords, ils restent sur le un, parce qu'ils sont plus près de l'Afrique. Et ça dégage une espèce de magie, je trouve pas les mots, une espèce de transe hypnotique, je trouve qu'il y a un groove et un climat terribles. Et alors après, ça c'est mon vécu, j'ai incorporé à ce truc-là des riffs rock n' roll, qui viennent du blues d'ailleurs – y a plein de riffs dans le blues –, et des mélodies, parce que j'aime les mélodies et qu'il me semble que pour qu'il y ait une bonne chanson, il faut qu'il y ait une bonne mélodie. Et dans ce style parfois, certains trucs, c'est un peu monocorde et si y a pas une mélodie ou un truc qui se passe, ça peut engendrer une certaine lassitude à force. Alors que moi, j'adore qu'il se passe des choses. Le blues, pour moi, ça doit être basé sur les nuances, si y a pas de nuances, c'est pas du blues. Ça doit pouvoir être très fort, plein la gueule, ça doit te coller contre le mur et pas fort du tout. Et puis aussi, très rapide, très lent. Beaucoup de notes, peu de notes...

 

   

Pietri n'a cependant pas toujours été sensible à ce blues primitif qui, lorsqu'il l'a découvert dans sa jeunesse, dans la foulée des groupes de rock qui s'y référaient, lui semblait sonner faux...

   


Bizarrement, j'aimais pas les vieux bluesmen noirs à l'époque. Je ne sais pas pourquoi, quand c'est faux, je ne supporte pas, même de très peu, quand c'est faux et pas en place, ça me procure une douleur quasiment physique qui me donne envie de me barrer, comme la craie au tableau. J'ai réécouté, mais des années après, peut-être 20 ans plus tard, où j'étais arrivé, grâce à Murat certainement un peu, à passer le cap du guitariste. Et donc, j'ai réécouté en essayant de faire abstraction des petites imperfections guitaristiques et évidemment, j'ai été séduit par tout le reste qui était le plus important. Aujourd'hui, comme j'ai essayé de travailler tous les styles de blues – je dis bien « essayé » – celui qui me touche le plus émotionnellement, c'est celui des années 30, années 30-40, parce que c'était l'époque la plus dure qu'ils aient vécue – je parle des plus anciens témoignages discographiques qu'on puisse avoir, avant ça devait être encore pire. Leur vie ne tenait qu'à un fil, ils avaient des vies abominables. On voit bien que la vie la plus tragique du plus emblématique de nos pop-stars du rock n' roll, c'est un roman à l'eau de rose à côté, c'est de la rigolade.

 
JP3 Influences

Interpréter ce style, pratiqué à l'origine par des musiciens qui étaient tous d'excellents chanteurs, exige une implication vocale qui n'a rien d'évident pour quelqu'un qui s'est mis à chanter sur le tard. Mais il faut reconnaître que Pietri a progressé dans ce domaine : son chant, plus nuancé que sur son premier album, se fait ici tantôt hargneux, tantôt plaintif et presque fragile.

 

Je suis pas un grand chanteur, j'ai beaucoup progressé en 2 ans. J'ai beaucoup travaillé le chant, parce que j'ai chanté mes chansons tous les jours, en m'enregistrant, donc y a pas photo, ça fonctionne. Je l'ai fait pour la guitare et je vois pas pourquoi il aurait pu en être autrement pour la voix, sauf que c'est un boulot que j'avais jamais fait. Au baloche, des fois on me demandait de chanter des trucs, ça me faisait chier parce que j'étais très complexé par ma voix. Ça va beaucoup mieux maintenant, j'y prends du plaisir grâce au travail. Je m'éclate maintenant à chanter.

 

Qui dit chant dit textes. Cette partie est a priori celle qui, en tant qu'auditeur, touche le moins Pietri.

 

Bien que j'aie été en lettres, j'ai jamais été attiré par la littérature. Par la musique, oui. C'est la musique qui me fait bander. Je suis sensible à l'écriture quand je lis des choses bien écrites, je suis sensible au fond, à la forme certaines fois, mais vachement moins qu'à la musique. Je ne sais pas pourquoi, c'est la sensibilité de chaque être humain, on est tous différents. Donc moi, c'est vrai que c'est la musique qui me fait vibrer en premier, bien que je considère nullement que ce que tu racontes soit superflu.

 

Et en effet, les textes de Gone fishin', co-écrits avec Laurent Bourdier (organisateur du Buis Blues Festival, dont la prochaine édition aura lieu fin août en Limousin), ne sont ni bâclés, ni négligeables, loin s'en faut.

 

Bien que je chante en anglais, j'ai pas eu envie de chanter des gros clichetons à la con, comme c'est souvent le cas dans le blues. C'est la première fois que je signe des textes grâce à mon Lolo Bourdier du Buis Blues. On a co-écrit, j'ai trouvé la moitié des titres, « King-Kong on Cocaïne », « Little man », tout ça, et pas mal de refrains, parce que c'est vachement important pour avoir un truc cohérent de trouver en même temps les mots, la mélodie et l'harmonie, c'est ça qui fait les chansons les plus fortes.

 
JP3 Auteur-realisateur

À l'exception d'un titre sentimental, pas le meilleur du disque, ces textes sont, comme on l'a vu, très engagés et virulents. Entre chansons d'amour et chansons de révolte, Pietri a donc choisi son camp.

 

Les chansons d'amour, je déteste ça, parce que c'est d'une banalité affligeante. En plus, je trouve qu'il faut être complètement impudique. Moi, je peux pas, je peux pas parler de mes histoires d'amour, ça va pas non, y a que moi que ça regarde.

 

Et dans ce domaine aussi, on retrouve chez le musicien la volonté de pourfendre certaines idées reçues.

 

Le clicheton du blues le plus connu et rigolo, c'est « I woke up this morning, my baby was gone », alors je vais pas chanter ça. Les Français qui chantent ça en français, c'est à mourir de rire, c'est ridicule et pathétique. Y a une image, en France, du blues, qui est très réductrice et très péjorative, c'est un vieux Noir qui chante des truc tristes, chiants à mourir et ringards. C'est pas vrai ! Il faut pas oublier que B. B. King, qui sait à peu près de quoi il parle, s'est insurgé entre autres contre cette définition inexacte et puis stupide du blues et il a dit : « Il ne faut pas oublier que le blues, c'est aussi un cri de révolte et de colère contre l'injustice et l'oppression ». Donc moi, c'est cette définition que j'aime, les chansons d'amour, je m'en tape ! 

 

Révolte et colère, donc, contre un monde et une époque qui donnent au musicien... le blues.

 

Je suis vraiment horrifié par ce qu'est devenu le monde aujourd'hui, à tous les niveaux. Ça a dépassé mes cauchemars les plus fous, vraiment, sincèrement. Je me suis calmé avec l'âge, mais j'ai un côté où je suis révolté par des tas de choses que je vois. Quand je vois les grandes puissances financières de ce monde qui détruisent cette putain de planète en pleine connaissance de cause...

 

Au point de trouver des points communs entre l'époque des bluesmen du Delta et la nôtre...

 

À l'époque, la vie était très dure pour eux, ils étaient traités vraiment comme de la merde et la vie humaine n'avait pas d'importance. Bah je trouve qu'aujourd'hui, paradoxalement, en même temps que l'évolution de la technologie, y a eu une régression de l'humanité et un triomphe de la barbarie. Comme avait dit Philippe Val quand il était encore rédac' chef de Charlie, avant qu'il merde, il avait dit qu'on assistait impuissants à la marche triomphale de la barbarie économique.

 

La pêche apparaît alors comme une réaction de rejet de ce monde. D'où le titre de l'album.

 

Le « Gone Fishin' », c'est un peu « Fuck you ». À part  le rapport que j'ai avec la pêche, la mouche et le blues, qui sont plus qu'une façon de jouer et qu'une façon de pêcher, qui sont aussi des philosophies et des façons de concevoir la vie, avec pas mal de points communs, bah c'est un peu : « Je supporte plus ce monde, vous me faites chier, gone fishin' ». C'est ça l'histoire, sauf que c'est dit de façon plus gentille. C'est aussi une psychothérapie, ça m'évite de devenir fou. Quand j'y vais pas, je suis mal, ça me manque.

J'ai une chanson qui s'appelle « Fishing Day », mais j'ai pas eu le temps de l'enregistrer, j'étais pas content, mais ça va viendre, elle sera sur le prochain.

 

Le titre serait donc une sorte de bras d'honneur adressé à la société. Mais pas seulement. Il semblerait bien que pêche et musique entretiennent une réelle proximité.

 

Ce sont deux domaines qui t'apprennent l'humilité, la patience et le travail, parce que ce sont deux domaines dans lesquels tu dois posséder un minimum de technique pour t'exprimer et qui t'enseignent l'humilité, parce qu'un jour – mais ce ne sont pas malheureusement ces jours les plus fréquents –, un jour tu vas connaître une belle réussite et tu vas te dire : « Super, t'as bien réussi aujourd'hui, mon pote » et le lendemain, tu vas te ramasser la gueule, tu vas te dire : « Putain, mon pote, t'as encore du boulot ».

 
JP3 Jerome pecheur

La pêche, c'est aussi l'enfance, puisque Pietri l'a découverte pendant des vacances chez son grand-père, meunier au Trador (sur la commune de Laqueuille). Vers dix ans, comme la guitare.

 

Je fais pas clairement la différence entre les cannes et les guitares. J'ai toujours des bagnoles de merde, parce que je m'en fous, mais j'ai des belles cannes et des belles guitares. 

 

Mais sur ce sujet également, la colère l'emporte sur la nostalgie, au souvenir du ruisseau où, gamin, il pêchait des truites.

 

Quand j'y retourne, toute la nature a été détruite par ce putain de remembrement. Là, maintenant, ça ressemble à rien, la végétation qu'il y avait avant a disparu, faut aller beaucoup plus haut pour la retrouver. Et le ruisseau, c'est plus qu'une rigole polluée. Donc j'peux plus y aller, parce que j'ai envie de me bourrer la gueule jusqu'à ce que mort s'ensuive. Comme disait un mec, il aura suffi de trois générations d'ignorants avides pour détruire nos belles rivières intactes d'avant-guerre. Catastrophique...

 

Les préoccupations écologiques de certains textes ne sont donc pas de la part du chanteur une tentative d'appliquer le greenwashing au blues. Plutôt la conséquence d'un émerveillement initial. Accentué par la pêche, activité qui l'a obligé à ouvrir plus grand ses yeux.

 

Il a fallu que je découvre la faune et la flore des rivières, les invertébrés aquatiques et donc, j'ai halluciné quand j'ai découvert ça. D'ailleurs, Jean-Louis [Murat] se foutait de ma gueule, parce que quand on est partis en tournée, je découvrais ça et donc je regardais, chaque fois qu'on passait au-dessus d'un pont, il me disait : « Tu regardes si ça gobe ?» et je disais : « Eh oui ». Et quand j'ai découvert la vie qu'il pouvait y avoir dans 10 cm3 d'eau (non-polluée évidement, c'est rien de le dire), j'ai halluciné, ça m'a fait le même effet que si j'étais allé sur la planète Mars !

 

Et le chanteur de poursuivre sur une description détaillée de la vie de l'éphémère, depuis sa naissance jusqu'à sa mort...

De Laqueuille à Baltimore, la distance semble loin et l'on pourrait dès lors trouver surprenante la présence sur le disque d'une reprise de « Way Down In The Hole », morceau-générique de la série The Wire , dont il existe déjà plusieurs versions. Mais à y réfléchir à deux fois, le monde corrompu, fou et détraqué décrit sur Gone fishin' n'est pas si éloigné du Baltimore représenté par David Simon.

 

J'avais une dernière compo qu'on a jouée à la Coopé, qui s'appelle « Big Brother Boogie ». Je l'avais terminée, elle était faite, mais je voyais pas comment faire tourner ça tout seul. J'ai préféré la garder pour la faire avec les musiciens. Et je voulais qu'il y ait dix chansons, donc j'ai cherché ce cover, j'ai adoré cette putain de chanson. Je voulais faire un truc que je pouvais faire tourner tout seul. J'adore la chanson et la série, les deux. Finalement, j'ai fait une version entre celle de Steve Earle et celle de Tom Waits, en gros.

 

« Fishing day », « Big Brother Boogie », Pietri aurait donc des chansons en réserve.

 

J'ai de nouvelles chansons en train, j'en ai pas mal, j'en ai 5 ou 6 et cette fois-ci, je les ferai avec les potes musiciens, parce que j'ai envie et que ça commence à me manquer quand même. Et je retournerai enregistrer chez Erik Spanjers, parce que ça s'est tellement bien passé que là, je voudrais bien voir ce que ça donnerait en jouant en vrai, en live, avec des musiciens. Là, ça va chier des bulles. Et puis, on est très potes maintenant.

 

Et par quel moyen croyez-vous qu'un Hollandais et un Auvergnat, tous deux passionnés de blues, aient pu devenir amis ?

 

Je lui avais amené un Saint-Nectaire, il a adoré, il m'a dit « Ouaaaahhh... je vais t'amener du vieux Dutch !». Donc, les journées d'enregistrement, on s'amenait un casse-dalle au stud' (à part un soir où on a été dans un super resto, à la fin, pour fêter le truc), on casse-dallait, c'était boulot, boulot à fond. Y avait un petit coin cuisine dans son stud' et donc c'était fromage à fond. C'était Saint-nec' et vieux Dutch qu'il m'avait amené pour me faire goûter, on se faisait découvrir mutuellement nos produits laitiers, hollandais et auvergnats.

 

Saint-Nectaire... Gouda... What else ?

 

 

M.

 

 

     Gone Fishin' peut être acheté sur les sites de vente en ligne habituels. Le premier album de Jérôme Pietri, Little blues story, dont quelques extraits figurent sur soundcloud , est encore disponible via son site personnel, où l'on trouvera aussi toutes les dates de sa tournée : jéromepietri.eu

On peut également suivre l'actualité de l'artiste sur sa page Facebook : jéromepietri blues

 


     Les trois parties de ce dossier consacré à Jérôme Pietri ont été réalisées à partir d'un long entretien qu'il nous a accordé le 2 mai 2014. Le contenu de cette conversation, monté et organisé par nos soins afin de le présenter sous sa forme définitive, a été enregistré sur un dictaphone posé en évidence sur la table, au vu et au su des personnes présentes. Ce qui est bien la moindre des choses, entre gens civilisés...

 

JP3 Dictaphone 3

 

Merci Matthieu.. et on se quitte par ton montage vidéo sur Jérome:

 

En rappelant les dates de concert de Jérôme Pietri:

12 JUILLET 2014 / CHARBONNIERE LES VIEILLES (63)

19 JUILLET 2014 / MONTLUCON (03)

31 JUILLET 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

07 AOUT 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

14 AOUT 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

20 AOUT 2014 / SAINT GENEST D’OLT (12)

 

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Commenter cet article

xlew.m 26/07/2014 12:33


Merci pout ta réponse, Matthieu.


J'aime bien les exemples des poètes que tu cites (j'ai les poèmes de B. Peret publiés dans la colection d'Eric Losfeld à la fin des années quatre-vingt, des livres à couverture gauffrée jaune ou
orange dont il fallait découper les pages immaculées grain-de-riz au coupe-papier, à la José Corti.) 


C'est d'ailleurs interessant que tu parles de "spleen", en muratiens orthodoxes nous sommes contraints (çs reste assez doux malgré tout) de penser à Baudelaire et à son poème.


Murat l'a beaucoup commenté Baudelaire, (tu te souviens sûrement de l'émission de France 5 où le Murat du Cours ordinaire des choses était interviewé par le Pépébéat), "Comme un incendie"
pourrait en effet être un blues rougi dans le métal fondu des mots cireux de la bougie posée sur la table d'écriture du poète parisien. Baudelaire n'en pouvait plus de son siècle (comme
Flaubert), pour lui le lien avec le monde était défait, "Tout un monde lointain, absent, presque défunt", disait-il...


Baudelaire écrivait contre le romantisme à la Hugo, créant de toute pièce notre modernité en passant, une chose qui s'est peut-être terminée avec le décès de Breton en 1966.


La position anti-stalinienne de Peret était courageuse à l'époque (le PCF a reigné sur les "Lettres" jusqu'en 1968 et le coup de Prague) mais lui aussi est devenu fatigant à la longue avec ses
stances "bouffe-curé", son anti-libéralisme militant et son trostkisme systémiique.


Qu'est-ce qui explique le sentiment scrupuleusement vachard de JLM au sujet du surréalisme en général (un truc de poseurs bourgeois, en gros pour lui) et de A. Breton en particulier ? Si tu as
une idée, je suis tout ouïe.


Baudelaire crée quelque chose (la littérature moderne), et les surréalistes en referment le cercle, à la soudure à l'arc,, le premier veille avec le plus grand soin à ne pas se laisser
"politiquer" (c'est son terme, je n'invente pas) par le cours de l'histoire, même s'il ne manque jamais une occasion de metrre une gifle aux ineptes contingences de son temps, les seconds
prennent le contre-pied de la situation baudelairienne, léguée en partie par Rimbaud, et proclament urbi et orbi la condition sine qua-non d'une attitude qu'ils revendiquent naturelle pour chaque
homme (au risque de gifler, cette fois-ci littéralement, les personnes qui contreviendraient.)


Je te rejoins complètement sur les exemples de chanteurs et de titres que tu donnes (ajoutant juste que Villard et Goldman sont justement des faux-amis dans ta démonstration, Hervé fait de la
soupe, et Jean-Jacques fait des soupières, contenu-contenant, les deux font la paire, Hitchcock nous rabâchait qu'il fallait tourner les scènes d'amour comme des scènes de crime, V. et G. ont
fait de la bouillabaisse de ce principe-là, leurs chansons mélangent souvent le corail revendicatif, politique ou amoureux, le plus crasse, avec des vrais bouts de bubble-gum flottant dans la
sauce douce-amère, ils ne sont pas vraiment représentatifs de la belle chanson populaire chantée en français qui ne se compose pas que de daubeurs malins, très endurants à la tâche.)


Pou Renaud, ses chansons-slogans sont peut-être ce qui s'est fait de pire en musique française ('Madame Thatcher' is a piece of bouse), alors qu'il a su faire des choses magnifiques avec une
autre inspiration (ou la force d'un autre travail, L. Cohen dit toujours que l'inspi ne vient qu'à force de boulot remis constamment sur le métier), un écrivain cher à Pierrot vient de sortir un
bouquin illustré de dessins sur lui, la chanson, c'est peut-être comme un dessin justement, il faut que ça en dise plus long qu'un long (ou court) discours, sinon, à quoi bon ?


Est-ce pareil pour la musique, est-ce que les pionniers du blues, repris plus tard par les folkeux héroïques des années de la grande protestaion de la jeunesse (Neil Young en tête) ont vu
eux-aussi la fin de l'art poétique qu'ils avaient initié ?


On peut repenser au "problème" qu'avait eu N. Young lorsqu'il avait sorti sa chanson "Alabama" (très boone d'ailleurs, comme "Ohio", comme quoi, cela peut arriver), les gars du Lynard Skynard
(des 'Démocrates', contrairement à l'idée généralement admise) l'avait épinglé, cela avait donné lieu à un échange de propos par chansons interposées. Autre temps, autre moeurs.


Pourtant, lorsqu'on écoute tous les jeunes groupes qui sortent leur musique aujourd'hui, on est bien forcé de souvent la trouver passionnante, alors même qu'on se rend bien compte de tout ce
qu'elle doit (c'est beaucoup plus que de l'inspiration, c'est de la reprise pure et simple, de la coûture rytmique et mélodique de toute une bibliothèque de sons des années
cinquante-quatre-vingt) aux illustres devanciers.


C'est un truc totalement impossible pour la littérature qui semble tranquillement s'éteindre de son beau passé ces jours-ci.


Je suis ok à ma place ici das la section com, Matthieu, en revanche, je crois que je ne suis pas le seul à espérer bientôt un entretien (retranscrit par l'intermédiaire de ta belle machine, ou
même d'une autre) de toi et Murat, cela aurait une sacrée gueule, mince.


Fais jouer l'entregent de Pierrot.


C'est un ordre.


 

Matthieu 16/07/2014 15:03


   Ah non, Lew, pas toi : tu pourrais fort bien défendre toutes ces belles idées en t'abstenant de ce petit coup de griffe gratuit aux muratiens que tu caricatures en garants du bon
goût...


    Notre désaccord se confirme sur un point : on peut effectivement considérer les artistes que tu cites comme auteurs de blues (ajoutons à ta liste Vilard et son "Capri" tant
aimé par Duras ou bien, dans le sillage de Berger, un Goldman, "Entre gris clair et gris foncé", puisque tu veux du gris...), mais il me semble que l'on dilue alors complètement la notion de
blues - rejoignant ainsi une tendance majeure de notre époque (par exemple : on peut considérer que Manuel Valls est de gauche, mais on dilue alors totalement la notion de gauche, me
semble-t-il...). En fait, tout dépend si l'on appréhende le mot "blues" au sens musical du terme (donc, restreint) ou comme un vague synonyme de "mélancolie" ou de
"spleen", ce qui autorise toutes les extensions conceptuelles (abusives, selon moi).


   Pour le reste, le débat que tu lances entre chansons-pour-faire-la-cour-à-une-femme et chansons-pour-faire-la-révolution, pour reprendre la distinction de JLM, est intéressant et
interminable. Bashung disait que l'enagement, à ses yeux, était avant tout engagement artistique, dans la manière de travailler. Et il est certain qu' "Aucun express" est supérieure à "Touche pas
à mon pote", même si "La nuit je mens" offrirait un bel exemple de synthèse entre love song et political song. Côté Murat, je te rejoindrai pour dire que "Le chemin des poneys"
("Je me levai tôt pour être tôt en ville...") vaut mieux que "Les gonzesses et les pédés". Même si "Comme un incendie", là aussi, pourrait être une synthèse intéressante entre les deux registres.


   Il me semble que nous tournons ici autour de questions (brûlantes) abordées jadis par un Benjamin Péret, militant actif, au crossroad du trotskisme et de l'anarchisme, qui
reprochait dans Le déshonneur des poètes à ses compagnons surréalistes de trahir leur art en le mettant au service d'une cause directement politique. Et il est certain qu'Éluard, par
exemple, l'une de ses cibles, s'est montré plus inspiré dans le genre amoureux (Parfois, je prends ta robe et j'ai tes seins et j'ai ton ventre, Lew) que dans l'oraison funèbre au regretté petit
père des peuples... Ce débat serait interminable, je le répète.


   J'en profite pour préciser tout de même que la photo finale du dictaphone est une idée de moi et que Jérôme Pietri n'y est pour rien. Je n'ai pas voulu exprimer là un antifascisme
d'opérette, mais sauver mon modeste dictaphone (qui me fut bien utile) de la mauvaise image qu'a contribué à lui donner ces derniers mois un certain Patrick B. Aucune volonté de grandiloquence
militante dans ce clin d'oeil. D'ailleurs, comme tu l'auras noté, mon appareil ne kills pas les fascistes, lui, mais se contente de les fucker. "No kill" jusqu'au bout, donc,
même avec les piranhas. En plus, je n'ai rien de personnel contre les fascistes, ma femme de ménage est fasciste...


   C'est toujours un plaisir de discuter le morceau de morue avec toi, Lew. Et je continue à penser que de tous les intervenants qui écrivent commentaires et/ou articles sur ce blog, tu
es le seul à avoir un vrai talent d'écriture (comme il y a de vrais blues), ce qui me fait toujours regretter que tu ne bondisses pas de temps en temps, tel un exocet, en-dehors
des basses eaux des commentaires pour te risquer à proposer un article ou une chronique sur Murat ici-même. C'est pour cela que tu es un salaud, pour nulle autre raison. Bien à toi.


 

xlew.m 12/07/2014 11:40


"Je suis un beau salaud", ça ferait un bon titre de blues, (et résumerait idéalement ma vie.) Malheureusement il ne pourrait prétendre entrer dans les canons du protest-song tels que dessinés par
Woody Guthrie (il était contre le fait qu'un auteur se peigne en loser, en rejet de l'humanité, Woody c'était un gars du 'think positive' avant l'heure.)


Ce que tu dis, Matthieu, du "blues, le vrai", a-t-il toujours été cela, un réservoir à protestations ? Peut-être, je ne suis pas spécialiste de la chose, mais il me semble que les bluesmen
historiques (même LeadBelly ou BL Jefferson) ne crachaient pas sur le pouvoir évocateur d'une chanson d'amour. "Ne me quitte pas" est un blues, oui, sans aucun doute possible, (on peut le trouver
larmoyant, moi j'aime pas trop) tout comme le sont les chansons de beaucoup d'ex-yéyés mashpotatoisés ou pas comme Cocciante, Delpech, Palaprat, Berger, Daho, Sanson (je prends des exemples qui
feront bouillir et sauter les écailles des muratiens historiques, ces merveilleux coelacanthes du bon goût.)


Je ne pense pas que Jérôme Piétri reprenne les choses de la chanson engagée là où les ont laissée des gens comme Renaud ou François Béranger, et il a raison, Manset et Murat nous ont montré
depuis perpètte la trivialité des billevesées qui poussent dans le jardin des délices de la prétendue protest-song, celle qui dénonce et pointe toujours du doigt, en noir & blanc, les
relations qu'entretiennent les humains avec la nature, le monde.


Un peu du gris du nouveau Babel ne fera de mal à personne. "I woke up this morning" est un truc de Mudy Waters et de Blind Lemon qu'ont repris (avec le mordant de l'ironie) à leur compte les
Beatles (cf "A day in the life"), les Rolling Stones et Led Zep, ils en ont tiré des blues fantastiques (Led Zep en dit dix mille fois plus sur la nature de l'homme que l'intégrale de Pete
Seeger), et on saisit plein de choses du monde dans la subtile confession d'un jeune garçon qui tombe en amour pour sa monitrice au Mont-sans-Souci.


"Master of wars" ne fut pas la veine principale de Dylan, on se réveillera toujours le matin, et les musiciens qui disent "les commencements du monde", (ça peut-être simplement le début d'une
journée grise, banale), sont de grands artistes.


 


Non, ce qui m'a bien plus plu dans ton interview, c'est ce que te dis Piétri de l'articulation entre la technique de guitare et celle de la voix.


Est-ce qu'il y a des passerelles entre les deux quand on 'progresse' un peu plus dans l'une, ça, ça intéressera les musiciens, tout ce travail, cette magie (je sais que Murat réfute l'idée) de la
création...


Pourquoi n'écrit-il pas en français ? (pas seulement une question d'hommage à l'Amérique des pionniers du blues à mon avis.)


Il m'a donné l'impression d'être un "Fisher King" de la musique, ça m'a d'ailleurs bien plu, son côté chercheur, sa volonté, sa manière de ne rien lâcher.


Les plus belles peintures des grandes époques chinoises ont quelquefois la pêche pour thème, dans le Tao chinois (une sorte de blues de l'amour extrême oriental si tu veux), le pêcheur est
souvent l'une des figures du sage, le poisson, l'image de la pensée fulgurante. Donc respect pour les pêcheurs-musiciens (et inversement.)


"When I woke up this morning, my baby was a trout" (Histoire vraie, there's something fishy in my life de salaud crocodilien.)


Je sens qu'un jour on aura des protest-singers qui iront porter la bonne nouvelle du no-kill chez les piranhas. Ce jour-là, j'aiguiserai mes oreilles.

Matthieu 10/07/2014 09:44


   Attention ! Attention ! Un CROCRODILE !!!


   Eh ben quoi, Lew, t'aimes pas la nature ? T'es pour la pollution, toi ? Pour la ploutocratie ? À l'époque du Larzac, tu devais être du côté des militaires (tiens, d'ailleurs, où
courent les militaires ?). Et je suis sûr que tu as attendu "la fin de la guerre" pour choisir ton camp... Salaud, va...


   Bon, je ne te sens pas trop receptif au discours écolo-post-baba de notre BB King puydômois, mon cher collègue commentateur. C'est l'ensemble qui te paraît un peu sépia ou tu doutes
de la sincérité du truc ? Je te laisse juge. Ta vanne sur le disque à remettre dans sa pochette avec un peu d'eau emporte tout, je ne peux rien contre ça.


   Je me permets simplement une précision au sujet du blues, ton talent pour la caricature acerbe te conduisant trop loin, forcément. JP n'a pas dit que les bluesmen du Delta ne
chantaient jamais l'amour. Nous parlions lui et moi d'une tendance de certains, en France notamment, à élargir sans fin la définition du blues au point de perdre totalement le sens du mot. En
conséquence de quoi, il suffirait de chanter l'amour triste pour faire du blues ("Ne me quitte pas" devenant alors un blues). JP rappelait que le blues, le vrai, répond à un certain nombre de
critères musicologiques d'une part et qu'il avait aussi une fonction sociale de protestation qu'on ne peut lui retirer sans le dénaturer. Quant à sa détestation affichée des chansons d'amour,
elle est à relativiser, puisqu'il reprenait par exemple sur son précédent disque le traditionnel "Where did you sleep last night", rendu célèbre par Kurt Cobain et qui est, si je ne m'abuse, une
chanson d'amour. Voilà pour le contexte de son propos, je n'ai pas pu tout garder pour des raisons de place.


   Bon, mon petit Lew, tu réserves ta soirée du 14 août, tu emmènes Muse au Vernet la Varenne, tu l'invites à dîner au bord de l'eau et tu te feras une idée de la musique du bonhomme et
de l'authenticité (ou pas) de ses guitares bidons. En plus, au Vernet, le concert aura lieu dans un juke-joint. Un juke-joint dans le 6-3, Lew !!!


   Bises à toi et see you later, Alligator...

xlew.m 09/07/2014 15:29


Ah, voilà une interview qui fleure bon les articles de Rock'nFolk (circa 1975, les voyous ploutocrates de la haute finance internationale, la pollution du Larzac par le complexe
militaro-industriel de l'armée française, les amplis à lampes qui brûlottent au fond du studio, tout y est, seul le "saint-nec" semble avoir remplacé la coco entre les prises de sons analogues,
sinon tout paraît raccordo.) Cela m'a donné envie de réécouter l'oeuvre complète digitalo-remasterisée de Bill Deraime (un autre John Fogerty grand oublié des provinces de la musique française.)
Promis, dès que je finis la lecture du CD, je le remets dans son jus, dans sa pochette, avec un peu d'eau dedans, no frills, no kill. Et puis j'irai terminer la journée dans un booth audiophil 12
où j'irai m'enregistrer fredonnant Les Jours du Jaguar la tête dans un bocal pour retrouver le son inimitable de la voix de nez de Neil.


 


(C'est pas vrai que les bluesmen du Delta ne chantaient pas l'amour, ils ne faisaient même que ça, Robert Johnson, qui devait fuir constamment de dangereux maris cocus, ne parle que de ça en
loucedé dans ses titres, B.B King aussi (I wanna get married), John Lee Hooker, pareil, l'amour étant le principal "healer" des déboires qu'inflige le racisme ordinaire de la société américaine.
J'avais le sentiment que les rivières de France étaient un peu mieux depuis "la fin de la guerre", que la qualité de l'eau s'améliorait, même si les saumons et les truites morflent encore à cause
des barrages. Le problème c'est surtout ce putain de poisson chat qui a envahi pas mal de lacs. Je crois me souvenir que Murat lui-même pratiqua la pêche au lancer ou à la mouche, peut-être même
avant le succès de "Et au milieu coule une rivière", j'ai une interview qui soudain me revient comme ça...La guitare-bidon, c'est une superbe idée, même si Franco Luambo s'en passait très bien.
Vivement vendredi, c'est poisson pour tout le monde, ou bien ?)

Pierrot 09/07/2014 15:33



merci LEw de recentrer le débat sur le blues... qui n'était pas la couleur de robe de M.



Muse 09/07/2014 13:42


Dommage, Matthieu...mais je comprends...des fois que le grand cric le croque not'Pierrot...;-)


Merci pour les précisions supplémentaires pour le concert. Je me mets le numéro sur l'agenda pour appeler et réserver. Pas de facebook pour moi. J'aime pas le fonctionnement. Mais merci pour le
signalement.


Je vais voir aussi pour le dvd que tu signales. Pour le moment je suis en pleines conférences gesticulées sur le sujet et dans les livres de Bernard Lambert, donc je me pencherai sur le dvd en
suivant. Merci. A+

Matthieu 09/07/2014 11:15


   Ah, Oublieux ! Ingrat !


"- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?"


   Ce n'est pas du tout à cela que je faisais allusion... Ces quinze pages sur Aymerigot Marchez que je t'avais envoyées, une petite présentation au début de mon mail, juste pour te
faire sourire. Et toi qui préfères finalement publier ces quelques lignes où il était donc question de Marchez, mais aussi de Marchais (Georges) et de Marchet (Florent), plutôt que l'illisible
dossier sur le brigand médiéval. Ce fut ma première publication, presque par accident, sur ton blog. Et voilà comment on en arrive à pondre des papiers de 20000 signes à moins de 20 like...


   Bah, tu as bien raison, pars retrouver Morgane. Sa robe est noire, ça te fera toujours un souvenir de moi...

Pierrot 09/07/2014 13:44



Ah, oui, je me rappelle, je me souviens... ton premier bide ici!  Et tu persévères encore! Et je t'admire pour ça!        http://www.surjeanlouismurat.com/article-pseudo-histoire-66491413.html



Matthieu 09/07/2014 10:28


   Bon, Muse, je ne rebondis pas sur les coucougnettes de je ne sais qui, ni sur les prunes de Monsieur, parce que le blog risque de se retrouver classé X et Pierrot serait alors privé
des considérables revenus publicitaires qu'il perçoit chaque année...


   En revanche, voici des précisions au sujet des concerts du Vernet. Jérôme y joue chaque été depuis déjà plusieurs années. Ces concerts lui permettent de reprendre son répertoire de
la saison écoulée et de rôder les titres de la saison suivante. Ce sont des concerts gratuits, qui ont lieu dans la buvette du plan d'eau, laquelle est tenue par un vieux pote de Pietri,
producteur du premier album de Too Bad. Il s'agit d'un vrai concert, pas d'un simple boeuf ou de répétitions publiques, mais Pietri joue à quelques mètres seulement des spectateurs-dîneurs. Les
horaires du concert sont assez stricts : 21h00-23h00. Et la réservation est fortement conseillée. Je te donne le numéro de téléphone du lieu : 04-73-71-33-97. Et si tu vas sur la page Facebook de
JP, dans la rubrique Videos, tu pourras regarder un enregistrement réalisé sur place en 2012 (c'est la video qui dure 4'05''). Voilà, j'espère avoir été complet.


   Et à propos du monde paysan, je te recommande le très beau documentaire de Dominique Marchais, Le temps des grâces, sorti en 2009 et disponible en DVD. Je l'avais déjà cité
il y a longtemps dans un commentaire, mais sur ce blog, de toute façon, on peut parler des Marchais, Marchet, Marchez, etc. autant qu'on veut. C'est même ainsi que tout a commencé pour moi. Tu te
souviens, Pierrot ?

Pierrot 09/07/2014 10:38



ah, chabavabada... Tu m'avais démarchet poliment pour le ciné je me rappelle... ce qui avait fait l'objet d'une petite brève. Ah, si j'avais su où cela m'a amené... 


AU fait, personne ne sait si la robe de Morgane se déchire quand on l'ouvre comme une pochette de.. lol?



Muse 08/07/2014 20:21


Merci Matthieu pour la précision. Ca va me permettre d'organiser la journée pour pouvoir aller au concert.


J'ai saisi l'hameçon d'autant mieux que je connais bien les lieux et les gens qui tiennent la boutique.


Hé oui, je suis gourmande mais je suis pas la seule et j'aime bien partager les bonnes adresses. La biscuiterie Landon, c'est un morceau de gourmandise, d'histoire et d'amour, donc
incontournable. Je ne sais pas si tu y es déjà allé, mais y a de quoi écrire tout un roman tellement le lieu, les personnes sont formidables.


Je suis si gourmande que j'ai même fait découvrir à JLM et son staff des confiseries béarnaises quand il est venu à Lescar l'automne dernier. D'ailleurs, faudra que je sache une prochaine fois
s'il repasse dans le secteur, si ça lui a plu ou pas, hormis les appellations qui ont bien fait rire Jocelyne à qui j'ai confié les sachets. Faut dire que c'était un peu provoc (nous avons un
confiseur farceur): y avait des galipettes, des coucougnettes du vert galant  et des tétons de la reine margot...La prochaine fois, je leur prendrai de la favorite du roi, de la confiture de
bisous, des prunes de monsieur et des perles de vignes (de Jurançon bien sûr).


Je sais qu'il y a heureusement des agriculteurs qui commencent à se révolter en Auvergne, j'en rencontre pas mal en Livradois qui se groupent et font du bio, sortent de l'esclavage industriel.
Mais pas les gros céréaliers de la plaine de Limagne. Tu te souviens du sketch de Fernand Raynaud à ce sujet...il était pas tendre avec eux et il avait raison, déjà à l'époque!

Pierrot 09/07/2014 13:52



Alors chers gourmets, voila de quoi contenter Murat, un beau présent : 


http://www.rtl.be/pourlui/article/l-anus-en-chocolat-une-petite-douceur-moulee-sur-un-vrai-posterieur-212695.htm?fb_action_ids=4604915376961&fb_action_types=og.comments


 


Désolé je viens juste de tomber là-dessus... (j'ai pas eu mal)



Matthieu 08/07/2014 16:21


   Merci à toi, Muse, pour ta fidélité (et ton endurance...) tout au long de ce "Dossier Pietri", cela fait très plaisir. Je vois en plus que tu as mordu à mon hameçon, puisque la
référence à la biscuiterie t'était tout particulièrement destinée, je me doutais que tu aurais quelque chose à en dire...


   Oui, il s'agit bien du Vernet La Varenne où Jérôme a déjà joué les étés précédents. Je ne sais en revanche s'il donnera un vrai concert ou seulement un boeuf. Je me renseigne et je
te tiens au courant.


   Quant à ta remarque sur les agriculteurs puydômois, je te rassure : ils sont nombreux dans le département à honnir Limagrain, à oeuvrer au développement d'un réseau favorisant
l'agriculture biologique et les filières courtes et à se reconnaître davantage dans les combats de la Confédération paysanne ou d'un Pierre Rabhi par exemple que dans ceux de la FNSEA.

Muse 08/07/2014 14:48


Ah au fait...la biscuiterie Landon (à côté d'Issoire à St Germain Lembron, pas loin de l'autoroute), c'est une institution et un lieu tout à fait extraordinaire, à l'ancienne. Je le signale pour
celles et ceux qui sont un poil gourmands. S'y prendre quelques biscuits, même sans la boîte, fait partie des petits plaisirs de la vie bien agréables. Contente que Jérôme ait rendu hommage en
musique aux biscuits et au vieux couple de biscuitiers. Je trouve ça très touchant et émouvant.


Concernant l'état des rivières et ruisseaux, je rejoins tout à fait son avis, même s'il y a encore en Auvergne (qui reste encore l'exception comparativement au reste du territoire national), des
sources préservées (notre petite maison en Livradois est alimentée par une source entièrement pure, un bonheur). Bernard Lambert avait tout à fait raison de dénoncer en son temps le remembrement
mais aussi l'agriculture productiviste et industrielle qui a tué le petit paysan et bien sûr son environnement...C'était prévisible. Le plus dingue étant qu'hélas surtout sur la Limagne, aucun
agriculteur malgré ces catastrophes ne remette ni Bruxelles ni la FNSEA ni Limagrain ni les pesticides/insecticides/engrais américains provocateurs de cancers multiples et de ruines en cause dans
l'histoire.

Muse 08/07/2014 13:12


Merci beaucoup Matthieu pour cette fin d'article (je me régale) et les précisions complémentaires au premier article.


Dis, question: le Vernet c'est Vernet la Varenne ou alors un autre coin? Parce que si c'est à Vernet la Varenne son concert, je pourrai y aller le 14 août, en laissant Maïa aux bons soins de son
papa...Merci de me renseigner si tu as deux minutes.