Publié le 10 Janvier 2018

 

Oui, j'ai laissé passer quelques semaines avant, quand même!, de vous parler de notre Johnny Hallyday (mince, je ne sais pas comment ça s'écrit... oui, deux y).   Délai de décence?  Peut-être un peu, car j'ai aimé cette communion nationale autour d'un chanteur (je partage l'avis exprimé par Vignol ici)...  mais n'allons pas à la facilité:  il serait trop facile d'opposer tout de go Murat à "Johnny Vacances", son ainé de 9 ans seulement...    Un article de bric et de broc'n roll.

 

1) En premier lieu, parce qu'il  a failli avoir un lien : La collaboration avortée

 

Forcement, en 1991,  Murat disque d'or et auteur consacré en deux albums,  a été approché par l'entourage de Johnny, comme le fut ensuite les nouveaux prometteurs comme Obispo, Yodelice...

 

- En 1991, dans Libé, dans un des plus fameux articles publiés sur Murat, on apprenait le titre d'une chanson qu'il aurait proposé à J.H.:

JUILLET. Trois mois à attendre avant la sortie du disque. Tromper l'anxiété en travaillant sur d'autres projets. Une chanson pour Johnny au texte biblique incantatoire ("J'ai fait la guerre à l'agneau…"). Problème ("Ils voulaient que je vienne en studio, ils ne voulaient pas juger sur une simple maquette! C'est pourtant leur seul espace de liberté").

Le titre est resté totalement inédit. J'avoue avoir pensé qu'il puisse sortir de la malle ces derniers temps, mais il n'en a rien été. Qui sait? (on me dit que le titre figure à la Sacem sous le titre "la femme assise").

 

- Dans  Platine, en 2006, on interroge Murat sur le titre "il pense à son corps"...  Qui a atterri chez Sylvie Vartan après que celle-ci ait fait la corbeille de son ex-mari. Murat indique que c'est elle qui  s'est montrée  curieuse d'entendre cette "chanson pour tarlouzes" (dixit son ex-mari) que Murat avait écrit pour lui.

 

Version studio

On reconnait bien le Murat... mais effectivement, on peut s'interroger ce que Jojo en aurait fait... et peut-être sur le choix conscient ou inconscient de "rater" cette collaboration de la part de JLM  (on a vu déjà qu'il n'avait pas daigné se déplacer) en proposant des textes un peu trop "décalés" de la personnalité de Jojo.

Yves Bigot (ex-patron de label de Vartan) donne une autre version, moins cocasse, de l'histoire de la collaboration avec la chanteuse dans son dernier livre:

 

 

 

- Bayon a par la suite glissé bien des années plus tard quelques mots sur un autre rapprochement qui reste bien mystérieux:  J'en parlais dans un article en 2011 que je reproduis:

"DANS LE LIBE DU 21 NOVEMBRE, je pensais à un clin d'oeil humoristique... de Bayon... à propos de Johnny Hallyday:

 "Dûment retapé, le chanteur d’Aussi dur que du bois va à présent préparer à fond la reprise de sa dernière tournée (interrompue pour cause de coma septicémique), le 3 décembre, «dans un lieu mythique de Paris». Avec un rock inédit (Cours dire aux hommes faibles ?) qu’il offrira en téléchargement gratuit, en remerciement au public pour «sa longue fidélité..."

Mais alors que Johnny faisait l'objet d'un reportage sur TF1 hier soir,  voilà qu'il en est de nouveau question dans le numéro du jour de LIBERATION (5/12, brève encore non signée)... On y parle du nouveau titre AUTOPORTRAIT  qui est en téléchargement depuis samedi... et qui fait l'objet d'un avis positif...  Et au détour d'une phrase on lit:  "sans préjuger de la suite (cours dire aux hommes faibles est-il vraiment envisagé?)"....

Johnny aurait-il enregistré ce titre?  On sait que Murat a écrit pour Johnny il y a déjà bien longtemps (le titre "j'ai fait la guerre à l'agneau")... mais Murat a raconté (il me semble) qu'il aurait refusé cette chanson pas assez marquée du sceau de la testostérone....  Et ça serait donc coquasse qu'il choisisse ce titre pour "hommes faibles"..."

 

Mon article de l'époque faisait  la confusion entre "J'ai fait la guerre à l'agneau" et "je pense à mon corps". Deux titres donc écrits pour Johnny, et ces petites brèves de Bayon qui indiqueraient que "cours dire aux hommes faibles" aurait pu être reprise par Jojo  (à moins que ce soit un clin d'oeil à de la chanson "pour tarlouzes" puisqu'on n'imagine pas trop Jojo  dire  "homme faible comme moi").  Tout cela reste donc assez flou.

 

2) Les petits liens

J'aime, vous le savez, aller  à l'exploration des petits liens unissant tel ou tel à Murat. Ce n'est pas toujours très intéressant (si c'est moi qui le fait), mais ça m'amuse.

Concernant Murat et Johnny, on pense tout de suite à Fred Jimenez qui après le power trio muratien, est allé rejoindre le big band de Jojo durant 4 ans. Voici un post fb de Fred :

Cher Johnny,  Milles mercis pour ces quatre années de bonheur et de complicité sur scène et en dehors. Toutes mes pensées et mon affection pour Laeticia et les filles, ainsi que tout les fans que je connais, Pierre, Bernard,Lolo, etc...
Love
Ton Born Rocker Fred de bassiste

J'avais tenté de passer par lui pour avoir des infos sur cette reprise de Cours dire aux hommes faibles, mais sans succès (il n'était pas au courant, et ne souhaitait pas interroger l'idole, même si il me disait en off, que... c'était en off. dommage, c'était rigolo).  Bien sûr, Fred est le compositeur de la chanson "mashpotétisés" dans lequel Murat écrit : "Encore on confond Johnny Vacances et Elvis Presley,  C'est vous dire si c'est un succès" pour régler leur compte aux yéyés. Johnny ne lui en a pas voulu... Murat  dira d'ailleurs à propos de la chanson:  "C'est une blague, c'est pas méchant !" (pop news)

EDIT 26/03/2024 Fred Jimenez vient de sortir un livre "Johnny et moi", à cette occasion, il a indiqué sur les réseaux sociaux comme Jean-Louis Murat avait très bien compris son départ... et même encouragé! "vas-y, et tu nous raconteras". Fred après cette aventure est retourné jouer avec Jean-Louis.  Il nous a accordé une petite interview pour l'anniversaire du disque A bird on a poire.

 

 

Allez, petite liste que vous m'aiderez à compléter peut-être:

- La réalisatrice Laetitia Masson, qui vient de déclarer que Murat était son âme soeur (il a signé plusieurs BO pour elle- a fait tourner Johnny dans Love Me. "j’ai été à la fois méprisée par les intellectuels et incomprise par ses fans et la classe populaire." dit-elle.

- Murat appréciait Pierre Delanoé qui a écrit 4 chansons pour J.H (certes, plus pour son travail pour Dassin).

- On pourra aussi noter qu'il a aussi croisé la route de J. Cherhal (the end etc) qui a écrit la chanson "un dimanche de janvier".

- Chose assez courante pour deux amoureux de la musique américaine (plus noire pour Murat), ils ont bien sûr enregistré à Nashville tous les deux (plusieurs fois pour J.H.). Ils ont été aussi acteurs de cinéma, mais ça n'a pas beaucoup plus à Murat..  Mais Johnny a plus à Murat... Bernard, qui l'a mis en scène au théâtre.

- Complexe du cornflakes?  Murat en a joué lors de la promo du Cours Ordinaire des choses vilipendant les musiciens français... mais son Johnny Frenchman et sa défense du français l'ont toujours orienté vers l'affirmation de sa propre voie, allant jusqu'à dire "l'Auvergne, c'est mon amérique à moi", "Nashville ou Belleville" dirait C. Moine.

Fais-tu un complexe vis-à-vis des Anglo-Saxons ?

Dans Johnny Frenchman, sur Passions privées, je dis "Attends que la crinière pousse au lionceau", je parlais pour moi. Cette chanson était au départ une lettre ouverte à Costello, car j'avais lu une interview où il nous traitait de minables. C'était à l'époque des Pale Fountains : d'un seul coup, je sentais quelque chose de neuf, que je pourrais aller dans cette direction. Je voyais les Anglais comme des voyageurs modernes, avec une langue invincible mais je leur disais "Attends que la crinière pousse au lionceau", je sentais qu'il faudrait du temps. Ça peut s'apprendre, il faut avoir des connaissances en art poétique, aimer la grammaire, le vocabulaire, écouter beaucoup de musique, trouver son rythme à soi, ne pas se précipiter. J'avais conscience de partir de très loin. Un peu comme le retard de la renaissance française sur la renaissance italienne.

On pourrait penser qu'en vingt ans, le tour de ce genre musical a été fait. On peut soit baisser les bras, soit penser que le genre musical est acquis et que les territoires sont maintenant personnels, intérieurs. Et c'est encourageant, on peut croire que c'est un progrès de civilisation. Plutôt que de juger si le type est bon explorateur, s'il fait du nouveau, il s'agit de savoir s'il fait du vrai. Ici, on est assez fort pour l'exploration intérieure, pour avancer dans sa forêt vierge. On est plus introverti, on a plus le sens du sacrifice. A part quelques exceptions, des gens comme Lennon, eux ont assez peu le sens de la culpabilité. Dans cette espèce de far-west intérieur, on peut être les champions. (inrocks 91)

 

Concernant J.H., la recherche de sa propre singularité est moins évidente, puisque toujours, il s'est retourné vers l'Amérique.  Lui : “Et toi, tu viens d’où ?” Moi : “De Paris.” Lui : “Ah, t’es comme moi alors. Un malchanceux !” (anecdote autour d'une brève rencontre entre Johnny et F. Dordor que rapporte ce dernier dans les inrocks). S. Marti dans la dépêche faisait lui cette distinction:

"Malgré le temps qui s'en va, Jean-Louis Murat est jeune chanteur échevelé qui n'a que neuf ans de moins que Johnny mais qui préfère regarder le monde du haut d'un volcan d'Auvergne plutôt que du bas d'un yacht", ce qui ne l'empêche pas d'apprécier le voyage".
 

- Murat pour le coup apprécie beaucoup le prénom Johnny: " je suis johnny frenchmann",  "johnny welcome home"(dans Le tremplin où il parle aussi des Portes du pénitencier), dans "lady of Orcival" (Johnny go)  et plus récemment "johnny roide"... Il sait forcement que cela peut faire penser en France à Hallyday.... Est-ce pour autant son idée? Non...  Murat a une certaine fidélité à certains mots, et celui-ci provient peut-être de son enfance via "Johnny guitar" notamment(évoqué dans le Mont Souci) .

JLM : Non johnny c’est moi ! Dans plusieurs de mes chansons je m’appelle Johnny. J’ai pris cette habitude depuis mes débuts, surtout lorsque je mets des paroles en anglais. Ce Johnny est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais a vu le jour à Montmartre, il chante Johnny B. Good mais ça fait rigoler tout le monde …  Il a un côté un peu dérisoire, mais ce n’est pas Johnny Hallyday ».

- On trouve dans une discographie commentée  dans le livre Camion blanc chanteurs et groupes français des années 80 (pas la plus intéressante) un rapprochement entre Murat et JH:

Bon, ce n'est pas un bouquin très intéressant... ("Tronche?", ça tranche un peu, mais faut-il pour autant faire la gueule?)

- Stakhanovisme?  Johnny était prisonnier de son "économie", qui le faisait vivre avec l'argent de son prochain album.  Il aimait aussi ça, bien sûr, et ne pouvait sans doute pas se résoudre à disons "Vivre en gastéropode, en gentiane, en Poulidor".  Murat lui se présente en artisan, forcé d'exercer son art ou son sport tous les jours, et finançant son prochain album à l'aide du précédent.

- On a beaucoup raillé l'absence de rayonnement international de Johnny, dont Murat... mais celui-ci n'a que très rarement franchi la frontière francophone (un concert en Espagne?). Pour le coup, je pense que Murat n'a jamais cherché ce rayonnement: son côté plus hype, underground et so frenchy, aurait pu le conduire au Japon, ou dans des tournées sponsorisés à l'est via l'alliance française... On peut aussi rappeler qu'il a eu  l'honneur d'être chroniqué dans la revue musicale anglaise MOJO ( Grand Lièvre noté 3 étoiles).

-  Un petit dernier pour du remplissage: Pères.  On nous a présenté un Johnny souhaitant prendre un peu de recul pour s'occuper de ses filles... J'ai l'impression qu'il a toujours été en activité... Murat lui aussi a évoqué son rôle de jeune père,  de père de famille (tout récemment en parlant des travaux de placo dans la maison), indiquant aussi une influence dans son travail artistique... Murat parle en interview, fait chanter ses enfants; Johnny lui posait sur papier glacé... et chantait quelques chansons : Laura, Sang pour sang...

Dans le disque Comme Un Seul Homme (Labels/Virgin), où figure "le coup de Jarnac" de Murat, on retrouve une reprise de MA GUEULE.. mais par Miossec. Dans le disque VILLAGE DEPART, qui propose un tour de France en chanson, la chanson la lune est rousse dans la baie de Cabourg côtoie Montpellier de JH., ce qui ne fait pas vraiment de Johnny un chanteur régionaliste.   Notons également que Murat a fait la BO du film "Pauline et François"... avec Laura Smet.
 


 

3) PROPOS

Je saute un exposé qui serait laborieux et inutile sur les différences... et vous propose donc quelques citations de Murat qui évoque Johnny:

On verra qu'au fond, à travers Johnny, Murat a surtout visé la culture musicale des français un peu défaillante... ce qui suscitera "mashpotétisés", et aussi un copiage des anglo-saxons.

 

 « La France, au fond, c'est Johnny Hallyday"

Interview en Suisse (l'express) 23/11/91:

Quand Johnny dit "que je t'aime", ça ne vous fait rien? - C'est ridicule. Non. Entendons-nous: il y a un côté génial là-dedans mais je ne me situe pas dans cette logique. Lui est un chanteur sauvage, un indompté"

 Chez Denizot (C+) en 2006:

"Je pille l'épave, le site archéologique. Je me vois comme une sorte d'ethnologue, de géologue, d'historien. Nous sommes dans un pays qui se déclare antiaméricain tout en bouffant de la sous-culture américaine jour et nuit. Et dont la plus pâle imitation est Johnny Hallyday. Je veux bien reconnaître qu'il a du talent, qu'il chante bien, mais c'est comme si Chaliapine n'avait interprété que la Danse des canards ou Rubinstein joué Oxygène de Jean-Michel Jarre pendant soixante ans. Et on pense défendre l'exception culturelle en aimant Johnny Hallyday ! Notre pays est un peu fou, il a besoin d'un psy. Quand on fait une activité artistique, on ne sait plus où se situer. Moi, je ne comprends rien. Je ne sais pas ce que veulent les gens, ce qu'ils ont envie d'entendre. Peut-être des trucs qu'ils ne comprennent pas. Ou qui ne disent rien. Ça nous pénalise beaucoup, nous les chanteurs français. Par exemple, il faudrait que je vende deux cent mille albums pour gagner mon indépendance. Là, je fonctionne à perte. C'est ce que dit le patron de ma maison de disques : "Toi, tu feras comme Van Gogh, tu rapporteras quand tu seras mort." »

Au moment de Tristan (Télérama, août 2003):

Je n’ai aucun pote, personne ne m’aime, je n’aime personne. Je suis vraiment le chanteur le plus seul, le plus abandonné (rires) ! Je crois que « l’arène France » est invivable. Je ne sais même pas où me poser, où mettre ma guitare. Il n’y a pas d’ombre, tout est bouché. Du coup, comme je ne sais tellement pas où me foutre en 2008, je me suis situé au 13e, 16e 17e siècle... Il n’y a jamais eu de rock en France depuis quarante ans ! Philippe Manœuvre et Johnny Hallyday bouchent les sorties. A Clermont-Ferrand, il y a huit cent groupes mais ils chantent tous en anglais ! Il n’y a plus rien…. Ah si ! L’autre jour, il y a eu Vic Chesnutt en concert à Clermont Ferrand, ça fait deux décennies que je n’avais pas vu un aussi bon concert ! Pourtant je passe mon temps dans les concerts.

En 2003, chez CONCERTANDCO:

Je vends toujours aussi peu et quand je vois tous les nuls qui en vendent des camions et que je n’arrive pas à en vendre une demi-camionnette, ça m’énerve ! Je ne suis pas du genre à rester « fair play » dans ce pays de merde. Je ne vais pas trouver génial qu’il n’y ait que Johnny Hallyday ou Patrick Bruel qui vendent des disques dans ce pays à la mord-moi-le-nœud. On se tape les mêmes artistes depuis cinquante ans, ils squattent tout, ils sont installés partout : les télés, les radios… On est d’une autre génération et ils nous passent carrément à la moulinette simplement parce qu’on est dans un pays de vieux qui n’aime que les vieux trucs. La France est une ménopausée dépressive, on ne peut rien faire : elle est imbaisable ! Impossible de sauter cette salope de France qui maintenant est trop vieille…

En 2004,  rocknfrance:

-Viens ensuite ce " Mashpotétisés " ou comment régler certains comptes avec la culture musicale des yé-yé ?
Je les appelle " Les Machins ", toute la culture de l'ersatz français. Le peuple français est le conglomérat qui reprend le plus des choses américaines avec des chanteurs aux noms débiles comme Dick Rivers, Eddy Mitchell ou Johnny Halliday. La moitié des français pensent qu'Elvis Presley a tout piqué à Johnny. Ce qui explique la misère de la variété ici. On confond le vrai et le faux. On prend Claude François pour James Brown.

-Sacha Distel a tué Burth Baccarach ?
Par exemple. Je me souviens que le jour où j'ai écouté un vieux Phil Spector avec 'Da Do Run Run' en version originale, ma mère rentrant chez moi m'a demandé qui avait repris la chanson de Sylvie Vartan. La culture de l'ersatz a complètement faussé le jugement de beaucoup de gens. C'est le terreau où pousse encore, de nos jours, la variété française. Ils sont tous dingues et l'arrogance de ces gens qui n'ont pas

En 2004, l'express :

Il n'y a pas de perspectives d'avenir, en tout cas pas pour la chanson. La dernière marque de puissance reste peut-être Johnny Hallyday. Mais Johnny, c'est quoi? De Gaulle + Jeanne d'Arc + Louis XI + les chanteurs pétomanes. Quand il se produit devant la tour Eiffel, il nous ramène à la splendeur de l'Exposition universelle. Son incapacité à avoir eu une dimension internationale, contrairement à d'autres rockers européens comme Adriano Celentano, est devenue notre échec à tous. Même les maisons de disques ne croient plus à la force de la chanson. Elles ne pensent qu'à dénicher un nouveau Johnny Hallyday. Un Pagny. Un Bruel. Un Garou. Un con qui chante fort. Pourtant, pas une seule figure marquante n'a émergé depuis la moitié des années 1980, certainement pas MC Solaar, IAM ou Nolwenn Leroy. Tout le monde le sait, mais personne ne le dit.

 

En mars 2001, Dans France soir :

"95 % des artistes Français sont des sous-doués. Quand Johnny dit : « Maintenant il ne reste que JAGGER  et moi » les bras m’en tombent. Avant de mourir, on demandait à Charles TRENET de mettre un artiste au Panthéon du music-hall. Et le vieux sort David HALLYDAY. J’hallucine ! Charles TRENET a composé de merveilleuses chansons mais c’est quoi cette histoire de dire qu’il a créé la chanson Française ? Il y avait 50 poètes avant lui : Jules LAFORGUE, QUENEAU  … »

En mars 2002, Nlle obs:

"Les chanteurs Québecois, qui sont le cheval de Troie de la culture anglo-saxonne, hurlent dans le micro comme si l’électricité n’avait jamais été inventée. Par eux, c’est la culture américaine qui s’infiltre et dénature notre paysage. Alors que nous, les peuples d’Europe, sommes des murmurants. Pour moi, la voix de la France c’est Etienne DAHO ou MIOSSEC, Johnny HALLYDAY étant une exception.

En 2003, dans Crossroads:

"Les Français ont le champagne qui leur sort par la gueule ! Ce sont des ultras gâtés qui souvent flashent sur tous les crétins de l’hexagone ! Tu regardes leur hit-parade, ils mettent vingt tocards en tête. Johnny HALLYDAY, CHIRAC, machin, mais tu as déjà vu plus ringard que Johnny HALLYDAY  et CHIRAC ? Ils sont là à nous faire chier depuis 40 ans.

En 2003, dans Sud-Ouest:

"Le pire sous produit de la culture Américaine et dont les Français se gavent en disant qu’ils sont anti-américains. Donc on ne comprend rien, mais c’est tellement un peuple d’idiots qu’il ne faut pas chercher à comprendre

En 2004 dans Crossroads :

"Le succès de RENAUD  c’est vraiment l’abjection totale ! Johnny c’est EINSTEIN à côté".

ou encore:

"L'artiste français par excellence, il n'a rien inventé"

"Ca fait beaucoup rigoler les anglais ou les américains quand ils l'entendent chanter. C'est un mystère pour eux. Ils disent :"comment se fait-il que le pays de Voltaire et Matisse considère que Johnny Hallyday est le rival de la tour eiffel, la baguette et De Gaulle?". On sent qu'ils ne veulent  pas nous vexer, mais ça les sidère".

Enfin, VOICI en 2014:

 

 

4) Johnny et l'Auvergne... Pour continuer à s'amuser un peu:

Il connaissait bien le contrefort oriental du Massif Central pour rendre visite à sa maman à Viviers en Ardèche... mais bien sûr, il aimait beaucoup Clermont-Ferrand pour vouloir y chanter plus souvent qu'à son tour:

Pour devenir plus sérieux, il a franchi un cap très important à Chamalières, commune où est né Murat (et pas à la Bourboule!):

Allumer le Feu Johnny Vacances?

Il a aussi pris des cours pour préparer le Dakar avec le clermontois George Groine (le conducteur de camion).

Johnny Hallyday et l'Auvergne: résumé plus sérieux par L'EVEIL DE LA HAUTE LOIRE: à lire ici (on découvre qu'il a fait la course de côte au MONT DORE)

Et aussi sur le site de France Bleu on apprend que Johnny réservait l'intégralité des 43 chambres dans un palace de Royat lors de ses passages (alors que JL Murat se plaint des tournées en campanil...).  Il avait également choisi un avocat clermontois pour le défendre dans une affaire de viol (conclu par un non-lieu). Sont teigneux et intraitables les auvergnats.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 7 Janvier 2018

- Bon, ce n'est pas le bon moment pour publier mon article, en plein dead buzz de France Gall, mais soit, parlons des chanteuses vivantes!!-

 

 

Marie Möör fait partie de la mythologie du fan compulsif de Murat, puisque son album "Svoboda" réalisé en 98 à Douharesse (!) est resté inédit.  Je raconte tout cela ici:   Murat et Marie Moor

"la main gauche de la nuit'  (musique JLM)  avait déjà été diffusée (myspace et soundcloud - à écouter ci-dessous).  "Tant qu'il y aura des hommes",   "les arobaces"   sur des musiques de J.Braque, et qui font partie de Svoboda sont également en écoute sur le soundcloud de l'artiste.  Mais Marie (alias Iavna Von nada) vient de mettre en ligne un titre que nous ne connaissions pas et qui ne figure pas dans "Svoboda": "compartiment fumeur", avec une musique de Murat.

Un inédit de Marie Möör by Murat, et quelques bouts de SVOBODA

Je me rends compte qu'on trouve également sur youtube, d'autres chansons de l'album "svoboda": la note bleue (cosignée Bergheaud et Bonnefont pour la musique),  "svoboda" (musique : JLM/Clavaizolle), et encore "je vais mourir par accident" (crédit musique incertain). Voilà:

Marie Möör en une de Libé (c'était une protégée de Bayon):

Un inédit de Marie Möör by Murat, et quelques bouts de SVOBODA

https://fr.wikipedia.org/wiki/MarieMoor

Bayon: « meilleure auteure-chanteuse en inactivité rock en France. Moi je suis morte de bonne heure, fredonne-t-elle de sa voix de techno-pierreuse, Vanessa Bardot codéinée. Et personne n'a rien vu. Les collaborateurs, depuis 1986, de cette peintresse-body artiste-femme de lettres dandy bullshit s'appellent Barney Wilen, Jean-Louis Murat ou Christophe »  et plus loin dans l'article : « Svoboda, riche de Je vais mourir sauf accident digne d'un Dutronc, ou de Se voir se rendre digne de Hardy disque resté à l'état de projet, pour raisons contractuelles et conjoncturelles »(Libé 13 mai 2003).

Un inédit de Marie Möör by Murat, et quelques bouts de SVOBODA

LE LIEN EN PLUS

Je n'ai pas encore pris le temps de faire un article sur le nouvel album de Garciaphone, nouvel pépite folk made in Clermont. Alors voilà deux vidéos:

Oh sleepless world qui figure sur  l'album, la vidéo montre l'enregistrement avec Zac Laughed, Matt Low, Clément Chevrier, et Bad sheperd plus ancien, en live avec Matt Low:

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 5 Janvier 2018

1) Bon, en fait, si j'étais en ville l'autre jour, c'était parce que j'avais dans l'idée de trouver le dernier livre d'Olivier ADAM... Mais au cultura, il ne l'avait pas, et n'en avait même pas entendu parler....  le jour de la sortie du livre "Chanson de la ville silencieuse".  Si j'étais à ce point  empressé, c'est que j'étais tombé sur l'article ci-dessous signalé par l'ami Pierre K je crois:

Adam tellement marqué par l'univers de la chanson a fini par s'inspirer de quelques chanteurs pour son dernier livre... dont Murat bien sûr, puisqu'il s'agit d'évoquer un artiste qui "abandonne ce cirque". 

Presque autant que Dominique A (d'ailleurs le titre du livre reprend celui d'une chanson de Dom.), il y a un petit  feuilleton ADAM sur ce blog... tant il aime à évoquer Murat et à le citer en interview, ou dans ses livres (à retrouver pour son livre  "Les Lisières" ici).  Par le passé, on l'a approché pour une interview, mais sans succès.

 

Tous les chanteurs sont malheureux

Emmanuelle et Thierry (merci à eux) m'ont signalé que dès sa première journée promo, Oliver ADAM avait parlé de Murat. C'était chez Trapenard dans Boomerang.

Le livre est plus inspiré par Nino Ferrer que Murat mais ses mots sur son "perpétuel mouvement intérieur" qui explique ses propos contradictoires ou évolutifs correspond bien aussi à Jean-Louis B. Certains autres propos d'Adam sur son statut d'artiste (penser à son oeuvre vs le désir d'être aimé en gros) sont aussi intéressants.

Podcast complet de l'émission

Concernant l'évocation de Murat,  dans une liste de chanteurs (Gainsbourg, Ferrer) c'est du rapide pour exprimer sa fascination pour les "sales gosses" des médias... et son sentiment que "se permettre" ce genre de comportement est plus que jamais difficile. Voici l'extrait dans lequel Adam se doit d'imaginer quel chanteur il serait:

 

 

2)   Le petit plaisir de la revue de presse est bien sûr de relier les petites infos entre elles. Et justement, pour faire écho à la personnalité complexe des artistes, à leur perpétuel "mouvement intérieur" évoqué ci-dessus (c'est un des moteurs de ce blog de chroniquer ce mouvement,  en essayant d'éviter du coup  d'établir que Murat est "ainsi", ou/et "pas comme ça"), voici une petite "anecdote" qui m'a fait sourire ce matin.

Ainsi, si on pouvait avoir l'image d'un Murat  dans le cadre des tournées, pouvant être désagréable avec les personnes rencontrées, soignant sa mauvaise humeur, pas forcement à l'aise avec les techniciens....   Didier Veillault, dans une interview parue sur les inrocks.fr dans le cadre de témoignages publipostés d'acteurs culturels,  nous présente un Murat quasi-en manque d'amour!!  : 

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemment que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.

Murat, finalement victime de sa réputation? Pourtant, dans sa dernière interview en date -non encore en ligne ici- il dit que "sa femme ne veut plus que l'on sorte" (par peur d'un dérapage)... Ah, va savoir.

 

[J'avais pour illustrer une excellente photo de Murat assis seul en coulisse avec des lunettes noires... mais impossible de remettre la main dessus. Est-ce une image qui n'est imprimée que  dans ma tête, un souvenir d'Uriage?]

Voici l'intégralité de l'interview:

http://www.lesinrocks.com/2018/01/02/contenu-partenaire/bienvenue-ceux-quon-ne-voit-jamais-dans-les-inrockuptibles-13-111025162/

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis le directeur et le programmateur de la Coopérative de mai. J'en assume les choix de gestion et de programmation, même si, bien sûr, nous sommes avant tout une équipe, au sein de laquelle nous discutons en permanence. Je suis un peu un "chef d'entreprise", même si je n'aime pas trop le terme, je ne viens pas de cet univers-là.

Pouvez-vous présenter la Coopérative de mai à ceux qui ne connaissent pas le lieu ?

Nous sommes l'une des scènes de musiques actuelles (SMAC) les plus importantes de France, en terme de jauge comme d'activité : c'est une salle de 1500 places, un club de 460. On fait environ 150 concerts par an, ce qui est beaucoup pour une ville de cette importance.  nous possédons aussi un espace dédié à toutes les jeunes entreprises de la filière musicale, on appelle ça la Pépinière de mai, nous les soutenons, en mettant à leur disposition des bureaux, on essaie de les conseiller, de les accompagner...

Quel est votre parcours personnel ?

J'ai fait une fac d'anglais et un BTS de gestion, j'ai ensuite été éducateur. Pour mon plaisir, j'organisais quelques concerts dans des MJC, des choses comme ça. Et puis en 1983, j'ai mis en place ce lieu, le Plan à Ris-Orangis, dont je me suis occupé pendant 15 ans. On faisait pas loin de 100 concerts par an. Je me suis inspiré de ce qui se faisait en Angleterre, ces pubs où tu pouvais voir aussi des concerts. Je ne comprenais pas pourquoi on n'avait pas ça en France. Au Plan, on était des passionnés, on a appris un peu sur le tas, de la gestion à la programmation, à servir des bières ou à coller des affiches, on faisait tout. En 1998, j'ai vu une annonce concernant la création de la Coopérative de mai, j'ai postulé et j'ai été retenu. Je ne connaissais personne à Clermont-Ferrand, mais je suis parti et j'ai pris la direction de la Coopérative naissante. Aujourd'hui, je suis aussi co-directeur avec François Missonnier, l'ancien directeur de Rock en Seine, du festival Europavox, dont le but est de mettre en lumière des artistes européens, qui viennent de pays d'Europe moins célébrés pour leur musique que, au hasard, l'Angleterre. Nous avons chaque année près de 50 artistes que nous sommes fiers de faire découvrir.

Quelle est l'économie de la Coopérative de mai ?

Nous avons 24 salariés et bien sûr beaucoup d'intermittents qui participent également, notamment pour le son, les lights et la scène. On embauche aussi des vacataires pour le bar ou l'accueil. Nous avons un chiffre d'affaires de 3 M d'€. Nous nous autofinançons à hauteur de 68 %. Nous sommes aidés par la ville de Clermont-Ferrand, la Métropole, la Région, l'État, afin d'avoir une politique tarifaire la plus accessible. Ça nous permet de faire des concerts abordables pour le plus grand nombre, mais aussi d'avoir une programmation parfois plus exigeante.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Je suis excité comme au premier jour par ce que je fais. Je ne m'ennuie jamais. Cette année, j'ai adoré recevoir Sleaford Mods et Shame. En électro, Chloé m'a mis une claque, ou encore Lomepal pour hip-hop. Chaque jour est différent : hier nous faisions une fête avec le club de rugby local, aujourd'hui nous avons une journée de prévention des risques auditifs, demain nous recevrons des enfants... Là, je travaille sur l'organisation d'Europavox. Les moments d'ennui ou de lassitude n'existent pas. Le soir, quand les lumières s'éteignent et que les concerts commencent, on oublie tout ce qui peut parfois sembler pénible. Mon travail, c'est d'écouter de la musique et de voir des concerts, je n'en reviens pas moi-même, je n'aurais jamais osé rêver de ça jeune homme ! Ma passion est intacte, donner du plaisir aux gens, ça n'a pas de prix. J'ai de la chance de faire ce métier.

Et ses mauvais côtés ?

On passe beaucoup de temps à faire des comptes, à gérer des budgets, à imaginer ce qui est réalisable ou pas. Je suis entouré de gens très compétents, on prend des décisions ensemble, je ne suis pas seul, mais cet aspect budgétaire a pris beaucoup de place dans mon travail, non seulement de directeur, mais aussi de programmateur. Les tourneurs sont devenus de grosses machines, ce métier est en train de changer. On est pris au milieu de tout ça, mais on essaie de conserver une âme à ce métier. Il y a quelque chose d'un peu impersonnel aujourd'hui, il faut être vigilant. On parle trop de chiffres et pas assez d'artistique.

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemmet que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.Quel conseil donneriez-vous à de jeunes gens qui souhaiteraient faire ce métier ?Aujourd'hui, des structures et des formations permettent d'apprendre notre métier, surtout la partie technique. Mais pour être programmateur, la meilleure des formations, c'est d'écouter plein de choses, d'aller voir plein de choses. Je n'ai pas vraiment de conseils, c'est un boulot de passionnés, si vous avez envie de le faire, faites-le ! Les places sont rares, mais ça n'est pas inaccessible.

 

Veillault avec Varrod, Morgane et Manoukian, le jour du fameux concert sur France Inter.

 

 

LE LIEN AUQUEL VOUS AVEZ ECHAPPE OU PRESQUE

ah, j'ai finalement trouvé un titre correct pour cet article (le nom d'une chanson proposée à F. Hardy et que Bayon nous a permis de découvrir)...  Mais j'ai été tenté de proposer  "ADAM ET DAVE"... Le chanteur hollandais n'a pas sa langue dans sa poche... et a plein d'actu... mais c'était quand même sans grand rapport. Enfin, voyez quand même:  http://www.toutelatele.com/dave-les-parents-de-la-tele-rendra-hommage-a-des-grands-presentateurs-d-emissions-de-varietes-96001

Sur ce... mieux vaut mettre un point final à cet article.

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 4 Janvier 2018

Hier, je vous parlais de la double page qui reconstituait le duo Mylène Farmer et Murat dans le dernier livre de Claude Gassian. Je vous annonce aujourd'hui (j'avais oublié de le signaler) que le 2/02/2018 - Aujourd'hui deux février  Sûrement levé du mauvais pied  Bouh... quel mars attaque
Mais peu me chaut... Peu me chaut..-, le titre REGRETS fera l'objet d'une réédition "à l'identique" en  45T vinyl. C'est annoncé bien-sûr en édition limitée. Du côté de chez M. Farmer, on sait ce que c'est que le merchandising pour collectionneurs pathologiques. 

 

 

 

Je ne reviendrais pas  sur la relation Murat/Farmer (vous retrouverez tout cela dans les archives ). En tout cas, on entendra parler de Mylène dans les prochains mois (peut-être pas ici ceci dit mais voyez plutôt:  elle joue dans un film qui sortira le 14 mars, et sortira un nouvel album chez Sony). Autre retour:   celui de Françoise Hardy qui était en studio fin décembre (est-ce que Murat lui aura envoyé une chanson?)

 

LE LIEN EN PLUS

Les collaborateurs des inrocks ont donné leur "top" de l'année... Beaucoup de "rest", et de LAMAR, Fisbach ou Armanet...  mais le chroniqueur des "travaux" réaffirme son goût en positionnant Murat en tête de de son classement... l'unique citation de Murat dans ces 27 classements.

REMI BOITEUX
1 Jean-Louis Murat // Travaux sur la N89
2 King Krule // The Ooz
3 Bob Dylan // Triplicate
4 The Man From Managra // Half a Century Sun
5 Fishbach //  A ta Merci

https://www.lesinrocks.com/2017/12/29/musique/pas-encore-ivres-27-journalistes-des-inrocks-presentent-leurs-tops-albums-2017-111026990/

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89

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Publié le 3 Janvier 2018

Je suis descendu en ville toute à l'heure, sans grand objectif, mais j'ai quand même jeté un oeil par acquis de conscience au rayon livres du Cultura. En haut de l'espace rikiki consacré à la musique, trônait  3 exemplaires d'un gros et beau livre: "chanson(s) française" avec 250 portraits signés GASSIAN et avec des textes de Dominique A.. et je me suis dit : oh oh oh... je parie que...  Non pas que j'étais persuadé d'y trouver une photo de Murat (je n'avais pas en mémoire de portrait marquant signé par ce grand photographe), mais je ne pouvais pas imaginer que Dominique A ait oublié lui d'en parler... Même si... Même si... A la suite de l'avant-dernier épisode de notre long feuilleton "Je t'A-ime Murat non plus", Dominique A m'avait dit en off qu'il ne souhaitait plus s'exprimer sur JL (qui l'avait égratigné ou "insulté" sur scène). Il avait malgré tout repris ensuite 'amours débutants' sur France Inter.

Rappel: notre micro-interview de Dominique A

Et donc, bien sûr, si je vous dis tout ça, si je fais un article, c'est bien sûr que j'ai trouvé quelque chose... A côté d'une photo de Mylène Farmer (que l'on trouve plusieurs fois dans l'album, comme Biolay, Gainsbourg Goldman ou Bashung), une belle photo disons classique du Murat romantique... que je n'ai pas retrouvé dans les articles de presse de cette période.

 

Allez, hop: un petit larçin via mon téléphone portable pour se donner une idée (donc merci de ne pas reproduire):

Bibliographie N°2:   GASSIAN, "chanson(s) française"
Bibliographie N°2:   GASSIAN, "chanson(s) française"

Sur le côté la mention : "Jean-Louis Murat, Levallois-Perret". Que pouvaient-ils bien faire à Levallois-Perret (que je prononce...et imagine... bien sûr façon chanson de Florent Marchet). On ne le saura pas.

 

Quant à Dominique A, oui, bien sûr... il parle de "Cheyenne Autumn" et de ce tournant que cela a été pour lui. RIen de bien nouveau (il disait déjà en 2009 : "En 1989, l'album de Jean-Louis Murat, "Cheyenne Autumn" a été un tournant. A nouveau, on avait le droit de chanter comme Jean SABLON,  comme si on venait d'inventer le micro et qu'on pouvait roucouler sur fond de synthétiseur lamentable .  On retrouvait une douceur adaptée à la phonétique morne du français. Avec Philippe Katerine..., je me suis engouffré dans cette voie. " )

Dominique A parle ensuite de ceux qui aiment "murmurer"... Cela correspond assez bien à une citation de Murat que j'ai trouvé il y a quelques jours Murat :

Alors que nous, les peuples d’Europe, sommes des murmurants. Pour moi, la voix de la France, c’est Etienne Daho ou Miossec... (nllle obs en 2002)

En 2004, dans l'express, il reprend cette expression:

Les accents toniques se sont déplacés. Moi, je dis encore «colle» pour cool. C'est voulu. J'ai l'accent auvergnat, un peu traînant; mes «o» sont ouverts. Dans ma voix, il y a de l'eau, de la terre, des cailloux. Ça choque, car tout le monde, de la Madonna chinoise aux rockeuses russes, a la même prononciation. En France, toutes les nanas chantent comme Liane Foly. Là-dessus se sont rajoutés les rappeurs et les invasions barbares québécoises. Nous, on est un peuple de murmurants. Chez Marivaux, chez Proust, on susurre, on articule. Alors, évidemment, lorsqu'on lit Racine, lorsqu'on se rend au Théâtre- Français, on n'entend plus la même langue.

 

Voici la reproduction du texte de Dominique A  (il y en a une petite dizaine dans le livre):

Bibliographie N°2:   GASSIAN, "chanson(s) française"
Bibliographie N°2:   GASSIAN, "chanson(s) française"

Biographie de Claude GASSIAN (sur le site, on peut commander des tirages de ses photos des Rolling Stones... AIlleurs, pour une photo de COHEN, il vous sera demander 1800 euros pour un tirage 50x40), et encore là, 5000 livres pour une magnifique photo (32x42) de Gainsbourg et Jane B ou Miles Davis (18x20) pour 1800.

Articles sur le livre sur Madame Figaro,  aetaa  Idolesmag

Livre  39,95 euros sur le site de l'éditeur GLENAT  

Extrait du texte promo:

Des images pour la plupart jalousement conservées, comme un jardin secret. Au fil des années, un style et une écriture photographique s’affirment. Une confiance entre le photographe et les artistes s’installe alors, lui permettant de les montrer sous un autre jour, plus authentique, loin de l’image officielle, presque anonymes. 

Tout au long du livre, les cadrages, les lumières et les compositions de Claude Gassian se répondent au fil des pages, instaurant un véritable dialogue entre chaque image. Au total, 250 photographies, inédites pour la plupart, nous montrent la pluralité de la chanson française, de Jacques Brel à Daft Punk, en passant par Jean-Jacques Goldman ou NTM, Mylène Farmer, Oxmo Puccino, Alain Bashung, Vanessa Paradis, Lou Doillon ou Matthieu Chedid... Dominique A signe des textes personnels, décalés parfois, mettant en lumière ses impressions sur la chanson française, en résonance avec ces magnifiques photographies.

Chanson(s) Française(s) est le premier ouvrage de la collection musique dont Glénat a confié la direction à Jérôme Soligny. Homme de musique et de mots, Jérôme est auteur, compositeur (pour Etienne Daho notamment – « Duel Au Soleil », « La Baie »), journaliste, écrivain (Je suis mort il y a vingt-cinq ans, Writing On The Edge, David Bowie ouvre le chien, With The Beatles...) et conseiller de la rédaction à Rock&Folk depuis le milieu des années 1990.

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 2 Janvier 2018

Bon, on peut rêver mieux pour commencer l'année (et aussi comme titre d'article, effectivement)... mais voilà, c'est l'actu. Après Anne-Marie Paquotte (Murat avait pour elle sorti de la malle l'inédit "mille morts"  - on en parlait avec P. Barbot), c'est une autre journaliste qui a eu un rôle dans le démarrage de carrière de Murat dont on apprend la mort:  Mychèle Abraham. Europe 1 indique: Chlorophyle. Animatrice radio, Mychèle Abraham avait été aux manettes de Chlorophyle, Rock-à-Mimi ou encore Parano, des grandes émissions musicales. C'est elle qui avait fait découvrir Jean-Michel (sic)Capdevielle, Jean-Louis Murat ou encore Wiliam Sheller.

http://www.europe1.fr/medias-tele/mychele-abraham-ancienne-voix-deurope1-est-morte-3533708

Capdevielle lui rend hommage sur fb:

Ma très chère amie Mychèle Abraham-Lévy est décédée ce matin. Cette femme exceptionnelle a toujours été un exemple de courage, de détermination et d'attention aux autres. Elle me manque déjà, comme me manqueront nos rendez-vous bi-mensuels à la Closerie des Lilas. J'aimais Mychèle et je sais qu'elle m'aimait. Elle a toujours su me redonner confiance dans les moments de doute. Plus que quiconque, elle m'a soutenu à mes débuts musicaux; plus que quiconque, elle m'a encouragé à revenir à la peinture. Mychèle: les moments passés avec toi au cours de ces trois dernières années resteront parmi les plus lumineux de ma vie. P.S. Victor et Alain, je pense à vous et je partage votre tristesse...


Dernièrement, je vous avais proposé la lecture d'un extrait du dernier livre  d'Yves Bigot. Il revenait sur le fameux épisode de "Suicidez-vous le peuple est mort" que seul Europe 1 diffusait à l'initiative de la dame. 

 

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

 

Auparavant, par l'entre-mise de Sheller, Clara avait enregistré avec lui les jingles de la radio : "le résultat était nouveau et s'inscrivait bien dans un style que je dirais "punko jazz" ou art brut que désirait Mychèle Abraham" (Sheller dans "coup de tête").  (Mince, Matthieu, voilà une archive à trouver à laquelle on n'a pas pensé).

Murat parlait aussi d'un coup de main financier dans Platine en 1986:

 

Plus d'infos sur Alain Levy (le mari qui était chez CBS, puis EMI, (Murat n'était pas donc de sa maison en 1981 -c'est un rien compliqué le capitalisme, mais je pense être sûr de l'information).  Levy fut à son tour congédié après avoir "purgé" Emi... en 2007).

Dans Chorus de l'automne 2002, Murat indique qu'il aurait été spectateur du fameux concert de RTL  : "La suite est à peine croyable : Hébey nous a fait monter à Paris pour donner un concert au studio 22 de RTL alors qu'on n'avait aucune carte de visite ! C'est comme ça qu'on s'est retrouvés à jouer devant des gens du métier, comme Alain Lévy, Sapho...".  

Même si c'est sans doute Hebey qui fait circuler la musique de son poulain à l'époque auprès de toutes les maisons de disques, et qui permet à Claude Dejacques  de  découvrir Murat et de le signer chez Pathé, remarquons qu'un petit peu de temps auparavant, Sapho était également recrutée par Dejacques...  et avec le même succès:  "on aura fait 3 disques ensemble, bourrés d'idées, de fantaisies, tout cela exprimé avec humour et force, d'une voix timbrée à son gré. En 1984,  j'ai dû lâcher prise devant les résultats "décevants" que les chargés de statistiques me projetaient devant le nez sur une ardoise grand format. Qu'importe! Elle va réussir maintenant. Il n'y aura plus qu'à rééditer un à un ses albums comme ceux de Daniel Fernandez ou de Jean-Louis Murat. Ça sera bon pour tout le monde"(dans le livre "piégée la chanson...?"). 

http://www.surjeanlouismurat.com/article-dejacques-et-zacha-producteurs-de-murat-en-81-82-part-2-77790374.html

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

 

LES IMAGES EN PLUS

Allez, en guise de  voeux pour 2018, puisque : 

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

voici un bouquet de fleurs d'hiver,

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

Et allez, je rajoute : un petit aperçu du glacier des deux alpes avec les sommets sous le vent, et les festivités du réveillon... sous la lune.

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 28 Décembre 2017

Je suis très attaché à mes liens en plus... sans que ce soit une relation masochiste non plus... En voilà plein pour rattraper le retard. Certains relèvent vraiment de l'anecdotique (voire du remplissage), d'autres pouvaient bien faire un article, d'autres sont importants, mais doivent rester dans l'ombre d'un fourre-tout... même si cela me permet à nouveau de partager avec vous les mots de Matthieu.

LE LIEN D'OUTRE-RHIN ET DE SAISON EN PLUS

Un blog allemand nous propose une petite dissertation littéraire et musicale sur l'hiver... Et a sélectionné "il neige" de Murat.

https://rotherbaron.com/2017/12/26/musikalische-winterreise-teil-3/

Google traduction nous permet de comprendre le propos (je laisse tel quel la traduction: c'est plus amusant):

Par la dissimulation, la transformation ou la «fragmentation» des apparences communes dans la frénésie des flocons de neige, l'hiver leur permet de s'en détacher. Il nous invite à un état de contemplation contemplative, qui est l'exigence fondamentale de toute expérience mystique. C'est aussi perceptible dans une chanson de Jean-Louis Murat, qui tourne aussi autour de l'expérience de «naufrage» dans la neige. Le fait que le titre de la chanson corresponde à celui de Lise Martin peut aussi s'expliquer par le fait que tous deux viennent de la région Auvergne, c'est-à-dire d'une région aux altitudes où des expériences hivernales encore authentiques sont possibles. Né en 1952, Jean-Louis Murat - actuellement dénommé Jean-Louis Bergheaud - exprime son attachement à sa région d'origine en se qualifiant d'artiste d'après le lieu où il a grandi (Murat-le-Quaire) est.Mais surtout, ce chansonnier est proche du bouddhisme, dans lequel le renoncement au monde des choses matérielles et des phénomènes extérieurs est une condition préalable essentielle à l'avènement de la paix intérieure. Ainsi, «l'être supérieur» responsable de la transformation hivernale du monde dans la chanson lui ajoute autant de souffrance qu'elle-même, détruisant les fondements de la vie naturelle et donc de sa propre «création». Le «grand silence», le seul qui reste, apparaît d'abord comme un couteau que l'on tient à la «gorge nue». En même temps, cependant, c'est le préalable à une expérience révélatrice dans laquelle, dans un bref moment d '«omniscience» intuitive, le «mystère» de l'être devient accessible. Comme Mariee Sioux et Lise Martin (ici, surtout, dans les sons d'introduction), l'immersion intérieure de Jean-Louis Murat, provoquée par les chutes de neige, s'accompagne d'une musique contemplative qui reflète une rupture avec l'imagerie extérieure.

LES LIENS D'OUTRE-QUIEVRAIN EN PLUS

1) http://www.moustique.be/19937/la-bo-du-moment-glass-museum-murat-mathias-bressan-et-un-petit-coup-de-we-will-rock-you

Jean-Louis Murat a ressorti sa collection de Playmobil, ses autos Matchbox et est allé acheté un sac de gravier chez Brico pour le clip très conceptuel de Travaux Sur La N4, titre extrait d’un nouvel album 100% expérimental. "J’ai voulu faire un disque à l’envers ", se justifie le prolifique artiste auvergnat. On salue son audace artistique mais  on vous prévient: c’est un disque, disons, exigeant. Accompagné sur plusieurs esquisses par Morgane Imbeaud (ex-Cocoon), qu’on entend d’ailleurs ici, Murat colle des zestes de chanson, de l’électro minimaliste, du jazz et des divagations poétiques dont il a le secret.  Joli clip.

2) Gael est un magazine féminin belge... et ils trouvent Travaux sur la N89 propre à déclencher des déhanchements : "3 nouveautés qui vont vous faire bouger en 2018". Si!

https://www.gael.be/lifestyle/culture/musique-3-nouveautes-qui-vont-vous-faire-bouger-en-2018

On aime quand l’Auvergnat nous emmène par monts et par vaux, sur le chantier de sa créativité débridée, au carrefour entre le chant des oiseaux, les arrangements rétro et l’électro, le bruitage et les mélodies addictives. À l’écoute de cet ovni musical poétique, au détour d’une pensée pascale, d’une histoire d’amour, de dispute, de paternité ou de chat, on pense à certains concerts aux impros génialement en vrille que Murat nous avait offerts au début des années 2000.

LE LIEN MICROCRITIQUE EN PLUS

On n'a pas vu passé d'article dans le PARISIEN, mais E. MAROLLE (768 followers)  indique sur instagram que Ça fait du bien quand Jean-Louis Murat retente des choses..."Travaux sur la N89", nouveau chantier expérimental #Murat #Music

https://www.instagram.com/p/BdM8l4Un8Rh/

 

LE LIEN CLASSEMENT DE L'ANNEE EN PLUS

On avait déjà croisé le site "Clairetobscur.fr' consacré à la musique progressive dans ces pages (l'article qui parlait de cette musique à l'occasion de l'album BABEL.)

Les rédacteurs viennent de proposer leur TOP 2017, et on y trouve "Travaux sur la N89" dans un des classements. On apprend aussi en commentaire que l'album sera chroniqué.

http://clairetobscur.fr/tops-et-flops-2017/

 


LA CITATION EN PASSANT EN PLUS

"L’univers poétique, c’est toujours un peu « Bricorama » en action. Instinctif".

J'ai retrouvé cette citation dans mon article "babel prog?" indiqué ci-dessus alors même que Moustique.be parle aussi de "brico" dans son petit texte ci-dessus.  J'ai trouvé qu'elle collait bien à "Travaux sur la N89", qu'on a parfois dit d'une qualité "littéraire" moindre que les autres albums. C'est sans doute vrai, mais cela n'empêche pas d'imposer un "univers poétique".

C'est une autre citation qui est mis en avant sur le site entrepreneur.zen  (car il semble qu'on peut se développer personnellement en développant son portefeuille):

 

amen.

LA CHRONIQUE  EN PLUS POUR CONCLURE OU PRESQUE

Alain Birman dans Longueur d'ondes a aimé les travaux.

http://www.longueurdondes.com/2017/11/30/jean-louis-murat-3/

Ce nouvel opus abandonne la facture folk-rock prisée depuis le début du siècle au profit de l’électro. Les machines qui en 2000 accompagnaient la tournée Mustango, ont repris du service sous l’égide de Denis Clavaizolle, fidèle des débuts, en retrait (à l’exception de l’album Charles et Léo en 2007) durant la décennie écoulée. Parler de renouvellement est une évidence, un geste anticommercial assurément, car la matière musicale proposée, hors quelques fulgurances mélodiques, rechigne à caresser en frisant parfois la dissonance. Le propos assez peu perceptible au début du disque semble d’abord un rien désabusé, puis émeut au détour d’une ode au cocon familial, pour virer en comptine un peu plus avant. Des voix féminines, celles de Morgane Imbeaud et Sonia Hizzir, masculines aussi, Matt Low et/ou Alain Bonnefont, s’invitent au festin. Passée la première écoute un peu déconcertante, la proposition séduit. Par certains aspects, à l’instar de Lou Reed, Murat sort son Metal Machine Music, un geste dadaïste qui va faire couler beaucoup d’encre.

Un petit article sur le site a été ajouté à propos du clip:

http://www.longueurdondes.com/2017/12/24/jean-louis-murat-4/

Fin novembre, Jean-Louis Murat invitait à prendre la route entre Lyon et Bordeaux avec son dix-septième album Travaux sur la N89 sur lequel les guitares se taisent pour faire la part belle à une pop électro aux sonorités synthétiques. Un opus qui marque la renaissance de sa collaboration avec le claviériste Denis Clavaizolle. Réalisé par Yannick Demaison et Alexis Magand, le clip de ce premier extrait signe le retour de l’auteur-compositeur-interprète auvergnat qui suit ses inspirations, aussi étonnantes que déroutantes, dans l’immense chantier de la chanson française.

LE LIEN UN DOIGT EN PLUS DANS...

Pour l'intro, je te laisse libre, je préférerais éviter les allusions à Bataille, ça n'apportera rien (ou alors des emmerdes et de la fatigue).

Allez, bon week-end à toi. Tout ça (Bataille), comme disait l'autre, c'est du clapotis... Hélas, ce clapotis est aussi celui de notre (triste) époque...
 

Bon, bein, désolé Matthieu... On va en parler un peu, tant pis pour les emmerdes et la fatigue... puisqu'il ne s'est pas encore soigné: Le "Biographe" de Murat se gausse des ventes du dernier Murat en pourfendant, sa lubie,  "la critique servile" dans un article sur son blog

J'ai eu envie du coup de replonger dans les mails de Matthieu souvent implacables, devant le refus de dialogue  (ses propos ont d'ailleurs une portée beaucoup plus larges par moment: il nous explique l'impossibilité de dialoguer avec certains). Et pourtant, au départ, M. était prêt à estimer le bonhomme, qui osait faire une bio non autorisée, qui de sa province, pouvait à juste titre critiquer un peu les gens établis... Je vous livre quasi-intégralement les propos de M., parfois un peu répétitifs, il est vrai que c'est un épisode qui a été désagréable pour lui. Il n'aimait pas les conflits...

D'ailleurs, si je n'ai jamais publié la critique complète de "coup de tête", c'est que Matthieu m'en avait dissuadé:

Non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Dans un de mes commentaires (supprimé depuis), je lui faisait remarquer que, en supposant que JLM ait quelque chose contre son bouquin, il ne pourrait de toute façon rien faire pour que Bataille admette que son travail puisse laisser à désirer sur tel ou tel point : quand JLM ne fait pas de commentaire, ça veut dire que Bataille a raison ; s'il ne lui fait pas de procès, idem ; si, à l'inverse, il déchire le livre, c'est qu'il gêné par la vérité, donc que Bataille a raison... Le principe d'une idéologie totalitaire est que, quoi qu'il arrive, elle interprétera toujours la réalité comme lui donnant raison. Toi, quoi que tu dises ou écrives, tu resteras un mec jaloux de ne pas avoir publié un bouquin dans une grande maison d'édition, hystérique, aveugle, ne connaissant rien aux réalités du système, etc. Le dialogue est pratiquement impossible. Regarde, lorsque j'ai sorti l'extrait de Fred Hidalgo confirmant que JLM était prêt à bosser sur une biographie avec Théfaine, il a réagi en balançant un extrait du mail de Yann et en expliquant que les témoignages du fils et de la mangeuse (censée être tarée, par ailleurs) de Murat avaient quand même plus de valeur que celui d'un obscur directeur d'une revue disparue depuis dix ans. Et quand je lui fais remarquer qu'il ne parle pas tout à fait de la même manière de Kemper* qui a pourtant un profil comparable à Hidalgo, alors là, il efface tout...
                                      *NDLR: Kemper (qui a chroniqué "coup de tête") était  par ailleurs  dans la même maison d'édition que Bataille... Et pour en parler, Bataille le présentait sur son blog...avec comme seule mention oh combien honorable: "ex-chorus"... La mesure de la valeur évolue vite chez M. Bataille.
 
     En plus, le souci est qu'il multiplie tellement les approximations, les propos malhonnêtes et les inexactitudes, qu'il faudrait tout démonter point par point pour lui répondre de façon efficace et que du coup tu te retrouves à écrire de longues analyses qu'il traite de logorrhées... Bref, ce n'est pas tenable.
     Prends l'exemple de Télérama et des Inrocks, qu'il accuse de complaisance. Bien sûr qu'historiquement, ce sont deux journaux qui ont largement soutenu Murat, tout le monde est d'accord là-dessus. Mais si l'on rentre un peu dans le détail, on peut sortir des propos mitigés d'Arnaud Viviant, le billet dur de Conte, des jugements très négatifs de ce dernier contre Grand Lièvre... Et quant à Télérama, on ne peut pas dire que l'ITW de Lehoux pour Babel ait été un modèle de cirage de pompes, c'était même plutôt un entretien un peu rentre-dedans et il était très bon. Les jugements émis dans Les sonos tonnent ne sont pas toujours très élogieux non plus. La réalité est donc plus contrastée que la caricature qu'il en fait. Quand Renaud tacle JLM sur les 22 une de Libé, ça a le mérite d'être drôle et argumenté (au moins dans sa longue réponse à Murat).
 
      Par ailleurs, il utilise des arguments dans tous les sens, sans cohérence : d'un côté, il accuse les Inrocks de censurer son livre parce qu'il y rappellerait deux ou trois punchlines envoyées par Murat au journal ; de l'autre côté, il accuse ce même hebdomadaire d'être trop complaisant envers Murat... qui a sorti ces propos qui ont fait qu'il n'a pas parlé du livre ! Donc, le journal censure le bouquin, mais pas le type qui a critiqué le journal (?)
      Pareil pour Manœuvre. Un coup, R&F est accusé de censurer son livre parce que Bataille aurait écrit du mal de Manœuvre dans son bouquin sur Indochine. Un autre coup, ce serait à cause de la déclaration d'Hébey contre Manœuvre dans la bio de Murat. Sauf qu'en 2011 ou 2012, je ne sais plus, Bataille se demandait sur son blog si Manœuvre n'était pas le "Goebbels de la presse rock"... À un moment donné, tu ne peux pas passer ton temps à insulter les gens, puis te plaindre qu'ils t'aient un peu dans le pif. La figure du paria, c'est une figure qui hante la droite extrême dans ce pays (cf. Le Pen pendant des années ou aujourd'hui Soral et Dieudonné). Mais alors le paria dénué d'humour sur soi, c'est terrible...
      Enfin, pour te dire : j'ai retrouvé l'autre fois un post de cet été où il s'en prenait à une maison de disques à cause d'une faute de frappe dans un tweet ! Le mec les insulte pour ça... Idem pour Nuc quand il se goure sur le titre d'un album dans la nécro de Delpech. Ou pour R&F qui n'a pas mis un "s" à interview sur une couverture, pour la rendre plus vendeuse. Mais alors lui, interviewer son employeur (Assayas) pour Causeur et déformer ses propos pour réussir à titrer "Causeur est rock !", déontologiquement, ça ne lui pose pas de problème... Tout est comme ça. Il donne des leçons d'élégances à Altlantico et se comporte grossièrement avec Bettina Rheims, au lieu de tout bêtement admettre qu'il y a eu erreur de communication. Il joue les rebelles, puis te menace (et moi l'année d'après) de poursuites judiciaires. Il se plaint d'être bloqué sur Twitter, puis censure mes commentaires... Tu vois, commencer à lui répondre, c'est entrer dans une guerre sans fin dont il ne peut être que le vainqueur, puisqu'il n'est pas prêt à envisager le contraire.
 
     Voilà, c'est de ma faute, on perd encore du temps avec ce mec. Pffffff.... Allez, à plus.
 
 
Après avoir professé le mépris, Matthieu est allé commenter sur son blog, et Bataille, acculé par ses arguments, a effacé tout cet essai de dialogue que Matthieu m'avait un peu résumé ici:
 
Ah, Bataille, ça fait quelques jours que je ne lui ai pas rendu visite... En même temps, à chaque fois que je l'interpelle, il me fait un procès en anonymat, puis s'écrase dès que je développe (longuement, il est vrai) quelques arguments...
 
"Edit: notre téméraire Olivier Nuc, l'homme qui voulait lire Jean-Louis Murat : Coups de tête avant tout le monde (au nom du Figaro) pour finalement n'avoir ensuite "rien à en dire" (selon ses propres termes), a visiblement mal pris ce présent post puisque, à son tour - après Valérie Lehoux (Télérama...) et Christophe Conte (Les Inrocks...), il vient de me bloquer sur Twitter ! Mini-Strike ! C'est trop d'honneur Oliv', merci ! J'espère que tu seras à nouveau le premier à lire mon prochain livre."
     Ça, c'était hier, mais il en a remis une couche depuis sur Nuc/Lehoux...
 
     Sur son blog, on peut toujours lire ce commentaire laissé sous un article précédent :
 
"Jeudi dernier, Sébastien Bataille regrettait d'avoir été bloqué sur Twitter par deux de ses confrères et s’indignait de cette mise à l'écart en ces termes :
 
« Ces âmes sensibles se permettent d'insulter à tour de bras ceux qui n'ont pas la carte dans leurs médias ou sur les réseaux sociaux, le plus naturellement du monde, mais dès qu'on vient les chatouiller eux, ils ne l’acceptent pas. Étonnant non ?
Ces petites natures intouchables n'ont pas vu grand chose dans leur vie de bobo on dirait. »
 
Deux jours plus tard, M. Bataille supprimait trois commentaires rédigés par un lecteur attentif [M] en vue de compléter certaines de ses approximations, de corriger ses inexactitudes et de pointer du doigt le caractère très relatif de son impartialité.
Il effaçait également les quelques commentaires laissés précédemment par le même lecteur au cours des dernières semaines et faisait disparaître de ses propres articles les injures et menaces de poursuites qu'il avait émises à l'encontre du commentateur en question.
 
Samedi 20 février 2016 : le jour où Daniel Balavoine s'est retourné dans sa tombe, gêné d'être vénéré par un censeur…"
 
     En revanche, cet autre a été effacé :
 
"Je rappelle, cette fois à vos "milliers de visiteurs mensuels", qu'en remontant dans les archives de votre blog, ils pourront aisément constater que vous recommencez (déjà) à user d'un procédé d’auto-victimisation commerciale utilisé pour votre ouvrage sur Duran Duran... Dont le principe est grosso modo le suivant :
a) j'annonce avant la sortie du livre que ces gros-tocards-de-journaleux-français-qui-n'y-connaissent-rien ne vont pas parler de mon livre-inattaquable,
b) une fois le livre-parfait en question sorti, je reproche jusqu'à la fin des temps à ces merdeux-lâches-et-malhonnêtes de ne pas avoir parlé de mon chef-d’œuvre…
En même temps, c'est dans les vieux pots qu'on fait… vous m'avez compris."
 
      Ouais, ouais, ouais... Ben, il faut s'habituer à l'idée qu'on va entendre ce bruit de fond pendant toute la compagne promo de JLM... C'est le vieux principe gauchiste provocation-répression-mobilisation mis en œuvre par l'autre bord politique : je cherche la merde, puis je m'étonne que ce soit la merde. J'insulte, puis je me pose en victime du système bien-pensant-bobo-politiquement-correct... Ça vole haut...
 
      Allez, bon appétit (je sais que tu lis ce mail à la cantoche, en mangeant un plat de lentilles).

 

Matthieu a été très affecté je crois par cet épisode, suspectant même que le Monsieur vienne poster des commentaires désagréables ici, ou lui accordant une petit effet dans l'évolution du traitement médiatique de Murat.

  Pour revenir à Murat, tu sais que la bio a pu lui faire du mal : sincèrement, quand tu lis la soi-disant compilation de pur "nectar" de je ne sais pas quelles conneries d'aphorismes, enfin bref, la section où Bataille se sert de JLM pour régler quelques comptes et l'arrimer au camp des gros réacs provocateurs qu'il adore, sans aucun souci de donner un aperçu exact d'une pensée, ni même de concevoir un réel recueil d'aphorismes, bref, quand tu lis ça, tu n'as pas forcément envie de passer un moment avec Murat... Le coup de la tarlouze dont on se demande comment il fait jouir sa femme, puis du trop grand nombre de noirs en équipe de France, puis de la brouteuse, puis des féministes qui sont toutes des salopes, heu... comment dire... Ça peut être un peu étouffe-chrétien quand on ne connaît pas le bonhomme ou qu'on n'a pas l'esprit ranchero. Il suffit que quelques attachés de presse influents ait lu le bouquin (pour leur travail) et ça peut dissuader certains de l'inviter. C'est une simple hypothèse.

Attention, je n'ai pas écrit que c'était la faute de, mais que le livre avait pu jouer un rôle. Et ce n'est pas parce que les propos cités sont bien de Murat que la compilation de Bataille n'est pas malhonnête pour autant. Tu veux qu'on cherche ensemble les déclarations de JLM sur les féministes (tiens, dans Point de vue), Les Inrocks ou le rap qui vont totalement à rebours de ceux que cite Bataille ? Sa compilation n'est ni un aperçu aussi exact que possible de la pensée muratienne, ni un recueil d'aphorismes, la moitié des citations n'ayant rien de drôle (alors qu'avec Murat, il y avait de quoi faire !). Nous savons l'un et l'autre que si le discours public de JLM se résumait à ce qui est compilé dans cette section du livre, nous ne nous intéresserions pas autant à ce qu'il fait depuis des années ni toi, ni moi, ni un certain nombre de muratiens d'ailleurs (je n'inclus pas Didier dans le lot)... C'est tout ce que j'ai voulu dire, je ne le dédouane en rien (souviens-toi d'ailleurs des circonstances dans lesquelles tu eus ce coup de foudre pour moi - qui contribua à ta perte - à la Fnac de Lyon, alors que je lui reprochais de virer vieux con...).

 

Je pense que cela n'a peut-être pas été sans influence sur les futurs travaux de "biographe" (pour le coup, ça mérite ce nom) de Matthieu...  et pour autant, on se disait: "voilà, il suffisait de passer quelques heures à l'INA ou dans les archives de la Montagne" pour avoir des informations, et cela toujours en ayant un œil critique, oeil critique qui le conduira à faire son "manifeste de l'esprit libre": son article qui compile une bonne part des propos les plus virulents contre Murat (article pour masochistes) mais là encore avec recul. J'espère que 'Matthieu aura bien vu que l'article a été publié. Il a mis plusieurs années à l'écrire. Je l'espère tant (d'après la date de publication, il aurait pu le voir).
 
Allez, pour être complet, voici encore quelques propos de M :
 
Tu l'as sûrement déjà lu, mais dans le doute, je t'envoie un extrait du commentaire que Fred Hidalgo avait laissé en 2013 en réponse à Didier, sous son article sur le décès de Jean Théfaine. Si jamais tu écris un jour ta critique du bouquin de Bataille, tu pourras l'utiliser (si tu veux), il détruit l'un des ""arguments"" auto-promotionnels de l'auteur (celui qui consiste à dire, en l'attribuant à Marie Audigier, que JLM s'est toujours opposé à tout projet de biographie, propos inévitablement suivi de la mention : et on comprend pourquoi quand on lit mon superbe livre !!!). On le savait déjà, mais là ce sont les mots d'Hidalgo lui-même qui, dans le domaine de la chanson, est un peu plus une "référence" que certains journalistes dont Bataille se félicite d'avoir obtenu les éloges...
 
Un peu plus tard:
 
Tu as vu, Hidalgo vient de donner des détails supplémentaires sur la biographie qu'a toujours catégoriquement refusée Jean-Louis Murat... C'est amusant, parce que sur la même page, Bataille écrit que JLM ne se retourne jamais en arrière. Sauf qu'à la même époque, il reprend Passion Privée sur scène, garde deux des titres sur sa tournée suivante, reforme Clara le temps d'un concert et envisage de sortir les enregistrements du groupe... Mais à part ça, il ne se retourne jamais. Tu me diras que JLM ne doit pas être le sujet le plus simple pour une bio, je veux dire une bio sérieuse.
     Allez, ne polémiquons pas avec ce garçon outre mesure, il viendra de lui-même sur le blog et lira. Et quand il verra dans un même article deux ou trois infos à côté desquelles il est passé, bah... il ne se remettra pas en question, mais ça le regarde. Qu'il nous serve de contre-modèle dans notre travail pourquoi pas, c'est un moteur comme un autre ; mais ne nous épuisons pas à essayer de lui démontrer ceci ou cela. Ce serait une perte de temps et nous finirions par nous comporter aussi connement que lui.
 
    
Oui, en effet... Mais que ce soit clair, je publie tout cela pour faire parler Matthieu encore un peu... et il est hors de question de polémiquer ensuite ou de répondre à ce monsieur. Il n'en vaut pas la peine:
 

Je ne comprenais pas vraiment ton histoire de chronique de Morituri par la copine de Bataille, mais je viens de lire et de vérifier : donc, le mec considère comme le seul article intéressant sur le disque celui écrit par... sa compagne, qui en profite dans cet article pour souligner à quel point la biographie signée... par son mec est excellente ?! On parle bien du type qui fait un caca nerveux quand R&F pratique une titraille un peu limite ou qui insulte Nuc parce qu'il s'est trompé dans le titre d'un album de Delpech dans sa nécro ? Du mec qui se pose en professeur de déontologie dans la moitié de ses articles ?! Heu... Bon. Soit. Après tout... Je serais curieux de voir ce qu'il vaut dans son job de travailleur social ce gars-là...
   

Sans commentaire (pas de trève de NOËL pour les con.fiseurs).

Merci pour tout Matthieu Guillaumond. Tu nous manques.

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89

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Publié le 26 Décembre 2017

En premier lieu, j'expie:   J'ai fauté, j'ai oublié ma litanie, mon crédo, ma confiture... En pleine promo, j'ai lâché l'affaire, et vous ai lâchement abandonné. Et bien, je l'ai très bien vécu. Alors vous avez intérêt à être gentil avec moi... En plus, après 8 ans d'ordi portable sur les genoux devant la télé (oui, ça explique un peu la qualité de ma production), mon cou commence à mal supporter la position.   Et Murat, lui aussi, il a intérêt à reprendre la route, vers des salles de concert, parce que ça ne suffit pas du tout de se masturber les manettes en studio. Il peut reprendre le manche ou se faire aider par des machines, peu importe: on veut du plaisir...

Euh,.. bon, j'écris sous état grippal, un peu fiévreux.. donc, j'ai des excuses. Si, j'en ai.

 

1) Et en plus, sachez que j'ai mal à la tête...  D'autant plus après avoir travaillé sur les chiffres de vente de Travaux sur la n89. Addition, soustraction, et tableaux excel avec des classements qui n'étaient pas présentés de manière identique et avec ce qui m'apparait comme des incohérences, j'ai frisé le burn out... et puis autant vous dire, que ça ne met pas en joie non plus. 

En effet,  même les fans ont déserté. La première semaine, l'album est rentré au 56 e  rang (physique et download) ou 73e (avec le streaming) pour un total de vente de 1860 ventes (dont 156 téléchargements et 80 vente streaming). Morituri avait été vendu à 2455 (18e). Auparavant, seul Tristan avait fait une entrée plus timide à la 24e place.

En 2e semaine, 762 ventes et 49 download (162e  ou 115e pour le classement vente album physique).

En 3e semaine (8/12 au 14/12), 542 ventes physiques (164e)...

L'absence de promo télé, le peu de radio sont préjudiciables à la petite vie de cet album... Je pense aussi que  beaucoup n'ont pas osé aller plus loin que leurs premières impressions en ne procédant pas à l'achat.... alors que c'est un album qui se découvre après plusieurs écoutes.

Petit réconfort... enfin, gros:  INDOCHINE est toujours au top avec le dernier album, qui contient une chanson de Murat. 12 000 albums encore vendus (début de décembre) alors que l'album est sorti en septembre! (Daho lui a vendu 16 000 disques en première semaine avec Blitz).

2) Le camarade Baptiste Vignol,  hyperactif depuis quelques temps (je n'ai même pas réussi à vous parler de toute son actualité livresque: là, il vient de sortir son "Barbara" ) a quand même réussi à nous écrire sa petite chronique sur TRAVAUX SUR LA N89. Et l'amateur de chansons françaises a apprécié...

http://delafenetredenhaut.blogspot.fr/2017/12/travaux-sur-la-n89.html

Un peu plus loin dans le blog, une interview intéressante de Gérard Davoust à propos de Renaud.

3)  Matt Low vient de terminer son marathon d'une chanson par semaine... ET il termine pour la 21e avec une nouvelle mise en musique de Murat:

C'est quoi c'type
Qui va sur l'Avenue ?
Est ce bien moi
Qui monte (hue!) une rosse ?
On dit Bijou
Rue de Paris
Que je monte une rosse

C'est quoi c'kid
Qui va sur l'Avenue ?
Est ce bien moi
Qui monte (hue!) une rosse ?
On dit Bijou
Rue de Paris
Que je monte une rosse

Monter une rosse

C'est quoi c'type
Qui va sur l'Avenue ?
Est ce bien moi
Qui monte (hue!) une rosse ?
On dit Bijou
Rue de Paris
Que je monte une rosse

Monter une rosse

Quel idiot
C'est le roi
Pour l'été
Qui s'en va
A St Cloud

Quel idiot
C'est la reine
Qui s'en va
Pour l'été
A St Cloud

Et on n'oublie pas  non plus , messieurs dames,  la version excellente de "comment fait-tu ça" (signé aussi Murat) en duo avec Alain Bonnefont et une voix qui me parait de plus en plus grave...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89

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Publié le 15 Décembre 2017

... Ah, mon Dieu, qu'on perd vite le fil...  Déjà 10 jours que je n'ai rien publié... J'avais pourtant quelques actus sous le coude.

Enfin, soit...  Voilà donc une interview passionnante... certes, où l'on s'amusera  du retournement de veste de cow-boy au profit d'un sweet à paillettes... en terme de référence musicale mais ce n'est pas la première fois... Je préfère en tout cas ça au discours "je n'écoute rien, que des vieux disques, et dans ma voiture"...   La réponse sur Denis est intéressante car elle élargit nos connaissances sur leur relation, la remarque sur Marie Audigier est plutôt rigolote (et fera une phrase supplémentaire sur un article : "murat est-il meilleur quand il est malheureux?")...  et enfin, Murat nous ouvre une nouvelle perspective de lecture en parlant de 1789 pour parler de "travaux sur la n89". Je note aussi que j'avais bien vu la référence à CORDES... qui est le château de Cordes où a été enregistré en partie Cheyenne autumn.  Là, encore, Murat indique qu'il a semé des petits cailloux nombreux dans le disque... Ne le décevez pas: essayez de les retrouver... (cf la voix de Freud... pour penser à Matthieu) 

http://www.lesinrocks.com/2017/12/14/musique/video-en-exclu-et-entretien-rare-avec-jean-louis-murat-artistiquement-le-flou-de-lidentite-sexuelle-fait-tout-111021440/

À la sortie de Morituri (2016), ton précédent album, tu avais laissé planer le doute sur ton avenir discographique et te revoilà déjà avec Travaux sur la N89, seulement dix-huit mois après…

Ça m’a pourtant paru infiniment long. Dix-huit mois, c’est le temps de faire deux bébés… Je ne suis pas non plus un esclave. Ce n’est pas parce que l’on qualifie mon album de “merde” que je vais m’arrêter pour autant. Ma discothèque est d’ailleurs remplie d’albums qualifiés ainsi à leur sortie ! Dans la musique, les gens sont quand même un peu tordus. Quand on descend l’un de mes disques, j’ai de grandes chances qu’il soit réévalué avec le temps. Ce n’est donc pas une appréciation critique négative qui me fait quoi que ce soit.

Comme le titre de l’album le suggère, tu es parti sur un nouveau chantier, en remisant les guitares au placard…

Je n’ai effectivement pas apporté une seule guitare en studio. Depuis Robert Fripp et Sonic Youth, la guitare a craché tout ce qu’elle pouvait cracher. Alors, à quoi bon ?

Pourtant, la plupart de ta discographie est nourrie par la guitare.

C’était ma période d’esclavage. Sur Babel (2014), j’avais essayé de sortir du Middle West pour m’ancrer à La Bourboule. Fini le folkeux hors sol, place au chanteur AOC. Comme je le disais récemment à mes amis de Clara, mon premier groupe, nous avons commencé la musique à la fin des années 70 avec des machines : Minimoog et boîtes à rythmes lambda. Je me souviens que sur nos affiches de concert, nous avions écrit “rock européen”. Avec Travaux sur la N89, je suis content qu’il n’y ait plus rien de Californie, des Rocheuses, de l’Iowa ou du Tennessee. J’ai liquidé mon rapport de vassalité trop élevé à la musique américaine.

Pour ce disque, tu as retrouvé Denis Clavaizolle dans son studio de Cournon-d'Auvergne.

Je suis arrivé chez lui les mains dans les poches – ça l’a rendu dingue. Je n’avais rien de rien, même pas le début d’une maquette. Nous n’avons donc fait que des expériences sonores. J’essayais, par exemple, des boîtes à rythmes d’après leur couleur… C’était très très fun. Au bout de cinquante-et-un jours de studio, Denis m’a foutu à la porte. Il en avait marre, et je suis parti en courant.

Comment se sont passées vos retrouvailles ?

Avec Denis, nous sommes arrivés à la conclusion que nous étions parfaitement complémentaires et redoutablement efficaces au travail. Pourtant, on ne s’entend pas du tout. Nous ne sommes d’accord sur rien et nous ne serons jamais amis. Alors, on a fait un deal à la Jagger/Richards, en évitant tous les sujets qui fâchent et en restant uniquement concentrés sur le travail. Comme j’exagère tout le temps, Denis me supporte jusqu’à ce qu’il finisse par exploser. En studio, il y a une tension permanente entre nous.

Encore une fois, tu cartographies ta région natale en chansons.

Ce qui me plaisait dans le titre de l’album, c’est que je suis un républicain façon 1789. Autrement dit, l’idée de nation définie en 1789 reste en travaux – Travaux sur la N89 est d’ailleurs le premier titre qu’on ait terminé. Je ne peux pas m’empêcher de faire l’intello à trois balles, en revenant aux sources de la chanson. Car ça fait près de quarante ans que les chanteurs de 1981 nous font chier. Jean-Jacques Goldman et Francis Cabrel sont encore et toujours les plus diffusés sur les ondes françaises. 1981 est l’envers absolu de 1789. J’aime bien remettre un élément de la société française dans la chanson. Tout est en chantier, ce qui tombe bien puisqu’il y a encore des travaux sur la nationale 89. L’État laisse tomber l’ancienne RN89, qui est totalement démantibulée, désarticulée, donnée à Pierre, Paul ou Jacques. Selon moi, ce démembrement est symptomatique des agitations de la société française et de la perte du fait national esquissé en 1789. Je ne porte aucun jugement, je constate simplement. Depuis toujours, je me sens un enfant de 1789. Il suffit de réécouter certains morceaux de Cheyenne Autumn (1989) : Deux siècles d'or/N'ont pu tuer/Ce chant heureux/De la jeunesse”.

La constance, c’est bien l’un des traits de ta personnalité.

Il y a effectivement des constantes en moi, qui rythment ma discographie (Sourire.) Ma fascination américaine, c’est Cheyenne Autumn, en référence au film le plus antiaméricain qui soit et où l’on voit l’obstination du petit homme blanc dégénéré à tuer les Indiens, en l’occurrence les Cheyennes.

 

C’est aussi l’automne de Tarkovski. Pour moi, John Ford et Andreï Tarkovski, c’est pareil. Il y a d’un côté le Far West extérieur, et de l’autre, le Far West intérieur. En faisant découvrir Le Miroir (1975) de Tarkovski à mes enfants, je me suis rendu compte que toute l’imagerie des clips relayés sur MTV depuis quinze ans singeait Tarkovski. J’avais déjà surpris Midlake, avec un culot insensé, s’approprier les images d’Andreï Roublev (1966) pendant leurs concerts. Autant dire que c’est terminé avec Midlake, un groupe que je vénérais pourtant. Pour finir de répondre à ta question, si Cheyenne Autumn était mon disque anniversaire de 1789, Travaux sur la N89 célèbre l’anniversaire de 1917.

Entre ces deux albums, il y a notamment eu Dolorès (1996), où l’on n’entendait plus la guitare.

J’ai enregistré beaucoup de disques et de chansons sur les souffrances insensées que m’ont fait supporter les filles. Avec mon cœur d’artichaut, j’ai souffert de l’amour des femmes. Aujourd’hui, je m’en fous : je suis entouré de filles entre 6 et 17 ans. Je suis un père et un grand-père à plein temps. Ça me paraît insensé d’avoir fait un disque comme Dolorès. Il n’y a pas de quoi se fouetter autant pour quelques paires de fesses. J’ai extraordinairement souffert à cause de ma manageuse, Marie Audigier. Je me demande si elle ne le faisait pas exprès pour me faire cracher des chansons. (Sourire.)

 

En écho à ta chanson Fort Alamo qui ouvrait Dolorès, il y a d’ailleurs un morceau qui s’intitule Alamo.
Ma chanson préférée du nouvel album. Avec ce disque, j’étais tenté de composer des musiques de dessins animés à la Tex Avery, croisées avec l’univers du Beta Band. J’ai toujours été dingue de leur premier LP (ndlr. The Beta Band, 1999). Voilà un disque absolument indispensable. Dans l’esprit, je n’ai jamais varié de la démarche du Beta Band. En concert, c’était le rêve – ils se refilaient les instruments et on ne savait jamais à quoi s’attendre. De toute façon, Travaux sur la N89 est bourré de références – le morceau Cordes fait écho au lieu d’enregistrement de Cheyenne Autumn, et ainsi de suite.

Pour ce nouvel album, tu cites parmi les inspirations Mykki Blanco, Frank Ocean ou encore Kendrick Lamar… 

Kendrick Lamar chante aussi bien qu’il rappe et inversement. C’est le Usain Bolt du hip hop. (Rires.) Mais à Clermont-Ferrand, ils ne sont pas très détendus du gilet. Même les musiciens les plus jeunes sont déjà vieux dans leurs têtes, ils ne jurent que par le folk. Alors, quand je leur fais écouter Mykki Blanco, ils partent en courant… J’adore les disques des mecs qui ont des problèmes d’identification sexuelle, comme Mykki Blanco ou Frank Ocean. Musicalement, ça apporte quelque chose de supérieur. Par rapport au penchant extrêmement machiste du rock, j’ai toujours eu un faible pour les chanteurs ambivalents. Je pense, par exemple, à Howard Devoto du groupe Magazine. Dans une soirée privée, je l’avais vu interpréter des chansons d’amour pour des mecs, c’était sensationnel.

Sans parler d’Antony Hegarty…

Je le vénère ! Mon Panthéon serait finalement constitué de types qui ne sont ni à poil ni à plume. Dans la musique, quand il y a cette souffrance-là comme chez Mykki Blanco, ça atteint des grands moments et ça disqualifie tous les groupes sévèrement burnés. Artistiquement, le flou de l’identité sexuelle fait tout. Ça a d’ailleurs fait arrêter Rimbaud. On peut d’ailleurs ainsi dévider toute l’histoire de l’art.

À l’écoute de Travaux sur la N89, on songe aussi à David Sylvian par moments…

Je n’ai pourtant jamais été friand de ses sonorités, ni même de sa collaboration avec Ryuichi Sakamoto. David Sylvian ne m’a jamais vraiment touché. Sans parler de son côté “Je suis tellement bon que je n’écrirais jamais de tube”.

Pour finir, on n’a aucune chance de te voir remonter sur scène.

Je ne tourne plus, non. Ça fait partie de ce nouveau monde – Macron a coupé les crédits, on ne peut plus chauffer les salles, les instruments sonnent faux. Le fiasco financier de mes tournées devant 100, 150 personnes, c’est terminé. Ce qui me manque, en revanche, c’est la vie en communauté. J’adorais quand nous partions sur la route comme dans un cirque. On dort dans le même hôtel, on discute, on débriefe jusqu’à 4 heures du matin – une vraie équipe de foot. À défaut de faire des concerts, j’aimerais beaucoup reprendre la vie itinérante. Je connais tellement de petits villages et des gens formidables. J’ai quand même tourné pendant trente ans. C’est la dimension du job que je préfère.

 
ET voici le clip, réalisé par Yannick Demaison & Alexis Magand (qui viennent de faire le clip de Louane...) : http://www.lamontagne.fr/chamalieres/loisirs/scene-musique/2016/11/30/agence-creative-film-et-musique-elle-propose-video-lumiere-et-art-numerique_12188801.html
les deux ont travaillé avec Morgane Imbeaud: Magand sur son "songes de Léo"... et Demaison est l'autre membre de "Peaks".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89

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Publié le 5 Décembre 2017

- Ce week-end, dans l'Humanité Dimanche (L'huma aime Murat, et ose même un "vive le Maréchal"... enfin, un "vive Murat".

La presse s'empresse (L'humanité et le courrier de l'ouest)

- Dans le courrier de l'Ouest, on apprécie aussi:... et Oui, Jean-Louis, tu as raison,c'est bien de la chronique angevine que voilà...

 

La presse s'empresse (L'humanité et le courrier de l'ouest)

LE TEASER EN PLUS

On finit cet article (la suite arrive demain ou ce soir!)  avec un dernier teaser mis en ligne il  y a  quelques jours...  L'occasion de se pencher sur la signification du terme teaser: message publicitaire aguichant.  C'est vrai que les coups de pelle, moi, ça m'a toujours fait de l'effet.

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89

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