bibliographie

Publié le 28 Mai 2024

bonjour,

je joue parfois au Patron de presse en revêtant mon costume en velours élimé de Paulo mais je reste assez mauvais :  alors que l'événement de  la décennie future se déroule peut-être, offrir en une  uniquement un article tout pourri (suite à un couac de "cache" et une incompétence crasse)... et de découvrir que vous étiez venu en nombre chercher des infos le samedi, et le dimanche.  Mais à vrai dire, c'est tout moi! Et on ne va pas me refaire!  A la fois, dans mon affirmation de blog ranchero - j'ai souvent utilisé ce terme- (5 minutes pour penser, 5 minutes pour écrire?), et aussi parce qu'il est -normalement*-  hors de question de me gâcher la vraie vie pour ça.  C'est pour ça que je me suis retrouvé à crapahuter à Roches-Charles plutôt que d'assister à une table ronde qui de toute façon n'allait pas apporter grand chose, et que c'est hors de question de me gâcher le concert en étant sur les réseaux sociaux.  Et ça me permet peut-être de lutter contre cette idée qui semble répandue que je serais le plus grand fan de France, ou spécialiste.. Je refuse totalement ce titre! Merci quand même aux quelques personnes que j'ai croisées (merci Frank L, Julien...) et qui m'ont parlé du blog.  Je suis toujours touché, et ça permet de repartir.  

*normalement parce que ça déborde  en flyant devant la coopé ou me consacrant beaucoup au Week-end.

 

1)  Ca a tendance à me filer le bourdon, à me rappeler le "bon vieux temps" des sorties d'albums, et surtout en voyant les chiffres, mais la réédition du PARFUM D'ACACIA en vinyle permet à Jean-Louis de se classer dans le top album (vente physique). 46e  avec 192 ventes. Il reste donc après 3 jours, 308 exemplaires à trouver. 

 

2) 

Allez, on continue sur une  autre série d'articles après celle d'hier...  mais avant, vous pouvez télécharger le dossier de presse de la soirée. 

 

- Priorité à M. Varrod, - merci, Didier! selon la tradition - 

En 2014, à la coopé, me et Matthieu, M. et... Didier. 

Tout le monde n’est pas sur la photo mais quoiqu’il en soit ce fut une merveilleuse photo de famille. Celle d’un soir, tous réunis pour @jeanlouismurat. Une succession de symphonies pastorales qui ont cette grandeur de souffler sur nos coeurs d’humbles mendiants qui cherchent désespérément, sur ses traces paysannes à fréquenter la beauté. Des moments partagés, des matins seuls, des nuits sans sommeil à chialer sur nos vies intérieures dérangées, des châteaux en espagne, des mammifères déchus, montagne(s), gardien de troupeau, Babel & Delano orchestra à 11 h du matin en direct pour les 50 ans de @franceinter, Calexico, regrets, Mylène, Camille, Jennifer, Marie, Isabelle, Morgane et d’autres encore, Clermont Ferrand le 25 mai 2025, le goût du désespoir que donne les chansons parfois, pas de manteau de pluie hier soir dans son pays d’Auvergne, et tout simplement beaucoup de vie et d’intensité à le faire vivre, venus en bouquets de mémoire, cette voix a capella, un ange en vadrouille dans les cintres de @lacooperativedemai, Denis Clavaizolle, une vie, mille vies plus exactement, c’était bien d’être là j’en suis persuadé et puis de repartir. Se souvenir alors de ma clé d’entrée dans son univers « suicidez vous le peuple est mort », 1981 retaillé hier avec une incroyable vitalité, visionnaire et moderne, par les délicieux @par.sek qui m’ont offert de revivre la virginité de cette passion dévorante et naissante… La possibilité ultime toujours du silence dans la musique. Photos Thierry Nicolas @lamontagne.fr Clfd_capture pour @par.sek et moi même pour le reste…

 

- LE PARISIEN,  chronique du concert, 26/05/2024

Sirkis est arrivé juste avant le concert et n'a pas fait de balance, ce qui explique le petit souci de démarrage peut-être... Pas facile pour lui de passer après la séquence "je me souviens" a capela de Jean-Louis Murat. C'était presque incongru, en tout cas, c'était glissant (savonner la planche, on dit?). On ne reviendra pas sur l'histoire des Salingers...

Nicola Sirkis, Jeanne Cherhal, JP Nataf... Ils ont rendu un magnifique hommage musical à Jean-Louis Murat

Genevieve Colonna D'Istria

« Te garder près de nous. » Telle était la promesse des nombreux artistes venus saluer la mémoire de Jean-Louis Murat, samedi 25 mai, à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). À l'occasion du premier anniversaire de la disparition du chanteur, mort d'une embolie pulmonaire le 25 mai 2023, à l'âge de 71 ans, ils s'étaient donné rendez-vous en Auvergne, terre natale chérie du poète aux yeux azur. Sous la houlette musicale de Denis Clavaizolle, ami fidèle et historique collaborateur de Murat pendant trente ans, artistes et musiciens de toutes générations se sont succédé sur scène pour honorer l'artiste.

Dans une salle pleine à craquer (« On aurait pu la remplir dix fois », assure la Coopé), les fans de Murat ont répondu massivement à l'appel. « On pourra se dire, le 25 mai 2024, on était là », se réjouit Pascale Clark, venue prêter sa voix pour quelques interludes entre les chansons. « On m'a proposé de participer d'une façon ou d'une autre, confie l'ex-journaliste de France Inter en marge du concert. Je l'ai beaucoup interviewé dans ma carrière. C'était un peu un running gag entre nous. Avec lui, il fallait s'apprivoiser. Ce n'était pas un ami, mais chaque rencontre était intense. Rien à voir avec des artistes en promo au ton monocorde qui rabâchent toujours la même chose. »

« Je me cache pour chialer »

Durant trois heures, tous les meilleurs morceaux du chanteur iconoclaste ont connu une nouvelle vie, dans une atmosphère de communion et de gravité. Loin d'une triste oraison funèbre, pourtant. « Cette soirée n'a rien de fabriqué, rien d'artificiel. C'est une chance d'être tous là, le jour anniversaire, pour dire à quel point Jean-Louis Murat nous manque », nous confiait Jeanne Cherhal avant de monter sur scène pour interpréter « La Maladie d'amour ».

Même émotion chez Alex Beaupain, appelé pour une reprise de « Fort Alamo » et « Le Train bleu ». « Quand Murat est mort il y a un an, j'ai ressenti une immense tristesse que je n'avais pas ressentie depuis la mort de Bashung. Je ne l'avais jamais rencontré pourtant. J'aurais été trop impressionné, je pense. Mais il est l'un des artistes les plus importants de mon patrimoine, qui m'a donné envie de faire ce métier. Ses chansons pouvaient être lentes, longues et tristes, mais il restait un modèle. »

« Perce-neige », interprétée par Alain Bonnefont, « Col de la Croix Morand », par Morgane Imbeaud, « Le Troupeau » ou encore « Foule Romaine » par JP Nataf, le chanteur des Innocents... Au total une vingtaine de reprises ont plongé le public dans l'univers si complexe de Jean-Louis Murat. Des textes ciselés, des mélodies léchées où transpire souvent la part sombre du poète mais aussi la lumière de ses mots. « Certaines chansons me fracassent à chaque fois. Dans ces cas-là, je me cache pour aller chialer un peu, et alors les autres n'y voient que du feu », susurre Pascale Clark entre deux chansons.

Nicola Sirkis atteint

De tous les artistes à l'affiche, Nicola Sirkisétait peut-être le plus attendu au tournant. Le chanteur star d'Indochine aux 13 millions d'albums vendus, qui remplit habituellement les Zéniths et les stades, s'est astreint à une ascète médiatique totale.

Arrivé une heure avant le concert, il n'a pas participé aux répétitions et n'a souhaité donner aucune interview pour ne pas éclipser l'hommage à son ami de toujours. « Il tenait absolument à être présent mais uniquement pour Jean-Louis. Il ne veut pas détourner la lumière », avait prévenu la Coopérative de Mai. Monté sur scène en toute fin de spectacle pour une interprétation émouvante de « J'ai fréquenté la beauté », Nicola Sirkis est reparti sans faire aucun commentaire, comme atteint en plein coeur.

Dans un dernier élan, tous les artistes sont remontés sur scène pour reprendre collégialement « Le Lien défait ». Reste à savoir si Jean-Louis Murat aurait apprécié cette soirée hommage, lui, l'artiste sauvage au caractère ombrageux. « Je ne sais pas, sourit Jeanne Cherhal. Sur le principe, je ne pense pas, mais sur le résultat, j'ose croire que oui. » Celui qui disait toujours « j'aime qu'on ne m'aime pas », aurait été bien contrarié samedi.

 

- Interview radio de JP Nataf, Florent Marchet et Morgane Imbeaud sur Radio Totem:

Vraiment touchant JP, qui a fait la surprise de nous sortir une chanson de la série Gilets Jaunes, autour de moi, on voyait les gens s'étonner: mais ça sort d'où ce truc?  Florent Marchet aussi qui révèle pourquoi il a fait "le monde intérieur" un peu relevé: Pour ne pas être envahi par l'émotion. On peut rappeler qu'il était le seul des artistes parisiens à être venue à l'enterrement.     Salutations à Hiver Pool dont la version du monde intérieur était tout aussi, si ce n'est plus, réussi et à l'ami Gontard. J'aurais aimé entendre en live sa version du Troupeau.

https://www.radiototem.net/rencontre-avec-trois-des-artistes-du-concert-hommage-a-jean-louis-murat

 

-  FOCUS, le magazine belge qui avait fait de Murat son rédacteur en chef en 2014 (ici et ). Double page au 23/05

 

 

- Interview de Pierre Andrieu, dans l' Echo républicain et Eveil de la Haute-Loire, dimanche 26 mai

ON RAPPELLE QU'IL SERA PRESENT AU WEEK-END MURAT, Yes sir! et vous pourrez acheter livres, et disques grâce aux VOLCANS qui seront là ! Il sera également possible de se procurer le livret de la conférence de l'an dernier (de Pascal Torrin), et un livret retranscrivant une foule d'interviews télé et radio de Jean-Louis Murat.  Prévoyez de l'espèce.

Pierre Andrieu : « Jean-Louis Murat était un génie »

« Murat était un génie. Malheureusement, pour ses coups de gueule et une productivité trop importante, il a été pris en grippe par certains journalistes et professionnels du milieu [] Je pense que ses chansons sont là pour rester. On l'a souvent dit ou imaginé ultra torturé, il était également marrant, attachant, sympa, etc. Je voulais raconter cela ». Pierre Andrieu, chroniqueur pour Plugged et pour le site Concert & co.com a écrit Les jours du jaguar, 200 pages autour de JLM; une plongée choisie, avec celles et ceux qui ont côtoyé au plus près l'artiste auvergnat.

Pourquoi écrire Murat ?

J'avais eu l'idée voilà déjà une dizaine d'années alors que je l'avais rencontré plusieurs fois. J'avais envie de continuer à faire des interviews et de parler de choses dont il ne voulait pas vraiment parler dans ce cadre, de prendre du temps, d'aller plus loin. Mais sur la fin, comme il voulait de moins en moins parler et particulièrement à moi car il privilégiait les gros médias, j'avais mis ce projet en sommeil. Mais le sujet Murat m'a toujours passionné.

Le livre d'un fan ?

Oui, en quelque sorte. Car j'aime ce qu'il a fait et que je l'ai vu souvent en concert. Mais c'est le bouquin d'un journaliste aussi car, d'une part, il y a des interviews et, comme il le raconte dans le livre, « mes fans aiment toujours ce que je fais »; moi ce n'était pas le cas. J'ai fait le choix, à mon avis, d'évoquer ses meilleurs albums.

Très subjectif tout ça.

Oui, complètement. Mais c'est vraiment en cela que ce n'est pas un livre de fan. Cela dit, comme j'ai bossé neuf mois en réécoutant beaucoup d'albums, je me suis rendu compte qu'il y avait aussi sur des disques que j'avais considérés comme mineurs, des choses très intéressantes.

A côté de quel album étais-tu passé par exemple ?

Passion privée - juste avant Cheyenne Autumn - par exemple. Mais il y a Grand lièvre également qu'aujourd'hui je considère comme un chef-d'oeuvre dans la lignée de Toboggan. Ces albums faits à la maison. Certains trouvent que ça sonne comme des démos mais moi je pense qu'il s'agit presque de ces meilleures productions; on a l'impression qu'il est là à chanter juste à côté de nous, je trouve ça super

Qu'est-ce que tu as découvert à travers l'écriture de ce livre, que tu n'imaginais pas

J'ai toujours cru, par exemple, que le premier groupe, Clara , comme me l'avait expliqué Jean-Louis Murat, était celui fondé par son ami Alain Bonnefont Or non, ça a toujours été le groupe de JLM.

Et l'interprétation de cela ? Timidité ? Forme de fausse modestie ? Quoi ?

Selon Marco l'un de ses meilleurs amis que j'ai également rencontré pour le livre, ça raconte que parfois il décidait de ne dire que des conneries au journaliste qui était face à lui. Par jeu presque. C'était l'humeur du jour, il avait envie, c'est tout. Sur les interviews de Laure et Marie, on apprend beaucoup de ce qu'il était, ses doutes, le soin qu'il prenait pour les enregistrements Il disait également que les chiffres des ventes ne l'intéressait pas, il les suivait quand même d'assez près. Je pensais savoir pas mal de choses, c'est pour cette raison que je me suis permis d'écrire un livre, mais j'ai également appris beaucoup. Les ingés sons, les musiciens disent aussi beaucoup. Ils sont entrés dans le cercle privé, ont bossé à Douharesse, chez lui, et cela permet de se focaliser sur la création, sa musique. Les gens voyaient plus le personnage public, parfois excessif. Or, on se rend compte qu'il était respectueux, ouvert à l'avis des autres, s'adaptait aux musiciens, donnait sa chance aux jeunes, etc.

Interviewer JLM n'était pas chose aisée. Interviewer celles et ceux qui étaient dans la sphère intime a été

Une itw en amenait une autre. La charge de travail a été énorme. J'ai commencé avec Pascal Mondaz, à propos de Babel, j'avais adoré l'album et je n'avais pas pu faire d'interviews à l'époque. Ensuite j'ai rencontré Fred Jimenez, qui a fait beaucoup d'albums et de tournées avec JLM. C'est d'ailleurs Fred qui me donne en quelque sorte le titre Les jours du jaguar car Jean-Louis adorait ce morceau C'était ausi mon cas. Un morceau très torturé dont il est difficile d'identifier le propos réel

JLM disait de toute façon « mes disques sont intimes et il n'y a que moi qui sait réellement de quoi je parle »

«Je pense que les chansons de Jean-Louis Murat sont là pour rester ».

Les jours du jaguar, Le boulon éditions/34 euros, 202 pages

- Petit mot dans OUEST FRANCE du 25 mai:

 

Jean-Louis Murat est toujours un peu là

Philippe MATHÉ.

Musique. Concert, livres, disque… Disparu il y a tout juste un an, le chanteur auvergnat fait l’objet de plusieurs hommages.

Il nous a pris par (mauvaise) surprise le 25 mai 2023. Un an déjà que Jean-Louis Murat est décédé, à 71 ans.

Son souvenir reste intact, entretenu par sa discographie abondante – trente et un albums répartis sur trois décennies – parsemée de chansons éternelles .Un répertoire que de nombreux musiciens (Nicola Sirkis, JP Nataf, Jeanne Cherhal, Florent Marchet…) vont reprendre, ce soir, à la Coopérative de Mai, à Clermont- Ferrand (Puy-de-Dôme). Un concert hommage complet depuis longtemps.

Pour se consoler, les fans de Murat peuvent se précipiter en librairie. Parmi les ouvrages parus, Foule romaine,d’Antoine Couder, producteur radio sur France Culture (Le Boulon, 128 p., 12 €) ; et, consacré à une chanson de l’album Le Moujik et sa femme (2002), Les jours du jaguar(Le Boulon, 200 p., 32 €) du journaliste clermontois Pierre Andrieu.

Enfin, tout récemment, Le lien défait (Séguier, 208 p., 21 €), de FranckVergeade. Le rédacteur en chef musique des Inrockuptibles a puisé dans la discographie de Murat et dans les nombreux entretiens que le chanteur lui avait accordés, pour retracer un parcours hors norme.

À l’automne 2021, Murat lui avait confié : « J’ai prévenu les enfants : quand papa ne sera plus là, ils auront plein de disques inédits à sortir. »

Compositeur prolifique de son vivant, Jean-Louis Murat va-t-il continuer de nous surprendre après sa mort ? En tout cas, ses fans peuvent déjà se réjouir de la sortie de Parfum d’acacia au jardin.Ce triple vinyle en tirage limité (500 exemplaires numérotés), publié vendredi chez Pias , reprend vingt titres enregistrés en 2003 dans un studio près de Paris.

Des chansons inédites sorties jusqu’ici uniquement sur DVD. Avec Murat, tout n’est pas encore dit !

 

 

 

- Petit encart dans MIDI LIBRE sur le Vergeade:  26 mai 2024

Jean-Louis Murat raconté par une plume

Il y a un an et un jour ce dimanche, Jean-Louis Murat pliait bagage, pas sage, pas l'âge, la rage, merde. Aujourd'hui rédacteur en chef musique aux Inrockuptibles , Franck Vergeade l'a suivi d'abord en amateur, ensuite en professionnel, enfin en ami. Cet ouvrage, précis et intime, sûr qu'il aurait préféré ne jamais avoir à l'écrire. Mais il a dû. En chialant sans doute un peu mais pour le meilleur, et pour le lire : le regard lavé, le chagrin accepté, l'admiration chevillée, s'appuyant sur sa propre série d'entretiens pour Magic et Les Inrocks étalée sur une vingtaine d'années, il rend justice et justesse mieux que personne au parcours de cet antihéros solitaire, érudit et rude, lettré et sensible, à la créativité à l'état sauvage et à la parole indomptée.

Jérémy Bernède

- et une autre chronique sur le site Culture 31:   à lire dans son intégralité sur leur site

Un livre pour le week-end : Jean-Louis Murat : le lien défait de Franck Vergeade
écrit par Christian Authier 24 mai 2024
Jean-Louis Murat : le lien défait de Franck Vergeade

Un an après la disparition de Jean-Louis Murat, le 25 mai 2023, à l’âge de 71 ans, un livre de Franck Vergeade, rédacteur en chef musique des Inrockuptibles, ancien directeur de la revue Magic, rend hommage à l’auteur, compositeur et interprète qui occupa une place si précieuse dans le paysage musical hexagonal. Plus qu’une stricte biographie, le livre est un exercice d’admiration retraçant la longue et riche carrière de l’artiste depuis le groupe Clara, qu’il créa en 1977, à son dernier album, La Vraie Vie de Buck John, sorti en 2021. L’auteur ne néglige pas les projets singuliers, à l’instar de Madame Deshoulières, où il faisait interpréter à Isabelle Huppert des textes libertins de cette poétesse du XVIIème siècle sur de la musique baroque, et exhume des titres méconnus comme ceux remarquables du maxi CD Murat en plein air.

Musicalement, Vergeade recense les filiations, influences et modèles de Murat (parmi lesquels « Leonard Cohen, John Lee Hooker, João Gilberto, Frank Sinatra ou encore Robert Wyatt ») ainsi que ses engouements plus récents, de Frank Ocean à Kendrick Lamar. « C’est sans doute ma passion de la littérature qui explique mon besoin de laisser une trace discographique significative », confiait l’auvergnat à l’auteur. On regrette de fait que cette dimension littéraire ne soit qu’évoquée marginalement quand le fervent admirateur de Flaubert, Baudelaire, Bloy ou Bernanos (pour ne citer quelques-uns de ses auteurs de prédilection) exprimait volontiers ses écrivains de cœur.

Antimoderne

De même, on peut regretter que l’extraordinaire liberté d’esprit et d’expression de Jean-Louis Murat ne se réduise dans le livre qu’à quelques saillies, aussi drolatiques que cruelles, sur Johnny Hallyday ou PNL alors que cette manière d’anarchiste sans œillères et furieusement antimoderne dispersa façon puzzle des cibles plus significatives. En dépit de ses limites, l’ouvrage de Frank Vergeade reconstitue de façon scrupuleuse le parcours de celui dont quelques-uns de ses meilleurs albums (Cheyenne Autumn, Le Manteau de pluie, Dolorès) virent le jour au sein d’une major (en l’occurrence Virgin).

Par la profusion et la permanence de ses inspirations (les sentiments amoureux, la mélancolie, la nostalgie…), la dimension cosmique et sensuelle de ses textes souvent liés à la terre, la nature, les animaux ; Jean-Louis Murat – qui considérait sa discographie comme un « journal intime chanté » – a construit une œuvre dont la qualité, l’originalité et l’intégrité forcent l’admiration. Ainsi, sa voix et ses mots continueront d’accompagner des âmes sensibles qui, de paradis perdus en anges déchus, ne cessent de traquer au milieu des ruines des raisons de ne pas désespérer jusqu’au bout.

- La liberté en Suisse, a fait également un article sur les 3 livres, mais je ne l'ai pas dans son intégralité :

https://www.laliberte.ch/news/culture/musique/livres-trois-publications-consacrees-a-jean-louis-murat-731349

 

LE TRUC EN PLUS 

 Pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux sociaux, mes deux seuls posts du week-end :

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 23 Mai 2024

Merdum... En jonglant entre l'ordi et le téléphone, l' article n' a pas été publié avec les informations complètes. Je corrige dès que je peux...

EDIT : j'ai remis les informations...

un peu de Murat sur radio Canada, Olivier Adam qui dédie son dernier livre à JLM...

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-culture/l-edito-culture-du-mercredi-22-mai-2024-1817341

Les fans voient se rapprocher ce fatidique 25 mai où ils se souviendront de ce qu’ils faisaient l’année dernière lorsqu’ils apprirent la mort de Jean-Louis Murat.

C’était sa particularité : Murat n’avait pas un public mais un troupeau – ce mot qu’il affectionnait – de fans. Aujourd’hui, il peut être rassénéré puisque ce ne sont pas moins de trois livres qui paraissent pour évoquer l’œuvre et la mémoire du chanteur. Chacun de ces trois livres a des qualités que les deux autres n’ont pas. Toutefois, ma préférence va au plus court et au moins exhaustif d’entre eux : « Foule romaine » d’Antoine Couder. Il y a en effet un parti pris dans le livre de Couder : se concentrer sur l’album « Le Moujik et sa femme » que Murat a sorti en 2002 et dont le morceau « Foule romaine » était le single, avec son refrain farniente.

Je me souviens qu’à l’époque, en 2002 donc, j’avais écrit une chronique plutôt mitigée sur « Le moujik et sa femme ». Je ne pouvais pas encore savoir qu’il s’agirait d’un album charnière dans la discographie de Murat, comme l’explique fort bien Antoine Couder. Au départ, Murat pensait enregistrer aux Etats-Unis. Oui mais voilà, le 11 septembre 2001 est passé par là, si bien qu’il se retrouve dans les Landes à façonner très vite un disque brut de décoffrage, avec peu de production, en formation réduite, ce qui va devenir sa manière de faire pour les vingt années à venir. Et puis, "Foule romaine" n’est pas ma chanson préférée de Murat.

C’est difficile. J’aurais pu choisir "Le Troupeau" justement, ou bien "La fin du parcours", mais j’ai opté pour cette chanson extraite de l’album Taormina publié en 2006 : "Les Démariés", pour sa simplicité, cette façon d’articuler le français qui fait de "Demariés" une fière descendante de l’ancêtre de toutes les chansons françaises, "A la claire fontaine". Et puis surtout pour cette magnifique diérèse, déma-riées, la séparation des syllabes, comme dans "A la clai-re fontaine". Qui nous donne à penser qu’au fond, la mort n’est peut-être que cela : une diérèse…

- Petite séquence sur radio Canada  où on parle de Antoine Coudé et de l'album Lili...   18h25

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/musique/emissions/tellementcourteau/episodes/801601/rattrapage-mercredi-22-mai-2024

 

- Olivier Adam (je vous laisse chercher par vous même les précédents épisodes - nombreux- en utilisant la fonction recherche du blog, ou simplement google : "surjeanlouismurat.com   mots clefs" (c'est le plus simple pour s'y retrouver dans ce -mal- fichu blog).

Il dédicace son dernier livre à Jean-Louis Murat.

 

Rolling Stones de juin et Paris-Match de cette semaine (avec l'erreur sur le Fake des Salingers).

 Et gros NB:

Sur Radio qui qu'en grogne, demain après midi (promenade en chanson): Fifi (Philippe Le Baron, le fidèle technicien.. qui n'a pas voulu s'exprimer ici) et Yann Bergeaud. https://rqqg.fr/ et en podcast durant 15 jours.

Et samedi 17h, sur France Inter, emission l spéciale Murat. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 15 Mai 2024

Voici donc  Le lien défait par F. Vergeade chez Séguier, le troisième livre de cette rentrée littéraire singulière dont la deadline est le 25 mai (ce sale "anniversaire"). Après une première lecture mouvementée, une deuxième  m'a apporté un regard plus nuancé. Le fait est qu'il ne s'adresse pas forcement à moi, ou plutôt ne correspondait  pas à mes attentes. Il saura par contre conquérir le "grand public" et donner envie d'écouter Murat.

 

Certains n'ont pas aimé la photo de couverture, avec un chanteur un peu austère, renvoyant trop à l'image que le public en a, mais Richard Dumas a signé un cliché magnifique, avec les yeux perçants et clairs de Murat, malgré le noir et blanc, et le blue-jean qui nous envoie instantanément en Amérique... alors que celle de Les jours du jaguar de Pierre Andrieu l'ancrait en Auvergne (Marylin et Marianne, comment choisir ?). Quant au titre, reconnaissons la fidélité de F. Vergeade : il citait déjà "Le lien défait" dans ses "dix chansons qu'on devrait tous connaître par cœur" (livre de B. Vignol en 2013 - on y retrouve aussi les choix de Murat qui naturellement ne cite aucun de ses contemporains).

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Après une belle citation de Proust, et un "à Jean-Louis Murat", le livre débute par  : "Tu écriras ma bio quand tu seras mort". On voit avec quel poids sur les épaules Franck Vergeade a dû écrire ces pages, lui qui n'est pas habitué à l'exercice (c'est son premier, et il s'est laissé convaincre par un éditeur1)! Il avait déjà  toute la légitimité :  il est un acteur de la sortie de chaque disque ou presque de Murat, dans Magic et les Inrocks (depuis 1999), lui offrant plusieurs "couv". Mais à vrai dire, peu me chaut :  il faut juger  sur pièce.  Et puis - ah , mais j'ai toujours été tellement plein de soupçons envers Murat -  ce dernier usait sans doute de cette "caresse" amicale auprès de quelques journalistes (Jean Théfaine, Olivier Nuc...). D'ailleurs, après cette information, on pourrait s'attendre à ce que l'auteur nous dévoile une relation d'intimité, mais à part quelques propos "off" (visites post-concert, un passage à Douharesse...), il s'appuie essentiellement sur ses différentes interviews, les archives des Inrocks (seules sources citées), donc du matériel déjà à disposition du public averti (et cela limite donc l'intérêt pour moi).  En tout cas, cette ouverture prête à confusion : j'ai eu tendance à lire le livre comme une biographie... ce qu'il n'est pas tout-à-fait.

 

Dans ce livre, avec quelques illustrations,  Vergeade propose un parcours  discographique complet, sur une base chronologique,  sage2, dans un livre qui s'avère très court3.  Une affirmation au début sonne comme un paradigme : il n'est pas possible de dissocier "la plus belle voix caressante de chansons mélancoliques et l'homme à la langue de vipère. JLM était d'un seul bloc, entier et complexe, profond et impénétrable comme le Massif central4 ".   Cela lui permet donc de laisser très largement la parole à Jean-Louis et  les lecteurs seront contents de retrouver Murat, avec toute sa faconde parfois gouailleuse. Par contre, les multiples mentions des "Inrocks" et les "me confiait-il en ", "me racontait-il en", "me dit-il", "m'affirmait-il", "m'assener une salve", "dans un de mes entretiens", "admettait-il dans la même interview", "affirmait-il", "reconnait-il dans les inrocks", "s'énervait-il" - et je m'arrête à la page 63...  - sont un peu lassants à mon goût (De l'intérêt des notes de bas page, j'en abuserai donc ici).

Ce procédé pose avant tout un problème crucial : les propos en promo de Murat (l'homme public) sont-ils les mieux à même d'illustrer son œuvre ou de parler de lui ? (Olivier Nuc, confraternel, dans Le Figaro du 11/05/24 esquisse la même remarque sur les livres récents : "Murat n'aura cessé de dire tout et son contraire" et d'ailleurs, Vergeade écrit que Murat n'est "jamais à une contradiction près"). En premier lieu, le chanteur  avait  un "pitch", son storytelling,  pour chaque album5,  un discours un peu fabriqué auquel il se tenait souvent (pour le Cours Ordinaire des choses : les musiciens américains si bons par rapport aux français - ça marchait moins pour Babel). Le livre  mentionne trois fois aussi un projet de déménagement à Naples au moment d'Il Francese qui me parait être assez proche des moments où il affirmait vouloir devenir paysan ou arrêter la musique6.   On sait ensuite  que Jean-Louis aimait bien attendre l'interview importante pour lancer quelques propos polémiques (l'auteur cite quelques saillies), et le faire dans les Inrocks, était sans doute une  délectation pour lui7.  Franck parle à plusieurs occasions de "la franchise"(même "absolue") de Murat (je vois que Pierre Andrieu a aussi utilisé ce terme en interview dans Magic hebdo).  La franchise muratienne, c'était celle de l'instant... qui mixait selon lui une volonté de ne pas s'enfermer, de penser contre soi-même, une oralité flamboyante et sans limite, cette  culture (familiale et  auvergnate a-t-il dit) qui est aussi une volonté, de "parler avant de réfléchir" (comme il l'indique à F. Taddéi en 2012),  et selon moi, une mauvaise foi certaine par moment8.  Dès 1990, dans Fréquenstar, il indique  "chaque fois que je pense quelque chose, je pense presque aussi fort le contraire".  Cela implique de contextualiser au minimum ses propos. Ainsi, dans le livre, on retrouve une citation, "J'ai extraordinairement souffert à cause de Marie", qui n'est pas commentée. L'affirmation est certes vraie, mais le côté victimaire de Murat pourrait être mis en lumière (on peut se référer au témoignage de Marie Audigier dans le livre de Pierre Andrieu et ce qu'on savait de leur relation). Autre exemple, plus évident : ses propos contre le groupe de rap PNL sont cités, mais Murat a dit tout le contraire ensuite  (après les avoir écoutés) : "j'adore PNL, si j'étais jeune, je ferais cette musique"9.   Sur cet aspect "franchise", il est aussi décrit comme "refusant obstinément le moindre compromis".   Quid du best of, de son autocensure sur des titres qu'il ne voulait faire paraître qu'à sa mort, des séances dédicaces -"à quoi tu en es rendu mon fils!"-  pour parler des choses plus récentes ?  Ah, la complexité bergheaudienne, très chère à mes yeux ("le mystère Murat", ça a toujours été le seul credo de ce blog)... Morgane Imbeaud parle, elle, de posture... Je revois Jean-Louis Murat réagir avec véhémence à une question sur ce thème de Matthieu Guillaumond que je découvrais  - à la Fnac, Lyon, octobre 2009) . 

 

 Mais revenons-en au livre... 

F. Vergeade suit un fil chronologique mais en réalisant de nombreux sauts spatio-temporels qui lui permettent d'aborder différentes thématiques ou des sujets transversaux. C'est un attrait du livre et qui lui donne un côté foisonnant, riche et astucieux.  Ainsi, le journaliste relie ainsi Clara (dont la promo affichait la mention  "continental rock") au projet "fusée à trois étages"  : Travaux sur la N89, Il Francese et un troisième disque  qui aurait été enregistré dans des capitales européennes10. Je ne sais pas si on avait eu cette information (Murat avait parlé d'enregistrer avec des orchestres). D'autres "sauts" m'ont un peu perturbé  (l'auteur évoque la période du Moujik, et nous voilà avec une phrase sur Angèle - la phrase gentille, Murat dira ensuite des méchancetés). Un autre intérêt, c'est qu'après Andrieu qui préfère Mustango et Lilith, ici, c'est surtout Dolorès qui  est mis à l'honneur, ainsi que Cheyenne autumn.

Voici quelques autres informations (ou plutôt propos!) qui ont retenu mon attention (inconnues, peu connues ou que j'avais oubliées) : une chanson inédite "Vladivostock Tennessee", son idée de partir en Australie en 1984, mais c'est issu d'une interview de 2020 ("Si je devais manquer de toi" est expliqué comme une "lettre à France"), le fait que pour éviter que  la maison de disque se pointe pour l'enregistrement de Cheyenne autumn il ait dit qu'il serait à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn alors qu'en fait, c'était le  château de Cordes à Orcival (Christophe Dupouy confirmerait-il?), le projet de disque de reprise de Sade, un tournage de film en Égypte où on le voit chanter en arabe et jouer du luth, l'histoire du titre "New-Yorker",  l'écriture d'un bouquin "qui ne ressemblera à rien de connu..." (son projet de livre sur la Bourboule ?), ou encore  le lien entre Taormina et Talk Talk, les évocations de Murat affirmant : "rééditer Cheyenne autumn, plutôt mourir", ou sanglotant en évoquant Christophe Pie. Enfin, il y a cette anecdote magnifique déjà racontée  (avec une petite variante) par C. Basterra à propos de la maman de Jean-Louis. J'aime aussi lire, à destination de tous les allergiques aux  reprises des chansons de Murat : "chez lui, c'est la chanson qui comptait indistinctement de son interprète"...  même si cette sentence se discute : il a dit reprendre des chansons pour comprendre le travail et le chant de l'artiste. 

Je ne développe pas pour que vous découvriez tout cela vous-mêmes!

 

Si on ressent naturellement le lien que Franck avait avec l’œuvre de Jean-Louis, avec Jean-Louis lui-même, son émotion (le prologue, le récit de l'enterrement et quelques mentions personnelles - la découverte de Cheyenne autumn à 18 ans, l'écoute du "Lien défait" lors de diverses ruptures),  le livre manque à mon goût un peu de singularité et j'ai envie de dire : de diverses sécrétions humaines - pour reprendre le côté dégueulasse cher à Agnès Gayraud (à la différence du livre d'Antoine Couder par exemple, qui ne manque pas de défauts,  mais très incarné, même si les deux ouvrages n'ont  pas du tout le même objet). Alors que les témoignages du livre de Pierre Andrieu dénouent la parole, et font le deuil,  c'est un peu comme si l'auteur n'avait pas voulu, lui, délier le lien finalement... Certes,   Vergeade ose parfois certaines piques, par exemple en qualifiant de "faute de quart" les chansons pour Indochine ou le duo avec Carla (Mais il y aurait tellement à dire sur ces deux sujets... Les Inrocks en 2005 ont fait la couverture avec ce duo... et le 3e titre pour Sirkis à paraître risque de modifier un peu les appréciations EDIT: ce titre était un FAKE! 🤔). Si c'est un livre de commande,  il a aussi un côté "biographie officielle"11 et qui ne s'appuie que sur les interviews Magic ou des Inrocks. Cédric Rouquette  de Magic (8/05/2024) résume :

"l'impossibilité pour l'heure de proposer une biographie en un bloc, nourrie à toutes les sources, assez complète pour poser un regard synthétique, distancé, définitif. Comme si le travail de deuil n'était pas achevé. Comme si, dans toute son espièglerie, Murat avait trop donné, à trop de gens parfois en totale contradiction, pour nous offrir le luxe de le connaître....".   Je trouve cela assez juste mais on ne pouvait pas s'attendre seulement dix mois après sa mort à avoir un tel livre... sans compter qu'il nous manque une partie de l’œuvre, dont les fameuses chansons que Murat n'a pas voulu sortir de son vivant.

Pour finir,  je dois dire que j'ai été agacé par plusieurs petites erreurs. Sans aucune volonté d'être péremptoire, je ne peux pas faire l'impasse, c'est vraiment le job, comme à l'époque apporter la contradiction à S. Bataille même si avec ce Monsieur, c'était une toute autre histoire.  On  avait déjà indiqué ce qui me semble des erreurs (et pas toutes!) dans son texte publié sur le site officiel à partir de juin dernier, et certaines sont encore encore dans le livre. C'est d'autant plus embêtant  que nombre de ces informations erronées font l'objet d'articles du blog qui ont apporté des éléments inédits... notamment grâce à Matthieu Guillaumond, qui a fait un travail de biographe (je remercie encore Pierre Andrieu de lui avoir dédicacé son livre).

Pour ce que j'ai repéré, Le festival de la Bourboule n'a pas eu lieu en automne 77 mais en août 78. La suite est à l'avenant : le concert à RTL n'a semble-t-il pas eu lieu, mais c'est Sheller et Hebey qui descendent pour un concert organisé pour eux (on reviendra là-dessus dans une prochaine interview), et Clara ne fait pas de première partie pour Sheller mais le groupe enregistre avec lui à Londres des jingles ou génériques pour Europe 1.  Tout ce qui est dit sur Mademoiselle personne me gêne  (le terme "bande-son" pour le disque éponyme car il y a à peine une minute  de celui-ci dans le film et non, il n'est pas invisible puisqu'on va le montrer pour la deuxième fois le 21 juin).  Il n'y a pas deux billets écrits pour Libération à l'occasion de la coupe du monde 1990 par JL Murat mais trois.  Il est indiqué que Marie Audigier serait sa compagne depuis Cheyenne Autumn, or ils sont tombés amoureux bien plus tôt. Enfin, si les Suisses ont envahi la Haute-Savoie, ils n'ont pas annexé pour autant ce département et Stéphane Reynaud est haut-savoyard (très Fier, entrée dans la Dranse,  corne d' abondance et autre Ripaille, je répare l'affront... de neige).

 

Quelques autres remarques et interrogations d'ordre divers que j'ai notées en cours de lecture :

C'est bien Jean-Louis qui a parlé de  la formation de Clara par petite annonce mais  les témoignages de Marie et Alain Bonnefont dans le livre de Pierre Andrieu indiquent une autre histoire. Si Bonnefont est bien mentionné dans le passage à propos de  Clara, il y a un peu plus loin la mention "vieux complice depuis "Suicidez-vous..."". Ensuite,   F. Vergeade parle du seul concert des Rancheros mais n'indique pas que c'était dans le cadre des fameux Koloko (ne pas mentionner cet événement annuel si cher aux fans me chagrine).  Petit oubli : l'inédit "la loi du sport" ("l'effigie de Didier Deschamps") sur une partie consacrée au sport n'est pas mentionné (mais l'auteur cite deux fois "Tourmalet tout va bien, que retombe la gloire", ce qui fait partie des quelques redites du livre). Appréciation : Les Delano Orchestra sont qualifiés de "Crazy Horse auvergnat" (sans monter sur mes grands chevaux : le Sparklehorse plutôt ?). Petit doute également sur "Bayon qui connaît Jean-Louis depuis "Suicidez-vous"". Il est établi la date de la première rencontre  en 1988 (théorie en cours de vérification: via l'entremise  d'une personne de Virgin - Marc Maréchal - dont  Bayon était proche EDIT: Bayon a raconté le choc de la découverte, c'était bien en 88). J'ai aussi relevé qu'à propos du "Venin", l'auteur indique que  "O gué" est "pioché dans le répertoire" de P.J. de Beranger (un exemple de  "saut" évoqué plus haut). Une source indique que Murat n'a découvert le poète qu'en 200012.  C'est donc sans doute plus une réminiscence chez l'amateur de Malicorne de  chansons traditionnelles, peut-être chantées par sa grand-mère  ("O gué vive la rose" immortalisé par Béart ou Dorothée).  La très juste remarque que Murat aura peu repris des chansons écrites par des femmes est à nuancer par les duos avec Mylène Farmer, Rose et Chloé Mons (ces deux dernières ne sont pas citées dans le livre il me semble). Interrogation encore (et je l'ai depuis la publication de cette phrase en 2021, j'avais fait des recherches à ce sujet, hélas infructueuses) : Murat indique qu'il a fait des télés en pays non francophones, qu'il a eu une demi-page dans El Pais. Malgré le travail pointilleux des Dolos à l'époque, on n'en a pas de trace et il faudrait donc vérifier ce propos.  Enfin, c'est un choix de la part de l'auteur  mais il me surprend : la discographie finale distingue "albums studios" et "autres projets" (où il range Madame Deshoulières,  Mademoiselle personne... alors qu'A bird on a poire est dans l'autre catégorie). Une discographie plus complète reste d'ailleurs encore à faire : collaborations, B.O., participations (le disque avec Trintignant...).  Dernier petit chagrin (valable pour le Andrieu aussi, je crois) : pas de mention de Claude Dejacques qui relie Murat à Barbara et Gainsbourg, et à Michel Zacha, même s'il a un peu foiré sur le disque de 1982 comme il le reconnaît.   Et encore un petit truc :  pourquoi utiliser le terme "muratophile" ?  Je trouve ça moche... On est célinien, proustien... et muratien !

 

J'arrête là, mais le livre a au moins le mérite d'ouvrir à de nombreuses discussions. Rendez-vous avec les différents auteurs à la Librairie Les  Volcans à 16h samedi 25/05 à Clermont-Ferrand...

 

Notes :

1- Sur France Inter, 8 mai 2024.

2- Il évite certains sujets polémiques : "peut-être faut-il y voir un aveu de résilience" dit-il à propos des "pharmacopées". Il parle également peu de ce qui a relié Jean-Louis à la "réaction", et ce qui peut l'en éloigner.

3-  208 pages, mais la rédaction du corps du texte prend 115 pages je pense (notamment du fait de pages blanches et des illustrations).

4- L'auteur a peut-être raté quelques cours de géographie... même si Jean-Louis Murat avait peut-être devant ses deux roches des songeries d'Himalaya en pensant à son héros Reinhold MESSNER.   Je suis  sévère me dit-on. Très certainement ! Mais cette expression me fait perdre le fil de la lecture. Comme quand il est écrit : "physiquement, Jean-Louis Murat est déjà reconnaissable entre mille" (à propos du premier passage télé)... mais il a déjà près de 30 ans!!

5-  F. Delmotte nous a raconté comme il préparait ses interviews en 1987/1989 / Concernant le pitch, Bertrand Burgalat a raconté qu'il avait des chansons, mais qu'il ne sortait pas de disque car pour donner de la lumière à un disque, il fallait absolument une histoire à raconter... Et pour Murat, il y avait certes un engagement artistique et des envies particulières, mais selon moi, il a su en jouer, et les médias ont toujours suivi aveuglement le discours (Pour Buck John,  on va ainsi retrouver des phrases comme "Ces BD lui ont inspiré douze titres"... hum...)

6 - Il faut se rappeler comment en 1990, il a fui l'Italie...   Raconté dans Libération en 1991

7 - D'ailleurs, on ne retrouvera pas les sentences peu amènes contre le magazine  que Murat a pu formuler. Trois phrases au moins mentionnées dans Coups de tête (pp.188-189 : extraits "ils ont tout faux", "une couv, ça s'achète", "quand on fait du Topaloff maintenant on se retrouve en couv"). Anecdotique oui, mais  j'aurais été intéressé par des détails de la relation Murat/Inrocks... même si F.V. n'en est un acteur que depuis 6 ans. Bon, ok, ce n'était pas l'objet d'un livre hommage.

8- Formidable entretien avec Frédéric Taddéi sur France Culture en 2012. Son discours sur les maisons de disque illustre tout-à-fait mon propos.   

9- J'y suis  sensible parce que j'ai passé  du temps sur twitter à essayer de répondre aux réactions de jeunes comme des "réacs"  sur cette phrase en indiquant que Murat était en fait un amateur de la scène rap (son goût pour cette musique est  indiqué ailleurs dans le livre). C'est une saillie qui lui a fait du tort, une parmi d'autres.

10- Aaah, et dire que j'avais dans mon souvenir fait un mail à Douharesse pour proposer une session à Cologne dans un studio d'une connaissance... qui est  devenu membre des Kraftwerk depuis (mon mail aurait eu plus de poids avec cette information).

11- Il a écrit le texte figurant sur le site officiel dont le livre est un long développement, auparavant des textes promos pour des disques je pense, cf aussi les remerciements.

12- Interview dans Le Monde 16 mars 2005

PS: V. Jeetoo est un peu l'oubliée. Une relation de 2 ans, un confinement, une chanson, "La princess of the cool". On pense à elle.

Merci à Florence pour ses relectures attentives.

 

LE LIEN DES FEES EN PLUS

Morgane IMBEAUD sort son nouvel album apparemment très réussi (Olivier Nuc très élogieux). Voici son nouveau clip... filmé là-haut... au bord du Guery*, même si c'est le SERVIERE qui l'a inspiré pour l'album intitulé "THE LAKE".   Release party : Vinzelles le 17/05

 

Si elle reste avec ROY Music, elle est il me semble associée avec  Matt Low et Alexandre Rochon dans BLEU NUIT (Matt Low, une vie cool, et le dernier album de Delano en 2021 déjà).  Est-ce un clin d'oeil à Jean-Louis Murat? Il avait écrit le texte  "Hanger Bleu nuit" sur le premier disque de Matt Low.

 

*En replay: Téléfilm sur France 3 diffusé mardi 14/05 entièrement tourné dans le Sancy et à l'auberge du Lac de Guery... C'est assez mauvais, mais les paysages sont là. Et pour parler des replay, sur arte, "Aurore" de L. Masson, avec la chanson "les ronces".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 2 Mai 2024

Les premières pages du livre de F. Vergeade sont à découvrir ici (plongé dans la prépa du week-end Murat... et en vacances aussi... j'avais le lien depuis plusieurs jours mais je ne l'avais pas vu!) 

On devine qu'il prendra une forme plus classique que les deux livres précédents, en s'appuyant sur les nombreux entretiens/rencontres avec le chanteur:

https://actualitte.com/article/116779/avant-parutions/jean-louis-murat-une-traversee-musicale-et-litteraire

 

L'auteur sera à COTE CLUB (france inter)  le mercredi 8 mai, avec Pierre Andrieu, Denis Clavaizolle et Morgane Imbeaud, avant de le retrouver le 25 mai (l'événement est annoncé dans le figaro -via l'afp-. et Libération a également parlé de toute cette actualité, mention aussi dans les inrocks et sur franceinfo). 

La promo de Pierre ANDRIEU:

https://www.unidivers.fr/jean-louis-murat-livre-pierre-andrieu/

https://www.7joursaclermont.fr/pierre-andrieu-dans-la-peau-du-jaguar-jean-louis-murat/

Interview: https://www.7joursaclermont.fr/pierre-andrieu-dans-la-peau-du-jaguar-jean-louis-murat/

 

On vous a chroniqué le livre d'Antoine Couder, voici un autre -petit-article :  https://cult.news/livres/foule-romaine-aimer-jean-louis-murat-par-antoine-couder/

 

LE LIEN EN PLUS 

Sur Télérama.fr, les 100 meilleurs albums des années 1990 (réservé aux abonnés)

"Jean-Louis Murat, “Le Manteau de pluie”

L’album de la confirmation, après le succès tardif à 30 ans passés. Murat enchaîne les classiques (Sentiment nouveau, Col de la croix-morand, Le Lien défait) et installe pour quelques années ses déclarations et chagrins d’amour entre variété poétique et blues verglacé dans le paysage de la chanson. — O.d.Pias.

► Le titre à écouter : Le Lien défait

 

Et voilà, une dizaine de jours rattrapé! A très vite!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 30 Avril 2024

Ouais, bein, y a pas que Florence qui peut écrire des chroniques littéraires sur ce blog... Moi aussi, j'ai passé mon bac de franssais... Mais malheureusement, pas sur un livre qui cause de Jaune-hi. Allez!

 

J'ai fait l'acquisition du premier livre de Fred Jimenez  Johnny H. et moi  (au  Cherche midi). 

Il faut qu'on encourage cet essai, au cas où Fred aurait de quoi écrire son JL. Murat et moi... ou un Murat, Houellebecq, Burgalat et moi.  Il aurait bien aussi quelques anecdotes croustillantes sur le rock en Suisse, avec son groupe les Needles, genre quand ils ont été obligés de sauter un repas,  ou été en retard d'un quart d'heure à une répétition, ou qu'ils n'avaient plus de vacherin pour leur fondue et qu'ils ont mis de l'abondance...  Je fais des vannes sur les Suisses par fidélité à Jean-Louis (excuse un peu pourrie?) mais que mes bêtises ne vous induisent pas en erreur :  ce n'est pas ce genre d’anecdotes moisies que Fred nous délivre presque à chaque page dans ce premier livre ! J'ai un peu de mal à le chroniquer tant elles sont nombreuses et croustillantes et c'est tentant de toutes les raconter... mais je ne veux pas vous priver du plaisir de les découvrir par vous-même.  A vrai dire, je n'ai pas appris tant de choses sur Johnny (mais ça ne sera sans doute pas le cas pour tout le monde), sur cette vie totalement à part, à crédit, "un carrosse rempli d'or filant à toute à allure et perdant des pièces en chemin" dit Fred. En tout cas la chronique de tout son "environnement", parfois nid de vipères, est passionnante, même si ce n'est pas l'essentiel du livre.

Je vais d’ailleurs essayer de  me concentrer sur ce que le bouquin nous dit de Fred.

Même si pour certains lecteurs, jouer avec Jean-Louis Murat pourrait être considéré comme un summum et un nirvana artistique, matériellement, ça se traduit surtout par avoir son intermittence (oui, c’est déjà pas mal de nos jours), dormir au Campanile et jouer devant 300 personnes... Jouer avec Johnny, dans des stades, c'est une chance immanquable (comme tenter de lui placer une chanson, même Murat s'y est essayé), et d’ailleurs Fred a raconté que Jean-Louis l’a encouragé dans cette aventure, lui disant « tu nous raconteras ». Même si Fred avoue ne rien connaître de la discographie de Johnny, on ne sent jamais qu'il est là pour l'argent, et ce livre n'est pas une façon de cracher dans la soupe après coup. De toute façon, financièrement, pas de quoi devenir millionnaire non plus (Fred donne le montant de ses cachets pour un stade et le montant de  ses défraiements journaliers à L.A - 17 euros). Mais ça permet notamment de rencontrer un certain Paul MC. ou un Brian W. (et tous ses collègues, venus assister à des répéts).  Vous imaginez ce que ça peut être pour le compositeur de A bird on a poire ? Toutes ces pages sont charmantes : « J’étais tellement content de jouer pour eux », s’émerveille Fred.

Un des grands charmes du livre est le récit de ses tribulations de grand timide, gentil, un peu hors-sol (pas du "sérail" dit-il) tentant d'interagir avec ce "monstre" tout aussi timide, un enfant qui vit au gré de ses envies (acheter des bottes ou faire une tournée aux États-Unis et qui fait des caprices quand la loge est trop petite ou qu’il y a des places vides). Il y aurait de quoi écrire un bon scénario à la Francis Veber avec un duo pareil (gamelles physiques compris),  et le "Pignon" ne serait finalement pas celui qu'on croit... (Oui, je fais des chroniques littéraires et en plus je place des réf de haute volée).

Deux exemples : on peut citer la description d'une garden-party pour laquelle Fred se sent obligé de venir avec un présent... un disque, et Johnny se vexe : "il croit quoi? Que j'l'ai attendu pour avoir un disque?"... La soirée se termine avec les convives très éméchés, et Jojo lui propose de revenir une autre fois : "on fera venir des putes". Et plus émouvant : pour une des dernières rencontres, la femme de Fred lui a confié une mission très importante : demander au chanteur s’il peut leur donner des conseils à propos de l’adoption d’un enfant. Timide, Fred se lance et demande doucement à l'oreille de Johnny... qui s'empresse d'interpeller Laetitia  et tous les nombreux convives présents !  L'anecdote se termine par une belle nouvelle : finalement, un enfant "naturel" s'annonce  à la grande surprise du couple, ce qui sera déterminant pour la suite : "nous étions fou de joie (...)  Mon choix fut vite fait, il était hors de question que je rate la venue au monde de mon fils et je tenais à rester auprès de ma femme pendant toute la grossesse"...  et il décide donc d'arrêter ici l'aventure. Et moi de me souvenir d'un avant-concert à St-Egreve où j'attendais Isabelle (habituel donc – running gag depuis 10 ans), dans ma voiture sur le parking.  Fred  passait un coup de téléphone, que j'ai deviné être pour son enfant, je l'avais trouvé comme souvent touchant... Mes autres souvenirs avec Fred (notamment quand on a remis à JL le disque Aura aime Murat) sont tout aussi conformes : timide et en retrait, gentil, mais j'ignorais que l'impression pouvait aussi être liée à une myopie qu’il n'a jamais voulu traiter et qui le fait vivre dans un léger halo. Cependant, avec ce livre, il démontre que c’est avant tout une position d’observateur fin et attentif... et jamais méchant.    

 

               2011, devant la Coopé :

Autre point de fragilité : Fred ne lit pas la musique, et explique qu'il répète en écoutant les disques, en s'aidant grâce à son oreille et à une excellente mémoire. Le choix de Yarol Poupaud, directeur musical, d'être fidèle aux disques et de la jouer "très rock and roll" rend la chose possible... mais ce n'est pas sans poser problème. Certains attendent Yarol au tournant - et Fred avec lui -  mais son amitié avec Johnny et celle sa femme avec Laetitia lui offrent une certaine sécurité. 

Voici pour le côté un peu timide de Fred au sein de ce barnum, mais le livre montre aussi un vrai caractère, loin d'une personne effacée...  souvent grâce à cette magie de la musique qui fait des timides des rock-stars bondissant devant 80 000 personnes.

Le fait est que malgré le souhait de Yarol Poupaud de l'avoir avec lui, Fred a dû passer un entretien avec le producteur, plutôt sceptique mais qui se disait peut-être qu’il pouvait faire des économies sur le cachet du bassiste. Fred fait le forcing, mentant sur son niveau d'anglais (il s’inscrit à un cours d'anglais le lendemain de l'entretien d'embauche) ou sa connaissance de la contrebasse (qu’il n’a jamais pratiquée, mais il en loue une, pour s’entraîner - un premier prix fort peu jouable se rendra-t-il compte plus tard) ou encore se prépare en faisant du vélo d'appartement (en se documentant sur la physique quantique en même temps). Et il restera sur la sellette longtemps, il ne fait pas partie du sérail (cf notamment les anecdotes-peau de banane avec Alain Lanty –seul le prénom est mentionné - ou Y. Kassar surnommé "Berlioz" qui voudrait le faire changer de types de cordes, mais Fred ne se laisse pas faire).

L'ombre du bassiste des Stones pressenti par le manager des musiciens américains qui veut placer ses clients plane derrière lui. Mais Johnny l'aura finalement assez vite à la bonne : il voit bien son implication sur scène et en répèt, et Calogero lui dit que son bassiste est excellent... Mais ça ne tient qu’à un fil. La veille du premier concert, le technicien pour la basse démonte l'instrument et se rend compte qu'effectivement, la connectique du jack est prête à lâcher... à un fil près. D'ailleurs, on peut se demander si ces instruments ne sont pas représentatifs de leur propriétaire : une Squier made in Japon et une gibson EB0 de 1965 (la plus "cheap" de la gamme). Fred ressent une petite gêne de se présenter avec un tel matos mais ça lui convient, pas besoin du "paraître"... Et "le son est dans les doigts" dit-il. 

Toute la description de la « cour » et des répétitions est très savoureuse (ce n'est pas que du vaudeville, il est très souvent question de musique). Et là encore, Fred témoigne de sa singularité :  même s'il s'est préparé en faisant du vélo, à L.A. et en tournée, il n'a pas renoncé à quelques virées nocturnes alcoolisées... Les Américains, eux, se couchent tôt, vont faire leur jogging... puis jouent assis, alors que lui et Yarol sont toujours à 200%. Le plus spectaculaire : "Johnny n'en a jamais rien su", mais Alain L. en faisant des pompes le matin s’est cassé la main... et a joué d'une main et avec un bac à glaçon à côté de lui.

Voilà donc pour le portrait de Fred auquel les fans de Jean-Louis Murat ne manqueront pas d'être sensibles. Il n'est pas dénué d'autodérision, ce qui est très plaisant.

Je voulais aussi souligner que le livre ne sent pas le copinage. Tout ce qui est dit autour de Yarol laisse penser à une volonté de faire une description fine (et pas neutre!), même si c'est un pote, et que c'est grâce à lui que Fred vit tout cela (Philippe Manoeuvre, qui aida vaguement Jean-Louis à ses débuts est à l'origine de leur rencontre). Ainsi, Fred indique que, dès l'arrivée aux répéts à Los Angeles, la seule préoccupation de Yarol est de trouver une mustang de location !

J'aurais envie de vous raconter l'anecdote en lien avec les Gipsy King qui amena Fred à leur composer un premier titre mais je ne veux pas la synthétiser. C'est très drôle. La partie où il raconte que Johnny lui a demandé d’écrire des chansons pour lui avec Miossec l’est un peu moins. Le manager Sébastien Farran* qui devait lui donner les coordonnées de Miossec ne lui répond pas. Fred se débrouille quand même pour les avoir, ils livrent cinq chansons... et n'auront jamais de nouvelle. Il raconte que c'est le directeur artistique Bertrand Langlot qui semble avoir la mainmise sur le disque ("Johnny n'avait pas son mot à dire") et indique que Langlot était un de ceux qui a toujours voulu le dégager, et ce depuis le début.

*son papa Dominique a pu aider Jean-Louis comme l'indiquait Ardisson  

Même si jamais le lien n'est fait par Fred, je me demandais un peu si ces gens-là ne lui faisaient pas payer son lien avec Murat (Fred cite A bird on a poire mais ne parle pas du texte de "Mashpotétisé"). Dans le livre de Pierre Andrieu, Fred rejette  cette idée, il n’a jamais ressenti cela... 

 

Voici donc ma restitution tout-à-fait subjective du livre de Fred Jimenez, que je trouve très réussi dans son humilité : on est vraiment dans  "Johnny H. et moi", et quand on a aimé Fred toutes ces années à côté de Jean-Louis Murat, c'est vraiment un plaisir de le suivre dans cette autre aventure.  Il nous la raconte comme il l'a raconté à ses autres "chefs" : Bertrand Burgalat et Murat... et intégrer ce cercle est agréable. 

 

Les petites mentions de Jean-Louis Murat dans le livre (PS: c'est du fait du décès de Jean-Louis et de son planning qui s'est retrouvé vide que Fred s'est décidé à écrire). 

"J'avais  déjà écrit avec Jean-Louis Murat mais c'était très différent. Quand je lui envoyais une musique, il collait ses mots à la perfection sur la mélodie. Christophe (Miossec) lui me renvoyait 3 pages de textes très dense"

"Par la suite j'étais parti sur la route avec JLM avec qui j'avais noué une solide amitié et enregistré plus de 8 albums"

"J'ai toujours été très content de ma squier, elle est "tout terrain". Je l'ai utilisée pour tous les enregistrements de la période Tricatel et sur les albums de Jean-Louis Murat. A l'époque de Jean-Louis, j'avais fait l'acquisition d'une Gibson qui avait un son très différent et complémentaire, elle était très agréable à jouer".

"En 2004, j'avais entièrement composé et réalisé un album pour Jean-Louis Murat, A bird on a poire, qui avait marqué les esprits et s'était même retrouvé à conquérir comme meilleur album pop rock aux victoires de la musique".  Et là cette phrase étrange sortie du contexte: "il n'était pas passé inaperçu mais de là à intéresser les Gipsy Kings".

 

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NB: On retrouve Fred  dans le livre Les jours du jaguar de Pierre Andrieu, avec un très joli témoignage. Il y apporte des compléments à cet épisode jhônesque. 

Complément : dans Les jours du jaguar, Stéphane Reynaud raconte que JL aurait mal pris le départ de Fred.  C'était donc contradictoire par rapport à ce qu'on en savait. J'ai interrogé Fred: 

Non, on est raccord avec Fifi [le fidele technicien], et Jocelyne. JLM avait accepté que j'aille avec Johnny. Stéphane se mélange les pinceaux. Il y avait eu une incompréhension et petite brouille entre JLM et moi quand je n'avais pas fait la tournée Taormina en 2006. On avait renoué en 2009.

Au contraire pour Johnny en 2011, je l'ai joué très cash avec JLM et lui ai expliqué entre quatre yeux que j'avais l'opportunité de participer à la tournée JH. Il m'avait dit de foncer. Même si dans l'absolu il avait un peu les boules il était content pour moi.

J'avais présenté Christophe Disco comme remplaçant et tout le monde, JLM, Stéphane et Slim, l'avait beaucoup apprécié, en tout cas au début...

Fred a accepté de répondre à une deuxième question sur la brouille au moment de Taormina: 

Rien de grave. A l'époque de l'enregistrement de Taormina en 2006 il nous avait dit, ou en tout cas c'est ce que j'avais compris, qu'il ne tournerait pas en automne.

Avec Stéphane nous étions soulagés. Les cadences avaient été très intenses depuis 2002 et un petit break était bienvenu.

Finalement il a changé d'idée en été mais j'avais déjà accepté d'autres engagements pour l'automne.

Il en avait été un peu contrarié et à l'époque nous avions beaucoup communiqué à travers Laure et Marie. Jean-Louis n'était jamais facilement joignable par téléphone. 

Cette triangulaire avait sûrement été à la source de l'incompréhension. C'est pourquoi pour Johnny je m'étais arrangé en direct avec lui et tout s'était bien passé. 

Pour la tournée Taormina Marie avait engagé David [Fargione] et Michael [Garçon] et la brouille n'avait pas duré longtemps.

Merci Fred !

​​​​​Et à bientôt  dans une nouvelle aventure: son nouveau groupe Midnight Cross  facebook   et  site officiel. Premier single le 1/05/2024!

 

Fred JIMENEZ sur le blog: 

Interview inédite à propos de A BIRD ON A POIRE:   http://www.surjeanlouismurat.com/2021/01/inter-vious-et-murat-jimenez-charles-n-1-du-cote-de-chez-fred-et-marie-jeanne-serero.html

Avant la préface du livre, un premier texte de B. Burgalat sur F. Jimenez (en fin d'article):   http://www.surjeanlouismurat.com/2016/03/eryk-e-l-album-est-sorti.html   (Fred ne m'en avait pas voulu pour ma réaction)
Sur la relation Johnny Hallyday / Jean-Louis Murat:   
http://www.surjeanlouismurat.com/johnny.hallyday-jean-louis-murat-collaboration-points-communs

 

LE PLUS EN PLUS 

La promo du livre fonctionne très bien. Voici donc quelques compléments:

Fred raconte beaucoup de choses du livre à P. Manoeuvre.

On se quitte avec la musique de Fred avec mes vidéos: 

NB: 

Bon, finalement, je crois qu'y a pas photo, je vais laisser à Florence le soin de faire les chroniques littéraires... 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 23 Avril 2024

J' ai confié à Florence D. la lecture de Foule romaine, d'Antoine Couder. Il fallait bien la remettre un peu au travail...Ok,  bon, j'avoue! Je ne comprenais pas tout, et il fallait donc déléguer ! Si le livre de Pierre Andrieu est grand public, celui-ci est plus un objet littéraire. 

 

 

 

 

 

Foule romaine d’Antoine Couder

« Comme on aime » !

 

Un livre sur une chanson ? C’est qu’elles contiennent tant, les chansons aimées. Ce petit ouvrage propose un beau parcours, plein de boucles et de détours, à travers ce qu’elles peuvent évoquer, convoquer, condenser. Antoine Couder déplie « Foule romaine », dit comment il l’a faite sienne, ce qu’il s’y raconte, y projette, les souvenirs qui s’y rattachent, les rêveries qu’elle fait naître, et toutes les correspondances secrètes entre elle, lui, et son auteur. Il dit un dialogue imaginaire jamais interrompu avec Jean-Louis Murat, sa présence toujours bien vivante, qui tout à coup resurgit au hasard d’une émission de radio, d’un morceau aimé. De cette chanson et de quelques autres renaissent donc dans le livre les expériences de la jeunesse, l’identification d’un garçon qui va entrer dans l’adolescence à la masculinité trouble du « garçon qui maudit les filles », les espoirs, les amours, la quête d’absolu et le réel avec lequel on compose. Dans ces fragments d’autobiographie habitée par les chansons, la personnalité, les images de Jean-Louis Murat, on rencontre Alain Souchon, Noir Désir, Alain Bashung ou… Lana del Rey, un article sur des start-uppers revenus de leurs illusions, et de vivifiantes confrontations avec d’autres amateurs, Agnès Gayraud et Nicolas Comment notamment.

Une chanson pour ce livre, oui. Une chanson de désir, qui dit ce que fait l’amour, ce qu’il produit en nous de joie et d’ivresse, d’exultation des corps. Antoine Couder s’attache à sa façon si simple et lumineuse de transmettre cette ferveur amoureuse - Murat déclarera d’ailleurs 20 ans plus tard, à la sortie de Baby love, que « la plus grande musique est celle qui donne envie de se reproduire » - mais examine aussi, parcourant l’ensemble de l’œuvre, la complexité, les ambiguïtés de la représentation de l’amour.

« Foule romaine », c’est aussi une chanson dont Antoine Couder fait un pivot dans le parcours de Jean-Louis Murat. Aux fragments personnels, autobiographiques se tisse alors une ligne plus chronologique et savante, qui retrace avec précision et vivacité les étapes de la fabrication du Moujik et sa femme. 2001, moment de bascule, dans le monde, dans l’économie de la musique, l’est aussi selon lui pour l’artiste. Parti travailler dans le sud des Etats-Unis, il en a rapporté Mustango, et « la vibration fraîche et rugueuse de son drôle de funk-blues ». Après cette réussite (et la parenthèse de Madame Deshoulières), et alors que le 11 septembre coupe net son projet de retourner aux Etats-Unis, il veut enregistrer Le Moujik et sa femme très vite, comme un disque live. « Foule romaine » est composée dans cet élan. C’est la chanson qui aurait pu être un tube, et pourtant Le Moujik échouera à élargir son audience au-delà du cercle des fans et des amateurs éclairés. « Au fond tout commence avec ce disque qui finit par sombrer et engloutir le futur, signant cet ordre de détachement qui va désormais peser sur toi », écrit Antoine Couder. Il analyse avec justesse les contraintes qui pèsent sur Murat, met en évidence les ambiguïtés et les impasses de sa façon de travailler vite, de produire beaucoup, qui correspond à sa nature et répond au resserrement mortifère des conditions de production, mais va susciter la suspicion chez les journalistes (il faut relire la critique d’Arnaud Viviant dans Les Inrockuptibles !), la lassitude d’une partie du public. Il trace les grandes lignes de ce qui en découle, le repli, l’amertume et les provocations, mais aussi la perfection de Lilith, et à sa suite la succession de grands albums. Egrenant des titres, des vers, Antoine Couder navigue dans cette œuvre colossale, dont il retient jusqu’aux derniers disques, souvent les moins aimés : pour lui, la « grâce » de Murat « tient tout entière » dans La vraie vie de Buck John.

Une chanson, donc. Une chanson qui ouvre à toute une œuvre et un monde. De façon très émouvante, le livre montre aussi comment, dans sa fréquentation quotidienne, intime, elle inspire, fait écrire. Dans son avant-propos, joliment intitulé « A nos amours », l’auteur associe la structure de son ouvrage à celui d’une chanson, et de fait Murat, son écriture, son art de la composition semblent en habiter le projet et la structure même. Comme dans ses chansons, c’est un mouvement tout intérieur qui condense les époques, procède par éclats et fragments, opère des rapprochements inattendus. Lui aussi se plaît à nommer ce qu’il aime, provoque avec malice – le propos est amoureux, mais jamais complaisant. Jalonné de bornes ou de repères chronologiques, l’ouvrage est surtout structuré par des images : le parallèle avec la figure et le parcours de Joachim Murat est filé comme on le dit d’une métaphore, Murat est associé au cheval et au cavalier, ou à un arbre, ancré au sol et touchant le ciel. La pensée se ramasse régulièrement en de belles formules : Murat « chevalier courtois, chevalier narquois », quelle efficacité pour dire l’ambiguïté du personnage ! Alors parfois les liens paraissent artificiels ou contestables, les citations et références s’empilent, il semble par moments qu’on s’égare dans le jeu des associations et la multiplication des « peut-être », des « j’imagine »… Mais c’est aussi la règle du jeu, qui gouverne le livre et lui donne sa force et son originalité. Au-delà de ces agacements furtifs, que Murat savait aussi très bien susciter, Antoine Couder ouvre des pistes stimulantes, éveille à l’imaginaire, renvoie chacun à sa ritournelle secrète : il donne à penser, et à rêver. Quelle plus belle façon de rendre hommage à celui qui l’a inspiré ?

------- Mercredi à Paris, 

Un livre pour une chanson, c’est le pari de la collection seven inches des éditions du Boulon : seven inches ou 7 pouces comme le format d’un 45 tours, une face A et une face B pour raconter à travers des disques mythiques une partie de l’histoire de la musique. Ce mercredi la Librairie de Paris (place de Clichy, Paris 17ème) propose une soirée musique autour de quatre livres de la collection, en présence des auteurs : on pourra y rencontrer Antoine Couder, mais aussi Marc Dufaud pour Ashes to Ashes (David Bowie), Thomas Gaetner pour Trans-Europa-Express (Kraftwerk), Frédéric Rapilly pour Blue Monday (New order)

Merci Florence.

PS: on espère la foule, et la queue... De  Côme...(Pour faire référence à une trouvaille du livre... Oui, parce que je l'ai lu quand même et qu'on n'a pas dévoilé beaucoup de son contenu !).

 

 

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Rédigé par Florence

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Publié le 19 Avril 2024

bonjour,

1)  Il semble que tout le monde ait un avis comparable au mien sur "les jours du jaguar" de Pierre Andrieu que vous êtes en train de recevoir au fur et à mesure : un joli livre !

Michel Troadec le fidèle lui fait l'honneur d'un petit article dans le plus grand journal français : Ouest France dans l'édition du 18/04

          Le chanteur Jean-Louis  Murat vu de l’intérieur, dans  un très beau livre

Grand auteur, compositeur et interprète, l’artiste auvergnat est décédé il y a un peu moins d’un an, en mai 2023. Un beau livre du journaliste Pierre Andrieu lui rend hommage, avec de nombreux témoignages.

 

Presque un an que Jean-Louis Murat nous a brutalement quittés, à 71 ans, nous laissant une prodigieuse discographie, l’une des plus foisonnantes de la chanson française : 31 albums et près de 500 chansons en un peu plus de quarante ans (1981 à 2023) de carrière. L’ironie veut qu’après avoir longtemps refusé de publier une compilation, il avait accepté, décédant la veille de sa sortie. Pour ceux qui connaissent mal son œuvre, son best of de vingt titres est un beau panorama. Pour ceux qui ont le plaisir d’avoir suivi son parcours, ce livre est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le poète auvergnat, bourru et provocateur vu de l’extérieur, infiniment attachant quand on le connaissait un peu.

Journaliste clermontois, Pierre Andrieu le raconte surtout par sa musique, par ses disques clés, se focalisant sur sa période la plus prolifique, de Mustango (1999) à Taormina (2006), débordant sur Toboggan (2013, le plus intime) et Babel (2014, le plus auvergnat). Mais il fait aussi parler ceux qui l’ont côtoyé, notamment des proches : Marie Audigier, Denis Clavaizolle, Laure Desbruères, Fred Jimenez… Un riche livre pour un immense artiste.

Les jours du jaguar, Éditions Le Boulon, 200 pages (50 photos), 32 €.

 

Pierre Andrieu est plutôt un lilithien, et ses choix font un peu parlé du côté de Benzine Mag:

A LIRE SUR LE SITE 

 

« Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar » de Pierre Andrieu : Garder ses chansons près de nous.

Signé de Pierre Andrieu, Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar vaut autant comme recueil de témoignages sur Jean-Louis Murat que comme relecture du « virage électrique » de ce dernier.

 

« Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar » de Pierre Andrieu : Garder ses chansons près de nous.

Signé de Pierre Andrieu, Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar vaut autant comme recueil de témoignages sur Jean-Louis Murat que comme relecture du « virage électrique » de ce dernier.Lors des dernières Victoires de la Musique, l’hommage à Jean-Louis Murat fut un moment aussi plein de bonne volonté que raté. Il y eut d’abord Léa Salamé déclarant que tout le monde avait été touché par son décès. Elle évoquait bien sûr le public mais les mots paraissaient décalés au vu du parterre présent. Un parterre représentant un show business hexagonal auquel Murat avait un rapport pour le moins compliqué. Quant à Raphaël, d’ordinaire honorable dans l’exercice de la reprise, il foira Si je devais manquer de toi en voulant absolument se caler sur le murmuré de Murat. Heureusement, la sortie du (beau) livre de Pierre Andrieu, rédacteur sur le site concertandco, est là pour offrir un hommage plus digne à un grand de la chanson française contemporaine. Préfacé par Jennifer Charles d’Elysian Fields, Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar est d’abord constitué d’interviews de divers collaborateurs/collaboratrices racontant leur Murat : les musiciens de studio, le directeur de communication de la Coopérative de Mai, la cinéaste qui l’a filmé au travail (Laetitia Masson), les femmes partenaires dans l’intimité qui furent tout autant ses conseillères artistiques… Et les admirateurs tels que Bernard Lenoir ou l’écrivain Eric Reinhardt. Et enfin des interviews de Murat données à l’auteur. Le tout illustré d’une mine d’or de photos remontant jusqu’à l’avant-notoriété. Si les premières interviews peuvent être touchantes ou intéressantes, celles de Murat rappellent que le Murat distributeur de phrases à l’emporte pièce était nettement plus plaisant à l’oral, au milieu d’un talk show trash, qu’à l’écrit. A côté de cela, Andrieu passe en revue la biographie d’un artiste qui, tel Bashung, a décollé sur le tard. Il évoque l’engagement humanitaire discret, les concerts, la place du sexe et de la mort dans les textes de Murat. Et offre la partie la plus débattable et la plus intéréssante du livre : une vision de la discographie pas forcément partagée par tous les fans de l’Auvergnat. Les synthétiseurs, éléments datés de Cheyenne Autumn ? Il sont pourtant moins pénibles à mon oreille que ceux de I’m your man de Leonard Cohen. Et dans les deux cas le plus important tient toujours debout : les (grandes) chansons. Au nom de ce parti pris, l’âge d’or discographique de Murat se situerait selon Andrieu entre Mustango et Taormina. Je tiens personnellement Mustango pour son chef d’œuvre. Un alliage du Blues/Rock et de la chanson française que Bashung avait effleuré sur certains morceaux d’Osez Joséphine. Et une rencontre entre deux Far West : celui personnel de Murat (l’Auvergne) et l’ombre du vrai. Résumée par ce Jim murmurant à cheval. A ma gauche la littérature de l’Amérique profonde (l’écrivain Jim Harrison). A ma droite l’ombre du western (à cheval). Et au milieu ce murmuré dont Murat disait qu’il se mariait mieux à la langue française que certaines voix gueulardes. Mais surtout un album contenant relativement peu de morceaux confondant le spontané et le bâclé.  Ensuite, Murat s’est souvent réclamé comme le rappelle le livre du caractère prolifique d’un Dylan ou d’un Neil Young. Je vois plutôt dans beaucoup de ses albums post-Mustango une incapacité à faire le tri. Mais l’intérêt d’Andrieu est de faire de Mustango un point de rupture, un moment où Murat passe à la guitare. On peut débattre de cette césure en évoquant les moments pop ligne claire à guitare de Vénus. Ou ne pas réduire le Murat post-Mustango à cela. Mais cela fait sens quand on pense à ce que le morceau Nu dans la crevasse représentait : la première fois que Murat ouvrait la porte à une longue cavalcade électrique avec Neil Young et son Crazy Horse en ligne de mire. Une approche « canadienne » qu’il appliquera sur scène à une partie de son répertoire. Le livre s’achève sur une playlist imaginaire basée entre autres sur les goûts de Murat et les morceaux qu’il a repris. Peut-être pas la meilleure manière d’achever un livre réussi. Dans un numéro de Reporters où l’on entendait des maquettes de son alors pas encore sorti The Future, Leonard Cohen déclarait construire ses chansons comme des Mercedes, pour qu’elles durent. Là où son fan Murat souhaitait que ses chansons « soient comme des meubles anciens : solides, fiables, familières. Qu’elles résistent à l’érosion. ». Une résistance au moins avérée s’agissant de titres comme Fort Alamo. En attendant, le livre est un bel objet et une bonne manière de se souvenir de l’auteur de ces chansons solides, fiables et familières.

 

Pierre sera aux Vinzelles le 27/4 avant MATT LOW

Il a causé du livre sur France Bleu hier. A écouter:  A 17h04 dans "on sort en Auvergne"  (le pauvre Pierre, on lui a infligé du Vianney). Il y a une dizaine de minutes à écouter (sur une émission d'une vingtaine). On savait par exemple qu'il était un fidèle du bouquiniste de la Bourboule, mais Pierre raconte qu'il passait également chaque semaine aux Volcans pour des livres.  

Il y a eu un autre rendez-vous  un peu plus tard dans la journée avec le "club de la presse auvergnat" et même si Radio Campus était associé, je ne trouve pas de podcast.

Rappel : il sera aux volcans avant la soirée à la coopé et avec nous le samedi 22 juin au Fotomat pour une séance dédicace.  

PS: Magic! a également publié des bonnes feuilles.

 

A propos de  l'autre livre qui sort (Foule Romaine, d'A. Couder) qu'on chroniquera prochainement, une sacrée pointure YANNICK HAENEL donne son approbation dans le CHARLIE Hebdo de cette semaine:  "une rêverie émotive, un éloge scrupuleux, un commentaire savant et insolent... sur le plus grand chanteur depuis Gainsbourg et Bashung".

 

 

2) Le pape papi Gérard MANSET sort un nouveau disque. Il était invité de L. Goumarre hier sur Inter... J'adore son côté absolument insupportable (il dit qu'il n'écoute rien, ne voit rien alors qu'on sait qu'il se faisait inviter dans la décennie précédente, aux concerts ou en festival... par exemple par Dominique A) mais soit. 

A 24 minutes, il raconte sa version de sa rencontre avec Jean-Louis Murat... "le gars là qui vit dans le cantal" (il a un peu du mal à se rappeler des noms dans l'interview, Higelin également).  Jean-Louis Murat aurait mal pris que Gérard lui dise qu'il n'avait besoin de producteur pour enregistrer,  qu'il fallait qu'il se débrouille".  Peut-être est-ce Hebey qui avait organisé la rencontre en 1981, mais pour Dejacques et Zacha chez Pathé, la priorité était d'éviter de lui faire faire du Manset (interview de Zacha). 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/cote-club/cote-club-du-jeudi-18-avril-2024-9671420

 

Pour rappel, Jean-Louis a indiqué qu'il n'avait pas aimé le regard porté sur les filles par Gérard... Ce n'est pas le seul épisode de la relation : outre la reprise "entrez dans le rêve" sur route Manset, ce dernier a raconté avoir tenté de téléphoner à JL (à moins que ce soit Jean-Louis qui ait raconté qu'il n'a pas rappelé Manset suite à un message -je ne retrouve pas la source, c'était peut-être avant 2009). 

Pour le plaisir, je ressorts cette petite anecdote qui figure sur le blog: 

Sur un blog à vocation littéraire sous forme de journal, JL Bitton nous parle d'une petite anecdote qui me ravit, moi qui compile les petites infos concernant Murat et Manset.

"ACTE 1

Depuis quelques années, Guillaume D. organise des dîners dans la grande tradition dix-neuviémiste du salon littéraire et artistique. On y croise musiciens, écrivains, connus ou méconnus, mais également des lecteurs, collectionneurs et passionnés. Je ne suis pas très friand de ce qu'on appelle les dîners en ville, qui sont la plupart du temps ennuyeux et prétentieux, mais chez Guillaume D., la simplicité est de rigueur, ses dîners sont sans chichi ni falbala. Il y a quelques invités récurrents comme le voyageur solitaire Gérard Manset : "- Que pensez-vous de Jean-Louis Murat, Gérard? - Nos univers sont proches, mais lui est vraiment triste." 

Moi, ça me fait rire. 

 

LE LIEN EN PLUS 

Petit petit petit lien en plus, mais on a vu les derniers propos de Biolay (sur sa reprise en main)  repris un peu partout, et sur le site pleine vie on peut lire: 

"Totalement sevré à ce jour, l’ex-gendre de Catherine Deneuve et grand admirateur de Jean Louis Murat dont le décès l’a particulièrement affecté, affirme ne plus avoir d’alcool chez lui afin d’éviter de replonger" .

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 28 Mars 2024

Bonjour,

La maison Le Boulon m'a permis de découvrir les deux ouvrages consacrés à Jean-Louis Murat, à paraître en avril.  Je n'ai pas pu tout lire encore, même si j'ai veillé fort tard, mais on peut déjà indiquer que nous recommandons.

 

- Les Jours du Jaguar de Pierre Andrieu.

Petite surprise très émouvante : Pierre a souhaité dédicacer le livre à Christophe Pie... et à Matthieu Guillaumond, notre M., peut-être en souvenir  d'une soirée d'anniversaire passée avec lui (43 ans de Pierre), mais plus sûrement pour son travail sur ce blog et sa passion pour la musique. Comme j'ai voulu dédier à Matthieu l'aventure "AuRA aime Murat",  je prends ceci aussi comme un salut à notre petite communauté à travers  celui qui en a été un des plus brillants représentants. 

Ce livre a bénéficié d'un soutien de la ville de Clermont-Ferrand et de la Coopé, ce qui a permis de réaliser un bel ouvrage si j'en crois son format numérique. Les photos sont nombreuses, souvent rares ou inédites (certaines signées Marco, le vieux copain de Jean-Louis),  et notre cher Sancy y est bien représenté par de très jolies photos en noir et blanc, parfois en grand format.

Il est de ces ouvrages qui n'exigent pas une lecture linéaire. On peut aller piocher et choisir son itinéraire.  Les interviews sont fort intéressantes et font tout l'intérêt du livre. Comme P. Foulhoux dans son livre sur le rock à Clermont, Pierre a choisi de gommer la forme de l'entretien, et ces textes se présentent comme des témoignages ou de la confidence introspective, ce qui est très agréable. J'ai aimé y découvrir des détails sur la vie de Jean-Louis au quotidien (au travail), sa façon d'élaborer ses disques et aussi des éléments moins publics, sur son anxiété, ses migraines et sa consommation de cannabis ou ses incartades par exemple.  C'est vraiment le premier cercle qui est interrogé mais la complexité du personnage apparait, sans complaisance évidente. Dommage qu'il nous manque le témoignage  de Bruno Bayon* avec lequel Pierre s'est pourtant entretenu, et qu'il remercie. Pour le reste,  la partie biographique est concentrée sur quelques pages pour laisser la place aux chroniques de disques, et deux articles thématiques, l'Auvergne dans les chansons, et la sexualité.  On reviendra plus en détail sur le livre ultérieurement.

A COMMANDER AVEC TOTEBAG OFFERT  : ici sur le site de l'éditeur

Séance de dédicaces :  aux Volcans, le 26 mai, avant la soirée Te garder près de nous et au Week-end Murat, le 22 juin.

 

*même si j'ai restitué ici une partie de son intervention aux obsèques. 

 

 

-  Antoine COUDER, Foule romaine

Bien qu'une coquille accompagne la présentation sur certains sites ("En 2003, l'album Lilith de Jean-Louis Murat sort. L'auteur montre à quel point la chanson "Foule romaine" est emblématique du parcours musical de l'artiste auvergnat." Rien à dire sur les deux phrases, mais il est bien sûr question du Moujik et sa femme dans le livre... et pas de Lilith),  nous allons vous le recommander aussi!

C'est un ouvrage très personnel (avec des souvenirs de l'auteur), plus littéraire, qui est loin de se concentrer sur Le Moujik et sa femme, avec des rapprochements qu'on pourra trouver osés (Souchon, "Le temps nous portera" jusqu'à Lana Del Rey), mais le cheminement un peu zigzaguant est agréable et stimulant tout en étant plutôt bien documenté. On y croise sur la fin Nicolas Comment.  Les lecteurs ne pourront pas en tout cas crier à l'opportunisme, Antoine transmet très bien son amour pour l’œuvre de Jean-Louis Murat qui est ancien comme il le raconte (ça me refait penser que je dois publier les mots d'Arnaud Cathrine parlant de la période Cheyenne autumn, le parallèle est intéressant)

Antoine Couder

EAN : 9782487270091
128 pages    12 euros
LE BOULON (18/04/2024)

On rappelle que Cédric Barré parlera également de cet album dans un livre (plus "clinique" et complet) à paraître en fin d'année.

 

- Et on termine cette grande librairie par des infos et la couverture du livre de F. Vergeade :

La photo est de Richard Dumas (Agence vu) qui avait été en couverture de Magic en 2014 (Une autre photo de cette séance là). C'est un peu moins consensuel, plus sombre que la photo solaire de Loriou (je vois des commentaires négatifs)... mais s'il est question de Lien défait,  et de l'œuvre, je trouve ça bien vu, surtout qu'il y a aussi un côté "artiste américain" qui lui va bien. 

 

Sur le site de l'éditeur, Voici ce qu'on nous en dit... avec quelques approximations dont n'est peut-être pas responsable  l'auteur ("suicidez-vous qui condamne à plusieurs années de silence" alors qu'il y a eu deux  disques en 82 et 84,   "tourner au cinéma avec Claire Denis"?):

Jean-Louis Murat, le lien défait

Description

« Fais de mon âme une branche / et de mon corps un talus » ; « Je hais pour toujours les familles » ; « J’ai un chagrin plus fort qu’une armée »… Qui pouvait écrire et chanter de tels textes, si littéraires, dans l’univers souvent frileux et simpliste de la pop française ? Une seule personne, une seule voix : Jean-Louis Murat.

Né en 1952, le chanteur compositeur a creusé un sillon unique, fait d’obsessions poétiques et cinéphiliques, de passion pour la musique américaine ; un trajet sinueux qui relie Neil Young à Baudelaire. Sa carrière ne ressemble en effet à aucune autre : il a commencé par un échec retentissant (avec le single Suicidez-vous le peuple est mort qui l’a condamné au silence pendant plusieurs années), est revenu comme « chanteur-jeune premier » à succès dix ans plus tard, avant de se lancer dans des albums de plus en plus risqués, de faire chanter Isabelle Huppert, de tourner au cinéma avec Claire Denis, de parfaire sa collection d’ennemis avec ses déclarations fracassantes sur les plateaux de télévision…

Provincial revendiqué, franc-tireur, expérimentateur musical, Jean-Louis Murat a laissé une trace indélébile dans la musique française grâce à la qualité de ses textes, un sens mélodique affûté et une façon de chanter qui n’appartenait qu’à lui.

Franck Vergeade, rédacteur en chef musique des Inrocks, retrace ce parcours hors de tous les sentiers battus. Ami de Murat, il trace un portrait humain et artistique d’une grande subtilité. Chaque chapitre part d’un titre phare ou d’un texte marquant pour faire revivre l’une des multiples facettes de l’artiste, analyse son style, ses partis-pris, décrypte sa biographie…

Un ouvrage intime et érudit qui, un an tout juste après le décès du chanteur, rappelle sa place à part mais essentielle dans la musique française.

Prix : 

21,00

Format : 15 x 21 cm

208 pages

Nombreuses illustrations

Parution : 16/05/2024

ISBN : 9782840499886

 

THE TRUC EN PLUS 

En tombant sur un tweet, j'ai décidé de postuler pour passer  à la radio. Je voulais "les jours du jaguar", mais on m'a fait 3 autres propositions, et j'ai choisi "foule romaine" pour parler des livres... mais je n'ai pas eu le temps..   France BLEU, émission décibels hier

https://www.francebleu.fr/emissions/decibels-l-emission/jocelyne-et-jean-claude-de-kassav-hommage-a-jacob-desvarieux-3945290

L'INFO OUILLE OUILLE EN PLUS

On n'a pas parlé du prix de la réédition du JARDIN D'ACACIA dans le précédent article... Ça sera 90 euros!

précommande sur le site officiel ou le site de Pias.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 22 Février 2024

Après la diffusion de l'information dans une newsletter de la maison d'édition, le site de la dite maison  a été mis à jour, dans sa page d'accueil. Une liste alléchante de personnes interviewées  est donnée (Certaines que j'avais essayé d'avoir pour le blog... et deux qui avaient accepté : Fred et Alain Artaud). 

Il est possible de commander chez l'éditeur (mais aussi sur les autres sites de revendeurs):

"Beau-livre hommage sur Jean-Louis Murat à paraître

le 18  avril 2024

Jean-Louis Murat – les jours du jaguar
par Pierre Andrieu


Préface de Jennifer Charles (Elysian Fields)
200 pages – Format 210×210 mm – Relié – 32 € 
Plus de 40

photographies*

 

Biographie subjective par Pierre Andrieu, rédacteur (Auvergnat !) chez concertandco.com.
Outre 5 entretiens exclusifs entre l’auteur et Jean-Louis Murat (de 2003 à 2009), Pierre Andrieu a croisé les témoignages de 15 personnalités proches du grand poète chanteur qui nous a quitté le 25 mai 2023.  Marie Audigier, Alain Bonnefont, Denis Clavaizolle, Laure Desbruères, Stéphane Reynaud, Fred Jimenez, Bernard Lenoir, Aymeric Létoquart, Alain Artaud, Matthieu Lopez (alias Matt Low), Pascal Mondaz*, Hervé Deffontis*, Morgane Imbeaud, Eric Reinhardt, Laetitia Masson.  Préface de Jennifer Charles du groupe Elysian Fields.
Nombreuses photographies (dont celles de Frank Loriou, auteur de la photo de couverture). 
Avec le soutien de la Mairie de Clermont-Ferrand*** et la Coopérative de Mai"

 

* NDLR: Ingénieur du son (Babel et présent sur Aura Aime Murat avec les Dragon Rapide)

** Directeur de la communication de la Coopérative

*** J'en profite pour dire que pour la "rue Jean-Louis Murat" décidée en juin dernier, aucune date n'est encore prévue du côté de la Mairie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la pré-commande sur le site de l'éditeur : 32 € + 5 € de frais de livraison 
avec un totebag offert

ICI

 

Pierre Andrieu fait passer le message suivant: 

"Il y aura une rencontre dédicace pour le bouquin le 27 avril aux vinzelles (Volvic), juste avant la release party du nouvel album, très classe, de Matt Low. Venez nombreux et si vous êtes intéressés, achetez le livre en priorité là-bas !"

Pierre devrait également être présent le samedi 22/06 lors du "Week-end Murat, yes sir" pour des dédicaces!

Petit article (sans information supplémentaire) sur 7 jours à Clermont

Voici le premier single de Matt Low... avec Armelle Pioline (la chanteuse d'Holden, Superbravo: interview en 2011)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 9 Janvier 2024

Après l'information de la sortie du livre de Pierre Andrieu (article précédent), voici qu'en est annoncé un autre (après celui de C. Barré pour la fin de l'année)... lui aussi d'une connaissance (un peu oublié, même si fb m'indique une relation d'amitié depuis septembre 2010)... Antoine Couder.    Même date de sortie, même éditeur... ça ressemble à un erreur! Et bien, non! Antoine Couder me confirme ce soir sans "pouvoir" m'en dire plus me dit-il. Avec le même éditeur, on peut penser que les deux livres ont deux objectifs et regards différents.

Le livre se nommerait  Murat, foule romaine,  autour de 12 euros,  EAN13 Code: 9782487270091  128 pages.

précommande:   FNAC     Decitre 

Amazon

Il semblerait que l'éditeur communiquera sur les deux livres avec la mention "premier anniversaire du décès de Jean-Louis Murat" (ça apparaît ainsi sur Amazon) -sous réserve-.

Antoine a réalisé une playlist JL Murat commentée sur le site "toute la culture"  le 29 mai (il collabore au site depuis de nombreuses années, mais ce n'est pas lui qui a écrit les nombreux articles sur JL Murat). Il est passé par différents sites et Gonzaï, entre autres activités. Mais cette historien de formation a déjà écrit plusieurs livres dont un sur HIGELIN et un essai Fantômes de la renommée préfacé par Rodoph Burger (chronique  longueur d'ondes). Un autre livre  Rock’n’roll Animal mettait en scène également le rock alsacien.   

  Sa page fb

 

Antoine Couder vit à Paris. Il est l'auteur de plusieurs livres rock : Rock'n'roll animal - un revers de satire, l'Harmattan, Jacques Higelin, Devenir autre, Castor Astral, Fantômes de la renommée, éditions Médiapop.
Il est également auteur de plusieurs documentaires radiophoniques pour France Culture

 

ci-dessous à droite :  (avec Fred Poulet et R. Burger)

ET un 2e livre annoncé...

 

On pouvait attendre Olivier Nuc, Baptiste Vignol et ce sont les outsiders qui franchissent la ligne en premier... mais on n'est pas dans là dans une course de vitesse. 

 

Merci JLR et Fabrice

LE LIEN EN PLUS

 

Je ne crois pas avoir partagé la playlist d'Antoine Couder sur "toute la culture" ou alors rapidement dans cette fin de mois de mai sinistre. Voilà de quoi découvrir sa plume et sa sensibilité muratienne. 

https://toutelaculture.com/musique/la-playlist-made-in-jean-louis-murat/

La playlist made in Jean-Louis Murat
29 May 2023 | PAR Antoine Couder
 

Cette semaine c’est tout pour Jean-Louis, le Jean-Louis de trois grands disques, le Jean-Louis pour qui jamais notre chagrin ne pourra s’éteindre.

Le parcours de la peine — Le manteau de pluie

Au début, c’est presque la version mélancolique du Daho de “Laisse tomber les jaloux”,   du Darcel à la petite cuillère Chamfort – celui-là, l’a-t-il descendu au lance-flamme ? Je ne sais plus- qu’importe,  il y aura toujours un peu plus avec Murat, comme cette phrase anodine et malicieuse, trainarde comme ce corps que l’on imagine exulté encore un peu avant de s’offrir à sa toute belle :  oh dis-moi, quel et le bon, le mauvais, que puis-je croire ?  Les yeux implorants de cet amour à portée des mendiants à Rio.

 

Bang bang — Mustango

Toi, tu le sais (oui, tu le sais, cette énergie circule de tes yeux vers mes yeux), il suffit de prononcer ces mots,  tous vos désirs me dominent, tous vos rires, tous vos enchantements  et puis peu à peu, tout se précise. Murat ne parle que de cette intensité qui monte et modifie l’être au plus profond. Catho lyrique de l’explosion, de l’implosion, de la transformation. De la grâce.

Aimer — Dolores

Au plus simple, au plus conquérant, tomber le manteau de pluie du parcours de la peine. Baudelaire dans une euphorie du MDMA. Il faut, il faut !! La philosophie de l’amour coupable se fait plus allemande. Il faut retrouver cet amant au corps ruisselant. Vite.  Et tu arriveras à cette question dont tu as déjà la réponse :  as-tu aimé poser ton cœur à l’intérieur d’un être heureux ? 

Gorge profonde — Le manteau de pluie

À terre cette fois, les larmes chez Murat jamais ne tâcheront ses yeux clairs, elles resteront à l’intérieur, toujours coincées dans cette gorge qui contient à la fois le bonheur et le lucre. Le texte alors se fait bref, il s’adresse à l’invisible, à l’aveugle … Quel est ton nom ? Ce sera celle dont la présence se fait plus insistante, ce sera la messagère, toi … ma gorge profonde. tu es la pluie, tu es le beau temps, tu dis et redis qu’il n’y aura jamais de fin à cette ronde qui s’éveille dans l’amour.

Réversibilité — Dolores

Et puis on finit par se connaître, se reconnaître, toujours ces mêmes intros presque militaires, ces vice versa  qui aimantent les émanations de ces corps enchantés vers le retournement,  l’équation de la réversibilité.  Un temps c’est la folie de l’amour, du don de soi et l’instant d’après, ce sera l’obscurité vertigineuse, la hantise du néant. Ange plein de gaité, connaissez-vous l’angoisse,  la honte, les remords, les sanglots, les ennuis  … Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?  Cette fois, c’est vraiment du Baudelaire, mais celui-ci a rencontré Kafka dans cette sorte de brutale lucidité qui surgit lorsque la fin arrive. Le coeur qui s’arrête, l’étouffement. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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