2021 aura aime murat

Publié le 8 Mars 2023

       

                Le Flegmatic sera notre invité inter…régional lors du WEEK-END MURAT, YES SIR! du 23 et 24 juin au FOTOMAT à Clermont-Ferrand.  Le chanteur originaire d’Albi  a accepté de faire le déplacement de  sa vallée d’Aspe dans lequel il est désormais installé… pour témoigner de son affection pour l’oeuvre de Jean-Louis Murat. Et on est très fier d’avoir avec nous “ L’une des plus fines plumes françaises actuelles. » (Pop, Cultures & Cie) à la musique à “l’impact mélodique et harmonique jamais démenti." (Rock & Folk).  C’est donc naturellement que nous lui avons proposé, en plus de sa participation au TRIBUTE samedi, d’interpréter quelques chansons personnelles le vendredi, dans une très belle soirée CHANSONS, en co-plateau avec ALAIN KLINGLER (qui lui nous fera découvrir des chansons de son 6e album à paraître…. dont une chanson dédiée à Murat “larbin de personne”).   [avant cela, nous aurons visionné le film “mlle Personne” et écouté Soleil Brun avec un peu de Murat]

            On attendait de pouvoir vous annoncer tout ça pour publier un article prêt depuis quelques mois… C’est “l’affaire Murat”...

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              Fin octobre 2022, par messages, Thomas me débriefait une interview sur France Inter,  un peu navré. Ce qu’il me racontait méritait un article et je lui ai alors proposé de coucher tout cela sur le papier… et il a immédiatement accepté. Il faut soigner le mal par le mal? 

             Après l’interview de La Fille de la côte qui était elle aussi une immersion dans les affres de la création (ou au cœur de la sensibilité d'un artiste), je suis à nouveau très fier (vraiment!) de vous partager ce texte qui nous interroge  sur les influences, les étiquettes telles le sparadrap du capitaine Haddock  et les blessures d’un artiste dont on ne reconnaît pas  la singularité. 

               En tout cas, nous on aime beaucoup son 3e disque et on n’est pas les seuls, comme vous l’avez vu (notons aussi que Benoit Crevits -Magic- l’a  classé dans son “top dix 2022”).  Alors, on a eu envie de vous proposer beaucoup de  lecture (avec à la suite, une chronique du disque le jour la nuit le jour, et une archive inédite...) mais pour commencer la parole à Thomas Boudineau, dit Le Flegmatic.

 

« L’Affaire Murat »

  

« Un possible héritier de Murat », a écrit Rémi Boiteux à mon sujet dans Les Inrocks. C’était en 2019, pour mon album Ruines Nouvelles, et c’est une référence qui revient souvent à mon sujet, ou plutôt au sujet du « Flegmatic », mon double de fiction dans la chanson. Une influence que je ne renie pas, et une filiation qui n’est pas pour me déplaire, même si, sans fausse modestie, il est difficile, voire périlleux, d’essayer de se glisser dans le sillage tant du chanteur, de l’auteur, que du performeur dans les talk-show.

Je n’ai curieusement jamais cherché à entrer en contact avec Jean-Louis Murat. Sans doute parce que j’ai cauchemardé, une nuit, qu’il me jetait hors de sa loge en me traitant de petite merde… Et aussi parce que je suis quelqu’un de timide et de réservé. Je ne me vois pas toquer à sa porte, mon album sous le bras, bonjour, on dit que je serais votre possible héritier… Ça fait un peu antiquaire qui viendrait renifler l’état des vivants tout en évaluant les meubles.

Comme Murat, j’adore Dylan et Leonard Cohen. Je l’ai d’ailleurs découvert avec “Avalanche”, sa fantastique et libre adaptation de Cohen pour une compil des Inrockuptibles, grande époque. Et comme lui, je chante le français doucement, car je sens, c’est physique, que c’est une langue qui se murmure, alors que je chante l'anglais à pleine voix.

Cet album précédent, Ruines Nouvelles, était clairement sous influence Dylan, et c’était assez naturellement que la silhouette de Murat traînait au studio de Luis Mazzoni*. Luis avait d’ailleurs travaillé avec lui à Clermont au milieu des années 90 (pour les fans, il est crédité sur un CD, mais je ne  me souviens plus duquel). Mon titre “À Découvert”, une chanson hantée par la crainte d’une guerre civile que France Inter a diffusée durant presque trois mois, est de loin la plus muratienne de mes chansons, dans le groove, le blues, le velouté, et une certaine gravité, même s’il y a aussi du Chris Isaak — ma voix n’ayant malheureusement ni le velours, ni les élans d’ange maudit de l’un comme de l’autre.

Mais quand j’ai envoyé Le jour la nuit le jour, mon nouvel album, à France Inter, la première réaction du programmateur fut de dire « Murat, sors de ce corps flegmatique ! » Ça m’a fait rire avant que je ne comprenne qu’il y avait quelque chose de définitif dans cette réponse. C’était un genre de non. Une porte fermée. Ce fut le début d’une assez longue série de portes closes pour ce disque, avec, pour raison, une trop grande proximité avec Murat, sans qu’on ne m’explique si ce qui dérange est une ombre tutélaire jugée trop envahissante, ou la suspicion d’un nouveau polémiste romantique — quand ça ne laisse pas carrément planer le soupçon du plagiat. 

L’ombre de Murat n’était pourtant pas avec nous, cette fois-ci, au studio. Je n’ai d’ailleurs pas retravaillé avec le même producteur. Bien sûr, je pensais à Cohen. J’ai commencé à écrire ces nouvelles chansons après avoir redécouvert l’album Ten New Songs. C’est cet album qui m’a montré le chemin. Le déclic de la création d’un album peut venir de n’importe où : une musique sortie par la fenêtre d’une voiture, un disque écouté chez des amis, à un moment où vous êtes, sans le savoir, à l’affût du rebond, d’un signe, du signal qui donnera la direction.

À bord du train qui me menait à Paris pour une interview dans l’émission Côté Club, je reçois un mail de la nouvelle chroniqueuse chanson de Télérama transféré par mon attaché de presse : « Trop Murat, désolée, je ne peux pas ». Je commence à serrer les dents. Valérie Lehoux, l’ancienne chroniqueuse du magazine, avait jusque-là parfaitement aimé et compris mes albums, sans doute mieux que moi-même. « Poète apocalyptique de la France d’aujourd’hui », avait-elle écrit. Mon attaché de presse me dit qu’il faut que je trouve un truc, une parade dès que le sujet Murat déboule sur la table.

 

 

 

 

 

Dans les studios, l’émission est à peine commencée que Laurent Goumarre me lance : « Jean-Louis Murat, on vous le fait souvent ? » Plutôt, oui… Je m’en suis sorti in extremis en imitant JLM : « Non mais c’est quoi cette question de merde ?… » Je suis assez bon imitateur. Ça a fait rire tout le monde, et m’a sans doute un peu sauvé. Mais cette histoire de ressemblance, d’inspiration, d’association est revenue à plusieurs reprises à l’antenne comme hors-micro. Il semble que ce soit ma chanson « À l’Ananas Café » qui crée la confusion : dans le phrasé, la ritournelle, et sans doute une forme de nonchalance. On a fini par conclure, avec Christophe Conte, autre invité, qu’il était finalement assez naturel de dire qu’untel nous en rappelle un autre. Belin semble avoir avalé Bashung — et ça ne dérange personne —, qui lui-même s’inspirait d’Alan Vega et de David Bowie. Bach trépignait avant l’arrivée de la diligence qui transportait les partitions de Vivaldi. Murat et Belin s’inspirent fortement de Dylan, jusque dans leurs costumes de scène… Dylan qui piquait tout à tout le monde, et ce dès le début en jouant une copie conforme de Woody Guthrie…

Au sujet de Murat, j'aurais aimé dire que la tournée qui a donné Innamorato m’a offert l'un des meilleurs concerts que j'ai vu, qu'il écrivait toujours des chansons immenses, que sa voix était plus belle encore aujourd’hui, qu’il était parmi les derniers musiciens à ne pas faire de la musique un spectacle… Mais je me suis retenu, de peur d’aggraver mon cas, de nourrir ce soupçon d’artiste sous influence, et de toute façon, dans ces émissions, tout va toujours trop vite.

J’ai pu voir Murat au moins quatre fois en concert ces vingt dernières années. Période Moujik, et puis ce dernier concert au Bolegason de Castres, après la sortie de Il Francese. Sur scène, tranquille, dans une salle à demi-pleine, il n’hésite pas à arrêter un morceau parce que le tempo ne lui convient pas ce soir. La musique semble s’inventer, se dérouler devant nous, et nous soulève. Il donne des versions différentes des chansons que j’ai pu voir en vidéo au cours de la tournée sur le facebook de ce blog. Je pense à Dylan, évidemment, capable de se retourner vers son band juste avant d’attaquer une chanson : « Ce soir on va la prendre en si bémol et en boogie !… » Bon courage, les gars. C’est de la musique live. C’est un concert. Ce n’est pas un spectacle vitrifié. Une approche assez jazz du live.

À la sortie du concert, je croise quelques copains, venus par curiosité : « Je ne m’attendais pas à ça », « Je pensais que j’allais me faire chier », etc…

 

Il reste que « L’Affaire Murat », comme je l’appelle aujourd’hui en rigolant, aura bien plombé ma sortie de disque, et m’aura surtout laissé avec cette incompréhension, ce truc que je ne m’explique toujours pas. Ça me donne un peu l’impression d’avoir été recalé au bac. J’aurais rarement entendu : « Ça me rappelle Murat, c’est cool ! ».

Il m’arrive de réécouter l’album dans ma voiture et de me demander, mais où trouvent-ils une si grande filiation ?… Et quand bien même : where is the God Damn problem ?

J’aime le blues, j’aime la folk américaine, j’aime l’ironie, j’aime les dandy qui ont l’élégance de se faire détester. Mes disques de chevet sont des albums de Neil Young, de Cohen, de Randy Newman… Je suppose que tout cela nous rapproche.

Moi qui rêvais d’ouvrir ma gueule dans les talk-show, je n’aurais sans doute jamais l’occasion de dire ce que je pense de certains sujets de sociétés, et c’est sans doute tant mieux : je me méfie de ce que je pense.

Il ne manquerait plus que Murat m’appelle pour me traiter d’usurpateur… Mais je rêve secrètement, et éveillé, de lui raconter tout ça autour d’une bonne bouteille de côtes roannaises, et j’en connais d’excellentes.

                                                                                                               Thomas

 PS: Pierrot me demande mes 3 chansons préférées alors:

“Les voyageurs perdus”, dans une version live filmée par un membre d’un groupe Facebook, très lente, divine. “Over & Over”, pour le groove tranquille et incandescent, l’élégance sensuelle des arrangements. Et “Je me souviens”, parce que c’est l’une des plus belles.

 

*NDLR: Sur Luis Mazzoni, je n’ai pas trouvé le crédit. Dans sa bio, il indique  avoir  travaillé en 1992 au studio des Amandiers (ensuite appelé MBS). Il s’agit du studio de P. Vacheron, qui indique chez Didier qu’il était fermé en 1990.  Luis a pu participer à Vénus ou à divers projets que Murat avait à l’époque (Moor, Dassin, Jeanne Moreau…).

 

LIEN POUR ECOUTER "COTE CLUB" sur France inter (à 5 minutes,  20'30), avec Christophe Conte qui sort : ""Le Flegmatic me fait penser à Murat, mais à l'époque où Murat savait encore écrire des chansons"

Sur RADIO CAMPUS (La souterraine): live à 41'30, et 1'09'46  propos sur Murat et qq vers chantés de Murat

Site personnel   et     facebook.com/theflegmatic

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J’espère que comme nous vous avez été touché par ce texte… et que vous êtes offusqués de ce “trop Murat!” d’Odile de Pias…  Pour y répondre, on serait tenté  de faire une longue liste d'artistes à guitare interchangeables… sans parler des chanteuses dont j'ai du mal à discerner les particularités. Le plus important est de savoir s'ils font des bonnes chansons et Le Flegmatic en a réussi beaucoup dans son dernier disque. Je vous propose une chronique signée Florence qui a écouté l’album sans idées préconçues… et plusieurs fois (pour moi, les albums folks et doux nécessitent plusieurs écoutes afin de rentrer dans les ambiances, les mélodies. Une journaliste chroniqueuse prend-elle ce temps?).

 

CHRONIQUE "le Jour la nuit le jour"(label We are unique/Ugarit 2022)                     

 

                         Pas d’idée préconçue ? Peut-être tout de même celle née du nom Le Flegmatic, dont je me demandais s’il était vraiment programmatique… Mais il apparaît très vite  que l’album déborde ce cadre : une belle intensité couve derrière la douceur et la mélancolie, et on découvre aussi des morceaux plus dynamiques, comme « Le yin et le yang » ou « Qu’attends-tu de moi ». Tout cela invite à y revenir, encore et encore, et pas uniquement par conscience professionnelle…

                   Flegmatique, Thomas Boudineau l’est face à un monde sur lequel il pose un regard désabusé, parfois ironique. Par de brèves notations, ou la chute brutale de “Le Yin et le Yang”, il épingle les travers de notre époque et le mal de vivre contemporain. Pourtant ce tableau de la France d’aujourd’hui est dans cet album relégué au second plan. L’album présente d’abord le portrait d’un amoureux moins flegmatique que malmené et désorienté, qui dit avoir perdu jusqu’au goût du péché. Beaucoup de chansons sont adressées à un tu, indifférent, disparu, ou devenu étranger : celle qui s’est laissé adorer parce qu’elle s’ennuyait, de qui il a tant appris, à ses dépens, dont il ne sait plus qui elle est … 

                    Face à ce réel, le personnage se cogne, tombe, se perd. L’album est parcouru de chemins qui changent sans cesse et ne mènent nulle part, de murs auxquels il se heurte. 3 titres sur 9 sont des questions, dont deux adressées à la femme aimée. Et de la perte de repère à la perte tout court, tout se dissout dans le rêve, les ombres, une atmosphère parfois fantomatique. Il est question de vivants qui s’effacent, de vaisseau fantôme, et même Maria la jolie serveuse de “L’ananas café”, désormais fermé, semble n’avoir jamais existé…

                   Car elle est là, la grande réussite de cet album et de cette écriture : peindre une atmosphère, la donner à voir, à sentir, par touches délicates, faire exister dans chaque chanson un monde - petit ou très vaste -, hors du nôtre ou à côté, oublié, disparu, rêvé ou inventé... « Les Travers » (une de mes préférées) rappelle même ces auteurs américains que Thomas Boudineau affectionne : un feu de camp, un loup qui rôde, et le personnage « les pieds dans la rivière, le cul sur une souche, à regarder le cosmos sortir par (sa) bouche. » L’attention constante à la couleur, à la texture du ciel, à la qualité de la lumière rend infiniment sensibles ces univers esquissés, paysages extérieurs tant qu’intérieurs - le cœur dans “Qu’attends-tu de moi” est un “ciel à la Turner”…

                Alors, quid de l’affaire Murat ? Il y a en effet parfois dans le ton, la diction, la langueur, une influence évidente – “L’ananas café” est même assez remarquable à cet égard dans son phrasé suave et un peu nonchalant. Thomas Boudineau - il le dit très bien dans son texte - est lui aussi un

“murmurant”, et Murat ne renierait sans doute pas le credo de “Le Yin et le Yang” : “Ivre de rêve et de murmure, vivre de fiction”. Il y a aussi dans l’écriture un goût du choc fécond entre le quotidien et le poétique : “le ciel est insaisissable, j’ai une mine épouvantable” chante-t-il dans “Qu’attends-tu de moi” ou encore “le ciel s’est déchiré au-dessus de moi /toujours cette voiture devant chez toi” dans “Le jour la nuit le jour”. Cet auto proclamé flegmatique dit également très bien l’exaltation amoureuse, la tentation de l’absolu. Le “pour une fille” qui donne son titre à une chanson devient dans le refrain “pour la beauté”, cette beauté qui l’a conduit à tout laisser, à quitter le monde des hommes… cette beauté que Murat a fréquentée le temps d’une saison dans Babel. Comme son aîné encore, il jongle entre les images très visuelles et concrètes et les maximes générales, les constats souvent désabusés : “Tout n’est que poussière, tout n’est que vanité”, “les hommes mènent une vie distraite”… Il aggrave enfin son cas quand il dit à Laurent Goumarre dans Côté Club que les deux morceaux qu’il a choisi de diffuser ont été écrits très rapidement ! Mais pourquoi lui reprocher ce qui fait aussi le charme et la réussite de cet album - et la marque de son talent d’auteur et de mélodiste ? Et, à sans cesse le ramener à cette influence, laisser croire qu’il ne pourrait être qu’un suiveur énamouré ou un imitateur maladroit ? L’album, très harmonieux et cohérent dans ses motifs, son imaginaire, son ton, révèle un tempérament, une sensibilité - dans une écriture plus resserrée, plus limpide que celle de Murat. Les mélodies trottent durablement dans la tête, les formulations frappent régulièrement par leur justesse, les images donnent à voir un univers qui lui est propre. Il y a bien ici une voix, qui ne perd pas de sa singularité de s’être nourrie des autres - l’admiration est ici généreuse et créatrice !



Merci Florence! 

 

 

L'ARCHIVE EN PLUS INEDITE

Je connais Le Flegmatic depuis 2015, après son repérage par la Souterraine (comme Tristan Savoie, Gontard…). Après son 2e album, on avait commencé une interview.. et jamais terminé. Ça arrive... Peut-être que Thomas avait peut-être déjà senti le piège d'être rattaché au bonhomme d'Orcival? Je connais cet écueil des "Inter-ViOUS ET MURAT"... avec cette référence "Murat" un peu lourde, mais j'espère que l'effet n'a jamais été de réduire les artistes dans ces comparaisons. Voici ce que Thomas avait commencé à me dire en mai et juin 2017 ...

 

-  Quel est votre parcours musical? (apprentissage, découverte, premiers groupes...)

Le Flegmatic: J ’ai  toujours écrit, ou pensé à écrire, et bidouillé des choses. Pris des notes à la volée, dans des carnets ou des dictaphones. J’ai toujours voulu chanter dans une aventure qui soit la mienne, mais je suis un tardif… 

Mes premières incarnations de musiciens, c’est au trombone. Mon premier instrument. L’année du bac, j’accompagnais des bluesmen toulousains, dont Jeff Zima. Je me sentais parfaitement à ma place avec ce bonhomme de la Nouvelle-Orléans. J’ai essayé de m’approcher du jazz, mais je suis trop désinvolte. J’aime le blues. J’ai tenté une école de jazz à Toulouse, mais je me suis vite rendu compte que mes préoccupations n’étaient pas du tout les mêmes que celles de mes camarades. J’étais entouré de vrais musiciens, obsédés par le timbre de leurs instruments, et la virtuosité. Je me sentais misérable à leurs côtés, à la traîne.Sans parler des cours d’administration pour t'apprendre à monter un dossier d’intermittent... A ce moment Murat causait pas mal à la radio. J’ai compris que mes questions étaient plutôt du côté de ceux qui écrivent et chantent leurs textes que du côté de la virtuosité instrumentale.

 

J’ai chanté mes premières chansons en français en 2001. J’ai gagné quelques tremplins, mais j’ai trouvé le milieu de la chanson étriqué et convenu. J’ai tenté d'enregistrer quelques bidouilles mais je trouvais ça très mauvais. A cette époque j’écoutais des américains : Songs Ohia, Calexico, Low, mais aussi Marc Ribot, Tom Waits, Jonathan Richman. Une certaine culture du son des grands espaces et de la matière noire pour les uns, du jeu avec les genres et de la parodie, pour les autres… Ajoutez à cela Katerine et Jean-Louis Murat sur chaque épaule... J’ai assez vite compris que je n’étais pas mûr pour assumer mon propre chemin. J’ai rangé ma guitare et repris mon trombone suite à une rencontre extraordinaire : Angil & The Hiddentracks. Les chansons (en anglais) étaient parfaites, la musique très libre, affranchie… Je me suis fondu dans cette aventure et dans la musique de quelqu’un d’autre sans aucune forme de renoncement, avec sérénité. Accompagner quelqu’un est une expérience vraiment délicieuse, presque métaphysique. On s’oublie. On se fond. On peut atteindre une forme de grâce.

Ce n’est qu’en 2012 que je me suis remis à écrire. J’ai trouvé ma voix, au sens propre : le timbre, la diction, les tonalités dans lesquelles j’étais à l’aise et le style d’écriture, ce que j’avais envie de me raconter, et de raconter aux gens… C’est là, à 32 ans, que commence l’aventure « Le Flegmatic ».

  

2)  Est-ce que votre formation de Tromboniste  a une influence sur vos compositions? Et de la même façon, votre intérêt pour le jazz et le blues, est-ce qu'il en reste quelque chose? 

 

Le Flegmatic: Je n’en suis pas sûr. La seule apparition du trombone dans mes deux disques c’est un solo sur la chanson Peter Falk. J’ai tout de même fait une poignée de concerts où je samplais la guitare ou le piano pour faire un solo de trombone, mais j’ai vite trouvé ça artificiel. Je ne suis pas très fan des loop. Je trouve que ça met de la distance avec le public. Du coup, je fais comme « l’autre » : harmonica autour du cou, et en piste !

J’ai replongé en profondeur dans le blues récemment, en plongeant, justement, dans Dylan. Il t’y ramène en permanence. Du coup je pique une phrase de temps en temps à Robert Johnson… Mais au-delà du genre même je crois que Le Flegmatic c’est une forme de blues. C’est du spleen francophone. C’est du blues, mais sous une autre forme… Avec Benjamin Caschera, de La Souterraine, on parle de bleu, du coup. Je compose en ce moment des chansons très bleues sur des patelins que l’on va appeler les « Bleus de France ». C’est un jeu qu’on a mis en place avec la campagne de souscriptions Microcultures pour Bouleversement Majeur : les participants pouvaient me commander une chanson sur une ville ou un village… 

3) Peut-être un point de rapprochement avec Murat alors... cette idée de chanter les villages français?  (j'en profite pour saluer Travis Burki qui faisait lui aussi des chansons à la demande)

 

Le Flegmatic: J’aime chanter le paysage, la route. Les cartes topographiques m’inspirent, les rivières, le parcours des rivières… un village ou une ville. J’ai très vite adoré ça, chez Murat, cet attachement au paysage. Et curieusement la chanson et ce qu’elle porte en deviennent universels, ça parle à tout le monde. 

 

4) Un des rapprochements avec Murat que je voyais, c'était la bossa nova. Tu as dit en interview que tu avais trouvé ton style aussi en jouant ce style [sur des reprises de Radiohead)? La bossa est-elle aussi du "bleu"?

 

Le Flegmatic:  La bossa, le saudade… J’en ai une approche assez nonchalante. J’en écoute très peu, je connais mal. Mais j’aime l’esprit et les couleurs qui s’en dégagent. Ce rythme, la façon de jouer les accords à la guitare classique laissent beaucoup de place à la mélodie, au chant, au son de la voix. On peut alors raconter une histoire, poser une atmosphère avec très peu, et jouer avec. Quand les gens se retrouvent dans une ambiance familière, quand la chaleur est installée, alors on peut commencer à glisser, à surprendre et se surprendre, se laisser dériver… La bossa c’est du blues, du bleu, et j’aime bien y raconter des choses d’un quotidien cru, des choses pas jolies sur des mélodies délicieuses..

 

5) Autre point commun : le nom d'artiste... Pour le coup, le tien colle  assez bien à ton univers... Comment tu te sens dans cette peau? Est-ce qu'elle ne pourrait pas être un peu réductrice? (Je me demande si on peut écouter ta musique avec une idée préconçue du coup)...  Et par extension, est-ce que tu pourrais être énervé musicalement?

 

Le Flegmatic: C’est vrai que j’ai parfois peur que cette identité, cette « incarnation » me bride… Ça fait 20 ans que je cherche mon double… D’ailleurs sur FIP comme sur la plupart des articles qui ont été écrit sur l’album, on parle de « Thomas Boudineau ». Je crois que c’est un peu foutu, du coup… 

Quant à m’énerver musicalement... J’ai déjà essayé de chanter comme Neil Young ou Robert Plant : c’était épouvantable… Je n’exclue pas de monter un jour un band de blues histoire de me dérouter et d'apprendre… Mais j’ai grandi avec Chet Baker et Louis Chédid...

Ceci-dit l’album que nous préparons est plus resserré, plus tendu, presque crépusculaire. Ça risque de trancher, un peu. Je me suis posé la question de le sortir sous mon nom, mais je n’en ai pas encore fini avec Le Flegmatic.

 

Terminons par du live... avec accompagnement guitare, comme on devrait le retrouver lors du Week-end Murat, Yes sir! au Fotomat- ! (Clermont-ferrand)   Set solo le vendredi 23/06 et covers de Murat lors du tribute samedi 24 (avec Belfour, Elvinh, Stéphane Pétrier, Alain Klingler, Coco Macé, Tristan Savoie, Marjolaine Piémont, Dory4, Eryk e, Sébastien Polloni, Soleil Brun + guest).

BILLETERIE ici    Attention Jauge limitée!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat, #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 4 Mars 2023

bonjour, bonjour,

J'apprends que des camarades viendront de Paris, Normandie (Madame Amparo), Suisse (Madame Barbara), Perfide Albion (c'est la période des 6 Nations), Toulouse, Vallée d'aspe au WEEK-END MURAT, yes sir!!   C'est bien! Alors, n'hésitez pas trop pour nous rejoindre...  BILLETTERIE ICI. (ça m'aidera à dormir...).

En plus de notre programme culturelle hachement bien,  vous aurez quelques heures libres pour profiter aussi de paysages "vache-ment" magnifiques. Perso, moi, j'adore les week-ends nature et concerts!   Vous verrez ci-dessous le secteur de Chaudefour visité le 1/03 à une quarantaine de km de Clermont... 10 ans après une rando pré-concert.... déjà bien venteuse. En fin d'article, vous trouverez un autre clin d'oeil sur la soirée...

Mais avant cela, une petite brève d'actualité.

Un fan a signalé sur fb qu'il avait été question de Murat sur TF1, dans "les 12 coups de midi".  Il n'en croyait pas ses yeux... si bien qu'il n'a pas vu qu'il y avait une belle bévue de l'émission!  Tendez l'oreille:

 

Le joueur sur le plateau aurait donc pu répondre à la question "Jean-Louis Murat" (car il ne disposait pas des indices supplémentaires)... car bein, oui, bien-sûr, il a chanté "la maladie d'amour"... Une magnifique chanson de Lilith! Et non, ce n'était pas un hommage à Sardou.

C'est la maladie d'amour
Qui nous tient le corps trempé
C'est la manie des toujours
Qui sait si bien nous faire chanter
Sur le mol lit de fleurs

 

-  En Janvier, je vous avais déjà emmené du côté du Mont-Dore, avec des skis... J'ai cette fois opté pour les chaussures et les raquettes (des crampons auraient été profitables dans les devers autour du Puy de la Perdrix et du Ferrand, j'ai souffert). C'était un peu nuageux... mais en s'élevant, le Sancy se dressait magnifique:

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

Et un beau soleil s'offre à moi... avec un petit centimètre de neige fraiche qui s'est posé dans la nuit!

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

La célèbre dent de la rancune, chantée par Murat:

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

ah, la lumière dans les hétraies....

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

Me voilà sur la crête... Je chausse mes raquettes, il n'y a pas eu de passages et je perds le chemin... en traversant les genêts, la neige est bien molle... mais le plus souvent, il faut marcher sur de la neige béton.

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

Et en me retournant:  Ah, il y a quelque chose... Je prends le téléobjectif... Chacun sa façon de passer la montagne... avec les chamois...

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

Arrivé sur les cimes (entre la jonction Super Besse/mont-dore), le vent vient me trouver... Je tiens quelques minutes juste avec mon sweat... mais je me décide quand même à enfiler ma polaire. La pente pour descendre est raide et la remontée vers le puy de Cacadogne m’apparaît tout aussi hostile et peu fréquentée : je décide de ne pas faire le tour de la vallée, d'autant que je ne sais pas comment sera le chemin pour redescendre...

12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
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12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)
12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)12 coups de midi sur le Sancy (clichés 58)

LE LIEN EN PLUS

 

Au fotomat, le 24 juin, le chanteur lyonnais des Voyage de NOZ, Stéphane Pétrier  sera des nôtres... Et c'est un événement pour le Roi en son pays de se produire loin du Rhône et de la Saône.  La veille,  nous aurons regardé Murat chanter dans sa tournée de 1993 dans le film "Mlle personne"... notamment au Transbordeur (Murat Live)... et bien, voici ci-dessous,  Stéphane en 1993 dans cette même salle qui était pleine comme un oeuf... sur leur seul nom!  Je sais, j'y étais...  mais pas à celui de Murat... Ça m'est venu après (presque 10 ans plus tard).

Le voyage de noz sera de nouveau au Transbo le 7/04. Billets

 

 

 

 

Autre point commun : je me rappelle ce soir-là, d'une jeune fille devant moi qui se retourne, se mordant presque la main, et criant : "ah, il est trop beau!!"...  Je pense qu'au fotomat, il est possible qu'on ait aussi  ce genre de réactions devant le film "mlle personne"...  mais aussi le 24 bien-sûr...

https://www.helloasso.com/associations/banana-split/evenements/tribute-murat?fbclid=IwAR1-66e9yGlDmh7FlVajhAtXScbOFdWIc7BsW1rY5Yg2MlW8sUCuu0P3RSA

En 2010 (pour sa première apparition sur le blog, en interview croisée avec Yann qui regrette de ne pas être là le 24). 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 26 Février 2023

Bonjour,

Je peux enfin vous révéler ce qui m'a bien occupé ces derniers temps... et ce qui se cache sous ces dates du 23 et 24 juin:

J'ai la  joie de participer avec l'association du FOTOMAT à Clermont-Ferrand  à l'organisation d'un événement consacré à Jean-Louis MURAT! Avec le SAMEDI 24 JUIN,  en point d'orgue,  un CONCERT TRIBUTE avec une douzaine de  groupes et artistes.

On espère vous faire retrouver à cette occasion un petit goût des KOLOKO, concerts pour l'association Clermauvergne que Jean-Louis Murat a donnés pendant 14 ans au cours du mois de juin :  voyage en Auvergne, musique de Bergheaud, rencontres inoubliables de fans de toute la France... sans la sécurité de la Coopé! Avant cela, ce "week-end de la St-Jean" était déjà un rendez-vous pour certains "Dolos" (issus du yahoo!groupsl, du site du LIEN DEFAIT).  Maintenons la flamme allumée!

 

 

LE PROGRAMME : 

Pendant les deux jours,  Exposition consacrée à Jean-Louis Murat dans le bar du Fotomat, avec des objets de collection et des tirages originaux de photos de F. LORIOU, D. Pourcher, projections

 

Vendredi 23/06  : "SOIREE INFLUENCES MURAT?"

- EXCEPTIONNEL : PROJECTION DU FILM Mlle Personne de Pascale BAILLY, le film resté inédit sur la tournée 93 dont on ne connaissait que le disque qu'il inspira et quelques images.  Il s'agit d'une archive exceptionnelle sur cette tournée, avec des séquences de répétition avec Denis, du live... et un Jean-Louis Murat dont la beauté fera rosir certains et certaines, avec une Elodie Bouchez, troublante, et les apparitions de Denis Clavaizolle, Christophe Dupouy, Silvain Vanot...  Merci à la société Why Not dont nous avons obtenu un tirage numérique réalisé que pour nous et toutes les autorisations!

- Antonin Lasseur représentera les fans de longue date. L'ancien jaguar du "forum" qui s'appelle à la scène désormais SOLEIL BRUN, nous chantera un peu de Murat et des chansons de son troisième disque.

- Viendront ensuite Alain Klingler, le grenoblois, et son piano... et Le Flegmatic qui viendra des Pyrénées. Nous échangerons quelques mots avec eux sur l'influence de Jean-Louis Murat sur les compositions qu'ils interpréteront ensuite.  Alain Klingler  nous dévoilera  en exclusivité la chanson que Murat lui a inspirée : Larbin de personne.

 

SAMEDI 24/06 : TRIBUTE 

- 19 h: Hommage à Matthieu Guillaumond, notre Fred Plainelle,  avec la participation notamment de Josselin Hasard du groupe Alma Loca. 

- 19h15 :  Conférence sur l'oeuvre de Jean-Louis Murat par Pascal Torrin, universitaire clermontois et habitant du Sancy.

- A 20h,  le grand événement Tribute!

Voici les artistes qui nous font le plaisir de leur participation (AMICALE) :

- Stéphane Pétrier,  Le chanteur lyonnais culte du VOYAGE DE NOZ, qui remplira le transbordeur le 7 avril 2023

- les Dory4 : leur reprise de "Brûle-moi" a été salué par la presse.

- Sébastien Polloni : il avait un peu raccroché la guitare... mais l'envie de chanter du Jean-Louis a été trop forte. "Sa plume, sa voix et son sens mélodique à chaque fois font mouche. Ils sont rares ces artistes qui dès leur premier essai se réalisent sans détour et enquillent les moments de grâce" me disait Bertrand Betsch. 

- Eryk E. : Le médecin auteur de 2 albums (avec 3 textes signés Jean-Louis Murat) ne viendra qu'avec un instrument de médecine douce: le piano.

- Adèle Coyo:  La révélation du disque AURA AIME MURAT, nouvelle pépite de Sophiane d'Annick Clavaizolle (Rogojine, Cocoon...).

- Alain Klingler: Le chanteur-metteur en scène-comédien grenoblois aux 4 f dans Télérama pour son dernier album.

- Marjolaine Piémont, revient en Auvergne, après son succès au Sémaphore en chansons de Cebazat, toujours fidèle à Jean-Louis Murat (après sa participation à Murat livre unplugged en 2015). On attend son nouveau disque avec la collaboration de Vincent Baghian.

 

Ces premiers noms on les a entendus sur le disque AURA aime MURAT sorti en 2022 et salué par la presse (Télérama, Hexagone, Francofans, Froggy delight...) mais  ce sont les seuls participants à ce projet que l'on retrouvera.  L'idée était certes de faire un grand spectacle mais l'agence Stardust, producteur du disque, n'a pu réaliser cet objectif.  Poussé par l'envie de certains, le soutien répété de Jean-Louis Murat, et l'enthousiasme du FOTOMAT pour nous accueillir et porter le projet, on  a repris l'idée... mais sans lien avec Stardust. Tous les autres participants à la soirée du 24 juin seront donc des surprises!

A  commencer par :

- Vinh Rostan:  L'ex-punk qui fréquenta les Bérurier Noir, les Wampas, La Mano Negra est une personnalité du rock clermontois, il a eu droit à son portrait dans  50 ans de rock à Clermont-Ferrand de P. FOULHOUX, et  à son concert-tribute, en 2021, notamment avec son ami Alain Bonnefont. 

- Tristan Savoie : L'étudiant clermontois fréquente les groupes de fans de Jean-Louis Murat. Il a été soutenu par La Souterraine sur son premier disque.. et vient de réaliser son deuxième avec DENIS CLAVAIZOLLE!

-  Coco Macé : Le leader de ce groupe qui commence à se faire un nom avec un premier EP fin 2022,  a été sélectionné pour participer aux INOUIS du Printemps de Bourges (le 21/01 à la Coopé).

- Belfour, le duo  entre rock et chansons est une valeur sûre de la scène auvergnate.

-  Le Flegmatic:  Thomas Boudineau compose avec l'ombre sur ses épaules de Cohen, Dylan et Murat, il osera enfin ce soir reprendre du Bergheaud. On reparlera très vite de son "affaire Murat".  

- Stéphane Mikaelian, alias La Fourme des RANCHEROS, sera également sur scène...

-  Autre nom à venir...  + guest possible!

Nous finirons la soirée autour du piano avec notre amie anglaise Vivien qui nous fera chanter.

Un grand merci à tous ses participants qui viennent de loin juste pour partager leur amour pour les chansons de Jean-Louis Murat... et au Fotomat qui s'engage dans ce projet!

Le FOTOMAT est un petit lieu et la jauge sera limitée à 200 entrées. C'est pourquoi chers lecteurs, vous avez la priorité pendant quelques jours pour réserver vos places!

 

Pack deux soirées, ou à l'unité:  lien vers la  BILLETTERIE 

et Evenement facebook

 

Ps: encore un grand merci pour le prêt de la photo de l'affiche à Franck Courtès... et à tous les soutiens (JP et Stéphane, F.)

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat, #2021 BUCK JOHN

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Publié le 14 Novembre 2022

Après Bertrand Louis, en cette fin d'année, encore une nouvelle interview! On a passé à La Question Yann Pons, de La Fille de la Côte  (le duo qu'il forme avec sa compagne Cécile).

Désormais expatrié, le natif de Clermont avait annoncé un album «un peu particulier», dont la conception a pris une dizaine d’années, et qui le ramenait en Auvergne… Avec la collaboration habituelle de musiciens du cru (les anciens des The Delano Orchestra dont le regretté Christophe Pie, et des Marshmallow, Olivier Lopez de Garciaphone), et leur participation à Aura aime Murat, c'était donc inévitable que l'on prenne un peu de temps avec Yann.

 

Comment j'ai fui la campagne avec une fille que j'ai trouvée sur la route (ouf!) est sorti le 25/10/2022 un peu en catimini (sortie numérique) alors que le prochain disque (Bikini maximum) est déjà en cours de mixage et annoncé pour 2023, et devrait faire l'objet d'une promo plus large. Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il s'agit d'un album d'outcasts? bootlegs? un side-project? Pas du tout! Hors de question pour cet artiste exigeant de faire ce genre de choses. C’est au contraire un projet maturé, retravaillé sur plusieurs années, avec "la marque" de La Fille de la Côte : «l’unité de lieu» qui peut faire la signature du groupe (après le Brésil, la Normandie, la Riviera, ici Calexico) et le mélange pop/bossa/folk mâtiné ici de western... Mais cette fois, on devine un fond très personnel, c’est presque un message à certains… plus codé que le regard de Pierre Jourde sur son village cantalien certes. Cela n'empêche pas Yann d'être adepte du franc parler sur son parcours et ses rencontres… On y revient assez longuement, en préalable, car je voulais revenir un peu sur son histoire avec Clermont-Ferrand, notamment à ses débuts en tant que Yann Seul (il ne figure pas dans les personnes interrogées dans le livre de  P.Foulhoux sur l'histoire du Rock à Clermont).

Voici donc une rencontre avec un artiste tout-à-fait singulier, et pas seulement car il se refuse à faire des concerts… un «j'ai un job à côté» pour reprendre l’expression de Murat mais avec une vraie vocation, une mission : produire "une «centaine de chansons dont je me satisferai. Je ne vois pas d’ambition plus excitante que celle-ci. C’est un sujet qui me mobilise entièrement et me rend totalement déraisonnable".

 

Bonjour Yann!

- Avant de revenir plus en détail sur votre parcours discographique : quelle est votre formation musicale et qu’est-ce qui vous a amené à devenir auteur-compositeur-interprète?

Y. Pons : J’ai commencé à jouer de la guitare à 19 ans en 93 et j’ai tout de suite acheté un 4 pistes à cassettes pour m’enregistrer. J’avais pris beaucoup de retard en ne faisant pas de musique jusque là parce que je n’y avais pas pensé. Donc j’étais  pressé d’apprendre à écrire des chansons comme on peut apprendre le deltaplane ou le judo.

 

- Étonnant...  Est-ce qu’il y a eu un déclic particulier? Et cela veut dire que vous êtes un pur autodidacte ou vous avez pris quand même des cours? Vous étiez de quel milieu? De Clermont?

Y. Pons : Un copain m’a appris deux ou trois accords en 93 et j’ai appris à jouer de la guitare comme ça, comme la plupart des gens qui en jouent.

J’habitais avec ma mère dans un appartement rue Blatin [NDLR: une artère importante donnant sur  la place de Jaude. Pensée à Marceline de Blatin...] qui a brûlé il y a 4 ou cinq ans, ce qui a provoqué un gros incendie dans tout l’immeuble.  Vous avez peut-être vu ça à l’époque. Pour ma part, j’en suis parti en 1996. Ma mère était secrétaire et bipolaire. Je savais seulement qu’elle était secrétaire. 

Tant que j’étais un enfant, je ne faisais pas la différence entre le deltaplane et la chanson. Il n’était pas question de faire l’un ou l’autre parce que je n’y pensais pas.

 

- Le deltaplane, une activité à risque... vous dites ça à dessein?       Il n’y a donc pas eu un choc artistique ou un événement particulier? (Murat a raconté qu’une nuit, il avait rêvé du groupe Family par exemple, d’autres d’un concert…)

Y. Pons : Pour le deltaplane, je crois que cette comparaison me vient parce que ça ne sert à rien, que c’est dur à maîtriser et ça peut devenir un mode de vie. S’il y a eu un déclic, c’est dans un cinéma à Londres en 97 où j’ai vu Good Will Hunting avec la BO d’Elliott Smith. Et là j’ai eu l’impression de m’entendre, moi. C’est difficile à expliquer. C’est la seule fois de ma vie où j’ai communié sincèrement.

 

- 10 ans après avoir touché une guitare, vous sortez un album. Que pouvez-vous me dire de cette décennie?

Y. Pons : Pendant ces dix ans j’ai écrit une cinquantaine de chansons mais je n’avais aucun bagage technique et j’avais très peu joué avec d’autres gens mis à part un groupe avec lequel on ne jouait que des reprises de Neil Young (on a fait deux concerts oubliables). Donc je gravais des CD de mes chansons avec des pochettes et tout, puis je les donnais à des amis qui ensuite ne m’en parlaient pas par charité chrétienne.

J’ai vécu deux ans en Angleterre à ce moment là et je me rappelle de l’instant précis, dans un bar à Londres, où j’ai décidé de consacrer ma vie à ça et de devenir bon un jour. Et puis aussi de le faire dans ma langue maternelle.

 

- Vous êtes prof d’anglais, vous êtes en Angleterre, Elliott Smith est la révélation, tous les folkeux de Clermont chantent en anglais, et vous, vous décidez de chanter en français... A priori, rien d’évident... sauf pour vous?

Y. Pons : Parce que j’ai vécu en Angleterre, je sais que je suis français et ce que ça implique. Je sais que je ne suis pas de culture américaine même si je m’en gave comme beaucoup de monde. Je pense que nous vivons dans le mensonge à ce sujet. Une partie de nous rêve d’être un peu dans la position du colonisé d’un point de vue culturel. Je crois que c’est un piège. Je crois aussi que la gauche conformiste, autrement dit les jeunes et les vieux immatures, sont les premières victimes de ce phénomène. Il suffit de voir comme les élèves d’aujourd’hui mettent de l’anglais partout quand il parlent français (presque autant que l’inverse).

Ce que je trouve étonnant, c’est d’écrire puis de chanter dans une langue étrangère tout en espérant apporter sa personnalité au corpus monstrueux et inégalable qui existe déjà en langue anglaise. Pour résumer, je sais que je suis en division 2 et je ne joue que le maintien.

 

- Ce qui m’a intéressé dans votre parcours, c’est aussi les gens que vous croisez, et le premier est peut-être Franck Dumas, un des « parrains » de la Scène Clermontoise, avec Denizot d'Arachnée concerts, Murat, Adam... Pouvez-vous nous parler de lui?

Y. Pons : En 2002, j’étais prof d’anglais à Marseille et Franck Dumas m’a appelé. Il avait entendu un de mes CD. Il m’a tout de suite parlé d’Elliott Smith. C’est ce qui m’a convaincu d’enregistrer chez lui. Il m’a poussé à faire des concerts, ce qui peut paraître logique mais je l’ai toujours fait à contre cœur et donc assez mal. J’ai d’abord fait des mauvais concerts avec des musiciens marseillais qui ne collaient pas avec ce que je faisais. Puis je suis revenu vivre à Clermont en 2006 et j’ai fait des mauvais concerts avec des musiciens clermontois qui collaient parfaitement avec mes chansons. Je n’ai jamais eu envie de monter sur scène. Je l’ai fait six ou sept fois dans les deux salles de la coopérative de Mai et je préfère de loin le dentiste.

Mes rapports avec Franck n’étaient pas bons, il me trouvait mauvais sur scène et je le trouvais mauvais en studio. Mais aujourd’hui je sais que j’ai pas fait tout ça pour rien. Ça m’a permis de rencontrer les Marshmallow, les Kissinmass, les mec du Delano Orchestra, Garciaphone… Plein de gens avec lesquels j’allais pouvoir enregistrer par la suite et surtout grâce auxquels je continue à progresser.

 

- Franck Dumas était votre manager officiel? Vous avez fait des premières parties importantes à la Coopé? (J’ai retrouvé une chronique de concert de Pierre Andrieu plutôt bonne, même si votre réputation de ne pas aimer la scène semble connue).

Y. Pons : Franck Dumas était le propriétaire du label Magnolia chez qui j’ai enregistré un album qui est sorti en 2003. On n’a d’ailleurs jamais signé de contrat lui et moi, il ne me l’a jamais proposé. D’ailleurs ce disque on l’a co-produit, j’en ai payé une bonne partie. Bref, j’étais vraiment un bleu. Je n’étais jamais défrayé pour les concerts. Globalement, je crois que la démarche de Frank n’était pas motivée que par des valeurs comme la sincérité et l’honnêteté qui sont pourtant essentielles quand on veut faire de la musique.

Par ailleurs, Frank avait le chic pour extirper toute notion de plaisir lors des enregistrements dans son studio. Diriger des enregistrements demande des qualités humaines qu’il n’avait clairement pas.

 

- Pour la petite histoire peut-être, on retrouve sur ce premier disque Sébastien Marc qui est crédité sur Murat en plein air et le titre « a woman on my mind » ainsi que sur le disque d’Alain Bonnefont aux disques du Crépuscule (ainsi que sur un Da Capo, participant d’AuRA aime Murat d’ailleurs). Ce n’est pas un nom que je connaissais à vrai dire.

Y. Pons : Sébastien Marc était l’ingénieur du son du studio de Franck qui s’appelait Factory (référence assumée à Andy Wahrol, la vision en moins). Sébastien était très sympa et faisait son boulot. Je trouvais qu’il mettait trop d’effets sur toutes les pistes et que ça donnait un son un peu « mouillé » sur les morceaux. Ça nuisait au naturel des enregistrements. Mais ça c’est une question de goût. J’ai simplement eu du mal à imposer les miens à l’époque. Mais ça n’a aucune importance parce que je n’étais pas prêt à faire un bon disque.

Je crois que Sébastien a travaillé avec pas mal de groupes depuis, en concerts, notamment à la Coopé.

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NDLR: Sébastien est le fils de BOUDU, l’icône clermontoise de la nuit, avec sa discothèque d'Orcines: le Phidias... cité par Murat dans Belgrade, et qui a fait également l'objet d'une chanson par Yazoo. Jérôme Pietri citait Boudu dans son interview: il chantait avec lui dans le groupe de bal "culte"de la scène 70 (notamment pour Denis Clavaizolle et Alain Bonnefont)  :  SOS. 

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-  Ce premier album on peut se le procurer d’occasion, mais il n’est pas disponible en streaming. Est-ce que c’est un album que vous « reniez » ? Il était en tout cas distribué (comme l’album de Rogojine) par un beau label indé Pop Lane qui a fait faillite rapidement ensuite... 

Y. Pons : Je crois que Pop Lane savaient qu’ils allaient fermer avant de distribuer les disques de Magnolia (pas tous, mais au moins deux ou trois). Ça nous a permis d’avoir un peu de presse (Inrocks entre autres). Je ne renie pas ce disque mais tout ce que j’ai sorti jusqu’en 2015 relève du brouillon dans mon esprit. Et même une partie de la suite.

Peu de temps après, j’ai appris que Frank vendait son studio et arrêtait le label. J’ai attendu qu’il m’en parle. Il l’a fait plus de six mois plus tard, quand tout était bouclé. Ou plutôt, il ne l’a pas fait et m’a dit qu’il ne bosserait plus avec moi. Que je n’étais pas assez bon sur scène. Tout le monde savait qu’il fermait la boutique mais il n’a pas pu me le dire.

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NDLR : Franck Dumas a un an d'écart avec JL Bergheaud, et ils se sont sans doute croisés au lycée Blaise Pascal, mais  lui se lance immédiatement dans la musique (Bateau Ivre dans les années 70, Tokyo transformé en Blue Matisse signé chez Warner dans les années 80, avec Denis Clavaizolle. Problèmes contractuels, il récupère du label une grosse somme d'argent  après procès. Il peut se lancer dans le management avec un studio (dont Subway, F.Echegut...). Autour des années 2000, il produit "la manivelle" de Yazoo. Carton! Plus tard, il fonde le magazine Zap qu'il vient de vendre tout récemment à Centre France (la Montagne).  Anecdotes muratiennes:  on sait que les Rogojine (Pie et Caillon) s'étaient tournés vers lui pour payer le pressage de leur disque… mais également, quand Murat commence à débaucher Denis en 1984, que Franck et Jean-Louis sont à la limite de se « foutre sur la gueule ».  Denis à droite sur la pochette... Mais reprenons l'interview... 

 

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- En 2003, un blogueur rapporte que vous lui dites : "en Auvergne il y a deux clans : les pros et les anti-Murat, et pour les premiers Murat a un rôle de mécène". Où est-ce que vous vous situez à cette époque?

Y. Pons : Je ne me rappelle pas avoir dit ça. Si je l’ai dit, j’ai fait semblant d’être informé. Je sais que Dumas passait son temps à cracher sur le dos de Murat mais c’est tout ce que je sais d’eux et de leur époque. Il faut dire que Frank passait son temps à cracher sur tous ceux qui avaient un peu de succès.

 

- Dominique A vient encore de rappeler une nouvelle fois le déclic qu’a été pour lui Cheyenne autumn. A la fois sur l’aspect synthétique, mais aussi sur la  « voix murmurée ». Vous pourriez faire partir de cette école-là?

Y. Pons : J’ai commencé à écouter Murat avec Mustango et Le Moujik mais j’ai surtout adoré A Bird on a Poire. Je connaissais un peu Fred Jimenez et ce qu’il faisait sans Murat était beaucoup moins bien à cause de sa voix et des tonalités qu’il choisissait mais c’est un super compositeur. Ce disque est ce qu’on a fait de mieux en France depuis Melody Nelson à mon avis.

 

- Pour en rester sur Murat, sur AuRA aime Murat, vous choisissez pourtant un titre plus obscur même s’il a été choisi comme single : « Marlène » sur Tristan. Vous ne pouviez pas toucher à A Bird on a Poire?

Y. Pons : A Bird on a Poire était beaucoup trop intimidant. J’aime bien « Marlène », surtout la fin, quand les cuivres arrivent. C’est leur mélodie qui m’a donné envie de chanter le refrain un peu différemment, en les imitant un peu. C’est une chanson qu’on pouvait reprendre à notre façon sans trop se creuser la tête. Je trouve qu’au final, il y a trop de basse sur notre version. C’est dommage. Je l’aime bien sinon. Je ne savais pas qu’elle était peu connue . En écoutant par la suite les premiers Murat, je me suis rendu compte que je préférais sa voix de jeune homme. Plus simple, plus humble sûrement aussi. Ça c’est une source d’inspiration.

NDLR: Pour la petite histoire, Yann a demandé que le mastering du disque prenne en compte ce besoin de réduire les basses, mais ça n'a pas été possible. Personnellement, je ne ressens pas cela... Et vous?

- Dès le premier album, on trouve un duo avec une certaine Cécile. Le troisième album est déjà en duo : Yann seul et Juliette Gamay.... avant la transformation en La fille de la côte. Comment s’est nouée cette relation artistique sur laquelle on reviendra... puisque vous chantez « Madame Gamay » sur le nouvel album?

Y. Pons : Cécile et moi, on vit ensemble depuis 1998. On a décidé de former un duo autour de 2012. Auparavant, on avait fait deux ou trois tentatives. Sur les deux premiers albums de La fille de la côte, dont je compte sortir une version modifiée dans deux ans, c’est sa voix qui sauve la plupart des chansons. A cette époque, je cherchais une nouvelle voix et sur certains morceaux, je suis à côté. Mais quand je mourrai, les gens ne pourront écouter que des versions qui me conviennent. Ça me rend presque impatient.

Sur les deuxième et troisième albums de la période « brouillon » il y a de bonnes chansons, mais des chansons de jeune homme. Un jeune homme moins capable que Murat jeune par exemple. Je compte aussi les refaire le moment venu.

Sur le troisième, À l’anglaise, j’étais à côté de la plaque, j’ai voulu tout faire seul sauf les batteries et je me prenais pour Gainsbourg. C’est raté. Mais c’est là que j’ai rencontré Christophe Pie, qu’on pourra écouter sur une quinzaine de nos chanson dans des versions satisfaisantes quand je serai mort.

 

‌- Je pense un peu à Manset avec cette idée de vouloir retoucher sa discographie... Mais de votre côté, il y a semble t-il toute une autre dimension : sur votre site, vous annoncez même vouloir sortir un nombre assez précis de disques. Comment envisagez-vous les choses ?

Y. Pons : Retoucher sa discographie en faisant disparaître des albums des plateformes de streaming et de téléchargement, aujourd’hui c’est possible quand on ne bosse pas avec des intermédiaires (distributeur surtout). Je considère que c’est ce qui va me sauver au bout du compte parce j’ai mis 20 voire 25 ans à régler tous les problèmes qu’ont pu avoir nos chansons entre 2002 et 2018 : textes approximatifs, trop d’instruments, instruments, rythmiques jouées par moi, voix défaillante, mixage fait par moi, mastering inadapté.

Maintenant je sais à qui faire appel et je sais juger mes chansons, je crois. Il me reste entre dix et quinze ans parce qu’après 60 ans, tout le monde compose moins bien, à commencer par les meilleurs. Donc j’aimerais bien arriver à une dizaine d’albums. Une centaine de chansons dont je me satisferai. Je ne vois pas d’ambition plus excitante que celle-ci. Désolé d’être aussi long. C’est un sujet qui me mobilise entièrement et me rend totalement déraisonnable.

 

- Dans le texte promo du premier album il me semble (on retrouve l’info dans un Télérama), vous aviez indiqué que Cécile avait été votre psy... C’était une vraie info?

Y. Pons : Si j’ai dit ça c’était un mensonge. Pourtant je ne mens pas dans mes interviews.

Elle est devenue psychiatre en 2006. On était ensemble depuis longtemps. Et il est hors de question qu’elle s’occupe de mes névroses en étant rémunérée.

On a enregistré un disque qui sort dans un an qui et s’appelle Rose Morose. Ça se passe à Los Angeles, la capitale des névrosés où je me sens chez moi. Olivier Perez a commencé à le mixer.


- C’est monsieur François Gorin qui rapporte ce qui serait écrit  sur la carte promo du disque de l'époque...  Je tente une petite devinette : si je vous dis 24/09/2000?

Y. Pons : Oui j’ai pas mal menti sur cette carte promo.

Le 24/09/2000, c’est peut-être Elliott Smith à la Coopé?

 

- C est bien ça, Ellioth à la Coopérative, événement qu’on dit fondateur pour la Kutu Folk... Label dont vous serez un des derniers "cousus main"... Quelle est votre histoire au sein de cette Histoire? J'ai trouvé l’existence d’un show case place Terrail à la boutique... Ça a été votre dernière prestation live ? [NDLR: en 2020, Yann date d'un concert de 2007 à la Baie des Singes son "adieu à la scène": "ça s'est très bien passé car je savais que c'était le dernier"]

Y. Pons : Oui, moi j’ai vu Elliott Smith la veille je crois, à Paris. Je n’étais pas au concert de Clermont. Je ne savais pas à l’époque que ça avait marqué les esprits là-bas mais justement le fait que nous ayons tous été marqués par ce concert, dans des villes différentes, en dit long sur l’influence inestimable d’Elliott Smith. Un jeune homme qui a beaucoup souffert et qui est devenu un porte parole sans le vouloir. En tout cas c’était le mien. Moi j’étais au premier rang juste devant lui. Je ne l’ai pas lâché du regard pendant deux heures. J’ai vu dans ses yeux qu’il me trouvait étrange, qu’il pensait que j’en faisais trop. Parce que j’en faisais trop.

J’ai reçu un appel d’Alexandre de Kutu vers 2015. Je le connaissais à peine. Il m’a proposé de vendre une partie de nos albums dans son magasin. J’ai dit oui.  Ensuite il m’a un peu forcé la main pour jouer devant le magasin. Un moment difficile malgré la trompette de Julien Quinet qui rendait la chose plus digeste. Mais seul, ou presque, avec une guitare, je suis extrêmement inefficace. Dumas était là, qui est venu me dire que mes chansons étaient bien d’un air désolé. On ne m’y reprendra pas. Mais ça valait le coup encore une fois parce que c’est à cette occasion que je me suis rapproché de Matthieu Lopez, puis de Christophe Pie qui avait joué sur mes chansons en 2008 et enfin d’Olivier Perez qui a enregistré et mixé trois disques avec nous  depuis (dont deux ne sont pas encore sortis).

 

                                                                   Au supermarché place de Jaude :

 

‌- Donc, on peut dire que vous n’avez pas été partie prenante de cette histoire... Par contre, Clermont capitale du rock (un truc de journalistes peut-être mais qui s’appuyait sur du concret : les tournées Kutu aux TransMusicales, Cocoon, le travail de la Coopé...), ça vous inspire ou vous inspirait quelque chose?

Y. Pons : Clermont ville du rock, c’était une campagne de marketing de la Coopé en gros, pour une fois de plus se sentir un peu Mancuniens, avec tout un tas de groupes anglophones mis en avant. Ça me fait penser à leur concours pour créer l’hymne de l’ASM (j’avais participé), c’était pour copier ce qui s’était passé à Manchester où les gens ont spontanément adopté une chanson d’Oasis comme hymne de leur club. Mais le problème c’est justement qu’un hymne ou une réputation de ville à la pointe dans tel ou tel domaine, ça ne se décrète pas, ça s’impose tout seul dans l’opinion des gens, spontanément.

Ce qui est vrai en revanche c’est qu’il y avait beaucoup de bons musiciens à Clermont. Par exemple, j’étais assez copain avec les Marshmallow et trois d’entre eux ont joué sur mes chansons entre 2006 et 2018.

 

-  La rencontre avec Christophe Pie : comment s’est-elle passée?  Pouvez-vous nous parler de lui et de son jeu?

Y. Pons : Christophe Pie, je l’ai embauché pour des enregistrements en 2008 et puis il a joué sur tout notre album, Le deuxième soir non plus, en 2018. C’était un mec râleur et attachant, un peu rustre mais on rigolait bien avec lui et puis surtout il jouait bien et avec Matthieu Lopez, ils formaient un super duo. Avec Julien Quinet à la trompette et Guillaume Bongiraud au violoncelle, j’avais une bonne partie du Delano Orchestra sur ce disque. 


Christophe à la batterie sur ce titre (et ça ne sera donc pas sa dernière apparition discographique...):

                                  Yann avec les deux Christophe : Pie et Adam (Caveau de la Michodière)

- Pouvez-vous nous parler du talentueux Olivier Perez (Garciaphone) ?

Y. Pons : Olivier est un mec très talentueux qui joue de plein d’instruments, qui joue juste, qui ne fait jamais semblant, qui a appris à mixer en autodidacte et qui est capable d’obtenir de faire sonner de manière inespérée des enregistrements faits avec très peu de moyens.

Mais toutes ces compétences n’existeraient pas s’il n’avait pas les deux qualités majeures pour ceux qui ont  l’ambition de faire de la musique : c’est quelqu’un de très humble et de très honnête.

----NDLR: Échange d'amabilités. J'ai interrogé Olivier...  "je peux te dire ce qui me vient en premier à l'esprit : c'est un plaisir de travailler avec Yann. On a enregistré deux albums ensemble, que j'ai aussi mixés. C'est quelqu'un d'exigeant sur l'enregistrement et la mise en forme des chansons. Il sait exactement ce qu'il veut et ses indications sont toujours très précises. Et le résultat est que les chansons sont toujours mises en valeur par ses choix d'arrangements et ses idées pour le mixage. Et c'est un excellent songwriter et parolier". ----

 

- Vous évoquiez le sport... J’en profite pour faire le rapprochement avec Murat : vous avez tous les deux  écrit sur l’équipe de France 84/88,  vous , un titre « lettre à Battiston » dans une compil initiée par Johan Micoud, et Murat  sur 88, « Achille in Mexico. » Le fait de faire un hymne au rugby c’était un exercice de style?  Ou il y a un vrai goût pour le sport? (C’est vrai que je ne vous attendais pas là dessus... ).

Y. Pons : Écrire sur le sport ne m’intéresse pas vraiment mais c’était des occasions de faire parler de nous. « Lettre à Battiston » ne sonne pas très bien mais nous a quand même rapporté 6000 euros en droits d’auteurs donc pas de regret.

 

‌- Ah oui! Une belle somme déjà pour l’époque!

Après La Riviera, la Normandie, le Brésil, votre nouvel album a de nouveau un ancrage... mais quand vous m’en avez parlé la première fois, vous disiez qu’il était différent. Est-ce qu’il est plus personnel?

Y. Pons : Oui il est plus personnel. Au départ c’est un disque fait uniquement avec des chansons qui n’ont jamais été finies au cours des quinze dernières années. Au final, c’est un enchaînement de messages personnels assez frontaux. Ça fait du bien. Le prochain qui sort dans un an se passe en Californie, et fonctionne sur le même principe que les précédents : une destination et plein de petites histoires, d’amour mais pas seulement.

 

- On peut être surpris que ce soient des chansons écrites au fil des ans, mais c’est bien le signe qu’il y avait une récurrence dans l’inspiration et on a au final un vrai album « concept ». Si les autres albums évoquent les vacances et le voyage, sur celui-ci, c ‘est le départ et même la fuite d'un lieu étouffant et d’une communauté archaïque. C’est ce que vous inspire l’Auvergne ou votre milieu ?

Y. Pons : Les enregistrements ont pris quinze ans mais les textes et souvent même les mélodies ont été refaites ces trois dernières années. J’ai tendance à confondre les Auvergnats que j’ai côtoyés et l’Auvergne. Je sais que c’est pas bien. En l’occurrence, ce disque s’adresse à une vingtaine de personnes au total. Ils se reconnaîtront tous. Les autres n’ont pas de raison de se sentir offensés.

 

- Pourquoi avoir choisi le terme Calexico pour désigner l’Auvergne?

Y. Pons : Calexico c’est une ville frontière. Une fois passés les barbelés, il faut courir vite. C’est un endroit sec et hostile mais pas très loin de ce qui semble être le paradis.

 

- Vous vouliez quand même que ça nous fasse penser au groupe ou à l’univers de Mustango ?

Y. Pons : Non.

 

- Pouvez-vous nous parler de cette chanson un peu pivot « Les sauvages de Calexico »? J’ai l’impression que vous racontez un rêve? Ou un conte?  Il y a dans l’album des termes forts, vous êtes presque dévoré, vomi... des bouchers vous enferment... Et malgré tout, vous indiquez que vous pourrez revenir... alors que dans une autre chanson, l’adieu est définitif...

Y. Pons : Effectivement c’est un cauchemar. Mais c’est aussi un peu du vécu. La personne qui parle dit qu’elle reviendra quand elle le voudra. C’est à la fois une réponse à une formule de politesse et, dans son esprit, un sous-entendu très clair. 

 

- A côté de ça, et je dirais quand même avant tout, c’est une belle histoire d’amour... comme l’indique le titre de l’album... Même si « Aloha », le dernier titre, est un peu énigmatique par sa mélancolie et l’expression « pauvre de toi ».

Y. Pons : Oui c’est une belle histoire d’amour. Et d’ailleurs, c’est la mienne. « Aloha », c’est aussi une chanson d’adieu mais toutes les chansons de cet album disent adieu aux mêmes personnes. A ceux qui n’ont rien compris parce qu’ils sont toujours sûrs de comprendre. Et parce que ceux qui s’en vont préfèrent le faire dans la nuit, pendant que la forêt brûle, que tout le monde est bourré et que les sauvages dorment tranquillement. « Pauvre de toi », c’est assez bienveillant étant donné les circonstances.

 

- Vous sortez l’album en numérique, sans campagne promo, comme si vous vouliez juste faire passer le message à certains destinataires? Ou dans une démarche cathartique ? Ou vous le trouvez trop personnel ?

Y. Pons : Non, rien de tout ça. Ces dernières années, on fabriquait encore des CD dans le but d’obtenir le plus d’articles possible dans la presse ou de passages à la radio via un attaché de presse. Mais on ne peut pas le faire à chaque fois pour des raisons financières. D’autant moins qu’on va sortir un album par an dans les années qui viennent et de toute manière, la promo telle que nous l’avons financée ces dernières années, ne permet pas de nous faire connaître suffisamment pour justifier de telles dépenses. Je préfère donner le plus d’argent possible aux gens très compétents qui nous aident à enregistrer nos disques.

------

Interview réalisée par mail du 26/09 au 5/11/2022.  Merci à Yann pour la disponibilité, et les photos du 6-3 (issues de ses archives personnelles)      (et à  Florence D. pour le travail de l'ombre). 

 

http://www.lafilledelacote.com/textes

Pour écouter Comment j'ai fui la campagne avec une fille que j'ai trouvée sur la route, rendez-vous sur vos plateformes, par exemple:  https://www.deezer.com/fr/album/370331227 ou Spotify

Première chronique parue dans Magic:

 

Je vous dis aloha! Et à très vite, avec encore un artiste attachant... et "attaché" à Murat.

On a parlé de Guillaume Bongiraud dans cette interview, j'en profite pour parler de son disque/livre commandable sur sur site, avec la participation de Morgane Imbeaud:

https://www.guillaumebongiraud.com/

"Murmuration” est un livre-album entièrement acoustique. Il a été enregistré comme un voyage, dans huit lieux différents de ma région de naissance, de cœur et de résidence, le Puy-De-Dôme. Munis de microphones et d’appareils photo, nous avons, Morgane Imbeaud et moi, croisé la route de huit lieux chers à mon cœur, des lieux empreints à la fois de nature sauvage et d’humanité.De retour avec la matière sonore et visuelle, Daphnée Autissier, à partir des photographies, laissera son crayon imaginer et s’entremêler avec les images. A la manière du patrimoine qui s’inscrit dans la continuité du paysage, du son du violoncelle qui vagabonde sur le chant de la nature".

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Publié le 27 Octobre 2022

 

1) Je m'attendais à ce qu'on découvre des infos sur une sortie de disque puisque on aime bien avoir des nouvelles fraîches chaque année... mais c'est "juste"  le futur enregistrement que l'on a appris sur les réseaux sociaux hier... à partir de mi-novembre. Il faudra donc attendre quelques mois pour écouter.

[Edit: ah, les messages ont été supprimés ensuite... il ne faut pas spoiler cet événement mondial]

L'enregistrement doit donc se faire chez Denis et il semble que Jean-Louis a décidé de la jouer comme "un parfum d'acacia au jardin"... 

                                                     Denis et son disque d'or du manteau de pluie...

 

2)  Un autre petit retour sur OIGNIES nous arrive de la part du site Ca c'est Culte qu'on avait déjà croisé. Des photos sont visibles sur le site.

On y croise un classique du live report d'un bon concert: "mon accompagnatrice, qui découvrait l’univers Muratien  me confit à quel point sa prestation lui a plu."

Pourtant les trois premiers morceaux peinent à me convaincre (Jean Bizarre, La princesse of the cool et Ciné vox) le rythme est lent et les titres très longs. Fort heureusement, la suite s’améliore franchement. On retrouve le Jean-Louis Murat des compositions plus rock dès la chanson suivante (Ma babe). C’est ce que j’apprécie le plus chez ce chanteur : ce mélange de rock assez simple et de poésie aux textes plus ou moins compréhensibles (dans la lignée d’un Thiéfaine par moments) comme pour La pharmacienne d’Yvetot.

Devant moi, mon voisin semble apprécier et dodeline de la tête en rythme. On a presque envie de se lever de son siège pour se trémousser. Il faut dire que la station assise, tant du public que du chanteur n’est pas très propice, mais ce n’est pas très gênant. Très complice avec le public et taquin avec ses musiciens, le courant passe bien avec les spectateurs (mieux qu’avec son ampli qui « souffre d’une lente agonie »).

Il y aura tout de même quelques moments plus calmes (La pharmacienne d’Yvetot, L’arc-en-ciel) durant lesquels il est seulement accompagné de son pianiste. Très rapidement, la cadence s’accélère à nouveau (Frankie).

Malgré les applaudissements nourris, il n’y aura pas de rappel, on devra se contenter d’un Taormina épique. En retournant sur le parking mon accompagnatrice, qui découvrait l’univers Muratien (je ne sais pas comment on dit) me confit à quel point sa prestation lui a plu.

 

 

3) Désolé, j'ai raté pour vous un petit concours pour gagner deux places pour ce soir à la VAPEUR à DIJON...   Un petit texte original l'accompagnait.. avec les approximations de rigueur (disco dans les années 90?)

Le sulfureux Jean-Louis Murat sera à Dijon, à la Vapeur, le 27 octobre. L’auvergnat de 70 ans est encore au top de sa forme et prêt à en découdre. De ses premiers albums, dans les années 80, jusqu’à « La vraie vie de Buck John », le dernier en date sorti en 2021, la musique de Jean-Louis Murat a bien suivi son époque : dans un premier temps plutôt rock-folk, elle adopte un caractère dance et disco dans les années 90. En 2021, avec son dernier album, il caresse l’électro-pop. Mais ce qui reste, ce sont des textes infusés d’amour et de passion. Un gros lover ce Jean-Louis Murat.Mais surtout, faut le dire, Jean-Louis Murat, c’est des gigas punchlines du genre : « Ça me plaît qu’on ne m’aime pas » (Le Point, 2011), et des trucs plus crus du genre « Souchon, c’est la chanson démagogique » (L’OBS, 2014), ou quand il balance aux Inrockuptibles que PNL est « du niveau du Club Dorothée ». Avec Jean-Louis, tout le monde en prend pour son grade, donc jeudi, sortez couverts.

Commente et tente de gagner 2 places pour son concert le 27 octobre à La Vapeur à Dijon ! Texte : Paul Dufour / Photo : DR

PS: c'est bien con... mais j'étais à DIJON... hier...  C'est ballot. Le pire, c'est que j'ai vécu avec cette déco pendant 3 jours...

 

Je découvre un texte qui accompagne une session confinement de FREDERIC BOBIN de ce titre:

Eté 99. Première vraie histoire d’amour. Mononucléose. Tout l’été, alité. Un album m’aidera à supporter ces longues vacances passées au lit : les « Impromptus » de Schubert (par Alfred Brendel), pièces pour piano découvertes grâce au film « Trop belle pour toi » de Bertrand Blier. (Et Jean-Louis Murat dans tout ça, me direz-vous ?) Fin août, je ressors enfin de ma chambre et lors de ma première sortie, j’achète « Mustango », le tout nouvel album de Jean-Louis Murat (Ah quand même !). Je ne connaissais pas grand-chose de cet artiste – un clip avec Mylène Farmer et quelques chansons par-ci par-là… – mais j’avais lu de bonnes critiques de l’album, bien aimé le titre et la pochette… bref, je l’achète un peu par hasard… Lorsque je mets le CD dans la platine, j’entends l’intro basse-batterie du premier morceau… Quel groove ! Je tombe instantanément sous le charme de l’album… le son, la voix, les mélodies, la poésie éthérée de Murat… Une atmosphère à la Neil Young et des chansons qui évoquent le rock britannique (PJ Harvey dans la chanson « Polly Jean ») autant que la contre-culture américaine (Jim Harrison dans « Jim » ou Calexico dans « Viva Calexico »). Le duo de Tucson joue d’ailleurs sur l’album et on y entend aussi les très beaux chœurs de Jennifer Charles du groupe Elisyan Fields. Bref, cet album parle au fan de folk-rock que je suis aussi et réveille en moi mon amour de la musique des grands espaces. Même si « Mustango » reste mon album préféré de JLM, je vous invite aussi à (ré)écouter ses deux albums suivants, « Le moujik et sa femme » et « Lilith ». La chanson que je chante ce soir, « Au mont sans-souci », n’est pas la plus représentative de l’album « Mustango »… Mais j’ai une tendresse particulière pour cette ballade au piano qui évoque à la fois les enfants ou ados convalescents et un premier amour… deux choses qui étrangement faisaient écho à mon été 99.

Il passera sans doute près de chez vous rapidement car il a un calendrier de concerts proprement hallucinant.

https://fredericbobin.com/concerts/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 28 Septembre 2022

 

 

Bonsoir,

Je suis plongé dans le travail de deux interviews mais l'actualité ne s'arrête pas pendant ce temps-là, mais  je prends le temps de vous faire un point... et n'hésitez pas à commenter un peu, à partager, ça fait plaisir.

 

                                           2017 à Bourgoin

 

1) On commence par une reprise de Bertrand Betsch, qui avait déjà commis un "TOUT EST DIT".  Je vous en parlais déjà en mai dernier :

Il récidive dans un CD réservé aux contributeurs de son nouveau disque (200 ex). Et il fait le choix d'un titre plus rare, puisqu'on peut le classer dans les "inédits disque": "PRIERE POUR M". Denis est crédité en tant que co-compositeur.  Le titre a été diffusé sur une compil "un printemps 90", et chanté à Paris en 94.  La reprise est assez jolie, plutôt guitare, mais ponctué d'un joli pont de piano, avant qu'une orchestration plus forte synthétique ne s'impose.

Jukebox Babe Vol. 1  sortira tout de même en numérique le 23 septembre 2022. Avec aussi du Manset  (revivre) et Bashung. 

 Album: "j'ai horreur de l'amour" son album : https://microcultures.bandcamp.com/album/jai-horreur-de-lamour

Je vous fais écouter également sa reprise du grand classique de MANSET "REVIVRE", que certains ont découvert grâce au film   HOLLY MOTORS.

 

2) Ah, mais au fait, j'en profite du coup pour vous parler du dernier Gérard Manset... J'ai très peu écouté les deux derniers albums, mais celui-ci se laisse bien prendre. Quand on est un "amateur" du maitre, c'est quand même toujours quelque chose de réentendre sa voix sur du neuf, et ici, elle est souvent meilleur que sur "un oiseau s'est posé" par exemple. Certes, certes, on est loin de ses meilleurs disques, mais je ne boude pas mon plaisir d'avoir des nouvelles du Patriarche, du Parrain, et tant pis si certains disent qu'il radote sur des morceaux d'une dizaine de minutes. Moi, ça finit toujours par m'embarquer, comme en 2870. 

 

3)   Un petit article du Progrès à propos du concert de DEMAIN à YSSINGEAUX.

https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2022/09/26/jean-louis-murat-l-auvergnat-solitaire-pour-le-deuxieme-concert-phare-du-chant-des-sucs

 

Haute-Loire Jean-Louis Murat, l’Auvergnat solitaire, pour le deuxième concert phare du Chant des Sucs
Inclassable, Jean-Louis Murat sera sur la scène du Foyer rural d’Yssingeaux, vendredi 30 septembre. Au programme, La Vraie Vie de Buck John , une biographie musicale et rêvée sur fond de western et de blues américain.
Par Séverine FABRE (severine.fabre@leprogres.fr) - 26 sept. 2022
 

Décidément, il n’est jamais là où on l’attend. À 70 ans passés, Jean-Louis Murat reste un des artistes français les plus prolifiques de ces dernières années : il publie en moyenne un album par an. L’Auvergnat, au caractère bien trempé et loin des discours policés ou tout simplement consensuels, a bien l’intention de continuer de marquer tant la scène que la chanson française. D’ailleurs, dans une interview accordée aux Inrocks , il annonçait que l’enregistrement de son vingt et unième album avait été l’occasion de préparer au moins un disque qui sera publié après sa mort.

Vendredi 30 septembre, sur la scène du Foyer rural d’Yssingeaux, dans le cadre du festival Le Chant des Sucs , Jean-Louis Murat, Jean-Louis Bergheaud dans le civil, délivrera La Vraie Vie de Buck John. Ce vingt et unième opus a été enregistré en grande partie, à son domicile avec le minimum exigé, sans basse. Pour les fans de la première heure, cet opus est composé d’une série de pépites. Mais qui est Buck John ? Cela ne dira rien au moins de 40 ans mais, au reste de l’auditoire, ça éveillera des souvenirs d’enfance tels des madeleines de Proust.

En effet, Buck John est un héros de BD, la première de son enfance, dont les aventures ont été publiées de 1953 à 1986. L’artiste l’a redécouvert durant le confinement, en revenant vers ses bibliothèques. Le héros solitaire s’est avéré le prétexte idéal pour réaliser une bibliographie musicale, proposant un voyage sans bouger de son siège. Toujours dans l’interview accordée aux Inrocks , il confiait que c’est grâce à ce cow-boy à la vie romancée qu’il a découvert Bob Dylan, Walt Whitman mais qu’il s’est aussi forgé une culture américaine, avec comme rêve américain se rendre à Nashville.

Un « ours mal léché »

À travers La Vraie Vie de John Buck , l’Auvergnat laisse entrevoir son intimité, fait extrêmement rare tant il est difficile de savoir qui est Jean-Louis Murat, même ses auditeurs de la première heure ne cessent de le découvrir alors qu’ils avaient le sentiment, à l’écoute des précédents albums, d’avoir à peu près cerner le personnage. Mais une fois de plus, il surprend et les prend en revers. En même temps, de la part de Jean-Louis Murat, c’est de bonne guerre, lui qui n’a pas sa langue dans sa poche et ne fait de concession avec personne.

Et cette franchise lui vaut d’avoir hérité d’une réputation « d’ours mal léché ». Même si ses propos parfois plus qu’abrupts lui ont valu quelques déconvenues, il est le premier à reconnaître qu’il a un caractère imprévisible refusant de « caresser dans le sens du poil » qui que ce soit, y compris son public.

Jean-Louis Murat, au Foyer rural d’Yssingeaux, vendredi 30 septembre, à 20 heures. Billetterie et réservation : office de tourisme d’Yssingeaux : 04.71.59.10.76. Tarif 24 euros. Première partie Batlik

4)  Du côté de Qobuz, on a réinterrogé DOMINIQUE A sur "CHEYENNE AUTUMN". Rien d'inédit, mais il ne nous ressort pas la comparaison avec Jean Sablon...

"en entendant murmurer sur fond de synthé, je me suis dit "ah mais c'est ça qu'il faut faire, c'est comme ça que le français sonne le mieux. Alors, "la fossette" est une extrapolation très lointaine de ce disque-là, mais lui doit beaucoup parce qu'il y a cette idée de chanter doucement sur des synthés et de dire les choses de façon détachée".

Je vous ai fait démarrer la vidéo à l'instant T... ou M.

 

 

Dans les nombreuses archives Murat/Dominique A dispo sur le blog, je vous mets un texte de DOM qui date de 2018:

5 ) Succès public

Petite rumeur pour ceux qui ont l'intention de remplir des stades en 2003 : on pourrait retrouver le titre Regrets dans la setlist du spectacle de Mylène FARMER :  " Regrets, chanté initialement en duo avec Jean-Louis Murat en 1991 n'a été interprété en live que lors du Mylenium Tour en 1999-2000, Mylène proposant une version solo ; Regrets fait partie de la liste des chansons que les fans espèrent réentendre un jour en concert à l'instar de Tristana, Souviens-toi du jour, Optimistique-moi et d'autres..."   "Info" du site MYLENE.net 

En parlant des grands succès publics avec JL Murat:  "un singe en hiver". Dans le job, on peut parcourir des sites de fans... mais curieusement, on trouve aussi des sites de... comment qu'on dit maintenant déjà?  de HATERS? Peut-être...   C'est le cas du site Soleywhy-indochine où l'on peut lire au milieu des  sulfateuses et des lance-flammes :

Mais s'il nous faut parler d'écriture parodique, il est plus adapté encore d'évoquer "Karma Girls", un troll magistral de Jean-Louis Murat qui reprend les tics d'écriture de Nicolas pour en faire un des pastiches nicoliens les plus réussis à ce jour. Pourtant, ni notre héros ni personne dans le public ne semble avoir capté cette blague de l'auteur de Un singe en hiver. Le sérieux avec lequel Nicolas continue de chanter cet exercice de style provoque toujours chez nous de larges fous-rires.

 

6)  Coin boutique:  Grosse promo sur le double vinyle "AURA AIME MURAT"... collector, 100 exemplaires.

https://www.facebook.com/commerce/products/aura-aime-murat--double-vinyle-collector/5618612918163269?rid=535808608548370&ad_id&rt=1&refID=0&refType=0&referral_code=commerce_attachment

 

LE LIEN EN PLUS POUR LA PERSONNE EN MOINS

 

Nécrologie:  PHAROAH SANDERS     https://www.citizenjazz.com/Pharoah-Sanders-la-spiritualite-n-est-plus.html

Une pensée pour le jeune Jean-Louis de 14, 15 ans qui travaillait son saxophone en écoutant ce musicien et du Coltrane... C'est ce qu'il racontait à Alcaline en 2014 (ci-dessous). Le soir cite Jean-Louis en intro de son article nécro:

https://www.lesoir.be/467501/article/2022-09-25/pharoah-sanders-etait-le-gourou-du-jazz-spirituel

un morceau comme The Creator Has a Master Plan est l’exemple de transe de ma jeunesse », disait Jean-Louis Murat au Soir il y a quelques années. « Je l’ai vu tout vieux à New York, Pharoah. J’étais tout ému et content d’être à trois mètres de lui. Pour moi, c’est un gourou. Un derviche tourneur. Un maître de cérémonie de transe. »

Bon astral traveling, Mister Pharaoah.

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Publié le 1 Septembre 2022

Bonjour chers camarades, 

C'est la fin de l'abondance, sauf chez Pierrot! En guise d'article de rentrée, de la musique électrique à foison, des images qui bougent hébergées sur des gros ordinateurs qui consomment... Et bein, on est dans la merde!  Quoi faire histoire de faire bon genre ?  Envisager une certification VEGAN -mais ça serait renoncer à un article sur le chou farci et la potée-?  Calculer  mon nutriscore sans doute excellent (ma came spirituelle est peu calorique et excellente pour la santé)?   En tout cas, c'est un blog non genré... sur un type (un humain porteur d'un pénis) qui pique les habits de ses copines, donc hein, pas de souci....  Hein? Oui, vous l'avez compris: l'ère de la  sobriété, ce n'est pas encore pour tout de suite sur le blog de Pierrot....   Sur ce...

 

On commence par une belle information qui est tombée cet été :

1)  LA FILLE DE LA COTE le groupe auvergnat-parisien qui participe au tribute "AURA aime Murat" a annoncé son nouveau disque pour octobre... et surprise... En plus de la participation de Matt Low, Julien Quinet des Delano Orchestra (et Olivier Perez de Garciaphone dont on attend aussi le retour),  au casting  figure Christophe Pie... décédé en janvier 2018, et cela sera sans doute la dernière apparition discographique de ce dernier... Enfin, avec la malle du grenier... on ne sait pas!  Le ranchero, l'ami, le petit frère, le conseiller de Jean-Louis   manque énormément à ses camarades musiciens là-bas dans le 6/3 (Alexandre -Rochon- Delano et Matt Low lui rendaient hommage sur leur dernier disque respectif).  

http://www.lafilledelacote.com/

Et savez-vous quoi? L'album au titre prometteur "comment j'ai fui la campagne avec une fille que j'ai trouvée sur la route" est un projet qui évoque l'Auvergne... sans jamais la nommer... puisqu'il semble que Yann Pons utilise l’appellation "CALEXICO" (tiens donc!)...  Vous imaginez bien que j'ai prévu de lui poser quelques questions très rapidement... Pour l'instant, je découvre le disque...  A suivre donc! En attendant, ci-dessous, redécouvrez leur version de MARLENE sur AURA aime Murat qui rend magnifiquement hommage au swing et tempo du compositeur Bergheaud  (cd et vinyle collectors encore disponibles!)

 

2)  Puisqu'on en est au reprise...  Voici DIANE  d'ORLEANS (pas DIANE D'ORLEANS, juste DIANE originaire d'Orléans) qui a publié un lp cet été, avec le soutien de la Souterraine, qui aime le lo fi.

https://souterraine.biz/album/secret

 

3)  Sur AURA Aime Murat, je crains que l'aventure se termine doucement... même si j'ai encore à vous parler des 8 pages dans la revue HEXAGONE de cet été... 

En attendant, on retrouve ce youtubeur collectionneur qui apprécie Murat et qui a aimé le tribute (on l'a déjà vu commenté les derniers disques de Jean-Louis):

 

4) On reste sur du réarrangé... avec un remix de TERRE DE FRANCE par KAY qui n'en est pas à son coup d'essai (on avait diffusé son AIMER l'année dernière).

Ce n'est pas mal du tout... surtout le petit sax. On peut rappeler que Jean-Louis et les maisons de disques ont diffusé beaucoup de remix des titres des premiers albums... jusqu'en 96 et le lp "fort alamo remixes" qui proposait 4 versions inédites et la version album.

Après cette version dj set, je ne résiste pas à vous mettre la version feu de camp de Richard Robert... et vous trouverez également l'autre remix de Kay:

 

5)  Bon, à part ça... Murat.... oui, la tournée reprend bientôt...  A Montpellier, petite animation qui présente le festival:

 Pour les retardataires : le précédent article refaisait le point sur l'ensemble des dates annoncées sur 2022 et 2023 : http://www.surjeanlouismurat.com/2022/08/nouvelles-dates-en-2023-never-ending-tour.html

On pourra lire ce petit article sur la saison de la salle des Bains Douches à Lignières, place Anne Sylvestre, dans laquelle JLM jouera en février :  https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/la-scene-de-musiques-actuelles-de-la-region-centre-devoile-une-nouvelle-programmation

Dans le Berry républicain, Sylvain Depée rappelle la particularité du concert de Murat: un bus sera affrété pour faire venir des adhérents de la Maison de la Culture de Bourges qui co-produit la soirée! Il faut donc penser à réserver rapidement pour cette date.

Enfin, pour rappel: En octobre, devrait paraitre sur une musique de Jean-Louis Murat, une récitation de JL TRINTIGNANT :  http://www.surjeanlouismurat.com/jean-louis-trintignant-murat-cendras-transsiberien-crepuscule-marie-audigier

 

6) On termine sur la "force de frappe" de l'INA une nouvelle fois constatée: 

- 16 000 vues en 3 jours (lundi soir 29/08) pour une vieille interview (bien sûr disponible depuis des lustres sur la chaine dailymotion de five'r.).

 

 - 61 000 vues pour un post facebook du 19/08 (en comparaison : 47 000 vues pour Battlefield live paru il y a bientôt un an)... J'ai pris le temps de lire un peu les commentaires et  les réactions ne sont pas mauvaises... c'est plutôt sympa.

La vidéo revient sur une déclaration polémique célèbre sur FOGIEL... qui serait signée par  son ami ALAIN... pendant qu'il cite aussi son ami Stéphane "qui a des choses à dire sur Ardisson"...  J'ai joint un Ranchero (La FOURME)  qui se prénommerait dans le civil "Stéphane"... mais sa réponse est sans appel: "il doit s'agir d'un autre Stéphane".  Bon, alors contontontentons-nous de  rappeler que Jean-Louis a parfois indiqué que certaines de ses interventions buzzistiques naissent d'un pari ou d'une discussion préalable avec ses copains...

Voilà, c'est tout pour ce soir... et n'en parlez pas autour de vous. Tout cela reste entre nous. Enfin, c'est vous qui voyez! 

 

LE LIEN EN PLUS DE DERNIERE MINUTE

Mais pourquoi donc  l'article ci-dessous anodin de Février est-il le plus lu du mois d'août sur le blog? Largement au dessus de l'article qui causait d'INDOCHINE?  Aucune idée.... Si quelqu'un a une idée... 

http://www.surjeanlouismurat.com/2022/02/laetitiamasson.monicavitti.antonioni.html

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Publié le 5 Juillet 2022

Bonjour!          (tiens, maintenant, je dis bonjour systématiquement... peut-être que je deviens aimable...)

1)  Encore un  article sur AURA AIME MURAT à vous proposer et plus que jamais, on est très fier et content:   Un dossier de 7 pages !!+ chronique dans "Hexagone", la revue trimestrielle  de la chanson. Je vous l'avais déjà annoncé. Vous aviez pu déjà le commander pour une interview de Jean-Louis Murat en 2020. et "same procédure as the last year" :  vous pouvez vous rendre ici pour les différentes options pour vous procurer ce numéro 124 (édition numérique ou papier, ou abonnement:  https://hexagone.me/produit/124a-numero-24-de-la-revue-version-papier/ ).

Beaucoup des participants du disque sont interviewés, et indiquent pourquoi ils aiment Murat, leur choix de chansons... notamment Richard Robert, et c'est  passionnant. J'ai eu aussi l'honneur d'y participer pour parler de la genèse du projet et répondre à une question sur la relation entre Murat et la chanson française.

L'article est signé par une vieille connaissance, du temps de ma participation active sur le "forum" consacré à Jean-Louis (avant 2009) : Nicolas Brulebois. On l'avait déjà croisé dans plusieurs revues: l'impératif, Kamikaze (revue à la courte vie mais il y avait eu une interview de JLM)...  Il signe aussi un article sur Sapho qui avait été suivie presque dans les mêmes années que Murat  par Claude Dejacques. Au programme également l'ami Bertrand Louis  qui après Muray, Baudelaire est allé voir du côté de Verlaine. 

Voici juste la chronique parue dans le numéro... et ça fait plaisir: 

 

 

2) Alors bien-sûr "AURA Aime Murat" est un "tribute" à Jean-Louis Murat, pour/par/àcause/grâce/selon/devers/àl'intention/àlafaveur/àlapartieetàl'exemple/ausude et ausujetde/euégardà/

   à Jean-Louis Bergheaud  et  au-dedans de lui!  

Il était du coup très superfétatoire de lui dédier ce disque...  Et j'ai demandé à Stardust qu'il le soit  à Matthieu Guillaumond (23/09/81- 01/03/2017)...  A travers lui, sont associés tous les "muratiens", quelle que  soit leur catégorie (clin d'oeil à un des ses articles fameux), et particulièrement aux kolokistes (son texte sur les concerts pour Clermauvergne à lire ici ).

Qui plus est, Matthieu n'a pas été inactif dans le projet...  J'en ai appelé à sa mémoire pour convaincre Silvain Vanot... Voici ce que ce dernier nous écrivait en 2017:

Silvain Vanot

Comme vous toutes et tous je suis bouche bée. Je garde le souvenir d'une rencontre lumineuse lors de mon passage à Clermont en mars 2015. L'interview, le lendemain du concert, a été un échange vraiment rare. La précision des questions, la curiosité et la culture de Matthieu, sa bienveillance scrupuleuse... Je me souviens avoir été très touché et le lui avoir dit. C'était une de ces périodes où je ne sais plus très bien quels sont les moteurs de mon activité, et ce matin là les questions posées m'ont aidé à avancer, à faire le tri entre les bonnes et les mauvaises motivations. J'ai repris ma route, nos relations se sont finalement réduites à peu de choses (nous nous sommes recroisés un soir de concert où j'étais très sollicité), je ne lui ai pas assez dit combien son écoute était précieuse. Je partage votre tristesse, ce bloc lourd et informe.

 

 

Photo du feuillet disponible dans le double vinyle (le cd contenait hélas une erreur sur le nom de Matthieu).  IL RESTE ENCORE QUELQUES EXEMPLAIRES (sur les 100 gravés)  disponibles sur ce lien paypal ou auprès de la page Stardust-acp.

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J'ai déjà dit beaucoup de choses  dans l'article nécrologique, je ne veux pas les répéter, mais Matthieu veille toujours sur ce blog, même si je n’ai pas forcement suivi sa consigne (« respecte-toi »), ni mis en œuvre toutes les idées et projets qu’il m’avait laissés. Pendant 5 ans, et de plus en plus intensivement, il s’est consacré à parler et faire parler de Jean-Louis Murat… sans jamais tomber dans la fanitude et avec une droiture et rigueur exemplaire. La musique lui était sans doute un des seuls univers vaguement acceptables dans ce bas-monde.

Pour sa maman, c'est un réconfort de savoir qu'on ne l'oublie pas... avec tous ses mystères avec lesquels il s'est envolé.

J’avais dit que je partagerais encore sa correspondance… parce que c’est je pense une belle façon de lui rendre hommage, et certains le retrouveront ainsi avec plaisir. Voici donc quelques extraits issus des derniers mois (entre  février et juin 2016), une sélection subjective, qui illustre j'espère  le talent et l'humour de M, et qui se veut représentative de ses mails (peut-être 300 sur cette période, du plus anodin aux réflexions plus sérieuses, en fin d'article).... J’ai choisi de ne pas dater. Pendant ce semestre intense, il achevait son travail sur Murat pour le blog,  avec une méticulosité extrême tout en rédigeant beaucoup d’articles.

4/10/2017

Allez, je retente...
T'es là?
Tu me manques... Plus personne ne m'écrit...  J'ai l'impression qu'il n'y avait que toi que tout ça intéressait un peu...

p.

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m:

Le départ préparé:

Allez, passe une bonne fête des mères. Annonce à celle de tes enfants que tu viens de perdre ta maîtresse clermontoise et que tu es désormais tout à elle, cela lui fera plaisir ! AH, AH, AH !!!

(Je plaisante, mais "le Grand Remplacement" a déjà commencé ici, pour parler comme le plus lepéniste des Chamalièrois : à la bibliothèque du Patrimoine, nous avons tout un rayon de journaux et revues... lyonnais ! "Le Progrès" et des magazines... Ça y est, ils nous envahissent, ils vont violer nos filles, accaparer nos boulots, nous prendre le bleu de la bouche, venir en vacances chez nous... Horreur, Malheur !  [NDLR: fusion Auvergne-Rhône-Alpes]
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    " Bon, je n'écrirai pas de chronique sur le dernier Vanot que je trouve de très, très, très haut niveau, je le regrette, j'ai comme l'impression qu'il va passer quasiment inaperçu... J'ai également renoncé à rédiger quelques lignes sur le nouveau Delano, tant pis. L'un de mes plus grands regrets restera de ne pas avoir écrit mon article sur cet organisateur de concerts mort au début des années 80, mais il est sans doute préférable de s'abstenir que de bâcler... Ce sera l'un de mes trois plus grands échecs sur le blog, avec la vraie-fausse ITW de Benoît XVI et l'article sur Messner* auquel j'ai pourtant consacré des heures et des heures de travail. Mais c'est ainsi.

1) Pierre-Yves Denizot Arachnée Concerts.           2) Reinhold MESSNER : « Le dernier des mohicans », le dernier grand auquel succède un « Alpinisme Décathlon » ( JLM).

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    " Allez, il est temps de mettre en pratique le vieux proverbe qui dit qu'en matière d'adieux, mieux vaut quelques archives qu'un long discours...

    " Pour me tourner du côté de l'avenir, donc, quelques archives (les archives, c'est l'avenir ???). Deux bricoles sur Denizot (plus une que je te remets, mais qui était déjà dans les "DIVERS" de l'envoi de l'autre fois). La liste des passages chez Pascale Clark. Elle quitte France Inter, cela aurait été bien de faire un petit quelque chose sur sa relation médiatique avec JLM au fil des ans... Passages radios, émission La Route, allusions à JLM dans un ou deux de ses livres (probablement), etc. Si j'y avais pensé plus tôt, j'aurais tâché de réécouter toutes leurs émissions communes pour construire une sorte de conversation Best of, c'était jouable, il n'y en a pas tant que ça, mais je n'ai eu l'idée que l'autre jour... Néanmoins, il reste la possibilité de lui adresser un petit clin d’œil sous une forme ou une autre lorsqu'elle lancera sa web-radio prochainement... À voir.

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    " Je t'envoie également une liste non dépouillée de passages radios de JLM, les premières années, histoire que tu puisses faire le lien avec ce qu'on trouve sur le site en ligne de l'Inathèque (qui remonte à 1995, je crois). Ce n'est pas trié, il y a beaucoup d'émissions où JLM est signalé simplement parce qu'une de ses chansons passe à l'antenne, mais cela te fera toujours une base, si tu as besoin un jour de vérifier quelques dates. Je n'ai pas celle du premier passage chez Foulquier-Varrod, sans doute vers 82-83-84. Peut-être que maintenant qu'il n'est plus patron de la musique, Varrod trouvera le temps de répondre aux mails... Il manque également sans doute tout un tas de passages sur Europe 1 et RTL qui n'apparaissent pas dans les archives.

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   Enfin, je t'ai sorti vite fait ce qu'on trouve sur Manset. Là non plus, ce n'est pas trié. Je ne t'ai mis la radio que jusqu'en 2000, tu pourras compléter avec le site de l'Inathèque en ligne. À la télé, j'ai viré quelques émissions avec Octave Manset, un gars de chez BMW, mais il en reste encore. Dès qu'il est question de bagnole dans un titre, tu peux supposer que c'est pour Octave et non pas Gérard. J'aurais évidemment pu taper "Gérard Manset", mais j'aurais alors pris le risque de passer à côté des fiches où est inscrit simplement "Manset" ou "G. Manset"... C'est un métier.  [après des heures de visionnage à l'INA]

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     Un de ces jours, tu finiras bien par descendre sur Lyon pour aller visiter le site expert, avec une liste de programmes à regarder ou écouter. Tu diras que tu travailles pour l'Histoire, ils te donneront l'autorisation, même si tu n'achètes rien. En plus, si tu expliques que leur site public contient plein d'erreurs et de lacunes, ils ne pourront pas refuser, ce sera une forme de compensation. J'ai failli tenter le coup moi-même, mais je n'ai pas trouvé le temps de retourner à Lugdunum.

Allez, je t'envoie tout cela par petits tas.

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De toute façon, au pire, tu auras plein d'archives exploitables.  Comme l'écrivait Georges Duby à la fin de son livre biographique : "Je m'arrête ici, l'histoire continue". Heureusement.

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Vieux, usé, fatigué...

 Dire que j'arrive à te dégoter les articles de R&F dix jours avant leur sortie et que je ne vois pas passer celui de La Montagne... C'est peut-être le signe qu'il faut arrêter tout ça, pour moi aussi...

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Garde toutes ces bonnes idées [d'articles], tu les mettras dans ta petite annonce pour trouver un autre collaborateur. Après tout, Bergheaud a dégoté Bonnefont de cette façon et ça marche depuis près de quarante ans (l'année prochaine) ! Tu préciseras bien que tu souhaites comme qualités indispensables : voiture personnelle, téléphone portable, compte Facebook, rapidité d'écriture, usage normal des virgules... Entre autres. Et tu marques : "Le poste exige réactivité et nécessite de savoir s'adapter aux breaking news de toutes sortes, bref, d'avoir toujours unE Plan B." Ah, ah, ah !!!!!

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Remercie-moi plutôt d'avoir décalé ma démission d'une semaine, j'ai pensé un moment l'officialiser le jour de la Saint Didier... Ah, ah, ah !!!
     "C'est avec une émotion difficile à contenir pour moi, simple paysan breton, dont la seule source de bonheur dans la vie, en plus des textes de JLM (je n'écoute pas ses musiques, je ne suis pas un fan), est constitué par les sourires de mes gamins au foot, de vous annoncer l'arrivée sur ce modeste site qui ne fonctionne que grâce au bouche-à-oreilles, sans référencement, de M., Docteur en Muratie, la référence incontournable dans le milieu (depuis que le chien est mort), qui écrivait les seuls papiers sans fautes d'orthographe du Blog de Pierrot, Matthieu, un garçon simple, doté d'une plume magnifique, tenez, lisez, je prends au hasard, il suffit de se pencher dans le jardin de sa prose pour trouver une rose "Le samedi 26 août 1978, aux alentours de 19h00, le cardinal Albino Luciani était élu Pape et adoptait le nom de Jean-Paul 1er. Au même moment, à 1200 kilomètres du Vatican, sur l'hippodrome de La Bourboule, Jean-Louis Murat donnait son tout premier concert avec son groupe Clara. Habemus Claram !", que c'est beau, j'en pleure, Matthieu, un garçon simple, qui ne se prend pas au sérieux, un Breton dans l'âme, même s'il ne l'est pas, contrairement à certains Ayatollahs de la Muratie qui... voilà, Bienvenue Matthieu. Tu veux un jus d'oranges ?"
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Je viens de constater que tu t'étais déjà entiché d'un autre M, qui a sans doute des qualités avec lesquelles je ne peux rivaliser, si j'en juge par le surnom affectueux (référence implicite à ses mensurations, ne crois pas que je n'ai pas compris...) que tu lui donnes de "Black M". Alors que je n'ai même pas encore fini de faire mes cartons. Salaud, va !  (PS: Le commentateur qui ne veut pas qu'on dise du mal de la France, il connaît "Hexagone", la chanson du mec que même la femme de l'ex-président  a repris - massacré - un de ses titres ?)      [NDLR : polémique sur Black M] 

 

Le travail pour le blog:

 

Je te soupçonne d'être marié, d'avoir des enfants et de mener une vie de famille qui t'empêche de répondre à mes mails 24/24h...
Bon, Fred Plainelle est un grand fou, il a soumis l'article   [Jean-Louis en première partie de Jean-Louis :  http://www.surjeanlouismurat.com/2016/05/titre-pour-article-sur-telephone.html]. Si tu aimes, tu peux titrer, introduire et mettre un lien en plus (ou pas) et publier ce soir. Sinon, laisse-moi un petit mot et je modifierai demain les dates (hier.avant-hier, aujourd’hui/hier, etc.).
Le vigile approche, je dois filer.
Bisous.
P.S.D.T.
M.

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Bon, laisse-moi à présent, je dois écrire, trier, synthétiser, organiser, alléger, alourdir, mettre des virgules partout, trouver des calembours avec les mot Ceausescu et armes chimiques, puis, surtout, chercher la petite phrase un peu classe que les filles reprendront dans les commentaires de Facebook en mettant un cœur à côté...  [préparation de l'article: http://www.surjeanlouismurat.com/2016/05/article-concerts-caritatifs-en-cours.html]

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Écrire encore et encore à Didier Varrod, n'avoir aucune réponse.
     Envoyer un mail unique à Ivan Rioufol et obtenir une réponse dans les dix minutes.
     Ô Ciel !
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Titre: Réponse à question pas posée

   Tiens, ça m'étonne que tu n'aies pas taclé Didier en mode "Eh tocard, JLM en a pas écrit deux, mais trois des chroniques pour Libé !", c'est bien ton genre (islandais, rude sur le porteur du ballon). Ah, ah, ah ! Pour répondre à ta question, si, Murat a pratiqué le marathon ou au moins le semi. Dans une émission de Caroline Tresca, un chroniqueur présente même une une de La Montagne où il figurerait et il confirme (mais refuse de donner son classement). En fait, j'ai regardé le journal, je n'ai jamais vu sa tronche et dans la liste des participants je n'ai trouvé qu'un nom proche du sien, mais avec une autre orthographe. Soit c'était son nom (mais avec une coquille), soit il est arrivé beaucoup plus loin au classement. Bref, il a sans doute pratiqué un peu au début des 90's, je crois qu'il était adhérent au Club d'athlétisme de Clermont, j'ai dû voir ça quelque part...

      Voilà...

      M.

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Puisque tu parles de fidélité [NDLR: de So Foot à JLMURAT] , je te signale que c'est l'ami Jean-Vic Chapus qui interviewe Murat dans So Film. Tu sais, Chapus... Chapus, comme l'auteur de ces lignes inoubliables :
 
     "Nous aimons Murat car cet aimable auvergnat est un des derniers marrants que compte la musique d'ici.
      Le gusse est capable de tout : sortir une merde prétentieuse où il duettise avec Isabelle Huppert sur des poèmes signés Madame Deshoulières, monter sur la scène de la dernière Route du Rock pété comme un coing et hurler "Eh malouins, malouines enfilez vous !" ... faire passer un six titres tout à fait honnête pour un double album de qualité supérieure.
      Qu'importe.
      Avec sa dernière œuvre intitulée "Lilith" (le double album justement) Murat va encore susciter l'admiration sans faille des gens impressionnables ("Oh, la merveilleuse ode à la femme avec un grand F que voilà !").
      Pas chez Newcomer.
      Murat est seulement un troubadour priapique plus doué et plus érudit que la moyenne (il aime visiblement de plus en plus Neil Young, John Fogerty, Mark Hollis et Oum Kalsoum).
      A part ça Murat est aussi une grosse fainéasse (plus de la moitié de ces 23 morceaux semble à peine peaufinée) qui n'aime rien tant que se voir chanter, écrire et jouer de la guitare.
      Forcément cela occasionne des longueurs.
      Tant qu'il y aura des sérieux pour prendre pour parole divine ses élucubrations, notre clown du Massif Central pourra toujours se serrer de la meuf.
      Nous ne sommes pas dupes mais nous lui tirons quand même notre chapeau : bravo, mec, tu es le dernier des punks."

       Jean-Vic Chapus.

[NDLR: Matthieu nous préparait depuis des années cet article  qui recense les critiques les plus dures contre Jean-Louis Murat : http://www.surjeanlouismurat.com/2016/07/article-pour-masochistes.html]

Sur son rapport à son "chef" ! Tout de même !

va corriger ton Philippe Toussaint en Jean-Philippe Toussaint avant que je me fende d'un commentaire assassin pour te foutre la honte devant tout le monde...

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Mon Dieu, et moi qui t'écris encore et encore, alors que tu dois être en ce moment-même dans un congrès "Hé Oh la gauche", entouré de jeunes rocardiennes à qui tu tires la ficelle de la culotte sans vergogne, tout en leur expliquant que sucer ton 49.3 n'est pas tromper... Et pendant ce temps, l'Histoire avec un grand H, comme hygiaphone, nous passe sous le nez. Putain, mais tu ne peux pas soutenir Valls et faire grève en même temps ! Tu es mort, c'est la seule explication logique... Adieu, Pierrot, RIP !
PS: "Rappelons, pour l'Histoire, que Les Rancheros ont naguère signé, en ouverture de leur hymne officiel, la fameuse apostrophe "Hé oh, hé oh les Rancheros", dont s'inspira directement le ministre Stéphane Le Foll pour lancer le mouvement "Hé oh la gauche !"."
 

Et à Laure

Putain, Laure a voulu me faire une Baupin (heu, ton orthographe d'Alex Beaupain, ce n'est toujours pas ça...) ! Je lui claque la bise et là, tu sais ce qu'elle me dit ?! "On va se tutoyer."

S.... ! ! D'où on se tutoie ? Tu me prends pour un mec facile ?! Mets-moi la main au paquet, tant que tu y es ! Obsédée ! Recommence et je te promets que tu vas l'avoir ton enquête sur Mediapart, avec témoignages à charge d'élus d'Orcival ! Non, mais... Et tu vas voir que ça va encore être de ma faute, on va dire que c'est mon petit pull-over autour de la taille qui excite les nanas. Le jour où j'aurai envie de tétouiller autre chose que mon bâton de réglisse, je vous ferai signe ! #projetcrocodilettes

 

Et à quelques autres !
 
 
Oui, quand je vois le nombre de rockers locaux qui sont profs, je suis toujours sceptique sur le contenu de leurs cours. Après, on peut réussir à compartimenter, voir la musique comme une soupape de décompression. Mais pour certains, quand même, leur confier l'éducation des gamins... Mouais...[NDLR: le prof s'était bourré avant son concert au tremplin]
 
 
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Au fait, je ne t'ai pas posé la question, Queuille n'a jamais réagi à nos articles sur Chanson ? Il commente tes photos de champignons, mais un article dans lequel il est cité, portant sur une revue dont il fut l'un des rares lecteurs il y a quarante ans, ça ne l'inspire pas ? Ben, tant pis.

[NDLR: article sur le Murat journaliste: http://www.surjeanlouismurat.com/2016/03/chanson-volet-1-passage-en-revue-d-une-revue-musicale.html ]

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Tu n'oublieras pas d'envoyer un petit mot à Christian Queuille, je compte sur toi. Et s'il répond "Oh, mais vous auriez dû me contacter, je vous aurais raconté mes souvenirs de lecteur", tu lui balances un smiley-qui-fait-la-quenelle !  P.-.S. : J'ai fait exprès d'associer les noms de Queuille et d'Abdeslam dans le même mail. Si les RG font correctement leur travail, il est foutu !
 

M. avec son "autre chef" pendant quelques temps, Alexandre Rochon et en charmante compagnie.

 

Les idées, les analyses

     Pour revenir à Murat, tu sais que la bio a pu lui faire du mal : sincèrement, quand tu lis la soi-disant compilation de pur "nectar" de je ne sais pas quelles conneries d'aphorismes, enfin bref, la section où Bataille se sert de JLM pour régler quelques comptes et l'arrimer au camp des gros réacs provocateurs qu'il adore, sans aucun souci de donner un aperçu exact d'une pensée, ni même de concevoir un réel recueil d'aphorismes, bref, quand tu lis ça, tu n'as pas forcément envie de passer un moment avec Murat... Le coup de la tarlouze dont on se demande comment il fait jouir sa femme, puis du trop grand nombre de noirs en équipe de France, puis de la brouteuse, puis des féministes qui sont toutes des salopes, heu... comment dire... Ça peut être un peu étouffe-chrétien quand on ne connaît pas le bonhomme ou qu'on n'a pas l'esprit ranchero. Il suffit que quelques attachés de presse influents ait lu le bouquin (pour leur travail) et ça peut dissuader certains de l'inviter. C'est une simple hypothèse.
suite:
Attention, je n'ai pas écrit que c'était la faute de, mais que le livre avait pu jouer un rôle. Et ce n'est pas parce que les propos cités sont bien de Murat que la compilation de Bataille n'est pas malhonnête pour autant. Tu veux qu'on cherche ensemble les déclarations de JLM sur les féministes (tiens, dans Point de vue), Les Inrocks ou le rap qui vont totalement à rebours de ceux que cite Bataille ? Sa compilation n'est ni un aperçu aussi exact que possible de la pensée muratienne, ni un recueil d'aphorismes, la moitié des citations n'ayant rien de drôle (alors qu'avec Murat, il y avait de quoi faire !). Nous savons l'un et l'autre que si le discours public de JLM se résumait à ce qui est compilé dans cette section du livre, nous ne nous intéresserions pas autant à ce qu'il fait depuis des années ni toi, ni moi, ni un certain nombre de muratiens d'ailleurs (je n'inclus pas Didier dans le lot)... C'est tout ce que j'ai voulu dire, je ne le dédouane en rien (souviens-toi d'ailleurs des circonstances dans lesquelles tu eus ce coup de foudre pour moi - qui contribua à ta perte - à la Fnac de Lyon, alors que je lui reprochais de virer vieux con...).
 
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Bonsoir,
 
     Comme je comprends entre les lignes qu'à travers ton dernier mail tu sollicitais de ma part une analyse pointue sur cette absence de tournée, je vais te donner mon point de vue. Et si tu ne le demandais pas, je vais te le donner quand même.
 
     Tout d'abord, je crois qu'il y a des raisons arithmétiques à cette absence de tournée. D'un côté, beaucoup de lieux culturels connaissent des difficultés économiques, une partie allant jusqu'à la fermeture (cf. la longue liste des festivals qui ont disparu ces derniers temps). Les lieux qui survivent ont généralement des budgets en baisse, ce qui a un effet sur le nombre d'événements organisés, sur le montant des cachets (même si celui de Murat est assez dérisoire), sur l'étendue des saisons culturelles, etc. Là, nous étions du côté de l'offre. En face, côté demande, il y a de plus en plus de gens qui font de la musique et ambitionnent de monter sur scène, puisque la production est techniquement plus simple et moins coûteuse qu'avant et que la diffusion peut atteindre une certaine dimension rapidement via internet. Donc, moins d'offre d'un côté, plus de demandes de l'autre et JLM, lui, demande plus que les autres, puisqu'il sort des disques plus souvent, donc ambitionne plus souvent de se produire sur scène, même si ses tournées sont courtes. Il est logique que l'espace disponible ne puisse absorber tout le monde et qu'un candidat qui se présente chaque année ou tous les deux ans finisse par avoir du mal à y pénétrer.
 
     Autre phénomène, l'usure, à différents niveaux.
     Nous savons que certaines dates de JLM ces dernières années ont sans doute été facilitées par le réseau qu'il s'est créé au fil des ans. À Guéret, l'organisateur était un vieux copain. À Villeurbanne, nous savons que Papelard et lui se connaissent depuis belle lurette (sans parler du fait que Pie a partagé plus d'une fois la scène avec Tachychardie à l'époque de Chaos). On peut supposer que ce genre de dates chez des amis a eu lieu d'autres fois. Sauf que, bien entendu, cela ne peut pas se reproduire systématiquement : que dirait-on d'un organisateur qui programmerait à tous les coups ses vieux copains ? Il n'y a que la Coopé qui peut se le permettre, parce que c'est à Clermont et qu'il s'agit d'un concert caritatif, donc particulier (même si ce n'est pas sans poser des problèmes, pas mal de gens estimant que la salle accorde trop de place à JLM). Cette carte du concert chez un vieil ami organisateur n'est donc pas utilisable indéfiniment.
     Par ailleurs, Murat tourne maintenant depuis de longues années, il est donc assez logique que des lieux qui l'ont déjà reçu une, deux, trois, quatre fois finissent par ralentir la cadence. Le concert régulier dans un même endroit, c'est bon pour le bar du coin, pour Le Clown de l'avenue Anatole-France, mais tu ne joues pas tous les six mois dans une Smac ou un théâtre. C'est un problème qui ne se posait pas au début de sa carrière et moins il y a dix ou quinze ans.
     L'usure peut aussi provenir, d'une manière différente, du comportement du chanteur : à force de se faire mal voir (pour de bonnes ou de mauvaises raisons, c'est une autre question) de directeurs de salles, d'intermittents, de techniciens, de backliners, d'attachés de presse, sans oublier des photographes, le nombre de gens prêts à l'accueillir peut aller en se réduisant.
 
     Il y a aussi une raison évidente liée à ses ventes de disques. Il vend peu, je doute qu'il ait réellement fait le plein neuf fois sur dix lors de la dernière tournée, donc il serait étonnant qu'on l'invite et qu'on le réinvite en permanence. Par ailleurs, il y a cette image qu'il a contribué à se forger, qui le dessert aux yeux de certains, lesquels n'auront donc jamais envie d'aller le voir en concert. Et le mini-buzz orchestré par Bataille autour de ses déclarations les plus fracassantes l'an dernier n'a sans doute pas atténué cette image dans la mémoire des gens.
 
     Enfin, on revient toujours à ce que nous nous disions le soir où nous nous sommes rencontrés et où nous avons longuement discuté place du 1er Mai : à la question posée dans "Taïga", "Qui veut entendre ça ?", si on l'applique à ses chansons, la réponse est : pas grand-monde. Le nombre de gens qui ont en tête les chansons de Murat, qui conservent dans leur mémoire des événement personnels associés à certaines d'entre elles, qui attendent les nouvelles et qui ont envie d'aller le voir sur scène, nous le savons, est très inférieur à ce qu'il est pour Renaud ou Polnareff ou Téléphone, que ça lui plaise ou non. Pour un type qui est tombé amoureux pour la première fois à l'époque où "L'ange déchu" passait à la radio, combien se sont embrassés sur "Mistral Gagnant" ou ont baisé comme des bêtes sur "Y a qu'un cheveu sur la tête à Mattheu" ?
 
     Quant à l'argument qu'il avance de son côté, à savoir que ce serait l'omniprésence des vieux qui l'empêcherait de tourner, spontanément, j'y crois peu, car, comme cela a été dit, ils n'aspirent pas eux et lui aux même salles. Ceci dit, il faut se méfier. Prends l'exemple du cinéma. A priori, on peut se dire que le gros multiplexe ne concurrence pas directement le petit cinéma d'art et essai, puisqu'ils ne passent pas les même films et ne visent pas le même public. Mais dans les fait, il y a bien concurrence (déloyale). Pour vivre, les petits cinémas ne peuvent se contenter des tout petits films, ils ont besoin de ceux d'auteurs qui viennent de la marge et ont fini par acquérir un certain statut (exemple : Woody Allen). Bref, des films d'auteurs porteurs. Or, le multiplex veut aussi ces films-là (qui, contrairement aux tout petits, font des entrées) et peut s'arranger pour obtenir l'exclusivité sur une ville, en marchandant avec le distributeur : tu ne donnes ce film qu'à moi et je m'engage à te prendre tel autre film que tu distribues ; ou, à l'inverse, si tu ne me donnes pas l'exclu sur tel film, je ne prendrai pas tel autre. C'est ainsi que le petit cinéma obtiendra le film d'auteur porteur en cinquième ou septième semaine, autant dire quand il sera en bout de course sur le plan commercial. Par ailleurs, un gros multiplexe peut se permettre d'avoir une salle pour des films un peu plus fragiles, uniquement dans le but de capter un public qui, autrement, ne viendrait jamais et en profiter pour assécher le marché. En résumé, il y a bien une concurrence entre l'énorme cinéma de dix salles et le monoplexe (sans complexes) qui passe des petits films indépendants. Donc, il n'est pas exclu que la programmation des Renaud et autres dans les Zénith ait des effets secondaires qu'on ne perçoit pas immédiatement sur la politique des salles plus modestes. Il faudrait que j'en touche un mot à Fred Roz pour voir si ce que dit Murat lui paraît crédible ou bidon.
 
     Enfin, pour illustrer ce que j'écrivais hier soir, non pas sur l'accueil des salles, mais sur celui des médias, je vais te donner trois exemples.
     L'autre jour, Bataille a balancé un tacle de Murat aux Inrocks sur Twitter ou Facebook. Résultat, Conte a rappelé le nombre de unes que l'hebdomadaire lui avait consacré et écrit que JLM était charmant quand on le rencontrait, puis balançait ensuite sur le canard, ce qu'il avait du mal à s'expliquer. Donc, j'imagine très bien qu'à la conférence de rédaction où l'on se dit qu'il faudrait parler du nouveau Murat, Conte prenne la parole pour faire remarquer que Murat a fait de moins bons disques ces dernières années (de son point de vue), qu'ils le soutiennent toujours et que malgré ça, dans le même temps, il leur chie dessus. Donc, "ça va bien !" Une telle scène me paraît crédible.
     Idem à Libé : souviens-toi du type qui expliquait qu'à chaque nouvel album, il y avait un débat dans la rédaction, certains disant "On ne va pas encore parler de Murat !". Bayon parti, un de ceux qui trouvent qu'on accorde déjà beaucoup de place à JLM peut très bien arriver avec deux-trois citations du livre et les sortir pour justifier le fait que Libé n'a pas à soutenir avec autant de force un tel mec... Là encore, ça ne me paraît pas impensable. En braquant la lumière sur les propos les plus scabreux de Murat, alors qu'ils avaient été prononcés sur des années, et en les sortant complètement de leur contexte initial, Bataille a simplement pu contribuer à les remettre dans la mémoire de certains qui avaient fini par passer l'éponge. Et même sur un fidèle comme Nuc, son comportement a pu avoir une influence inconsciente : l'autre imbécile le fait passer pour un fayot et un censeur depuis des mois, Nuc n'a peut-être pas eu envie de trop s'enflammer sur le disque pour ne pas donner à ce con de nouveaux arguments... même si l'autre n'a pas besoin de ça pour en remettre une couche (cf. son tweet sur le Figaro).
 
     Voilà, j'ai fini ma conférence.
 
     Vous souhaitant un très bon week-end et vous priant de croire blablabla...
 
     Matthieu
 
P.-S. : Je n'ai pas encore acheté Morituri, je ne l'ai écouté pour la première fois sur Deezer qu'aujourd'hui. Le crescendo du "Grand vivier de l'amour" sur "French Lynx", "Les ronces" dans l'intro de "Frankie", le "Charles et Léo" dans les couplets de "La pharmacienne", "La surnage dans le tourbillon d'un steamer" dans "Le chant du coucou", le gimmick du "Blues du cygne" dans "Tous mourus" et le fameux pim-pim-pim...pim-pim !!! du "Champion espagnol" dans "La chanson du cavalier" m'ont rappelé de bons souvenirs. Mais je n'ai pas encore écouté tout cela avec assez d'attention...

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 Décryptage.

A la campagne, il y a cinquante ans, que ce soit en Auvergne ou en Bretagne, il y a une chose dont on ne parle jamais, qu’on fait souvent (du moins je l’espère) c’est : « ça ». On le fait comment ? Eh bien : « comme ça ! ». C’est quoi ? C’est : « la chose ». Dans le texte du titre « Morituri » femme ose dire : « Ne fais pas comme ça » puis de se résigner et finir par lâcher : « Ca ne me va pas/Si la chose te va ». Ces « choses » là, il ne faut pas qu’elles se sachent. Le faire comme ça, devient une habitude : « La manie est prise« , femme consent et s’incline : « Si la chose te va ». MURAT écrit : « Nue sous la remise/On fait ça comme ça« . Plus en amont il précise  : « Pour éclaircir ma voix/Non ne le dis pas ». Et vous pensez à quoi ? A la même chose que vous bien évidemment !  

Dans « Morituri » c’est une femme qui parle. Avec gouaille elle s’exclame : « Le sang a séché » (…) « Pauvre con à moi ». Son amant, mari ou pas n’est pas toujours habile, elle murmure : « Faisons ça fissa ». D’autres fois elle est plus admirative et concède : « Comme tu y vas ! ».

A la campagne on n’est pas des « diseux », on est des « taiseux » des « faiseux » des « baiseux » aussi. Cela ne se dit pas. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, c’est l’homme qui décide. Madame n’est pas disposée ? Qu’importe ! C’est comme ça. Monsieur a des envies, monsieur les assouvit. Après ça, une bonne rincette. Il ne restera à Madame qu’à faire une petite toilette et reprendre le rythme d’une journée de travail, commencée tôt avec la traite des vaches, qui se finira tard avec les préparatifs pour le lendemain. A la campagne, ce sont les animaux, le taureau, le cheval, le chien ou le chat qui vous apprennent tout. Ces compagnons de vos journées vous enseignent en premier lieu : comment faire des bébés. Les parents n’ont pas de temps à discourir avec les enfants. A la campagne, en ce temps là, s’adonner à « la galipette » est le seul loisir qui s’offre à vous. Cela se fait loin des regards. Cela se fait vite, il n’y a pas de temps à perdre. Il y a les vaches à traire et le blé à rentrer. L’orage gronde …

Et la fameuse « Cathy » souvenir des « paradis perdus »: « Oh Cathy aime moi » ??? Non. MURAT en interview dit qu’il aime a se faire appeler comme ça. « Cathy » ? C’est lui !

 « Morituri » désigne ceux qui vont mourir. La soixantaine passée la soif de vouloir satisfaire « Madame » n’est sans doute plus aussi forte, irrépressible. Qu’il est loin le temps du fier amant qu’on avait peine à rassasier : « L’amour est parti/C’est toi qui l’a dit ». Alors « Morituri » le chant du cygne du « zizi » ???

Et tout le reste qui fait la joie d’une telle correspondance !

 

Je crois que si je prenais un nom de code sur Facebook, je choisirais Brad. Brad Pitt, rapport à ma plastique impeccable.

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Je fais exprès de mettre dans mes courriers des mots étranges comme "popotin", c'est bien commode pour les recherches d'anciens mails : par exemple, je retrouve toujours sans problème les liens vers les vidéos du concert pour la Roumanie, car je me souviens que je les avais envoyés à Junior [pour Varrod Junior, alias : Thibaud :   http://www.surjeanlouismurat.com/2014/12/interview-radio-de-christophe-pie.html ]     dans un mail où je lui conseillais de ne pas mettre de percussion autour de son zizi, comme le fait le guitariste des Real Cool Killers. Et dans ce mail, j'ai écrit "bistouquette". Du coup, il suffit que je tape ce mot dans la case "Recherche" de ma boîte à lettres et je trouve le mail en question de suite. Hum... Fermer la parenthèse.)
 
 

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Prière de M
Hier soir, j'écrivais dans un mail adressée à une dame :
 
     "Je ne me sers plus désormais des vœux (écrits) que pour les instrumentaliser, c'est-à-dire pour me rappeler au bon souvenir de gens qui me doivent des réponses. Parfois ça marche, parfois non. Cette année, un musicien censé me transmettre un document très bientôt – très bientôt, depuis plus de six mois... – s'est contenté de m'adresser ses vœux en retour, avant d'ajouter : "Aie confiance." Depuis, plus de nouvelles... #foutagedegueule #prendsmoipouruncon #sijetecroisejetassommeavectabasse..."
 
     Et ce matin, il me recontacte...
 
     Pardonnez-moi mon Père parce que j'ai pêché, j'ai conçu dans mon for intérieur de mauvaises pensées contre cet homme et au-lieu de les combattre en implorant le Très-Haut dont le nom est Amour de me donner la patience, j'ai formulé à voix haute et par écrit ces mauvaises pensées. Pardonnez-moi mon Père, oui, j'accepte de recevoir votre sentence et de me faire fouetter cul nu par la première chanteuse clermontoise venue, oui, mon Père, j'accepte humblement et ferai pénitence. Amen.

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Là, je réfléchis à voix haute, si tu me lis, c'est que j'ai appuyé sur "Envoyer"...

 

Merci encore pour tout Matthieu....et je vous laisse encore avec quelques autres articles qu'il a signés:

Mon message de juin 2016: 

ll  me l'annonçait depuis un moment sans que je ne veuille y croire. Faut dire qu'il me menaçait souvent de faire jouer le mercato et d'aller à la concurrence. Mais il ne s'agissait - enfin, j'espère- que d'une espièglerie. Enfin soit, M. comme il signait ses articles, Matthieu alias le journaliste multipoche Fred Plainelle, a annoncé qu'il cessait sa collaboration avec le blog.

Certes, il ne faut pas en faire une tragédie, un drame personnel et s'en réjouir pour lui: il a sans doute beaucoup mieux à faire, et à donner au monde, que de passer des heures dans les archives à nous dégotter des informations inédites. J'avais parfois des scrupules à le voir travailler autant, à le voir se démener pour vérifier une information en contactant le monde entier si besoin, quitte à se fâcher pour défendre notre travail ou notre liberté. Pour autant, il n'aimait pas les gueguerres entre clans muratiens et rêvait sans doute d'un grand site où les archives seraient mis en pot commun, muratiens united, un peu de la façon dont il invitait tout le monde à partager nos piques-niques devant la coopérative de mai du mois de juin.

J'aimais pouvoir compter sur lui pour prendre conseil et veiller au principe d'indépendance de ce blog. D'ailleurs, il aura toujours refusé les petits avantages que j'aurais pu lui offrir (invitations). Intégrité qu'il conservait dans ses comptes rendus de concert, œil toujours critique mais avec le regard bienveillant sur les artistes que l'on veut avant tout défendre. Je lui avais filé un peu les clefs, lui permettant de soumettre ses articles et d'accéder au blog. Et je me disais que quand je serai fatigué, la maison serait à lui... Il s'est fatigué avant moi. J'avais le rêve d'un accomplissement de notre aventure commune avec une interview, celle de Jean-Louis, et enfin l'occasion d'avoir des réponses .... ou du moins de poser les questions qui nous trottent dans la tête depuis des années.

Je me rappelle de la première fois où je l'ai rencontré: il avait posé à Murat une question courageuse et philosophique sur le thème de la posture et l'imposture, suscitant une réaction un peu vive de Jean-Louis. Un beau moment. C'est par les mails que notre relation a ensuite véritablement démarré. Et c'est ce qui va me manquer sans doute le plus: les dizaines de mails que je pouvais recevoir, dont un grand nombre qui me faisait mdr, pdtr , et tant d'autres, qui me forçaient à étoffer mes connaissances.

Il aura fallu le concert en 2010 quelques temps plus tard pour qu'on se rencontre vraiment... et la discussion n'en finissait plus depuis...même si lui travaillait de son côté. C'est un petit regret que nous n'ayons pas signé réellement un article ensemble, même si pour soigner mon égo, il me laissait le soin de réaliser des introductions.

Son travail se diffusera encore un moment sur le blog (et j'ai un peu de stock). J'en ai la garde, et c'est de la responsabilité, la responsabilité de continuer, mais y aura-t-il encore quelqu'un pour me secouer dans mes périodes d'apathie et de doute?

 

LE REMERCIEMENT EN PLUS POUR LE DISQUE

Merci à Florence pour sa relecture de mon texte pour la pochette -et pour celui de ce jour.

Merci à Nicolas Neyman (https://www.facebook.com/nicolasneymandessins  qui a consacré un peu de temps à un projet de pochette). 

Et encore une nouvelle fois, merci aux contributeurs...

 

 

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Rédigé par Matthieu

Publié dans #2021 Aura aime Murat

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Publié le 16 Juin 2022

bonjour,

AURA aime MURAT au programme d'aujourd'hui!

1)  Dans le numéro de FRANCOFANS de ce mois-ci, une excellente chronique par Mathieu Gatellier, fidèle muratien. Talent, sensibilité, à ranger dans les meilleurs "tributes"... et appel à faire un TOME 2! 

 

Suivez le conseil de Mathieu et procurez-vous le vinyle!

2)  On peut découvrir une version live de "Tout est dit" par Adèle Coyo... et des titres de son répertoire dans la  session vidéo ci-dessous.  La révélation d' Aura aime Murat poursuit son bonhomme de chemin vers un premier album.      

Enregistrement dans Les Studios du Paradis

🎚 Mix Nicolas BLAN

🎛 Mastering Rémi BLANC ⚓️Coordination et Réalisation

: Tracklist :

00:00 - Je rentre tard

04:47 - J'attends l'été

09:22 - Voler aux artifices

13:25 - Tout est dit (Cover Jean-Louis Murat)

suivez Adèle Coyo FB : https://www.facebook.com/adelecoyomusic IG : https://www.instagram.com/adele_coyo/ WEB : http://adelecoyo.fr/ suivez Tour du Sud FB : https://www.facebook.com/tourdusudpar... IG : https://www.instagram.com/tourdusud/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat

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Publié le 31 Mai 2022

Bon, en attendant de pouvoir choper une place pour Bruce à Paris (je suis bloqué à 67% dans la file d'attente), je vais commencer un petit article...

D'abord, je tiens quand même à revenir sur l'article précédent, sur lequel on a bien bossé avec Florence, enfin surtout elle, et elle nous a rapporté quand même une interview inédite du Boss du 63... de deux questions certes... SCOOP EXCLUSIF: "sur un trottoir, Murat nous dit qu'il vit avec un homme depuis 30 ans!"

Pour les retardataires, c'est à relire ici.  Le prix Nobel VS NAIPAUL compte moins de lecteurs que Marc Levy en France, mais cet article est aussi une belle chronique sur Morituri.

 

1) ILS AIMENT MURAT

a- Pour rappel, AURA aime Murat, le vinyle est arrivé... Pas chez moi, mais je devrais récupérer le mien vendredi. TIRAGE 100 exemplaires!! Un objet de collection à se procurer : paypal  paypal   22 titres! Attention: il en reste 40 seulement!   Le CD 16 titres est bien sûr lui aussi disponible. On attend la chronique dans Francofans prochainement et un grand dossier dans HEXAGONE en juin!  

 

 

b- Voici un extrait d'une interview de Helmut Tellier de la maison tellier, que l'on savait déjà amateur de Jean-Louis Murat. Il joue aussi dans ANIMAL TRISTE avec le batteur Matthieu Pigné, dont on a régulièrement parlé ici. 

https://jesuismusique.com/2022/04/09/jsm-40-la-maison-tellier-atlas/

Où situerais-tu La Maison Tellier dans la cartographie de la chanson française ?

Je crois que justement « A7LAS », de par son nom, de par son visuel et de par ce que ça raconte essaie d’inventer une géographie et un folklore qui sont les nôtres. On ne s’inscrit pas dans quelque chose de déjà existant parce que c’est très compliqué finalement. Dans la musique que l’on fait, il n’y a pas vraiment de famille mais on y retrouve des représentants comme Moriarty, Emily Loizeau, Baptiste W. Hamon, Murat…

Ce sont des références pour toi ?

Oui. Concernant Murat, on a travaillé avec Pascal Mondaz à la réalisation et à la prise de son de « A7LAS » qui avait bossé avec lui sur l’album « Babel » (ndlr. Sorti en 2014) avec le Delano Orchestra. Il voulait marier des musiques très ancrées en Amérique avec un langage très ancré en France et plutôt fin de 19e. Et ça, ça me touche beaucoup. Chez Murat, il n’y a pas forcément de constance, et c’est normal depuis le temps qu’il fait des albums, mais par contre, il y a des éclairs de pur génie : il y a des trouvailles qui me mettent par terre, quelque chose de très, très brillant qui me touche en plein cœur. Je trouve qu’il n’y a pas tellement d’équivalent dans la chanson française quand il produit cet éclair de génie.

J'ajoute aussi ceci cette interrogation sur la langue française:

J’essaie toujours de me figurer des artistes qui chantent en français ou des groupes qui seraient dans quelque chose de joyeux dans leurs paroles, sans parler de musique… avec un truc de qualité qui nous plaît. Et j’en viens à me dire que c’est la langue française aussi qui ne s’accommode pas vraiment du « youpi tralala». C’est une langue qui amène à la gravité, et c’est pareil dans la poésie. Regarde Baudelaire, Rimbaud, René Char par exemple… Est-ce que les Français ont tous le blues depuis toujours ? Ou est-ce que c’est notre langue qui veut ça ?…

 

 

c- Bertrand Betsch avait déjà repris "Tout est dit" pour un disque de reprises. Il récidive dans un CD réservé aux contributeurs de son nouveau disque (200 ex). Et il fait le choix d'un titre plus rare, puisqu'on peut le classer dans les "inédits disque": "PRIERE POUR M". Denis est crédité en tant que co-compositeur.  Le titre a été diffusé sur une compil "un printemps 90", et chanté à Paris en 94.  La reprise est assez jolie, plutôt guitare, mais ponctué d'un joli pont de piano, avant qu'une orchestration plus forte synthétique ne s'impose.

Jukebox Babe Vol. 1  sortira tout de même en numérique le 23 septembre 2022. Avec aussi du Manset  (revivre) et Bashung.

 Album: "j'ai horreur de l'amour" son album : https://microcultures.bandcamp.com/album/jai-horreur-de-lamour

En attendant de pouvoir vous diffuser la reprise, voici l'original plus atmosphérique, dans le style de l'époque "Murat en plein air".

 

2)  Chronique de TAORMINA... sortie en vinyle, il n'y a pas si longtemps.

A lire ici : https://mauvaiselangue.com/2022/05/27/arvernicana/

extrait:

"Ce qu’on en pense :

Le rock français, personne ne sait ce que c’est. A part peut être les fans de Johnny Hallyday, mais personnellement on n’à toujours pas compris.

D’abord, Jean-Philippe Smet était Belge. Bon d’accord il a été naturalisé Français, mais ça l’a tellement concerné qu’il a tout fait pour ne pas payer d’impôts en France, ce qui, en soi, est un motif d’excommunication. Et si on considère que le Rock’n’Roll c’est Little Richard, les Stones ou The Jon Spencer Blues Explosion, on ne voit pas le rapport. En fait on se demande si Johnny Hallyday n’était pas plus proche de la catastrophe naturelle que du chanteur de variétés.

La chanson française par contre, on sait ce que c’est. Et le seul « groupe de rock » français qui ait jamais pu prétendre à l’appellation (Noir Désir) à fini sa carrière en se rapprochant plus du registre de Léo Ferré que de celui des New York Dolls.

Il est par contre certain que les artistes français voulant exercer dans le champ de la musique pop ne peuvent pas s’extraire de 70 ans musique populaire anglo-saxonne.

Il y a alors deux attitudes :

  • Soit se considérer comme étant de la filiation d’artistes comme Brel, Brassens ou Barbara et creuser le sillon en considérant que ces choses là ne sont pas périmées. Bon courage, mais pourquoi pas.

  • Soit considérer qu’on fait de la musique pop à l’aune de sa condition de « non-anglo-saxon », mais en ayant une parfaite connaissance du sujet.

C’est la deuxième voie qu’a suivi Jean-Louis Murat, voulant écrire des chansons « de là où il parle », comme on dit sur les plateaux télé, tout en sachant tout de Tony Joe White, Wilson Pickett, Mark Hollis ou Robert Wyatt. A notre connaissance, c’est le seul à l’avoir fait, avec peut être Alain Bashung.

L’avantage avec cette attitude, c’est qu’on se débarrasse des grimaces « pop music/rock’n’roll » pour faire valoir la spécificité de la chanson française : sa langue. (ok, on va faire comme si Dylan n’existait pas). Et dans ce domaine, Jean-Louis Murat sait de quoi il parle.

Sur ce disque, édité pour la première fois en vinyle, il y a tout ce que l’on aime chez lui: les textes riches, le vouvoiement amoureux, le grain de la voix, la production soignée et l’évocation subliminale de la musique anglo-saxonne qui l’a nourri.

Ajouté à cela des compositions, un son et un groupe qui donne l’impression d’une correspondance avec la production de Neil Young. Le même format, la même attitude mais modelée par un terreau différent. Ce n’est pas rien.

 

Voici à propos de TAORMINA la reprise de DA CAPO en instrumental de GENGIS (disponible en numérique et sur le vinyle AURA AIME MURAT), un titre improvisé nous rappelait JLM en coulisse quand le disque lui a été remis.

 

3) Pendant ce temps-là sur twitter:

Une citation de Murat avait déjà fait le tour du monde,  sur Zidane. J'en découvre trois autres traduites en anglais:

ils aiment Murat, chronique Taormina, et sur twitter...

Enfin, on savait que poster DOLORES entrainait des problèmes sur facebook du fait de seins qu'on ne peut pas voir, mais  il paraîtrait qu'on peut être bloqué sur twitter si on poste "suicidez-vous le peuple est mort"... Depuis 1981, les choses n'ont donc pas changées... et nous qui pensions que ça avait empiré...

LE LIEN EN PLUS

Saluons l'ami Vincent Raymond qui quand il n'interviewe pas Murat en Forum FNAC ou au Toboggan, écrit sur le cinéma, mais ça laisse des traces :

Juste avant qu’elle ne s’achève, évoquons cette rétrospective Terrence Malick accueillie par l’Institut Lumière qui donne l’occasion, comme dirait Jean-Louis Murat, de « fréquenter la beauté ». Car si l’insondable cinéaste peut parfois laisser son public pantois avec ses fables panthéistes mêlant dans un savant macramé narratif récits, époques, voix, destins et personnages, il ne déçoit jamais l’œil : il fait partie de ses rares auteurs à avoir un style (ou des “tics“ se reconnaissant au premier regard).

https://www.petit-bulletin.fr/lyon/article-71669-Terrence+Malick++finir+(un+cycle)+en+beaute+a+l+Institut+Lumiere.html

 

PS: J'ai réussi, j'ai une place pour Sprinsteen dans un an... Ancrage New-Jersey, vs Ancrage auvergnat....

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #2021 Aura aime Murat

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