Cébazat par FRED PLAINELLE: un article de fond (de cour)

Publié le 12 Novembre 2013

 

Encore une fois, très fier de vous communiquer un article de notre correspondant à Clermont, FRED PLAINELLE, qui nous révèle encore des infos exclusives sur le concert de CEBAZAT, et nous livre son ressenti. BONNE LECTURE!
Note pour plus tard: lui conseiller de voir un médecin s'il parle encore de Sébastien Tellier. Un dédoublement de personnalité passe encore, mais un triplement...

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John McEnroe privé de fromage

Après le point de vue d'Yseult, les vraies-fausses aventures de Frédéric « Tristan » Plainelle chez les Cébazaires. Et les sonos tonnèrent...

 

* Un mauvais plan Q

 

     Ce samedi-là, tout avait pourtant commencé de façon assez habituelle, par un coup de téléphone.

– Oui, allo ?

– Ouais Paulo, c'est Fred. Quitte pas, j'te passe Elena, il faut que tu règles un problème.

– Attends Fred, c'est qui cette Elena ? Tu devrais pas être à Sémaphore à cette heure-là ? Me dis pas que t'es rue Saint-Dominique ?

– J'suis en Q21, Paulo ! Q21, t'entends ? Autant dire dans les combles de Sémaphore. Il faut que t'arranges ça !

– Fred, je t'entends mal, il y a du bruit autour de toi... C'est quoi cette histoire de cul ?

– Q 21 !! C'est le numéro de ma place ! Comment veux-tu que je fasse mon job en étant à dix bornes de la scène ! Explique à Elena qu'il y a une erreur et que tu m'as réservé une place au premier rang. Il doit y avoir un autre Plainelle dans la salle, à tous les coups...

– Non, mais mon Fred... Tu sais, j'ai réservé la place qu'on m'a donnée, c'est pas moi qui l'ai choisie. Si t'es loin, c'est emmerdant, mais j'y peux rien.

– …

– Tu m'entends, Fred ? T'es toujours là ?

– Tu veux dire que t'as pas été foutu de m'avoir une place VIP ? Putain, t'es vraiment un crevard, Paulo ! Tu me débectes !

– T'es à Sémaphore, Fred, des places VIP ça n'...

– Ouais, te casse pas, j'ai compris. Soirée de merde...

 

     Dés le début, cette histoire de place m'avait mis de mauvais poil. Et puis de toute façon, je ne la sentais pas cette soirée. Comment écrire le CR d'un concert dont tout le monde sait déjà tout ? La setlist, on la connaît par cœur (il n'a pas joué « J'ai tué », ni « Caillou », ni « L'occasion m'est venue »). Le coup des lunettes, du tabouret, du vrai-faux rappel, la marque de la guitare et le descriptif des images de fond, dix commentateurs en ont parlé avant moi. Le métier de journaleux est mort, y a pas à dire... C'est donc pas l'envie qui me manquait d'aller me murger au bar de Sémaphore et de pomper sur les autres pour pondre mon papelard. Mais vous savez ce que c'est : avoir la conscience professionnelle solidement cousue à la veste multipoches, ça crée des obligations. Et puis faut dire qu'avec Murat, on n'est jamais à l'abri d'une surprise...

 

* Osez la BM

 

     En première partie, un Québécois nommé Moran vient égrainer quelques ballades honnêtes et bien foutues dans une version légère (deux guitares) inédite pour lui. Entre les morceaux, il parle beaucoup et tient tout le concert avec un running gag consistant à citer le nom d'une célèbre marque de bagnole allemande. L'explication est simple : d'habitude, à leur arrivée en France, lui et ses potes ont droit à une Peugeot de location. Cette fois, ils se sont retrouvés sans savoir comment au volant d'une BMW. Manifestement, il est assez lucide pour prévoir qu'il ne fera pas fortune dans la musique, du coup, conduire une telle bagnole pour quelques jours le met en joie. Mais il est aussi question de Dauphines durant son set, puisque le garçon se risque à une reprise d' « Osez Joséphine », un peu trop geignante. À Montpellier, on avait eu droit à une reprise de Dominique A. À quand du Manset en première partie de Murat, histoire de le mettre de bonne humeur ? Cela dit, Moran n'oublie pas de rendre hommage à celui qui va lui succéder sur scène. À sa manière. « Apparemment, le mec après moi, il parle pas beaucoup. J'essaye de compenser... » Marrant le Moran. Et effectivement, Murat ne va pas beaucoup parler ce soir. Un peu trop, quand même, au goût de certains... 

 

* Une soirée entre potes

 

     JLM arrive donc avec des lunettes sur le nez (c'est nouveau) et son fidèle batteur avec un gilet sur le dos (là, c'est le minimum requis). Les deux hommes imposent d'emblée un son très électrique et strident, qui a le mérite de donner une unité à des morceaux d'origines diverses. On a ainsi l'occasion de vérifier que « Fort Alamo » vieillit bien, que « Sans pitié » est un des sommets de Grand Lièvre, tout comme « Le champion espagnol », avec son gimmick immédiatement reconnaissable, et que Murat a eu raison d'écouter les fans nordistes qui lui réclamaient « Agnus Dei Babe » sur la première partie de tournée, puisque la chanson passe sans problème l'épreuve de la scène.

     Côté salle, il y a comme un parfum de Koloko dans l'air. Alain Bonnefont est dans les parages, Christophe Pie tapote sur ses genoux à deux mètres de Jérôme Caillon (Rogogine joua ici-même en première partie du patron, fin 99), Laure traine près de la console. Et les membres de The Delano Orchestra, avec qui Murat est censé jouer dans un mois pour Inter, sont également présents. On se prépare donc à une soirée entre potes. Enfin presque...

 

* « Mon destin est de batailles »

 

     Je vous ai dit que la guitare était stridente ? Un son qui n'a rien de très inhabituel pour Murat, mais ce soir, il y a quelques habitués... d'un autre genre de musique. Au bout de quelques minutes, ça râle. « Moins fort la guitare ! » JLM, fidèle à lui-même : « Faut changer de sonotone. » Quelques sifflets et remarques indignées. « Il le fait exprès. » « Qu'il est désagréable ! » Ça y est, la salle est divisée entre partisans amusés et opposants outrés. Et Murat, loin de rechercher l'apaisement, en rajoute une couche.  « Vous pouvez partir, je vous laisse cinq minutes. » Puis arrive l'erreur fatale : il critique le son de la salle, le comparant à celui d'une autoradio. Certains ne lui pardonneront pas.

     Mais dans l'immédiat, le concert se poursuit avec deux inédits, un « Mirabeau » douceâtre, suivi de « Loï en - 14 ». Puis un classique baignant dans son jus, « Si je devais manquer de toi », une vieillerie devenue en quelques années un titre fétiche de beaucoup de fans, « La louve », qui fait se trémousser les filles, un extraordinaire « Extraordinaire Voodoo », qui ne déçoit décidément jamais, et une version seizeheurisée (la rythmique rappelle  « 16H00 ») de « Ceux de Mycènes ». Puis Murat sort de scène, tandis que des dizaines de spectateurs, peu désireux de supporter son ton goguenard plus longtemps, quittent la salle. On s'interroge sur son retour, vu l'ambiance, mais il finit par remonter sur scène. Pour calmer le jeu ? Il faudrait mal connaître le bonhomme pour le croire. « Ça y est, on a fait le vide ? » Cette fois, le public adhère et applaudit : ceux qui sont restés sont des adeptes. L'un crie : « On est entre nous ! » Un autre : « On reprend tout depuis le début ! » N'exagérons pas... On aura droit à trois chansons d'un Murat plus apaisé : « L'eau de la rivière » dédiée à une spectatrice (Marie-Claire), « Amour n'est pas querelle » et « Michigan », que le chanteur annonce comme d'actualité. « Frère, je ne vois venir que le néant. » Un vers prophétique ?

 

* Tout un fromage

 

     Le concert terminé, le clivage entre pro et anti se prolonge dans le hall. Les premiers réservent compliments et gentillesses à la vedette, qui les rétribue en autographes, les seconds, un peu à l'écart, fulminent. Le plus rancunier est facile à repérer : il s'agit tout simplement du maire de Cébazat, Bernard Auby (socialo, cinquième et dernier mandat en cours). Colère, le maire. Murat n'a pas d'humour, il ne respecte pas le public, il est le premier artiste à se plaindre du son de la salle, alors qu'il n'a pas daigné faire les balances dans l'après-midi. Un dialogue de sourds s'engage entre l'élu et un sosie de Sébastien Tellier (sans les lunettes), déjà aperçu lors d'autres concerts de Murat. Verbatim approximatif :

 

Le maire : Vous ne vous rendez pas compte de ce que ça représente pour une ville la politique culturelle. Tout le monde ne le fait pas.

Tellier : Quand il dit que le son n'est pas bon, il ne porte pas un jugement sur la politique culturelle de Cébazat, ce n'est pas son sujet.

Le maire : Il n'a pas d'humour. Il aurait pu expliquer calmement ses choix musicaux au public qui l'aurait compris.

Tellier :C'est son style, on le connaît. Il y avait du second degré dans son propos, c'est vous qui manquez d'humour.

Le maire : Oh non, ici on pratique le troisième degré. Il n'a simplement pas été à la hauteur.

Tellier :Pas à votre goût, c'est différent.

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     Verdict ? Auby (ci-dessus) va offrir à Murat, comme c'est la tradition pour chaque artiste, une boîte de Saint-Nectaire. Sauf que ce soir, le maire dédicace une boîte... vide. « Une boîte vide pour une prestation vide », selon l'élu, décidément remonté. De retour des loges, il enfonce le clou : Murat n'a pas d'humour, pas de courage, pas d'élégance. Putain, même moi dans mes papiers, je ne suis pas aussi méchant !

     Et sinon, quelqu'un se souvient des Rancheros :

 

                                                                « Moralité mes amis

                                                                   Emmerde pas Bernard Auby

                                                                   Et j'te passe tous les ennuis

                                                                   Qu'ont eu chez Bernard Auby

                                                                   Le fromage et Jean-Louis »

 

     Paulo vous mettra un lien pour avoir le son. Si vous êtes gentils...

 

* « Chanter est ma façon d'errer »

 

     Bon, à la base, c'est-à-dire avant de sombrer dans l'alcool, j'étais journaliste d'investigation. Enfin, c'est ce que raconte ma légende. Essayons donc d'y voir un peu plus clair dans tout ce merdier.

     À l'origine, le concert de Cébazat est le résultat d'une erreur du tourneur. JLM souhaitait finir cette série de concerts à la Coopé, en famille. Le tourneur s'est loupé et l'a programmé dans le cadre du bien-nommé « Sémaphore en chanson » – et non pas « Rock à Sémaphore », vous saisissez la nuance ? Pendant la séance de dédicaces, Murat explique ainsi qu'il n'a rien à faire dans un tel festival où le public s'attend à du Brassens, pas à du rock. Et la même mésaventure lui serait déjà arrivée dans la semaine (à Saint-Étienne). Il assume donc parfaitement : « Dans ces cas-là, il vaut mieux qu'ils s'en aillent. »

     A-t-il raison ? Oui et non. Non, car « Sémaphore en chanson » programme depuis longtemps des formes de chansons qui intègrent largement le rock. Pour ne citer que des noms d'artistes évoluant dans les mêmes eaux que Murat : Dominique A, Arman Mélies, JP Nataf ou Bertrand Belin y sont passés. Le public du festival n'est donc pas composé uniquement d'imbéciles allergiques à la guitare électrique. Et là, l'honnêteté oblige à reconnaître que ce n'est pas tant le son de guitare trop fort de Murat qui a fait fuir les spectateurs (certains, oui, mais minoritaires) que son humour cassant et son ironie acerbe – qu'on aime ou pas. Pourtant, il n'a pas complètement tort non plus : une partie du public de ce festival est composé d'abonnés à la saison, une autre partie d'abonnés au festival, autant de gens qui n'étaient pas venus spécifiquement pour lui. Et l'on trouve aussi une frange qui aime la chanson dans sa forme la plus traditionnelle et qui pourrait chanter comme Jean Yanne « J'aime pas le rock ». Une habituée des lieux, dotée d'une solide culture musicale et qui avait déjà vu Murat sur scène, disait avoir été d'emblée irritée par sa mauvaise humeur (supposée) et ne pas avoir été émue, tout en reconnaissant que le public sémaphorien est un public « spécial ».

     Cela dit, on imagine sans peine qu'entendre des spectateurs parler pendant qu'il jouait et se voir reprocher l'intensité de son son de guitare (qui a paru raisonnable à beaucoup d'auditeurs) ait pu contrarier Murat. Mais là encore, admettons-le : JLM est sans doute l'un des artistes dans la chanson française qui fait le moins d'efforts pour séduire le public, pour l'emmener avec lui : il ne compte que sur ses chansons, ce qui le différencie sans aucun doute de l'immense majorité des artistes présents dans ce festival. Or, entre absence de démagogie et absence de politesse, la frontière peut être ténue et certains peuvent ne pas la percevoir.

 

* « Voilà donc la disgrâce »

 

     Quoi qu'il en soit, le mal est fait. JLM ne remettra vraisemblablement jamais les pieds à Cébazat. Bernard Auby allait jusqu'à affirmer, à l'issue du concert, qu'il allait contacter des salles partenaires pour leur conseiller de ne pas l'inviter. Quand un notable de gauche se prend des envies de boycott, ça fait rêver... Mais le mal, je le disais, est fait et il est plus profond. Dimanche, lors du Tremplin qu'organise chaque année le festival, le directeur de la salle ironisait : « Le son est bon. On a tout changé pendant la nuit. » Applaudissements du public. Le lendemain soir, au cours d'un concert remarquable, Loïc Lantoine lançait : « Il paraît que Murat vous a fait chier. » Et ajoutait, moqueur : « J'aime pas vos fringues. » Rires dans la salle.  Dans dix ans, Auby continuera à affirmer à qui voudra l'entendre que Murat est un type dépourvu d'humour. Dans vingt ans, les nouveaux bénévoles du festival écouteront les plus anciens leur conter les grandes pages de son histoire. Et dans la catégorie « Mauvais client », on ne manquera pas de leur signaler que Murat est un gros con.

     Voilà. Le désert avance.

 

* L'hypothèse McEnroe

 

     Alors puisqu'il est trop tard pour inverser le cours de l'histoire, testons une hypothèse et ajoutons deux ou trois remarques élémentaires.

     L'hypothèse, d'abord. Il y a du McEnroe en Murat. Tout le monde a en mémoire les célèbres coups de gueule du tennisman américain dans les années 80. Relisons ce qu'écrivait Serge Daney dans Libération, en 1981 :

 

     « McEnroe est décidément un joueur passionnant. Il ne joue bien que s'il a le sentiment que tout le monde est contre lui. L'hostilité, c'est sa drogue. Il faut que les arbitres, les lignes, le filet, le juge de filet, le public le menacent et l'obligent à gagner tout en donnant le sentiment d'avoir le dos au mur. Mais attention, c'est une ruse. Il observe simplement une règle d'or selon laquelle il ne doit jamais avoir l'air content de lui, d'où toute une panoplie de gestes allant du cri de désespoir à la moue de l'enfant qui ravale ses sanglots en passant par le chagrin sans fond de celui qui se noie. Enfant gâté, caprice, mauvais caractère ? Oui, bien sûr. Mais je penche pour une autre hypothèse : tout ce cinéma, cette comédie de l'autodestruction, est une technique pour transformer cette hostilité dont il fait semblant d'être la victime en un très beau tennis, indifférent à tout, "sublime" (au sens de sublimé). »

 jean-louis-murat-TENNIS.jpg                                                                                      Murat au tennis en 2010


     On ne peut évidemment pas appliquer telles quelles ces lignes à Murat. Il n'empêche que JLM semble parfois avoir besoin de rechercher la confrontation, que ce soit avec ses confrères, son public ou les journalistes, au point de se faire détester. Réaction de défense d'un grand timide ? Effet d'un mauvais caractère (bourboulien) trop prononcé ? Volonté de perturber le système ? On peut imaginer beaucoup d'interprétations. Mais laissons là la psychologie de comptoir pour se poser une question simple : McEnroe est-il aujourd'hui plus célèbre pour ses colères ou pour son talent ? Variante : Murat restera-t-il dans l'histoire de la chanson comme un bon ACI ou comme un sale gosse ? Variante bis : n'y a -t-il que la polémique à retenir du concert de samedi denier ?

 

* Contre-champ

 

     OK, il a mauvais caractère. Mais Murat, samedi soir, a joué en rappel devant une salle qui le réclamait et ce rappel fut impeccable. Puis il s'est prêté avec le sourire à un bon quart d'heure d'échanges avec son public. Dans le genre « tête de con », on a connu pire.

     Alors oui, on a vu samedi un élu local susceptible et manifestement incapable de faire la part entre la personnalité d'un artiste et son travail. On a aussi vu autour de lui un personnel de Sémaphore à l'indignation un peu excessive pour une simple critique – sacrilège ! – de la qualité du son. On a encore vu quelques spectateurs râleurs qui n'avaient en fait aucune envie d'assister à ce genre de concert et auraient mieux fait de regarder deux ou trois vidéos sur youtube avant de s'asseoir dans leur fauteuil. On a vu, surtout, pas mal de gens sincèrement froissés par les sarcasmes du chanteur. Toutes ces personnes sont bien évidemment dans leur droit et elles s'en remettront. Mais n'oublions pas deux détails.

    Murat a trente ans de carrière, ce n'est pas un débutant dont on découvrirait avec surprise le sale caractère. Il est largement connu, pour ses qualités comme pour ses défauts. On peut difficilement le programmer dans une salle et aller ensuite jouer les vierges effarouchées à cause d'une mauvaise vanne. Dans l'histoire du rock, on a vu des comportements plus indignes et sans doute plus hypocrites.

     Enfin, n'oublions pas l'essentiel. Murat a donné samedi un bon concert, qui a séduit plusieurs centaines de spectateurs. Il avait à ses côtés un Stéphane Reynaud magistral, qui semble se bonifier au fil du temps, au point qu'on a parfois l'impression que c'est le guitariste-chanteur qui l'accompagne et non l'inverse. Ensemble, ils ont interprété, en plus des titres déjà commentés, une version de « Loï en - 14 » poignante avec ses images de monuments aux morts en gros plans, et une version parfaitement maîtrisée d'« Amour n'est pas querelle », qui aurait donné envie au plus endurci des misanthropes de tomber amoureux.

     Daney, toujours, en 80 : « Borg envoie la balle là où l'autre n'est plus. McEnroe, lui, aurait plutôt tendance à l'envoyer là où il ne sera jamais. » Heureusement pour Murat, il reste encore quelques personnes prêtes à faire l'effort d'aller chercher ses balles dans des angles impossibles. On lui souhaite simplement de ne pas finir en joueur de jokari.

Fred PLAINELLE pour Le Blog de Paulo.

 

 

Post-scriptum : Finissons sur une note plus légère. Quand Murat demande, ironique : « Vous connaissez 14-18 ? », Christophe Pie, perché à l'étage, marmonne : « Bah ouais, c'est l'heure de l'apéro. De 14h00 à 18h00. »

En complément

 L'article de Julien Dodon est déjà connu et on saluera sa capacité à émettre des critiques argumentées contre Murat, sans pour autant jeter son talent aux oubliettes. On en profite aussi pour adresser ici une pensée confraternelle et chaleureuse au personnel de La Montagne, puisque la direction du groupe Centre France vient d'annoncer la suppression prochaine de plus de trois cents emplois, dont une trentaine à La Montagne.

     On ajoutera au dossier l'article d'un certain Romain, paru dans le petit quotidien gratuit de « Sémaphore en chanson ». Un article qui se veut apaisant. Ouf...

Article-Romain-cebazat.jpg

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Fred PLAINELLE 24/03/2014 19:43


COMPLÉMENT D'ENQUÊTE


     La Montagne, le 24 mars 2014 : "Cébazat. Un séisme : socialiste depuis 1946, la commune a changé de camp, hier soir avec la très large
victoire (63,64 %) de Flavien Neuvy (UDI) à la tête d'une 'liste de rassemblement' qui a devancé de 1054 voix la liste conduite par Pascal Guittard. Maire depuis 1983, Bernard Auby ne se
représentait pas."


     Pour la petite histoire, Pascal "Johnny" Guittard se trouvait à côté de Bernard Auby dans la scène décrite dans l'article et clamait que Murat ne remettrait plus les
pieds à Sémaphore.


     Moralité : pas de fromage pour JLM et pas de dessert pour la paire Auby-Guittard. Tout le monde au régime...


 

Pierrot 24/03/2014 19:55



Merci Fred de ce complément, j'ai essayé de mettre l'info dans l'article du jour... mais je n'ai pas trouvé comment. Ca faisait mesquin.



Muse 25/11/2013 14:31


Je te donnais juste de mes nouvelles, Matthieu puisque semble-t-il, tu en réclamais plus haut et t'étonnais de mon long silence. Loin de moi de suggérer que tu serais pour quelque chose dans la
naissance d'une nouvelle petite auvergnate qui s'annonce puisque nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je veux bien que le tellurisme et les ondes magiques de nos forêts et montagnes puydômoises
puissent faire bien des miracles...mais quand même ;-)))


Contente que Pierrot nous parle de Jérôme Pietri prochainement. J'espère qu'un de ces jours s'il se produit en été, j'aurai l'occasion de le voir en concert.

Matthieu 25/11/2013 10:13


   Une info pour moi ?? Mais qu'ai-je à voir, chère Muse, avec ta grossesse ? La petite aurait été conçue dans le 63 ??? Muse, tu me fais peur... Je n'ai quand même pas pu te mettre
enceinte juste en te titillant dans mes commentaires. Physiologiquement, ce n'est pas possible, n'est-ce pas ?


   Allez Muse, ne sois pas fâchée, Tatie Danielle, cela n'avait rien de méchant. Et je suis ravi de cet "heureux événement " comme on dit, tout en compatissant sur ton sort
d'enseignante précaire... Pour te remonter (un tout petit peu) le moral, Pierrot devrait te donner des nouvelles de Jérôme Pietri (tu en demandais l'année dernière) dans quelques heures...


   Bises.

Muse 22/11/2013 12:12


Info pour Matthieu: je suis en congé pathologique de grossesse depuis quelques jours, parce que n'ayant pas droit au congé maternité (vive la vacation professorale et la précarité n'est-ce pas?).
J'accouche dans 2 semaines d'une petite fille conçue en Puy de Dôme et je vais vite reprendre le travail après l'accouchement pour ne pas risquer de perdre mes différents jobs (vive les CDD
d'usage). Donc pas très présente actuellement sur les blogs et forums.


Je suis quand même allée voir JLM le mois dernier près de chez moi, même si j'étais déjà très fatiguée. Je suis même allée lui faire porter des bonbons (parce que les fleurs, c'est périssable,
pis les bonbons béarnais c'est tellement bon et c'est un plaisir croquignolet ici: galipettes, coucougnettes du Vert Galant, tétons de la Reine Margot) via Jocelyne (pas en état de piétiner après
concert pour donner directement le paquet à l'intéressé). Assez déçue par sa prestation service minimum d'1H15 avec rappels, que j'ai trouvée manquant de générosité par rapport à d'autres
concerts qu'il avait fait sur le département il y a quelques années et qui faisaient 1H45-2H sans rappels, même s'il y avait une première partie avant lui.


Après, ça n'enlève rien aux qualités des chansons. Mais ça fait un peu de peine, même s'il fait après l'effort de signer quelques autographes auprès du public. Ce geste ne rattrape pas tout...


Le récit que tu fais du concert de Cébazat montre une autre facette de cette stratégie du service minimum. Si le responsable de salle est mesquin avec JLM (et ça n'a rien à voir avec ses idées
politiques, les mesquins de droite tu en as autant), JLM joue aussi ce registre. Du coup, le malaise est encore plus grand puisque deux têtes de bois s'affrontent par public interposé, les
perdants étant toujours le public au final, même s'il est acquis à l'artiste qui se produit. Triste fin de tournée d'automne, donc...mais qui quelque part, confirme l'impression que j'ai eue il y
a un mois à Lescar.


 


 


 

Cécile 14/11/2013 18:54


Merci Pierrot pour ce blog ouvert à des gens pleins de finesse et qui nous enchantent par leurs compte-rendus fort biens tournés qui allient la drôlerie à l'intelligence.


Cécile

Matthieu 13/11/2013 19:21


   Oh là, oh là, je proteste ! En matière de dédoublement de personnalité, Pierrot, je suis un amateur. Je m'absente quelques semaines pour aider Fred qui était en convalescence (une
cirrhose du foie d'origine inconnue) et quand je reviens, que vois-je ? Pierrot se démultiplie dans son CR d'Annemasse, King Arthur change de nom, Armelle R.G. devient Armelle G.R., pendant que
Lew se transforme en l'Homme invisible... Et Muse, il va falloir l'appeler comment à présent ? Tatie Danielle ? C'est un bordel, ce blog...


 


   Bon, Armelle et Flo, je vous remercie, vous êtes des anges. Le jour où Fred se décidera à monter sur scène avec une veste (multipoches, cela va de soi) à paillettes, il vous
embauchera comme Plainellettes. Et ne vous inquiétez pas, il vous préviendra suffisamment tôt pour que vous ayez le temps de travailler vos chorés (vous vous débrouillerez pour choisir qui fait
la choré du Nord et qui fait la choré du Sud, mais ne vous battez pas mesdames, ce n'est que du music-hall...).


   Yseult, Fred vous remercie aussi et me dit qu'il est ravi d'avoir partagé ce plan Q d'un soir avec vous. Il m'a avoué ne pas se souvenir de votre visage, mais ne le prenez pas mal,
ça lui arrive souvent...


 


   Plus sérieusement, ta prise de distance est intéressante, FloRéal, et je reconnais bien là ta délicatesse. Je suis sans doute plus permissif que toi avec JLM, estimant que si l'on
apprécie un artiste dérangeant, on doit pouvoir accepter qu'il nous dérange aussi parfois. Ceci dit, on peut déranger et briser quelques convenances sans pour autant devenir grossier, c'est
certain. Pour moi, il n'a pas dépassé les bornes à Cébazat, mais je comprends que d'autres spectateurs, moins habitués au personnage, aient pu être blessés par son attitude. Je crois que Lou
Reed, qui vient de mourir, n'était pas réputé pour être le plus sympathique des hommes (sur scène comme en interview), cela n'enlevait rien à son talent et à l'attente des spectateurs. Le génie
de Murat (en supposant qu'il en ait) n'est peut-être pas assez grand pour qu'il puisse se permettre d'imposer son humeur du soir à des spectateurs qui ne sont pas spécialement venus pour lui...
J'imagine que pour un néophyte, entendre des chansons avec des textes d'un accès difficile, jouées à la guitare électrique, sans souci mélodique prononcé, ça n'aide pas forcément à percevoir les
qualités de l'artiste. Si en plus celui-ci se montre grinçant et que le spectateur en question a un problème avec le second degré, on peut comprendre que l'ambiance se dégrade... S'il incluait en
tout début de concert une chanson belle et douce, que tout le monde puisse comprendre (y compris les nouveaux venus), cela lui permettrait sans doute d'éviter que certains spectateurs décrochent
complètement et se sentent exclus. Mais on peut aussi arriver dans une salle et prendre l'artiste tel qu'il est, c'est une question d'état d'esprit...


   Attendons de voir (ou d'écouter) comment il se comportera à 10h00 du matin sur Inter et espérons qu'il ne foute pas sa carrière en l'air en direct live... C'est un concert
historique pour lui, en raison de l'audience (environ deux millions de personnes) et de la formation inédite qui l'accompagnera : ce sera l'occasion de voir s'il sait, comme les champions qu'il
admire, être au meilleur de sa forme le jour J.


 


P.-S. : Ton pain sec était délicieux, FloRéal, mais quand j'ai entendu parler de fromage, je n'ai pas pu résister...

Armelle G.R. 13/11/2013 00:58


FRED, t'es le meilleur! Oups, désolée Paulo, j'oubliais que t'étais là!


Vraiment excellent! je reprendrais bien une part de fromage, de celui qui sort de la cave des entrailles volcaniques, bien parfumé et savoureux mais que jamais au grand jamais on ne met en
boîte... et comme dirait le renard "cette leçon vaut bien un fromage sans doute"!

FloReal 12/11/2013 23:47


Bon, la première bonne nouvelle c'est qu'on a retrouvé Fred Plainelle et que le cru 2013 a l'air fameux.


 


Toujours la veste multi-poches pour y entasser les canettes de bière et pas de place VIP mais un cerveau bien affûté, c'est bien lui.


 


Fred nous a fait un article très drôle ( hilarant même ), comme à son habitude , mais aussi très profond ( comme à son habitude aussi, ne soyons pas désagréable ).



J'aime beaucoup le parallèle avec Mac Enroe 1/ parc que c'est un joueur de tennis donc pas un musicien, ça permet d'enrichir la comparaison et 2/ parce qu'il est très judicieux et très pertinent
(peut-être même que je vais mettre le 1/ en 2/ et réciproquement … enfin bref!)


 


Quant à M.Auby, qui ressemble à Bernard Pivot si le deuxième acolyte ressemble à Sébastien Tellier et son courroux ( je le trouve légitime si réellement le sieur Murat n'a pas daigné faire les
balances ans l'après-midi ? ) et l’histoire de la boîte à fromage vide, ça ressemble à de l'envoi de cercueil comme dans les vieux films sur la mafia.


 


On ne va pas faire le procès des salles auvergnates par rapport aux autres, opposer Paris et la province, moi en tout cas, ça ne m’intéresse pas. Et je n'ai pas l'impression qu'il existe un
caractère bourboulien ( sous-entendu = mauvais, le caractère ) car à ce moment là on peut aussi parler du caractère des bretons ( têtus comme des cochons etc … ) et là, je sors mon bonnet rouge (
hi hi hi )et la troisième guerre mondiale est déclarée.


 


Là où je je ne suis plus , Fred c'est quand tu dis, Murat , on le connaît depuis trente ans c'est pas maintenant qu'on va jouer les vierges effarouchées si il sort une vanne … ben non ou plutôt
ben si .


Moi, je ne lui reconnais pas le droit de vanner son public ( sauf si ce dernier lui fait des remarques désagréables ) mais ce n'est souvent pas le cas, c'est plus de l'habitude ou une manie, une
façon de provoquer que je n'aime pas du tout. Et il pourrait avoir tout le talent du monde ( ce que peut être il a ) que cela ne lui donnerait pas le droit d'être grossier .


 


Alors après quand j'entends que cette date serait une erreur du tourneur, je n'en crois pas mes oreilles ! Il y a déjà eu deux erreurs ( lieux et dates ) recensées sur la tournée d'automne (
constatées sur le site officiel ) et on en apprend une autre ! Ajouter à cela la sortie différée de son album spécial inédits pour une raison (???) et là on peut se prendre la tête entre les
mains.


 


Evidemment, personne ne souhaite qu'on ne retienne de Murat qu'il avait un sale caractère, on ne souhaite que se souvenir de son talent. Donc on ne dégoisera pas là dessus.


Pourvu que tout ceci ne se termine pas en jokari comme tu dis.


 


Tu as fait une allusion à MICHIGAN , je finirai donc ainsi :


 


Je vois bien ton air vexé, ton ton traînantMais Grand Dieu qu'allais tu faire à ...Cébazat ?


 


 


PS : pourquoi t'es tu échappé de mon soupirail ? Il était pas bon mon pain
sec ??


 


 


 

Yseult 12/11/2013 21:48


Excellente analyse !


Merci beaucoup, cher voisin de la ligne Q ...