Dans la série "JLM se fait de nouveaux amis"... Marianne 2 la suite

Publié le 3 Octobre 2011

http://www.marianne2.fr/MMDP/Jean-Louis-Murat-2-2-Les-ideologies-politiques-sont-prises-en-charge-par-des-nullards_a20.html

 

 

«Une chanson pétainiste, les gens vont adorer, mais je ne suis pas là pour ça»

Jean-Louis Murat (2/2):«Les idéologies politiques sont prises en charge par des nullards»
Vous êtes à votre façon « très politiquement incorrect », vous n’hésitez pas à « l’ouvrir » notamment en interview. A contrario, on a l’impression que les artistes hésitent beaucoup aujourd’hui à s’engager, particulièrement sur le plan politique ?

Mais il n’y a pas de politique en France. Quelle est la différence entre les propositions ? Il n’y a rien, c’est zéro. Comment prendre position politiquement ? Voter pour des gens qui ne maîtrisent pas 60% de l’économie française ? Tu vas choisir qui va conduire le véhicule alors que la personne ne va maîtriser ni l’accélérateur ni le frein et qu’il tient à peine le volant ? Il y a de la démagogie, alors tu peux faire de la chanson démagogique. Et cartonner. Chanter « je veux de l’amour, je veux du chais pas quoi, etc » et faire le tube de l’année. Une chanson pétainiste, infecte, les gens vont adorer, mais je ne suis pas là pour ça.

Je n’ai jamais voté et je ne voterai jamais. Je ne vais pas voter pour des Mickey. Je pense que le patron de Google, de Microsoft ou autres sont mille fois plus important.

Dans des chansons comme Vendre les prés, vous avez quand même un discours et une vision politique ?

C’est la victoire des gens des plaines sur ceux de la montagne. C’est une idéologie de la société qui ne veut être surplombée par rien. A leurs yeux, la montagne, c’est fait pour faire du ski ou du trecking, mais certainement pas pour qu’il y ait des paysans et des gens qui y vivent. Donc il faut faire des mégapoles de millions d’habitants où on ne sait pas quoi leur donner à bouffer. C’est une façon horizontale de voir les choses, de mettre tout le monde dans les plaines et dans les villes, d’abandonner l’aspect vertical des choses. Le peuple le plus haut du monde c’était les tibétains et ils se sont faits niq... dans l’indifférence générale. Le seul engagement que j’ai eu d’ailleurs pendant des années c’était avec les Tibétains.

Il n’y a plus personne dans les montagnes et dans les campagnes. Je ne supporte pas le fait citadin et je ne supporte pas les gens des plaines. Pour moi, la plaine c’est la fin du monde.

«Un mec comme José Bové a été dix fois plus néfaste que ce qu’il combattait»

Des politiques tiennent des discours sur la désertification des campagnes, le repeuplement, la relocalisation des productions. Cela pourrait être un écho à votre discours ?

La philosophie du détricotage, je n’y crois pas du tout. Cela ne peux pas tenir lieu d’idéologie. On sait bien que l’histoire ne revient jamais en arrière, même si c’est une belle idée. De beaux concepts foirés ça existe, Attac par exemple. Il y a dix ou douze ans, c’était impeccable. Mais le gros problème c’est que ce sont des abrutis, des crétins qui portent les idées. Un mec comme José Bové a été dix fois plus néfaste que ce qu’il combattait, alors qu’il était  idéologiquement sûrement dans le vrai. Les Verts, pareil, mais ce sont des crétins. Je ne pourrais jamais marcher dans les pas de Duflot ou dans ceux de Joly.

C’est très intéressant de voir comment les idéologies sont prises en charge par des nullards, ils te dissuadent. Et ces nullards sont entretenus par les médias. Jamais vous n’allez vous lever pour dire que Duflot est bête comme un petit pois. Duflot, tu ne lui prêterais pas ta Deux Chevaux. Elle ne sait même pas parler. Alors les idées qu’elle amène derrière, elle les discrédite complètement. C’est une catastrophe. Joly et Duflot devraient avoir les ¾ du show business avec elles. Elles n’auront personne, à part Cali peut-être, qui est le plus « bip » de tout le show business de la terre.

On peut ne pas être d’accord avec Cali, mais quand il s’est engagé avec Royal et le PS, il y croyait sincèrement. Et pas sur qu’il y revienne, cela lui a plutôt nui.

Mais il s’est engagé pour vendre des disques. Vous, les journalistes, vous ne comprenez pas la psychologie des artistes. Les artistes, comme disait John Lennon, ils veulent, un, déclarer beaucoup d’impôts, et deux en payer le minimum. C’est ça un artiste, dans la musique : je prends de la caillasse et je paye un minimum d’impôts. Ils s’engagent en se disant que les gens de gauche vont acheter. C’est pour ça que Biolay dit : « Moi je suis DSK, ah non je suis Hollande. » Non mais tu as déjà vu une différence entre DSK, Hollande, machin et machin ? 

Leurs positions, c’est du marketing. La musique de Biolay c’est une musique à la con, je ne vois pas en quoi c’est de la musique DSK. Il faut aussi que la musique corresponde à quelque chose. Si tu lis les chroniques de Dylan, tu comprends très très bien. Dylan raconte qu’il avait toute la gauche sous ses fenêtres et que lui allait voter Goldwater, donc à droite. Il montre très bien comment le chanteur engagé se retrouve en porte à faux par rapport à la société et à son temps. Parce que c’est vain, l’engagement en chanson est un cul de sac.

«L’artiste engagé est une méga-pute. Souvent réactionnaire

D’où vient ce décalage entre l’artiste, l’engagement et le public ?

 

L’artiste engagé est une méga-pute. Souvent réactionnaire. Souvent du « c’était mieux avant ». Biolay, musicalement, fait du Gainsbourg et donc implicitement il dit c’était mieux avant. OK, merci les mecs, merci pour les gens qui font de la musique maintenant.

 

C’est un discours que vous tenez aussi vous le « c’était mieux avant » ?

 

Non mais c’est simple. Prends un disque de n’importe quel couillon français actuel, et Dieu sait s’il y en a, et prends n’importe quel disque de n’importe qui en 55, et écoute les deux. Il y a un moment où l’objectivité reprend le dessus.

 

Qu’est-ce qui trouve grâce à vos yeux aujourd’hui ?

 

Comme je vis dans la France profonde, je trouve très bien tous les phénomènes associatifs. Tout ces gens, personnes âgées ou jeunes, qui se mélangent, comme cela se passe chez nous en Auvergne. Les réunions annuelles dans les villages, où ils remettent les fours en marche, tout le monde mange, discute, se connaît, se donne des coups de main. C’est fait pour zéro centime, l’argent n’est pas en jeu. Je dirais donc tous les phénomènes associatifs de proximité, d’entraide, d’humanisme. Il n’y a pas d’idées politiques, pas de pognons, ils font juste les choses

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

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Matthieu 06/10/2011 12:37



Ah, pour une fois qu'il y a quelques commentaires...


En fait, il me semble que l'on retrouve dans cet entretien à Marianne les mêmes ingrédients que l'on trouve dans tous les entretiens de JLM depuis longtemps déjà : de la drôlerie, de
l'intelligence, de la provocation (qui s'affiche ouvertement comme telle) et de l'outrance. On peut ne retenir que les deux premiers éléments, ou que les deux derniers, ou apprécier le cocktail
que forme l'ensemble.


Je me demande si JLM ne fait pas dans ses interviews ce qu'il dit faire avec ses chansons : du sabotage quand il sent qu'il est trop bon, trop près de l'objet parfait. Et je me demande finalement
si, de même que les timbres rares qui ont un petit défaut sont d'autant plus recherchés par les collectionneurs, les entretiens qu'il sabote avec un jugement hâtif ou une attaque gratuite et
injuste ne sont pas, en dernière analyse, les plus intéressants.


Le mot de la fin à Emerson (Confiance en soi) :



"une autre terreur qui nous éloigne de la confiance en nous-mêmes, c'est notre persistance, c'est ce respect pour nos actes et nos paroles passées qui provient de ce que les autres hommes
n'ayant pas d'autre donnée pour mesurer notre orbite que nos actes passés, nous serions désolés de les désappointer. […] Cette folle persistance est le génie qui hante les petits esprits, le
génie qu'adorent les petits hommes d'Etat, les petits philosophes et les petits théologiens. Avec cette persistance, une grande âme n'a absolument rien à faire. L'homme qui s'inquiète de cette
persistance pourrait tout aussi bien s'inquiéter de son ombre peinte sur le mur. Fermez vos lèvres, cousez-les fortement! ou bien, si vous voulez être un homme, dites fermement ce que vous avez
pensé aujourd'hui en mots aussi rudes que des boulets de canon; demain dites ce que vous penserez avec des paroles aussi franches, bien qu'elles contredisent tout ce que vous avez dit
aujourd'hui. Ah bien ! alors, s'écrieront les vieilles dames,vous serez bien sur de n'être pas compris. N'être pas compris ! c'est le mot d'un fou. Est-il si mauvais déjà de n'être pas compris ?
Pythagore ne fut pas compris, ni Socrate, ni Jésus, ni Luther, ni Copernic, ni Galilée, ni Newton, ni aucuns des esprits sages et purs qui ont pris chair. Etre grand est une excellente condition
pour n'être pas compris."


Certains trouveront peut-être la comparaison de JLM avec Jésus ou Socrate un poil excessive, mais il a bien été comparé sur ce site à... Dave. Alors tout est permis.






Sébastien 05/10/2011 11:51



C'est simple pourtant !!! Jean-Louis Murat est de droite (conservatrice).



Pierrot 05/10/2011 12:08



Mouais, je dirais qu'il est plutôt ailleurs....  Certes, il parle du marché (mais par fatalisme), de l'individualisme (mais pas de manière très politique), il n'a pas un discours sur le
progrès très positif... mais de là, à voir un Sardou, un Johnny, ou un Tillinac...



Florence 04/10/2011 13:30



J'ai trouvé l'interview de France Inter plutôt intéressante : le faire parler du processus de création, de lives c'est une bonne idée. Pour celle de Marianne, je me demande s'il y a "une
stratégie" ? Peut-être que c'est le journaliste qu'il déteste? Peut-être qu'il avait mal bouffé???? Ce qui est drôle c'est qu'à une époque Biolay l'ouvrait également assez régulièrement et
prétendait (je ne sais pas si c'est vrai) qu'on le lui faisait payer. Et si tout simplement, JLM ne voulait pas définitivement nous échapper? Dire tout et son contraire, la seule manière qui lui
semble supportable). On voudrait peut-être qu'il soit bien policé, bien gentil, bien prévisible.... tant pis ! ce qui compte ce sont ses disques. Ce qui est pas sympa (mais peut-être que c'est la
cause de la volée de bois vert qu'il se prend) c'est que Biolay a dit que Murat c'était notre dernier poète : voilà ! il est remercié !!!!!



Pierrot 04/10/2011 17:30



Pr le coup, c'est vrai que Marianne2  a bien joué le coup sur twitter... et posé les questions qui suscitent de telles réponses... tout en disant avant la parution vi un twitt, "oh, je suis
surpris qu'on n'ait parler que politique" (ou un truc de ce genre).


Merci Florence de ton commentaire... mais je pense quand même que ça fait marrer Biolay...


  



Matthieu 04/10/2011 12:45



Hé, Pierrot, je crois qu'il faut que tu oublies tes fantasmes - que je partageais avec toi - de collaboration entre JLM et Biolay. Et dire que ce dernier était l'un des rares artistes français
dont il disait du bien jusqu'ici. Misère, misère... Y aurait-il eu conflit autour de la chanson pour Isabelle Boulay ?



Pierrot 04/10/2011 13:08



oui.. pas bête comme tentative d'explication... mieux que celle donnée sur FB par Catherine : BB ayant taclé Carla récemment, Jlm prendrait ainsi la défense de la 1ere dame...   
Quant à Pierre K., il y voit de la rancune vis à vis du succès de la Superbe sorti en même temps que Le CODC...



Solange 03/10/2011 18:38



J'fais une overdose, y'a pas à dire. J'peux plus le lire en interview raconter ces conneries poisseuses et pleines d'amertume.


Au prochain concert j'me boucherai les oreilles quand il commencera à parler au lieu de chanter.


J'ai tellement aimé ses chansons, que parfois je me demande s'il n'y a pas deux Murat, Mister Muron et mister Murat.


Moi qui était déjà fatiguée, ça m'achève.


Solange