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Publié le 13 Décembre 2021

- Bonjour,

Alors, je vous ai épargné certains comptes-rendus de concert:  La Féline et Belin, Howe Gelb... à l'Opéra de Lyon, Maxime Le Forestier à Bourgoin, et ça ne veut pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir... mais je vais quand même prendre le temps de vous parler de mon dernier week-end (enfin l'avant-dernier maintenant)... notamment parce qu'il sera quand même question de Murat par endroit.

 

- Dès que je peux, je vais voir les spectacles proposés par ALAIN KLINGLER  (C'était je pense la sixième fois vendredi 4/12).  Je vous en ai déjà parlé régulièrement, et récemment, car il était un invité naturel du disque "AuRA aime Murat".  Toujours avec l'accompagnement de son seul piano, après "le cabaret des garçons d'honneur" avec Lionel Daméi, et Christophe Roussel, des chansons sur l'amour et le sexe avec Lionel Damei, et "chansons d'écrivains" avec Hélène Gratet;  avec cette dernière, il propose cette fois une divagation musicale autour de l'au-delà, du mystique et de l'après : "ET SI EN PLUS IL N'Y A PERSONNE" (cie Ad Libitum, au Théâtre Municipale de Grenoble). Pas de panique, on restera bien loin des bondieuseries, et on s'amuse même parfois franchement, notamment quand Alain se moque du politiquement correct actuel avec un second degré plaisant sur son homosexualité ou qu'Ophélie Winter se pointe pour témoigner.  On s'amuse,  on se cultive avec des intermèdes qui nous invitent à découvrir des auteurs (via quelques lectures rapides, dont le dernier Houellebecq)... et surtout, on prend plaisir à découvrir ou à redécouvrir des magnifiques chansons, je pense à une chanson d'Allain Leprest, ou "Exercice De Simple Provocation Avec 33 Fois Le Mot Coupable" de HFT.  

Après l'avoir entendu nous chanter "les jours du jaguar", "le lien défait", Alain reste toujours fidèle à Murat... le thème s'y prêtait, et surprise, c'est le récent "rendre l'âme" qu'il met à l'honneur cette fois en duo avec Hélène Gratet. Plus tôt dans le spectacle, c'était, oh, joie, une de mes chansons préférées,  "l'examen de minuit" qu'il interprétait également (ce titre figurait déjà dans un de ses disques). Hélène Gratet navigue à côté de lui, occupant l'espace, profitant de quelques bonnes idées de mise en scène et  chante également très bien (surtout dans un  répertoire plus classique: Piaf ou Barbara).

 

Extrait de "RENDRE l'AME" et "L'EXAMEN DE MINUIT"

 

- Je me dépêche pour rentrer et franchir le col alors que la neige n'est pas loin... Après avoir vérifié que  la météo ne va pas de se dégrader, je décide d'aller voir FLORENT MARCHET à ANNEMASSE le lendemain (à Château rouge). (Après la pluie, j'aurai quand même une bonne averse de neige pour rentrer, mais aucun regret pour les efforts et les frais: j'avais déjà découvert certains titres de Courchevel dans un petit théâtre de Grenoble, je voulais revivre ça).

 

Depuis "Bamby galaxi", je n'ai pas tout suivi des faits et gestes (lectures, musique de film) de Florent Marchet, même si à une époque, j'avais eu l'intention de faire un "surflorentmarchet.com"...  J'ai tout de même acheté son livre "le monde du vivant" (chronique paysanne de notre époque). A ce sujet, je témoigne d'une belle rencontre après le concert, un couple de jeunes gens qu'on aurait pu croire égaré (Florent Marchet se moquant de son public de retraités pendant le concert) a parlé à Florent de l'émotion qu'il leur suscitait, notamment ce livre, la jeune fille travaillant en MRJC (jeunesse rurale catholique), elle a indiqué que ce livre était un reflet exact des réalités qu'elle vivait au quotidien... et que de ce fait, elle était pour l'instant dans l'incapacité de le terminer. Je pense que Florent Marchet en a été très ému, ne sachant pas trop quoi leur répondre.  Cela m'a un peu conforté dans l'idée que, malgré la succession de tubes en puissance, avec Bamby Galaxi, Florent Marchet nous avait un peu égaré dans l'espace.  C'est pour ça que j'étais impatient de découvrir les nouveaux titres qui étaient normalement au programme.

... et pour le coup, c'est le grand retour sur terre, avec de la chronique sociale, peut-être plus "urbaine" (Créteil...), deux chansons en miroir (le mari violent, la femme battue), et encore d'autres (Dakota, réponse aux fuyards de Bambi Galaxy)... et à ma grande surprise, c'est sur sa traditionnelle chanson "parlée" (la technique a tendance à m'ennuyer) que je prends une grande claque:  un véritable récit (d'enfance), avec une musique pourtant extrêmement captivante (Freddie Mercury)... Bon, si on reprend Rio Baril, Bambi galaxi, on sait qu'il maîtrise cette exercice (même si j'ai des réticences, c'est vrai que j'apprécie ces chansons parlées):

A part ces nouveaux titres, on a eu droit à un best of "introspectif" (le terrain de sport, les amis...),  avec sur une bonne partie des titres l'intervention d'une section cuivre (trompette, cor, trombone)....  Sur le premier titre, j'en ai eu des frissons.  On aurait pu imaginer que Florent ose quitter son piano pour une chanson uniquement accompagnée des cuivres, mais non, on en reste à des ponctuations essentiellement sur les refrains de manière assez sage (bon, le temps de préparation a été réduite pour ce one-shot proposé dans le cadre d'une carte blanche), mais c'était très bien!

Pour déplomber un peu l'ambiance, on retrouve un Florent Marchet très drôle... se payant les locaux sur l'âge, les célébrités d'Annemasse (Nabila et Mussolini...)... Dans son style un peu tête à claque, il excelle!

la set liste -qui a fait l'objet de quelques changements il me semble. Je n'ai plus tout en tête.

 

Même s'il était annoncé un nouvel album plutôt piano et simple (sur le petit document remis à l'entrée), à la sortie, Florent Marchet me parle plutôt d'un album ultra-produit... et que vu le marché, c'est pour cela qu'il a mis autant de temps pour s'y mettre: il fallait des pépettes! Hors de question pour lui de renoncer à ses exigences dans la production d'un disque.

Concerts de Florent Marchet
  • Dimanche 12 Décembre 2021 11h00. FLORENT MARCHET. Fontenay
  • Mercredi 15 Décembre 2021 20h30. FLORENT MARCHET. Montreuil
  • Jeudi 06 Janvier 2022 21h30. FLORENT MARCHET. Toulouse
  • Vendredi 07 Janvier 2022 21h30. FLORENT MARCHET toulouse
  • Jeudi 20 Janvier 2022 20h00. FLORENT MARCHET. Allonnes
  • Mardi 01 Mars 2022 20h30. Nantes
  • Samedi 05 Mars 2022 20h00  Bourgoin-Jallieu et j'y serai!

Ps :  Florent Marchet a regretté que Clarika ne fasse pas partie des personnalités liées à Annemasse sur la page wikipédia de la commune,  il a indiqué qu'il ne savait pas comment faire et que les personnes du public sans doute non plus... et bein, si! Voilà, c'est fait:

Petit clin d'oeil dans la set-liste du bar:

 

Est-ce depuis les concerts de Clara en Haute-Savoie à la fin des années 70?

 

En tout cas, ce samedi 11/12, la musique m'avait amené plus au sud... mais Florent Marchet était toujours là... trainant dans les couloirs:

Souvenir au Train Théâtre près de Valence.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 12 Novembre 2021

Hier, j'ai appris que Nolwenn Leroy sortait un nouveau disque. J'ai jeté un oeil pour voir si Jean-Louis avait pu y participer. "Sur mes lèvres" avait été une jolie collaboration... et...  sans qu'on puisse prendre ça comme une surprise, j'ai vu qu'elle avait fait le disque avec un autre gars de la région... Biolay. Bon, pas besoin de regarder plus les crédits...

Aujourd'hui, tombe  dans mes alertes le nom de Nolwenn... et  je constate que 20 minutes (Fabien Randanne) a choisi de l'interroger sur Jean-Louis Murat... Elle parle de nous (nous sommes énormes), mais surtout l'occasion de propos très élogieux, et d'une petite anecdote interflora sympathique.   

https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/3169915-20211112-benjamin-biolay-compris-faire-musique-facon-libre-legere-confie-nolwenn-leroy

 

Votre album Bretonne a été un succès en 2010. Vous pourriez envisager un album « Auvergnate » ?

Je ne pense pas. La musique celte, c’est mes racines. Elle est ancrée en moi. Je suis attachée à l’Auvergne pour ses paysages, son histoire, mais je ne peux pas dire qu’elle résonne en moi d’un point de vue musical.

Donc si Jean-Louis Murat vous propose de vous écrire un album, vous refusez ?

Là, c’est autre chose. Je suis une fan absolue de Jean-Louis Murat. Il est pour moi l’un des plus grands auteurs et compositeurs français actuels. Ses albums sont des merveilles. Pour moi, il est tout seul dans sa catégorie. Il a une base de fans énorme mais, malgré cela, je pense qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur. Il est cash, les journalistes viennent le chercher sur certains sujets parce qu’il est un sniper, mais on passe à côté de l’essence même de ce qu’il est : un auteur et un musicien incroyable. Cela a été une grande fierté pour moi de chanter une chanson qu’il a écrite pour moi [Sur mes lèvres]. Pour la petite histoire, j’ai fait un concert un soir au Zénith d’Auvergne. Jean-Louis Murat ne pouvait pas venir parce qu’il donnait un concert à Clermont-Ferrand en même temps. Il m’a fait livrer un bouquet de fleurs et ça, tout le monde ne le fait pas. Ce sont des détails comme celui-ci qui en disent long sur quelqu’un.

Retour en 2012:

LE LIEN EN PLUS

On en a souvent parlé... Voici une interview des deux fondateurs clermontois de BISCUIT PRODUCTION (on y voit un de leur projet pour Murat):

Il est aussi question du choix de rester sur Clermont, de la région...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 9 Novembre 2021

Messieurs Dames, séance de coaching aujourd'hui:  Se prendre pour Jean-Louis Murat en deux séquences. Nettoyez votre manche ou retroussez-lez, laissez vous pousser la barbe ou non :  Vous choisissez votre incarnation...  

 

1)  hop hop, on se met debout, on ouvre sa colonne d'air, on ferme son périnée mais on relâche sa mâchoire

C'est parti!  Et attention, on n'avale pas son dentier sur les ouh ouh oui oui

 

Ok, c'est bien! Si vous entendez vos voisins taper aux murs, c'est une demande de rappel! Alors, on enchaine par  un peu de course et on pousse un peu la voix, no fear!  On oublie un peu Friedrich « Périssent les faibles et les ratés : premier principe de notre amour des hommes. Et qu'on les aide encore à disparaître!» 

Maintenant, c'est les forces de l'ordre qui viennent de frapper à votre porte? C'est pour participer! Allez, invitez à vous rejoindre sur :

 

2) Prenez une pause. Allez dans le frigo prendre un bout de Saint-Nectaire, arrosé de gentiane, ou de redbull-bourbon.  Lisez une page du Gunther Anders, ou de VS NAIPAUL.  Si vous avez chanté toute la nuit, et que c'est le lever du soleil, je vous invite à revêtir votre costume de lapin (désolé pour les non-initiés).  Et on prend sa guitare... (solide ou en format "air" pour les plus excités). 

Attention, c'est du niveau 3, à vos risques et périls. 

Je vous le propose aussi pour le piano:

 

- Sur ce, je vous laisse poursuivre seul vos entrainements. Par contre, attention,  chant et musique à volonté, mais surtout, on évite de travailler "la boule puante" chez soi sans assistance d'un professionnel, sous peine de grandes déconvenues. Par contre, vous pouvez escalader votre grand chêne à l'entrée. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #2021 BUCK JOHN

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Publié le 5 Novembre 2021

Jeux de Mots et à double détente pour un petit article pour parler de ma métropole.

 

1) RHÔNE/Fourvière (rapport à la faith... ) :

  J'étais à l'Opéra de Lyon  mercredi, plus précisément au sous-sol, dans l'auditorium, dans le cadre de leur programmation "opéra underground" gérée par  Richard Robert (qui a du coup a lâché la programmation des "nuits de Fourvière").  Des artistes sont invités régulièrement à présenter leur "disque du siècle". Une trentaine de personnes (dont Stan Mathis, GuiMauve de SoulKitchen, et l'adjointe à la Culture de la ville) étaient donc réunies dans le noir noir de l'opéra (lumière éteinte) pour écouter un vieux vinyle de 1981... "faith" de THE CURE.  Un album que je connaissais peu, même si les titres 2 et 3 ne m'étaient pas inconnus, peut-être souvenir d'un best of ou du concert qui m'a été donné de voir (mince, déjà, 2016... J'y avais retrouvé l'auteur de cette chronique!)

Une belle expérience au son de cette basse énorme. 

La petite discussion préalable et finale était également bien sympathique. "Faith", c'était le choix du touche à tout  Fabio Viscogliosi (on le retrouvait sur la compil hommage à Nino Ferrer (pour lequel Murat aurait dû ou pu reprendre « chanson pour Nathalie », et on le découvre amateur de Murat dans sa playlist spotify).

Il est touchant d'entendre ce Monsieur qui a de quoi avoir le cafard en Haute-Savoie se replonger dans sa chambre d'ado et dans les sentiments qui lui sont venus à l'écoute de ce disque... si forts qu'il a écrit quelques années plus tard sur le concert du groupe au Palais d'hiver (à écouter ci-dessous), et si forts... qu'il nous raconte qu'une baffe en était tombée sur le parquet le détruisant en partie. 

 

 

La discussion finale (avec ma douce voix, surprise, à 12'47 (j'ai interrogé sur les textes):  https://www.youtube.com/watch?v=m0I28JWyikw&t=17s

 

Un peu de musique de Fabio:

Tout aussi passionnant ensuite d'avoir l'analyse de Richard Robert, plutôt spécialiste du groupe (intervieweur de R. Smith en 1996  et signataire de quelques critiques de disque du groupe du temps des Inrocks) .

J'ai toujours retenu un propos de Vincent Ferniot (sur M6), pas encore cuisto, mais chanteur des CIVILS ("la crise économique") qui disait comme The Cure avait été un déclencheur: à peu près "mince, on peut arriver à faire de la bonne musique, même en ne sachant pas en jouer".  Fabio Viscogliosi a eu à peu près la même remarque... mais en soulignant la qualité de la production et orchestration de cette formule trio.

Je me permets de relayer ce mot facebookien paru ce matin par RICHARD ROBERT:

Le mercredi 3 novembre, jour de mon relevé de compteur personnel annuel, j'ai – grâce à Fabio Viscogliosi, invité du Disque du Siècle de l'Opéra Underground – vécu une expérience un peu étrange, et très belle : j'ai pu écouter en public, dans l'Amphi de l'Opéra de Lyon, l'intégralité d'un de mes disques fétiches, à savoir "Faith” de The Cure.
Disque usé jusqu'au dernier sillon pendant les heures embrouillées de l'adolescence, mais qui a continué à m'accompagner dans tous les autres étages et étapes de la vie, "Faith" a su au fil du temps réinventer sa propre matière comme ma manière de l'écouter. En d'autres termes : comme tous les classiques, il a eu le don de résister aux assauts du temps, et de m'offrir dans la durée un train sans fin, sans cesse renouvelé, de pensées et de sensations ; train qui, jusqu'à la dernière gare, devrait donc filer dans ma vie sans s'arrêter ni dérailler.
Pour cette raison même, je me dois de revenir sur l'expression “album fétiche” que j'ai utilisée plus haut à son endroit. Un disque comme "Faith" m'a précisément aidé à ne jamais fétichiser les albums (et plus généralement, toutes les œuvres d'art) qui me marquent, même de façon obsessionnelle ; pas plus que je ne fétichise les périodes de vie auxquels ils peuvent, dans un premier temps, être associés.
Comme j'ai pu le dire aux côtés de Fabio lors de cette séance du Disque du siècle, "Faith" est, parmi d'autres albums de la même période, un disque qui peut aussi bien s'écouter en replongeant corps et âme dans son passé qu'en se détachant complètement de sa propre histoire, toute nostalgie bue. C'est une autre qualité des vrais classiques que de nous laisser cette totale liberté de choix.
Mercredi, allongé sur les coussins disposés sur le premier gradin de l'Amphi de l'Opéra, c'est de toutes ces manières que j'ai pu l'écouter, réconciliant dans mon esprit à la fois tous les âges de ma vie et tous les registres d'émotions, anciennes et nouvelles, qui me relient à lui. Expérience pleine que, 37 minutes durant, j'ai vécue tout en tenant dans ma main la main de celle dont l'amour m'est bien plus que cher (il est inestimable), tandis qu'autour de nous, serrée dans le noir, une portion d'humanité, pendant les mêmes 37 minutes, s'adonnait à une pratique que Leonard Cohen considérait à juste titre comme l'une des plus bouleversantes qui soient : le silence et l'écoute collectifs.
Comme l'a fort pertinemment remarqué Fabio, "Faith", sous ses apparences austères, voire sépulcrales, est un disque qui a aussi des vertus réconfortantes. C'est un jardin pris dans les brumes, par endroits recouvert de givre, et que traversent aussi quelques décharges d'électricité. Mais c'est un jardin : en cela, il remplit parfaitement sa fonction de lieu–refuge. Pourquoi, sinon, aurions-nous été si nombreux à aimer nous y abriter ?
Pendant ces 37 minutes qui m'ont paru à la fois hors du temps et passer comme dans un éclair, je me suis de fait senti comme dans un abri, d'autant plus accueillant que nous étions plusieurs à le partager.
Ce sentiment s'est encore renforcé lorsque j'ai pris connaissance des très nombreux messages que vous m'avez envoyés tout au long de cette journée, ici ou ailleurs.
Je crois bien que, tout au fond de lui et de la solitude qu'il vivait et cultivait farouchement alors, l'adolescent que j'ai été et qui, dans l'un de mes mondes d'avant, écoutait "Faith" en boucle dans le noir, rêvait secrètement de cette communauté-là.
Depuis le balcon de l'âge, et par-delà la distance qui nous sépare à jamais, je suis heureux d'avoir pu lui adresser un salut, et d'avoir pu exaucer son vœu.
Je me dois de vous exprimer ici ma plus profonde gratitude, puisqu'à ce cadeau qui n'a pas de prix, vous avez toutes et tous très largement contribué.
Merci infiniment.

 

Pour le clin d'oeil: même si The Cure est peu cité par Murat, on pourrait quand même se rapprocher de cette version de "la débâcle" au même moment: 

En 1988, dans le fameux article de Bayon:

"Murat avance en tombant, tel un Robert Smith dégraissé. Dont il a (outre la compagne homonymique Marie) l'air hérisson straight perdu Boys don't Cry 79 et les baskets avachies quelconques. Jean noir ajusté, hanches minces, blouson rouge bicolore bouffant sur chemise de menuisier pendante (justement) au goût de Cure (d'habitude, c'est la déjà célèbre chemise à carreaux trappeur), et l'odeur tiède de Bashung ­ à qui il a pu ressembler parfois".

En 1995, dans les inrocks, auprès d'un certain Richard Robert, Murat disait (peut-être pour lui faire plaisir):

"Je ne veux pas faire du Kieslowski à outrance, mais tout est lié: le balladurisme, la popularité d'un type qui ose parler de la grandeur de la France et promet de ne rien changer, et l'état d'esprit dans la chanson ici. J'en ai un peu plein le cul. Parce que le complexe va se renforcer. Si on doit se cantonner à vie à notre rôle de perroquet, à écrire du sous-Warren G, du sous-Morrissey, du sous-Cure, du sous-Stones, quel désespoir"

                                                                              Sosie correct?

 

Bon à part ça, rappelons que Richard Robert nous fait l'honneur d'être un artiste du projet "AURA AIME MURAT", sur "Terres de France", son talent mûr pour susurrer des chansons douces y assure. [les titres sont partis au mastering, on avance, on avance].  Ah tiens, il avait justement repris:

 

Restons sur l'OPERA UNDERGROUND:  La carte blanche à  deux camarades muratiens Bertrand BELIN et LA FELINE (inter-ViOUvé ET MURAT ici)  !  https://www.opera-lyon.com/fr/carte-blanche-la-feline-et-bertrand-belin  Au programme: concerts, rencontres... et il reste encore quelques places pour leur show dans la grande salle de l'opéra le 13/11 (j'y serai). Pour  HOWE GELB  le lendemain, c'est encore un peu vide! Alors, profitez-en! PS: HOWE GELB-GIANT SAND, enfonce-moi dans l'édifice!

Fabio Viscogliosi lui sera en concert à l'Opéra Underground le 16/12. infos   [Edit: Et je vois que Fabio est sur le label OBJET DISQUE... de Rémi PONCET... alias Chevalrex, autre participant d'Aura aime Murat...]

 

 

2) SAÔNE/ Croix-Rousse (rapport aux Monts d'Or, à Caluire et la rue des feuillants)

 

Un peu après la grande période rock à Lyon, la WAVE à Lyon, qu'elle soit chaude ou froide, a été marquée par le VOYAGE DE NOZ auquel on a souvent accolé le nom des Cure, au moins pendant leurs deux premières décennies d'existence...  Bon, ça se discute, mais il vaut mieux être Cure de Lyon que Cure à la Bourboule (clin d'oeil à Walter et Lavergne, soignez vos bourres, soignez vos boules, soignez-vous à la Bourboule, comme dirait l'autre) ...  

Et bien, le Voyage vous le savez chers lecteurs, continue sa route (ma dernière interview). Ils ont rempli le RADIANT CLUB vendredi dernier (Murat sera dans la grande salle au printemps).   Je ne pouvais pas y être, mais j'avais envoyé un photographe pour l'événement. Voici quelques photos (merci à Bernardo PEREIRA, insta: travelgram_bdlp et Bernardopereiraphotography)

CURE de LYON
CURE de LYON

Laurent Cachard et son traditionnel compte-rendu : http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2021/10/30/62-6346755.html

 

Crédits exclusifs: Bernardo PEREIRA

CURE de LYON
CURE de LYON
CURE de LYON
CURE de LYON
CURE de LYON
CURE de LYON

Les NOZ seront de nouveau en concert ce samedi 6/11, à

Hemingway’s, 1 Grande Rue des Feuillants, 69001 Lyon

 

PS: Stéphane Pétrier, le leader des Noz, participe aussi à @auraaimemurat , on retrouvera aussi la voix de Nathalie sur la reprise des Dory4. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 23 Août 2021

Paulo est encore à la fenêtre. Son travail de rédac-chef, il a toujours pensé qu'il fallait mieux le faire avec ses sens que devant son ordi. Ce matin,  ça lui avait permis de constater que le nombre de juillettistes avait sérieusement augmenté, 5 caravanes, et 18 voitures non immatriculés dans le pays, c'était du concret... même si, après tout,  il les détestait à peine moins que les aoûtiens.  Faut dire qu'il détestait tout bonnement l'été,  enfin surtout le cœur, quand il ne se passe plus rien dans l'actualité. Il a un blog à alimenter lui! Et pas de congés payés, pas de tourisme à la ferme, juste la traversée du désert; la disette, le gap, le bayrou...; et celle-ci était une des plus longues qu'il avait eu à traverser.  Cette nuit, il avait fait un cauchemar: il avait rêvé qu'il tenait un blog consacré à Terrence Malick, la nuit d'avant, déjà, idem, mais avec Arnaud Fleurent-Didier...    Que faire?  Vladimir, pour le soulèvement des masses et la diffusion d'une conscience muratienne des classes (du primaire à la terminale)? ...  Bon, plus d'un mois sans article, il fallait en tout cas se bouger... et sortir le joker "Marronnier" : "le camping à la ferme", "le tourisme en Sancy", les rats taupiers,  "la plage de Cabourg"... Non, vraiment Paulo séchait... quand le téléphone sonna:

"Bonjour, c'est Florence! Je vous ai envoyé un texte sur Murat et les animaux! A vous de voir..."

 

 

LE BESTIAIRE

 

Je rêve d’une musique pour tous les animaux”, chante Murat dans “Paradis perdu”. C’est toute une faune qui habite en effet les espaces dessinés par les textes, présence familière ou incongrue (le phacochère…). Oiseaux, chiens ou vaches donnent même de la voix à l’occasion. Petit tour d’horizon de ce bestiaire, qui dit tout un rapport au monde et à l’écriture.

 

La nuit j’entends le chant des clarines bleues

Dans les paysages de prés et de montagnes, la magie des noms fait surgir tout un peuple d’animaux sauvages. Les oiseaux d’abord dans leur diversité d’allure, éperviers, chardonnerets, mésanges, faucons cendrés, milans noirs, jean-le-blanc, alouettes, roitelets, hérons, hirondelles ou coucous… « L’entomologiste bavard » met aussi en scène frelons, guêpes, papillons ou tarentules, et la libellule, nom aérien et tempérament de carnivore. Au détour des chemins on croise des renards, une belette, une loutre; et même le lynx, que Murat  dit avoir vu réapparaître. Et puis il y a les animaux de la ferme, chevaux, agneaux, et surtout les vaches. Murat a souvent parlé de son enfance chez ses grands-parents paysans, de l’odeur de l’étable dont les autres enfants se moquaient à l’école, et de son intimité avec Bijou, sa vache. Elle sont partout dans le paysage de ses chansons, génisses, veau, taureau, bœuf, ferrandaises… Elle apparaissent dans le chant des clarines bleues de « Chagrin violette », dans l’abreuvoir de « Dans la direction du Crest », dans les foins coupés. Elles meuglent dans le « Lait des narcisses ». Leur silhouette structure l’espace, lignes nettes, jeux de lumière et d’ombres : le taureau du « Chant du coucou » guette au loin « cornes prises dans la lumière » puis « dans les ténèbres », « Démariés » peint « les soirs illuminés entre les cornes de bœufs ». Et avec elles on entend les travaux et les jours paysans, la présence des vachers, et autres bergers, pâtres et pastoureaux. Soin des troupeaux, mais aussi sang des bêtes : avec la maison d’enfance de « Dans la direction du Crest » revient à la mémoire le « sang noir », la « viande crue »; l’image du  lapin égorgé, baignant dans son sang traverse « Perce-neige » et « Accueille-moi paysage ».

De cette « vie d’avant », dont Murat chante aussi la disparition, il garde vivaces les récits et croyances : le chat noir cabriolant de Toboggan, ou celui qui ronronne à l’envers de la vie, inquiétant comme « la petite idée derrière la tête », rappellent cette histoire de grand-mère un peu sorcière racontée à Laure Adler : elle aurait porté dans son panier le diable sous la forme d’un chat noir…

 

Interroge la jument

Ce bestiaire familier nourrit enfin les réseaux d’images. Murat superpose sans cesse le réel et le métaphorique, le quotidien et le symbolique (au risque de l’hermétisme : le phacochère ?) La libellule, qu’on appelle aussi demoiselle, a bien des traits féminins. Le désir emporte en cavale, à triple galop, mais l’amant abandonné n’est  plus qu’un oiseau de passage qui retourne aux nues. Avec la mésange bleue vont et viennent les amours. L’hirondelle des faubourgs est venue et repartie. La vipère est convoquée pour son venin, la chèvre alpestre n’en fait qu’à sa tête et disparaît, la jument peut témoigner de la folie du temps. Les grands félins deviennent des figures du doute et de la mélancolie, le jaguar tourmenté dans ses élans brisés, sa force inemployée, le lynx, grand prédateur resurgi en des temps barbares, interrogeant sur notre capacité à résister au courant qui nous emporte, par la pensée, la langue, la poésie. 

Et puis il y a évidemment les hommes, les femmes, et l’amour. D’ailleurs Murat se plaisait récemment à raconter comment il jouait de toute la gamme des cris d’animaux dans ses ébats. Le petit poisson se glisse dans une eau toute féminine. Le bouc et le taureau tiennent leur rôle d’animaux vigoureux, bouc solitaire devenu compagnon de sabbat aux Veillis, taureau bandant offert complaisamment en spectacle à Cathy pour sa fête (« Le voleur de rhubarbe »). « L’heure du berger » (attendue dans Taormina) est, selon le Dictionnaire érotique moderne de 1864 « le moment où l’homme baise la femme pour laquelle il bandait depuis plus ou moins de temps » Sans surprise, on rencontre chats et chattes, la minette de Béranger dans 1829, qui comme sa maîtresse attend un matou, le petit chat de Travaux sur la N89Murat, explicitant l’image, va jusqu’à affirmer orgueilleusement dans « La surnage… » : « je veux le chas de toute aiguille ». Plus étonnante, la présence du cygne, lié explicitement à une image sexuelle dans « Le blues du cygne ». Si l’on en croit Gaston Bachelard, il représente la femme nue, contemplée et désirée, mais il est aussi masculin dans l’action, la satisfaction de ce désir ; le chant du cygne ne serait pas celui de la mort, mais celui de l’extase sexuelle… Enfin les dénominations amoureuses disent aussi la force de la femme aimée, louve d’orage, aux grands yeux d’aigle...

 

Ohé coursiers des déesses…

Mais ce paysage fondateur, et les animaux qui le peuplent, est le point d’ancrage d’un imaginaire qui se déploie bien plus largement dans le temps et l’espace. Du présent, on passe à l’Histoire, et, au détour d’un vers ou d’un mot, on saute au mythe. « Chacun vendrait des grives, des lièvres et… de la myrrhe » chante Murat dans Babel. Dès l’ouverture de cet album structuré autour de sa géographie intime, il élargit son territoire jusqu’à l’Orient, et sa temporalité jusqu’au mythe (dès le titre d’ailleurs, ici et ailleurs, aujourd’hui et hors du temps…). C’est souvent par les animaux que le temps s'étire ou se compresse. Le cheval est l’animal sacrifié avec les hommes à la guerre de 14-18, et la monture de Joachim Murat - c’est un cheval qui ouvre le livret de Il Francese. Il est le mythe de l’Ouest américain, les cow-boys, Jim, l’héritier des Flynn, les cavaliers de John Ford. On va aussi au grand galop dans l’Antiquité, où, aux confins des vallées, un ravisseur de femme défie « ceux de Mycènes », dompteurs de cavales, génisses au large front. Proche des représentations antiques aussi, la représentation des taureaux cornes dans la lumière : en Egypte, ou dans le culte oriental de Mithra, le taureau, symbole de fécondité, est associé au soleil. 

Prends garde au loup qui dort au village 

Naviguant sans heurt du présent au passé, du passé au mythe, Murat semble glisser avec le même naturel à la méditation existentielle. La figure du loup, et le motif de la chasse dans la neige reviennent à plusieurs reprises, et notamment, dans Babel et Toboggan. Sous la beauté contemplative de « Il neige », celle qui naît du silence sur la campagne enneigée, couve la violence : un épais manteau ensevelit toute vie, mais s’y découpe, juste esquissée, la silhouette du « chasseur accroupi dans la neige », s’y devine la « gorge de loup dans la ténèbre ». Et en une formule énigmatique, Murat chante « Il n’y a place que pour le silence, au couteau sur ta chair blanche » : sur la neige qui enveloppe tout, prés, roches et forêts, sur le blanc laiteux de la peau, se donne tout à coup à voir le rouge sang. Et lorsque, comme en écho à ce premier titre, Toboggan se clôt par « J’ai tué parce que je m’ennuyais », plus qu’à la phrase entendue dans le récit d’un fait divers on peut penser au Giono d’Un roi sans divertissement. Murat y aurait-il puisé (autant que dans Toy Story, régulièrement cité comme source d’inspiration de son album) ? De fait, tous deux ont parlé de l’ennui auquel la création leur permet d’échapper, et la coïncidence des motifs entre le roman et la chanson est troublante. Un roi sans divertissement met en scène le capitaine Langlois, dépêché dans un village de montagne englouti par la neige pour enquêter sur une série de disparitions. Il comprend que l’assassin, dans ce grand ennui d’hivers interminables pratique un cérémonial, tue pour voir le sang couler – et de préférence, pour des raisons esthétiques, sur le blanc de la neige. L’assassin découvert, il ne le livre pas, mais le tue, lui offre fraternellement la mort. Revenu quelques mois plus tard en tant que capitaine de louveterie, il est confronté à un loup qui a commis un carnage dans une bergerie, lui aussi comme « pour le plaisir, pour s’agacer les dents ». A l’issue d’une spectaculaire battue, il tue l’animal (« Le Monsieur ») acculé dans les ténèbres, comme il a tué l’assassin. Mais donnant la mort, il se trouve contaminé par le mal. Ceux qui l’entourent, et savent, tenteront en vain d’organiser d’autres divertissements – fête somptueuse ou mariage : après avoir constaté sa fascination devant le sang coulant du cou d’une oie égorgée, il se donne la mort. 

Silence dans un paysage enseveli, où l’hiver semble ne plus devoir finir, sang perlant sur le blanc, chasseur aux aguets dans les ténèbres, mise à mort du loup dans la neige : on retrouve bien des éléments du roman dans les tableaux de Murat. Et ses personnages semblent rencontrer les préoccupations de ceux de Giono, « profonds connaisseurs du cœur humain » lorsqu’il chante : « L’état de mon cœur est de tout savoir », « que veux-tu savoir ? », ou encore « Rien n’aura jamais fait la peine que tu te fais, rien n’aura jamais fait la peine que tu nous fais »...

 

Suivre la piste animale, c’est traverser bien des obsessions de Murat, constater une fois encore la richesse et la cohérence de son univers, et sa capacité à figurer en quelques traits. Les noms d’oiseau, Jean-le-Blanc ou faucon cendré, le milan noir qui s’enflamme, les souvenirs par bribes, “Je me souviens par la bride dans l’obscurité”… : que de tableaux esquissés, et de tremplins pour l’imaginaire…

Suivre ces traces, c’est aussi se retrouver lectrice, invitée par cette écriture elliptique, parfois énigmatique dans ses jeux de condensation ou ses dissonances inattendues, à oser rapprochements et interprétations. Ce sage relevé se veut point de départ, prise d’élan. Aux lectrices et lecteurs perspicaces, audacieux, inventifs de prendre la suite. Parlez-nous du phacochère !

Florence D.

 

 

Un grand merci à toi, Florence!

 

 

LES LIENS "MARRONNIERS" EN PLUS

http://www.surjeanlouismurat.com/article-murat-animal-47392808.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-bestiaire-liste-dressee-non-ordonnee--43211049.html

http://didierlebras.unblog.fr/29-jean-louis-murat-et-les-animaux/

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 23 Juillet 2021

Allez, avant le déferlement médiatique que va susciter son nouveau disque en novembre... je vous prépare!

 

Via l'attaché de presse, j'avais découvert DA CAPO en 2017, qui m'avait conduit à proposer une interview d'Alexandre Paugam, qui a gardé le vaisseau, seul maître à bord du groupe (on le retrouvera aussi sur "Aura aime Murat" dans un magnifique instrumentale de "GENGIS". Nicolas PAUGAM, le grand frère, avait pris une voie en solo quelques temps plus tôt (même si "les frère Paugam à meustaches", side project tzigane, les réunit encore).  Je n'avais livré qu'une oreille trop rapide à cet artiste, même si la lecture de chroniques (télérama 4f) me le laissait en haut de la liste des "à écouter" (liste que je ne tiens pas, ce qui complique les choses il faut l'avouer). Ce n'est qu'en recherchant des artistes pour "AURA aime Murat" que je finis par lui accorder toute ma considération...  juste avant que Burgalat dans Rock and Folk s'étonnasse de ne découvrir "qu'en 2021 ce chanteur de la trempe de Annegarn, Vassiliu, Ricet Barrier, pas loin de Ferré, période "les souvenirs" ou de "nous deux" avec Caussimon".   Il cite la chanson "L'homme heureux"  qui "jette par dessus bord toutes les fadaises sur les migrants". Elle fera partie de son prochain opus à sortir en novembre: "PADRE PADRONE",  la petite assistance du concert de jeudi 15/07  a pu l'entendre, ainsi que la chanson titre qui fera l'objet d'un duo avec, excusé du peu: JP NATAF. Ils s'étaient croisés dans Paris, avaient discuté, Nicolas lui a glissé ce jour-là le nom d'un artiste à découvrir... Le contactant pour le duo quelques années plus tard, JP ne l'avait pas oublié: "mais oui, je me rappelle, c'est  toi qui m'a fait  écouter le chanteur éthiopien Mahmoud Ahmed!"... artiste depuis qu'il a dit "adorer" en interview. JP et Nicolas feront une scène commune le 3/12/21 à Esquelbecq, village culturel des flandres. On retrouvera aussi NICOLAS au WALRUS, à PARIS Le 29/09.

 

Le concert du soir est organisé par une adorable bouquinerie LE RAFIOT LIVRES sur la place du village de Saint-Geoire en Valdaine, au pied de la Chartreuse, et le temps exécrable a coulé le marché nocturne de producteurs qui doit normalement se tenir, et il y a donc repli parmi les milliers de livres. Quelques acteurs culturels du village, une petite diaspora auvergnate dont un touriste de Montluçon, on tient tous, sans servir de serre-livres pour autant. J'ai découvert quelques jours plus tôt que j'avais déjà croisé il y a dix ans sur le net le patron du lieu, qui exécrait Murat. Je lui pardonne... d'autant que non seulement la soirée est gratuite, mais qu'il nous offre aussi à boire (une bière artisanale produite au village La Dauphine)... 

Tout cela est donc bien sympathique. Avant le concert, j'ai le temps d'interroger Nicolas sur sa rencontre téléphonique tout récente avec un certain Gérard Manset (filiation revendiquée plutôt qu'à la grammaire: "je mourirai" chante-t-il dans une de ses chansons)... Bien-sûr moment inoubliable pour un fan comme lui de l'oeuvre de Gégé , notamment pour ses compositions, ses mélodies,  "plus riches que Murat". 

On évoque aussi sa reprise pour "Aura aime Murat". Il aimait beaucoup "baby carny bird", il l'a travaillé mais n'a pas trouvé comment l'adapter à sa façon, d'autant que Murat jouant plutôt de sa voix basse, Nicolas est sur un registre beaucoup plus haut.  Son repli vers "le reason why" est plutôt heureux selon moi. On a ainsi un titre très récent, et qui va bien au côté fantasque (il figurait dans le numéro spécial des Inrocks "les excentriques de la chanson française")  et au flow de Nicolas, une très belle adaptation. Il me demande si quelqu'un a osé se frotter à "nu dans la crevasse"...  La réponse est non (on re-saluera du coup le courage de Lionel Fondeville qui avait produit un bel ouvrage pour le tribute to Mustango-chez A.D.A.). 

 

Ce jeudi,  c'était concert en solo, à la guitare électrique, mais Nicolas tourne aussi avec des musiciens, ce qui lui permet de partir plus à l'aventure avec la guitare.  En solo, la virtuosité guitaristique est tout de même visible, et la part d'improvisation aussi, ce qui le rapproche de Jean-Louis Murat, comme les quelques cris d'oiseaux ou d'animaux qui vont conclure certains morceaux ("les barbus" par exemple). On est mis à contribution sur certains morceaux et c'est toujours bien sympathique. On est en droit de se sentir privilégié  d'assister à ce concert quasi-privé, même si Paugam nous évoque les ambiances plus électriques et en suées des concerts en groupe.  

Paugam pioche dans ses différents albums... "les sablons", "les ablettes", "mon agitation" (il me semble) et notamment le single du dernier album sur le Titanic, sur une mélodie remarquable : 

 

Il faut vraiment faire l'effort de se familiariser avec ce timbre de voix qui peut être perturbant, et on se rend compte ensuite du talent mélodique du Monsieur.  Passionné par  les arrangements, la production, il sait aussi enluminer ses compositions sur disque, inspirées parfois par le jazz,  la musique brésilienne, mais moins la bossa nova que le tropicalisme plus expérimental et pop et moins marqué par la "saudade", ou carrément la variété ("tu savais, tu savais" digne d'un Mike Brandt dans le refrain (S'il était apparu dans les années 60/70, j'imagine qu'un éditeur aurait proposé ses créations à des interprètes).

 

A la fin du concert, pendant le petit verre de l'amitié, Nicolas Paugam raconte le passage chez LITHIUM de DA CAPO (disque minor swing), et le travail de D.A. de Vincent Chauvier.  Malgré le bon succès du disque, notamment au Japon, le groupe se sent laissé tomber, avec leur refus de passer au français. On entend aussi que, autant que LOVE, The Pale Fountains ont été une référence pour lui et Da Capo... autre point commun avec Murat. 

"C'était à l'époque des Pale Fountains : d'un seul coup, je sentais quelque chose de neuf, que je pourrais aller dans cette direction."
Ainsi les Pale Fountains auraient été une des influences majeures qui expliqueraient la transition de la musique de "Passions privées" à celle de "Cheyenne Autumn". C'est fort probable quand on sait que Marie Audigier a déclaré de son côté que "Pacific Street" des Pale Fountains était "le disque fondateur de ma culture". Mon groupe préféré". (site SANADOIRE.COM).  Murat parlait lui d'"album parfait".


J'ai randonné mercredi et jeudi, et j'ai eu "rendez-vous au sommet" dans la tête pendant les deux jours... et j'avoue que... c'était pénible. Alors attention, je vous aurais prévenu.

 

Retrouvez NICOLAS PAUGAM:

BANDCAMP

https://www.nicolaspaugam.com/

youtube

https://www.facebook.com/nicolas.paugam6

et bientôt sur le disque "AurA Aime MurAt"...

 

Pour en savoir plus, deux interviews:

http://www.mandor.fr/archive/2019/05/09/nicolas-paugam-interview-pour-le-ventre-et-l-estomac-6149837.html

https://www.youtube.com/watch?v=H_974M04zrs

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 28 Avril 2021

Prologue humoristique :

Le tycoon taquin Paulo, les mains dans le dos, est penché à sa fenêtre et regarde les fourmis s'agiter dans  la rue, ah que la vie semble dérisoire  du haut de son Xanadu building d'un étage sis à Pontgibaud (Dauphiné d'Auvergne) à partir duquel il gère d'une main de fer "le blog de Paulo, toutouttouvoussaurezstoutsurJLM.com" depuis 2009.  Depuis une heure, il a vu passer deux tracteurs, un cueilleur de champignon et deux vaches.  Certains jours, il a dû mal à s'y mettre. Il a conscience que depuis que Fred Plainelle s'est évaporé, le blog a perdu de son mojo, et de son rayonnement.   Il ressasse : "et si j'avais été moins pingre pour les notes de frais-bar?, et si je lui avais offert une nouvelle veste multipoche pour ses reportages? ou renommer le blog, le blog de pierrot et de Fredo?  Le téléphone sonne et peine à le sortir de sa torpeur mélancolique. Il laisse sa secrétaire Irina prendre l'appel (irina, c'est la voix féminine de son répondeur, sa plus fidèle collaboratrice et qui ne se plaint pas quand on la tripote un peu).

- Oui, bonjour, Paulo, c'est Florence D.  Je vous écris de temps en temps. J'ai vu que vous aviez acheté "Reclus, histoire d'un ruisseau"... Si vous voulez, je peux me charger de ça... Bon, de toute façon, je l'écris, et je vous l'envoie..."

Paulo est interloqué. Qu'est-ce que c'est que toutes ces Florence qui veulent écrire sur Murat? Et puis, d'abord, il l'a déjà potassé le Reclus: Il a déjà lu 10 pages du livre en un mois en ne s'endormant que 20 fois; dans un an, il aura sans doute fini, et pourra  commencer à rédiger... C'est une histoire de deux ou trois ans quoi, c'est rien! (sur Manset, il prend des notes depuis 2009).  Bon, d'un autre côté,  se faire piquer un sujet? Ça ne sera pas la première fois,   et cette outrecuidance  n'est pas sans lui rappeler quelqu'un... Mais il reste quand même une question centrale... De toute évidence, Florence est un prénom portée par une personne possédant une "M.N. de mon malheur".  Collaborer avec une femme? Cette idée saugrenue ne lui avait pas traversée l'esprit.  Et encore il y a peu, les ennuis de son collègue du blog de Pierrot... non, l'autre, Pierre Menès...  l'avaient accablé... Bon, Fred avait déjà les cheveux longs, et des idées progressistes et humanistes, il avait fait avec...  mais des histoires de flotte, il s'en serait tenu éloigné, lui. Sans réfléchir, poussé par une envie soudaine de rompre sa solitude, il prononça imperceptiblement le mot "bud rosé"...  en arrachant les toiles d'araignée autour de son combiné de téléphone:

- Allo, Florence? C'est Paulo! Bon, c'est d'accord, je vous prends pour ma tige... Ah, bon sang!!... pour cette pige, je vous dis!! Mais faut pas compter sur les notes de frais!  Et je n'ai pas de canapé dans mon bureau, faut pas compter monter dans l'orgasm... dans l'organigramme! l'organigramme!  Et vous n'oubliez pas, on fait dans la culture, mais light, on pense ménagères et fans de Mylène Farmer!!  Et pas de gnangnans mièvreux!, et inutile de me parler de charge mentale, j'attends l'article pour hier ! On ne va pas parler d'eau en pleine sécheresse. En Auvergne, c'est en ce moment que ça mouille!  

(Alors pour le lecteur qui débarquerait dans cet article par hasard, euh... désolé... et je vous invite à retrouver les articles de Fred Plainelle en tapant ce nom dans la partie "recherche" du blog. Et comme toujours: Pensées à Matthieu G. qui a créé ses personnages de pure fiction).

 

Introduction sérieuse:

Jean-Louis nous a parlé plusieurs fois de M. RECLUS: 

En 2020, -  à propos de son "engagement" à parler de la nature, "en ce moment, je lis à haute dose du Elisée Reclus" disait-il aux inrocks   (là).  

A cette occasion, j'avais fait cette courte bio:  "géographe libertaire (qui explique que les études universitaires l'aient un peu mis de côté) qui a une renommée mondiale à la fin du 19e siècle (autant qu'HUGO et Pasteur nous dit wikipédia), précurseur de l'écologie.  livres: La Terre en 2 volumes, sa Géographie universelle en 19 volumes, L'Homme et la Terre en 6 volumes, ainsi que Histoire d’un ruisseau et Histoire d'une montagne..  

En 2018:  - "J’ai toujours pratiqué cela. Un fan très attentif m’a assuré que le mot rivière est celui que j’utilise le plus dans mes textes. Rivières et ruisseaux sont mon spectacle de la nature préféré. J’ai été élevé non loin d’un ruisseau, et d’une rivière, la Dordogne, qui m’a inspiré de nombreuses chansons : Ma femme, Joconde, Mon unique au monde, Dordogne. Un ami universitaire m’a envoyé une édition originale de Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus, un auteur au sujet duquel nous conversons régulièrement. Toute mon imagination commence par la rivière. C’est un spectacle apaisant et sans cesse renouvelé. Et j’ai ce rêve récurrent d’une rivière dont je calcule les forces des courants entre les pierres. Mais je n’irai pas faire une psychanalyse pour cela" (ici)  

-  Dans Ouest France, il assurait que "histoire d'un ruisseau" était l'ouvrage qui l'avait le plus inspiré.  Il fallait donc s'y pencher!

Alors, voyons ce que FLOrence peut nous en dire !

 

"Histoire d'un ruisseau", source de BERGhEAUd.

par Florence D.

« Viens, partons en balade… »

Les chansons de Murat sont un espace rêvé pour qui aime les jeux de piste et accepte le risque de s’égarer…

On peut s’amuser au jeu des clins d’œil et des citations, trouver çà et là des échos de poètes et de romanciers. On peut aussi (re)lire les ouvrages qu’il cite régulièrement, en y cherchant les sources d’inspiration. Par exemple Elisée Reclus et son Histoire d’un ruisseau. Que trouve-t-on si on met en regard le géographe élevé entre Périgord et Béarn et le chanteur grandi sur les bords de la Dordogne ? Voici quelques amorces de pistes…

 

« La voilà, belle et nue… »

Il y a d’abord ce qu’on trouve toujours lorsqu’on parle des cours d’eau. Reclus ouvre son ouvrage par le rappel des mythes et croyances attachées aux sources, et d’abord la figure de la nymphe et de la naïade. Le savant rigoureux, « l’observateur studieux de la nature » est aussi un « discret amant des fontaines », et se plaît à décrire les courbes onduleuses et les abords frémissants des rivières et ruisseaux… Murat, lui, fait sonner langoureusement le nom de la Dordogne, « son unique au monde », et associe l’eau sous toutes ses formes (de la pluie au glacier !) au féminin. Tous deux redoutent les séductions de l’eau courante qui peut perdre ses amants, Murat noyé dans la morte fontaine ou Reclus entraîné par le fond par le murmure du courant et les caresses de ses ondulations… Dans l’eau des fontaines et des rivières, on cherche aussi son reflet. Assis sur un tronc tombé en travers du ruisseau, le jeune Reclus médite et se laisse fasciner par le mouvement du courant, symbole du temps qui nous conduit à la mort. L’homme de science, lui, rappelle que la source, image idéale de pureté, était un lieu sacré chez les anciens, et que Numa Pompilius, selon la légende romaine, ne manquait pas d’aller y chercher conseil auprès de la nymphe Egérie. Chez Murat, l’eau courante est vigueur et principe vital, qui coule et gronde en lui. Epanchée immobile dans le lac nocturne elle devient « l’eau noire des regrets »…

 

« Je rêve en secret au pied du rocher… »

Lieux communs ? Le motif ici n’a rien d’emprunté ; nourri des longues heures passées dès l’enfance sur les bords de la rivière, il retrouve sa capacité à dire et à faire sentir. Reclus raconte ses jeux de Robinson, la joie intacte de s’ébattre ou se laisser glisser nu dans le courant, ses longues observations des bêtes, des plantes, et des ondulations sur la nappe liquide. On marche, on se promène beaucoup dans les chansons de Murat, et il revient constamment « rêver en secret » au Vendeix. Le promeneur attentif et curieux, le rêveur du bord de l’eau goûte tout le plaisir de tremper ses mains dans l’eau à Fontsalade, par un mois de mai trop chaud, d’aller se rafraîchir au Servières ou de se baigner à la nuit tombée. Aux bains glacés de Reclus semblent répondre ses photos nu dans la neige (époque Mustango et sa variante confinée…).

Mais le ruisseau n’est pas que rondeur et babil ; les deux notent aussi la terreur du gouffre et son appel secret, des ravins de Reclus au saut de la pucelle au-dessus du Chambon ou dans la crevasse du glacier.

Passer de longues heures au bord du ruisseau finit par en donner une connaissance intime; et Murat peut avoir le regard et la précision du géographe. Le ruisseau qui chante auprès de l’enfant qui dort dans Chamablanc est infiniment « vieux » ; on suit dans Dordogne le cheminement secret de l'eau, "fureur muette", jaillissant "du creux de l'enfer", nourrie de la "neige sur le Sancy" et versant sa rosée au Vendeix (et si c'est le ruisseau la boucle est bouclée…). Les enfants du Mont-sans-souci vont « soigner à l’arsenic » leurs « souffles affaiblis », les thermes de Choussy illustrant là les développements de Reclus sur les origines des eaux thermales et leurs bienfaits. Parcourent aussi les chansons des noms d’arbres, de plantes et d’animaux, des insectes aux oiseaux, aux loutres et autres lapins de garenne. Il y a des esquisses naturalistes chez Murat, et chez les hommes de science qu’il aime il y a d’abord des observateurs curieux et des poètes. De Reclus on peut rapprocher Jean-Henri Fabre, cité dans l’album En plein air, entomologiste mais aussi félibre.

« Se refaire une âme par la contemplation de la terre et de ses grands paysages… »

Mais revenons au ruisseau. Reclus est aussi l’humaniste et le communard, qui voit dans le parcours du ruisseau une utopie réalisée. L’ouvrage finit sur l’image rêvée des peuples qui se mêlent aux peuples pour ne faire plus qu’un, comme les ruisseaux aux rivières. En attendant, le spectacle de la nature, les horizons de la montagne offrent aux opprimés une vision de l’harmonie et de la liberté et leur donnent la force de relever la tête. L’enfant, confronté à la violence normatrice de l’école, y retrouve la liberté et l’indépendance. Aller explorer le ravin, c’est s’écarter du bourgeois satisfait contemplant des champs bien ordonnés, c’est retrouver une nature libre, dont le désordre et la variété n’ont pas été domestiqués, et rencontrer les animaux eux aussi réfractaires et chassés (magnifique page qui pose si bien la question aujourd’hui cruciale de la diversité des milieux et des interdépendances). Et celui qui jouit vraiment de la promenade au bord de l’eau est celui qui a travaillé, pas l’oisif qui a besoin de tuer le temps et pour qui le spectacle restera monotone et la nature muette. Cette position (cette morale ?) est bien celle de Murat dans son travail de création : indépendant, à l’écart, à côté – et le surjouant volontiers dans ses prises de parole publiques. Parlant de Béranger ou de ses levers matinaux, il a dit bien souvent l’importance qu’il accorde au travail, comme les paysans qui l’entourent. Et autour de son vieux ruisseau, dans le paysage de Chamablanc, vit un monde qui ne serait peut-être pas si étranger à Reclus, même s’il peut aujourd’hui être survolé en avion ou parcouru en « auto » : celui où l’on cueille la rhubarbe pour le petit qui tousse, où il faut ramasser le foin, où le vacher dans l’étable prend soin du veau malade…

 

« Le vieux ruisseau part en chantant… »

Et enfin,  évidemment le ruisseau chante. Cliché encore ? C’est qu’il faut savoir le faire chanter. Reclus le sait. Il s’attache à rendre toutes les voix du ruisseau, de la plus cristalline à la plus grondeuse, et la cascatelle dont il parle si souvent chante toute seule. Murat, lui, épouse tour à tour le rythme de la cascade ou de l’eau paresseuse ; il chante l’eau et l’invite à chanter dans le mystérieux Lait des narcisses, gouttes d’eau tombant des roches ou neige sous les pas du marcheur…

 

« Je suis encore enfant quand je m’élance dans le ruisseau bien-aimé… »

On croit partir à l’affut des références et des emprunts, on se retrouve à arpenter tout un monde… D’un bout à l’autre de la Dordogne, la rencontre entre Murat et Reclus sonne comme une évidence. Ils ont la fraternité de ceux qui savent regarder patiemment et amoureusement, retrouver les joies de l’enfance dans le contact avec la nature, se laisser envahir par sa sensualité. Et de ceux qui savent donner à voir, à entendre et à penser.

 

 

"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat

Paulo:  Je n'aime pas étaler ma culture, mais je citerai le grand Mac Mahon: "que d'eau, que d'eau"!  Bon, c'est pas mal, ça, Florence,  des phrases courtes qu'on comprend tout, et sans aucune archive poussiéreuse de "la montagne"... J'ai juste failli me fouler le cerveau sur le mot "félibre"... mais il y a un truc qui manque... Enfin! du sexe!!!  Certes, on ne peut pas réduire RECLUS à CUL (et on va même s'en éloigner un peu)  mais Murat et l'aqueux... il faut taper dedans là! Ibidem libid'eau...  Et Nadine et Joël Cornuault qui commente le livre dans l'édition poche nous disent:"Le livre de Reclus est une incitation à jouir sensuellement des cours d'eau et de leur univers, [...] par tous nos pores". Alors, allons-y, allons-y! et sans entraves!

 

Histoire d’eaux…

 

Paulo qui décidément a de la suite dans les idées regrettait que je n’aie pas développé davantage la dimension sexuelle de l’eau dans mon évocation des liens entre Murat et Reclus… Subitement, il se trouvait saisi du noble souci de la « précision » et même de la « pédagogie »… 

Allais-je, sous couvert de rigueur et volonté de transmettre, aller flatter ses pulsions libidineuses ?

 

Bon, comme je suis quand même un peu lâche, j’ai commencé par réécouter Murat…

 

Bien joué Paulo, on ne peut que se prendre au jeu, et plonger dans cet imaginaire que l’eau érotise constamment…

être frappé par la cohérence du réseau d’images,

la force d’évocation souvent retrouvée des plus traditionnelles,

le glissement permanent du paysage à l’univers intérieur,

de la nature aux corps,

l’alliance du très cru et de l’idéal, 

du lyrique et du trivial…

 

Alors allons-y pour ces « histoires d’eaux… »

(Modeste amorce de promenade thématique dans les chansons de Murat, que je vous invite à compléter...)

 

L’eau est d’abord bain, nage, immersion heureuse et sensuelle. « Vivre, vivre tout le long, comme un poisson, dans le secret des mers », décide le voyageur de « Long John », qui semble rêver un retour dans un univers amniotique. Y fait écho « Coltrane », où l’eau n’est plus mère mais amante : « Partir, partir au fil de l’eau, jouir, jouir en poisson dans ton eau ». 

La nage est aise, joie du corps, jouissance sensuelle dans cet espace à la fois vaste et enveloppant. L’eau peut se faire miroir du ciel, les deux se confondent dans « L’amour qui passe » : « C’est l’azur qui passe, irons-nous nous y baigner ? ». De la nage au vol, c’est la même exaltation de glisser dans cet espace infini. L’amant se fait ainsi poisson, volontiers joueur, ou nuage qui « se glisse dans mon corps », chante Morgane Imbeaud dans « Dis le le », ou lui-même fleuve, unissant ses eaux avec celles de la femme dans « Pluie d’automne » : 

 

« Comme Rhône à la Saône 

Tu te mêles à moi 

Les feuillages les ramages 

Dans ton onde vagabondent 

Et l'automne est là

Etreinte acharnée 

Ventre contre ventre »

 

Et l’amant comblé est imprégné de cette eau toute féminine : 

 

« Au-dedans de moi ta rivière

Au-dedans de moi ta liqueur

Au-dedans de moi ta fontaine

Au-dedans de moi tes merveilles

Par le chemin creux ta fontaine », chante Murat dans l’album Taormina.

 

L’amante est donc fontaine de délices, de « douceurs » dans « La surnage dans les tourbillons d’un steamer », eau enivrante, tout imprégnée des saveurs et odeurs de l’automne dans « Pluie d’automne » :

« Jus de pomme, grappe jaune 

Tes ivresses tes tendresses me manquent déjà »

 

A cette fontaine, nichée dans une “vallée” ou un “chemin creux”, l’amant vient boire, se désaltérer –images où se condensent la scène érotique et les aspirations qui s’y révèlent. Murat chante à la fois dans Tristan « Viens donzelle bavarde, viens m’offrir ta peau, Dieu m’a prié de boire, d’avaler le joyau » et dans Lilith « C’est l’approche d’un oued le contentement de ma lady » et même « c’est boire au fond d’une âme que le contentement de ma lady ». L’union des corps fait l’intimité la plus profonde, jusqu’au rêve d’unité marqué dans “Pluie d’automne” par l’image des fleuves mêlant leurs eaux, fusion et disparition de soi dans la violence de l’ « étreinte acharnée »... (Mais plonger si profond, se perdre ainsi ne va pas sans inquiétude. « Qu’est-ce qu’au fond du cœur » met en parallèle le cœur, l’eau, les yeux, le feu, et les cieux dans la version live, images de profondeur et d’intensité, et interroge : « Qu’est-ce qui te retient d’y plonger ? Qu’est-ce qui te retient d’y aller ? » - « Oui, je sais, sexe et effroi, l’horizon est infini »…)

 

Cette eau claire et profonde, odorante, qui dit l’aise, l’ivresse, la fusion des corps et des âmes peut toutefois devenir « flot amer au gosier d’amant », et tout se trouble. « Quand tu n’es pas là », l’amant, dans un « vain désir de vivre et de mourir », se retrouve pris en « eaux troubles et tièdes », où nage la langoureuse et inquiétante « Raie manta ». Si le désir n’enivre plus les amants de son « triple galop » il les jette dans un « marigot » (« Royal Cadet »)… Et c’est ce qui arrive dans « Mousse noire », où l’amant rejeté s’en « va pataugeant » « dans la boue ». Dans « La surnage… », il se traîne même dans une « noire Sibérie », « mort, sec de désir ». L’eau courante, enveloppante, s’est figée en glace, le désir s’y brise. La jeune fille de « Démariés » s’en va ainsi « dans sa pluie de flocons bleus », « sa bonne âme grelotte sous le grésil et le gel », bien loin du babil enfantin du ruisseau égrenant son « dernier glouglou » au début de la chanson. Et l’amant de « Perce-neige » ne veut plus que cesse la neige.

 

La femme elle-même peut se faire glace. « L’eau de ma rivière n’aura pas eu le temps d’atteindre ton cœur », regrette Murat qui s’adresse à une femme qualifiée de « neige éternelle, tendre tourment ». « Que fait cette tige d’or dans ton glacier ? » s’interroge-t-il douloureusement, face à l’amante « entourée de pluie », alors qu’il égrène son nom dans la pluie du matin, et peut par là-même, nouveau Ronsard, « l’arracher à la terre, au tombeau ». L’amour, le sexe ouvrent à l’abîme, « abîme liquide » de « La surnage… » ; le « corridor humide » est une « allée ténébreuse où le malheur m’attend »…

 

L’ivresse du corps n’est alors plus que rêvée, désirée, ou regrettée. « Je veux sucer la fleur secrète », « je voudrais une fontaine de douceur » martèle en vain l’amant de « La Surnage… » ; et de conclure, reprenant la poétesse du XVIème s. Louise Labé (dans le poème qui commence par l’appel ardent « Baise m’encor, rebaise-moi et baise »…) : « Pourquoi ne plus jouir l’un de l’autre à notre aise ? »

 

Toute l’ambivalence féminine se trouve dans la figure de Lilith la séductrice, sensuelle et glacée, caressante et dangereuse : 

 

« Hello Lilith 

Je croule sous la neige 

La neige de ton pommier

Hello Lilith 

Dans tes flocons je glougloute 

Hello Lilith 

Gorgée de lait pour mes poumons

Mes nuages 

Hello Lilith 

Sur ton cresson quelle contumace 

Ma Lilith 

Hello Lilith 

Gonfle le sein 

Un lac pareil 

Tout à moi »

 

Pire encore, l’absence d’eau, la sécheresse, congédiée avec mépris dans « La surnage… » : « adieu souillon échevelée, adieu putain sèche », ou adorée dans un souvenir sacré : « j’ai votre poussière d’eau sur mon autel », poussière odorante qui imprègne et subsiste : « J’aime le parfum que la femme me donne »

 

Mais Murat questionne aussi la jouissance masculine, ses impasses et ses échecs. Plus d’étendue liquide, mais une dispersion en milliers de gouttes, un « embrun de passage » dans « Les voyageurs perdus », suivi d’un éternel retour à l’enfermement en soi-même dans « Royal Cadet » : « Alors sur un saphir, je tombe en gouttes d’eau ; en mille éclats j’expire, j’éclabousse ma peau ». Le septième ciel est bien gardé, interdit aux touristes de passage. Avec l’ivresse dissipée s’évanouit toute illusion...

 

Murat chante donc les corps qui exultent, la fusion des âmes, et toutes les misères du sexe et de l’amour. Dans ce parcours chaotique, passée l’extase, il reste à se maintenir à la surface d’une eau périlleuse, poursuivre les désirs et les rêves sans se laisser engloutir. « Et je surnage dans les tourbillons d’un steamer… Et je surnage dans les tourbillons d’un dreamer »

 

un grand Merci Florence!

"histoire d'un ruisseau" chez Babel-acte sud, livre de poche, 8,70 euros. sortie initiale : 1869. De la source au fleuve. Les dernières lignes: "L'humanité, jusqu'ici divisée en courants distincts, ne sera plus qu'un même fleuve, et, réunis en un seul flot, nous descendrons ensemble vers la grande mer où toutes les vies vont se perdre et se renouveler".

 

Je souhaite vous permettre de lire un petit peu du livre... alors, voici quelques pages du livre (un peu au hasard... mais pas que... il est question du "bain" dans le lien en plus qui suivra.

"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat
"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat
"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat
"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat
"histoire d'un ruisseau" par Elisée Reclus, source d'un BerghEAUD-Murat

LE LIEN EN PLUS

Pour mémoire, JL MURAT nous avait également conseillé la lecture de "Comment chier dans les bois?"... guide américain écolo, dont l'essentiel du message est de comment éviter de souiller la nature et notamment l'eau avec nos matières fécales...

http://www.surjeanlouismurat.com/2020/03/jean-louis-murat-etait-avec-antoine-de-caunes-ce-vendredi-13-03-sur-france-inter-antoine-n-est-plus-que-l-ombre-de-la-figure-rock-qu

La thématique RECLUS n'est pas épuisée... puisqu'il faudrait notamment parler de l'anarchisme...  notamment via la reprise par JLM de Charles d'Avray, et autre "suicidez-vous".  A bon entendeur!  Paulo n'est pas si méchant...  (même appel pour traiter de VS NAIPOL et son "guerilleros"!

LA SOURCE EN PLUS

Du côté de la Bourboule et du Mont-DORE, la polémique a enflé depuis un moment. La cause; des travaux de la Mairie de la Bourboule pour "détruire" ou "aménager" selon les parties  la source chaude de Croizat... qui permettait de se baigner dans un bassin à 35° (malgré une interdiction de s'y glisser (comme au Servières)  fixée depuis 2016).

Puisque tenir un "lieu secret" est désormais impossible au temps des réseaux sociaux, des cahiers bleus, voilà ce qui arrive...   J'ai parlé du sentiment que donnait La Bourboule il y a peu dans un reportage photographique: le conflit qui oppose petite gens et bourgeois tenant de l'ordre, et élus archaïques, le renforce...

https://www.francebleu.fr/infos/societe/puy-de-dome-polemique-a-la-bourboule-autour-de-la-demolition-du-site-de-la-source-de-croizat-1619020665

PS: je ne sais plus si j'en ai reparlé récemment, mais pour rester dans le domaine de la nature, JL avait alerté sur le problème des rats-taupiers sur le plateau de Nulle Part Ailleurs... Il en a beaucoup été question dans l'actualité car c'est une année très mauvaise: ils ont pullulé.  La solution écologique est de laisser vivre leurs prédateurs, dont le renard. Je découvre ce matin que cela aurait aussi un effet pour lutter contre la maladie de lyme (et les tiques).

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 7 Mars 2021

Dans la première partie, nous avons parlé d' un des hommes reliant Gainsbourg à Jean-Louis Murat : Claude Dejacques.
Aujourd'hui, continuons mon petit jeu favori des rapprochements... et n'hésitez pas en commentaires à me faire part de mes oublis (je ne prétends pas à l'exhaustivité en quelques heures de travail, et je fais ça très modestement, en ayant bien conscience de mes limites)!  Je signale au lecteur qui arrive de 2025
(bien le bonjour! Il ne fait pas trop chaud? vous avez enlevé les masques?)  qu'en ce mois de mars 2021, on a commémoré les 30 ans de la mort de Serge Gainsbourg, avec moult émissions.  On verra si les 40 années de carrière de JLMurat seront, elles, signalées...

Même si je tente d'organiser, je fais ça dans le désordre en mélangeant les choses les plus anodines aux plus importantes, et ne résistant pas aux apartés (une recherche en amenant une autre,  cet article m'a entraîné dans diverses explorations).

 

1) Restons donc dans le rayon Ressources humaines, le nom de BAYON me vient immédiatement après celui de Dejacques.  Celui à qui Murat s'est adressé en chansons, et lui adresse toutes ses chansons,   signa une des interviews les plus célèbres de Gainsbourg, "l'interview post-mortem" (et deux livres sur lui).  Les rédacteurs wikipédia de la page de B.  ont d'ailleurs accolé nos deux artistes :

"En 1988, pour la sortie du single Si je devais manquer de toi, Bayon écrit l'article qui « dopera la carrière » de Jean-Louis Murat. Il publie en 1992 une interview post-mortem de Serge Gainsbourg sous le titre Serge Gainsbourg mort ou vices, rééditée en Gainsbourg raconte sa mort, sous une nouvelle couverture, à l'occasion du dixième anniversaire de la mort du chanteur".

Bruno B. aurait-il pu organiser une rencontre?  Je n'ai  trouvé aucun élément m'indiquant qu'ils s'étaient croisés. Dans ses articles sur Murat, non plus.  Un autre B., Bashung aurait pu être intermédiaire. Murat a raconté des virées communes avec celui-ci, mais a priori loin de chez Castel [Qu'est c'tu décides harley david?  (Style elliptique et allusif en hommage à Bayon)]. Dois-je préciser que quand Murat commence à être une personnalité,  Gainsbourg  lui se termine, même si artistiquement, après son opération de 89, il maintient son activité (pour nos deux héros du jour, pas question de prendre sa retraite).

Tournons les pages du  who's who,  et croisons encore:

- La MARSEILLAISE...  Avant W9, Gainsbourg l'avait déjà emmenée aux Caraïbes. Les français l'ont assez peu reprise, mais Jean-Louis s'y est risqué pour L. MASSON.

 

- Baudelaire: les deux ont chanté "les fleurs du mal". Murat y consacre un album Ferré/Baudelaire, mais Gainsbourg avait lui dès 62 interprété "le serpent qui danse"(avec un son type "Güiro" extrêmement pénible dont je ne veux pas vous priver). Notons du coup que le complice régulier de Jean-Louis, et notamment sur le Baudelaire, Denis Clavaizolle, a produit une version de "l'homme à la tête de choux" pour Bashung (avec Morgane Imbeaud, Guillaume Bongiraud). 

 

- L'occasion ratée commune: Jeanne Moreau. Truffaut pense à proposer à Gainsbourg de composer la chanson pour "jules et jim"... avant de choisir "le tourbillon de la vie", et Murat lui compose un disque qui ne sortira pas. C'est Daho qui remportera le lot de prestige.

  - Des interprètes communs: Julien Clerc, Françoise Hardy et Sylvie Vartan...  (Indochine se font clipper par Serge mais chante JL).  Le carnet d'adresse de Gainsbourg reste le plus rempli lui qui aimait les voix fragiles et donc des chanteuses plus souvent actrices avant tout... Deneuve, Adjani... mais l'autre grande icône française du cinéma,  Isabelle Huppert,  c'est  Jean-Louis Murat (sur Mme Deshoulières) qui la "décroche".  (J'ajoute que ce dernier a aussi fait chanter/jouer bien sûr une autre actrice Élodie Bouchez [ajout de Marc L.: qui a fait son premier film avec G.) ... et  qu'Isabelle Adjani a été très admiratrice de l'auvergnat ai-je lu).

Arrêtons-nous du coup sur ce goût commun du duo (qui n'est pas forcement un coup je dois le signaler, il s'est écrit par exemple que JL s'est refusé à Carla).  Gainsbourg se disait misogyne, le rapport aux femmes qu'à Murat est peut-être plus complexe, même si on aime ou ils aiment se ranger plutôt d'un autre siècle, en refusant certaines modernités (Gainsbourg insultant Ringer par exemple...). Même s'ils  se sont interrogés parfois sur leur part féminine (peut-être plus dans une logique de communication pour Serge, inventant des histoires d'homosexualité sur la fin, Murat affirmant son besoin de se vêtir des habits de "sa mie"...), le fait est que Camille dans un discours féministe, a voulu s'adresser aux deux dans sa chanson "Babi carni bird" (même si elle n'a eu de l'expérience qu'avec JLM).  A l'Express, elle disait ceci: 

"Sa chanson la plus fière, Baby Carni Bird, est une Melody Nelson à la Camille. "C'est une réponse à Serge Gainsbourg, à Jean-Louis Murat, à tous ceux qui se voient en Pygmalion. Dans mon texte, Baby Carni s'invente elle-même un nom, une légende. Ce n'est pas l'homme qui la fait exister"

On sait que Lou Doillon a pensé la même chose.  [signalons concernant Camille, qu'artistiquement, a priori Murat avait grande confiance en elle pour qu'il n'ait pas jugé important d'assister aux enregistrements des chœurs de Lilith. Jean-Louis a côtoyé des femmes fortes, des personnalités affirmées - Masson, Farmer, Angot, Carla, Marie -femme et manageuse- avec une relation basée sur l'affirmation des différences ("on est d'accord sur rien"),   lui qui dit aimer  les voix de filles qui n'ont pas l'air de  craindre  les garçons.  Les interprètes de Serge elles se pliaient à chanter par exemple: "Tu es mon maître après Dieu"-Deneuve qui critiquera ensuite "balance ton porc"]

 En faisant le tri entre les citations purement provoc pour Murat (portrait de Libération 2009 par exemple), je pense qu'il serait sans doute possible d'écrire des pages et des pages à ce rapport aux femmes, leur amour des femmes, et leur érotisme pouvant aller jusqu'à la pornographie  ou la crudité (carotte, concombre tout ça), et Gainsbourg à des comportements inappropriés...  Je ne vais pas m'y aventurer... Juste quelques idées :  concernant leur travail d'auteur,  Murat n'a pas eu autant d’interprètes (un titre pour Vartan, Hardy, Nolwen, deux pour I.Boulay), on ne tirera pas de conclusions rapides,  et il semble qu'il ait pu faire son Gainsbourg quelques fois ("sur mes lèvres" pour Nolwenn ou faisant chanter à Sylvie "Même si l'amour est important, Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent, Il pense à son corps". J'étais tenté de dire que Gainsbourg avait lui démontré qu'il pouvait se glisser dans une âme féminine, mais lui-même disait que "les dessous chics" parlaient de lui,  Birkin qu'il lui a fait chanter " ses blessures, son chagrin"(à lui), "des chansons qu'elle ressentait comme des reproches". Par contre,  Jean-Louis disait il y a quelques temps qu'il se sentait prêt à écrire sur la maternité pour une interprète, frustré qu'il était du peu de traitement du sujet...   posture patriarcale ou un féminisme?      ◎oui    ◎non     ⨷ne se prononce pas

 

2) Musicalement...

On rapproche peu Murat de Gainsbourg par la discographie. A BIRD ON A POIRE a vu quand même la presse musicale à la manœuvre, arguant du mode duo sur un ton explicite (et ce que je disais quelques lignes plus haut), mais aussi musicalement de l'ambiance sixties et swinging london par laquelle Gainsbourg a su sortir de la rive gauche. Le texte promo de la maison de disque lui même indiquait :" En écho aux duos fraîchement pervers que Lee Hazlewood faisait chanter à Nancy Sinatra ou aux textes que Gainsbourg mettait dans la bouche de ses lolitas, Murat surjoue, avec verve et esprit, les clichés. Lui dans le rôle du playboy Français sur-viril, elle dans celui de l’ingénue et mutine Américaine".  "avec la légèreté d'un Gainsbourg période Anna", "tel un Gainsbourg titillant sa France Gall"  lit-on alors.

Chronic'art compara lui Madame Deshoulières à Melody Nelson: "Au final, on pourra inclure Madame Deshoulières au sein d’autres bizarreries déjà répertoriées chez nos chers défunts : le Melody Nelson de Gainsbourg pour l’ambition musicale, Et Basta ! de Ferré pour le conte au creux de l’oreille et surtout La Mort d’Orion de Manset (ah ! il n’est pas mort ?) pour l’escapade entre BD, SF et littérature".

En 2003, Véronique Mortaigne voyait Gainsbourg à Douharesse:  "Dehors, la montagne. Pays magique, paysages fantastiques. Dedans, au plus profond de cette personnalité tourmentée, les guitares de Neil Young, Robert Wyatt, Serge Gainsbourg, Jim Morrison, mais aussi La Claire Fontaine ou Hélène de Troie" (le monde).

Tout ceci est plutôt anecdotique.

 Notons que le journaliste Bergheaud de 1976 signe un article sur la chanson française et ne sauve que MANSET et FERRE (et Sanson) dans le paysage: "entre les rengaines rive gauche ultra-vieillottes, misérablement arrangées, à peine chantées, et nos plagiaires tout juste honnêtes de la musique anglo-saxonne, la plus belle place est quand même prise par la guimauve.". Cocasserie: L'article est salué dans le courrier des lecteurs par Gérard Davoust, éditeur de Gainsbourg durant 15 ans. 

Pourtant, on retrouve quand même des propos de Jean-Louis Murat indiquant que Gainsbourg a pu être source d'inspiration.

- Qu'est ce qui t’a inspiré et donné envie d’écrire des textes à ton tour ?
C’est difficile comme question… C’est un mélange de pas mal de choses : Serge Gainsbourg, Gérard Manset, certaines chansons de Nino Ferrer… C’est un peu mystérieux tout ça, on peut toujours donner une explication mais en fait, je ne sais pas trop.
(foutraque 2003)

-Dans Rockthistown 1991: " J'en ai bavé pas vous...". Il sifflote. "C'est ces vers à valeur de symbole qui me fait penser que c'est avec la Javanaise que Gainsbourg s'est approché le plus près de SA chanson".

- Dans Polystyrène, « Pour accéder à une notoriété indiscutable, GAINSBOURG s’est transformé en GAINSBARRE« . (…) « A la fin il devait sa notoriété au GAINSBOURG  pas très intéressant qui rote, qui pète et dit n’importe quoi. J’en veux beaucoup au public et aux médias Français de l’avoir dégradé et à mon avis il est mort très malheureux ». 

Signe de cet intérêt?  Une cover, La ballade de MELODY NELSON. (qu'il réalise avec un groupe SEVEN DUB, duo avec Guillaume Méténier -figure du rock clermontois des groupes Sales Gosses, Armée rouge, Fafafa puis parti chez les  Satellites-, et Patrick Bylebyl (Babylon Fighters, le groupe reggae de St-E.). Le duo,  a eu une  courte durée de vie -4 ans?- mais sortit plusieurs disques et tourna avec l’ex-guitariste de TC Matic, Jean-Marie Aerts -Arno-, notamment aux Trans en 98). (« j'ai découvert Al Green chez Jean-Louis Murat. » disait Guillaume dans le livre "une histoire du rock à Clermont" .  C'était  sans doute aux "Écuries", en bas de la route de Murat Le Quaire, où résidait JL Bergheaud. IL y avait une salle sans ouverture, pour répéter  assez exiguë. En rentrant dans la pièce principale, une photo (ou la pochette d'un album) accrochée au mur d'Otis Redding. Les Sales gosses étaient montés quelques jours, certains jeunes musiciens du village... dont Pie assistaient à la rencontre joyeuse).

 

Une version assez trip hop alors qu'après DOLORES, il indiquait ceci:

"Notamment cette manie actuelle de vouloir passer la chanson française au moule trip-hop, ce triste chewing-gum, sans caractère, vaguement baba. J'avais commencé à travailler avec Tim Simenon, mais j'ai abandonné. Il semblait penser que je voulais un disque du genre Gainsbourg-et-Cohen-produits-par-Tricky".

C'était peut-être pour montrer au producteur une nouvelle fois qu'il n'avait pas besoin de lui pour produire ce type de musique...  mais plus sûrement, comme il le dit ci-dessous, pour tenter de percer le mystère Gainsbourg.

"Y a-t-il, d’un point de vue artistique, des formes ou des pratiques que vous avez épuisées, qui ne vous intéressent plus ?
Oui, des toquades : faire son Ferré, faire son Brassens… J’ai fait une reprise de la Ballade de Melody Nelson de Gainsbourg en chantant exactement comme lui, juste pour comprendre – du boulot pour moi, quelque chose que je ne sors pas. Dès qu’il y a un artiste que j’aime vraiment, je ne reste pas ébahi devant son œuvre et je le reprends, pour voir de l’intérieur. J’ai fait Le Petit Cheval de Brassens, du Dylan, Monsieur Richard de Ferré, Nuits d’absence de Caussimon que j’ai chanté je ne sais combien de fois à la fin de mes concerts."

Attention!!!  Concernant cet cover, j'ai eu Guillaume Méténier. Il semblait surpris que je connaisse ce titre. Il m'apprend qu'en fait, il est signé "de Seven Dub" avec un featuring de Murat!  Il semble que Jean-Louis a partagé le titre sans leur accord. En 2017, dans une interview, Guillaume disait: «Mon frère aîné avait ce disque quand j'étais enfant et j'étais fasciné… Et bien je le suis encore! J'ai repris cet air il y a une vingtaine d'années avec mon groupe Seven Dub (avec J.L. Murat) et il est toujours inédit jusqu'à maintenant! ». Le titre a été mis en ligne sur le site jlmurat.com en 99, puis rediffusé en 2011 par une fan dans les tubes.

 

Le fait est que Murat ne voit pas trop l'intérêt de dire du bien des icônes françaises et préfèrent plutôt sortir sa grosse clef de 50 pour déboulonner, ou carrément s'en servir de marteau, même si parfois il y a des mots qui lui échappent:"Gainsbourg, Bashung, évidemment que c'est sensas" ou comparant Serge à Nat King Cole .  

Voici une série de propos sur la chanson française, Gainsbourg, l'écriture française:

 - "Enfin, le plus mariole de tous, c’est quand même Gainsbourg : Paul Verlaine et Charles Cros d’une main, des mélodies de Sibelius de l’autre… On m’a demandé récemment quels sont mes trois artistes préférés en chanson française et j’ai dit Boby Lapointe, Joe Dassin et Jean-Roger Caussimon – je crois ne pas m’être trompé"(RFI)

- "Je me fais assassiner à chaque fois, mais on peut être critique quand même. On peut trouver qu'ils ont parfois fait joujou avec la langue, à la limite du slogan publicitaire"

-   "C’est la chanson française actuelle que je mets en cause parce qu’elle ressemble de plus en plus à de la variété internationale. Par le passé, il y a eu des artistes formidables comme Bourvil, Boby Lapointe, Dick Annegarn, Isabelle Aubray, Charles Trenet... Je constate qu’aujourd’hui il y a une sorte de mondialisation qui me déplaît souverainement. Les chanteurs québécois, qui sont le cheval de Troie de la culture anglo-saxonne, hurlent dans le micro comme si l’électricité n’avait jamais été inventée. Par eux, c’est la culture américaine qui s’infiltre et dénature notre paysage. Alors que nous, les peuples d’Europe, sommes des murmurants. Pour moi, la voix de la France, c’est Etienne Daho ou Miossec, Johnny Hallyday étant une exception. Mais cette tendance un peu vaine qui consiste à mélanger ce qu’il y a de plus branché dans le rock avec ce qu’il y a de plus branché dans la poésie m’agace. Cela dit, on pourrait me retourner le compliment! C’est difficile d’être un chanteur français. Je pense que c’est une espèce en voie de disparition". Nouvel-Obs en 2002


-"II me semble que dans la chanson française on s'est de plus en plus éloigné de la musique de la langue, jusqu'à arriver à une sorte d'impasse. Gainsbourg, Bashung, évidemment que c'est sensas. Mais si tu les mets sur l'arbre de la langue, c'est une branche morte. Tu ne vois pas quelle descendance ils peuvent avoir. Moi, j'essaie plutôt de rester dans le tronc, dans la montée de sève. Quand tu travailles sur des textes comme ça, tu t'aperçois que ce qu'on appelle la chanson française, c'est la langue classique, celle qui a été posée au XVIIe siècle et qui possède sa musique intérieure. Et on y revient toujours, quels que soient les détours. Je pense par exemple à Carlos Jobim qui explique qu'il a inventé la bossa en jouant du Debussy. Il jouait du Debussy au piano, les fenêtres ouvertes, et c'est en entendant les rythmes provenant de la rue mélangés à Debussy qu'il a inventé la bossa. Et aujourd'hui, par un détour fulgurant, Salvador cartonne, en chanson française, avec un album bossa ! C'est pourquoi, à l'arrivée, je trouve pathétique la manière de Gainsbourg de jouer avec les mots. S'il parlait de la chanson comme d'un art mineur, c'est finalement qu'il ne s'en sortait pas ! Il aurait bien aimé faire toujours Je suis venu te dire que je m'en vais, faire du Verlaine, mais ça ne marchait pas. Comme le Gainsbourg avait un esprit de synthèse fort, qu'il voyait bien quelles musiques marchaient et qu'il ne voulait pas ronronner, il dynamitait les mots. Mais après quoi, c'est l'horreur. Parce que tu te retrouves dans un langage publicitaire, parce que tu fais du publicitaire. Arrivent alors des mecs élevés au Gainsbourg qui font du publicitaire, et comble de l'horreur, qui arrivent à te le faire passer pour de la littérature : Frédéric Beigbeder, par exemple. La langue est alors finie.    Dans la variété, ça donne toutes ces biches, ces petites nanas qui déplacent l'accent tonique et chantent comme des Américaines pour faire sauter le dernier verrou de la langue. Alors que la grande tradition de la chanson française, c'est l'articulation. Ce phrasé, c'est d'ailleurs la force de Gainsbourg. Là, il est dans la lignée de Nat King Cole qui institue, avec Frank Sinatra, le grand phrasé américain. Salvador est tout à fait là-dedans. Yves Montand aussi. Moi, je ne le fais pas assez, je baragouine, comme me le dit tout le temps Isabelle Huppert". (inrocks)

-  « Depuis GAINSBOURG, personne n’ose écrire simplement, contrairement aux anglo-saxons. Il suffit d’écouter BASHUNG. C’est un signe d’impuissance. C’est se positionner vicieusement par rapport à la langue, en se dissimulant. Les gens avouent être incapables de donner du sens avec des mots » (figaro magazine)

- "il y a de nombreuses choses bien dans la nouvelle scène. Orelsan, tout d'abord. PNL. Je comprends pourquoi ça marche, en tant que grand-père j'aimerais que ce soit la musique de mon petit-fils. ET pour moi, ça remet en place tous les référents que peuvent être Serge Gainsbourg ou je ne sais qui. C'est surfait, Gainsbourg ou je ne sais qui. C'est surfait Gainsbourg: poupée de cire, poupée de son pour France Gall, c'est d'un plan plan... et puis Melody Nelson, sans la technicité instinctive des musiciens anglais, sans les ingénieurs, c'est rien du tout. C'est du flan. Je déteste Gainsbourg, pour moi, c'est une branche morte. Il ne représente pas la musique que j'aime et, lorsqu'il a travaillé avec Bashung, il n'a rien fait d'autre que l'emmener boire des coups dans une impasse. Il a trop fait le malin. Orelsan lui écrit des textes que pas un seul rappeur américain n'est capable d'égaler. Même chose pour Nekfeu ou Lomepal, je suis sidéré par la qualité de ces mecs" (vsd, 2020)

- allez, et une bonne vanne pour finir: « Dans la musique, je ne connais que des mecs chargés et je n'aime que des mecs chargés : si tu mets Gainsbourg à l'eau, ça devient Jean-Jacques Debout ! » (Murat dans "Serge", la revue!!!!)
 
On peut ainsi penser que Gainsbourg est une référence pour Murat plutôt dans l'interprétation (en tant que murmurant français à l'épreuve des musiques amplifiées), mais pas l'auteur (même si on peut noter leur utilisation commune de l'anglais dans les refrains) ou le compositeur. A ce sujet, Gainsbourg a de manière beaucoup plus évidente que Jean-Louis utilisé (copié, pillé) les musiques, les lieux avec lesquels il construisait ses albums, et avec des "producteurs arrangeurs". Du plagiat de Gainsbourg percussions au funk new-yorkais, en passant par le reggae*, Gainsbourg se glissait dans des "costumes". Selon moi,  Murat lui transpose son univers qui reste identifiable qu'il enregistre à Orcival ou à Tucson, ou malgré les influences de ses albums (pop anglaise, rap et soul us...).      *Murat n'est jamais allé dans ce style, mais le premier concert parisien de Marley auquel il a assisté a été un choc.
 

Dernier point sur l'aspect artistique, un peu plus haut, Murat évoque le célèbre débat "art mineur/art majeur" ("S'il parlait de la chanson comme d'un art mineur, c'est finalement qu'il ne s'en sortait pas !") . Je veux citer Françoise Hardy dans l'interview qu'elle m'avait accordée:

 

"La plupart des gens ignorent la signification d'"art majeur" et d'"art mineur". Serge qui était pervers sur les bords a joué là-dessus. Il savait qu'il serait mal compris et que cette incompréhension susciterait des discussions totalement à côté de la plaque qui satisferaient son goût de la provocation. UN ART MAJEUR EST UN ART QUI REQUIERT UNE INITIATION (la peinture, l'architecture, la grande musique) ALORS QU'UN ART MINEUR N'EN REQUIERT AUCUNE. Mais cela n'a rien à voir avec la qualité des productions. Il y a au moins autant de très mauvaises choses en musique classique qu'en pop music et une mélodie très inspirée de pop music n'a rien à envier à un thème mélodique inspiré de musique classique. AUTREMENT DIT, EN MATIERE D'ART, LES TERMES "MAJEUR" ET "MINEUR" QUALIFIENT LA NATURE DE CET ART, EN AUCUN CAS SA VALEUR".

 

C'est à relativiser car a-t-on besoin d'initiation pour la peinture? Pas totalement... Mais Jean-Louis Murat comme Gainsbourg partagent sans doute un même complexe par rapport à ce qu'ils auraient aimé être peut-être: un grand peintre, un grand compositeur pour l'un,   un grand poète ou écrivain pour l'autre (peintre aussi)? Et ça les a conduit à toucher et expérimenter diverses pratiques, Gainsbourg allant un peu plus loin en réalisant de films de cinéma (Murat s'est essayé aussi à la réalisation), publier des livres. Murat:

- "je ne pouvais pas gagner le tour de France, j'ai fait du cyclotourisme. la chanson, c'est du cyclotourisme"  (Moustique) 

-"J'écris de la poésie depuis que je suis enfant. J'ai commencé à écrire pour draguer. Mon erreur a sans doute été ensuite de croire que la chanson était de la poésie chantée. Avec Béranger, j'ai compris que ce n'était pas le cas. Il refusait d'être appelé poète, un peu comme Gainsbourg, qui revendiquait la chanson comme "art mineur". Quand Chateaubriand a proposé Béranger à l'Académie française, celui-ci a refusé en disant : "Je ne suis pas poète, je suis chansonnier." (le monde)

- Béranger est celui qui fait d'un art mineur une fierté nationale, c'est le Gainsbourg du XIXe. Avant d'être l'un des hommes les plus aimés et célèbres de son temps, c'est un bohème, un dandy  (libé 2005)

Dernier élément sur la production littéraire, ils passent tous les deux pour des "graphomanes"... tant ils apparaissent prolixes, mais Jean-Louis Murat parle d'un travail artisanal quotidien, qui tient aussi d'un journal intime, alors que le mythe Gainsbourg est celui d'un auteur écrivant un disque en une nuit... toujours dans l'urgence (même s'il avait des carnets et agendas où s'accumulaient des idées). Malgré des autoportraits ("poupée de cire, poupée de son" ; l'homme à la tête de chou, ou Ecce omo...), je le vois moins dans l'exploration de soi, l'introspection, peut-être par pudeur ou d'un manque d'estime de soi l’entraînant dans l'autodestruction. Murat parle de son enfance, décrit le monde rural, ses ancêtres, Gainsbourg lui fait "rock around the bunker".  Manifestation de cela: le goût ou l'impérieuse nécessité des "autoportraits" par Murat?  Gainsbourg s'est peint et crayonné, mais je pense que c'est moins prégnant chez lui.

 

3) Attitudes en haute altitude 

Allez, allons-y cette fois tout de suite sur le principal: LA PROVOCATION, bande de cons.

- Un musicien dans une documentaire sur Gainsbourg de la semaine dernière retenait de celui-ci qu'il aurait été le premier à penser que "l'important était de faire parler de lui", peu importe comment.  Ce n'est peut-être pas le premier, Polnareff explorant les scandales et la nudité bien avant lui (Murat s'y est osé aussi)... mais il a bien perfectionné le système, en  créant un personnage, décliné jusqu'à la publicité, comme Dali. Murat n'a pas cette omniprésence, même si il est aussi "un personnage" utilisée par les humoristes notamment (cliché du chanteur dépressif)...  Bon, on ne va pas lister les clashs, ou les comparer, mais Murat est certainement plus dans l'improvisation, même si il a quelques thèmes favoris notamment en concert.  Gainsbourg provoquait le bourgeois et les bonnes mœurs, Murat lui va jusqu'à "provoquer contre lui-même", son public, ses soutiens, et les professionnels de la profession, avec sa posture d'être insaisissable, sa volonté de ne pas aliéner sa liberté.

 

En même temps, la provocation reste une marque de fabrique, non? (femme actuelle 2006)
Ben oui... Aujourd'hui, la plupart des journalistes me font chier avec ça, mais je vais vous dire un truc : c'est juste de la provoc' à trois balles. Du coup, balancer des vacheries, c'est un peu la pire chose que je fais le mieux. Et ça m'amuse. Il y a peut-être même un côté revanchard: moi qui vient du fin fond de l'Auvergne, pendant dix ans, je me suis fais jeter de toutes les maisons de disques parisiennes. En plus, je connais des dizaines d'auteurs-compositeurs remarquables qui n'intéressent personne et qui déchargent des camions huit heures par jour. Mais Vincent Delerm, s'il n'était pas le fils de l'autre, il n'aurait jamais fait un disque. Idem avec Charlotte Gainsbourg. Sur ce sujet-là, je m'énerve réellement...   

Et hop, deux scuds envoyés...

Cette explication de son goût pour la provocation en vaut bien une autre. Le fait est que cette différence qu'on lui renvoyait (il en parle souvent) tant en descendant à Clermont-"Versailles" qu'en montant à Paris l'a marqué. Des son côté, Gainsbourg parlait de l'étoile jaune, comme du long travail pour faire accepter "sa gueule"...  Ceci a joué dans l'émergence de leur singularité artistique:

"Tous les chanteurs français "importants" ont quelque chose de particulier dans leur diction, que ce soit Gainsbourg qui a anglicisé le français, ou Bashung ou Christophe, qui ont apporté leurs singularités à la langue. Toi, tu as aussi cette particularité dans ta diction ? Chronic'art en 2002

Je viens de l'Auvergne profonde, donc j'ai l'accent auvergnat, cet accent un peu traînant, avec des "o" ouverts. Et puis je viens d'un milieu très populaire, j'ai été élevé par des gens qui parlaient patois. Je ne dirais pas que le français est une langue étrangère, mais j'ai été très traumatisé, au début de ma carrière lorsque je montais à Paris, par les gens qui se moquaient de mon accent auvergnat. Ça me terrifiait. J'ai toujours ressenti l'oppression de l'accent. Quand tu as un accent franc, comme celui de Toulouse ou de Marseille, les Parisiens trouvent ça adorable, mais l'accent auvergnat, ça les fait marrer".

Notons ici  que Gainsboug était un vrai parisien, urbain (s'ennuyant en Normandie), alors que JLM lui revendique bien sûr sa ruralité  (et la pratique des sports de plein air, c'est curieux mais on ne trouve rien sur google sur "Serge G. et le sport"). Concernant cette géographie, j'ai envie de parler de la Rue de verneuil et de Douharesse... Ce n'est pas si courant que des artistes ne "se cachent pas", ce qui a pu à tous deux occasionner des soucis. Ces adresses, toute proportion gardée, Murat n'est pas iconique comme Gainsbourg,  sont des "pèlerinages" pour les fans, et  on sait que Gainsbourg appréciait parfois d'ouvrir sa porte (l'éditeur L. Balandras racontait cette semaine sur fb ses périples de Villefranche à Paris, et une discussion sur le trottoir). 

Dans ce discours médiatique,  ils  jouent tous les deux de leur double ou de leur triple: Ginsburg/Gainsbourg/Gainsbarre et Bergheaud/Murat. Pratique pour s'excuser de ses dérives? Certes, mais aussi simplement l'artiste qui va forcement s'interroger sur sa représentation médiatique, ce qu'il incarne, ses inspirations et l'homme qu'il est. Celui qui va vendre son disque de la maturité en disant "c'est vraiment moi"  est quand même ridicule. Moi même, vous savez cette infâme Pierrot, j'ai parfois du mal à le supporter, avec son humour à deux balles, Pierre lui est sensible et spirituel...

 

Bon, me voilà un peu à sec...  Il faudrait sans doute ajouter encore quelques paragraphes, mais je suis vidé, épuisé, et comme toujours, à un moment, j'ai envie de balancer ma p... (classe, toujours!) mon brouillon en ligne... pour passer à autre chose. J'ai réussi à caser mes notes. Peut-être aurais-je pu encore traiter de leur côté teigneux (me disait Bertrand louis de JLM), "dégueulasse" (me disait la Féline de JLM -attention, c'est un compliment)? de leur méfiance de la politique ( "la pop issue de Gainsbourg est plus à l'aise dans le détachement que dans l'engagement" me disait aussi Agnès Gayraud), de leur côté anar (de droite) mais toujours sans équivoque sur leur anti-racisme.  Enfin, il ne faut enfin pas oublier que la rue Serge Gainsbourg, sise à Clermont-Ferrand, est une adresse chère au cœur des muratiens, puisque la Coopérative de Mai  s'y trouve (un article à ce sujet). Il faudra bien que l'Auvergne rende hommage à JL Murat un de ces jours, mais le plus tard possible...

PS:  Le tribute "AURA aime Murat" : crowdfunding réussi! Si vous souhaitez participer, il est encore possible de contacter par mail:  contact(-at-)stardust-acp.com. L'heure est maintenant à l'organisation des sessions d'enregistrements.

 

 

LES CITATIONS EN PLUS

 

Elysian Fields:

Oren : Une chose qui est vraiment belle chez lui, c'est son attachement viscéral à la langue française, aux mots. En chantant dans sa langue natale plutôt que dans la langue du rock'n'roll, on peut dire des choses beaucoup plus profondes et personnelles. J'aimerais beaucoup pouvoir parler le français de Gainsbourg, de Léo Ferré, de Jacques Brel, ce serait très enrichissant de comprendre la poésie de ces grands auteurs… et de savoir à quel point Jean-Louis est talentueux. (sourire) Même si l'on peut éprouver des émotions en écoutant une chanson sans forcément en comprendre les paroles, quelle que soit la langue.

Aline (Dans Rollingstone)

"Et aussi de se défaire du fantôme de Serge Gainsbourg, qui plane tant sur la

chanson française que la pop depuis plus de vingt ans ?

RG : Je trouve que ça fait du bien de s'en éloigner, car ça fait vingt ans que les journalistes et fans cherchent le nouveau Gainsbourg. Il faut faire le malin, le dandy... tout le monde est dandy aujourd'hui : dandy décalé, dandy mon cul... J'adore Gainsbourg, mais il faut arrêter de ramener la culture pop française à cette seule grosse figure tutélaire. Il y a eu les yéyés, Dutronc, Évariste... je voulais éviter à tout prix les comparaisons avec Gainsbourg et Bashung. D'ailleurs, maintenant, tout le monde cherche le nouveau Bashung. Sauf qu'on ne le trouvera jamais, et ça n'a rien de grave. L'héritage français est lourd à porter. Après, il reste des mecs comme Dominique A, Jean-Louis Murat, qui ont toujours tracé leur route, sans être les nouveaux Gainsbourg ou Bashung

 

Ps:  Dans TRASH PALACE, où figure "Maculée conception" de Murat, une version de "je t'aime moi non plus" est présentée par...Brian Molko et Asia Argento.

 

LES MORTS EN PLUS

Bon, sachez qu'après ça, je ne vous ferai pas Philippe Chatel (malgré toute ma tendresse pour Emilie), ni Patrick Dupont ou encore Philippe Jaccottet...  Évoquons néanmoins Isabelle Dhordain ...voici  ci-dessous cette chanson que des artistes ont souhaité lui adresser. C'est assez remarquable.Cela m'évoque l'hommage que JLM avait souhaité rendre à Anne-Marie Paquotte.   Murat est passé le  19 février 1994  Sur le pont les artistes et chanté "Tout est dit" et "Le matelot"... J'avais tiré la conclusion au premier temps du blog qu'elle n'aimait pas Jean-Louis, avant de voir qu' en 2011,  il avait été programmé... mais l'émission n'a jamais été faite. Outre le fait que Lenoir et d'autres de la radio se réservait sans doute sa venue, on m'a rapporté que, suite sans doute à son premier passage de 94, il avait été blacklisté par les techniciens de l'émission... (On sait aussi du fait de certains propos de JL, que Vincent Josse s'était  fâché contre lui).    Allez, on finit malgré tout sur ce bel hommage:

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #Baby Love

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Publié le 2 Mars 2021

bonsoir,

bon apparemment, avec ce printemps bien avancé, c'est déjà Pâques, quelqu'un est ressuscité et c'est un juif:  Serge Gainsbourg.  Je n'avais pas prévu de vous parler de ça ce soir, mais cédons à l'anniversaire.  Avoir regardé les documentaires télé de la semaine, m'a replongé dans mes années lycée, le disque live du casino de Paris tout ça.... Même si j'ai assez peu écouté depuis.

Dans le documentaire diffusé sur France 3, nous avons vu des images de l'enregistrement Initial BB à Londres... et on y apercevait Claude Dejacques.

 

Claude Dejacques, après Barbara, Boby Lapointe et avant Yves Simon, Duteil et MURAT, a en effet  joué le rôle de Directeur Artistiques de Gainsbourg durant 7 ans.     Je vous avais fait sa bio et parlé de l'épisode Murat.

Avant Gainsbourg, il s'était occupé de Brigitte Bardot, et il indique dans son livre avoir insisté auprès d'elle pour qu'elle accepte de rencontrer Serge... Elle préférait Ricet Barrier! Dans les quelques pages sur Barbot, il raconte l'enregistrement de "je t'aime moins non plus", les disques qu'il fait gravés pour la promo et qui seront les seules à être conservés, et le courrier de l'avocat de BB bloquant l'utilisation du titre...   

Voici les pages consacrées à GAINSBOURG ci-dessous (livre "piégée? la chanson...?" édition entente, 1994). On y apprend notamment le rôle de Guy Béart dans "Gainsbourg percussion" (Claude joue de l'euphémisme dans l'influence que le disque  d'Olatunji a eu sur Gainsbourg)...

C'est déjà un article assez lourd.... alors je vous donne rendez-vous ce soir ou demain pour une deuxième partie  "MURAT/GAINSBOURG".

SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES
SERGE GAINSBOURG par CLAUDE DEJACQUES

 

Est-ce ceci dont parle Dejacques?, OUI ! Issu de "centrale variétés" et cela se termine par la javanaise...

extrait du site: https://www.mistergainsbarre.com/gainsbourg-tel-quel/  (je lui pique car j'avais fourni la doc!)

Claude Dejacques :

« C’est le fameux tournage de “La javanaise” qui a déclenché sa rupture avec sa femme : mon idée de scenario était que Serge écrivait la chanson chez lui puis elle se développait à travers Paris, alors on a commencé à tourner rue Tronchet. Il y avait là une super moquette toute propre et les godasses des technicos avaient laissé quelques traces… Sa femme était absolument furieuse. Après notre départ je sais qu’ils se sont engueulés…»

Au cours de cette ultime dispute, elle lui flanque un pot de confiture à la tête : il l’évite, le projectile s’écrase sur un mur, il regarde fasciné l’explosion murale, les fraises qui dégoulinent dans une sanglante mélasse…

Claude Dejacques :

« Alors elle a pris le bracelet de diamants et rubis qu’il lui avait offert et elle l’a balancé par la fenêtre en lui disant d’aller le chercher. Mais il n’y a pas été… »

Texte de DEJACQUES au verso de l'album Gainsbourg percussions:

« Au début, c’est un rythme de doigts sur le bord d’une table de bois Empire. Des idées, des images naissent. Bientôt, Serge ne dort plus sans battement, sans une touffe de battements où se mêlent les pulsations naturelles de la vie. Deux mois plus tard, Alain Goraguer et moi nous retrouvons dans le même état : il faut opérer d’urgence. Résultat, le studio se met à battre aussi autour de cinq percussionnistes et de douze choristes. Quelques titres d’un style plus «jazzistique» se greffent aisément sur la couleur purement africaine. Au-dessus de tout cela, les textes, ciselés, incrustés sur les Sons : la marque Gainsbourg. »

A noter que Dejacques a dirigé le disque de ZIZI JEANMAIRE où elle chante du Gainsbourg (live 1977)

PS:

MERCI A TOUS LES CONTRIBUTEURS DU PROJET "AURA AIME MURAT"!!!!

J-2 avant la fin de la période initiale du crowdfunding et nous avons atteint la somme!!!  Les frileux peuvent désormais commander le disque et les bonus avec un risque limité! Tout l'argent récolté servira à améliorer le disque et le projet.  116 contributeurs, ça reste peu!

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/auraaimemurat?fbclid=IwAR3ymWw2tGGaOHRYmp3l2ERzBnZuvMJBboIsUXSqtonPAgX5g7T-Qh-v7AQ

 


 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 26 Janvier 2021

1)  L'autre jour, je fais un petit post facebook sans nommer et taguer Olivier Adam (il me semble)... Juste pour me rappeler ce beau cadeau de cette dédicace:

ça fait combien de livres qu'il m'oublie depuis? ;.)

Posted by Surjeanlouismurat Pierrot on Friday, 8 January 2021

Et M. ADAM... a commenté et m'a adressé son livre!!   Oui, je me la ramène je sais, mais votre amour m'est très nettement insuffisant par moment, surtout  qu'il est bien médiocre, je ne suis au mieux qu'une maitresse à qui on accorde quelques minutes sur un smartphone en cachette... et inutile d'aller me chanter : ne joue pas au jeu de l'amant le plus vaniteux... enfin passons.  Et vous savez quoi, il y était de nouveau question de Jean-Louis Murat... Oui, encore (dans les quelques feuilletons disponibles sur ma plateforme,  ceux qui ont le plus de "saisons" sont "Games of thrones de la pop : Dominique A/Jean-Louis Murat" et "la famille ADAM" sans aucun doute)...  Voici en replay:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-evocation-de-murat-dans-le-dernier-olivier-adam-110680982.html

http://www.surjeanlouismurat.com/olivier-adam-chanson-ville-silencieuse-jean-louis-murat

http://www.surjeanlouismurat.com/2018/01/olivier-adam-et-son-inspiration-dans-ses-oeuvres.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-olivier-adam-les-lisieres-suite-111812749.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-en-vrac-hardy-pauline-concert-de-lyon-et-olivier-adam-56465605.html

Le livre débute par du Murat sur "ça, c'est fait, babe"... Il est donc question de séparation... mais ça va bien au delà d'un divorce.

 

 

 

Pour la saison 2021,  globalement,  j'ai trouvé qu'on restait bien dans l'univers d'Olivier, la mer, la Bretagne, l'exploration de l'univers familial, le héros qui est loin d'en être un (après l'incompréhension, il se rend compte et nous aussi des raisons de la séparation), et sa passion pour le Japon... qui pourtant est sévèrement égratigné, en mettant en scène en bonne partie ce que Carlos Ghosn a reproché à la justice de ce pays. Mais ce n'est peut-être pas essentiel...  même si comme dans tout bon mélo, différentes cordes sont tirées pour que le drame se noue. Injustice judiciaire et injustice de la vie. Si fortes.  Et c'est sans doute l'histoire qui m'a le plus touché dans l'oeuvre d'Adam, aussi parce qu'il est question de mariage mixte, de la fragilité de l'amour, et d'enfants, et qu'Olivier Adam ajoute une autre histoire de disparition à la principale (et même une 3e): un fils qui choisit de rompre avec ses parents bourgeois pour rejoindre l'ultragauche. C'est peut-être un peu casse-gueule dans le roman, mais là, encore, j'ai été ému par  ce que cela m'évoquait. (J'hésite à le formuler, mais j'ai pensé à Matthieu et à sa maman- amitiés).

Pour en revenir à l'histoire principal même si on devine le dernier coup de poignard à l'intitulé du chapitre, celui-ci fait tout de même son effet, et ce "tout peut s'oublier" est un renoncement absolument terrifiant.

 

- On en revient à des choses plus légères et l'humour? 

Le nom de Jean-Louis Murat est également cité dans le livre entre les Tindersticks et Etienne Daho.

 

 

Mais c'est Dominique A qui prend le dessus, cité deux autres fois: "au revoir mon amour, peut-être un autre jour, peut-être une autre année, aurait chanté Dominique A" et également "Ah, comment certains vivent, aurait chanté Dominique A. si de nouveau nous l'avions convoqué pour commenter - mais sans doute préférerait-il qu'on le laisse tranquille". Et nous aussi, car le name dropping occupe par endroits beaucoup de place... et en plus si c'est pour citer du Etienne Daho, franchement!:  "il n'est pas de hasard. Il est des rendez-vous. Pas de coïncidence"-p.65 (je rigole). Enfin, on retrouve Daniel Balavoine... avec bien sûr "mon fils, ma bataille" (utilisé comme une expression  idiomatique), et "Il était comme Daniel Balavoine. La vie ne lui apprenait rien".

Sachez que j'ai ri de la pique : le personnage principal étant programmateur d'un ciné "un Ken Loach, le nouveau James Gray et  un truc avec Luchini parce qu'il fallait bien contenter les retraités", et comme en écho avec les chroniques familiales qu'il écrit: "Il écouta tout de même son père lui vanter les mérites d'une énième comédie avec Franck Dubosc, ou Kad Merad, d'un quelconque film de réunion de famille ou s'ébattaient Jean-Paul Rouve ou Guillaume de Tonquédec, et d'une daube de Nicolas Bedos..." ( Kad a bien-sûr joué dans "je vais bien, ne t'en fais pas", adaptation d'un livre d'Olivier....)

BIBLIOGRAPHIE  N°7 : Encore et toujours Olivier ADAM et VIGNOL/BERBERIAN

Pour aller plus loin: à écouter https://www.franceinter.fr/emissions/cote-club/cote-club-12-janvier-2021

à 9'08: il est question de Murat : Adam "C'est fondateur"...  "le manteau de pluie du singe  même m'a conduit à lire de la poésie japonaise".  Juste avant, il parle de Dominique A influence stylistique majeur pour lui. La séquence sur Murat à écouter :

 

 

Olivier Adam, tout s'oublier, flammarion, 20 euros.

Un grand merci à lui.

 

2)  Et dans la série "ah quoi tu en es rendu mon fils", j'ai dû acheter un livre sur Johnny Hallyday!! Oui, je sais... Il va vite aller  dans le placard "archives Murat". Normalement, j'aurais volé une petite photo au Cultura du coin,  mais quand l'auteur est un bienfaiteur du blog... ça ne se fait pas... même si au passage, je l'ai grondé! En effet, Baptiste VIGNOL qui s'est sans doute plus volontiers consacré à son "Alain Delon, le dernier guépard" (sublime selon la presse unanime), a commis une boulette... que je ne pouvais pas laisser passer après mes deux articles précédents autour d'"a bird on a poire".

Le livre recense les chansons dans lesquelles Johnny est évoqué... et c'est effectivement assez surprenant de voir le nombre de titres... à commencer par la première: Ferré dès 1961.

 

Et naturellement, Jean-Louis Figure avec Mashpotétisés.

BIBLIOGRAPHIE  N°7 : Encore et toujours Olivier ADAM et VIGNOL/BERBERIAN

Vous avez vu la coquille?

Je vous laisse quelques instants pour y réfléchir.  Aurait-il fallu citer également d'autres titres de Murat où figure le prénom "Johnny"?   Jean-Louis répond:

Non johnny c’est moi ! Dans plusieurs de mes chansons je m’appelle Johnny. J’ai pris cette habitude depuis mes débuts, surtout lorsque je mets des paroles en anglais. Ce Johnny est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais a vu le jour à Montmartre, il chante Johnny B. Good mais ça fait rigoler tout le monde …  Il a un côté un peu dérisoire, mais ce n’est pas Johnny Hallyday ».

Murat refuse sans doute que ce prénom soit privatisé par un SMET, ces références à lui étant sans doute Johnny Guitare, et Johnny Frenchman (deux titres de film), mais dans "le tremplin",  il cite tout de même Les portes du pénitencier à quelques vers de Johnny...

Le fait est Johnny welcome home
Johnny welcome
Oh les jours de neige de neige au Veillis
Quelques bonnes longueurs de ficelle au cas où
En bas claquent Les Portes du Pénitencier
Mais bon dieu bon dieu elle va pas tout gâcher
 
- Et donc, vous aurez donc vu que Mashpopotétisés est crédité du seul Jean-Louis Bergheaud... Il manque donc Fred Jimenez, à la musique! Vous pouvez retrouver l'excellentissime interview de ce dernier sur un petit bloq qui monte... et qui descend:  http://www.surjeanlouismurat.com/2021/01/inter-vious-et-murat-jimenez-charles-n-1-du-cote-de-chez-fred-et-marie-jeanne-serero.html
 
Quant à la relation MURAT/Hallyday: vous retrouvez tout cela ici.
 
 
Baptiste Vignol/Berbérian aux illustrations,  "Oh, Johnny, si tu savais... Quand les chanteurs parlent d'Hallyday!", Hors-Collection, 9,95 euros
 
 
 
 
LE LIEN EN PLUS EST EN PAUSE DE MIDI ENFERME DANS SON BUREAU
 
On le retrouvera donc dans le prochain article s'il n'a pas attrapé le covid (mais mes liens en plus sont garanties sans virus)
 
 
 
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie, #divers- liens-autres

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