Paix à Gueret, Guerre à Paris

Publié le 18 Novembre 2015

Notre correspondant de paix a enfin retrouvé le chemin du travail... Il nous livre à nouveau un texte dont il a le secret sur une soirée oh combien particulière... Sans commentaire de ma part (je me suis tenu en retrait cette fois). 

Chronique d'une passion et de l'abjection

Vendredi 13 novembre 2015, Jean-Louis Murat donnait son pénultième concert de l'année 2015 dans la ville de Marcel Jouhandeau. Compte rendu (presque) ordinaire.

C'est au moment où nous commencions à nous dire que Guéret est une ville vraiment très calme, même pour un dimanche, qu'il nous revint à l'esprit que nous étions vendredi. La surprise n'était pas totale, quelques indices nous ayant préparé à cette ambiance, tels ce désir d'exil insistant des natifs du lieu, les témoignages ironiques sur l'intensité de la vie nocturne locale ou la mise en avant, par le site internet de la commune, des Archives Départementales comme espace possible... de loisirs. Au moins la préfecture limousine ne risque-t-elle pas de se voir reprocher un jour d'être "la capitale des abominations et de la perversion".

Une brève visite au musée de la Sénatorerie, qui se veut à la fois d'Archéologie, des Beaux-Arts, d'Histoire naturelle, de la Tapisserie et plus encore, au point d'en devenir indigeste, nous aura néanmoins permis d'admirer, entre autres, Le Baiser de Jean-Louis Rodin, de beaux paysages de l'École de Crozant et, plaisir plus personnel, une photographie de Maurice Rollinat au piano, l'instrument se trouvant juste en-dessous. Pourtant, dans la fraîcheur venteuse et automnale du début de soirée, il nous fallut nous rendre à l'évidence : une fois passé le concert de Murat à La Fabrique, nous ne demanderions pas l'asile politique à Chaminadour…

Paix à Gueret, Guerre à Paris

Un chanteur a-t-il le droit d'être en petite forme et dans un mauvais soir ? Assurément. Mais un fan ? Ne devrait-il pas, lui qui n'a ni pression, ni responsabilité, faire preuve d'une bienveillance et d'une adoration sans faiblesse vis-à-vis de l'artiste qu'il admire ? Avouons-le donc sans détour, si Murat paraissait d'excellente humeur et heureux d'être là ce vendredi, nous n'étions pour notre part pas totalement "dedans", peut-être en raison d'un positionnement éloigné dans la salle, qui nous empêcha de scruter les visages des principaux acteurs, leurs échanges de regards et de sourires, si précieux à nos yeux. Et le fait est que ce concert, qui parut au final avoir comblé une grande partie de l'assistance (300-400 personnes), ne déclencha jamais notre enthousiasme. Saisissons pourtant cette occasion pour l'évoquer de manière plus distancée qu'à l'accoutumée, en décrivant ses points forts et ses points faibles.

La soirée débute avec le jeune Matthieu Lopez, alias Matt Low, qui avoue se sentir "bizarre" pour cette dernière apparition en première partie de celui qui est aussi son parolier. Le musicien est poli (il remercie toute l'équipe de Murat, depuis Laure jusqu'à Jocelyne), joli garçon, souriant, propre sur lui. Immédiatement attachant – au risque de paraître lisse. Hélas, cette impression ne provient pas que de son allure et il se dégage de son set une certaine monotonie mollassonne. Comme le jeune homme débute dans le métier de chanteur (bien qu'il ait déjà une longue expérience de sideman) et semble suffisamment bien entouré pour avoir sa ration d'éloges (on pourra se reporter au témoignage embedded et passionnant que son bassiste a publié sur le nouveau blog de la Coopérative de Mai), permettons-nous quelques observations critiques, aussi argumentées et constructives que possible.

L'un des soucis de sa prestation de vendredi nous semble venir du chant, trop monocorde, manquant de variété et de nuances. Ses progrès sont tout de même notables, en terme de justesse, depuis son passage sur RFI, nous ne reprendrons donc pas à notre compte la vacherie proférée par l'ami Plainelle ("De toute façon, dans le Delano, y a qu'le batteur qui sait chanter correctement !"), mais l'encouragerons au contraire à se lâcher davantage. Pour ce faire, il lui faudra peut-être surmonter une deuxième difficulté, liée à la précédente, provenant des textes de Murat. Plusieurs d'entre eux sont assez minimalistes et répétitifs et quoique leur auteur ait déclaré qu'il avait "pris appui" sur ceux déjà écrits par son interprète (et compositeur), on y retrouve non seulement certaines de ses thématiques de toujours (cf. "T'as besoin d'apprendre à défaire"), mais aussi une partie de son vocabulaire bucolique et champêtre qui, s'il sonne aussi naturel dans sa bouche que le verlan dans celle de Joey Starr, paraît parfois décalé dans celle de Lopez. Rien de grave, ni même d'étonnant, si l'on se souvient par exemple que Murat déclarait en début d'année : "Mes chansons sont comme de la viande que l'on doit mâcher longtemps." Il s'agira donc bien à l'avenir pour Matt Low de se mettre en bouche les mots de son auteur, jusqu'à parvenir à en faire ressortir, à force de mastication, les saveurs les plus personnelles – déjà repérables ici ou là, notamment dans le très joli "Misty". Répétons-le, Lopez doit apprendre à se laisser aller et aurait tout intérêt à instiller dans son chant et son attitude scénique un peu de la folie et de l'énergie contenues dans l'exclamation qui sert de titre à son EP : "Banzaï". (Notre référence, on l'aura deviné, étant ici davantage le cri poussé par Jules-Edouard Moustic à la fin de ses journaux grolandais que celui des aviateurs japonais kamikazes de la Seconde Guerre Mondiale…)

Y a-t-il du Moustic (ici lors de la cérémonie de clôture du Festival du Court de Clermont, en 2014) en Matt Low ? A voir...

Y a-t-il du Moustic (ici lors de la cérémonie de clôture du Festival du Court de Clermont, en 2014) en Matt Low ? A voir...

Venons-en au parolier de Matt Low. De toute évidence, il est content de se produire devant le public de Guéret, à qui il lance, dès son entrée sur scène et avec une chaleur peu commune : "Le Puy-de-Dôme salue la Creuse ! Vous allez bien, voisins ?". Un entrain qu'on peut attribuer à la proximité géographique ("Vous connaissez le Sancy vous au moins" se réjouit-il après "Neige et pluie"), mais encore à des amitiés anciennes (avec Hervé Herpe, co-directeur de la salle, qu'il présente comme un "vieux copain") et à des préoccupations partagées. Ainsi Murat appelle-t-il à faire souffler "le vent de la révolte" contre la réforme territoriale en cours qui oblige Puydômois et Creusois à fusionner, respectivement avec les Lyonnais et les Bordelais, deux peuples qui, selon lui, "compte[nt] avant de penser". À ses côtés, on retrouve l'indéfectible et inestimable Stéphane Reynaud, un Gaël Rakotondrabe toujours aussi créatif et finaud derrière ses claviers et un Chris Thomas qui, une fois n'est pas coutume, ne paraît pas dans son assiette et reviendra sur scène bien après ses compagnons au moment du rappel. Mais l'un des avantages d'une soirée comme celle du 13 novembre 2015 est qu'elle permet, a posteriori, de relativiser sans peine ce genre de détails.

La Fabrique, "scène conventionnée pour les écritures du monde et les musiques".

La Fabrique, "scène conventionnée pour les écritures du monde et les musiques".

Pour ce qui est du contenu du concert, nous l'aborderons brièvement, puisqu'il s'agissait de l'avant-dernier d'une longue tournée, déjà abondamment commentée. Ce vendredi, JLM propose donc quatorze chansons, dont quatre inédites. La palme d'or revient ce soir sans conteste à "Neige et pluie au Sancy", puissante, dissonante, lourde et poisseuse, qui vaut au quatuor de longs applaudissements. Sur le petit papier qui nous sert de pense-bête, nous notons, pour décrire l'atmosphère générée par cette interprétation : "cauchemardesque". Il est alors environ 23h00 et à cet instant, confortablement assis dans le fauteuil d'une salle de concert située dans une petite ville du centre de la France, cet adjectif a pour nous une connotation positive. Parmi les autres réussites de la soirée, nous retiendrons aussi "Chagrin violette", révélation pop de cette troisième partie du Babel Tour, un titre qui aurait constitué un dernier single nettement plus intéressant pour une diffusion en radio que "Camping à la ferme" (et nous prions ici les choristes Justine et Gaspard de ne surtout pas prendre ombrage de cette remarque, laquelle leur est moins destinée à eux qu'à la maison de disques). N'oublions pas "Long John", la chanson préférée de notre voisine de devant, interprétée d'une voix caressante par le chanteur-siffleur. Mention spéciale également à "Qu'est-ce qu'au fond du cœur", qui alterne la douceur et la fièvre, avec le soutien du public. Cette chanson, présentée pour la première fois sur scène le 19 juin 2014 (sous le regard bienveillant d'une fan appartenant au canal historique) aura décidément bien tenu la distance, finissant toujours les concerts dans le peloton de tête des plus valeureux de l'étape.

"Le bruit du sang", "les pleurs de mère", "de la pluie plein les yeux", etc. "Chagrin violette", live at Guéret, filmée par John Delvas (que nous remercions).

Du côté des insatisfactions, deux morceaux en particulier nous auront déçu, pour des motifs différents. "Frelons d'Asie" est une des meilleures chansons de Babel et elle flirta régulièrement sur scène avec le sublime, que ce soit avec le Delano ou avec le trio Toto-Rako-Reynaud. Mais ce soir, JLM en livre une version qui nous paraît anémiée et sans relief. Peut-être qu'à force de vibrer jusqu'aux larmes à son écoute, aussi bien dans la salle que devant la vidéo du New Morning, attendions-nous ce soir un peu trop de ce morceau ? Quant au "Grand vivier de l'amour", JLM en sabote le refrain, nous privant du plaisir du crescendo des "an-an-an" sans lesquels cette chanson perd une partie de son charme. De toute évidence, il faut se résigner à l'idée que jamais plus nous ne connaîtrons une interprétation du niveau de celle qui nous avait transporté, en juin dernier, dans la ferveur d'une Petite Coopérative de Mai bondée. Dans ces conditions, peut-être serait-il préférable que JLM ne l'enregistre pas sur son prochain disque, plutôt que d'en proposer une version au rabais. "Le grand vivier" rejoindrait alors la longue et luxuriante liste des "Inédits scène", trouvant sa place, par exemple, aux côtés de "Je ne cesse de penser à toi" ("Quelle vie de cendres / Toujours Novembre / Je ne cesse de penser à toi").

Au rayon des nouveautés, remarquons l'originalité du "Cafard", tant du côté du texte que de la construction rythmique. Murat interprète le refrain ("En Haute-Savoie / Face caméra / Coupez !") en accompagnant l'impératif d'un mouvement sec de la main, qui accentue son tranchant et nous fait songer sur le moment à "Taormina" : "Coupe la mort / Coupe la mort". Quant au "Chien de Californie", annoncée comme "rigolote", la chanson bénéficie d'arrangements surprenants et du renfort vocal de Stef. Question drôlerie, nous ne nous prononcerons pas, laissant les personnes qui l'ont entendue libres de lui trouver sa juste place sur l'échelle du rire, quelque part entre "La saison des radis" et "Fort Alamo" (la touche canine et les aboiements du chanteur étant sans doute les seuls points communs avec ce dernier titre, pas réputé pour déclencher l'hilarité).

Le dernier morceau du set sera "Tout m'attire", chanson pour "les cœurs féminins" (et "Y a pas que les filles qui ont des cœurs féminins", précise judicieusement le chanteur). Bien que nous soupçonnions ce morceau d'être important pour son créateur, il n'est jamais parvenu à nous bouleverser, nous apparaissant bien pâlot à côté des nombreuses perles produites par Murat dans le registre amoureux. En outre, son titre nous rappelle immanquablement la chanson "Tout m'attire en vous", d'un dénommé Alain Bonnefont, laquelle nous procure plus d'émotion. Pour finir, nous attendions avec espoir "Mujade Ribe", qui nous avait tant charmé voici quelques mois et que l'ami Martial avait eu le plaisir d'entendre à Montrouge, mais ce ne sera pas pour cette fois. Ou, plus exactement, pas pour la scène. Car ce soir, le mauvais temps est bien au rendez-vous, l'orage gronde, mais c'est en quittant la salle que nous allons petit à petit en prendre conscience.

Une version électrique de "Taormina" en 2010. "Coupe la mort, coupe la mort, coupe la mort..."

Ce sont d'abord des réponses hésitantes à l'anodine question "Ça va ?". Des visages moins détendus qu'on ne l'attendrait au terme d'un concert. Puis des premiers mots, isolés, encore brumeux : "attentat", "coups de feu", "Paris". On se renseigne, petit à petit, de nouveaux termes chassent les précédents, qui n'étaient pas encore digérés : "prise d'otage", "explosions". Ils s'ancrent dans des lieux plus ou moins précis : "terrasses", "Stade de France", "Bataclan". Jusqu'au premier chiffre, lu sur le smartphone d'une fan qui assistait à son premier concert de JLM (et l'adora) : 42. La vedette du soir sait-elle ce qui se passe à Paris ? Il serait étonnant qu'on ne lui ait rien dit avant le rappel ou après sa sortie de scène. Quoi qu'il en soit, Murat n'en laisse rien paraître, discute avec les spectateurs, signe des autographes, accepte volontiers les photos, y associe son jeune protégé, pas du genre à faire la retape pour vendre  son EP… Nous retrouvons deux ou trois visages connus, que nous sommes contents de revoir, même si rien n'allège l'inexorable pesanteur qui est en train de s'abattre sur cette fin de soirée. Soudain, Breaking news : le véhicule de tournée a été braqué, les affaires des techniciens volées… Jocelyne gère la montée du stress et convoque l'Histoire avec un grand H : elle se souvient d'un précédent braquage du côté de Lille, à la suite duquel elle avait donné des t-shirts à l'effigie de Murat aux techniciens, puis remarque en riant qu'on est vendredi 13...

Son humour nous manquera les heures suivantes, passées dans une chambre d'hôtel, à zapper devant les diverses éditions spéciales télévisées. Tenter de mettre quelques images sur l'enfer pressenti dès le hall de la Fabrique, chercher des détails (nombreux), des débuts d'analyses (rares) qui donneraient un peu de sens à tout cela… Songer à cette étudiante qui nous confiait, voilà quelques mois, avoir le sentiment d'appartenir à une génération n'ayant jamais connu la guerre et partie entre-temps s'installer à Paris. Se souvenir de Michel Renaud, victime de la tuerie survenue le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo, dont le Festival du Carnet de Voyage (qu'il avait créé) débute aujourd'hui même à Clermont. Les chiffres augmentent, de 42, on est déjà passé à 118 – "tiens, comme le numéro de la chambre" (pourtant, on aimerait n'avoir que des pensées à la hauteur, dans ces moments-là). Et puis à l'aube, après quelques heures de sommeil, se rebrancher sur les matinales spéciales et les chaînes d'info en continu parties pour mouliner des jours durant. Dans le flot d'images partielles, de témoignages de survivants, d'analyses plus ou moins poussées, d'hommages au travail des secouristes, de déclarations démagos de Wauquiez, nous remarquons alors un tweet, anodin, qui décrit le silence soudain tombé sur Paris :

**********

C'est au moment où nous commencions à nous dire que Paris est une ville vraiment très calme, même pour un dimanche, qu'il nous revint à l'esprit que nous étions samedi.

Paris était-elle soudain devenue aussi tranquille que Guéret un dimanche ?

Non, Florent Marchet a raison : "on se croirait dimanche, mais ce n'est pas pareil". Décidément – irréversiblement –, ce n'est pas pareil.

 

Paix à Gueret, Guerre à Paris

 

Merci Matthieu!

Même en manque d'air,  Paris ne sera jamais pris.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Muse 24/11/2015 20:33

Un moment en lisant l'article, j'ai cru que Matthieu parlait de lui façon roi de Naples (effet de bord de l'état d'urgence), et puis ouf, je vois qu'il cite plusieurs personnes...;-)
Désolée pour l'équipe de JLM qui a dû faire face aux petites frappes du FN...
Même ressenti que toi Matthieu concernant "tout m'attire" qui me paraît très fade, alors que sur le même album, "les ronces" atteint des sommets dans l'émotion et la sensibilité. Mais bon, peut-être JLM a besoin de ce titre "tout m'attire" en ce moment pour rassurer sa dame...
Et pour Matt Low, franchement...bof.
Sans doute un gars très sympa mais sorti de là, son travail artistique ne me transcende pas à l'écoute de l'EP.
Il a une jolie voix mais s'il l'utilise de façon monocorde en concert, c'est dommage.
Je ne suis pas plus attirée par le travail d'Alexandre Rochon. Seul le travail de Morgane "les songes de Léo" me paraît un peu se détacher du lot.
En parlant de Christophe Pie, je le verrais bien faire un duo avec Alice Botté. Je ne sais pas pourquoi mais je suis sûre que les deux feraient une belle équipe. Et ça me ferait plaisir que Christophe Pie puisse lui aussi tirer son épingle à l'issue de Babel.
Pour le reste, la musique transcendera toujours la souffrance, la mort, la violence.
Youssef Chahine le montrait très bien dans son célèbre film "le Destin". A voir et à revoir...

http://www.dailymotion.com/video/xdovqo_alli-soutak-b-o-f-le-destin-youssef_music

Matthieu 06/12/2015 17:27

Ta première intuition était la bonne, Muse, il s'agit bien d'un pluriel dit "de majesté". Il est venu comme ça et j'ai donc tenté par la suite de me dépatouiller avec. Manifestement, je n'ai pas dû y parvenir totalement, si tu as fini par croire que j'étais une bande de fans à moi tout seul...
Concernant "Le Destin" de Jo Chahine, je souscris. Très beau film.

Pierre-Emmanuel 22/11/2015 10:40

Très beau texte, Matthieu.
Merci à toi.

Matthieu 06/12/2015 17:24

Un petit merci en décembre pour ce compliment de novembre. "Très beau", je ne sais pas, mais je l'aurais en tous cas préféré plus gai...
Salutations à toi, Pierre-Emmanuel.

Armelle 18/11/2015 15:12

merci Matthieu (je ne connais toujours pas ton nom); toi seul pouvait aussi bien retranscrire cette soirée à Guéret... mon ressenti n'est pas le même pour certains titres et notamment sur "Tout m'attire" mais c'est bien normal, je suis une fille avec un cœur "féminin" n'est-ce pas?
Tout comme on se rappelle exactement de ce qu'on faisait un certain 11 septembre au moment où l'on a appris ce qui se passait à New-York, on ne pourra jamais oublier le lieu, la famille ou les amis avec qui l'on se trouvait ce 13 novembre : je sortais de la salle de concert, je me suis trouvée face à toi, heureuse et surprise... et tu m'a annoncé la tragédie; incompréhension, émotions contradictoires, le Grand Vivier de l'Amour n'était plus ce qu'il avait été en juin... rien ne serait jamais plus pareil.

Armelle 20/11/2015 00:06

Les archères te saluent Matthieu! ;)

Matthieu 19/11/2015 12:41

Merci également à toi Armelle.
En fait, je suis plus partagé que j'en ai l'air sur "Tout m'attire", car musicalement, elle offre une variété (avec trois mouvements mélodiques bien distincts) pas si fréquente chez JLM. Mais elle ne me touche guère... De là à attribuer cette indifférence (partielle) de ma part à un cœur masculin... Aurais-je un cœur... trop laid ?!

Oui,ce vendredi 13 à Guéret restera dans nos mémoires. Au fond, nous y fûmes, toi et moi, bien plus plongés dans l'obscurité qu'à deux heures du matin, place du 1er Mai, en juin dernier, lors d'une nuit enchantée (grâce à nos deux vaillants guitaristes) qui fut quant à elle lumineuse... Les paradoxes de la vie...

Une bise pour toi et une aussi pour l'autre Isabelle. Visez juste, mesdames !

Florence 18/11/2015 15:05

ah Matthieu ! Que ce soit le barbu-chevelu ou le chevelu-barbu , notre coeur est acquis aux Matthieu (avec deux tt s'il vous plaît)
Merci pour ce compte rendu mélancolique , assombri par ce vendredi 13 (à moins que ce soit un chat noir ?) enfin, tout est mélancolie...
On sent que Matthieu n'est pas entièrement convaincu par ce concert.
je ne suis pas, en ce qui me concerne, convaincue par la nouvelle formation a laquelle je préfère, de loin, celle des Delano. Mais peut etre est-ce nostalgie des débuts et mes oreilles trop rompues au disque enregistré avec cette dernière...ou alors une pathologique résistance à la nouveauté arghhh on ne rajeunit pas msieurs dames !
Matthieu, je sais que tu n'es pas sur facebook mais je te remercie d'avoir parlé de "coupe la mort" car j'ai moi même choisi une photo de profil "trompe la mort" en pensant a Taormina...
Ceci pour le clin d'oeil...
Pierrot, bravo pour le titre évocateur de Guerre et Paix ...tout simplement magnifique.
Allez! hardi , petit ! on attend le prochain disque et on passe à autre chose.
A bientôt, amis.

Matthieu 19/11/2015 12:33

Le chevelu-barbu te remercie, Florence.
Et pour reprendre le titre du film de Claire Denis : "S'en fout la mort" !
À bientôt.

Isa 18/11/2015 14:59

Beau compte rendu, Matthieu. Grosso modo, impressions à peu près similaires sur le concert de Chambéry, la veille... c'est-à-dire, à l'époque où nous étions insouciants (enfin, pas tant que ça, me concernant, mais bon, je préfère ne pas m'appesantir sur la question pour l'heure).
Pas de Mujade Ribe non plus (alors que nous n'imaginions pas à quel point il aurait été d'actualité :-( ). "Tout m'attire", mêmes commentaires me concernant (Martial m'ayant réclamé un CR que j'avoue n'avoir eu ni l'envie ni le temps de rédiger), jolie chanson d'amour que je trouve un tantinet mièvre tant d'autres lui sont supérieures dans ce registre, mais, soyons magnanimes en ces temps obscurs, jolie quand même. Pour avoir assisté au concert de Mouans-Sartoux (ben oui, j'y étais aussi... Il faut savoir que, depuis les épisodes cévenols de 2014, là où l'eau est, je suis - comprenne qui pourra ;-( !), je suis certaine que l'envol de certains morceaux tient beaucoup au fait que la salle soit assise ou debout. Chambéry était résolument assise. Quand je dis "résolument", ce n'est pas tant que les gens ne voulaient pas se lever, cela tenait plutôt à la configuration des - très beaux - lieux et au fait que c'était la réouverture de la salle - jauge de 950 places, quasi comble, excusez du peu ! Bref, en gros, les mêmes morceaux qui vous ont accrochés à Guéret ont produit les mêmes effets chez nous (nous étant Rhia, Pierrot et moi) à Chambéry, je crois. Petit commentaire perso dont j'ai déjà brièvement fait part je ne sais plus où : le fait que la salle soit assise casse l'envie pour JLM & co de monter en puissance et de faire durer... si je puis dire (mais, puisque nous sommes de toute façon tous des pervers, autant ne pas nous gêner, n'est-ce pas ? ). Autre impression, Jean-Louis a déjà l'esprit tout entier tourné sur le prochain album, dont l'enregistrement doit commencer dans moins de 10 jours. En résumé, beau concert à Chambéry mais pas aussi dense et intense que celui auquel j'ai assisté à Mouans-Sartoux, avec mise en valeur des chansons plus intimistes, qui se prêtaient donc mieux à la salle et réduction des morceaux plus rythmés à 4 ou 5 minutes quand ils ont pu s'étirer sur près d'un quart d'heure dans d'autres sets... Haut les coeurs... jusqu'à Koloko !

Pierrot 19/11/2015 18:38

ah, quel merde cette plateforme... encore un bug sans doute

Matthieu 19/11/2015 12:42

P.-S. : Au fait Isabelle, tu as vu passer quelque part un CR de Pierrot sur Chambéry ?

Matthieu 19/11/2015 12:30

Merci Isabelle...

Si Martial t'embête pour les CR, dis-le moi, je lui mettrai un coup de boule à Koloko. Un coup de boule par derrière, pour plus de sûreté. Pendant qu'il chantera...

Oui, tu as sans doute raison sur les effets de la configuration de la salle sur le public ET sur le chanteur. Y aurait-il des concerts qui "puent la chaise" ?

Tiens, je pensais à toi récemment, car j'ai appris que l'une de nos bonnes rockeuses de Clermont était traductrice dans le civil. Elle vient de finir la biographie de Nash. Tu la connais peut-être...

Je te souhaite donc de retrouver un peu de l'insouciance qui nous a été ôtée ce week-end, quoique l'insouciance ne soit pas nécessairement la qualité première d'un homme ou d'une femme. Une insouciance... soucieuse des autres, alors.

Bises à toi, Isa (je suis à la recherche d'un fromage sans croûte pour Koloko...).