Soyons fou: Ecoutons le Biolay et le Murat d'affilée

Publié le 10 Janvier 2010


Allez, c'est ce que je me suis décidé à faire vendredi soir... et forcement, j'vous invite à partager mes impressions... désolé... ... Vraiment, je pense que ce n'est n'importe quoi cette époque où dès qu'on fait quelque chose, ou qu'on ressent quelque chose, il faut qu'on en parle sur Facebook ou qu'on crée un blog... n'importe quoi... ... en plus, c'est longuet... longuet...


1) Biolay:

Bon, ça commence par la Superbe… Titre long, normalement fort vu les longs violons longs de l’hiver (piqués chez les Smiths…je connais mal les Smiths mais on m’a orienté)… mais qui m’ennuie un peu… sauf le final : les fusées qui partent, le saxo… même si le texte ne me parle pas trop… non mais c’est vrai ça… à l’école, on m’a appris de ne pas répéter les mots comme ça… Oui, ça allitère… mais marre des serpents qui sifflent sur ma tête….

 

 


15 août apparait au premier abord moins roboratif… Le titre peut apparaitre un peu répétitif… et puis… « teu » « teuf »  prononcés par le chanteur… quelques petites onomatopées, une voix de femme…. J’ai lu qu’il chantait sur cet album, juste un peu sur cette chanson…

 

3e titre : 3e ambiance, là : reggae à la machines. C’est Padam. Un peu étonnant… là, encore, il s’amuse comme un petit fou à la programmation : les effets sont variés…et c’est loin d’être répétitif malgré le gimmick centrale…

 

Miss catastrophe : intro d’enfer (2 minutes) … en deux temps… toujours avec de la programmation, mais aussi du saxo… Le premier grand moment du disque… J’adore là encore les petits pastilles, ou fusées électro, les petits bruit de fusils silencieux qui partent… même si l’allitération en s, encore une fois, ne me plait que moyennement.

 

L’héritage… Ah, une vraie chanson, piano, avec du vrai chant… et le thème qui va bien, qui plait à maman… et qui touche forcement quand on pense à l’enfant… mais bon sang ! mais je rime !! …. Et en plus, les cordes se mettent à pleuvoir… faudrait pas me tirer les larmes… Et encore une invention d’arrangement avec l’utilisation de la theremine :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A9mine

le plus ancien instrument de musique électronique….  Au départ, j’ai pensé à un son de scie musicale !

 



Allez, séchez les yeux…. Un titre pop…. A la Marc Lavoine un peu énervé… Là encore, le piano derrière est la petite touche du Monsieur   Bahlsen de l’arrangement…

 

Et sur un fondu enchainé de sirène de pompier…. On passe au titre suivant Night shop… Assez Beatles je trouve…. D’ailleurs, ça doit en parler :  il évoque un chant de fraises…. Là encore, bel émotion… cordes…. Et là, le Monsieur plus, qu’est-ce qui sort de sa manche ?  Une trompette piccolo , et l’on termine sur la sirène qui s’enfuit…

 

Et c’est déjà reparti… une chanson plus simple pour respirer… avec guitare sèche… percu… simple… et pourtant… là, encore, c’est un petit bijou…

 

« Sans viser personne » …. Un air assez magnifique…. Il parait que ça parle de politique… c’est ma foi vraie… « il n’y a plus de gauche »… ah, oui, c’est normal que ça m’émeut… Ca me fait penser que j’ai failli le croiser au PS du Rhône, le biolay…

 

Rupture  jazzsystique…. Encore une intro de plus d’une minute…. J’aime pas qu’on me parle de toxicomanie…et je regrette un peu ce thème…  après ton héritage, je trouve ça malvenu… même si cette chanson un peu particulière dans l’album permet une belle respiration « asphyxiée ».

 

Retour brutal à la programmation… Jolie voix de Jeanne…. C’est bien sur le texte le plus évident et qu’on écoute  et comprend… J’adore… excellent rythme… et quand on a écrit un post it une fois dans sa vie à quelqu’un, qu’on a été touché par la séparation… c’est forcement touchant… Là encore, le truc bien vu : chanter  les parenthèses et les écritures, les ordonnances et les recettes… l’accélération, puis la rupture brutale et inévitable..  Imparable… même si, en lisant la chronique du film « 5*2 » de F. OZON (qui passe sur Arte mercredi 13), je me dis que ce dernier arrive à raconter la même histoire mais avec nettement plus d’originalité. 

 

 

…. Ca passe vite…. Faut changer le disque…

 

 

Tempo rapide… Titre pop et tubesque… mais manquant un peu de charme… Faudrait que j’arrête de  penser à Marc Lavoine… A mettre au crédit de Mr plus :  le petit joke d’intro et le synthé vibrant

 

3e grande intro du disque… trop courte presque… Back in the 80’s au son de la basse imparable… Cette fois-ci, ça m’a fait penser à un de mes titres préférés «juste live heaven »  de Cure…

et là, j’aime sa voix…Il chante vraiment et la pousse un peu (« mon cœur »… ). Le pont est vraiment une œuvre historique de reconstitution que ne désapprouverait pas le découvreur de Lucie Yves Coppens … Un de mes titres préférés….  Tant pis pour ceux qui connaissent tout par cœur et qui mitraillent les références… Moi, je reconnais juste l’époque…et ça me convient…

 

Tout ça me tourmente…. Il pleut sur cette chanson… ça clapotte… mais ça ne capotte pas… la voix de Jeanne intervient encore en choriste…. Tout ça m’emporte… tout ça me tourmente…  beau.. beau… Guitare à droite contre piano à gauche  à la fin…

 

La bascule sur la techno du titre suivant est un peu brutale… jusqu’au refrain qui est réussi.. même si j’aime moins les couplets… C’est « assez parlé de moi »… Assez tubesque je pense…. Même si ce n’est pas trop mon truc…

 

Encore un petit reggae…  qui passe au ska endiablé sur le couplet… sans enchainement… Pas mon titre préféré… J’ai passé l’âge du pogo faut croire… C’est « Buenos aires »… un sample d’un vieux chanteur…  et petit pont intéressant pour franchir l’océan… Il nous fait son Tostaki ou quoi ? …. Passons….

 

Guitare sèche et pourtant limpide soigne mon oreille…  c’est « raté » et c’est réussi. On m’a dit que ça ressemblait à Mustang de Jean-Louis Murat… Mouais, c’est vague… Jaconelli, le vieux complice, joue bien de la guitare.. D’ailleurs, on ne sait pas trop quel part il prend dans la réalisation… Elle ne doit pas être négligeable. J’avais bien aimé son travail sur le « taxi europa » d’Eicher.

 

Lyon presque ile…  Pour un lyonnais comme moi, c’est un peu décevant… et un texte un peu terre à terre et trop explicite à mon gout… Et il nous avait déjà fait le coup du « retour »… et là, il n’y a pas de chorale d’enfant d’enfer pour clore le tout… Là, c’est un quatuor, et une trompette…. Oui, c’est pas mal… Je pense un peu au « rendez-vous » d’Eicher sur son dernier album (écrit par Raphael).

 

Le titre suivant retourne à une ambiance que j’apprécie… « Mélancolique »….  J’adore…Là, Biolay sort du placard : un flugelhorn…Ca ressemble à un nom de montagne de l’oberland bernois.. mais c’est une trompette… le bugle, c’était son instrument au conservatoire, d’ailleurs, c’est bien lui qui en joue ! 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bugle

 

« reviens mon amour »… Encore un titre pop variété… un peu trop facile à mon goût… Pour ça, j’ai la radio… Bon, c’est assez dansant… Un titre idéal pour danser sur la piste du camping des flots boeux avec son grand amour des vacances… Pour le coup, je prends une dose de nostalgie sévère…

 

Le titre suivant semble sortie d’ « à l’origine »… « jaloux de tout »…  très gainsbourien…. Le titre finit quand même par m’emporter sur la fin… enfin, non, ce n’est pas la fin…. Enfin, c’est la fin habituelle d’une chanson… 3 minutes… sauf que là, elle dure 7’35… Et oui, Messieurs les programmateurs radios, faut laisser les gens s’installer dans des chansons ! 7’35, pour moi, c’est la bonne durée d’une bonne chanson !! Sacré final… Ca pourrait finir là-dessus !

 

Mais non… encore un titre : « 15 septembre »… un titre très biolien, là encore, je pense à « à l’origine »… Encore un très beau titre… du chanté, des interludes parlés…. Des reprises de « sans viser personne ».. « de la superbe »…. C’est un opéra qui se termine….  On salut les musiciens… j’ai toujours aimé ça… et c’est effectivement ce final là qu’il fallait pour un double album… Mais  j’ai acheté l’édition limitée… et  « les grands ensembles » en bonus track  terminent mon disque….  sur une guitare tubesque et dansante… même si j’aime moins les couplets chantonnés…

 

 

Et bien… je ne me suis pas ennuyé… bon, j’ai triché : j’ai écris…. Mais c’est quand même du bon… Il est doué… doué… Et les textes n’ont jamais été aussi bons… ça ne veut pas dire que c’est du Manset ou du Murat… mais on commence à entendre des choses qu’on ne trouve pas dans tous les revues, et au coin (et au milieu) des 4 par 3… Ce que j’aime dans Murat, c’est qu’on ne trouve pas de phrases toutes faites et c’est justement ce que je reprochais à Biolay… c’est moins le cas….

 

Alors, maintenant, je me fais dans la foulée, un « cours ordinaire des choses » afin de comparer…

 

 2) Murat :

Ca frappe !  Là, ça sent la terre,  le vrai… et le texte frappe : « inutile de me chercher parmi les morts »…. On retient les mots… C’est le blues… un univers US usé et inusable vs des airs british pop…. J’adore ce titre, avec cette accélération menant à « comme un incendie »… et ce beau solo de guitare…. Tiens : pas vraiment de solo de guitare rock chez Biolay.. ça pourrait manquer….

 

On ne franchit pas l’océan non plus sur le titre suivant…. On passe le rio grande à la rigueur… Jean-louis Murat donne sa place au texte, lui laisse une chance d’exister… mais utilise l’anglais… alors que Biolay mise à part le nom «  night shop » ne cède pas à cette facilité.

Pas d’invention d’arrangement géniale… quoi que… les violons… les chœurs…la guitare de Dugmore…  « falling in love”… c’est un titre qu’il m’arrive de sauter.. mais j’ai tord… je ne peux pas me faire confiance…

 

 

Et de 3 : Guitare de suspens au début : où va-t-on aller ?… Et ça part sur un air rock un peu facile… C’est sans doute le titre le moins bon… mais les arrangements, comme chez Biolay, sauvent tout… et encore, chez Murat, c’est tout à la main, on n’utilise pas de machines pour rattraper tout ça… on sent la sueur… c’est à l’ancienne.

 

« chanter est ma façon d’errer »… Je ne sais pas si c’est que  j’ai plus cet album dans la tête… mais j’ai vraiment l’impression que les mots sonnent, frappent, ont le droit d’exister. … et il y a une voix, une vraie… et tout ça, c’est de la chanson…et dans chanson, y’a «  chant »  (je précise!). C’est granuleux, y’a du vrai… « vivre caché dans un  cylindre, à l’utérus qui m’a fait »….  C’est Murat… c’est exclusif….

 

Et que dire de l’intro du titre suivant….piano… et voix…. Boum…. Direct au cœur… « se pavane le cœur… » … Murat va dans les aigues… quel dommage ce « golden lady » qui fait sauter l’esprit, justement ces petits mots faciles que je reproche à Biolay …  alors qu’à côté… on trouve le bijou : « placer l’anneau dans l’axe du cerveau »….

Et voilà Chérie… Une voix encore, profonde..  Une composition magnifique !! Ah, bon, c’est décidé !!Je vais à la coopé !!  j’vais pas attendre l’automne  pour entendre ça ! D’autant que je vois Biolay le 26 mars, je pourrais comparer !

 

On passe en douceur au titre suivant… Oui, il y a le temps « métronomique » qui passe sur « 16 heures… »….mais ça pulse…come on, come on… tout cela sonne vrai… et quel solo….

 

Ginette Ramade… Décidemment, on est dans un univers qui nous amène ailleurs… si loin, si proche…. Tiens, Murat utilise un sample… bon, une voix piquée quelque part, même pas trafiquée… On ne sait pas grand-chose de Ginette… mais l’esprit peut vagabonder…

 

L’intro suivant m’intéresse moins… les premiers temps aussi… mais on n’utilise pas d’artifices, et on laisse l’oreille faire son nid dans le duvet de guitare… « alors, on retourne en forêt »… Biolay, lui, ne peut pas sortir de la ville… alors que la vraie vie, celle dont on vient, est ailleurs… (oui, j’aime Manset !)…. C’est peut-être le titre sur lequel je trouve la slide guitare trop présente.. alors que les ronds de guitare et le piano pouvaient me permettre de m’installer dans le truc….

 

Et bien, là encore, ça passe vite…. C’est la 8… Murat ose le folk-klorique, la parodie assumée… Dès que Murat n’est pas dans l’émotion ou la séduction, certains lui rapproche, il me semble…  Pourtant, sur ce titre-là, il me semble qu’il démontre une capacité d’arrangeur tout à fait remarquable… mais j’ai trop parlé du cow boy…

 « que fait cette tige d’or dans mon glacier ? »….
Petite crescendo… « rumine… buisson de lilas…. » ….Murat écrase Biolay sur les textes… K.O.  … mais c’est de la chanson… et dans chanson, il y’a des sons… Continuons… “la la la la » : c’est du sans ogm, sans électro… et pourtant…. Ça remplace  très bien un bugle ou un mélotron ou un theremine…

 

La suite continue sans chichi… un air absolu qui accroche… J’aime les chansons qui donnent envie de croire… et « taiga » est de celle-là…

 

Ah.. déjà… M. Murat, c’est trop court !! Pourquoi ne pas avoir gardé au minimum le « sniper » ? …. M.Biolay lui nous a fait un double ! et a écrit pas loin de 60 titres pour ce disque ! On parle de vous,  mais l’impossible Monsieur BB pond plus vite que vous…




3) BILAN :

 

Alors… alors… difficile de se prononcer… d’autant plus que c’est si différent.. Anglais et  actuel….Américain et intemporel et daté à la fois de l’autre… Urbanité trentenaire post-adolescente, generation x ?,  contre  la mise en musique d’un univers plus vaste ( nowhere land, hauts-plateaux)  ?  seculier et quotidien contre du sacré, de "l'élevé"...   Il faut quand même se rendre à l’évidence : l’un chante, l’autre joue. L’un chante des mots que personne n’a entendue, l’autre jouent des phrases de cinéma.  Je pensais avant ce soir puisqu’il faut faire des classements, c’est obligatoire, c’est comme ça, glisser Biolay en premier.. mais je me rends compte que le foisonnement des arrangements ne fait pas tout.  Bon, on n'est pas obligé de les opposer bien sûr, surtout qu'ils s'apprécient,  mais vu que Biolay semble devoir reporter le titre de meilleur album de l'année 2009 (académie charles cros, Victoire: assuré?), je voulais vraiment enchainer l'écoute des deux disques pour comparer mes émotions. 

Allez, suite du combat : sur scène !! En espérant que Murat sera assez fidèle à l’album… même s’il rallonge les morceaux pour mon plus grand plaisir… et que Biolay nous fasse autre chose que pour son petit show pour Magic, qui ne m’a pas convaincu:

Benjamin Biolay -- powered by http://www.magicrpm.com

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Florence 15/01/2010 23:35


Comparer Biolay et Murat, c'est pas facile. J'aime les deux et puis voilà (l'un depuis plus longtemps que l'autre soit Murat). N'ont pas la même écriture, la même utilisation des mots. Murat
"métaphorise" beaucoup, Biolay est direct. Murat écrit mieux, ses mots sont des paysages mentaux. On ne peut pas vraiment comparer....Moi je suis contente d'avoir leurs disques, Murat comme éternel
pour moi (un aîné mais proche, à égalité) et Biolay un contemporain.les deux albums d'avant Trash Yéyé et A l'origine sont très bien aussi. Point commun : guitares parfois, mais surtout  je
trouve, cette manière de changer de ton dans un albul (Murat le faisait dans Mustango, Moujik, par ex et le fait dans le dernier) et aussi les sax : Tristan avait des sax très 80's je ne sais pas
si Biolay les a écouté. J'ai lu dans le nouvel obs qu'il considérait Murait comme notre Léonard Cohen.


Pierrot 15/01/2010 23:55


Oui, tout cela est très vrai, florence!

Sur le sax notamment, oui, Ils l'osent...comme Manset... saxo qui est maintenant décrié, ce que je ne comprends pas trop.

J'ai bien aimé l'expression des "paysages mentaux"!


Muse 13/01/2010 13:18


Concernant Biolay, le travail que j'avais aimé de lui était ce qu'il avait composé pour sa soeur Coralie Clément il y a une dizaine d'années quand elle avait sorti "Salle des pas perdus". L'album
était très sensible et j'aime bien la voix et le timbre de cette jeune femme.


Pierrot 13/01/2010 13:36



je n'ai pas encore écouté Coralie... mais j'aime bien Elodie Frege et beaucoup aimé le travail sur le dernier Julien Clerc (arrangements).



Muse 13/01/2010 13:13


Hello TPE ;-)
Ca vient peut-être de mon enfance où j'ai beaucoup joué et travaillé dans une ferme, gardé les vaches aussi, mais j'ai pas eu de mal à comprendre Lady of Orcival. "La faux lancée nous coupe les
jarrets, plus de chants, plus de lait", bmoi ça me parle et je vois bien la bête qui rumine dans l'abattoir juste avant le coup fatal...Et puis l'association salers, vache sacrée, io, la déesse
mère et au final la Vierge à l'enfant assise d'Orcival, qui était le dernier recours des prisonniers...ça me parait limpide...mais bon, peut-être que ça vient du fait que je connais bien la région
et les refs culturelles qui y sont attachées et que je me rends pas compte que ça peut paraître hermétique ou abscon pour d'autres personnes...


Ton Pire Ennemi 13/01/2010 07:56



Muse, je pense que si Murat n’avait pas explicité le sens caché de cette chanson, personne
n’aurait su qu’il s’agissait (soit disant) de l’abattage d’une Salers.


 


A part le très beau « placer l’anneau dans l’axe du cerveau », je ne vois pas grand
chose qui fasse référence aux bestiaux là-dedans.


 


Vu d’ici, ça ressemble plus à un chant métaphorique crypto-catho (et encore : pas si
crypto que ça, malheureusement).


 


Tout ça pour dire qu’une fois encore, la métaphorisation à outrance l’a emporté. Je
préfèrerais, pour ma part, une chanson « avec de vrais morceaux de vie à l’intérieur » (mais sans en abuser), plutôt qu’un truc excessivement filtré, comme c’est aujourd’hui trop
souvent le cas…


 


PS : en relisant les paroles du Coup de Jarnac, j’ai trouvé un vers qui illustre ce que
je veux dire :


« La truffe du labrador câlin », dans un texte plutôt sophistiqué, c’est admirable ! La voilà, l’irruption du détail quotidien/trivial qui
tue !


 


Pour conclure : l’excès de poésie débouche parfois sur « l’absence de vraie vie » dans
l’Art…



Muse 12/01/2010 19:58


Il te suffit d'écouter Lady of Orcival où il te raconte l'abattage des salers...si c'est pas du vécu réel autour de lui...ben je sais pas ce qu'il te faut. Et pour qui connait un peu l'opération,
c'est décrit sans beaucoup de métaphores...


Ton Pire Ennemi 12/01/2010 13:15


Salut Muse,

je ne parlais pas seulement de sexe ou de sensualité, mais aussi du monde contemporain, de la vie alentour, quoi !
J'aime bien quand on en trouve des bouts dans ses chansons: une évocation (même furtive) d'un village ou d'un paysage, un élément trivial, même une connerie (Philippe Lavil !)... Quelque chose qui
fasse contrepoint à la poésie systématique de son écriture

Un chef d'oeuvre comme Le Voleur de Rhubarbe. chanson à laquelle je tiens beaucoup, illustre bien ça: des détails triviaux qui accèdent à la poésie, sans être forcément masqués par la métaphore.


Muse 11/01/2010 21:53


Murat est dans la réalité, TPE. Franchement le dernier album pose des questions sur la vie, la mort aussi bien des hommes que des bêtes, sur le fait justement que c'est moins évident de trouver du
temps pour faire l'amour du fait de la parentalité (16H), sur la peur de vieillir et de ne plus pouvoir sexuellement être aussi au top qu'avant..., le décodage est bien plus facile que sur Tristan.
Enfin je trouve.
Et j'ai jamais trouvé le langage muratien tourné vers l'amour courtois. Je l'ai toujours ressenti comme très charnel et sensuel, très incarné.
Maintenant, il est peut-être moins direct donc plus métaphorique du fait qu'il a des enfants encore jeunes et qu'il ne voudrait pas choquer. Mais ça ne change en tout cas selon moi, pas grand chose
à la crudité de ce qu'il évoque.


Pierrot 11/01/2010 22:06


Merci Muse! C'est exactement qu'est-ce que je voulais dire, et ce qu'est-ce que je ressentais! ... mais en mieux.
 


Ton Pire Ennemi 11/01/2010 20:45


16h, c'est l'exception... gâchée par une musique rock-FM Dire Straits de la pire espèce !

Et puis la Tige d'Or, c'est du sexe masqué derrière des métaphores à n'en plus finir. On est loin du "couillon dodu" d'antan, foutreDieu !


Pierrot 11/01/2010 20:51


Oui, il est père de famille maintenant... Bon, il l'était avant aussi... 
Et moi, j'aime bien 16 heures... c'est l'heure du toucher..


Julie 11/01/2010 17:51


"Murat, à force de vivre (relativement) coupé du monde, n'écrit quasiment plus que sur un mode poétique déconnecté du réel/trivial, qui commence à me gonfler..."

Pareil pour moi, l'amour courtois commence a me lasser.


Pierrot 11/01/2010 18:01


Ce n'est pas des thèmes si coupés du monde  que ça... et 16h, qu'est-ce que tu fais? et la tige d'or... il a quand même ouvert la porte de la chambre!!    


Ton Pire Ennemi 11/01/2010 17:47


Citadin, peut-être... mais ça fait pas de mal de voir la réalité s'immiscer un peu dans les chansons.

Murat, à force de vivre (relativement) coupé du monde, n'écrit quasiment plus que sur un mode poétique déconnecté du réel/trivial, qui commence à me gonfler...


Pierrot 11/01/2010 17:56


Attention,  "aller acheter du pain peut provoquer 4 chansons françaises"... (les guignols!)... ça me fait marrer
même si je trouve ça assez injuste sur le fond quand même...


Muse 11/01/2010 17:10


Du mal à écouter Biolay. Il y a un truc chez lui qui m'agace. Beaucoup trop poseur dans sa voix, et quelque chose de trop citadin et snob...son univers n'arrive quasiment pas à me toucher. Une
seule chanson m'avait plu, c'était dans l'album précédent "dans la merco benz". Le reste pour moi, c'est un peu comme le travail de Campion: techniquement et esthétiquement bien, mais je sais
pas... côté émotion...j'ai toujours l'impression qu'il est à côté de la plaque.


Pierrot 11/01/2010 17:54


Je parle de Campion tout à l'heure dans un nouvel article!


Julie 11/01/2010 14:42


Ce n'est pas un double album mais il est tres reussi, c'est 'Bethesda' de Silvain Vanot, intimiste et beau.

http://www.youtube.com/watch?v=ieEASqR8d8c


Pierrot 11/01/2010 17:52


J'avais écouté trop vite fait une fois.. Je réécouterai, c'est promis!


Ton Pire Ennemi 11/01/2010 00:31


Pierrot, je te trouve trop sympa avec le Murat: évidemment que La Superbe lui est supérieur ! Ne serait-ce que par l'ambition qu'il déploie, et le côté fort-en-gueule (qui ne se retrouve que sur
Comme Un Incendie, chez Mu-Mu).

Y'a à boire et à manger chez Biolay, des trucs qui peuvent paraître mal ficelés, des violonnades un peu excessives... mais y'a de la matière, au moins.

Alors que le Murat me semble un peu light, surtout dans sa première moitié.

Je pense aussi que le Biolay bénéficie fortement de sa sortie tardive: à l'heure des bilans, on a souvent du mal à se souvenir de ce qu'on écoutait en janvier-février-mars... et ceci explique cela.
Moi-même, en mettant sur pied une liste, je me suis rendu compte que je privilégiais les disques plus récents.

On en fait peut-être un peu trop sur cet album-ci, mais c'est à cause du changement de maison de disque: son nouveau label a voulu mettre le paquet, on le comprend ! L'album en lui-même n'est pas
forcément meilleur que Trash Yé-Yé (2007), qui était déjà très bon.
Il a retrouvé son niveau d'antan (Rose Kennedy, Négatif); la relative traversée du désert (Home, A l'Origine) n'aura pas été trop longue.

Dans le genre double album réussi, on peut aussi mentionner La Musique/La Matière, du grand Dominique A, évidemment...


Pierrot 11/01/2010 13:07



Faudrait quand même que je l'écoute... (je savais pas que c'était un double d'ailleurs) 



Julie 10/01/2010 21:02


Il me semble que Biolay a emprunte le sample  de la 5eme symphonie de Dimitri Chostakovitch sur 'la superbe'  a la chanson de Morrissey  "Teachers Are Afraid
Of Pupils" sur Southpaw Grammar qui est un de ses albums solo, pas un album des Smiths.


Pierrot 10/01/2010 21:16


Ok! Merci de la correction!  C'était bien ce morceau là auquel je pensais... mais je connais mal mon Morrissay... :

http://www.youtube.com/watch?v=5vHKJGMawow

ou deezer:
http://www.deezer.com/fr/music/morrissey#music/morrissey