Tous les chanteurs sont malheureux

Publié le 5 Janvier 2018

1) Bon, en fait, si j'étais en ville l'autre jour, c'était parce que j'avais dans l'idée de trouver le dernier livre d'Olivier ADAM... Mais au cultura, il ne l'avait pas, et n'en avait même pas entendu parler....  le jour de la sortie du livre "Chanson de la ville silencieuse".  Si j'étais à ce point  empressé, c'est que j'étais tombé sur l'article ci-dessous signalé par l'ami Pierre K je crois:

Adam tellement marqué par l'univers de la chanson a fini par s'inspirer de quelques chanteurs pour son dernier livre... dont Murat bien sûr, puisqu'il s'agit d'évoquer un artiste qui "abandonne ce cirque". 

Presque autant que Dominique A (d'ailleurs le titre du livre reprend celui d'une chanson de Dom.), il y a un petit  feuilleton ADAM sur ce blog... tant il aime à évoquer Murat et à le citer en interview, ou dans ses livres (à retrouver pour son livre  "Les Lisières" ici).  Par le passé, on l'a approché pour une interview, mais sans succès.

 

Tous les chanteurs sont malheureux

Emmanuelle et Thierry (merci à eux) m'ont signalé que dès sa première journée promo, Oliver ADAM avait parlé de Murat. C'était chez Trapenard dans Boomerang.

Le livre est plus inspiré par Nino Ferrer que Murat mais ses mots sur son "perpétuel mouvement intérieur" qui explique ses propos contradictoires ou évolutifs correspond bien aussi à Jean-Louis B. Certains autres propos d'Adam sur son statut d'artiste (penser à son oeuvre vs le désir d'être aimé en gros) sont aussi intéressants.

Podcast complet de l'émission

Concernant l'évocation de Murat,  dans une liste de chanteurs (Gainsbourg, Ferrer) c'est du rapide pour exprimer sa fascination pour les "sales gosses" des médias... et son sentiment que "se permettre" ce genre de comportement est plus que jamais difficile. Voici l'extrait dans lequel Adam se doit d'imaginer quel chanteur il serait:

 

 

2)   Le petit plaisir de la revue de presse est bien sûr de relier les petites infos entre elles. Et justement, pour faire écho à la personnalité complexe des artistes, à leur perpétuel "mouvement intérieur" évoqué ci-dessus (c'est un des moteurs de ce blog de chroniquer ce mouvement,  en essayant d'éviter du coup  d'établir que Murat est "ainsi", ou/et "pas comme ça"), voici une petite "anecdote" qui m'a fait sourire ce matin.

Ainsi, si on pouvait avoir l'image d'un Murat  dans le cadre des tournées, pouvant être désagréable avec les personnes rencontrées, soignant sa mauvaise humeur, pas forcement à l'aise avec les techniciens....   Didier Veillault, dans une interview parue sur les inrocks.fr dans le cadre de témoignages publipostés d'acteurs culturels,  nous présente un Murat quasi-en manque d'amour!!  : 

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemment que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.

Murat, finalement victime de sa réputation? Pourtant, dans sa dernière interview en date -non encore en ligne ici- il dit que "sa femme ne veut plus que l'on sorte" (par peur d'un dérapage)... Ah, va savoir.

 

[J'avais pour illustrer une excellente photo de Murat assis seul en coulisse avec des lunettes noires... mais impossible de remettre la main dessus. Est-ce une image qui n'est imprimée que  dans ma tête, un souvenir d'Uriage?]

Voici l'intégralité de l'interview:

http://www.lesinrocks.com/2018/01/02/contenu-partenaire/bienvenue-ceux-quon-ne-voit-jamais-dans-les-inrockuptibles-13-111025162/

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis le directeur et le programmateur de la Coopérative de mai. J'en assume les choix de gestion et de programmation, même si, bien sûr, nous sommes avant tout une équipe, au sein de laquelle nous discutons en permanence. Je suis un peu un "chef d'entreprise", même si je n'aime pas trop le terme, je ne viens pas de cet univers-là.

Pouvez-vous présenter la Coopérative de mai à ceux qui ne connaissent pas le lieu ?

Nous sommes l'une des scènes de musiques actuelles (SMAC) les plus importantes de France, en terme de jauge comme d'activité : c'est une salle de 1500 places, un club de 460. On fait environ 150 concerts par an, ce qui est beaucoup pour une ville de cette importance.  nous possédons aussi un espace dédié à toutes les jeunes entreprises de la filière musicale, on appelle ça la Pépinière de mai, nous les soutenons, en mettant à leur disposition des bureaux, on essaie de les conseiller, de les accompagner...

Quel est votre parcours personnel ?

J'ai fait une fac d'anglais et un BTS de gestion, j'ai ensuite été éducateur. Pour mon plaisir, j'organisais quelques concerts dans des MJC, des choses comme ça. Et puis en 1983, j'ai mis en place ce lieu, le Plan à Ris-Orangis, dont je me suis occupé pendant 15 ans. On faisait pas loin de 100 concerts par an. Je me suis inspiré de ce qui se faisait en Angleterre, ces pubs où tu pouvais voir aussi des concerts. Je ne comprenais pas pourquoi on n'avait pas ça en France. Au Plan, on était des passionnés, on a appris un peu sur le tas, de la gestion à la programmation, à servir des bières ou à coller des affiches, on faisait tout. En 1998, j'ai vu une annonce concernant la création de la Coopérative de mai, j'ai postulé et j'ai été retenu. Je ne connaissais personne à Clermont-Ferrand, mais je suis parti et j'ai pris la direction de la Coopérative naissante. Aujourd'hui, je suis aussi co-directeur avec François Missonnier, l'ancien directeur de Rock en Seine, du festival Europavox, dont le but est de mettre en lumière des artistes européens, qui viennent de pays d'Europe moins célébrés pour leur musique que, au hasard, l'Angleterre. Nous avons chaque année près de 50 artistes que nous sommes fiers de faire découvrir.

Quelle est l'économie de la Coopérative de mai ?

Nous avons 24 salariés et bien sûr beaucoup d'intermittents qui participent également, notamment pour le son, les lights et la scène. On embauche aussi des vacataires pour le bar ou l'accueil. Nous avons un chiffre d'affaires de 3 M d'€. Nous nous autofinançons à hauteur de 68 %. Nous sommes aidés par la ville de Clermont-Ferrand, la Métropole, la Région, l'État, afin d'avoir une politique tarifaire la plus accessible. Ça nous permet de faire des concerts abordables pour le plus grand nombre, mais aussi d'avoir une programmation parfois plus exigeante.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Je suis excité comme au premier jour par ce que je fais. Je ne m'ennuie jamais. Cette année, j'ai adoré recevoir Sleaford Mods et Shame. En électro, Chloé m'a mis une claque, ou encore Lomepal pour hip-hop. Chaque jour est différent : hier nous faisions une fête avec le club de rugby local, aujourd'hui nous avons une journée de prévention des risques auditifs, demain nous recevrons des enfants... Là, je travaille sur l'organisation d'Europavox. Les moments d'ennui ou de lassitude n'existent pas. Le soir, quand les lumières s'éteignent et que les concerts commencent, on oublie tout ce qui peut parfois sembler pénible. Mon travail, c'est d'écouter de la musique et de voir des concerts, je n'en reviens pas moi-même, je n'aurais jamais osé rêver de ça jeune homme ! Ma passion est intacte, donner du plaisir aux gens, ça n'a pas de prix. J'ai de la chance de faire ce métier.

Et ses mauvais côtés ?

On passe beaucoup de temps à faire des comptes, à gérer des budgets, à imaginer ce qui est réalisable ou pas. Je suis entouré de gens très compétents, on prend des décisions ensemble, je ne suis pas seul, mais cet aspect budgétaire a pris beaucoup de place dans mon travail, non seulement de directeur, mais aussi de programmateur. Les tourneurs sont devenus de grosses machines, ce métier est en train de changer. On est pris au milieu de tout ça, mais on essaie de conserver une âme à ce métier. Il y a quelque chose d'un peu impersonnel aujourd'hui, il faut être vigilant. On parle trop de chiffres et pas assez d'artistique.

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemmet que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.Quel conseil donneriez-vous à de jeunes gens qui souhaiteraient faire ce métier ?Aujourd'hui, des structures et des formations permettent d'apprendre notre métier, surtout la partie technique. Mais pour être programmateur, la meilleure des formations, c'est d'écouter plein de choses, d'aller voir plein de choses. Je n'ai pas vraiment de conseils, c'est un boulot de passionnés, si vous avez envie de le faire, faites-le ! Les places sont rares, mais ça n'est pas inaccessible.

 

Veillault avec Varrod, Morgane et Manoukian, le jour du fameux concert sur France Inter.

 

 

LE LIEN AUQUEL VOUS AVEZ ECHAPPE OU PRESQUE

ah, j'ai finalement trouvé un titre correct pour cet article (le nom d'une chanson proposée à F. Hardy et que Bayon nous a permis de découvrir)...  Mais j'ai été tenté de proposer  "ADAM ET DAVE"... Le chanteur hollandais n'a pas sa langue dans sa poche... et a plein d'actu... mais c'était quand même sans grand rapport. Enfin, voyez quand même:  http://www.toutelatele.com/dave-les-parents-de-la-tele-rendra-hommage-a-des-grands-presentateurs-d-emissions-de-varietes-96001

Sur ce... mieux vaut mettre un point final à cet article.

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89, #divers- liens-autres

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