Alain KLINGLER, "d'un muratien à un autre"

Publié le 3 Avril 2017

Alain KLINGLER, "d'un muratien à un autre"

 Je crois avoir découvert le nom d'ALAIN KLINGLER dans le livre de B. VIGNOL, "le top 100 des chansons que l'on devrait connaitre par coeur" (à relire la sélection de Jean-Louis Murat et les chanteurs qui ont sélectionné Murat). Puisqu'il avait sélectionné du Murat (et du Manset) et qu'il était isérois, je l'avais contacté sur notre réseau social préféré à ce moment-là, et il m'avait dit être lecteur régulier du blog. Il s'est avéré ensuite que nous avions une amie muratienne commune, Isabel, kolokiste historique.

Nous avons eu ensuite quelques échanges (sur l'information d'un concert, sa  déception  lors d'un concert au Trianon de 2013 d'autant plus difficile à accepter que c'est une première alors qu'il a vu JL une vingtaine de fois...).   Puis, Alain était venu à la soirée "livre unplugged sur Jean-Louis Murat" que nous avons co-organisée à la Bellevilloise et même s'il ne s'était pas présenté "par timidité", il m'avait dit avoir apprécié la soirée et la prestation de Bertrand Louis. A ceci s'ajoute une ou deux occasions ratées d'aller l'écouter, vous comprendrez alors pourquoi ce vendredi 31/03... j'ai privilégié son concert intimiste au café des arts à Grenoble à celui de Frère Animal qui avait lieu à la Source (une infidélité à Florent Marchet causée par son acolyte Arnaud Cathrine: j'ai appris le concert suite à un de ses "like"! -Arnaud a invité il y a peu Alain Klingler au festival Tandem à Nevers-).

Après ces propos liminaires (et je vous épargne : le trajet, la météo, la ballade en vélo, les quais de l'isère juilletistes, le repas agréable au café), venons-en aux faits... ou plutôt venons-en aux émotions et aux impressions.

 

Le café des arts est un petit lieu intimiste et boisé, nos hôtes sont des élégantes ladies, en fait des bénévoles qui font vivre ce lieu depuis 1981. Un grand piano trône au milieu de la pièce pouvant accueillir 80 personnes.

 

 

Et voilà 21 heures, et Alain débute son récital piano solo  par une chanson ("panorama") inspirée du temps où il faisait de la promo à la télé notamment chez Christine Bravo, et autres petites putasseries (notamment se taper Julien Doré et Jude Law... "j'ai simulé"). C'est drôle, et apaisé, une façon de signifier en début de set qu'il avait fait "le deuil d'un succès populaire"? C'était ce qu'en disait déjà en 2013 à l'occasion d'une chronique de disque Valérie Lehoux.  Mais pour parler des chansons de Klingler, elles employaient aussi les termes de "difficiles et dérangeantes"... Je n'ai pas eu cette impression.  C'est parfois sombre, parfois cynique... mais on sait où on est (par exemple, "dans un resto, toutes les tables prises et trois chaises vides à la mienne" dans "j'étais là/avant"), on comprend ce que l'on nous raconte (aidé parfois par  les petits mots  de présentation agréables et drôles, prononcés d'une voix et avec une attitude qui m'évoquent Julien Clerc -"Assis dans un jardin marin", une chanson de 96 dédiée à Barbara, lui irait bien).  Et puis, on se laisse balloter entre chansons plus légères ("vacances jet set" à Canne La Braguette -référence à Ferré sans doute-, l'inédite "les deux Isabelle" sur Adjani et Huppert), les formats plus classiques ("Lausanne" et le très "jean-sébastien Bach" "je cours à ma perte") et celles aux tonalités plus intimes et originales, comme  "plus bas" inspiré du film "shame", "game boy", le poème "vale" de Catherine Pozzi, ou encore "un invisible écrasement" sur le final, avec la voix qui sort du registre intime et s'élève très joliment, même si c'est pour chanter "je fais le mort"). Une magnifique chanson. 

Cette diversité provient peut-être du fait qu'Alain ne chante pas seulement ses textes mais aussi les mots d' Elisa Point (auteur notamment pour Christophe), de Monsieur Poli et d'autres, et Alain m'a paru être un excellent interprète, maitrisant l'art du dialogue avec l'autre acteur du soir : le piano. Après avoir écouté deux de ses cd,  j'en suis maintenant convaincu: Sa version de "Sépulture" (de Charles et Léo) gravée dans son disque "j'étais là/avant" me parait plus belle que celle de Murat (et pas seulement à cause des miaulements de Morgane... quoi que...).

Je découvre que sur ce même CD (enregistré dans les conditions du live, en piano solo) figure en titre caché -après Vale-, une autre reprise:   "L'examen de minuit".  Belle surprise... mais la version live de Murat reste pour moi totalement indépassable.

Textes, interprétation... on en a parlé, ça c'est fait... Reste la musique et les compositions...Et là, encore, j'ai vraiment apprécié. "Les maisons louées", sonne comme un grand classique, le piano est vraiment magnifique et j'adore les variations de voix, les accélérations. "Assis dans un jardin marin" n'a rien à envier aux plus belles compositions de Julien Clerc. Sur un fil plus menu, à l'économie de notes, "Vale" est aussi un grand moment pour clôturer le set.

Et voilà qu'après un court rappel, Alain nous annonce qu'il va chanter une chanson d'un grand auteur compositeur français... Je sors mon appareil photo du sac... et c'est "Les jours du jaguar".... J'en ai eu des frissons. C'est sans doute ma préférée aussi.

En 2013, voici ce qu'il m'en disait: "Je tiens Les Jours du Jaguar comme étant la chanson la plus belle qui puisse exister, je me la chante tous les jours depuis 11 ans (12 ans ?) ! J'ai l'impression que jamais je n'en percerai le mystère".

Il y a plusieurs années il m'avait dit penser l'inclure dans son set pour une tournée canadienne, mais c'était bien la première fois qu'il l'interprétait en public. Ca me rendait le moment encore plus émouvant au vu de son "histoire" avec cette chanson.

La vidéo maison (avec l'aimable autorisation d'Alain Klingler):

Un magnifique cadeau... dont je rêvais un peu... et je n'ai pas été déçu... Sauf que ça n'a duré que 3 minutes...  Avec Murat, la satiété s'atteint à peine en 10 sur ce titre...

---------------------------

 

A la fin du concert, nous échangeons quelques mots. Il me parle de son impatience d'entendre à nouveau Murat, du "mou du chat" qu'il trouve "démente aussi"... et m'apprend qu'il se produit dans un autre spectacle...et qu'il y interprète "Le lien défait"! Ce projet s'appelle "Les Garçons d'Honneur", et est un tour de chant façon cabaret, parfois loufoque...  Des dates à Grenoble seront annoncés sur Grenoble fin juin, mais ils se produiront avant cela   en avril dans le Trièves (Le  Poulailler à Le Monestier-Le-percy) et  à Avignon (théâtre de l'atelier florentin) fin avril ainsi que pendant le festival, donc en juillet.

Teaser vidéo des "Garçons d'honneur"

------------------------------

 

Les disques d'ALAIN en écoute sur :

https://alainklingler.bandcamp.com/

Son site : http://www.alainklingler.net/

 

"le top 10 d'Alain Klingler dans le livre de Vignol

"le top 10 d'Alain Klingler dans le livre de Vignol

 

Dans cette longue vidéo, Alain Klingler cite Murat comme un des artistes qui l'inspirent parce qu'il a trouvé son "JE". On peut y entendre quelques chansons en piano voix.

LE LIEN EN MOINS

Une pensée pour la famille de Jean-Louis Murat, le vrai, celui de La Loire. Il avait été le seul "jean-louis murat" de facebook à me répondre quand j'avais tenté d'effectuer un sondage sur ce que ça faisait de s'appeler ainsi. Voici ce qu'il m'avait répondu:

Je m'appelle véritablement Jean-Louis Murat, ma famille est originaire de la Loire en bordure du Puy de Dôme. Je connais de réputation et quelques titres de Jean-Louis Murat le chanteur, j'apprécie beaucoup mais je ne cherche en aucun cas à rivaliser avec lui sur ce terrain.Que Monsieur Berghaud, le chanteur, ait pris le nom de Murat cela ne me gène pas au contraire; ils est un artiste remarquable,apprécié du public et par ses pairs,et d'une grande intégrité. Toutes des qualités que j'aime et je suis fier qu'il ait choisi le nom de Murat comme pseudo pour les faire vivre.

J'ai appris son décès.Sincères condoléances.

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article