Une nouvelle date en 2013, et Nolwenn évoque Murat

Publié le 13 Novembre 2012

 

 

Après St-Ouen, Fouesnant, Amiens et Marseille, il est annoncé une nouvelle date... dans le sud-ouest, près de Bordeaux, secteur souvent oublié des tournées...

 

Cela sera à CENON le 9/04... dans une salle inaugurée en 2010, le ROCHER DE PALMER. lieu plutôt sympathique. Eicher s'y produira quelques jours plus tard. 

http://www.upconcert.fr/concert/jean-louis-murat-cenon-145832  Pour acheter sa place

La salle:

http://lerocherdepalmer.fr/presentation/

 

 

 

http://www.zikeo.com/images/article/2920-nolwenn-leroy-album-2012/nolwenn-leroy-porno.jpg

 

-  Nolwen LEROY a évoqué dans une interview les différentes chansons de son album. A propos du titre de MURAT, voici ce qu'elle dit:

11. Sur mes lèvres
(JLM Bergeaud, alias Jean-Louis Murat)
"Sur les petites notes que j'avais prises sur les chansons, j'ai noté à propos de celle-là : riche de par son sens, extrêmement originale de par son angle ! C'est une chanson qui parle de la condition de l'auteur et de l'écrivain. Il faudrait que j'en discute avec Jean-Louis Murat... La chanson offre plusieurs lectures... En fait, j'ai l'impression qu'il met sur mes lèvres ses propres mots, mais pour me faire dire des choses que je ne pourrais pas dire moi... C'est tordu, c'est cynique, mais c'est d'un talent incroyable ! Enfin, si ça se trouve, il n'a pas du tout pensé à ça (rires). En tout cas, elle est énorme, cette chanson..."

Elle est énorme! D'ailleurs, à ce propos de ces propos,  on peut se demander si Jean-Louis n'aurait pas retenté de faire les coups des "sucettes à l'anis"...

 

A noter qu'une chanson de l'album s'appelle "OPHELIA"... titre d'une chanson de MURAT... J'en parlais .

Il s'agit de la même inspiration...:

"J'adore les tableaux préraphaélites. Parmi eux, l'Ophelia de Millais m'a toujours fascinée. Il représente une jeune fille allongée sur une eau stagnante, sans que l'on puisse savoir si elle est morte ou si elle rêve. Cela a été une source d'inspiration de la chanson, comme l'Ophélie de Shakespeare dans Hamlet. Je viens de lire un mémoire analysant ce personnage. J'ai alors réalisé qu'il entretenait toute une série de correspondances avec le chant et les sirènes ! J'ai aussi beaucoup pensé au poème de Gérard De Nerval, El Desdichado. Il commence par J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène. Et mon refrain ouvre sur : Si tu as rêvé dans les eaux sombres, dans la pénombre où nage Ophélia...
La chanson est
sombre, mais à la fin, il y a toujours de l'espoir. Elle est très rock, dans l'esprit de Snow Patrol, un groupe irlandais que j'adore. Il attache une grand importance à la mélodie."

Le tableau est celui utilisé das la vidéo d'Ombremor

 

Sources : http://www.chartsinfrance.net/communaute/index.php?/topic/45747-nolwenn-leroy-o-filles-de-leau-juste-pour-me-souvenir/page__st__585

.Il n'est pas indiqué d'où vient ces propos (interview écrite? radio?)

 

 

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Un peu de pub non commerciale:

      
 En voyageant notamment avec ARVEL VOYAGES (agence de voyage éco-solidaire):

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

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Muse 21/11/2012 12:42


Hello Matthieu


Aimer les productions de JLM n'empêche pas d'aimer autre chose. JLM ne détient pas l'exclusivité de la qualité musicale et textuelle. Loin s'en faut.


J'avais bien compris ce qui animait tes propos, ne t'en fais pas. ;-))


Mais j'ai trouvé amusant ce ping pong pour avoir le plaisir de contrarier un peu en venant donner un grain de sel un peu provoc et ajouter du féminin moqueur au duo habituel masculin que tu
incarnes avec Lew sur le site, pour le buzz que cela fait à Pierrot, pour l'aspect un peu pédagogique et culturel du débat, qui tranche du niveau café du commerce habituel que l'on peut lire sur
la plupart des blogs autour des productions musicales de variétés tous chanteurs et chanteuses confondus.


Merci d'avoir joué avec moi ;-) et à bientôt pour de prochains échanges ;-))

Matthieu 19/11/2012 10:10


     Bon, Muse, je crois que je vais m'arrêter là dans cette discussion houleuse, mais intéressante. Le fait d'apprendre qu'Armelle, en plus de fantasmer sur Bruno Wolkowitch, fréquente aussi un certain Morphée (sans doute un des membres de sa chorale...) me casse le moral, il va me falloir un
peu de temps pour m'en remettre.


     Et puis, Muse, je pense que notre affrontement a atteint un niveau d'intensité comparable à la guerre Booba vs Rohff ou à celle
entre Copé et Fillon. Il serait donc dangereux de chercher l'escalade, cela risquerait de mettre à mal l'unité du parti muratien et certains fans contrariés pourraient aller rejoindre le parti de
Benjamin Biolay ou le mouvement de Dominique A.


  Trois mots pour conclure : 


1°) je pense que nous avons quelques gros désaccords, mais pas tant que tu le penses.


2°) Balzac était un grand écrivain et un écrivain alimentaire. Et je ne crois pas que JLM ou Miossec soient des artistes "non commerciaux", même si ce sont à mes yeux des ACI de valeur.
Encore une fois, je pense que ton binarisme ne tient pas, en tous cas dans des domaines à la frontière de l'art et du divertissement comme la chanson ou le cinéma.


3°) lorsque j'aurai écouté "Sur mes lèvres" et "Ophélia", je me ferai un plaisir de laisser ici un commentaire pour dire "publiquement" le mal que j'en pense, si j'en pense du
mal. Je le ferai d'autant plus volontiers que je n'ai pas défendu Nolwenn sur le plan artistique, mais uniquement en réaction à l'angle de tes attaques.


     Si tu es superstitieuse et que tu ne veux pas que l'on termine sur le commentaire n°13, tu peux en ajouter un quatorzième, mais en ce qui me concerne, je n'ai pluis rien
à dire sur le sujet. Je vais plutôt cherchcer des renseignements sur ce Morphée à qui j'irais bien casser la gueule...

Pierrot 19/11/2012 19:56



bon, débat relancé prochainement... avec le texte de "sur mes lèvres": très chouette...  Quant à Ophelia, un peu hymne opéra rock... tubesque...  Ca va au moins sensibiliser les jeunes
sur ce grand thème.... à moins que cela fasse un "suicidez-vous le peuple est mort", et qu'on ait une vague de suicide... "je peux me laisser partir" chante-t-elle... Bon, je vais l'acheter cet
album... et créer un blog surnolweenleroy.com



Armelle R.G. 18/11/2012 00:43


mais quelle idée m'a prise d'ouvrir cette page de commentaires si tardivement! Comme dirait l'autre "on est pas couché"!


Mais comme je n'ai pas suffisament d'instruction, pas d'avis sur le sujet si ce n'est qu'écouter des chansons ce n'est pas se prendre la tête à décortiquer qui a fait quoi, comment, dans quel
but, avec quelle stratégie intellectuelle ou non... alors je vais aller retrouver Morphée (je sais au moins que dans ses bras, je devrais faire de beaux rêves).


Sinon, en apparte (mais rebondissant tout de même sur le sujet de votre conversation), mon chef de choeur voulait, pour fêter en 2014 les 20 ans du groupe vocale Choeur-Accord, nous faire
interpréter les 20 titres francophones les plus vendus de chacune de ces 20 dernières années... mais devant le résultat de ses recherches, il est resté perplexe et il va lui falloir trouver autre
chose (moi j'obterais plutôt pour les 20 plus belles chansons de ces années passées mais je ne suis pas le chef et je risquerais de ne proposer
que des titres de JLM! ); donc en effet, les titres les plus vendus depuis 1994 volent à un niveau très très
bas voir même en rase-motte et on se trouverait à chanter Alizée "Moi Lolita", Larusso (avec sa reprise d'une vieille chanson de Régine!) pire, les Bratisla Boys et leur "couroucoucou, stach,
stach" ou encore "cette soirée là, hein-hein, hein-hein"... (au secours!)  mais ça s'améliore puisqu'en 2011, c'est...... Nolwenn qui a pris la tête avec ses reprises de chants
bretons!!! 

Muse 17/11/2012 18:25


Bonjour Matthieu


Je ne crois pas contrairement à toi, qu'aujourd'hui, un artiste est obligé de justifier tout ce qu'il produit auprès des médias. Loin de là. Ceux qui le font, le font pour améliorer leur image
publique ou parce que leur production n'est pas compréhensible en dehors d'une explication (exemple: beaucoup d'oeuvres d'art contemporain et notamment celles qui relèvent de l'art conceptuel
obligent à une explication-justification de démarche, parce que l'idée est plus importante que la réalisation finale).


Dans le cadre de la chanson populaire, nombre d'artistes se fichent comme de leur première culotte d'expliquer le pourquoi du comment de tel ou tel album. Ils renvoient généralement rapidement à
l'écoute des chansons et bottent en touche quand les journalistes les questionnent sur le sujet en disant que chacun fera sa propre interprétation. Donc sur ce point je ne saurais être d'accord
avec toi.


L'art commercial existait tous domaines confondus, existe et existera toujours. Je ne prétend pas le contraire. Mais il n'a pas la même importance et la même considération que l'art au plein sens
du terme. C'est très facile à vérifier tous domaines artistiques confondus.


Essaie de dire aux gens que Barbara Cartland est l'équivalent au plan artistique de Balzac, tout le monde va te rire au nez. Pourtant Barbara Cartland a sans doute plus vendu de son vivant que
Balzac et qu'elle a fait le même métier d'écrivain. Sauf qu'elle ne l'a pas exercé de la même façon et que si Balzac est reconnu comme un grand artiste de la littérature, Barbara Cartland est
considérée comme une écrivaine à succès de seconde zone qui fait du roman de gare et des historiettes à l'eau de rose. Et c'est facile de se rendre compte à la lecture, qu'il y a une différence
de qualité d'écriture, de style et de culture entre les deux auteurs précités. Faut pas avoir fait de hautes études littéraires pour s'en rendre compte, me semble-t-il.


Si faisant de l'art musical commercial comme le fait Nolwenn depuis ses débuts, elle prétend à présent via des artistes non commerciaux comme JLM et Miossec, vouloir entrer dans une autre
catégorie d'artistes (ce qui semble le cas), il lui faut s'en rendre digne. Et non pas juste faire illusion par quelques citations et contresens en misant sur l'inculture générale.


C'est juste ce que je dénonce de son comportement. Car, comme le chantait pour une fois très justement un autre artiste commercial pourtant lui aussi épris de stratégie, de succès et d'argent
facile, "même si on fait tout pour cacher c' qui se voit, on a beau essayer, on n' trompe jamais que soi."


Ma vision des créateurs est sans doute haute et te parait très radicale parce que j'enseigne l'art depuis une dizaine d'années et que je le pratique au plan pictural depuis pas
mal de temps. Pour moi, aussi bien en tant qu'enseignante que plasticienne, il est important d'avoir une maîtrise technique multiple, une expression riche qui se nourrit intellectuellement et
culturellement et techniquement en permanence pour pouvoir la transmettre correctement, emmener mes élèves le plus loin et le plus haut possible mais aussi alimenter et faire évoluer mon travail
personnel.  Et je m'aperçois en regardant l'histoire des arts que ce qui reste et fait toujours recette tous domaines confondus sur le long voire le très long terme, c'est une démarche riche
aussi bien technique qu'expressive et culturelle. Le reste passe comme passent les roses, au gré des modes.


JLM est conscient de par la richesse de sa démarche artistique, que son oeuvre restera pérenne par delà sa mort. A l'inverse, des chanteurs plus commerciaux et ayant plus de
succès que lui commercialement parlant, verront leur statut d'artistes à succès descendre au niveau has been et d'autant plus ceux qui sont uniquement interprètes, justement parce qu'à un moment
donné, ils n'ont pour la plupart pas eu l'envie d'engager une démarche personnelle qu'elle soit technique, expressive ou culturelle.


Je crois qu'actuellement les maisons de disques font croire que tout le monde peut devenir un artiste à part entière à succès. Que toute expression vocale qui rapporte de
l'argent et du succès c'est de l'art. Mais je crois qu'il y a confusion profonde mais volontaire (pour alimenter de façon constante cette industrie rentable qu'est devenue la chanson de variété)
entre ce qu'est l'art réellement (qui dépend d'une démarche complexe sur la durée et particulièrement touffue, riche, pas forcément commercial) et la course à la notoriété et à l'argent facile.
En flattant le narcissisme et l'avidité, on fait croire à l'art alors que ça n'est le plus souvent que du produit commercial bas de gamme.


Les jeunes artistes commerciaux d'aujourd'hui finissent  à ce régime, soit par disparaître, un nouveau poulain prenant rapidement leur place dans les charts, soit s'ils ont
eu un début de carrière suffisamment rentable comme Nolwenn, ils finissent par avoir recours à des artistes non commerciaux parce qu'ils réalisent rapidement que leurs albums ne sont que des
produits commerciaux de courte durée, des produits de consommation rapide, et qu'en tant que personnes pourtant célèbres et reconnues, ils n'ont finalement pas de réalité véritable au plan
artistique.


Les artistes qui réussissent à changer de cap vraiment, sont ceux qui opèrent une démarche personnelle de remise en question et d'ouverture intellectuelle, culturelle, technique.
Ce qui demande des efforts plus conséquents que de faire trois citations culturelles décousues lues dans un dossier de presse.


Voilà. Nul bûcher nolwennien en vue. ;-))))))))))))))) Juste un avis différent du tien sur l'art, le statut d'artiste et une critique que je maintiens du comportement
manipulateur et faux de la jeune fille dans l'interview en question.


J'ai servi l'argument du physique parce qu'il me semble pertinent dans le cas d'espèce étant donné que la jeune femme en joue énormément et que reconnaissant qu'elle a
effectivement une très jolie plastique, je me doute que cela participe à son succès et notamment auprès de la gent masculine.Ceci sans polémique aucune.


J'aurais pu aussi utiliser celui que tout ce à quoi JLM participe est forcément génial...parce que ça aussi je pense, pèse beaucoup dans l'intérêt subi que différents muratiens
ont pour la jeune bretonne. Comme je l'avais dit à Lew, je suis sans doute pas suffisamment fan pour valider tout et n'importe quoi du moment que JLM y participe. Pour moi, ce texte de JLM a une
visée alimentaire et n'est pas là pour désigner Nolwenn comme intéressante.


Pour avoir personnellement écouté les chansons des quelques albums de la demoiselle (au moins pour savoir de quoi il retournait et voir l'évolution), je n'y ai trouvé nulle trace
de réelle démarche artistique. Si tu n'as jamais écouté les productions de la jeune fille, je pense que rapidement en écoutant quelques chansons, tu t'apercevras vite de la pauvreté et de la
platitude de son travail.


Auquel cas je pense que même si tu n'en parles pas publiquement, tu verras que ma critique sur la jeune femme est en réalité beaucoup moins agressive et gratuite que ce que tu en
penses aujourd'hui. Je te laisse en faire l'expérience instructive. ;-)


Très bon week-end également à toi, cher Matthieu.

Matthieu 17/11/2012 13:46


     "culture très superficielle"


     "préjugés"


     "fantasmes"


     "interprète basique"


     "malhonnêteté"


     "esbroufe"


     "pantin au service de son narcissisme et de son tiroir caisse"


     Bon, Muse, qu'est-ce qu'on fait d'elle ? On la brûle ? On l'envoie en Afghanistan ? On lui coupe les cordes vocales pour l'empêcher de chanter ? On la trempe dans l'acide
pour qu'elle perde cette "jolie apparence support à fantasmes masculins" ??? Tu n'as pas l'impression d'être légèrement excessive ?


     Encore une fois, Muse, je crois que tu te trompes de cible. Tu attaques Nolwenn sur de simples déclarations à la presse, alors que le problème vient - pardon de me
répéter - précisément du fait qu'on oblige de plus en plus les artistes à justifier et à interpréter leur propre travail, ce qui ne peut que déboucher sur un discours formaté, si possible nourri
de nombreuses références pour bien montrer que l'on n'est pas le dernier des cons, sur ce qui n'est rien d'autre qu'une forme de storytelling. Et rares sont ceux qui arrivent à échapper
à l'affadissement que ne peut manquer d'entraîner cette sommation des médias à l'auto-analyse. Même Godard, qui était un maître dans sa capacité à parasiter cet exercice (dont il a su également
tirer parti...) a compris que jouer au plus malin avec les médias, au risque de devenir le bon client de service, était un jeu perdu d'avance. Nolwenn ne mérite, de ce point de vue, ni plus ni
moins la vindicte que ses collègues.


     Je crois que ta vision des créateurs est quelques peu étroite. Un certain nombre de grandes oeuvres ont été produites par des gens moyennement, voire peu cultivés et très
intéressés par l'argent et le succès. Si l'on s'en tient à l'exemple du cinéma, qui partage avec la chanson la caractéristique d'être un art et une industrie, un art et un
divertissement, son histoire se réduirait en gros, si l'on admet ce que tu dis, à Bergman, Tarkovski et Dreyer. Or, nombre de films considérés aujourd'hui comme des chefs d'oeuvre ont été faits
par des types moins cultivés que ceux que je viens de citer, des types qui ne se prenaient pas le moins du monde pour des artistes, à peine pour des artisans, et qui pensaient davantage à se
bourrer la gueule qu'à relire Proust (même si l'on peut évidemment faire les deux). Je crois que la distinction que tu fais entre de grands artistes purs d'un côté et des imposteurs avides et
impurs de l'autre est simpliste, qu'elle ne correspond pas à la réalité et qu'elle n'est même pas souhaitable.


     Quant à ton soupçon selon lequel je défendrais ici Nolwenn en raison de son physique, il est gratuit et inutilement polémique. Je serai ravi d'assassiner cette
ex-Staracadémicienne quand j'aurai écouté ses chansons. Mais en attendant, je crois que je serais prêt à la défendre même si elle était horriblement laide, pour la simple et bonne raison que les
arguments dont tu uses à son encontre ne me semblent pas, eux, très jolis.


     Bon week-end à toi, chère Muse.

Muse 16/11/2012 11:01


Hello Matthieu


Je n'en suis pas à souscrire que tout chanteur ou chanteuse ait un niveau de culture et d'éducation supérieurs mais je trouve lamentable que Nolwenn tente de se faire passer pour cultivée en
interview alors qu'elle ne l'est pas. Peut-être que ce qu'elle énonce peut passer pour de la culture pour quelques fans, lecteurs peu attentifs ou admirateurs de sa jolie plastique,
personnellement et je suis loin d'être très cultivée, je la vois surtout se couvrir de ridicule et montrer en réalité qu'elle a lu cinq minutes avant un dossier de presse en diagonale pour
l'occasion, histoire de justifier que quelques auteurs un peu moins commerciaux et surtout un peu plus cultivés lui aient écrit des chansons. Il aurait mieux valu qu'elle en reste à un propos
basique, plutôt que de tenter de faire croire qu'elle maîtrisait son sujet et avait de la culture...C'est là ce que je lui reproche. Pour moi, déjà l'entreprise est malhonnête et biaisée. Et
vouloir tromper ainsi le public comme elle le fait me choque. Pour moi c'est une marque de bêtise, de mépris du public et d'arrogance. Ce comportement ne plaide pas en sa faveur, ça participe au
contraire à montrer qu'elle ne mérite pas les auteurs qui ont travaillé sur son album.Heureusement qu'ils n'ont travaillé pour elle que pour faire bouillir la marmite...


Je suis d'accord avec la citation d'Henry James d'autant plus que justement, Nolwenn lui donne raison en tentant d'étaler une culture qu'elle n'a pas. CQFD.


La chanson est peut-être un art mineur, mais ce qui fait la différence (si tant est que l'on raisonne autrement que sur le décompte des ventes d'albums)  entre les artistes depuis une bonne
trentaine d'années, parce qu'on en est plus à l'époque des chanteurs des rues mais à une professionnalisation du statut de chanteur de variété, c'est la curiosité, l'ouverture culturelle,
intellectuelle qui vont nourrir peu à peu la démarche initiale et lui donner sens pour dépasser le seul cadre de faire de l'argent avec un physique, une voix et un narcissisme exacerbé.


Mais encore faut-il avoir les moyens personnels de pouvoir donner du corps, de la matière, du contenu...Même si ce métier est souvent un miroir aux alouettes, un temple d'illusions en tous
genres, il y a un minimum requis pour être crédible sur le long terme. Tu peux avoir la plus grosse maison de prod et un super agent artistique qui va te placer sur les meilleurs coups
commerciaux et très bien te vendre pendant des années, arrive un moment où ça ne suffit plus. L'aplomb, un beau physique et une jolie voix c'est bien pour démarrer. Mais si le roi est nu et
prétend pourtant être habillé de soie coûteuse, de broderies d'or et d'argent, y a comme qui dirait énorme tromperie sur la marchandise. Et si déjà, la démonstration est faite en pré-promo...ça
augure mal de la suite.


Après, libre à toi et à d'autres de tenter d'excuser la malhonnêteté de Nolwenn, de lui trouver toutes les qualités possibles. Pour moi, la démonstration est faite.


Maintenant, je conçois très bien que son discours soit passé comme une lettre à la Poste pour une majorité de gens qui n'y ont vu que du feu et même ont cru à une certaine intelligence de sa part
et une certaine culture. De mon point de vue qui n'engage que moi, l'esbroufe qu'elle a tentée ne fait pas illusion.


Et je ne peux donc la qualifier de très grande artiste parce que pour moi, l'artiste qui tente de tromper le public sur ses qualités personnelles mais aussi sa culture et qui ne fait pas l'effort
de nourrir sa démarche et sa production, est juste un pantin au service de son narcissisme et de son tiroir caisse.


Je sais, c'est une critique raide et tranchante. Peut-être parce que j'ai une haute idée de l'art en général, que j'estime qu'un artiste doit sans cesse mériter ce nom par une démarche de
culture, d'expérimentations personnelles, de recherche tous azimuts et par une remise en question permanente de son travail pour aller toujours plus loin.


Et j'ai conscience que cette exigeance ne va pas avec l'époque où la seule chose qui compte, y compris dans le monde artistique, c'est de vendre un maximum et d'avoir le plus de couverture
médiatique possible. Mais il me semble (à moins que je m'illusionne dans l'idée que j'ai du métier) que ce qui reste d'un(e) artiste sur le long terme, qui fait qu'à travers les siècles, il ou
elle continue d'inspirer, d'émouvoir, d'interroger, c'est justement l'exigeance qu'il ou elle a su s'imposer au plan personnel et artistique, qui fait toute la valeur et la richesse de ses
productions, qu'elles soient musicales, picturales, littéraires, chorégraphiques, vocales.


Et cette exigeance de qualité ne va pas sans se nourrir culturellement en permanence, en s'instruisant techniquement, intellectuellement...Ce qui finit par transpirer des oeuvres produites sans
que l'artiste ait besoin d'en faire étalage.


Le souci dans le cas présent de l'interview de Nolwenn, c'est qu'elle prétend s'appuyer sur une culture qu'elle ne possède pas mais qu'elle tente de faire croire à tous qu'elle a. Et non contente
de faire croire à ce mensonge, elle s'appuie sur des auteurs dont elle ne connaît pas ou peu le travail, la démarche et le niveau culturel tout en prétendant se placer au même niveau (par le
biais de quelques citations culturelles)...C'est comme si un chanteur lyrique tentait de se faire passer pour Verdi ou Händel alors que ce qui fera la valeur de son travail vocal d'interprète, se
place sur un autre plan que la démarche créative initiale.


L'interprète a l'immense responsabilité de donner vie à l'oeuvre musicale, textuelle écrite. Il a donc à ce titre un effort important et réel à faire d'imprégnation, de compréhension et de
maîtrise technique et culturelle de ce qu'il chante, exprime. L'émotion ne surgit que lorsque s'opère une compréhension limpide de ce qui a porté l'auteur, une sorte de parfaite harmonie. C'est
là que l'interprète conquiert véritablement sa dimension d'artiste et de créateur (même s'il n'est pas l'auteur des mots qu'il chante). On ne peut transmettre correctement que ce que l'on
comprend. Si l'on ne maîtrise pas son sujet, on ne fait pas comme si...


 

Muse 15/11/2012 22:31


Bonsoir Lew


Entre ne pas montrer l'étendue de sa culture et prétendre en avoir en interview alors que le péquin moyen moyennement cultivé est capable de se rendre compte que le propos est vide de
connaissances et de culture, il y a un fossé, que dis-je un abîme...;-))


Ne serait-ce que par le langage qu'il emploie et le vocabulaire des chansons, JLM montre sans ambages qu'il a une culture étendue et des connaissances littéraires importantes. Ce qui fait la
marque de fabrique de JLM et de quelques autres chanteurs et chanteuses à texte, c'est justement l'aspect profondément culturel de leur démarche artistique.


Mais je peux tout à fait comprendre que pour toi en tant que mec, Nolwenn te fasse fantasmer grave comme disent les djeunes et que tu sauras lui trouver toutes les excuses et qualités du monde
pour la prétendre intéressante.


Personnellement il me faut autre chose qu'un beau physique et un peu de voix pour me faire craquer en chanson comme dans la vie. Et je ne suis sans doute pas suffisamment fan de tout ce que fait
JLM de façon alimentaire pour m'esbaudir devant Nolwenn Leroy. Même sur les productions musicales personnelles de JLM je peux être très critique de temps en temps mais aussi critique sur ses
comportements comme ses propos (et les derniers en date dans la presse m'ont particulièrement déçue). Peut-être parce que je le pense capable du meilleur, donc ça me déçoit et m'agace
profondément quand il choisit le pire, la violence ou la facilité ou le ronron ou fait soudain un énorme contresens...


En parlant d'Amélie Les Crayons, même si le dernier album est je trouve un peu en dessous des précédents, c'est quand même mille fois mieux que Nolwenn Leroy. Que ce soit au plan mélodique,
textuel, créatif, culturel...y a pas photo.


Mais bon...je conçois que pour un homme, la plastique nolwennienne fasse plus d'effet que celle d'Amélie. ;-))

Matthieu 15/11/2012 20:38


  Ah Muse, notre désaccord se précise. J'avoue que je ne connais pas le travail de Nolwenn, à part une horrible chanson qui s'intitulait "Cassé", que je
n'ai pas d'a priori très favorable à son sujet (Star Ac' oblige) et que je ne pensais pas devoir jouer ici le rôle de son avocat. Mais je n'apprécie guère le procès en inculture
que tu lui fais. On a supprimé le test de culture générale à Sciences Po, on ne va peut-être pas en instaurer un pour faire de la variété, non ? Tu évoques, Muse, l'éducation, le milieu culturel d'origine comme explications de la prétendue superficialité de cette chanteuse. Soit. Mais outre le fait que je ne sais rien de
l'éducation qu'a reçue Nolwenn, en quoi serait-ce un critère suffisant pour l'accabler ? Qu'elle vienne ou non d'un milieu où l'on aurait eu le goût du savoir, en quoi cela devrait discréditer
par avance un effort peut-être sincère de sa part pour élever son niveau culturel ? Est-ce que ses approximations sur la peinture préraphaélite nous autorisent à juger qu'elle est dépourvue de
curiosité et de profondeur personnelle ?!


  De quoi parlons-nous, Muse ? De chanson, de cet art mineur, bancal, bizarre, dans lequel un texte moyen, associé à une musique facile, interprété par
un chanteur sans voix, peut aboutir à un chef-d'oeuvre. Va-t-on demander à tous les artistes de variété de sortir des Beaux-Arts ou d'avoir la formation scolaire de notre chère Camille ? Je ne
suis pas certain que nous y gagnions beaucoup. J'ignore si Nolwenn est sincère ou si elle n'est qu'un produit marketing ; je ne sais si elle aspire à s'enrichir intérieurement ou si elle simule
son goût pour Nerval et Millais. Mais, à ma connaissance, elle ne prépare pas une thèse de doctorat sur la figure d'Ophélie à travers les âges. Accordons-lui donc le droit de pouvoir être touchée
par une peinture sans forcément maîtriser toutes les références auxquelles elle renvoie et de pouvoir puiser dans cette émotion la matière d'une chansonnette. Je propose que nous lui laissions le
bénéfice du doute, que nous fassions preuve d'indulgence et que nous attendions d'avoir écouté "Ophélia" pour déterminer si Shakespeare risque de se retourner dans sa tombe. Nous pourrons alors
nous écharper sur des bases plus solides et moins imprégnées de préjugés plus ou moins élitistes.


  Puisque toute cette discussion est partie, je le rappelle, de propos promotionnels, avec toute l'ambiguïté que ceux-ci comportent de mon point de vue, souvenons-nous de ce qu'écrivait
Henry James il y a près de 130 ans :


     "Les très grands artistes, quel que soit leur domaine, ne sont certainement pas ceux qui exposent à tout propos leurs idées générales sur l'art qui est le leur, ceux
qui abondent en préceptes, justifications et formules, et qui savent le mieux nous expliquer les raisons et la philosophie des choses. On les reconnaît d'ordinaire à ce qu'ils travaillent avec
énergie, appliquent leurs principes avec constance, et nous laissent le soin de traquer leur secret à travers leurs illustrations et leurs exemples concrets."


  Cette réflexion, que le grand critique de cinéma Jacques Lourcelles plaça autrefois en exergue de son Dictionnaire des films, résonne avec ce que tu écris Lew, mais semble très difficile à appliquer en cette époque où l'abondance de médias pousse les artistes à commenter et à interpréter leur propre travail à n'en plus
finir, cette époque où une oeuvre ne semble plus pouvoir émerger (dans les médias, en tous cas) sans être précédée de grandes déclarations d'intention autoglorificatrices. Ayons au passage une
pensée respectueuse pour la (relative) réserve d'un Gérard Manset, cher au coeur de notre hôte bien-aimé, qui, lui, ne noie pas son travail sous un déluge de commentaires.


  Je savais, Lew, que tu saurais reconnaître mes talents de pâtissier. mais tu ne t'en sortiras pas ainsi. Tout le monde attend ta chronique sur
Grand Lièvre, qu'elle soit vulvaire, vaginale ou même... clitoridienne. Et on ne bouge pas pendant le jingle ! (Mais là, Muse aurait raison
de déplorer l'emprise de la société du spectacle et du divertissement...).


  Oups, quand le taulier va revenir et voir le bordel qu'on a foutu, il va faire une drôle de tête.

Pierrot 16/11/2012 09:16



pas fâché le patron: "et j'espère qu'il y aura des débats"... ai-je écrit sur les fronds de Baptiste MOTS  de ce blog (en page 1)



lew 15/11/2012 15:29


Mathieu, bonjour, ta tarte aux poils de romarin a pourtant l'air d'être un délice. mais c'est vrai que c'est le mec en moi qui parle, donc cela doit fausser mon
jugement. j'aime bien les tartes aux myrtilles ou aux mirabelles mais je n'ai rien contre bousculer mes habitudes pâtissières. yum yum.


oui le mot "vulve" est mot étrange, encore un peu tabou, pour beaucoup. récemment on nous rebattait volontiers les oreilles de multiples "dialogues du vagin", mais
le mot commençant par un autre "v" semble préférer poursuivre sa vie dans la discrétion, comme s'il était muet, une sorte de "v" fantôme, comme il existe des oeufs muets. il est certain que ce
mot est une apparition, dans sa merveilleusement éphémère manifestation même. mais avec quoi va-t-on pouvoir bien faire les "krampouz" maintenant ? hein, ho...


Hi, Muse, je crois que les artistes (femmes et hommes) qui me bluffent le plus, qui m'attirent, sont ceux qui ne montrent pas du tout l'étendue (sa prétendue totale
absence n'étant d'ailleurs aucunement une gêne), de leur culture, la sensibilité de l'inspiration, le pouvoir de création n'étant à mon humble avis absolument pas à elle proportionnels.


si on prend le premier disque de Joy Division par exemple, les paroles ne font pas allusion à tel point précis de la culture, c'est un pur échange
d'Angst, d'émotions, avec celle ou celui qui l'écoute. en cela il est créateur d'une culture "rock", une nouvelle culture, une culture étrange (certains parlent de "sous-culture", à
la bonne heure, cela ne dérange pas, au contraire).


F. Hardy, dans ses chansons ne montre jamais qu'elle connaît la littérature allemande (en V.O) par coeur, le fait qu'elle n'ait pas peur de la culture populaire
(l'astrologie) révéle en soi que chez elle le problème de la "Kultchur" (pour le dire comme Ezra Pound) n'en est pas un.


c'est tout l'art de Murat, d'après moi, de proposer dans sa musique des reflets de la poésie du temps passé. il le fait exprès, sachant qu'il commet de nombreux
échos, c'est presque un jeu subtil de les reconnaître ou pas (en ce cas, la question de la culture est plutôt rejetée, d'une très intelligente façon, du côté de l'auditeur). mais en aucun cas il
n'en fait un étalage. on ne peut rien véritablement soupçonner de la profondeur de sa culture, on ressent simplement des choses, on revanche on devine sa passion, c'est finalement ce qui est le
moins étanche, et c'est communicatif comme dit ma boulangère.


chère Muse, le fait que les producteurs de Nolwenn tablent sur l'actuel grand succès de la chanteuse, c'est dans l'ordre des choses. je pense qu'on a le droit de
trouver son enracinement dans la culture bretonnante un peu artificiel, mais les gens aiment. elle ne vole personne. sa tentative de se projeter (elle l'avait déjà fait avec Voulzy) hors du
marché (pas si captif que cela) régionaliste est tout à son honneur.


je n'ai jamais pris N. Leroy à la légère quand à moi. un médecin musicologue célèbre américain (Oliver Sacks) a montré que sa voix était un véritable organe-soignant
(ou soigneur). on s'est aperçu que son timbre faisait du bien aux schizos et dépressifs en institutions. 


mais n'en faisons pas qu'un outil, Nolwenn est peut-être une discrète inspiratrice ;


le dernier disque d'Amélie les Crayons, prend sa source dans la forêt de Huelgoat.


cela dit, Mathieu, on devrait noyer les commentatrices et commentateurs qui s'étalent, là je suis d'accord. je serais alors le premier à boire la tasse. de cidre
brut si je puis.


 

Pierrot 15/11/2012 19:53



-salut,


je vous laisse les clefs, c'est bien, continuez...Ca cultive mon jardin-



Muse 15/11/2012 11:51


Mon propos n'est pas contradictoire, Matthieu. C'est Nolwenn qui prétend maîtriser le thème d'album qu'elle propose qui offre en réalité un propos d'une inculture manifeste sous couvert de
quelques citations culturelles dont elle ne comprend ni la teneur ni la portée ni les liens ni les interactions. Elle montre ainsi sa superficialité et qu'elle est une interprète basique, peu
cultivée, qui lit en diagonale un dossier de presse pondu par la production à vitesse grand V pour avoir un semblant de truc à peu près intelligible et intelligent à dire en interview de promo.
Tu as bien d'autres interprètes du même âge qu'elle qui ont mille fois plus de culture qu'elle et qui savent tenir des propos intéressants, véritablement cultivés sur les sujets dont ils parlent
en chanson. Je prenais l'exemple dans mon message précédent de Raphaële Lannadère qui a sorti un premier album l'an dernier issu principalement des compositions de son compagnon BabX, elle est
d'un autre niveau. Idem si tu prends l'exemple de Daphné qui, si elle est aussi une interprète, est une jeune femme qui a quand même une autre épaisseur et un autre niveau que la jeune bretonne.
Je pourrais en citer d'autres dans la même tranche d'âge qui tranchent d'avec Nolwenn.Par exemple, une autre fille sortie de la Star Académy ou l'équivalent, Olivia Ruiz, a une autre épaisseur
que Nolwenn Leroy. Parce que l'objectif et le contenu de la démarche musicale n'obéissent pas aux mêmes critères. Les deux filles ne jouent clairement pas dans la même cour même si elles
connaissent toutes deux un grand succès public et sont passées par la même moulinette télévisée à succès initial.


Gréco et Hardy sont des femmes qui même jeunes avaient une curiosité intellectuelle importante. Tu prends aussi dans la même tranche d'âge Brigitte Fontaine, c'est la même envie de s'ouvrir, de
faire du sens autour de chansons, même si elle est toujours interprète. Je crois que ça vient de l'éducation, du niveau d'ouverture et de culture dans lequel chacune a baigné et choisi d'enrichir
au fil du temps, du degré de curiosité,  du degré de profondeur personnelle, des envies. Certains chanteurs interprètes misent énormément sur leur physique, sur des chansons faciles, sur un
mode de fonctionnement commercial et de communication assez bien rôdé pour passer le temps et les modes. Et puis tu as d'autres interprètes qui développent une autre stratégie, non pas qu'ils
soient laids ou qu'ils ne disposent pas d'une bonne production et diffusion mais leur désir profond ne trouve satisfaction qu'en publiant des albums moins faciles, avec des textes plus
littéraires, moins faciles au plan des thèmes et des contenus et élaborer du sens et de la culture à la fois pour eux-mêmes mais aussi pour le public auquel ils s'adressent. Et ça change du coup
toute la carrière et toute l'expression musicale et personnelle de l'artiste. Il ou elle vendra peut-être moins et aura un public plus restreint mais il ou elle gagnera sur la durée plus de
crédibilité et s'enrichira intérieurement, aura vraiment l'impression de faire de la qualité. Celui ou celle qui veut le succès facile ne fera jamais vraiment l'effort de culture et de savoir, se
contentera de faire vaguement illusion, en priant secrètement pour ne pas que son inculture manifeste soit identifiée par le public. Hasard heureux, la plupart du temps, le grand public est d'une
ignorance et d'une inculture aussi importantes voire plus importantes que le chanteur ou la chanteuse commercial(e). Donc le peu de citations culturelles faites par le chanteur ou la chanteuse
commercial(e), passent aux yeux du public pour de la culture véritable. C'est dire si le niveau intellectuel et culturel est élevé ces dernières années dans notre beau pays...Là c'est un peu
l'enseignante consternée qui parle. Mais n'empêche...je mesure de plus en plus que la génération de mes grands-parents nés entre 1898 et 1908 avait, même en étant moins allés à l'école, plus de
culture et de savoir que bien des adultes d'aujourd'hui. La société du spectacle et du divertissement a décidément fait beaucoup de mal à l'esprit, à la culture et à la connaissance...

Matthieu 15/11/2012 09:56


  Pierrot, il faudra que tu fasses un point sur le concours du commentaire le plus long, parce que je croyais être le mieux placé pour décrocher le filet
garni de fin d'année, mais Lew et Muse viennent peut-être de me passer devant.


  Muse et Lew, je ne vais pas tenter d'apporter mon grain de sel dans votre discussion fort intéressante sur les
mythologies d'ici et d'ailleurs, car je serais bien incompétent. Quand je pense à Ophélie, je me souviens surtout que lorsqu'elle se met à délirer et à chanter à la fin de la pièce, elle évoque
"le romarin pour les souvenirs" et que ce passage me rappelle toujours une tarte abricots-romarin-framboises-amandes que j'avais fait un jour pour une femme, qui ne l'a finalement jamais mangée.
Comme vous le voyez, on est très loin de Nolwenn. (Je précise que cette histoire est antérieure à ma rencontre avec Armelle).


  Je me contenterai donc de trois remarques (je ressemble Bernard Guetta quand je dis ça) :


1°) Je retrouve dans certains de tes propos, Muse, des questionnements que Lew et moi-même avons eus ces derniers mois au
sujet du discours promotionnel, de la possibilité d'y dire (ou pas) des choses originales, d'échapper au formatage extrême de ce registre (cf. ce que nous écrivions il y a quelques temps sur
Dominique A et son côté "gendre idéal" lors de sa dernière campagne promotionnelle), de briser le carcan de cet exercice sans pour autant tomber dans le piège de la provoc gratuite et vaine
(selon le mot fameux d'Audiard, le père, "les cons ça ose tout", etc.)... Tu reprends également nos interrogations sur la sincérité (ou pas) de l'appel fait par certains artistes à des aînés
ayant une inrock credibility. Sauf qu'en l'occurrence, Nolwenn est peut-être (pour l'instant) plus une interprète qu'une auteure, il est donc légitime qu'elle aille démarcher des
collègues pour lui écrire des chansons. On pourrait néanmoins disserter à loisir sur le fait que beaucoup d'interprètes sollicitent les auteurs-compositeurs les plus reconnus, plutôt que de faire
un réel travail de dénichage de pépites (que la pépite soit une chanson ou un auteur). Mais cela nous entraînerait loin.


2°) Je trouve, Muse, qu'il y a comme une contradiction dans ton discours et je rejoins en ce sens Lew : tu reproches à
Nolwenn de méconnaître la dimension tragique et sociale des images qu'elle utilise, d'ignorer ce qu'elles nous disent, en creux, de la condition féminine, mais tu accuses dans le même temps cette
jeune chanteuse de n'être qu'une interprète inculte et inconsistante, incapable de comprendre ce qu'elle chante, véhiculant ainsi un cliché lui-même assez peu féministe. Ce jugement me semble
bien sévère, Muse. Nolwenn est une toute jeune femme, issue de la Star Academy, ne lui faisons pas de procès en inculture et ne la jugeons pas sur
quelques propos d'interview. Je ne suis pas sûr que Françoise hardy ou Juliette Gréco, interprètes d'une tout autre dimension, sans doute beaucoup plus cultivées que ne l'est leur consoeur
bretonne, soient toujours plus intelligentes lorsqu'elles sont en promo. Enfin, comme dans le cas de Radiosofa, attendons de pouvoir entendre les chansons et nous jugerons sur pièce.


3°) Lew, il serait temps que tu assumes ton statut de commentateur de luxe de ce blog et que tu franchisses le Rubicon qui sépare la Rome des commentaires de
la Gaule des articles (quel poète !). Autrement dit, que tu nous pondes un article digne de ce nom, en l'occurrence une lecture vulvaire (vulvienne serait plus joli) de Grand lièvre pour
aller au bout de ta théorie. Si tu envoies ton article à Pierrot avec un mot aimable et légèrement flagormeur, il acceptera peut-être de le publier. Allez,
Lew, au boulot !

Muse 14/11/2012 21:12


Bonsoir Lew


Je suis sans doute un peu dure à l'égard de la jeune femme mais quand je lis ce qu'elle exprime, désolée, mais je trouve qu'elle démontre clairement qu'elle a une culture très superficielle,
nourrie à la va-vite avec quelques dossiers de presse pour les besoins de la promo de l'album. Elle donne l'impression d'avoir sur le thème de son album plus une vision personnelle fantasmatique
adolescente qu'une vision cultivée et adulte, enrichie de lectures, de réflexions personnelles et de vécu. Rien que le passage sur Millais et Shakespeare (elle ne fait pas le lien entre les deux
ni ne parle du poème de Rimbaud sur l'Ophélie shakespearienne et dont s'est largement inspiré Millais pour son tableau) est assez révélateur...


Le souci avec les légendes bretonnes, c'est qu'elles sont très souvent reliées à la mythologie et dans l'histoire de l'ondine de Jakez Hélias, l'héroïne fait référence à l'histoire de Méduse dont
Athéna est jalouse et qui lui jette un sort afin que son regard ne charme plus mais pétrifie les hommes qui l'approchent. Ce genre de don est donc plus une malédiction qu'un don
bénéfique...L'ondine, la vouivre, la sirène, la nixe sont généralement dans la mythologie et les légendes des êtres  attirants mais dont la séduction est un piège pour apporter aux humains
qui les approchent la mort, le malheur ou pour prendre plus qu'elles ne donnent. Elles n'ont pas forcément choisi ce mode d'existence mais sont prisonnières de cet état maléfique.


Les dakini sont des fées plus terriennes, plus incarnées et plus déesses-mères de sagesse aussi. Il n'y a donc pas de comparaison possible il me semble entre les sirènes,ondines, nixes, vouivre
plus désincarnées, enchaînées à leur état et les dakinis, beaucoup plus libres.


JLM sait je pense qu'il a affaire à une jeune chanteuse qui a besoin de légitimité et d'épaisseur pour être un peu plus crédible artistiquement. Plus en vue que lui médiatiquement et
commercialement,les textes muratiens peuvent apporter à la jeune Nolwenn comme ceux d'ailleurs de Miossec et d'autres, un peu plus de dimension culturelle à ses albums et forcément plus
d'épaisseur même artificielle à sa personne médiatique. Et certainement la maison de prod appuie à l'arrière plan cette stratégie pour la rendre un peu moins superficielle, parce qu'elle arrive à
la trentaine et que pour durer par la suite dans le métier, faut savoir faire et chanter autre chose que ce qu'elle a montré jusqu'à présent.


Donc dans le deal, JLM y trouve son compte financièrement pour pouvoir plus facilement et rapidement ressortir un album perso et la demoiselle y puise un peu plus de crédibilité au plan
image-média et artistique. Au-delà de cet état de fait, je crois qu'il ne faut pas attendre grand-chose de la jeune fille. Si elle est jolie fille et chante pas trop mal, elle n'a rien d'une
artiste exceptionnelle ni d'une personne particulièrement cultivée. Je pense qu'elle le sait, même si elle tente de le dissimuler en faisant quelques citations qui feraient illusion pour le
lecteur lambda qui a encore moins de culture... Mais elle ne peut faire illusion dès lors que le lecteur a un minimum de culture sur les sujets qu'elle effleure.


Nolwenn constitue certes une jolie apparence support à fantasmes masculins mais derrière, on trouve peu de choses réellement intéressantes au plan vécu, au plan culturel et humain (comme France
Gall au moment où Gainsbourg avait écrit pour elle les sucettes à l'anis)...Il est donc d'autant plus amusant pour JLM de lui faire dire quelques horreurs par le biais d'une chanson, de manier le
double sens, de déconstruire le mythe de la fée celte séductrice qu'elle prétend incarner au travers de ses différents albums depuis ses débuts et encore plus sur celui-ci avec le thème général
de la sirène.


Je ne connais pas les paroles de la chanson en question mais si je m'en réfère aux paroles que JLM a déjà écrites pour d'autres jeunes chanteuses, il ne fait généralement pas dans la
dentelle...donc ça risque d'être très drôle car cette chanson va en quelque sorte dessaler un peu son interprète ;-) Cette perspective m'amuse beaucoup. Mais je n'attends rien de
l'interprète...JLM aurait écrit pour Juliette, pour Véronique Sanson ou pour Gréco ou pour Raphaële Lannadère qui à des âges et des styles très différents ont une vraie épaisseur personnelle, un
univers à elles qui a du corps, de la matière, du vécu, de la culture, je ne serais sans doute pas aussi critique. Mais franchement, concernant la jeune Nolwenn, chacun est à même de se rendre
compte qu'en interview comme dans ses albums et les chansons qu'elle chante, ça va pas pisser loin...Seul avantage, sa soupe musicale se vend bien. C'est ce qui permettra à JLM de mettre un peu
de beurre dans les épinards.

lew 14/11/2012 19:51


Muse, je ne connais pas les paroles de "Sur mes lèvres", mais peut-être que toi, oui, en ce cas tu as sans doute raison. 


mais je te trouve un peu sévère de jeter comme cela dans les orties du manque de culture, la jeune Nolwenn.


c'est une fille qui a vécu aux Etats-unis, elle est très férue de la civilisation de ce pays, elle est remplie spirituellement d'une belle "Americana", comme on
dit.


je crois savoir qu'elle lit beaucoup. Elle n'est absolument pas vide culturellement parlant.


d'ailleurs si l'on reprend les termes de son entretien dans lequel elle parle du titre écrit par Murat, je trouve son approche assez subtile et gracieuse, elle
mentionne, intellegemment à mon sens, "différentes significations", du 'double entendre', comme on dit un anglais, et, je cite à nouveau, "un jour particulier, un angle original".


ce que tu dis sur l'Ophélie shakespearienne traduite dans l'art, la poésie et la peinture, est très recevable.


mais je me souviens d'autre chose, en te lisant (et bien sûr en pensant aux racines celtes de la chanteuse), notamment d'une légende bretonne racontée par
Pierre-Jaquez Hélias, l'histoire d'une ondine qui transforme en rochers de granit (ceux que l'on peut voir aujourd'hui sur l'île de Bréhat) trois jeunes types parce qu'ils "s'étaient soudain
faits trop pressant" avec elle (faut dire qu'elle était divinement belle).


on peut repenser aussi aux "Daikinis" que Krishna avait malicieusement piégées alors qu'elles prenaient leur bain à la rivière, en leur planquant leurs saris.


tu vois, les femmes savent, dans le cas de la fée de Bretagne, ne pas se laisser faire par les hommes, et dans le cas indien, elles savent rire avec le Deiu
facétieux.


un rire libérateur.


Murat lui-même, avec ce titre "Sur mes lèvres" (on pense au film du fils Audiard, où l'on voyait une fille muette, se sortir du fleuve de solitude qui voulait
l'emporter), susiterait-il de nouvelles sucettes à enfoncer dans la gorge d'Annie, qu'on lui répliquerait que son Grand Lièvre était comme le gardien de souvenirs exclusivement féminins
(reprenons nombre de titres de cet album et nous verrons bien si je déconne tant que ça), un doux et subtil gardien placé devant le temple des grandes lèvres ouvertes-closes (et inversement) des
secrets de la bouche d'ombre du féminin. voilà ce qu'était en grande partie l'album de 2011, à mon avis.

Muse 14/11/2012 12:00


Faudrait que Nolwenn réalise que l'Ophélia de Millais c'est l'Ophélie de Shakespeare dans Hamlet et que le tableau représente bien Ophélie morte, la jeune fille s'étant suicidée, noyée par
désespoir. Il ne s'agit donc pas d'une jeune fille qui rêve mais bien d'une noyée suicidée sur le tableau, c'est sans ambiguïté si l'on ca un minimum de culture sur le sujet. Pour rester dans un
propos poétique et ne pas choquer et voir son tableau refusé, Millais n'a volontairement pas montré une noyée au visage verdâtre, violacé et au corps déformé, gonflé par l'eau mais ça reste une
représentation du suicide d'une jeune fille. Thème qui est présent aussi dans l'histoire de la petite sirène d'Andersen qui à la fin du conte se suicide parce qu'elle n'a pas pu conquérir l'amour
du prince sous apparence humaine et qu'elle ne peut comme le suggèrent ses soeurs tuer ce prince pour retrouver sa forme première. Le suicide mais aussi le meurtre de jeunes filles qui changent
d'apparence et deviennent fées, sirènes, esprits est très utilisé dans les contes traditionnels mais aussi au 19ème siècle dans la poésie et la peinture. Ces histoires se racontent surtout dans
des périodes de l'Histoire particulièrement puritaines et corsetées socialement, politiquement, religieusement. Les pressions sociales, politiques et religieuses s'exerçant particulièrement sur
les femmes à ces époques, on agite ces histoires morbides à la fois pour faire rêver mais aussi pour faire peur et mieux soumettre la gent féminine au patriarcat. A noter que l'héroïne du conte
qui échappe au meurtre ou au suicide est une héroïne qui se soumet à l'autorité. Alors que celles qui sont tuées, qui se suicident ou qui déchaînent les malheurs sur leur personne ont voulu
échapper au joug autoritaire qui leur était imposé. Leur rédemption ne peut donc se faire que par la mort et/ou l'obéissance à une autorité. On retrouve aussi ce thème dans les nouveaux contes de
fées de la Comtesse de Ségur notamment avec le personnage de Blondine (dans le conte Blondine, Bonne Biche et Beau Minon) mais aussi via le personnage de Rosalie dans le conte de la Petite Souris
Grise.


Je ne sais pas pourquoi, mais à la lecture du propos de Nolwenn, j'ai comme l'impression qu'elle a vaguement réfléchi au thème de son album sans maîtrise réelle du sujet ni réelle culture (juste
une culture superficielle qu'elle ne maîtrise absolument pas, plus faite de préjugés, de fantasmes, de vagues connaissances que de réel savoir) et comme tu dis Pierrot, JLM lui a fait accepter
des paroles dont elle est incapable de mesurer la portée et le sens.


Ca donne une piètre image de la jeune chanteuse: un joli minois mais qui a besoin pour être un peu crédible de paroliers un peu plus cultivés qu'elle.