Jeanne Cherhal et Maissiat à Saint-Marcellin, 25 mai 2014

Publié le 26 Mai 2014

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Saint-Marcellin (isère), entre noix et Vercors, a son petit festival qui porte le nom de "Barbara" (une exposition lui est consacrée). Les têtes raides ont occupé la scène en ouverture, mais moi, ce qui m'intéressait c'était la soirée Maissiat et Cherhal... J'aurais fait ainsi l'ouverture et la fermeture de la saison culturel de la commune (Barbara Carlotti, compte-rendu). 

 

Je m'incruste de bonne heure dans cette fête de village, où tout le monde se fait la bise: un, je n'avais pas encore mon billet (il restera encore quelques places), deux, il y avait un petit concert en fin d'après-midi devant la salle: petit concours entre petits nouveaux, puis une prestation d'une chanteuse entrant en résidence : Chloé Birds (quel boulot côté com: site internet, support, dossier de presse... j'y découvre le nom de Murat... car son bassiste -non-présent- a joué avec lui... Après recherche, c'était sur MURAT LIVE (Patrick Loiseau, homonyme du compositeur et ami de Dave... que l'on trouve lui aussi aux côtés de Murat dans les crédits d'un disque de F. Hardy... voili voili pour être précis)... et j'ai une parenthèse à fermer encore, attention là: ).

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              Chloé Birds (©surjeanlouismurat.com)

 

Il n'y a pas grand monde, c'est dommage, tout cela est pourtant bien sympathique. Les Milord, duo blues entre Vienne et Saint-Etienne, emportent le prix et rejouent quelques titres. Je découvre que la personne qui interviewait sur un bord de trottoir Jeanne il y a quelques minutes est le chanteur du groupe. Je suis jaloux: l'inter-ViOUS ET MURAT de 2010 se doit d'être actualisé (il y a eu The end etc, la cover de la maladie d'amour entre autres choses)... peut-être un jour. J'avais même essayé de décrocher auprès d'elle une invit pour ce soir: une Nantaise en dauphiné... elle ne sait surement pas à qui donner ses invit ai-je pensé... avant de découvrir ce soir qu'elle jouerait en fait devant son oncle, des cousins et cousines grenoblois. Elle évoquera cela rapidement durant le concert avant qu'un "Jaja!" ne soit crié du public: "c'est mon cousin!" (cela rajoutera une dimension supplémentaire aux moments des chansons sur son père et sa mère).


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Milord ((©surjeanlouismurat.com)

 

 

On a droit à un petit laïus de  présentation de la responsable du service culturel (le Maire - SE/DVG- ne s'inscrute pas comme l'autre soir pour Barbara Carlotti... faut dire qu'il vient  d'être réélu... comme quoi la culture, ça paye)... On   remercie  la municipalité et  les bénévoles... qui nous permettent d'avoir un concert au prix de 20 euros (et Barbara Carlotti, c'était gratuit....). C'est quand même sympatoche. 

 

 

- Première partie MAISSIAT:

  Au cours du concert, il m'est revenu qu'elle avait fait partie de Subway....  groupe féminin un temps soutenu par Murat, mais avant qu'elle ne l'intégre. Bien qu'elle se soit montrée disponible à la sortie , je n'ose  l'aborder pour tester sa muracité. 

 

Toujours le chapeau vissé sur la tête, chemise blanche et jean noir sur une silhouette androgyne, minois graçieux, ses lèvres fines ne laissent que peu sortir son énergie rock passer. Elle pourrait se permettre ainsi d'accrocher le public, mais toute en retenue, elle choisit l'élégance... et une voix très sobre et claire, charmante.  Piano solo, puis accompagnée de boucles ou d'un clavier ou d'une guitare additionnelle,  tout ne me parait pas du même niveau. On aimerait  la voir accompagnée d'un vrai groupe. Elle remporte néanmoins un beau succès (elle a vendu son stock de disques)  et on se dit qu'on prend date pour l'avenir. Après une tournée sud américaine, la lyonnaise sera des nuits de Fourvière en première partie de Doré (complet).

 

 

Pause, plus couramment appelé "entre'acte".

 

 

Le rideau a été tiré.

Quelques secondes de départ en fanfare (sur « j’ai faim »)  avant que le rideau ne se réouvre.  Jeanne, costume blanc 3 pièces, à gauche avec un long piano (partagé avec Maissiat), et le band un peu éloigné à droite: le  french cow-boy batteur Eric Pifeteau (conservé de la tournée précédente), l'excellent Laurent Saligault vu ici même avec Barbara Carlotti et Sébastien Hoog ("histoire(s) de J", l'album de Jeanne, lui doit beaucoup) et ses guitares -il en change régulièrement en cours de morceau-.

 On retrouve les titres du dernier album délivrés  très fidèlement. Jeanne  soulignera qu’elle est très heureuse de le défendre sur scène  avec les mêmes 3 musiciens qui ont enregistré l’album avec elle.  En tout cas, oui, ça tourne rond, et on retrouve le groove samsonien tel qu’il est présent sur disque.  Un bon son de piano, et d’excellentes guitares de Hoog en premier plan, notamment sur « l’échappée ».


Les titres s’enchainent avec Jeanne Cherhal au piano, avec quelques petits mots de temps en temps. Et on se demande si elle va se lever… même si elle virevolte presque sur sa chaise, se met  debout, ou prend des pauses gilbertBecaudienne en équilibre sur le bord du siège.


Ca continue avec élan avec « bingo » (cosigné avec JPNataf), puis Noxolo, ballade triste, mais le morceau s’étire joliment.

 

Premier retour en arrière avec « 5 ou 6 années », bien jolie dans cette orchestration plus «piano ».

 

Jeanne parle parfois entre les chansons.  Salutations à Massiat (elles ont déjà joué ensemble à Bourges, et Maissiat a également chanté avec l’ami JP Nataf…), évocation de la finale de champion’s league en train de se dérouler… et là, petit mot plein d’humour pour annoncer « quand c’est non, c’est non » et… l’ humour  se poursuit dans l’introduction de la chanson…   qui se termine dans un joli moment pour remplacer la partie des Françoise présente sur le disque.

 

cherhal massiat                                                                 (dans les coulisses, page officielle de Jeanne Cherhal)


On continue encore avec « histoire(s) de J. », avec « l’oreille coupée », là encore, introduite par un discours qui tente de nous  faire croire que Jeanne n’est pas parfaite.  C’est un des morceaux très samsonien, avec de belles envolées… où l'interprête  utilise une bonne partie de ses capacités vocales. Le morceau est un peu rallongé sur la fin avec un long  solo de guitare. Excellent.

… Et finalement,  voilà la chanteuse debout devant nous… Et oui, pas de piano sur « cheval de feu»… C’est le morceau le plus osé… et c’est justement avec celui-là que Jeanne ose se présenter pour la première fois de la soirée devant nous.  C’est presque gonflé (sans jeux de mots)… mais j’en vois le symbole d'une profession de foi délivrée dans cet album (déjà annoncé par la tournée précédente) : se mettre à nu, et dresser le portrait d’une femme épanouie, même si le doute et les craintes, les angoisses premières, se présentent encore.  Joli pont musical rock là encore, avant que la chanson ne redevienne douce. 

 


Après, deux petits tubes:

"voilà",  le texte se prête au amusement ... et Jeanne tente de faire chanter le public un peu timide. Excellent. 

Puis  on part sur un très énergique "canicule" (album "l'eau"), où le public applaudit avec force. Belle version...  avec quelques petites notes de piano rigolotes. Jeanne disparait mais la chanson se poursuit dans une partie musicale endiablée et fortissimo très très rock... Top... Cela dure plusieurs minutes...

 

Le temps d'un changement d'un robe... et Jeanne arrive néanmoins un peu essouflée... dans une robe courte brillante et près du corps, alors que les musiciens eux quittent la scène.

"non, mais c'est physique, cardio quoi... elle n'est pas toute jeune"...Et continue sur l'humour en nous disant: "comme vous l'avez remarqué"...  les rires l'interrompent... mais  se renforcent quand elle poursuit : "[comme vous l'avez remarqué], j'ai donné congé à mes jeunes (musiciens)"...  Le moment le plus drôle de la soirée (vous ne  comprenez pas, tant pis).  

 

 "Je vous propose un petit moment cabaret, intime, de rapprochement"... "Bon, en même temps, je me mets à votre place, si jamais une gonzesse d'une drôle de forme me disait, on va faire un moment un peu cabaret, bobino, je me dirais qu'est-ce que c'est que ça...". Elle reprend : "un instant que j'ai voulu plein de sobriété... d'où ma tenue"... Vraiment très drôle...  Elle commence quelques notes... puis reboit encore... Et c'est parti pour  "les nuits d'une demoiselle 2.0"... qui ne suscite pas une très grande hilarité ce soir-là (au contraire de cette captation à la cigale).  Cette chanson est une adaptation de Colette Renard (Patrick Cohen en a parlé à 7h43  ). La chanson originale avait été chantée par Jeanne et Marchet, Leulliot en 2013.. (spectacle "histoire d'amour").  

 

"Vous êtes coquinou à st-Marcellin"

 

Petit laïus :  le parquet de la scène qui lui fait penser à sa grand-mère,  la famille présente,  Jeanne a décidé de nous chanter une vieillerie qui ne figure pas sur la set liste : c'est "ça sent le sapin".  On n'aura donc pas droit à un inédit prévu "chanter pour rien" (que l'on pourra écouter )... et c'est plutôt une chance. Très jolie ballade.

 

Et vient ensuite "le tissu"... toujours en solo. Le plus grand silence se fait... pour écouter cette grande chanson.

Et on continue encore dans l'émotion avec  "je t'attends"  (retour à "histoire(s) de J"), même si ce qui pouvait serrer au plus profond à l'écoute de l'album s'est un peu attenué...  et il faut bien sûr s'en féliciter (vous ne comprenez pas, tant pis-bis). Magnifique interprétation néanmoins.

 

Le groupe revient, et on nous les présente, ainsi que les techniciens.

 

Et c'est "qui me vengera" (charade)... intro d'enfer (où Jeanne danse), puis piano solo... et ça repart de plus belle...  On est loin de la version du disque... et c'est encore plus rock que lors de la tournée précédente... Ca tourne d'enfer... et c'est trop court!

 

On enchaine rapidement avec "Finistère"... tout le nouvel album sera  donc joué... à mon plus grand plaisir... avec un solo de guitare très réussi. Très belle chanson. 

 

Puis, c'est "petite fleur"... qui parle de son papa...Joli moment.

 

Jeanne annonce la fin,  remercie tout le monde, Maissiat, le diapason, le public... et chante "1984", inédit (offert sur i-tunes avec l'album). Elle rate d'ailleurs le départ, ce qui nous vaut une petite prolongation de l'intro. Le morceau m'apparait un peu compliqué mais il nous donne droit à une chouette partie musicale finale, endiablée et enfiévrée (là encore Sébastien Hoog s'en donne à coeur joie).  Piano, guitare... ce n'est pas "school" de Supertramp... mais presque... et tout cela se termine sur un bel enchainement en fondu sur "Je suis liquide" et sa rythmique impeccable. Ca termine fort le concert...

 

 

Standing ovation...longs applaudissements...

 

En rappel, "Femme debout", avec le groupe.  On passe des cris à la prière en un instant.

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Après encore quelques saluts, Jeanne reste sur scène seule...et c'est un rappel particulier auquel on a droit... "festival Barbara" oblige... Ca sera bien sûr "NANTES", "ma chanson préférée au monde"... et c'est beau.  (on pourra retrouver Jeanne marcher dans Nantes dans une petite série (où elle chante a capela un petit morceau de la chanson).

 

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Et bien, voilà... voilà... voilà.... Une excellente soirée... oui. La classe internationale. Je suis ravi d'avoir enfin découvert cette grande artiste sur scène. Le concert s'appuie sur un album au musique excellente, un groupe parfait, juste agrémenté de quelques tubes, deux/trois surprises. Pas de temps morts, c'est vivant, vibrant, drôle. une heure quarante qu'on ne voit pas passer.   

 

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  Jeanne cherhal enceinte   bataclan

 

 

 

 

 

- chronique du printemps de Bourges dans le MONDE par V. MORTAIGNE  (avec un titre acoustique).

- Concert au bataclan le 3/06, et en juin et juillet...

   https://www.facebook.com/jeannecherhal?sk=app_123966167614127

  http://www.infoconcert.com/artiste/jeanne-cherhal-15480/concerts.html

  - 90 minutes de concert pour vous faire votre idée... bon, à quoi ça sert d'avoir écrit tout ça, vous n'avez qu'à visionner...  

 

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/chanson-francaise/jeanne-cherhal-a-la-salle-paul-fort-152041

 

 

RAPPEL: inter-ViOUS ET MURAT de JEANNE CHERHAL,  à lire:

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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xlew.m 11/06/2014 11:39


Un peu vache le rapprochement systématique avec Sanson, Jeanne, c'est Jeanne, Véronique c'est Véronique, quoi, il faut laisser en soi s'infuser la musique et les paroles de "J'ai faim" et de
"L'échappé" pour mettre en veilleuse l'inévitable comparaison peut-être un peu philistine, comme dirait Samson après que Dalida lui ait rasé les cheveux avec le bord coupant de l'un de ses
vinyles "Live au Palais des Sports."


Pierrot le remarque avec sa justesse et sa sensibilité habituelles, les titres de Jeanne révèle une femme qui se livre, qui se met à nu, avec autant de talent que d'humour (rare en chanson
française.) Je pense que son rythme pianistique se marie à merveille avec les paroles, et là je serais d'accord, c'était aussi la marque de fabrique de Sanson, mais avec Jeanne on a l'impression
que la "malédiction" (je plaisante à peine) de Stephen Stills est vaincue, l'amour la mord toujours autant mais cette fois-ci c'est elle qui a les crocs. Francheumeng, plus je l'écoute, plus je
l'entends, plus s'ouvre mon appétit pour sa musique et ses mots (il y a des images formidables qui parlent beaucoup.) Et je dirais volontiers à Mathieu, que je salue (tu as mille fois raison pour
Maissiat), de se pencher aussi sur la photographie de l'album "L'eau", elle doit lui rappeler un livre qu'il a commenté ici-même récemment. Merci encore pour cette chouette recension du concert
Pierrot.

Matthieu 11/06/2014 09:01


   Question de la part de quelqu'un qui n'a pas encore écouté l'album, ni regardé le concert : est-ce que le disque de Jeanne ne fait pas vraiment trop penser
à du Sanson ? Et à du Sheller ? (J'ai bien écrit : "trop", ces deux influences étant par ailleurs fort estimables.)


   Cette Maissiat, je l'avais vue avec un vrai groupe le temps de deux ou trois morceaux l'été dernier et j'avais en effet eu une belle impression. Une élégance naturelle émane de toute
sa personne.


   Sinon, une petite correction : Patrick Loiseau n'est pas le compositeur, mais le parolier de Dave. Et pour rester dans la thématique "compagnon de" ou "compagne de", je signale que
la compagne de Jérôme Pietri, dont il est question un peu plus haut sur cette page, est elle aussi une ancienne de Subway. Les gens pensent naïvement que le seul fil rouge de ce blog est
Jean-Louis Murat, mais en réalité, il y a mille résonances souterraines comme celle-ci. Impressionant...

Pierrot 11/06/2014 09:25



Cela pourrait l'être... c'est si flagrant... mais quand la musique est bonne, bonne, bonne...



Muse 10/06/2014 11:18


L'extrait "J'ai faim" fait très Véronique Sanson. On voit que Jeanne Cherhal a fait un précédent album d'hommage à la grande Véro. L'influence y est incontestable.

Ptilouisch 08/06/2014 08:20


Merci pour cet article que je ne voulais lire qu'aprés avoir vu ce même concert, au festival du Corbak, dans la vallée de éa Brévine, à La Chaux du milieu (Jura Suisse)au dessus de Neuchatel. Je
ne suis pas déçu, même enthousiame, même chaleur...J'y ai même vu des allures d'Higelin, mais je ne suis peut-être pas objectif...

Pierrot 08/06/2014 10:10



merci Ptilouisch!    Un concert Suisse de Murat prévu pour toi?



pierrot 28/05/2014 18:04


encore une photo  avec Massiat  qui dévoile quelque chose..  https://www.facebook.com/jeannecherhal/photos/a.269412965137.141903.191541900137/10152412793275138/?type=1&theater


Clairement, la volonté de JC n'était pas d'en parler et de le montrer dans les médias... mais j'ai vu que c'était mentionné dans un blog, et dans un commentaire sur une photo  sur son fb,
j'ai décidé de publier la photo finale, tout en n'évoquant pas les mains régulièrement posés sur son ventre, charmant et émouvant, et aussi les étirements du dos... ah, ce n'est pas de tout
repos, et JC ne se ménage pas...


 

Armelle G.R. 27/05/2014 17:46


Merci Pierrot!


Je suis une inconditionnelle de Jeanne... je l'ai vu en concert à l'époque où elle portait de longs cheveux puis il y a quelques temps dans ma commune... j'ai vu aussi Lise, sa petite soeur,
toujours chez moi (décidemment, on a de rares mais bons concerts au Scarabée!). 


Excellente idée que la diffusion instantannée du concert de Nantes pendant la lecture de ton CR!

Pierrot 27/05/2014 17:59



je n'ai pas fait exprès que la vidéo se mette en marche...  Merci Armelle!



Tourniere 27/05/2014 15:35


Je viens de vous écrire un petit commentaire au sujet de votre article sur Jeanne Cherhal


Je me permet de vous demander si il serait possible d avoir une copie de votre article par mai?


Merci de votre réponse


Cordialement


Maude

Pierrot 27/05/2014 17:59



merci pour le passage et le commentaire, ça fait plaisir. COntactez-moi par la fonction "contact" en bas de la page!



Tourniere 27/05/2014 15:31


Bonjour


 


Merci pour ce bel article.


J étais présente samedi soir et grâce à vous , en vous lisant, j ai pu me replongerle temps de cette lecure, dans ce fabuleux concert


 


A bientôt au diapason


 


Maude