Bibliographie 4: Olivier ADAM, à la poursuite du chanteur... Lecture muratienne.

Publié le 17 Août 2018

- J'avais commencé très hardiment  la rédaction de cet article (le livre est sorti en début d'année!!)... mais je l'ai petit à petit mis de côté, même si je conservais  le livre  dans mon sac à dos pour avoir mauvaise conscience. Ça n'a pas marché. Enfin soit, je profite de la fin de mes congés pour le terminer-

 

 

 Après le livre de Franck Courtès et ses pages sur Murat, me voilà obligé de jouer une nouvelle fois au critique littéraire, avec  Olivier ADAM. Il a eu la gentillesse de m'envoyer lui même un exemplaire du livre "CHANSON DE LA VILLE SILENCIEUSE"...    Mais pourquoi?  C'est bien-sûr que Murat est à nouveau « convoqué » par  l'inspiration de l'écrivain  (après « Les Lisières » notamment) mais cette fois de manière encore plus évidente: les articles autour de la promo nomment assez systématiquement Murat... bien que le personnage du musicien du livre évoque tour à tour un bien grand nombre de chanteurs connus : Ferrer, Dutronc, Johnny, Goldman... même si Adam a cherché un nom qui n'orientait vers personne : Antoine Schaeffer. Il a pourtant choisi Murat pour l'exergue.

 

 

Était-ce  une façon d'orienter le public vers l'image de notre auvergnat? Il est également nommé dans le livre (p 211), mais à côté de nombreux autres: Dominique A, Daho, Bashung. Dans la page précédente, la référence à Goldman est évidente: il va même jusqu'à reproduire une citation fameuse du compositeur à succès: "les chansons sont souvent plus intéressantes que ceux qui les chantent" (JJG a dit en fait "belles").  Auparavant, c'était Gainsbourg qui intervenait (Adam fait donc évoluer son personnage de roman aux côtés de personnalités réelles, ce qui renforce le côté réaliste et séculier du livre, même si ce chanteur finalement ne correspond avec toutes ses dimensions a aucun chanteur existant: rock, populaire, élitiste, culte, une légende,  personnalité médiatique (poursuivie par la presse), pouvant côtoyer John Parrish, Daniel Darc, Patty Smith ou Eno. Un mouton à 5 cordes. 
 

Voici la petite phrase que Adam m'a transmise et qui indique que Murat, même s'il était présent à l'écriture (Olivier a dit au cours de la promo que Jean-Louis faisait partie de la « BO » de sa vie et de son couple), son inspiration  a surtout raisonné dans la réalité juste avant la promotion du livre ... (j'ai renvoyé à Adam  deux questions... mais sans succès. -j'avais déjà essayé par le passé).

Olivier Adam: « Pour le reste effectivement, pas mal de références cachées ou non à Murat (mais aussi, outre Ferrer et les grands anciens à Bashung, Dominique A et même au frère ennemi Daho...). A commencer par l'exergue, tiré de « chanter est ma façon d'errer ». Le plus étrange pour moi a été de préparer la sortie de ce livre tandis que paraissait travaux sur la n89. Le chanteur du livre, taraudé depuis longtemps par l'envie de quitter le cirque signe, volontairement, un album déroutant, fait d'éclats, de lambeaux, de phrases énigmatiques... Après quoi il disparaît définitivement du circuit. Une petite anticipation donc.  Pas totale j'espère. J'aimerais autant que Jean-Louis Murat ne nous laisse pas au silence quant à lui. Bien à vous.O »

Effectivement, c'est troublant ("En composant ces chansons énigmatiques, d'une noirceur absolue, sans souci de plaire, ni d'être compris,sans s’inquiéter même de leur réception, en en faisant qu'à sa tête, en se défiant des contraintes, des conventions, des formats, des modes, des attentes" écrit-il dans son livre). A part la noirceur, tout colle... Mais... Mais... on a eu écho depuis que Murat avait déjà un nouvel album en préparation [il francese]. Rn 89 était un travail de démolition/construction, alors que dans le livre, le disque est "un point final. Une série de lettres d'adieu" (p40). Ouf, pas de prémonition.

 

                                                                        dédicace (que je n'ai pas déchiffré entièrement)

Pour autant, difficile à la lecture de " Chanson de la ville silencieuse" pour un murarchéologue comme moi, de se détacher de cette recherche: "ça, c'est Murat; ça ne n'est pas Murat",  un petit jeu qui n'est pas préjudiciable au plaisir du lecteur et qu'Adam a d'ailleurs un peu cherché à proposer.  Voici selon moi quelques solutions (les amateurs de Delerm, de Ferrer... en trouveraient d'autres).  Au fil des pages:

 

"Plus rien ne s'oppose.

Tout consent à la noyade  (à la 2e page du livre)"

C'est le roman le plus poétique de., celui où Adam joue avec le style propre (?) à la chanson, notamment avec des longues énumérations. On est au Portugal, comme à Taormina.

La première description du chanteur disparu m'évoque peu Murat. On pense plus à Ferrer. Personne ne l'a vu depuis 15 ans, à part une photo le présentant comme un reclus illuminé. Là, on peut penser à quelques images de Jean-Louis (sa vidéo dans un arbre pour une promo), mais il serait difficile de dire qu'il a marqué toute une génération, comme le musicien du livre, même s'il est aussi dit qu'il est une référence pour des jeunes artistes "vouant un culte à ses compositions les plus sombres, les plus opaques, les plus tortueuses [...] On les exhume, on se les repasse comme des secrets bien gardés".  Ça pourrait coller en pensant à quelques inédits ou titres rares. Et puis cette interrogation, ce "soupçon": ces jeunes le reconnaissent-ils pour son art? ou pour le personnage qu'il s'est construit, "le parcours, l'attitude"?

page 22: Gagner "les Abbesses"... (Murat, "le polnareff des abbesses" selon Guillaume Depardieu, Murat parle du quartier dans sa chanson pour Eryk e. La narratrice finira par adouber Paris en fin de parcours ce qui nous vaut encore l'évocation de quelques rues.

Page 34, après une description d'une vie "en retraite", Adam évoque les fans : "Des femmes surtout. Qui se mettent en tête de le remettre en selle. De lui redonner le goût d'écrire [...]. Elles hantent le village voisin, traînent. aux abords de la maison. Elles ont toutes cette silhouette osseuse, ces grands yeux assoiffés un peu dingues [...]."  Euh, non, mais je ne reconnais personne là.

page 41: Adam parle d'interviews "funèbres sur la mort du disque, l'industrialisation de la musique, le règne des gestionnaires. Dans ces interviews qu'on trouvait encore sur youtube,  il paraissait usé, amer. Son agressivité cachait mal sa blessure". Pas besoin de commentaire.

page 43, "il ne possède ni télévision, ni ordinateur"...  Quelques propos de Murat pouvaient nous le faire croire.. mais il s'agit pour lui d'entretenir son personnage.

page 50,  "la grange dont il ferait un studio, le calme et l'isolement propice à l'écriture"... mais en opposition "aux nuits d'alcool et de défonce"... Déroule une description d'une vie de rock star, avec multiples invités permanents menant une vie pas très saine, avec des paparazzis qui guettent, parfois chassés à coup de fourche. Même les aventures des Rancheros font alors penser à un aimable rassemblement de boy-scouts. Même si Murat donne l'impression d'en dire beaucoup, il a préservé lui son intimité. Si bien que son discours sur le chanteur paysan, le chanteur artisan, est largement intégré. Plus récemment, il parlait de son attachement à son rôle de papa, et à la transmission. Dans le livre,sa fille, la narratrice, dit "je crois que je l'encombre", même s'il lui montrera de l'attention, et veillera à son avenir (pour la guider vers des études supérieures).

Adam nous décrit en effet un artiste rock avec tous ses excès (cela revient régulièrement dans  le livre), une petite fille débarque,  et on pense plus à Lulu Gainsbourg qui ne peut pas réveiller sa mère pour qu'elle l’emmène à l'école, ou aux fils de Keith Richards (j'ai lu sa bio l'été dernier). "C'était juste ma vie. Et j'ignorais qu'il y en avait d'autres", même si l'amour et des moments complices existent. De plus, pas de maman pour "tenir la baraque", comme à Douharesse... un couple de gardiens joue un peu ce rôle de repère "de la vie normale"( "si j'ai jamais eu un foyer, ce fut chez eux").  Leur description est touchante et on retrouve là la patte Adam (on a plus l'habitude qu'il nous parle de ces gens de peu que des rock-stars).

Mentions de passage aux JT; à Nulle part ailleurs et chez Ardisson... Des instants télé quasi-culte pour les muratiens (Fort alamo avec Subway, les rats-taupiers, le clash avec la rédac-chef de closer...).

page 72,  ses livres de poésie ont disparu: "William Blake, Dylan thomas, Hölderlin, Rilke,Marina Tsvetaïeva, Carver... Pas de francophone, à part Jaccottet. J'aurais aimé y découvrir un lien évident à Murat, mais Adam s'amuse peut-être plus à citer ses favoris (même si Marina Tsvetaïeva renvoit à Dominique A).                                

"Je n'ai jamais pu saisir mon père". Alors, moi, en seulement 8 ans de blog, c'est normal que Murat soit encore une énigme. S'en suit une longue énumération de ses contradictions et changements d'humeur (pages 70 et 71, et également 107/108, et p.168-169-170...  La narratrice avoue même qu'il est pour elle "un puzzle impossible à reconstituer" (p.109). Il est dit ensuite que se sont distillées quelques mensonges dans sa bio (des origines italiennes) alors qu'il vient d'une famille pauvre de Belleville. Murat, même s'il y a construction d'un discours, lui a revendiqué ses origines paysannes, plus qu'ouvrières. Pour le musicien du livre, il est question de "se forger une carapace, un abri de fiction et de garder pour lui la vérité de sa vie". Murat semble peut-être à bien des égards plus impudique... Néanmoins, Adam évoque les réticences de la maman ouvrière de Belleville devant le fait de se donner en spectacle, "l'impudeur, l'indécence"   (p.112)... Murat a parlé de ce même sentiment chez la maman couturière de La Bourboule. "A quoi t'en es rendu mon fils" lui aurait-elle dit encore il y a quelques années... (c'est sans doute une vanne de Murat qu'une citation réelle). D'ailleurs, dans  le livre "les lisières", Adam, à propos de son héro romancier,  convoquait déjà  Murat pour parler du sentiment d'impudeur ressenti par les proches.

Adam fait ensuite référence à Daho en contant la réapparition du père de Schaeffer lors d'un concert (ce qui a donné la chanson "boulevard des capucines").

Il livre ensuite quelques phrases sur "l'oeuvre scénique" et plus que jamais, on y perçoit son amour pour l'art de la chanson: 

               "Les chanteurs, en concerts, c'est leur peau même, leur corps entier, leurs mots, l'intérieur de leur cerveau [...] dans aucune autre forme d'art on avance à ce point nu, vulnérable,. Le chanteur sur scène, c'est un don brut. Primitif. un truc de cannibale"(p.115).

Murat et la scène, c'est un rapport peut-être compliqué, complexe, et en tout cas pas basique comme la voie du succès l'imposerait ("faire la pute" dit le personnage du livre). On lui reproche parfois sa distance, sa froideur, mais c'est bien parce qu'il est en proie avec ces  difficultés de "la mise à nu" énoncées par Adam... comme quand il part en digressions et circonvolutions avant d'affronter un titre difficile... et parfois d'y renoncer. 

 
Page 123: Mention d'un "clash" comme on dit dans la presse people entre le chanteur et Gainsbourg qui en fait s'entendent très bien. Insultes, menaces, "tous ces trucs qu'ils faisaient pour la galerie, alimenter les gazettes"... Murat à ce jeu-là s'amuse souvent  tout seul, très régulièrement.  

Le passage qui parle de la relation orageuse que le chanteur a eu avec "la femme de sa vie"  décrit un artiste très tourmenté, mettant à mal son travail (des sessions d'enregistrement n'aboutissant à rien...). Murat a une vie domestique plus calme... mais cela m'évoque un peu la fin de la tournée VENUS avortée où l'on voit Murat s'habiller en christ... mais ses tourments sont un fort moteur artistique, et DOLORES et ses nombreux inédits, verra le jour.

p. 138:  "Mon père est rentré et a tout réenregistré à Paris, à la maison, avec ses musiciens habituels, et sous sa seule direction. En définitive, aucune de ses collaborations n'a jamais abouti". Pour Murat, c'est vrai  surtout en début de carrière, quand on essaye de lui adjoindre un producteur... Après, il "prend" ses collaborations, avec Denis Clavaizolle, Les Delano Orchestra, Calexico (il est question deux fois d'une session à Tucson dans le livre!)... 

 

Le livre contient beaucoup d'autres choses que  la description d'un chanteur :  d'abord, la difficulté pour se construire de sa fille, la narratrice sans prénom, dans cet univers, le rapport au deuil et/ou à la disparition,  ses relations avec ses amis, un journaliste, une amie qui s'appelle (par hasard) CLARA, la rencontre avec un groupe d'alternatifs, qui fait penser au groupe de Tarnac (à ce jour innocenté, le livre parle lui d'armes, d'explosifs trouvés sur le campement). A ce sujet, Vivian dans le "masque et la plume" a taxé le livre de "réactionnaire"!  Adam ne les décrit pas comme "une utopie communautaire", parle des drogues, et je trouve ces pages très réalistes autour de ce qui n'est qu'un repli sur soi comme un autre et de la posture.

Schaeffer a un ami JEFF, son guitariste attitré, qui partage sa maison, et meurt d'une overdose, lui faisant perdre un "repère", un dernier, après la perte  des femmes de sa vie. Peut-être que Christophe Pie "intimement, viscéralement lié à la carrière et à la vie de JLM" disait la Montagne, a pu jouer un peu ce rôle auprès de ce dernier, en étant capable de lui dire les choses (comme quand Murat lui  demande de l'aider sur "le moujik et sa femme"), sans parler qu'il était sans doute un invité permanent de la maison.

Chez Schaeffer, ces pertes "humaines", son inconstance dans la vie quotidienne, l'arrêt de sa production artistique (peur de faire le disque de trop, perte du fil, de l'inspiration?), un repli sur soi et/ou l'envie de "finir pêcheur", une dépression, autant de pistes esquissées,  l'amèneront d'abord à se mettre en retraite, puis à disparaitre : "peut-être qu'à force de s'abstraire de lui même, de se réduire à l'absence [...], il ne restait plus rien de lui. Peut-être n'était-il qu'une écorce. Et qu'ainsi, jeté à l'eau il a flotté jusqu'à la mer [...] Privé de substance on n'est plus rien. On n'a plus qu'à se vider dans le vide". L'amour portée à sa fille ne suffit pas.  "On a si vite fait de se perdre de vue" (p.209), même si Murat lui en rêverait plutôt.

Le roman se tourne alors complétement vers sa narratrice, et nous avons droit à de très jolies pages, notamment  sur une longue énumération sur 3 pages "je suis la fille qui... celle qui".

Les dernières pages évoquant l'art de la chanson parlent de la coexistence entre l’homme et son oeuvre. Un des doutes de Schaeffer est abordé: "mon père était persuadé d'être décevant en dehors de sa musique [...]Persuadé qu'il ne faisait qu'héberger le type qui écrivait des chansons , qui jouait sur scène. Et qu'il était un hôte misérable du créateur qu'il portait en lui". C'est ici qu'Adam reproduit la phrase de Goldman: "les chansons sont plus intéressantes que ceux qui les chantent".  Je n'imagine pas Murat victime de ce sentiment, d'ailleurs, Adam continue:

"De la génération qui l'avait suivi, parmi laquelle nombre de chanteurs se présentaient comme son héritier, il admirait la droiture autant que la musique. Ils ne sont jamais tombés dans les pièges, disait-il. Daho. Murat. Dominique A". Le piège de se compromettre. C'est peut-être à discuter... si on évoque la participation médiatique ou quelques singles faciles, à moins qu'on considère que cela fait partie du job...

 

Dans ce livre, Adam nous parle très bien des "songwritters" qu'il aiment tant, mais développe bien sûr avant tout un thème qui lui est cher : la disparition,  les gens qui restent, les gens ordinaires (aussi bien qu'on peut l'être quand on renonce à la fortune d'un héritage pour les donner à des bonnes oeuvres, ce qui est le cas de la narratrice)...  Sa structure en flashback, la fille qui revient sur la vie de son père, en un processus de deuil, est intéressante, marquant également  l'écart entre la vie qu'elle se choisit, dans l'anonymat, et  celle de son père. Cette disparition n'est pas forcement une mort, le roman laisse un fort doute (de plus, aucune lettre ou explications  ne sont laissées): son père est-il devenu ermite à Lisbonne, puis à Valparaiso? Est-ce tout simplement une nouvelle légende dur rock qui est en train de se construire?   La fille  choisit elle d'accepter ce départ. Le lecteur se posera forcement la question de savoir comment il réagirait.

"Chansons de la ville silencieuse" Olivier Adam, chez Flammarion, Jv 18.

 

PS: Sur ce thème de la disparition, je pense  beaucoup à l'histoire de M.  Ce dernier continue de m'accompagner. PSDV.  PSDT Matthieu GUillaumond

 

Autres mentions de MURAT dans le livre:

Un roman avec des crédits musicaux:

 

 

 

Bibliographie 4: Olivier ADAM, à la poursuite du chanteur... Lecture muratienne.

Pour aller plus loin:

 - Interview chez Taddéi : http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-social-club/europe-1-social-club-la-suite-frederic-taddei-08012018-3540767

Adam cite "le mendiant à Rio".

- La Grande librairie:

- Sur France 24:

Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie, #inter-ViOUS et MURAT

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Commenter cet article

Mathilde 28/09/2019 18:14

Et personne n'a songé à Christophe ? Je l'ai eu en tete pendant toute la lecture de ce tres beau roman.
Tres chouette article en tout cas !

Marie Mai 22/08/2018 10:56

Un grand merci, l'ami Pierrot, pour cette balade entre Murat et Adam. Ta plume est toujours aussi jolie !
Très envie de lire ce bouquin !! Et merci pour tes photos de vacances, d'évasion plutôt. Je les ai parcourues vite - été très occupé, et pas de vacances - mais je vais dès que possible m'y replonger, comme une grande bouffée d'air frais et vivifiant - et p'têt même que certaines iront atterrir sur les murs de mon atelier (privé) en guise d'inspiration ! J'aime et suis ton blog depuis longtemps, même si je prends pas toujours le temps de te le dire. Merci pour tout ! Et promis, j'oserai te parler lorsque je te re-croiserai dans la sphère muratienne !
Marie

pierrot 22/08/2018 11:07

merci Marie du message! Ça fait plaisir.