Publié le 19 Juin 2024

bonjour,

Je prends le temps de vous donner quelques nouvelles! Je suis à fond sur les préparations du Week-end... mais on commence à y voir à peu près clair.

Il reste encore quelques places  : billetterie (pass 2 jours et le vendredi : 3 sets concoctés rien que pour nous! Avec la participation exceptionnelle  du très rare Bertrand Louis, multiples coups de coeur de l'académie charles cros, et de l'encore plus rare "Mlle Personne"!).

 

Infos pratiques:

Les portes ouvrent à 19 heures les deux soirs. Le fotomat propose des petits encas (pizza...)... et des nombreuses bières et du vin naturel...

Pensez à votre carte d'adhérent obligatoire pour accéder à la salle pour ceux qui étaient là l'année dernière, pour les autres, adhésion obligatoire à l'association à prix libre (Le Fotomat fonctionne sans subvention, et est un lieu d'expression pour toutes les cultures et expressions, notamment depuis quelques temps, pour la communauté LGBT+).

Nombreux stands : dédicace de Pierre Andrieu ("les jours du jaguar", du livret de la conférence de l'année dernière (par Pascal Torrin - si vous ne l'avez pas réservé, il sera disponible pour 5 euros-,  Stand des Volcans (vendredi et/ou samedi) pour acheter des vinyles, et les livres,   Des CD singles et/ou promos le vendredi, et  aussi, le recueil d'interviews proposé par P. DUCHER!       Si vous avez réservé des affiches auprès de moi, je ferai la distribution en fin de soirée (MERCI DE PENSER A AVOIR DE LA MONNAIE!).  Et puis bien-sûr, vous trouverez les CD des artistes, notamment le dernier album des Dory4 paru cette année, ou les productions de Soleil Brun, ou l'Autre Philippe... entre autres!  Merci de soutenir la musique vivante!

 

N'arrivez pas trop tard pour profiter de l'exposition, et de la scène ouverte (avec Pierre-Emmanuel qui pourrait se promener avec sa guitare, et Vivien au piano). Et soyez en forme! Les soirées vont se terminer tard, avec "mlle personne" en "cinéma de minuit" le vendredi... et un concert de plus de 30 titres le samedi!

  Voici les affiches qu'on a vu apparaitre sur les réseaux sociaux cette semaine:

Le "all stars Mikaelian's band" clôturera la soirée:

Et voici les replays de la semaine:

LES ATTABLES REPLAY  sur radio campus clermont. J'ai causé et TRISTAN SAVOIE également! IL révèle ses choix de reprise!

C'était lundi, et le jour suivant, c'est Pierre Andrieu qui a causé de son livre et de la soirée:

On sort en Auvergne  sur France BLEU

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #week-end Murat, #2023 après

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Publié le 12 Juin 2024

Bonjour,

On s'y attendait, à cette nouvelle, depuis si longtemps... Déjà en 2015, Madame m'écrivait :"Merci beaucoup pour votre invitation [soirée Unplugged Murat], mais mon état physique m'empêche désormais de me rendre à tout spectacle", en 2021, qu'elle n'écrivait presque plus...  Des années de souffrance et... cette loi sur la fin de vie qui est retardée encore et qui fut la dernière occasion de l'entendre si je ne m'abuse.

Depuis que Baptiste Vignol m'avait permis de réaliser une interview en 2010, moi qui débutait presque, j'étais si surpris et fier de pouvoir la réaliser... et découvrir ce mail qui s'affiche "HARDY -DUTRONC", quelle émotion!   Je l'avais contactée trois ou quatre fois ensuite, et elle m'avait toujours répondu avec gentillesse. Et ils ne sont pas nombreux ceux dont on sait qu'on aura toujours une réponse, et c'est pour ça aussi qu'elle était dans le panthéon des "Grands"... la classe absolue, une icône totale, et que je n'aimais pas les critiques qu'on lui faisait. Comme Murat, elle avait sa liberté de ton... et c'est tout à son honneur.

En mai 2023, je l'avais sollicité pour participer à la libre antenne sur Europe 1 avec Moix (que je savais très fan):

"Je ne peux plus rien faire maintenant. En tout cas, je garde un très bon souvenir de la séance de Memory divine et j’adore toujours cette chanson que j’avais reçue alors que mon album (Rendez-vous sous la pluie, je crois) était quasiment terminé. Mais j’aimais trop cette chanson pour ne pas l’enregistrer in extremis. Dommage que vous ne me l’ayez pas demandé plus tôt.  Bonne émission ! "        (en 2021, elle  m'avait quand même dit ne plus avoir écouté JLM depuis des années).

On avait ensuite échangé car Régis Pulisciano (Oomiaq, le musicien du Mustango tour, je pense à lui ce matin) m'avait demandé que je le mette en contact. Et elle avait acceptée... C'était un petit bonheur de faire ce plaisir à Régis dont Françoise est la chanteuse préférée. Françoise était la star qu'il ne fallait pas craindre de rencontrer (même si pour moi, ce ne fut que par mails)...

Voici  quelques mots à cette occasion:

 

Sans son pygmalion Serge, Jane n’aurait jamais chanté, l’idée ne l’aurait sans doute pas effleurée. Mais Camille c’est très différent, elle est et a en tout cas été une géniale mélodiste et parolière, une géniale chanteuse aussi bien sûr. Pas besoin de pygmalion !  On m’a transmis que Serge aurait regretté que je ne lui demande pas de faire tout un album avec lui et j’ai répondu que si j’avais fait un album avec lui les chansons auraient été les siennes alors que je préférais que ce soit les miennes même si elles n’étaient pas aussi bonnes que les siennes. 

Camille :  qu’est-elle donc devenue, on ne l’entend plus ? J’adorais ses chansons et elle le sait bien. J’aurais aimé chanter un duo avec elle dans mon album de duos (commandé par ma maison de disques), mais je n'arrive pas à chanter correctement ce qui est très rythmique alors j’y avais renoncé. Vous savez ce qu’elle devient ? Je sais juste qu'elle a eu un enfant. (Dans cet album, il y a un duo génial avec un chanteur auteur-compositeur anglais Ben Christophers : My beautiful demon.)

 

Voici donc l'interview de 2010. Je lui avais transmis une série de questions, qu'on avait un peu complété je crois.

 

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 5 :   FRANCOISE HARDY 

 

                     Alors ce qui est bien, c'est qu'on pourrait se passer de présentation pour une fois... mais une personnalité de ce genre mérite "introduction", tapis rouge et canapés... Elle nous accompagne depuis les sixties (une période étrange sans doute située d'après mon enquête entre les années 1950 et 1970) et mène carrière en toute humilité.... malgré un statut d'icône mérité :  Damon Albarn avec Blur, Malcom Mac Laren (qui vient de mourir) ont fait appel à elle pour des participations, et elle a écrit ou interprété des nombreuses chansons qui resteront... et qui, signe de leur qualité, font l'objet de nombreuses reprises: mon amie la rose, comment te dire adieu, fais moi une place, message personnel, au fond d'un rêve doré (nana surf), l'amitié....  Bien sûr, c'est à l'occasion de la sortie de "la pluie sans parapluie" où  figure un titre écrit et produit par Jean-Louis Murat (memory divine) qu'elle a bien voulu répondre à mes questions... mais point question de promotion: elle aime réellement Jean-Louis Murat... et lui rend un bel hommage ici.  

 

 

 francoise-hardy-4640.jpg

 

 

Baptiste Vignol a eu la gentillesse de vous parler de mon modeste blog et je suis très honoré que vous acceptiez de répondre à quelques questions (je suis dans mes petits souliers...).  Le principe de "l'interViOUS et MURAT" est de faire parler une personne de son lien avec le sieur Murat et pour un artiste d'évoquer des points communs artistiques ou des divergences. 

 Voilà depuis janvier que je suis de près l'histoire de cette collaboration puisque l'info de l'enregistrement d'une chanson de Jean-Louis est sorti  sur un forum qui vous est consacré un ou deux jours après l'enregistrement (janvier)... On en a, petit-à-petit, appris un peu plus... mais il reste quelques points à éclaircir...

  

 - Et pour commencer, je suis obligé de vous poser une question (les  Muratiens, acharnés des inédits, m'en voudraient  trop si je ne vous la posais pas). Jean-Louis vous a envoyé 4 chansons et vous n'avez retenu que "Memory divine".  Vous rappelez-vous des titres des  autres chansons?

 

 F. HARDY :  Les autres chansons s'intitulaient :  Tous les chanteurs sont malheureux, L'envie de vivre, La nature du moi. Mais aucune ne m'emballait autant que Memory divine or, à quelques exceptions près, je ne me lance dans l'enregistrement d'une chanson que si j'ai un coup de foudre pour elle.

 

- Vous avez reçu des maquettes assez abouties. Est-ce à dire qu'elles n'étaient pas  des simples démos "guitare-voix"? 

 

F. HARDY :  Il y avait juste une rythmique, mais les guitares et l'ambiance musicale étaient si parfaites pour mon goût, que je ne  voulais rien d'autre. 

 

- Comment s'est passé le choix de confier la production à Jean-Louis Murat  (Il est venu plusieurs fois à Paris et a enregistré la base rythmique à Clermont )? Vous avez dit que ça avait  été"facile" et "hyper rapide": cela ne nous étonne pas de Murat... et  sa "façon" de ne pas trop se poser  de question en studio mais comment cela  a-t-il  été compatible avec votre perfectionnisme et votre anxiété naturelle?

 

F. HARDY : Mon album était presque terminé, nous avions des deadlines qu'il était impossible de repousser encore. Il fallait donc faire vite. Mais même si j'avais eu tout le temps devant moi, j'aurais tenu à ce que ce soit Jean-Louis qui  refasse dans ma tonalité ce qu'il avait fait sur sa demo. Il m'a mailé la nouvelle rythmique qu'il a faite chez lui et comme l'intro n'était pas exactement la même que dans la 1ère version,  j'ai chipoté à  ce sujet pour finir par lâcher prise.  

 

- Il était en studio avec vous. Avez-vous eu des discussions sur l’interprétation à proprement parler du titre ?

 

F. HARDY: Non. Je faisais juste à la fin une petite faute de mise en place que Jean-Louis m'a signalée. Par ailleurs, j'étais surprise qu'il ne reste pas pour le choix des prises de voix - il pensait sûrement que c'était plus de mon ressort que du sien -  et qu'il n'assiste pas au mix du début à la fin – mais sans doute faisait-il confiance à son ingénieur du son auquel il avait dû donner ses instructions. Pendant le mix, nous papotions dans une sorte de petit salon  : c'était une situation totalement inédite pour moi. Je connais des chanteurs que le choix des prises de voix et les mix assomment, Jacques Dutronc par exemple, alors que pour moi, il est inconcevable de ne pas y participer ne serait-ce que par ma seule présence.

 

- Jean-Louis avait donné un texte à Thierry Stremler (un de vos compositeurs) il y a quelques années. Ce dernier a-t-il joué un rôle dans cette collaboration ?

 

F. HARDY:  Vous me l'apprenez. Si Thierry avait joué un rôle dans cette collaboration inattendue, il me l'aurait sans aucun doute fait savoir.

 

- Est-ce que vous avez été surprise de recevoir un titre en anglais de la part de Jean-Louis Murat? On le sait défenseur de la chanson française, tout en ayant en stock semble-t-il un grand nombre de chansons en anglais...  Y a-t-il eu une vraie discussion pour qu'il fasse un texte en français? Ensuite,  il a été aussi question de modifier "lick" en "live"?

 

 F. HARDY:  Bizarrement, j'étais tellement enthousiasmée par la chanson que je ne me suis pas posé de questions sur le fait qu'elle soit en anglais. Virgin aurait aimé un texte en français. J'ai transmis la demande à Jean-Louis qui tenait à ce que son texte reste en anglais. De toute façon, nous étions trop pressés par le temps pour envisager une autre texte. Il est vrai qu'il y a eu un tout petit problème sur le mot "lick". Jean-Louis avait d'abord écrit : I want to lip a late passion" après c'est devenu "I want to lick". Comme mon gros dictionnaire anglais me donnait des signifiications improbables des deux mots ou pas de signification du tout, j'ai pensé les remplacer par "live". Mais lors des premières prises de voix, dès que Jean-Louis m'a entendu chanter "I want to live", il est arrivé en trombe pour me dire que c'était "lick" et pas "live", et que son texte avait été vérifié par un agrégé d'anglais. Ce qui est amusant, c'est que j'ai mailé la chanson à Ben Christophers, un artiste britannique avec lequel je travaille de temps en temps et dont j'étais impatiente d'avoir l'avis. Il m'a répondu ceci : "Yes the song is great, I like your double vocal in the chorus, I'm not sure what the lyrics mean either but it's cool…"

 

 

- Oui, avec Murat, on n’est jamais sûr de ça !!  Vous avez craqué sur cette chanson ( "j'étais folle de la maquette" et " De nature obsessionnelle, je n’écoutais alors plus que cette chanson" avez-vous dit). Est-ce que vous écoutez encore la maquette ou votre version?

 

 F. HARDY: Les deux mon capitaine.

 

- … petit moussaillon plutôt !…. Vous avez eu ce commentaire :  "j’ai régulièrement fantasmé d’enregistrer un album avec Jean-Louis Murat, dont les réalisations me paraissent toujours d’une perfection absolue et dont je suis attentivement la carrière depuis Mustango ".  Ce n'est pas un mince compliment et même peu de ses fans le diraient! Est-ce que vous avez d'autres albums fétiches de Jean-Louis? et pourriez-vous nous citer les 3 titres que vous aimez le plus?

 

 F. HARDY:  J'ai surtout eu ce fantasme, lors de difficultés surgies pendant l'enregistrement de mon dernier album, parce que j'avais écouté certains morceaux du dernier album de Jean-Louis et avais été saisie, en effet, par la perfection de la production. 

S'il fallait choisir trois titres de Jean-Louis Murat, je prendrais : L'amour et les Etats-Unis, Monsieur craindrait les demoiselles, M le maudit. Mais ça me contrarie de ne pas citer Caillou ni aucun titre de Mustango que j'ai écouté en boucle pendant un an à peu près.

 

- Au grand journal ( ou était-ce pas dans  On n'est pas couché de Ruquier ?), vous avez dit qu'il vous était difficile d'envisager de donner à quelqu'un la charge entière d'un de vos albums. Même à Murat, malgré cette "perfection absolue"?

 

F. HARDY: La production et la réalisation sont deux choses différentes. Il est impossible dans l'absolu qu'un artiste, si talentueux qu'il soit, fût-il Gainsbourg, ponde douze très bonnes chansons  pour un même album.

 

                                                                                          "route Manset"

 

- Par ailleurs, vous étiez avec Murat sur le tribute "Route Manset"...   On  cite régulièrement cette référence concernant Murat... Qu'est-ce que vous en pensez? J'aime bien l'impression "ligne claire" pour votre musique... et je trouve qu'elle correspond bien à une bonne partie de la discographie de Manset (le pop "atelier du crabe" par exemple).  Par ailleurs, ils ont tout deux écrit leur "vénus" (Manset pour Bashung). En tant que vénusienne, lequel des deux  titres préférez-vous?

 

F. HARDY:  Pour ne pas faire de jaloux, je choisirai la Vénus de Bananarama!

 

- Ma question sur Manset ne vous inspire pas… Dommage… j’y travaille en ce moment et j’aurais bien voulu l’avis d’une grande spécialiste de la chanson…

Concernant une comparaison entre vous et ces deux artistes, ce qui me vient à l’esprit, c’est quand même la hauteur de leur « prétention », artistique… (même s’ils s’aiment aussi en artisan) alors que vous semblez d’une humilité à toute épreuve ? Est-ce que vous vous rangez à l’avis de Gainsbourg sur la chanson art mineur ?

 

F. HARDY:  La plupart des gens ignorent la signification d'"art majeur" et d'"art mineur". Serge qui était pervers sur les bords a joué là-dessus. Il savait qu'il serait mal compris et que cette incompréhension susciterait des discussions totalement à côté de la plaque qui satisfairaient son goût de la provocation. UN ART MAJEUR EST UN ART QUI REQUIERT UNE INITIATION (la peinture, l'architecture, la grande musique) ALORS QU'UN ART MINEUR N'EN REQUIERT AUCUNE. Mais cela n'a rien à voir avec la qualité des productions. Il y a au moins autant de très mauvaises choses en musique classique qu'en pop music et une mélodie très inspirée de pop music n'a rien à envier à un thème mélodique inspiré de musique classique. AUTREMENT DIT, EN MATIERE D'ART, LES TERMES "MAJEUR" ET "MINEUR" QUALIFIENT LA NATURE DE CET ART, EN AUCUN CAS SA VALEUR.

En fait, je n'ai pas bien compris votre question. Est-ce que"Route Manset" est la compilation qui a été faite avec des interprétations des chansons de Manset par des artistes différents, dont moi ? Je ne m'en souviens plus bien, car, malheureusement,  je n'ai pas le CD.

J'ai eu une très mauvaise expérience avec Gérard Manset dont j'apprécie beaucoup certaines chansons ("Je tuerai la pianiste" sur le dernier Bashung fait partie de ses nombreux petits ou grands chef d'œuvre) : chaque fois qu'il m'a proposé quelque chose, j'ai trouvé ça très mauvais et très éloigné de ma personnalité profonde.

Il me semble que Jean-Louis est plus prolifique que Manset. La prolificité implique une certaine facilité à composer, à écrire, mais le revers en est souvent un manque relatif de discernement sur la valeur de ce que l'on fait. Et puis, si l'on produit trop, on fatigue le client et on ne se renouvelle pas toujours assez ! On ne peut pas écrire et composer des chansons vraiment fortes si on en en compose et en écrit non stop. C'était un gros défaut de Benjamin Biolay dont les albums s'enchaînaient sans transition et comportaient de moins en moins de mélodies fortes. Un arbre ne peut pas donner des fruits toute l'année. Ni Serge ni Bashung n'étaient prolifiques - et Souchon et Voulzy ne l'ont jamais été non plus.

 

 

- Vous connaissiez à peine Jean-Louis Murat (je n'ai pas trouvé trace de rencontre, ou peut-être sur un plateau d'Ardisson) ... Est-ce qu'il est devenu votre ami?

 

F. HARDY: Je l'avais invité dans mon Vivement dimanche de l'an 2000 (je crois) [cf ci dessous l'extrait]  et j'étais ensuite allée le voir à l'Olympia. Ca s'est arrêté là. Il faut des circonstances diverses et variées pour qu'une amitié se construise. Il faut surtout avoir vécu des choses ensemble. Mes plus grands amis sont des personnes avec qui j'ai travaillé et que les circonstances m'ont amenée à revoir. Un ami, c'est aussi quelqu'un qui peut vous parler de choses intimes et vice versa. Je ne veux que du bien à Jean-louis Murat. En ce sens, je suis donc son alliée. Mais ça ne suffit pas pour parler d'amitié.

 

 

- Jean-Louis Murat (en évoquant sa choriste du dernier album Cherie ) disait  "j'adore les voix de filles qui ne craignent pas les garçons". Pensez-vous avoir à ses yeux cette qualité là  (tout en ayant "cette absence de sérénité touchante" dont il vous a parlé)?

 

F. HARDY: Je ne pense pas. j'ai toujours eu peur de tout, en particulier des insectes, des virus et des garçons (sortes de virus macroscopiques). C'est sans doute la raison pour laquelle ma voix est si limitée ! De toute façon, je ne suis plus une fille mais une femme passablement blette. Et certains hommes mûrs, voire blettes, me font encore plus peur aujourdhui que les garçons hier.

 

 

- Jean-Louis Murat aime le « vous » ,  il me semble que vous y êtes fidèle aussi dans vos textes…  Est-ce que vous auriez d’autres points de comparaison entre vos deux styles ? 

 

F. HARDY: Beaucoup d'auteurs aiment le vouvoiement, ne serait-ce que parce que la sonorité de "vous" est si belle. Serge Gainsbourg  l'a pas mal utilisé (- "J'avoue, j'en ai bavé pour vous, mon amour, avant d'avoir eu vent de vous..."  Quelle beauté ! ) Guy Béart aussi : "Ce qu'il y a de bon en vous, c'est vous" dans sa chanson "Vous"… etc… L'une de mes chansons préférées "Cet enfant que je t'avais fait" de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin fait plus fort encore avec le protagoniste masculin qui utilise le tutoiement et la protagoniste féminine qui utilise le vouvoiement (Offrez-moi une cigarette, J'aime la forme de vos mains,Que disiez-vous ? Caressez- moi encore la tête, J'ai tout mon temps jusqu'à demain, Que disiez-vous ?)

 

  FH

 

Est-ce que dans votre œuvre, vous avez une chanson qui vous fait penser à Murat, ou dont Jean-Louis Murat aurait participé à l’inspiration ?  

 

F. HARDY: Le mot "œuvre" est un grand mot qui va pour Murat, Manset, Gainsbourg, Trenet,  Brassens… Pas pour moi ! 

Non, je ne crois pas. Mon vocabulaire est mille fois plus limité que celui de Jean-Louis et mon inspiration moins riche, plus simple aussi : toute ma vie, j'aurai juste tenté de mettre en mots sur des mélodies venant du cœur les émotions et les sentiments que je ne pouvais exprimer de vive voix à la personne qui me les inspirait plus ou moins malgré elle. Ca n'allait pas plus loin - ça ne va pas plus loin - alors que l'inspiration de Jean-Louis me semble aller beaucoup plus loin. Même si nous avons le Capricorne en commun, le Verseau  et d'autres facteurs que je ne connais pas, parmi lesquels le talent qui relève plus de l'inné que de l'acquis, lui auront valu un champ de conscience à coup sûr moins étroit que le mien !

 

  ____________________________________________

Interview réalisée par mails du 18/05/2010 au 20/05/2010.

  Dans cette interview,  aucune question ne traite de la crise du marché du disque.

Tous mes remerciements à Françoise Hardy, et à Baptiste Vignol.

 

PS: 

"J'adore son caractère d'ado chiante", nous avait confessé Jean-Louis Murat. On avait alors joué les messagers. "C'est mon côté saturnien ça. On sait que les gens qui sont nés à la culmination ou à la levée de Saturne ont une fixation au stade de l'adolescence". L'écouter répondre ça un après-midi de mars 2010, allongée sur le canapé de son appartement du XVIe arrondissement parisien, ce n'était pas rien. RFI ce matin

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT, #divers- liens-autres

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Publié le 10 Juin 2024

 

Ah, obligé éplucher toute l'émission de Nagui du jour.... et rien, rien... Le site indique pourtant que NINE D'URSO, actrice du dernier Assayas  avait choisi d'écouter Jean-Louis Murat "je vous attendais".  Je ne mentionne pas qu'elle est la fille d'Inès De La Fressange (ou presque), car elle a suivi un beau parcours "républicain" :  après avoir abandonné les bancs de Normale-Sup (Théâtre), elle s'est formée à  l'école nationale de théâtre de Lille et enchaîne, à trente ans, les rôles (bientôt en George Sand sur F2). Qu'à cela ne tienne, hop, hop, je tente de la trouver sur les réseaux sociaux... et 5 minutes après, voici sa réponse (c'est bien les réseaux sociaux parfois!).

-  Pourquoi ce choix de Jean-Louis Murat?

Nine d'Urso:

J’ai découvert JL Murat en 2015, quand j’étais à l’Ecole Normale Supérieure. C’est mon coloc de l’époque qui m’a fait découvrir l’album Madame Deshoulières et nous avons passé des soirées magnifiques à l’écouter. Je sortais d’un cursus très lourd en classe prépa, où le travail d’exégèse très approfondi peut parfois avoir le travers de blesser la magie incompréhensible de la littérature. Murat m’a prouvé qu’on pouvait s’emparer d’une œuvre poétique complexe, parfois obscure, et aller la gratouiller jusqu’au fond sans jamais la dénaturer. Le choix de Huppert est brillant, elle joue fantastiquement toujours en ayant l’air de penser à autre chose, ce qui rend ses mots encore plus percutants. L’assemblage musical est instruit mais jamais frimeur, comme un cocon pour le texte, il lui rend hommage et le fait vibrer encore plus fort, c’est majestueux.

Merci, Nine!  Ravi de compter une jeune muratienne de plus!

 

Petite pierre supplémentaire : Sur ce site,  Nine raconte une expérience de montagne:

 « Lors du premier mois de la troisième année, on devait partir un mois en voyage, en totale déconnection, sans téléphone, sans ordinateur. J’ai décidé de suivre des bergers dans les Pyrénées pour expliquer les transhumances, explique-t-elle. Je n’ai pas eu de mal à respecter les consignes car il n’y avait pas de réseau, pas d’eau, pas d’électricité, juste deux messieurs, trois chiens et 2 400 brebis. Ça a été l’expérience la plus folle, la plus joyeuse, la plus éprouvante de ma vie. En revenant, j’ai préparé une mini-pièce de 20 minutes intitulée Oh Rambonette ! Avec en sous-titre « Toutes les brebis s’appellent Francis ». Ces gens, que je retourne d’ailleurs voir, m’ont appris le rapport au corps, au silence, à la conversation, à la persévérance… »

Et oui, elle est "montagne" comme les au-au-tres!

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-bande-originale/la-bande-originale-du-lundi-10-juin-2024-1171535

On répare la faute de Nagui:
 

 

 

- Vraie mention cette fois sur les chaînes de Radio France : Eric Reinhardt

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/musique-emoi/eric-reinhardt-ecrivain-webern-berg-saariaho-feldman-ecrivent-les-musiques-de-mes-etats-interieurs-3782961

A 52 minutes, la maladie d'amour,  suivie de quelques propos (la rencontre autour de  Cendrillon, "frère d'arme" etc), et cette phrase:

"Un artiste aussi entier, ample puissant, idéaliste un artiste du paysage,  de l'amour, avec une telle voracité de vie et en même temps, sans cesse, comme moi, guetter par la mélancolie, la tentation de la disparition, cette mélancolie de JL me consolant, la puissance consolatrice de Jean-Louis Murat est phénoménale".

"Tous mes livres ont été écrits depuis en l'écoutant, et de savoir qu'il n'y aura plus de nouvel album de JLM, me donne le sentiment d'être orphelin"

 

LE LIEN EN PLUS

Quelques extraits d'interviews sélectionnés par SEGUIER, l'éditeur de F. Vergeade :

https://www.editions-seguier.fr/inactuel/jean-louis-murat/

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Nota bene :  Week-end Murat, yes sir!  Merci de me signaler si vous avez acheté des billets, mais que vous vous pourrez pas vous rendre à l'événement le vendredi ou le samedi (afin de faire bénéficier de ses places à d'autres). Il reste quelques pass et des billets pour le vendredi!

https://www.helloasso.com/associations/banana-split/evenements/week-end-murat-yes-sir

et pensez à vous faire beau, samedi, une Dolo talentueuse, pourra vous prendre en photo!

 

ET j'ai oublié dans l'article précédent de vous partager cette vidéo:

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 7 Juin 2024

 

Banne d'Ordanche ventée, conférence de rédaction avec l'ensemble de l'équipe (moi, Paulo, Florence D., moi, Paulo...), genêts déposés sur une tombe à la Bourboule, deux heures à discuter autour de  Jean-Louis avec un couple si touchant (le moment le plus marquant du week-end? -on en reparle en juillet-), petit cadeau à Jean E. croisé par hasard, avant de sauter dans  la voiture pour Royat, presque un an après le concert de Jean-Louis, ce vendredi, c'est Jérôme Pietri... qui nous déclare que sa façon à lui d'honorer Jean-Louis, ça sera d'aller au Servières dimanche (vous l'avez peut-être vu vous qui étiez nombreux à pérégriner -pas péleriner- sur les hauteurs?)... et de nous raconter quelques anecdotes (dont sa dernière rencontre avec Jean-Louis au lac... qu'il aurait aimé plus longue).  Lendemain,  malgré deux nuits d'insomnie: Roche-Charles, j'étais déjà passé près, mais j'avais choisi de filer sur la Godivelle. Une méchante coupe rase, vers l'autel,  au début du calvaire, mais la magie du lieu opère. Mais par où sont-ils donc arrivés avec le 4/4 piloté par Marco?  Quand la soirée se terminera par une séquence de "Murat en plein air", on se dit que c'était vraiment le programme parfait pour un 25 mai.  Mais ça nous fait arriver un peu tard pour flyer pour le week-end Murat... surprise, il y a un vrai barnum devant la coopé, avec bar et la foule y restera nombreuse à discuter (à 2 heures, il y a encore du monde) pendant que dans la petite coopé, Pierre Andrieu fait danser JP Nataf. Toujours tiraillé entre profiter de tous les copains, faire des relations publiques, se présenter aux nombreux amis facebook jamais rencontrés, ou des inter-ViOUSvés (Alain Artaud, Armelle Pioline que je n'aurai pas vu)....

Et voilà pour le petit compte-rendu personnel, je ne fais pas exprès de ne pas parler plus de la soirée, vous avez les vidéos sur youtube... et ce jour, avec la coopé, à un Podcast, avec beaucoup d'extrait ou des chansons entières. Avec des interviews de Masson, Vergeade, Laure D. (qui indique 489 chansons dans le catalogue, et autres propos très intéressants), Morgane... et aussi quelques "inconnus" interrogés....

https://smartlink.ausha.co/one-two-one-two/3-jean-louis-murat

Chanson figurant dans l'émission (... oula, aucun souvenir de ce titre!):

 

- La Féline, notre invitée au Week-end Murat, yes sir! a été interrogée une dizaine de minutes sur Radio Averne ce mardi: en podcast, elle raconte très bien l'idée de la soirée "influences" du 21/06 (où on retrouvera dans l'exercice Alain Bonnefont et Bertrand Louis!)

https://radioarverne.com/emissions/lecrins-des-chansons/

Nous aussi, on essaye cette année de faire parler  de Murat autour de l'événement,  on sera présent sur Radio Campus avec Tristan Savoie, France 3 Région et France Bleu devraient également nous offrir quelques minutes!

PS: France 3 était présent le samedi 25 mai, mais pas de reportage dans les journaux des jours suivants! En fait, c'est une émission complète (documentaire) qui a été prévue et qui devrait être diffusée à la fin de l'année!

Il reste encore quelques places : billetterie

 

- Vente de disques:  Jean-Louis était dans le top album au 30/05 (23e!!), avec la moitié du stock de vinyles (un peu plus : 268) vendue... mais il a disparu la semaine suivante (il aurait fallu en vendre au moins 104 supplémentaires pour apparaitre dans le classement).

 

 

- Encore quelques mentions des livres:

République du centre  5/06/2024

 

- et Figaro Madame pour Pierre  Andrieu:

- Et un habitant de Thiers est très fan de Jean-Louis Murat!

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 3 Juin 2024

Bonsoir,

Comme je le disais dans un article précédent, nous aurons un petit supermarché au Fotomat lors du Week-end Murat: en plus du livret très étoffé de la conférence de l'an dernier réservable avec les entrées sur helloasso (il reste  une vingtaine de pass, et des places pour un soir), la Scop des volcans sera là pour des vinyles et les livres ( dont "les jours du jaguar" que vous pourrez vous faire dédicacer). Patrick Ducher proposera également son ouvrage reprenant interviews télé et radio de JL Murat, et enfin,  vous pouvez réserver auprès de moi, l'affiche "te garder près de nous" proposé le 25 mai dernier à la Coopérative par le lycée St-Giraud d'Aurillac au prix de 5 euros (zone contact ou dans les commentaires) avant le 10 juin. Merci de prévoir de l espèce pour le paiement. 

- Je ne m'occupe que de ceux qui viennent au Week-end! "Habiter trop loin", ce n'est pas une excuse, merci. Pour moi, l'affiche est un souvenir pour ceux qui était à la coopé ou au week-end.

 

Passons à la promenade dans le jardin qui sent les acacias. 

Voici les différentes éditions : 

Le coffret d'origine (DVD et cd) et l'édition Télérama de 2007:

Promenade au Jardin et affiche "te garder près de nous" pour les voyageurs de la St-Jean
Promenade au Jardin et affiche "te garder près de nous" pour les voyageurs de la St-Jean
Promenade au Jardin et affiche "te garder près de nous" pour les voyageurs de la St-Jean
Promenade au Jardin et affiche "te garder près de nous" pour les voyageurs de la St-Jean
Promenade au Jardin et affiche "te garder près de nous" pour les voyageurs de la St-Jean

 

 

Un document de 2004 promo sur papier glacé qui reprend l'ensemble des paroles, avec le texte suivant: 

Et vient rejoindre la famille l'édition vinyle de 2024. C'est un bel objet, mais on aurait pu rêver d'un livret un peu plus développé. Deux personnes  ont signalé des défauts sur des vinyles. Les miens sont bons. Pas de Cd mais c'est sur les plateformes en écoute. 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 30 Mai 2024

1) Samedi à 17 h,  Vincent Josse recevait F. Vergeade, L. Masson , JP Nataf et F. Marchet. On y entend la reprise du "troupeau" par JP Nataf (en solo), le dépouillement lui va très bien.

Je suis toujours sceptique à propos du thème "les chanteurs français qu'il n'aime pas en général", où ne sont pas évoqués Manset, Silvain Vanot, Erik Arnaud, Malicorne... même si c'est intéressant de revenir sur son intérêt pour les chanteurs ayant une identité vocale non genrée, pour celui que le grand public identifie  parfois au beauf machiste et réac.  Il y a pas mal de choses sympathiques, surtout avec JP Nataf et Florent Marchet (qui raconte des souvenirs de loge... mais je crois me souvenir qu'on m'avait raconté qu'une fois ça s'était mal passée).  JP Nataf revient sur les fameux cocktails de JL (le redbull/bourbon dont il a souvent parlé. Je rappelle qu'il citait Murat dans un texte figurant sur son disque "Clair").

Sur la fin, L. Masson parle de son projet de documentaire qui ne semble pas très défini... mais où planera l'ombre de Jean-Louis, son fantôme.

 

 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-ballade/la-ballade-du-samedi-25-mai-2024-6581147

« Chanter c’est sortir du moi étriqué. La vie parfaite, c’est une chanson par jour… écrire ça enlève ce sentiment de lourdeur, ça me met en état d’apesanteur.» J.L Murat au micro de François Busnel, France inter, 2011

L. Masson : « Ses chansons sont aussi fortes que de la grande littérature ou de la poésie. Je m’y réfère sans cesse par pur plaisir ou par nécessité d’alléger le fait d’être soi. Il est dans le panthéon des artistes qui me font sentir moins seule. »

JP Nataf : «J’ai du mal à séparer le gars que j’ai croisé de sa musique. Il a donné un bon coup de pied dans la variété française moribonde. C’est un gars qui avait un vrai culot de musicien, il était là pour emprunter tous les chemins possibles, c’est un exemple pour moi. »

Franck Vergeade : « Il disait du mal de tout le monde, à quelques exceptions près. Beaucoup d’artistes l’irritaient. Il aimait les Américains et quelques français, comme Dominique A, Alex Beaupain, Benjamin Biolay, Florent Marchet. Il a inspiré beaucoup d’artistes français.

« J’écris souvent à l’aveugle, j’ai une sorte de cinéma intérieur, je suis habité par des successions d’images, mon inspiration est strictement visuelle. C’est comme si j’avais un écran, j’en ramène des bribes et ça fait des chansons » J.L Murat au micro de Laure Adler, L’heure bleue, 2019

L. Masson : « Ses textes ouvrent l’imaginaire, chacun peut se projeter dans ses paysages, c’est un univers qu’on approche de manière sensible plus que par la raison. J’aimais tout de lui, sa voix et sa plume. Je n’ai jamais rien jugé chez lui, c’était un frère d’âme. »

« Si mon cœur n’est pas fixé, je meurs, je suis aussi nigaud qu’à 15 ans. L’amour est ce qui nous donne un sens métaphysique.. » JL Murat, itw par Toufik Hakem, France Culture, 2020

Franck Vergeade : « L’amour, Jean-Louis n’a chanté que ça. Son plus grand disque est d’ailleurs Dolores, l’histoire d’une rupture avec sa manageuse. Que l’on soit heureux ou malheureux, il y a rien d’autre qui nous fait avancer.  C’était aussi un grand mélodiste et un mélomane. »

Florent Marchet : J’étais extrêmement intimidé par Murat, c’était comme avoir éternellement 15 ans. Il fait partie de la grammaire de la chanson. Il a participé à ma construction intime et artistique, c’est quelqu’un de très instruit. Ses chansons, forment une littérature exigeante. Il utilisait des mots que l’on ne trouve nulle part ailleurs, *le fameux dictionnaire muratien"…. C’est une sorte de Facteur Cheval. Il a construit une oeuvre sans penser à l’ensemble et pourtant tout se tient.

« J’ai hâte de savoir ce qu’il y a après, je détesterai mourir effrayé, l’expérience d’une vie sur terre c’est d’essayer de mourir curieux… » Jean-Louis Murat, itw Pascale Clark, 2013

 

- Petite chronique sur Parfum d'acacia dans le Télérama de cette semaine. Dommage la petite faute sur Christophe PIE!

 

Vous devriez pouvoir vous procurer ce vinyle lors du week-end Murat, yes sir! (peut-être en le réservant en téléphonant aux Volcans), et aussi quelques CD singles et maxi singles sur un autre stand (le vendredi)... Un vrai petit supermarché à disposition!

 

Les archives en plus

-  FRANCE CULTURE rediffusait samedi la belle émission "radio vinyle" avec M. CONQUET.  C'est là qu'il parlait qu'il n'aimait pas acheter des disques de mort, et il y parlait de son disque égyptien que j'avais oublié (et dont Vergeade a reparlé), ou encore de l'hymne kurde enregistré avec des enfants... ou encore des disputes avec A. B.  sur comment ils ont pu faire la pluie sur "i can't stand the rain"... ou sa déclaration d'amour à Francky, bien avant Morituri.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/continent-musiques-radio-vinyle-jean-louis-murat-6234701

L'article de  l'époque:  http://www.surjeanlouismurat.com/2015/01/radiovinyle-france-culture-3-01.html

 

- TELERAMA a aussi regardé dans les archives. La première rencontre avec P. BARBOT en 1996, il nous en parlait en 2015 (j'avais ensuite diffusé les articles qu'il avait signés).

https://www.telerama.fr/musique/jean-louis-murat-en-1996-a-telerama-dans-ma-voix-il-y-a-de-l-eau-et-des-cailloux-ca-ricoche-ca-resonne-7020609.php

Une mouche, c’est très malin. Quand tu l’as loupée une fois, elle marche sur les arêtes des meubles, elle évite les endroits plats. » Brandissant une menaçante tapette en plastique, Jean-Louis Murat manœuvre sournoisement pour se placer au-dessus d’un innocent diptère qui gambade sur la table de la cuisine. « Pour l’avoir, reprend le traqueur de cantharides, il faut se placer face à la lumière ; alors, elle se recroqueville sur ses pattes, elle te mate pendant deux ou trois secondes, toi tu ne bouges pas, c’est super tendu, et puis elle se redresse, elle se dit “bon, c’était rien” , elle recommence à marcher et paf ! Depuis que j’habite ici, j’ai dû tuer des millions de mouches. Elles font partie de mon quotidien : je vis avec des vaches tout autour, des chevaux en face et des moutons en dessous… »

Nous sommes au cœur de l’Auvergne, à 1 150 mètres d’altitude, au milieu des cols, des gorges et des pics, à quelques toises, à vol de buse, du lac de Guéry. Un univers venteux, où il faut attacher les poules pour ne pas qu’elles s’envolent, disent les gens du cru. Un paysage de cailloux et de chardons, troublé seulement par quelques hardes de randonneurs à gros godillots. C’est là que vit Jean-Louis Bergheaud, dit Murat, enfant du pays qui a emprunté son nom d’artiste à son bourg natal. Depuis, le chantre du Col de la croix Morand, reclus entre insectes vrombissants et grelots tintinnabulants, est resté fidèle à ses origines. Dans une ferme au toit d’ardoises grises arc-bouté à la colline, le « garçon qui maudit les filles » empile les pots de confitures faites maison et les guitares de collection : « Dans un instrument, même médiocre, il y a au moins dix chansons. »

Dandy-berger ténébreux

Nichée dans un appentis, une console de mixage rutilante (« C’est une américaine des années 70, je l’ai achetée d’occasion, juste sous le nez des Rita Mitsouko…  ») fait de l’œil aux poutres apparentes. Plus loin, une dépendance qui fut jadis un grenier à foin abrite sous des bâches des monceaux d’instruments divers, claviers antiques ou bribes de batteries. En bon paysan auvergnat, Murat entasse, engrange, conserve. « J’ai même retrouvé la première charrue de mon grand-père. J’achète de vieux instruments agricoles, des tables de ferme, des armoires, des maies. Mon père était charpentier, ça me vient sans doute de là. J’aimerais que mes chansons soient comme des meubles anciens : solides, fiables, familières. Qu’elles résistent à l’érosion. »

Quand il est apparu furtivement dans le paysage de la chanson française, en 1981, on le prenait plutôt pour une sorte de punk sporadique. Son premier disque, convivialement intitulé Suicidez-vous, le peuple est mort, ne provoqua aucune vague de panique dans les services du Samu, mais eut l’heur de séduire la petite amie d’un directeur artistique de maison de disques. Six ans et quelques disques obscurs après, le loustic réapparaissait, métamorphosé en dandy-berger ténébreux, regard de braise et mine boudeuse. Son album Cheyenne Autumn, en 1989, consacrait enfin le bougnat chouineur à la voix minérale et aux complaintes lancinantes, à la poésie sombre et aux mélodies spartiates.

« On me compare souvent à Gérard Manset, sans doute à cause de mon côté ermite et de mes longues envolées, mes délires un peu lyriques… Mais quand j’ai commencé à écrire des chansons, j’ai essayé de fabriquer un mélange de Neil Young et de Leonard Cohen. Cohen pour moi, c’est le père, il est dans mes gènes. La première fois que je l’ai entendu, tout gamin, un soir à la radio, je me suis dit : Tiens, voilà la voix de papa !” »

Depuis, le fils spirituel a cultivé son propre spleen, au long de quatre albums aux névroses soigneusement rimées, aux lamentos de pâtre transi mêlés d’odes guerrières et de ballades d’amour à mort. Le tout dernier, après un disque live et la BO du film (encore inédit) Mademoiselle Personne, s’intitule Dolorès. Un prénom de femme pour une œuvre écrite dans les tourments d’une rupture amoureuse, entre suppliques à l’être aimé et interrogations désabusées, drames paysans et cantates électroniques. Le tout mariant curieusement tournures médiévales, tempos trip hop, syntaxe et samples…

« J’ai toujours aimé les chansons de troubadours du XIIIe siècle : elles exprimaient déjà l’essentiel dans une forme poétique admirable. Des gens comme Brassens ou Prévert ont eux aussi puisé là-dedans. En même temps, je suis passionné par les recherches sonores de certains producteurs de rap, comme Dr Dre. Dans le rap, il y a des artistes qui sont l’équivalent des grands solistes du jazz. Quand j’écoute Snoop Doggy Dogg, par exemple, je pense au phrasé de Charlie Parker. »

Ancien saxophoniste dans des groupes éphémères de Clermont-Ferrand, Murat a gardé de sa pratique de l’instrument une technique de respiration, et ce léger vibrato dans la gorge qui fait se pâmer les filles et s’esbaudir la critique. « Dans ma voix, il y a de l’eau et des cailloux ; ça ricoche, ça résonne un peu comme dans une caverne. J’aime chanter comme si je parlais à l’oreille d’une femme. Pour moi, le blues est la matrice de toutes les musiques. J’aimerais bien être un genre de bluesman. Ce qui fait la différence, c’est le supplément d’âme. Aujourd’hui, le rap est le nouveau blues, et c’est la chance de la chanson française. Ces gamins de banlieue, ils ont la même rage que les Beatles ou les Stones à leur époque. Je ne dis pas ça par démagogie. Je crois sincèrement qu’on ne s’en sortira, chanteurs ou rappeurs, que si on se mélange, si on se nourrit les uns des autres. Comme lorsque Otis Redding s’est mis à chanter les Stones, et les Beatles à interpréter Chuck Berry. Moi, c’est pareil ; je n’ai pas l’intention de rabâcher cent sept ans les mêmes trucs. Si ça se trouve, mon prochain album sera un disque de valses viennoises ou une comédie musicale… »

 

Ce décor m’aide à lutter contre les pressions de ce métier.

Dans le salon de Jean-Louis Murat, tout là-haut sur la montagne, il y a une imposante cheminée de pierre, ornée d’un buste de sainte Anne en bois peint et d’un baromètre électronique. Un intérieur à l’image de son propriétaire, installé entre tradition et modernité. Tout à l’heure, comme chaque soir, Jean-Louis ira saluer Émile et Marie, ses seuls voisins : un couple d’agriculteurs, le frère et la sœur, qui vivent là depuis soixante-dix ans et ont adopté le chanteur local comme leur petit-fils.

En repartant, il faudra faire attention aux crapauds : l’orage récent les a attirés sur la route, proies faciles pour les pneus des automobilistes indifférents. Murat rechausse ses galoches pour s’en aller méditer sur la colline, face aux volcans éteints depuis des millions d’années. « Ici, c’est un pays rude mais vrai. Ce décor m’aide à lutter contre les pressions de ce métier. Être chanteur, aujourd’hui, se résume trop souvent à faire des disques susceptibles de plaire aux programmateurs des radios FM. Ces gens-là n’écoutent même pas mes chansons ; pour eux, je suis un artiste rive gauche, genre Henri Tachan ou Georges Chelon. J’en ai marre de ce système. S’il faut entrer en résistance, créer son propre label, travailler artisanalement, je suis prêt. Je ne suis qu’un petit gars de La Bourboule, mais je suis têtu. Et malin comme une mouche…  »

Article initialement paru dans le Télérama n° 2435 du 11 septembre 1996.

LE RENDEZ-VOUS EN PLUS

On retrouvera LA FELINE qui causera du week-end Murat, yes sir! et de Jean-Louis Murat  sur Radio Averne mardi 4 juin, à 19 heures (fin d'émission) et rediffusion dimanche 9 heures.  L'écrin des chansons

Je suis allé voir Delayre hier soir dans une release party de son EP sur LYON. Belle assistance pour le clermontois et ses chansons électro... qui va apporter sa "TOUCH" dans une reprise de Murat lors du prochain week-end Murat, yes sir! (il reste encore des places).  Dj, mais vrai musicien, je ne suis pas très fan du vocoder  (mention spéciale donc au nouveau? titre où il était moins présent), mais le talent est indéniable.

https://baco.lnk.to/DelayreGolemEP

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 28 Mai 2024

bonjour,

je joue parfois au Patron de presse en revêtant mon costume en velours élimé de Paulo mais je reste assez mauvais :  alors que l'événement de  la décennie future se déroule peut-être, offrir en une  uniquement un article tout pourri (suite à un couac de "cache" et une incompétence crasse)... et de découvrir que vous étiez venu en nombre chercher des infos le samedi, et le dimanche.  Mais à vrai dire, c'est tout moi! Et on ne va pas me refaire!  A la fois, dans mon affirmation de blog ranchero - j'ai souvent utilisé ce terme- (5 minutes pour penser, 5 minutes pour écrire?), et aussi parce qu'il est -normalement*-  hors de question de me gâcher la vraie vie pour ça.  C'est pour ça que je me suis retrouvé à crapahuter à Roches-Charles plutôt que d'assister à une table ronde qui de toute façon n'allait pas apporter grand chose, et que c'est hors de question de me gâcher le concert en étant sur les réseaux sociaux.  Et ça me permet peut-être de lutter contre cette idée qui semble répandue que je serais le plus grand fan de France, ou spécialiste.. Je refuse totalement ce titre! Merci quand même aux quelques personnes que j'ai croisées (merci Frank L, Julien...) et qui m'ont parlé du blog.  Je suis toujours touché, et ça permet de repartir.  

*normalement parce que ça déborde  en flyant devant la coopé ou me consacrant beaucoup au Week-end.

 

1)  Ca a tendance à me filer le bourdon, à me rappeler le "bon vieux temps" des sorties d'albums, et surtout en voyant les chiffres, mais la réédition du PARFUM D'ACACIA en vinyle permet à Jean-Louis de se classer dans le top album (vente physique). 46e  avec 192 ventes. Il reste donc après 3 jours, 308 exemplaires à trouver. 

 

2) 

Allez, on continue sur une  autre série d'articles après celle d'hier...  mais avant, vous pouvez télécharger le dossier de presse de la soirée. 

 

- Priorité à M. Varrod, - merci, Didier! selon la tradition - 

En 2014, à la coopé, me et Matthieu, M. et... Didier. 

Tout le monde n’est pas sur la photo mais quoiqu’il en soit ce fut une merveilleuse photo de famille. Celle d’un soir, tous réunis pour @jeanlouismurat. Une succession de symphonies pastorales qui ont cette grandeur de souffler sur nos coeurs d’humbles mendiants qui cherchent désespérément, sur ses traces paysannes à fréquenter la beauté. Des moments partagés, des matins seuls, des nuits sans sommeil à chialer sur nos vies intérieures dérangées, des châteaux en espagne, des mammifères déchus, montagne(s), gardien de troupeau, Babel & Delano orchestra à 11 h du matin en direct pour les 50 ans de @franceinter, Calexico, regrets, Mylène, Camille, Jennifer, Marie, Isabelle, Morgane et d’autres encore, Clermont Ferrand le 25 mai 2025, le goût du désespoir que donne les chansons parfois, pas de manteau de pluie hier soir dans son pays d’Auvergne, et tout simplement beaucoup de vie et d’intensité à le faire vivre, venus en bouquets de mémoire, cette voix a capella, un ange en vadrouille dans les cintres de @lacooperativedemai, Denis Clavaizolle, une vie, mille vies plus exactement, c’était bien d’être là j’en suis persuadé et puis de repartir. Se souvenir alors de ma clé d’entrée dans son univers « suicidez vous le peuple est mort », 1981 retaillé hier avec une incroyable vitalité, visionnaire et moderne, par les délicieux @par.sek qui m’ont offert de revivre la virginité de cette passion dévorante et naissante… La possibilité ultime toujours du silence dans la musique. Photos Thierry Nicolas @lamontagne.fr Clfd_capture pour @par.sek et moi même pour le reste…

 

- LE PARISIEN,  chronique du concert, 26/05/2024

Sirkis est arrivé juste avant le concert et n'a pas fait de balance, ce qui explique le petit souci de démarrage peut-être... Pas facile pour lui de passer après la séquence "je me souviens" a capela de Jean-Louis Murat. C'était presque incongru, en tout cas, c'était glissant (savonner la planche, on dit?). On ne reviendra pas sur l'histoire des Salingers...

Nicola Sirkis, Jeanne Cherhal, JP Nataf... Ils ont rendu un magnifique hommage musical à Jean-Louis Murat

Genevieve Colonna D'Istria

« Te garder près de nous. » Telle était la promesse des nombreux artistes venus saluer la mémoire de Jean-Louis Murat, samedi 25 mai, à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). À l'occasion du premier anniversaire de la disparition du chanteur, mort d'une embolie pulmonaire le 25 mai 2023, à l'âge de 71 ans, ils s'étaient donné rendez-vous en Auvergne, terre natale chérie du poète aux yeux azur. Sous la houlette musicale de Denis Clavaizolle, ami fidèle et historique collaborateur de Murat pendant trente ans, artistes et musiciens de toutes générations se sont succédé sur scène pour honorer l'artiste.

Dans une salle pleine à craquer (« On aurait pu la remplir dix fois », assure la Coopé), les fans de Murat ont répondu massivement à l'appel. « On pourra se dire, le 25 mai 2024, on était là », se réjouit Pascale Clark, venue prêter sa voix pour quelques interludes entre les chansons. « On m'a proposé de participer d'une façon ou d'une autre, confie l'ex-journaliste de France Inter en marge du concert. Je l'ai beaucoup interviewé dans ma carrière. C'était un peu un running gag entre nous. Avec lui, il fallait s'apprivoiser. Ce n'était pas un ami, mais chaque rencontre était intense. Rien à voir avec des artistes en promo au ton monocorde qui rabâchent toujours la même chose. »

« Je me cache pour chialer »

Durant trois heures, tous les meilleurs morceaux du chanteur iconoclaste ont connu une nouvelle vie, dans une atmosphère de communion et de gravité. Loin d'une triste oraison funèbre, pourtant. « Cette soirée n'a rien de fabriqué, rien d'artificiel. C'est une chance d'être tous là, le jour anniversaire, pour dire à quel point Jean-Louis Murat nous manque », nous confiait Jeanne Cherhal avant de monter sur scène pour interpréter « La Maladie d'amour ».

Même émotion chez Alex Beaupain, appelé pour une reprise de « Fort Alamo » et « Le Train bleu ». « Quand Murat est mort il y a un an, j'ai ressenti une immense tristesse que je n'avais pas ressentie depuis la mort de Bashung. Je ne l'avais jamais rencontré pourtant. J'aurais été trop impressionné, je pense. Mais il est l'un des artistes les plus importants de mon patrimoine, qui m'a donné envie de faire ce métier. Ses chansons pouvaient être lentes, longues et tristes, mais il restait un modèle. »

« Perce-neige », interprétée par Alain Bonnefont, « Col de la Croix Morand », par Morgane Imbeaud, « Le Troupeau » ou encore « Foule Romaine » par JP Nataf, le chanteur des Innocents... Au total une vingtaine de reprises ont plongé le public dans l'univers si complexe de Jean-Louis Murat. Des textes ciselés, des mélodies léchées où transpire souvent la part sombre du poète mais aussi la lumière de ses mots. « Certaines chansons me fracassent à chaque fois. Dans ces cas-là, je me cache pour aller chialer un peu, et alors les autres n'y voient que du feu », susurre Pascale Clark entre deux chansons.

Nicola Sirkis atteint

De tous les artistes à l'affiche, Nicola Sirkisétait peut-être le plus attendu au tournant. Le chanteur star d'Indochine aux 13 millions d'albums vendus, qui remplit habituellement les Zéniths et les stades, s'est astreint à une ascète médiatique totale.

Arrivé une heure avant le concert, il n'a pas participé aux répétitions et n'a souhaité donner aucune interview pour ne pas éclipser l'hommage à son ami de toujours. « Il tenait absolument à être présent mais uniquement pour Jean-Louis. Il ne veut pas détourner la lumière », avait prévenu la Coopérative de Mai. Monté sur scène en toute fin de spectacle pour une interprétation émouvante de « J'ai fréquenté la beauté », Nicola Sirkis est reparti sans faire aucun commentaire, comme atteint en plein coeur.

Dans un dernier élan, tous les artistes sont remontés sur scène pour reprendre collégialement « Le Lien défait ». Reste à savoir si Jean-Louis Murat aurait apprécié cette soirée hommage, lui, l'artiste sauvage au caractère ombrageux. « Je ne sais pas, sourit Jeanne Cherhal. Sur le principe, je ne pense pas, mais sur le résultat, j'ose croire que oui. » Celui qui disait toujours « j'aime qu'on ne m'aime pas », aurait été bien contrarié samedi.

 

- Interview radio de JP Nataf, Florent Marchet et Morgane Imbeaud sur Radio Totem:

Vraiment touchant JP, qui a fait la surprise de nous sortir une chanson de la série Gilets Jaunes, autour de moi, on voyait les gens s'étonner: mais ça sort d'où ce truc?  Florent Marchet aussi qui révèle pourquoi il a fait "le monde intérieur" un peu relevé: Pour ne pas être envahi par l'émotion. On peut rappeler qu'il était le seul des artistes parisiens à être venue à l'enterrement.     Salutations à Hiver Pool dont la version du monde intérieur était tout aussi, si ce n'est plus, réussi et à l'ami Gontard. J'aurais aimé entendre en live sa version du Troupeau.

https://www.radiototem.net/rencontre-avec-trois-des-artistes-du-concert-hommage-a-jean-louis-murat

 

-  FOCUS, le magazine belge qui avait fait de Murat son rédacteur en chef en 2014 (ici et ). Double page au 23/05

 

 

- Interview de Pierre Andrieu, dans l' Echo républicain et Eveil de la Haute-Loire, dimanche 26 mai

ON RAPPELLE QU'IL SERA PRESENT AU WEEK-END MURAT, Yes sir! et vous pourrez acheter livres, et disques grâce aux VOLCANS qui seront là ! Il sera également possible de se procurer le livret de la conférence de l'an dernier (de Pascal Torrin), et un livret retranscrivant une foule d'interviews télé et radio de Jean-Louis Murat.  Prévoyez de l'espèce.

Pierre Andrieu : « Jean-Louis Murat était un génie »

« Murat était un génie. Malheureusement, pour ses coups de gueule et une productivité trop importante, il a été pris en grippe par certains journalistes et professionnels du milieu [] Je pense que ses chansons sont là pour rester. On l'a souvent dit ou imaginé ultra torturé, il était également marrant, attachant, sympa, etc. Je voulais raconter cela ». Pierre Andrieu, chroniqueur pour Plugged et pour le site Concert & co.com a écrit Les jours du jaguar, 200 pages autour de JLM; une plongée choisie, avec celles et ceux qui ont côtoyé au plus près l'artiste auvergnat.

Pourquoi écrire Murat ?

J'avais eu l'idée voilà déjà une dizaine d'années alors que je l'avais rencontré plusieurs fois. J'avais envie de continuer à faire des interviews et de parler de choses dont il ne voulait pas vraiment parler dans ce cadre, de prendre du temps, d'aller plus loin. Mais sur la fin, comme il voulait de moins en moins parler et particulièrement à moi car il privilégiait les gros médias, j'avais mis ce projet en sommeil. Mais le sujet Murat m'a toujours passionné.

Le livre d'un fan ?

Oui, en quelque sorte. Car j'aime ce qu'il a fait et que je l'ai vu souvent en concert. Mais c'est le bouquin d'un journaliste aussi car, d'une part, il y a des interviews et, comme il le raconte dans le livre, « mes fans aiment toujours ce que je fais »; moi ce n'était pas le cas. J'ai fait le choix, à mon avis, d'évoquer ses meilleurs albums.

Très subjectif tout ça.

Oui, complètement. Mais c'est vraiment en cela que ce n'est pas un livre de fan. Cela dit, comme j'ai bossé neuf mois en réécoutant beaucoup d'albums, je me suis rendu compte qu'il y avait aussi sur des disques que j'avais considérés comme mineurs, des choses très intéressantes.

A côté de quel album étais-tu passé par exemple ?

Passion privée - juste avant Cheyenne Autumn - par exemple. Mais il y a Grand lièvre également qu'aujourd'hui je considère comme un chef-d'oeuvre dans la lignée de Toboggan. Ces albums faits à la maison. Certains trouvent que ça sonne comme des démos mais moi je pense qu'il s'agit presque de ces meilleures productions; on a l'impression qu'il est là à chanter juste à côté de nous, je trouve ça super

Qu'est-ce que tu as découvert à travers l'écriture de ce livre, que tu n'imaginais pas

J'ai toujours cru, par exemple, que le premier groupe, Clara , comme me l'avait expliqué Jean-Louis Murat, était celui fondé par son ami Alain Bonnefont Or non, ça a toujours été le groupe de JLM.

Et l'interprétation de cela ? Timidité ? Forme de fausse modestie ? Quoi ?

Selon Marco l'un de ses meilleurs amis que j'ai également rencontré pour le livre, ça raconte que parfois il décidait de ne dire que des conneries au journaliste qui était face à lui. Par jeu presque. C'était l'humeur du jour, il avait envie, c'est tout. Sur les interviews de Laure et Marie, on apprend beaucoup de ce qu'il était, ses doutes, le soin qu'il prenait pour les enregistrements Il disait également que les chiffres des ventes ne l'intéressait pas, il les suivait quand même d'assez près. Je pensais savoir pas mal de choses, c'est pour cette raison que je me suis permis d'écrire un livre, mais j'ai également appris beaucoup. Les ingés sons, les musiciens disent aussi beaucoup. Ils sont entrés dans le cercle privé, ont bossé à Douharesse, chez lui, et cela permet de se focaliser sur la création, sa musique. Les gens voyaient plus le personnage public, parfois excessif. Or, on se rend compte qu'il était respectueux, ouvert à l'avis des autres, s'adaptait aux musiciens, donnait sa chance aux jeunes, etc.

Interviewer JLM n'était pas chose aisée. Interviewer celles et ceux qui étaient dans la sphère intime a été

Une itw en amenait une autre. La charge de travail a été énorme. J'ai commencé avec Pascal Mondaz, à propos de Babel, j'avais adoré l'album et je n'avais pas pu faire d'interviews à l'époque. Ensuite j'ai rencontré Fred Jimenez, qui a fait beaucoup d'albums et de tournées avec JLM. C'est d'ailleurs Fred qui me donne en quelque sorte le titre Les jours du jaguar car Jean-Louis adorait ce morceau C'était ausi mon cas. Un morceau très torturé dont il est difficile d'identifier le propos réel

JLM disait de toute façon « mes disques sont intimes et il n'y a que moi qui sait réellement de quoi je parle »

«Je pense que les chansons de Jean-Louis Murat sont là pour rester ».

Les jours du jaguar, Le boulon éditions/34 euros, 202 pages

- Petit mot dans OUEST FRANCE du 25 mai:

 

Jean-Louis Murat est toujours un peu là

Philippe MATHÉ.

Musique. Concert, livres, disque… Disparu il y a tout juste un an, le chanteur auvergnat fait l’objet de plusieurs hommages.

Il nous a pris par (mauvaise) surprise le 25 mai 2023. Un an déjà que Jean-Louis Murat est décédé, à 71 ans.

Son souvenir reste intact, entretenu par sa discographie abondante – trente et un albums répartis sur trois décennies – parsemée de chansons éternelles .Un répertoire que de nombreux musiciens (Nicola Sirkis, JP Nataf, Jeanne Cherhal, Florent Marchet…) vont reprendre, ce soir, à la Coopérative de Mai, à Clermont- Ferrand (Puy-de-Dôme). Un concert hommage complet depuis longtemps.

Pour se consoler, les fans de Murat peuvent se précipiter en librairie. Parmi les ouvrages parus, Foule romaine,d’Antoine Couder, producteur radio sur France Culture (Le Boulon, 128 p., 12 €) ; et, consacré à une chanson de l’album Le Moujik et sa femme (2002), Les jours du jaguar(Le Boulon, 200 p., 32 €) du journaliste clermontois Pierre Andrieu.

Enfin, tout récemment, Le lien défait (Séguier, 208 p., 21 €), de FranckVergeade. Le rédacteur en chef musique des Inrockuptibles a puisé dans la discographie de Murat et dans les nombreux entretiens que le chanteur lui avait accordés, pour retracer un parcours hors norme.

À l’automne 2021, Murat lui avait confié : « J’ai prévenu les enfants : quand papa ne sera plus là, ils auront plein de disques inédits à sortir. »

Compositeur prolifique de son vivant, Jean-Louis Murat va-t-il continuer de nous surprendre après sa mort ? En tout cas, ses fans peuvent déjà se réjouir de la sortie de Parfum d’acacia au jardin.Ce triple vinyle en tirage limité (500 exemplaires numérotés), publié vendredi chez Pias , reprend vingt titres enregistrés en 2003 dans un studio près de Paris.

Des chansons inédites sorties jusqu’ici uniquement sur DVD. Avec Murat, tout n’est pas encore dit !

 

 

 

- Petit encart dans MIDI LIBRE sur le Vergeade:  26 mai 2024

Jean-Louis Murat raconté par une plume

Il y a un an et un jour ce dimanche, Jean-Louis Murat pliait bagage, pas sage, pas l'âge, la rage, merde. Aujourd'hui rédacteur en chef musique aux Inrockuptibles , Franck Vergeade l'a suivi d'abord en amateur, ensuite en professionnel, enfin en ami. Cet ouvrage, précis et intime, sûr qu'il aurait préféré ne jamais avoir à l'écrire. Mais il a dû. En chialant sans doute un peu mais pour le meilleur, et pour le lire : le regard lavé, le chagrin accepté, l'admiration chevillée, s'appuyant sur sa propre série d'entretiens pour Magic et Les Inrocks étalée sur une vingtaine d'années, il rend justice et justesse mieux que personne au parcours de cet antihéros solitaire, érudit et rude, lettré et sensible, à la créativité à l'état sauvage et à la parole indomptée.

Jérémy Bernède

- et une autre chronique sur le site Culture 31:   à lire dans son intégralité sur leur site

Un livre pour le week-end : Jean-Louis Murat : le lien défait de Franck Vergeade
écrit par Christian Authier 24 mai 2024
Jean-Louis Murat : le lien défait de Franck Vergeade

Un an après la disparition de Jean-Louis Murat, le 25 mai 2023, à l’âge de 71 ans, un livre de Franck Vergeade, rédacteur en chef musique des Inrockuptibles, ancien directeur de la revue Magic, rend hommage à l’auteur, compositeur et interprète qui occupa une place si précieuse dans le paysage musical hexagonal. Plus qu’une stricte biographie, le livre est un exercice d’admiration retraçant la longue et riche carrière de l’artiste depuis le groupe Clara, qu’il créa en 1977, à son dernier album, La Vraie Vie de Buck John, sorti en 2021. L’auteur ne néglige pas les projets singuliers, à l’instar de Madame Deshoulières, où il faisait interpréter à Isabelle Huppert des textes libertins de cette poétesse du XVIIème siècle sur de la musique baroque, et exhume des titres méconnus comme ceux remarquables du maxi CD Murat en plein air.

Musicalement, Vergeade recense les filiations, influences et modèles de Murat (parmi lesquels « Leonard Cohen, John Lee Hooker, João Gilberto, Frank Sinatra ou encore Robert Wyatt ») ainsi que ses engouements plus récents, de Frank Ocean à Kendrick Lamar. « C’est sans doute ma passion de la littérature qui explique mon besoin de laisser une trace discographique significative », confiait l’auvergnat à l’auteur. On regrette de fait que cette dimension littéraire ne soit qu’évoquée marginalement quand le fervent admirateur de Flaubert, Baudelaire, Bloy ou Bernanos (pour ne citer quelques-uns de ses auteurs de prédilection) exprimait volontiers ses écrivains de cœur.

Antimoderne

De même, on peut regretter que l’extraordinaire liberté d’esprit et d’expression de Jean-Louis Murat ne se réduise dans le livre qu’à quelques saillies, aussi drolatiques que cruelles, sur Johnny Hallyday ou PNL alors que cette manière d’anarchiste sans œillères et furieusement antimoderne dispersa façon puzzle des cibles plus significatives. En dépit de ses limites, l’ouvrage de Frank Vergeade reconstitue de façon scrupuleuse le parcours de celui dont quelques-uns de ses meilleurs albums (Cheyenne Autumn, Le Manteau de pluie, Dolorès) virent le jour au sein d’une major (en l’occurrence Virgin).

Par la profusion et la permanence de ses inspirations (les sentiments amoureux, la mélancolie, la nostalgie…), la dimension cosmique et sensuelle de ses textes souvent liés à la terre, la nature, les animaux ; Jean-Louis Murat – qui considérait sa discographie comme un « journal intime chanté » – a construit une œuvre dont la qualité, l’originalité et l’intégrité forcent l’admiration. Ainsi, sa voix et ses mots continueront d’accompagner des âmes sensibles qui, de paradis perdus en anges déchus, ne cessent de traquer au milieu des ruines des raisons de ne pas désespérer jusqu’au bout.

- La liberté en Suisse, a fait également un article sur les 3 livres, mais je ne l'ai pas dans son intégralité :

https://www.laliberte.ch/news/culture/musique/livres-trois-publications-consacrees-a-jean-louis-murat-731349

 

LE TRUC EN PLUS 

 Pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux sociaux, mes deux seuls posts du week-end :

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 27 Mai 2024

Bonsoir, j'avais écrit une petite bafouille introductive mais elle s'est effacée par erreur... Alors, ça sera brut. Laissons la parole aux pro... qui eux sauvegardent leur article. Je dirai donc juste pour l'instant que c'était vraiment bien... l'ensemble du week-end, particulièrement riche... 

Voici quelques articles... (et pour le reste, vous pouvez surfer sur youtube)

- Inrocks   à lire en ligne

Hommage à Jean-Louis Murat : récit d’un concert émouvant à la Coopérative de Mai

par Franck Vergeade

Publié le 27 mai 2024 à 18h56
Mis à jour le 27 mai 2024 à 21h36

Samedi 25 mai 2024, un an exactement après la disparition soudaine du chanteur auvergnat, une vingtaine d’artistes lui a rendu un vibrant hommage à la Coopérative de Mai.

Le 25 mai 2023, disparaissait brutalement Jean-Louis Murat, laissant une discographie aussi riche qu’imposante et un vide abyssal dans la chanson française. Un an exactement après, ce triste anniversaire ne pouvait rester lettre morte.

Ainsi donc, autour de Denis Clavaizolle, complice historique et directeur musical du concert hommage Te garder près de nous – en clin d’œil à l’un des tubes de Cheyenne Autumn (1989) –, une vingtaine d’artistes étaient réunis sur la scène de la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand pour interpréter ses chansons en ce jour muratien hautement symbolique. Emploi du temps oblige, Dominique A, Camille ou Benjamin Biolay manquaient à l’appel, mais il fallait bien être à Clermont-Ferrand samedi 25 mai 2024.

Images d’Auvergne

Dans une salle où les 1 500 places avaient été vendues et où l’émotion était instantanément palpable, le concert s’ouvrait par une reprise du Col de la Croix-Morand par Morgane Imbeaud, l’une des régionales du soir avec laquelle Murat a souvent duettisé. Ce sont d’ailleurs les Auvergnats qui se succédaient au micro, entre une version électrique de Mujade Ribe par The Delano Orchestra (avec lequel il avait enregistré le triple album Babel) et une interprétation acoustique de Perce-neige par le guitariste Alain Bonnefont, compagnon de route de Jean-Louis Murat depuis le groupe Clara à la fin des années 1970. Attentif, le public voyait défiler sur l’écran géant des images filmées en Auvergne par l’équipe de Biscuit Production pour se replonger dans des paysages qui ont tant jalonné le répertoire muratien.

Après cette relecture de Perce-neige, l’album Dolorès (1996), absolu chef-d’œuvre, se taillait une place de choix dans le début du concert, avec Alex Beaupain, l’un des enfants spirituels de Murat, reprenant Le Train bleu et Fort Alamo, en duo avec Frédéric Lo. Autant d’indémodables chansons d’amour et de désamour traversant les décennies et nous frappant au cœur comme à l’époque : “Qu’il est dur de défaire/J’en reste KO”

Une bouleversante chanson testamentaire

Quand Laura Cahen s’attaque au Mont sans-souci, on a la surprise de voir Sophie Clavaizolle, déjà présente sur les chœurs pour l’enregistrement de Mustango (1999), la rejoindre sur scène aux côtés de son père Denis au piano. Encore une fois, l’émotion traverse la scène en même temps que l’auditoire. Camarade littéraire de Jean-Louis Murat, l’écrivain Éric Reinhardt vient lire un extrait de son livre Cendrillon (2007), “écrit en écoutant en boucle l’album Taormina, avant que Florent Marchet ne rythme la soirée sur l’air bossa du Mendiant à Rio, l’adaptation française d’Antonio’s Song de Michael Franks par “son professeur en mélancolie”. Sur Le Monde intérieur, le musicien et romancier a la bonne idée de varier les couleurs, vocales, pianistiques puis orchestrales pour ne pas ployer sous le poids de cette bouleversante chanson testamentaire.

L’une des surprises de la soirée, ponctuée par la voix off de Pascale Clark, est d’entendre chanter, pour la toute première fois, la réalisatrice Lætitia Masson, avec laquelle Murat entretenait une longue amitié artistique, sur L’Irrégulière/La Chanson de Dolorès, écrite à l’origine pour le projet d’album avorté avec Jeanne Moreau. En souvenir de Mustango, Elysian Fields et Matt Low, actuellement en tournée, ont envoyé leur version filmée de Jim, juste avant que Par.Sek, jeune trio local, ne vienne métamorphoser le cultissime Suicidez-vous le peuple est mort en mode post-punk/Suicide.

Les larmes montent puis s’évaporent

Les covers s’enchaînent, Jérôme Caillon (Rogojine) profite d’un unplugged des Jours du jaguar pour faire un clin d’œil aux Rancheros, le groupe récréatif de Murat dont il faisait partie et qui avait livré, le 19 juin 2002, leur unique et mémorable concert dans cette même salle de la Coopérative de Mai. Assise au piano, Jeanne Cherhal fait chavirer le public avec La Maladie d’amour, JP Nataf remonte aux sources du Troupeau (période Cheyenne Autumn) et se souvient de Gilet#4, charge anti-Macron que Murat avait enregistrée quand il avait documenté le mouvement des Gilets jaunes.

Le chanteur des Innocents, qui avait côtoyé Murat chez Virgin dans les années 1980, seconde Armelle Pioline (Holden) sur l’entraînante Foule romaine. Quand Morgane Imbeaud revient interpréter Le Cafard, les larmes montent puis s’évaporent (le single Sentiment nouveau par Frédéric Lo et Marie Audigier aux chœurs), jusqu’à se retrouver le souffle coupé dans la pénombre, en découvrant la version a capella de Je me souviens par Jean-Louis Murat, dont la voix nous déchire… Cela aurait peut-être été la conclusion idoine, fusse-t-elle éplorée, plutôt que la version chorale du Lien défait avec tous·tes les artistes réuni·es une dernière fois sur scène : “Oh, on se sent épris d’éternité/Mais revient toujours/Le temps du lien défait

J'étais à côté de lui sur la 2e partie et je le scrutais un peu quand a été repris sa chanson de coeur du "lien défait", et j'ai vu que ça ne lui plaisait guère... mais moi, j'ai eu un petit frisson.

 

 - LE MONDE du 27/05:

 

Musique

Un hommage clermontois à Jean-Louis Murat

Un an après la mort du musicien, une vingtaine d’artistes ont donné un concert à guichets fermés

Stéphane Davet

 

Clermont-Ferrand- envoyé spécial - Quand à bride abattue/Les giboulées se ruent/Je cherche ton nom/Oh j’en meurs mais je sais/Que tous les éperviers/Sur mon âme veilleront… » Chanté en ouverture de soirée par la voix apaisante de Morgane Imbeaud, le deuxième couplet de Col de la Croix-Morand semble désigner tous ceux qui, ce samedi 25 mai, ont choisi de rendre hommage à son auteur, le musicien Jean-Louis Murat.

Sidérés, il y a un an jour pour jour, par sa mort, d’une embolie pulmonaire, à l’âge de 71 ans, les « éperviers » – soit une vingtaine de musiciens, mais aussi un écrivain, une cinéaste… – se retrouvaient à Clermont-Ferrand, à l’initiative de la salle de la Coopérative de mai, pour un concert à guichets fermés. Baptisé « Te garder près de nous », celui-ci tenait autant de la célébration que de la thérapie de groupe.

Non loin de la demeure isolée du dandy paysan, à Douharesse, sur la commune d’Orcival (Puy-de-Dôme), et des paysages de montagne qui ont irrigué son répertoire, la scène de musiques actuelles de la métropole arverne de 1 500 places peut revendiquer un sentiment de proximité. D’autant que la direction du spectacle a été confiée au « directeur musical », Denis Clavaizolle, multi-instrumentiste et compositeur associé à une douzaine d’albums du chanteur. Le complice a structuré un noyau d’instrumentistes (lui aux claviers et à la guitare ; son fils Yann Clavaizolle à la batterie ; Guillaume Bongiraud au violoncelle et à la basse), et lancé ses invitations. La date n’était pas compatible avec l’emploi du temps d’admirateurs comme Benjamin Biolay, Camille ou Carla Bruni, « mais la plupart des réponses ont été rapides et enthousiastes », constate le claviériste.

« Professeur en mélancolie »

Jean-Louis Murat a eu un impact durable sur la scène pop française, conciliant une passion pour le rock anglo-saxon et une exigence d’écriture digne des meilleures plumes francophones. « Un peu comme le Velvet Underground, son influence artistique a été inversement proportionnelle à son succès commercial, une fois passé les disques d’or de Cheyenne Autumn [1989] etLe Manteau de pluie [1991] », analyse le musicien Alex Beaupain, après avoir interprété, avec Frédéric Lo, des versions délicates de Fort Alamo et Le Train bleu, tirés de Dolorès (1996).

Mêlant force d’incarnation, énergie pianistique et légèreté ironique, Florent Marchet brille avec Le Mendiant à Rio. Sur un écran au-dessus de la scène, des vidéos illustrent les chansons. Après les reliefs brumeux des volcans locaux, une route déroule son ruban d’asphalte au rythme de la lecture intense d’Eric Reinhardt. Un texte tiré de son roman Cendrillon(Stock, 2007) . « De 1999 à 2023, tous mes livres ont puisé beaucoup de ferveur dans l’écoute obsessionnelle de Murat » , indique l’écrivain. Il se dit fasciné par « son engagement total dans son art et sa relation au monde sensible, partagée entre amour de la vie et désespoir mélancolique ».

Rythmé par la voix off de la journaliste Pascale Clark, le concert alterne «classiques » et titres moins familiers. Ronde enfantine à succès, Au mont Sans-Souci est joliment ralenti par Laura Cahen, accompagné au piano par Denis Clavaizolle. Jeune Clermontoise soutenue par la Coopérative de mai, Koum insuffle une bouffée de soul au tube Si je devais manquer de toi.

Absents pour cause de tournée, les amis américains d’Elysian Fields, jadis au centre de Mustango (1999), ont tenu à envoyer une vidéo d’une version ultra-dépouillée de Jim, en duo avec le Clermontois Matt Snow. Complice local des années de jeunesse, Alain Bonnefont met en valeur le texte de Perce-Neige (« J’écris des chansons/Comme on purgerait des vipères »). L’amie cinéaste Lætitia Masson s’improvise chanteuse en puisant ainsi L’Irrégulière (écrite à l’origine pour Jeanne Moreau) dans Live in Dolorès (1998).

Engueulades et retrouvailles

L’ex-Cocoon Morgane Imbeaud rayonne dans Le Cafard, en experte du spleen, quand une remarquable Jeanne Cherhal, seule au piano, reprend La Maladie d’amour, figurant dans Lilith (2003). Chanteur des Innocents, JP Nataf choisit de reprendre Gilet#4, l’une des chansons-chroniques que le chanteur publiait sur son site au moment du mouvement des « gilets jaunes ». Une comptine acide dédiée à « Manu », comprendre Emmanuel Macron.

Jeune groupe clermontois, Par.Sek n’a découvert que récemment les chansons de Murat. Le trio électro-rock s’amuse depuis à rechercher sur YouTube les coups de grisou télévisuels de cette « grande gueule allergique à l’eau tiède », dont ils se sont approprié le post-punk de Suicidez-vous le peuple est mort (1981).

Parmi les invités, plusieurs se sont coltiné le caractère bougon de l’Auvergnat, jusqu’à la fâcherie. Leader du groupe The Delano Orchestra, avec lequel Murat avait enregistré l’excellent Babel (2014), Alexandre Rochon voit dans sa reprise de Mujade ribe une façon de se réconcilier avec l’aîné.

Des engueulades et des séparations, Denis Clavaizolle en a connu de sévères. Avant d’éternelles retrouvailles. Quelques semaines avant la mort du chanteur, ne répétait-il pas en vue d’un nouvel album ? « Des jams de quatorze à seize minutes, à la façon des Stones, comme un retour aux sources, avec des instruments vintage, se souvient Clavaizolle. Restait à écrire les textes. »

Voici que surgit dans la pénombre la voix a cappella du héros de la soirée. L’énumération perecquienne de Je me souviens semble murmurée à l’oreille de chaque spectateur. On entendrait une mouche voler.

L’émotion submerge aussi les musiciens. Au point qu’ils doivent s’y reprendre quatre fois pour lancer l’interprétation de J’ai fréquenté la beauté par Nicola Sirkis, chanteur star d’Indochine, pour lequel Murat avait écrit Un singe en hiver et Karma Girls. Tout le casting de la soirée se retrouve ensuite pour une version chaleureusement bancale du Lien défait. Preuve d’une indéfectible relation nouée avec les fans.

 

-  RFI (Anne-Laure Lemancel) dont j'ai fait la connaissance:

A LIRE EN LIGNE

27/05/2024

Un an pile après sa disparition soudaine, le 25 mai 2023, la salle La Coopérative de Mai, à Clermont-Ferrand organisait un concert-hommage à Jean-Louis Murat. À l’affiche ? JP Nataf, Nicola Sirkis, Jeanne Cherhal, Laura Cahen… et ses proches. Une soirée pudique, digne et pleine d’amour. 

Par vagues douces ou violentes, en torrents, l’émotion submerge la Coopérative de mai, salle emblématique de Clermont-Ferrand, comble ce soir du 25 mai. Dans la pénombre, une voix au timbre radiophonique si reconnaissable, s’élève. Elle pose des mots sur les sentiments partagés, elle endosse au "je", la douleur collective. Elle raconte une "mort subite", évoque la "disparition d’un ange", à chercher, peut-être, "quelque part dans le décor". "À croire qu’il voulait tester notre amour, le garçon ?", suppose-t-elle. L’occasion de "lui adresser un immense baiser… sait-on jamais ?".

Cette voix, c’est celle de la narratrice du concert, la journaliste Pascale Clark. Et bien sûr, elle parle de Jean-Louis Murat, l’Auvergnat devant l’éternel, le bluesman du Sancy, le poète des montagnes, les deux pieds dans la gadoue, hôte fidèle de ces lieux, qu’il fit résonner d’une myriade de concerts fous d’amour, généreux, de la "transe de ses chansons, étirées aux quatre coins de l’âme", de moments dont "on sortait lessivés, un peu ivres et tellement en vie", confesse en préambule l’équipe de la salle…

Alors, pour célébrer le premier anniversaire de sa disparition, le 25 mai 2023, des suites d’une embolie pulmonaire, l’établissement a lancé l’idée de cette communion XXL, si joliment intitulée "Te garder près de nous". Avec un casting de choix : une kyrielle de proches, de copains, d’artistes avec qui il nourrissait une complicité, de simples admirateurs…

Murat sous d’autres lumières

Il revient à l’évanescente Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, Clermontoise, sa complice, d’ouvrir le bal, sur de sublimes paysages cinématographiques, en rase-motte, sur les étendues d’Auvergne, imaginés par Biscuit Production, scénographes de la soirée.

Seule avec sa guitare, elle entonne avec une justesse lumineuse et nimbée de tendresse bleutée, l’incontournable Col de la Croix Morand. Avant de céder le flambeau au cuivré Delano Orchestra de Matt Low sur Mujade Ribe. Puis à Alex Beaupain seul dans le Train Bleu et accompagné de Frédéric Lo sur Fort Alamo… Avec ses joues rebondies, ses yeux rieurs et sa bouche mutine, Laura Cahen reprend avec une gourmandise malicieuse et enfantine le Mont Sans-Soucis… Quand un grand échalas rêveur, à la chevelure de lion indomptée, un poète lunaire, s’installe au piano, en contrepied : c’est Florent Marchet, fan déclaré.

Avant le concert, il nous confiait : "Murat m’a offert une direction, le goût des territoires vierges et celui de la géographie. Dans son sillage, dans la construction de mes histoires, je privilégie toujours le lieu. Je lui dois cet amour des paysages, des mots incongrus… J’aime aussi ses fulgurances dans ses lâcher-prises…" Alors, derrière son instrument-paquebot, le voilà qui navigue sur l’écume des mots d’Un mendiant à Rio, et s’envole, accompagné à l’écran d’une armée de lucioles, dans les tourbillons de son Monde intérieur. 

 

Il y a la reprise nostalgique et élégante, en vidéo, de Jim par Matt Low et Elysian Fields. Et une audacieuse version, colorée et punkoïde, déjantée et gorgée de paillettes de Suicidez-vous, le peuple est mort, signée PAR.SEK.

Avec chaque interprète, les chansons de Murat se parent d’autres lumières. Comme, sous les doigts de Jeanne Cherhal, qui chante au piano avec une infinie délicatesse, La Maladie d’amour. Et dans les cordes de JP Nataf (des Innocents) qui s’attaque au Troupeau et à Gilets Jaunes. Lui aussi nous expliquait son attachement à celui qu’il croisait régulièrement, avec qui il nourrissait une franche camaraderie artistique : "Avec sa séduction absolue, par sa gueule, sa façon de parler, ses visions extralucides, sa poésie et ses audaces folles, il nous a tous décomplexés, nous qui avions du mal avec ces frontières parfois poreuses entre rock et variété. En France, il a rebattu les cartes, avec sa pop lettrée, qui me rappelle, en un sens, Bryan Ferry."

"C’était un animal libre et ultra-instinctif… qui me manque tant…", renchérit Armelle Pioline, qui donne la réplique à JP Nataf sur Foule Romaine… Avant de donner chair au rarissime Coup de Jarnac, sur la mort de François Mitterrand : "Une scène mortuaire d’une beauté invraisemblable, où il raconte le peuple qui pleure… Un morceau qui me transperce littéralement. Quel trac j’ai, vous savez, de la porter !", assume-t-elle.

Enfin, la Clermontoise Koum livre une version soul et suave de Si je devais manquer de toi. Et le tant attendu Nicola Sirkis d’Indochine (pour qui Murat avait écrit Un singe en hiver et Karma girls) éclaire avec sobriété J’ai fréquenté la beauté.  

Les copains d’abord

Le concert-hommage se déroule comme une histoire, une aventure en Muratie, sans pathos, mais avec dignité, et une émotion taillée à sa mesure.

Sans doute aussi parce qu’il y a là ses plus proches : la touchante Marie Audigier, son ex-épouse et manageuse, qui chante Sentiment nouveau, trente ans après en avoir assuré les chœurs, en duo avec Fredéric Lo. L’amie réalisatrice Laëtitia Masson qui donne sa voix à L’irrégulière. Le pudique Alain Bonnefont, qui interprète avec une immense pertinence Perce-Neige. L’autre pilier, Jérôme Caillon qui s’offre aux rugissants Jours du Jaguar. Et puis, eux deux, accompagnés du solide batteur Stéphane Mikaëlian, qui foulent à nouveau, le temps d’une chanson, Le chemin des poneys. "Hey ho, hey ho, c’est nous Les Rancheros !", clament-ils, pour reformer l’espace d’un clin d’œil, leur bande de quatre mousquetaires musiciens un brin potaches… De là-haut, Jean-Louis Murat rigole-t-il avec ses copains ? 

Enfin, il y a celui sans qui rien n’aurait été possible. L’homme discret, mais efficace, aux lunettes rouges, retranché derrière ses claviers, l’alter ego musical de Murat, artisan de nombre de ses albums, Denis Clavaizolle, chef d’orchestre de la soirée, d’une élégance rare dans ses arrangements musicaux, joués notamment par son fil Yann (batterie) et Guillaume Bongiraud (violoncelle).

En fin de concert, les larmes d’émotion, et de soulagement roulent sur ses joues, comme sur celles d’autres artistes... En épilogue, la voix de Pascale Clark résonne, avant qu’elle n’apparaisse enfin sur scène : "25 mai 2024 à la Coopérative de mai… Ce moment restera comme une flamme. À nous de la faire briller. Et ne croyez pas tout à fait ceux qui chantent le lien défait…" Et tous les artistes ici présents de l’entonner justement, en chœur, ce Lien défait. Comme pour l’invoquer. Le convoquer. Et le voilà qui apparaît sur l’écran, en générique de fin, en irrésistible Berger de Chamablanc. Et, à l’évidence, à son sourire éternel, il les reçoit bien, nos immenses baisers !

Par : Anne-Laure Lemancel

 

- La Montagne du 26/05... avec une rectification d'importance, un crime de lèse majesté: le Comte de Montlozier, c'est Stéphane Mikaelian, et non son frère Pascal.  Le journaliste sera brûlé rue montlozier dès qu'on l'aura retrouvé sur du Duke Ellington.  ET on retrouvera son altesse, et M. Bako, lors du week-end Murat!

 

La Coopérative de mai archi-comble pour l'hommage à Jean-Louis Murat, un an après sa disparition

 

Te garder (encore longtemps) près de nous

Alex Beaupain, Laura Cahen, Jeanne Cherhal, Nicola Sirkis, Morgane Imbeaud, Frédéric Lo, Florent Marchet, JP Nataf, Armelle Pioline et bien entendu les amis et représentants de la scène auvergnate Alain Bonnefont, Jérôme Caillon, The Delano Orchestra, et la scène émergente clermontoise, comme PAR.SEK et Koum; toutes et tous étaient hier soir à La Coopérative de Mai pour une soirée hommage à Jean-Louis Murat, mort il y a un an. Un rendez-vous que l'équipe de la salle clermontoise a préparé avec minutie tant il était essentiel que son rendu soit beau, à la hauteur de ce qu'était JLM. La collégiale qui lui a mis un terme a superbement symbolisé l'amour de chacun. « Il ne pouvait y avoir un autre lieu que celui-ci, que notre salle, pour imaginer et accueillir cette journée exceptionnelle, en compagnie de ta famille et de ces âmes soeurs. Et tu peux nous croire, personne ne s'est fait prier pour en être. Et pour quelques heures, encore un peu, te garder près de nous » a très délicatement dit Hervé Deffontis à la fois ami de Jean-Louis et directeur de la com' de la Coopé. Beaux mots, choisis, comme de nombreux autres partagés par la « muratie » de ce samedi.

Nicola Sirkis : « Il y a juste une année, j'avais prévu de lui envoyer un de nos nouveaux morceaux, comme en 2001, comme en 2017, et on se serait appelé, on aurait parlé de tout, de l'émotion des mots, de la phonétique et je lui aurai dit : tu as carte blanche plutôt carte noire comme d'habitude Sans lui ce morceau est resté sur le carreau, inachevé »

Jeanne Cherhal : « Sa musique, j'y suis venue étant adolescente par le duo qu'il a fait avec Mylène Farmer, Regrets. Leur association était si belle, et si mystérieuse que j'étais comme aimantée par cette chanson. Le premier album que j'ai écouté de lui doit être Le Manteau de pluie. »

JP Nataf : « Je l'ai toujours trouvé tendre et affectueux. Un affectueux bourru, il n'y a qu'un Murat ! Et même en promo où il m'a fait tant rire Et il est à mon sens une figure majeure de la musique (pas la chanson) française. Et je suis absolument admiratif et envieux de la manière dont il a mené sa carrière ».

« dans mon imaginaire, c'est le poète qui l'emporte »

Armelle Pioline : « Mon premier souvenir de Jean Louis Murat, précieux pour moi à bien des égards, c'est celui d'une voix chaude et rassurante qui m'invitait, par message vocal, à venir chanter sur l'un de ses titres, en 2003 [] Je le vois comme un poète avant toute chose; certes, doté d'une voix de rêve, mais dans mon imaginaire, c'est le poète qui l'emporte Où qu'il arrive, Jean-Louis semblait toujours trimballer des hectares de terre avec lui, il sentait bon les champs ».

Alain Bonnefont : « J'ai rencontré Jean-Louis pour la première fois en 76 je crois, devant la scène lors d'un concert à Paris regroupant Tom Petty, Nils Lofgren et les Kinks. Je dois dire qu'il faisait le meilleur pâté aux pommes de terre, ever S'il faut choisir un morceau ou un texte fétiche, je dirais Montagne , sur Vénus »

Jérôme Caillon : « J'ai rencontré Jean-Louis il y a environ 30 ans grâce à mon ami Christophe Pie. Jean-Louis est devenu pour moi un ami précieux, un exemple de pensée vivante, de liberté sans concession et très certainement un mentor Une de ces rencontres qui marquent une vie ».

La journaliste Pascale Clark, qui a beaucoup côtoyé Murat au cours de sa carrière, l'écrivain et dramaturge Éric Reinhardt, qui entretenait une correspondance avec l'artiste, et Laetitia Masson, réalisatrice de Falling in love again, documentaire sur l'enregistrement à Nahville de l'album Le cours ordinaire des choses , étaient également clermontois ce samedi.

Un moment particulièrement réussi, d'émotion - quelle version de Perce-Neige Alain Bonnefont; quelle lecture de Cendrillon Eric Reinhardt accompagné par Morgane Imbeaud; quelle classe Koum sur Si je devais manquer de toi -, d'écoute quasi-religieuse, de mémoire, de partage. Un moment étrange également parce qu'il s'est agi, inévitablement, d'entendre la voix de Jean-Louis Murat comme superposée à celles des interprètes du soir.

Un moment rare. Un moment d'hommage quoi qu'il en soit, parce qu'ainsi va la vie

-La veille:  La MONTAGNE, double page le 25/05, avec un petit encart pour parler du week-end Murat! C'était sympa!

Ici et là... Jean-Louis Murat

 
 

«Et puis, et puis voilà. Enfin, tu vois quoi, Jean-Louis s'en est allé. » Denis Clavaizolle est encore dans le difficile de le dire mort, Murat. Son pote. Il y a maintenant un an. Dans sa maison-studio de Cournon, où quelques jours encore avant ce 25 mai 2023, les deux hommes traçaient les pistes du prochain album; celui qui n'existera jamais, il se souvient : « Nous avions avancé sur la musique, travaillé une vingtaine de morceaux, mais il n'avait pas encore de paroles. Nous jouions et il faisait lalalala. Je le vois encore, avec sa guitare, dans le canapé »

Denis Clavaizolle, pianiste de son état, plus simplement musicien, partenaire très particulier, collaborateur protée, a bouclé une douzaine d'albums environ aux côtés de JLM. « Je crois que nous avons une centaine de titres cosignés à la Sacem ». Il est ainsi celui qui connaît le mieux l'artiste, l'homme certainement aussi tant il n'y avait pas l'épaisseur d'un vinyle entre les deux. Et si nous avons écrit dans ces mêmes colonnes à de nombreuses reprises que JLM était un champion, certainement le meilleur, Denis Clavaizolle confirme sobrement : « Ah oui. Il avait vraiment quelque chose de plus »

Celui qui faisait des chansons comme on chasse les vipères avait, ça fait partie du package, un caractère que l'on qualifiera de complexe et tempétueux; de fait, les deux hommes joueront plusieurs versions d'un Je t'aime moi non plus amicalo-professionel « je crois qu'une fois nous sommes restés deux ans sans nous parler » mais finiront toujours par revenir l'un à l'autre. « On se disait tout en fait. On se rentrait dedans. Parfois tu as besoin de quelqu'un qui te dit les choses. Avec Jean-Louis, personne n'osait vraiment, moi je n'ai jamais eu de filtres, c'est pour ça qu'il y a eu des étincelles (rires). Mais, à la fin, nous nous retrouvions toujours. Jusqu'à la dernière tournée avec mon fils Yann à la batterie et Fred Jimenez à la basse ».

« Avec Jean-Louis, j'ai découvert qu'il n'y avait pas de règles »

Le Murat de Denis Clavaizolle, « mon Murat à moi, c'est quelqu'un qui a changé ma vie au niveau musical. Il était d'une culture incroyable, c'était une encyclopédie, pas qu'en rock, aussi en peinture, en sport, en musique classique ou en jazz tu vois. Il m'a fait découvrir tant de choses et d'artistes que j'avais effleurés, exemple Robert Wiatt ».

Pour aller à l'essentiel, « j'ai également découvert, avec Jean-Louis, qu'il n'y avait pas de règles. Parfois tu te dis, on ne peut pas faire cet accord avec cette mélodie Lui rétorquait, mais si au contraire, on s'en tape [] Il m'a appris à sortir du chemin. Sur pas mal d'albums, où l'on cherchait à avoir une couleur de son particulière, en fait, on faisait un ping-pong permanent ». L'idée de l'un appelait une idée de l'autre.

« On s'est appris des choses mutuellement. Il faisait toujours des chansons sur trois accords en baissant le capo, parfois je l'amenais à d'autres trucs. Nous bossions beaucoup ».

Et puis sa façon d'écrire « Je me souviens sur les premiers albums, plus poétiques. C'était pfff Avec Jean-Louis, il y a également toujours eu du no-comprendo Si je lui disais, t'as voulu dire quoi , il répondait c'est perso Rien de plus. Pas la peine d'aller plus loin. Il n'expliquait pas. On était alors dans l'intime. Tu peux avoir ton idée sur ce qu'il a écrit, mais la vérité, il ne l'a disait que très rarement ». Ce qu'il y a de clair, c'est que le sentiment amoureux n'était jamais loin. « Ça a toujours tourné autour de ça » poursuit Denis. De ruptures en amours débutantes, JLM laisse une discographie magnifique, au coeur de laquelle Mustango tient une place toute particulière. Idem pour la tournée qui a fait vivre cet album paru au crépuscule des années 2000.

« Une sorte de happening tous les soirs, c'était magique »

« Sur Muragostang, nous n'avons jamais fait le même concert deux soirs de suite. C'était une volonté de Jean-Louis. Une sorte de happening permanent, c'était magique, les gens s'en rappellent » Tellement !

« J'avais préparé les rythmiques avec des râpes à bois, des pas dans les feuilles mortes, un marteau sur une enclume, des chants d'oiseaux, des bruits de rhinocéros. J'avais un sampleur à huit sorties, j'envoyais en fonction Ensuite, il mélangeait. Pour Belgrade, par exemple, on pouvait ouvrir un jour avec les pas dans les feuilles ou la voix des deux fous, là, Antonin Artaud et Jean Genet; le lendemain ça pouvait être des machines; nous étions à l'affût pour coller à son choix ».

Une façon qui disait quelque chose de l'état d'être Murat ? A l'image de son langage corporel sur scène. « Oui, c'est sûr. Surtout, il pouvait exprimer ce qu'il ressentait, son humeur du moment, selon qu'il avait soit un peu fumé, donc très cool, soit qu'il était énervé par je ne sais quoi [] Tu vois, j'ai fait d'autres trucs, beaucoup même, dont le tour du monde avec Zaz, mais cette tournée-là avec Jean-Louis, vraiment ».

Elle sera d'ailleurs marquée par quelques épisodes qui disent également ce qu'était faire de la musique pour et avec JLM. « Ce jour où l'on arrive en Suisse sans le moindre matériel, le camion avait été bloqué à la frontière. Jean-Louis a voulu jouer quand même, bien sûr ! J'ai oublié des détails, Alain Bonnefont s'en souvient mieux que moi certainement. En tout cas, avec un clavier récupéré à gauche, une boîte à rythmes à droite, une guitare acoustique et deux-trois trucs loués à Fribourg, nous avons fait un concert qui n'avait évidemment rien à voir avec tous les autres Un concert unique dont on n'a pas de traces. Une expérience. Il faut que je demande à un fan si jamais ». Avis à celles et ceux qui liraient ces mots.

Et quitte à dérouler le fil du caractère muratien, évoquer cette forme timide du respect dont il faisait preuve face à certains de ses pairs : « Comme lorsqu'il a rencontré Steve Crooper (*) à New York. Nous y étions, toujours pour l'enregistrement de Mustango, et du côté de Broadway peut-être, dans un club où il y avait les M.G's quoi. Il voulait faire signer son billet mais il était super-timide. Les M.G's On les a revus à Cannes ou Monaco dix ans plus tard, je ne sais plus trop; Jean-Louis n'a pas non plus osé aller vers eux. Il était trop fan ».

Réservé donc, souvent marrant également avec un sourire de gosse-garnement prêt à faire (à dire) une connerie. Ça, c'était plutôt le Jean-Louis des champs, celui des potes, des soirées à Douharesse, des Rancheros les neveux de Zorro-les copains de Bernardo , le groupe constitué de Crocojean, Mornac, le roi Saumon, Mayerling et le comte de Montlosier Autrement dit et dans le désordre pour respecter une forme d'anonymat : Christophe Pie, Jérôme Caillon, Alain Bonnefont, Pascal Mikaelian et JLM. « Son truc, c'était le naturel, ses potes, ici. Au début de sa carrière, il a bien essayé de faire ce qu'il fallait par rapport au milieu, d'être artiste heu je ne sais pas comment te dire, dans les clous quoi, classe, tout ça, mais il aimait être tranquille, faire ce qu'il voulait, comme il voulait, quand il voulait. Les soirées organisées durant les enregistrements d'albums à Paris, il n'y allait jamais; les séminaires non plus. Il préférait être à la ferme, boire un Justin voire un Justin hard funk ! un tiers de Ricard deux tiers de Salers et enregistrer ensuite dans la grange. [] Je ne faisais pas vraiment partie des Rancheros et si j'étais de la clique je faisais gaffe à garder un peu le contrôle (rires). Idem, en dehors de sessions studio, on se lâchait aussi, on faisait chacun nos vies. Nous avons toujours gardé une forme de distance même si nous étions en confidence La musique avant tout ».

Les Rancheros, les neveux de Zorro-les copains de Bernardo

« Beaucoup de choses resteront entre nous deux, poursuit Denis Clavaizolle. Nous avons passé une vie ensemble, depuis 1985 et son appart' clermontois de la rue Jean-Lolagne. Je crois, ouais c'est ça, c'est une vie. C'est un deuxième couple, pas une vie de famille, mais de couple [] Cela dit, il m'a toujours laissé libre, aucun artiste n'aurait fait ça. Même pour Cheyenne Autumn , l'album qui déclenche tout, il n'y avait aucune restriction. Si tu vas en studio avec un autre, il te remet à ta place, te fais aller là où il veut; Jean-Louis, non, confiance totale et absolue ».

Et de poursuivre : « Tu vois, toujours sur Cheyenne , il y a la voix d'un bebé sur l'intro de Déjà deux siècles , c'est Yann, mon fils. Lors de la dernière tournée, je me retrouve à jouer avec les deux. Je me suis vu dans les yeux de mon fils, trente ou quarante ans plus tôt. Ils parlaient beaucoup tous les deux. Et tu vois, on faisait beaucoup de route bien sûr, en camion, il s'arrêtait toujours dans les stations pour acheter des trucs à mes petites filles. Et la voix de Sophie, ma fille, on l'a retrouve sur Au mont sans souci ». Une vie.

(*) Steve Crooper, guitariste, auteur-compositeur et producteur américain de soul, funk et rhythm and blues, connu principalement en tant que musicien de studio pour le label Stax, comme membre fondateur des groupes The Mar-Keys et Booker T. and the M.G.'s, et pour avoir participé aux Blues Brothers. Source wk.

- Article dans Télérama autour des livres : 25/05

 

Un an après sa mort, Jean-Louis Murat couvert d’hommages

Sébastien Porte

Accueil Musique Un an après sa mort, Jean-Louis Murat couvert d’hommages Trois livres, un coffret vinyle, un concert… marquent le premier anniversaire de la mort de l’artiste auvergnat. Lui qui, discret et frondeur, fuyait les honneurs, le voici célébré de belle manière.

Le chanteur Jean-Louis Murat est décédé à 71 ans, le 25 mai 2023. Ici, en 2015. Photo Frank Loriou/Agence VU

Pas sûr que le songwriter auvergnat aurait goûté cette pluie d’hommages. Lui qui était hostile à toute idée de livre écrit sur lui, de compilation – la première véritable est sortie le lendemain de sa mort –, et qu’agaçaient royalement les falbalas du showbiz, le voilà servi. Jean-Louis Murat, né Bergheaud en 1952, brutalement décédé chez lui, à Orcival (Puy-de-Dôme), le 25 mai 2023, se retrouve honoré par la parution de trois livres, plus un triple vinyle (Parfum d’acacia au jardin), plus un concert hommage ce soir même, à la Coopérative de Mai, dans son Clermont natal. Comme si, après Gainsbourg puis Bashung, c’était à son tour de connaître une forme de panthéonisation tacite, une reconnaissance après coup teintée d’une lucidité nouvelle à l’endroit de son œuvre. Comme si, dans la variété française, il accédait au statut de dernier , celui après qui tout s’arrêtera. Fantasme que l’intéressé lui-même semblait nourrir secrètement.

Trois livres, donc, aux formes et aux tons radicalement distincts. Celui signé Antoine Couder, producteur à France Culture, se présente comme une divagation réflexive brillante et erratique autour de la chanson Foule romaine (Le Moujik et sa femme, 2002). Ni analyse musicologique, ni mémoires de fan, il brasse, dans une belle langue, une foultitude d’idées sur l’homme de Douharesse, sa démarche de créateur, son érudition, l’écho de ses disques avec son propre parcours intime et avec leur époque. Ainsi, Foule romaine, pour Couder, incarnerait un moment de bascule dans l’industrie musicale, celui où l’on passe des tubes grand public à la jungle des plateformes et à l’écoute en ligne archipélisée. Le titre, pensé au départ comme un tube, ouvre une ère où le chanteur au regard bleu excellera ensuite dans l’exercice d’un magistère discret et frondeur. Figure intermédiaire entre populaire et branché. Mais toujours avec ce magnétisme paranormal qui attire les femmes et les effraie en même temps.

À lire aussi :

Mort de Jean-Louis Murat, poète singulier de la chanson française

Pour Pierre Andrieu, dans Les jours du jaguar, comme pour beaucoup de muratiens, l’instant charnière se situerait plutôt dans l’album Mustango (1999), enregistré aux USA. Il inaugure un âge d’or dans la discographie de l’artiste qui dure, selon lui, jusqu’à Taormina (2006). Les guitares, dès lors, supplantent les synthés. Le musicien, ayant repris confiance au contact de ses pairs états-uniens – notamment Marc Ribot –, joue au guitar hero, synthétise l’Amérique rêvée avec le Massif central de ses racines. Et entre dans une phase de prodigieuse boulimie créative. Plus un jour ne passera sans qu’il écrive un bout de chanson. Il n’y a rien à jeter, tout est sensationnel , s’emballe Andrieu. Son livre, objet singulier aux entrées multiples, se veut une biographie subjective, centrée sur ce qu’il considère – avec raison – être le meilleur de Murat. Un bel ouvrage entrelaçant interviews de JLM , critiques de ses albums clés, chapitres thématisés (sur la mort, l’expression de la sexualité, le rapport au paysage…). Le tout étayé de photos, notamment d’avant la célébrité, et de précieux témoignages de ses proches : musiciens, ingénieur son, ex-compagnes, la réalisatrice Laetitia Masson, l’écrivain Éric Reinhardt… Touchantes lignes de la muse et manageuse Marie Audigier, soutien décisif dans l’éclosion de sa carrière, sur leurs années de bohème à La Bourboule, aux temps du groupe Clara.

Quant à Franck Vergeade, dans Le lien défait, il ne jure, lui, que par Dolorès (1996), son absolu chef-d’œuvre, une œuvre immense et indémodable dans la chanson française, un très grand disque de rupture sentimentale, de deuil amoureux et de spleen baudelairien – consécutif, en l’espèce, à la séparation d’avec Marie. Dans cette biographie de facture plus linéaire, l’auteur, journaliste aux Inrocks, raconte d’une plume sensible et affûtée son Murat, qu’il a personnellement bien connu. Il détaille avec tendresse et sans concession toutes les facettes de ce parolier lettré, dont le goût de la provocation n’était qu’une façade , la maison renfermant un Artiste dont le A majuscule tombe sous le sens. Et émaille son récit de citations savoureuses, glanées au fil de leurs entretiens complices. Échantillon : Être adoubé par un peuple qui ne voit que par Johnny Hallyday ou Patrick Bruel m’aurait sacrément embêté. La France reste le pays de la revanche des médiocres.

 

De médiocres, en tout cas, il n’y en aura guère dans l’aréopage qui prendra ce 25 mai le micro sur la scène de la Coopérative de Mai : Jeanne Cherhal, Laura Cahen, Alex Beaupain, Florent Marchet, Morgane Imbeaud (Cocoon) – mais aussi Nicola Sirkis, d’Indochine. Sous la direction musicale de Denis Clavaizolle, alter ego musical de Murat, fidèle d’entre les fidèles, chacun ira de sa reprise, conférant une résonance inédite aux textes du chanteur disparu. Médiocre, en revanche, aura été le choix de la mairie clermontoise dans sa décision de créer une rue Jean-Louis Murat sur son territoire : de cet amoureux des montagnes et de leur beauté archaïque, elle n’a pas trouvé mieux que de donner le nom à une voie située en pleine ZAC, à Tremonteix, au milieu d’habitations récentes. On entend le Brenoï (son surnom) grincer de là-haut.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 23 Mai 2024

Merdum... En jonglant entre l'ordi et le téléphone, l' article n' a pas été publié avec les informations complètes. Je corrige dès que je peux...

EDIT : j'ai remis les informations...

un peu de Murat sur radio Canada, Olivier Adam qui dédie son dernier livre à JLM...

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-culture/l-edito-culture-du-mercredi-22-mai-2024-1817341

Les fans voient se rapprocher ce fatidique 25 mai où ils se souviendront de ce qu’ils faisaient l’année dernière lorsqu’ils apprirent la mort de Jean-Louis Murat.

C’était sa particularité : Murat n’avait pas un public mais un troupeau – ce mot qu’il affectionnait – de fans. Aujourd’hui, il peut être rassénéré puisque ce ne sont pas moins de trois livres qui paraissent pour évoquer l’œuvre et la mémoire du chanteur. Chacun de ces trois livres a des qualités que les deux autres n’ont pas. Toutefois, ma préférence va au plus court et au moins exhaustif d’entre eux : « Foule romaine » d’Antoine Couder. Il y a en effet un parti pris dans le livre de Couder : se concentrer sur l’album « Le Moujik et sa femme » que Murat a sorti en 2002 et dont le morceau « Foule romaine » était le single, avec son refrain farniente.

Je me souviens qu’à l’époque, en 2002 donc, j’avais écrit une chronique plutôt mitigée sur « Le moujik et sa femme ». Je ne pouvais pas encore savoir qu’il s’agirait d’un album charnière dans la discographie de Murat, comme l’explique fort bien Antoine Couder. Au départ, Murat pensait enregistrer aux Etats-Unis. Oui mais voilà, le 11 septembre 2001 est passé par là, si bien qu’il se retrouve dans les Landes à façonner très vite un disque brut de décoffrage, avec peu de production, en formation réduite, ce qui va devenir sa manière de faire pour les vingt années à venir. Et puis, "Foule romaine" n’est pas ma chanson préférée de Murat.

C’est difficile. J’aurais pu choisir "Le Troupeau" justement, ou bien "La fin du parcours", mais j’ai opté pour cette chanson extraite de l’album Taormina publié en 2006 : "Les Démariés", pour sa simplicité, cette façon d’articuler le français qui fait de "Demariés" une fière descendante de l’ancêtre de toutes les chansons françaises, "A la claire fontaine". Et puis surtout pour cette magnifique diérèse, déma-riées, la séparation des syllabes, comme dans "A la clai-re fontaine". Qui nous donne à penser qu’au fond, la mort n’est peut-être que cela : une diérèse…

- Petite séquence sur radio Canada  où on parle de Antoine Coudé et de l'album Lili...   18h25

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/musique/emissions/tellementcourteau/episodes/801601/rattrapage-mercredi-22-mai-2024

 

- Olivier Adam (je vous laisse chercher par vous même les précédents épisodes - nombreux- en utilisant la fonction recherche du blog, ou simplement google : "surjeanlouismurat.com   mots clefs" (c'est le plus simple pour s'y retrouver dans ce -mal- fichu blog).

Il dédicace son dernier livre à Jean-Louis Murat.

 

Rolling Stones de juin et Paris-Match de cette semaine (avec l'erreur sur le Fake des Salingers).

 Et gros NB:

Sur Radio qui qu'en grogne, demain après midi (promenade en chanson): Fifi (Philippe Le Baron, le fidèle technicien.. qui n'a pas voulu s'exprimer ici) et Yann Bergeaud. https://rqqg.fr/ et en podcast durant 15 jours.

Et samedi 17h, sur France Inter, emission l spéciale Murat. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 21 Mai 2024

 

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EDIT 21/05 : Et oui, dans le panneau, je suis tombé, surtout à cause de cette intro parlée, vraiment comparable à la chanson envoyée à Mamie, la patronne du bar de Montemboeuf... Et si le texte n'était pas franchement au niveau (façon Chronique Gilets jaunes), j'ai imaginé que Murat voulait un texte qui collait bien aux Indo... Le petit regret :  ne pas avoir exprimé plus des doutes... Vu le projet sur l'IA.  J'avais pris mon temps pour relayer, après avoir consulté les réseaux sociaux qui m'avaient paru assez unanimes (dont certains autres "spécialistes")... mais c'est vrai que j'étais étonné que peu de médias traditionnels reprennent (avant que la Montagne et Paris-Match le fassent à leur tour!).  Et puis, il y  avait cette mention "version 2 retravaillée" qui pouvait bien penser à un travail d'IA...

Après avoir fait mon malin dans la chronique du Vergeade, ça tombe pile poil!!  Toute la rédaction de moi-même se joint à moi et à moi pour vous présenter mes excuses! 

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Édit 2: mention officielle des Salingers qui parle d' "Hommage"? 3 jours avant la présence de Sirkis à la Coopé, tout ça est très très étrange.

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La description sur YouTube a été modifiée: Titre de l'au-delà généré par Intelligence Artificielle
En Hommage au talentueux et regretté JLM 🩷🩵 🤖

Musique & Paroles : The Salingers / I.A
Voix : JLM (généré par I.A)

-- Contenu généré algorithmiquement par I.A 

À qui de droit, 

Suite à la réception d'une tentative d'intimidation écrite, avec ultimatum, exigeant la suppression totale et expresse de la chaîne Youtube The Salingers ainsi que de tous ses réseaux sociaux connexes, ayant pour motif l'usurpation d'identité ou encore la violation des droits d'auteur, sous peine de poursuites judiciaires, nous sommes aujourd'hui dans l'expectative.

Le titre intitullé "JLM - Sans toi c'est autre chose" a été écrit et composé, en partie, par l'humain afin d'être généré avec l'aide de l'Intelligence Artificielle. La voix du talentueux et regretté Jean Louis Murat a été entraînée par ordinateur afin de laisser la machine, sans cœur et sans âme, s'en rapprocher synthétiquement. Cette pièce musicale n'a jamais eu d'autre finalité que de rendre HOMMAGE à l'Artiste ainsi que de poursuivre sur la thématique du projet artistique et dystopique The Salingers.

Par le biais de ce message, nous souhaitons formuler ici nos plus sincères excuses auprès de toute personne se sentant blessée ou ressentant le moindre malaise à l'égard de cette production musicale ci-dessus présentée.

Nous profitons également de cet aparté pour sensibiliser et responsabiliser, encore une fois, chaque personne se sentant de près ou de loin concernée par l'utilisation de l'I.A dans le monde de la Culture. Le dialogue doit rester ouvert entre les artistes, les législateurs, les experts juridiques et les défenseurs de la liberté d'expression afin d'élaborer une loi efficace et adaptée à l'ère numérique et sa croissance grandissante.

The Salingers

Nikola Sirkis nous a fait une surprise hier soir... 

En train de teaser son dernier disque (sous le nom des Salingers) qui, si j'ai bien compris, causera de l'I.A. et de ses dangers (après les Feu!Chatterton qui nous ont causé de ces putains de lunettes spéciales, du blue-touffe...), Nikola Sirkis nous fait écouter une démo envoyée par Jean-Louis Murat.  

Je suis étonné qu'il nous la fasse découvrir si la chanson a été retenue pour figurer sur le disque, mais il semble que cela puisse être le cas. 

On entend ainsi Jean-Louis Murat s'adresser à Nikola, "je t'envoie... fais-en ce que tu veux"... avant de commencer à chanter un titre légèrement orchestré. 

C'est donc le premier titre "post-mortem" qu'il nous est possible de découvrir... et c'est donc troublant... en plus du texte qui évoque le ciel. Le titre: "sans toi, c'est autre chose" (on sait avec ses deux précédentes collaborations que Jean-Louis tisse des fils avec ce qu'il sait de Sirkis, ce que les fans d'Indochine ont adoré,  et c'est possible là qu'il ait voulu parler de son frère). 

 

 

📄 Version retravaillée [V2] : Dans l’éclat des étoiles Question cosmique Evidemment, nous voguons dans l’espace Toi et moi, errants à la surface C’était si vif, c’était si beau Ecoutes, là haut, le chant des oiseaux Sur le fil de la Voie lactée Nos rêves gravitent en liberté La lueur lunaire dessine ton visage Ensemble on traverse les âges Le temps s’efface sous nos pas Dis moi tu crois qu’on se retrouvera ? Dans l’univers, nos âmes perdurent encore Deux étoiles jumelles, malgré le temps qui s’évapore Les années ont passé, comme des comètes filantes Dans nos souvenirs, brûle une flamme incandescente Les constellations murmurent notre histoire, Chaque étoile scintille, comme un signe de mémoire Malgré les galaxies qui nous séparent, Notre amour demeure, tel un astre qui s'égare Evidemment, nous voguons dans l'espace Evidemment, nos âmes flottent à la surface Le temps s’écoule et s’efface sous nos pas Dis moi, crois tu qu’on se retrouvera ? Evidemment, nous voguons dans l'espace Dans l’éclat des étoiles, question cosmique Evidemment, nos âmes perdurent à la surface Ensemble, on brave les âges et les orages

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #divers- liens-autres

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