Publié le 31 Janvier 2021

                                 Jean-Louis Murat, un soir à Villeurbanne (Rhône-AuRA). photo : Fabrice Buffart

 

 

C'était une vieille idée de  Jean-Philippe Fayet des Dory4 dont il m'avait parlé un soir de concert de Murat. L'auteur de "la complainte du bougnat" (qui figure sur leur dernier disque) avait lui-même organisé une magnifique soirée hommage au Voyage de Noz sur Lyon.  La petite idée derrière la tête  m'est toujours restée, et je l'avais évoqué du coup, à droite, à gauche, surtout devant un comptoir, constituant une petite liste de camarades lyonnais ou environnants pour le faire... dont Mathis, devenu Stan Mathis,  découvert à l'occasion d'une reprise de Murat, (mince, déjà 10 ans) et interviewé ensuite (avec Antonin Lasseur) et  lors d'une rencontre au sommet à Lyon.   Matthieu Guillaumond était présent lors de cette dernière rencontre et il nous avait dit :   Dans une émission de Taddéi,  à la question "qu’est-ce qui marque l’époque?", un invité a répondu « le making of ». C'est vrai que dans tous les domaines, il faut présenter le « making of » de ce qu’on fait.

Alors, soyons dans notre époque... et poursuivons:

Étant qu'un cul terreux coincé devant mon écran, cette petite idée aura beau me suivre, ça aurait pu en rester là... Mais Stan Mathis, à peine sorti du projet "PLACE HUBERT MOUNIER"  (un beau CD avec Kent, Carmen Maria.... et une soirée magnifique dans un transbordeur plein comme un oeuf, organisé avec sa structure Stardust),  m'a contacté.

- Alors, le Murat, on le fait? Je suis bouillant!". 

-Euh... disons... euh, enfin...   tu crois que Murat, ça va être aussi porteur qu'Hubert, qui a tant marqué les lyonnais?   

- Je te dis, je suis prêt à prendre le risque! Tant pis si le label Stardust y perd un peu...

Devant tant de motivations, quoi répondre...  et là, je dis le truc qui me passe par la tête... comme quand j'écris un article  quoi, une truc sans réfléchir...

- Et si on donnait au projet une ampleur régionale, ancrée, ça pourrait être...  "AuRA aime Murat!", Murat a chanté tous les coins de la Région!   On l'aime car ses montagnes, ses terres, c'est aussi celles de l'Ardèche, de la Drôme, la neige de la Haute-Savoie, un train qui passe entre Lyon et Genève, même Montluçon,  des petites ruisseaux jusqu'à nos deux grandes rivières ("une  pluie d'automne sur les hommes comme Rhône à la Saône tu te mêles à moi")... et  on le ferait chanter par des artistes eux aussi "de quelque part"...

- Génial!...

- Et... on pourrait avoir un ou deux parrains iconiques... et... et...  LA MACHINE à IDEES était lancée...

 

 

Et voilà comment tu te retrouves embringué dans un truc... tout-à-fait excitant... et de plus en plus motivant au fur et à mesure que l'on décroche les premiers accords... Et des noms assez enthousiasmants (ayant fait l'objet de pluies d'étoiles  ou de ƒƒƒ, dans Télérama, les Inrocks, pour certains encore récemment... Vous trouvez?). Certains, on les Aur-A parfois retrouvé sur le blog durant ces onze années... mais aussi des nouveaux camarades, dont certains ne maîtrisant pas forcement l’œuvre de Jean-Louis Murat (mais il faut être un véritable acharné pour ça!), tous des artistes musiciens auteurs interprètes qui nous promettent des belles propositions artistiques et qu'on espère fidèles à leurs univers. Et c'est cela rendre hommage à une œuvre de chansons, permettre à celles-ci d'exister en dehors de leur auteur, crier haut et fort comme elles sont  vivantes, après 10, 20 et 30 ans. Alors, en fait, j'entends déjà les critiques en lèse majesté (le premier commentaire, sur facebook a été pour dire "ce n'est pas une bonne idée!!),  mais je les espère! Murat, c'est aussi la polémique, être désarçonné... J'ai  en mémoire ce que disaient certains  de "Route manset" (par Bayon) mais il a été pour moi un disque important dans la découverte de ce dernier.   Jean-Louis Murat a contribué à ce projet avec "rentrez dans le rêve", et il a livré tant d'adaptations magnifiques, montrant ainsi son amour de  la musique et des musiciens (de Cohen, Dylan à Celentano, et tant d'autres), qu' on peut se permettre de le reprendre à notre tour... d'autant qu'il rechigne  lui à regarder dans le rétroviseur.  Sachez ainsi qu'il a été informé du projet et n'a pas mis de veto.

Alors, parfois on m'a dit, "drôle d'idées, il n'est pas mort?"... NON, IL NE L'EST PAS! IL VA TRÈS VITE NOUS REVENIR -et  ça sera une vraie nouvelle aventure!!-. Le premier hommage à un artiste vivant est de lui acheter ses disques et d'aller aux concerts, mais on voulait lui dire qu'on l'aimait alors qu'il est encore là pour l'entendre et participer à diffuser sa musique, un tribute peut contribuer à le faire entendre par un nouveau public. 

IL FAUT AIMER LES ARTISTES VIVANT... et Au-RA aime Murat!

La liste des participants vous sera dévoilée demain lundi à 18h... mais sachez que nous pourrons compter sur des parrains venus d'un peu plus loin... Et nous vous donnerons un autre rendez-vous mardi à la même heure.

Mais pour que tout cela existe, on compte sur vous!

 

Merci de suivre la page:

https://www.facebook.com/auraaimemurat

 

NB: Nous avons convenu que www.surjeanlouismurat.com participait à titre amical au projet. Même si j'y suis suis étroitement associé à ce stade dans les choix artistiques, afin de vous proposer amis muratiens, un bel objet à l'écoute et à regarder,  c'est  l'association lyonnaise Stardust (agence artistique) qui porte le projet. Cette première étape s'est fait sur un rythme rapide, en un mois, sans pouvoir lancer un appel à contributions et une sélection très organisée (mes excuses aux oubliés éventuels).

Dans un deuxième temps, on espère vous proposer un concert, avec des artistes du disque et sans doute d'autres, et c'est bien sûr  un rêve pour moi que cela puisse être un petit "koloko"... ou du moins une "belle convention"des muratiens, à Lyon ou/et à Clermont...  Et on espère qu'en fin 2021 et 2022, vous aurez tous à cœur de reprendre la vie là où on l'avait laissée en 2020.

 

RENDEZ-VOUS DEMAIN à 18 heures pour les participants

 

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/auraaimemurat/tabs/backers

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat

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Publié le 26 Janvier 2021

1)  L'autre jour, je fais un petit post facebook sans nommer et taguer Olivier Adam (il me semble)... Juste pour me rappeler ce beau cadeau de cette dédicace:

ça fait combien de livres qu'il m'oublie depuis? ;.)

Posted by Surjeanlouismurat Pierrot on Friday, 8 January 2021

Et M. ADAM... a commenté et m'a adressé son livre!!   Oui, je me la ramène je sais, mais votre amour m'est très nettement insuffisant par moment, surtout  qu'il est bien médiocre, je ne suis au mieux qu'une maitresse à qui on accorde quelques minutes sur un smartphone en cachette... et inutile d'aller me chanter : ne joue pas au jeu de l'amant le plus vaniteux... enfin passons.  Et vous savez quoi, il y était de nouveau question de Jean-Louis Murat... Oui, encore (dans les quelques feuilletons disponibles sur ma plateforme,  ceux qui ont le plus de "saisons" sont "Games of thrones de la pop : Dominique A/Jean-Louis Murat" et "la famille ADAM" sans aucun doute)...  Voici en replay:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-evocation-de-murat-dans-le-dernier-olivier-adam-110680982.html

http://www.surjeanlouismurat.com/olivier-adam-chanson-ville-silencieuse-jean-louis-murat

http://www.surjeanlouismurat.com/2018/01/olivier-adam-et-son-inspiration-dans-ses-oeuvres.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-olivier-adam-les-lisieres-suite-111812749.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-en-vrac-hardy-pauline-concert-de-lyon-et-olivier-adam-56465605.html

Le livre débute par du Murat sur "ça, c'est fait, babe"... Il est donc question de séparation... mais ça va bien au delà d'un divorce.

 

 

 

Pour la saison 2021,  globalement,  j'ai trouvé qu'on restait bien dans l'univers d'Olivier, la mer, la Bretagne, l'exploration de l'univers familial, le héros qui est loin d'en être un (après l'incompréhension, il se rend compte et nous aussi des raisons de la séparation), et sa passion pour le Japon... qui pourtant est sévèrement égratigné, en mettant en scène en bonne partie ce que Carlos Ghosn a reproché à la justice de ce pays. Mais ce n'est peut-être pas essentiel...  même si comme dans tout bon mélo, différentes cordes sont tirées pour que le drame se noue. Injustice judiciaire et injustice de la vie. Si fortes.  Et c'est sans doute l'histoire qui m'a le plus touché dans l'oeuvre d'Adam, aussi parce qu'il est question de mariage mixte, de la fragilité de l'amour, et d'enfants, et qu'Olivier Adam ajoute une autre histoire de disparition à la principale (et même une 3e): un fils qui choisit de rompre avec ses parents bourgeois pour rejoindre l'ultragauche. C'est peut-être un peu casse-gueule dans le roman, mais là, encore, j'ai été ému par  ce que cela m'évoquait. (J'hésite à le formuler, mais j'ai pensé à Matthieu et à sa maman- amitiés).

Pour en revenir à l'histoire principal même si on devine le dernier coup de poignard à l'intitulé du chapitre, celui-ci fait tout de même son effet, et ce "tout peut s'oublier" est un renoncement absolument terrifiant.

 

- On en revient à des choses plus légères et l'humour? 

Le nom de Jean-Louis Murat est également cité dans le livre entre les Tindersticks et Etienne Daho.

 

 

Mais c'est Dominique A qui prend le dessus, cité deux autres fois: "au revoir mon amour, peut-être un autre jour, peut-être une autre année, aurait chanté Dominique A" et également "Ah, comment certains vivent, aurait chanté Dominique A. si de nouveau nous l'avions convoqué pour commenter - mais sans doute préférerait-il qu'on le laisse tranquille". Et nous aussi, car le name dropping occupe par endroits beaucoup de place... et en plus si c'est pour citer du Etienne Daho, franchement!:  "il n'est pas de hasard. Il est des rendez-vous. Pas de coïncidence"-p.65 (je rigole). Enfin, on retrouve Daniel Balavoine... avec bien sûr "mon fils, ma bataille" (utilisé comme une expression  idiomatique), et "Il était comme Daniel Balavoine. La vie ne lui apprenait rien".

Sachez que j'ai ri de la pique : le personnage principal étant programmateur d'un ciné "un Ken Loach, le nouveau James Gray et  un truc avec Luchini parce qu'il fallait bien contenter les retraités", et comme en écho avec les chroniques familiales qu'il écrit: "Il écouta tout de même son père lui vanter les mérites d'une énième comédie avec Franck Dubosc, ou Kad Merad, d'un quelconque film de réunion de famille ou s'ébattaient Jean-Paul Rouve ou Guillaume de Tonquédec, et d'une daube de Nicolas Bedos..." ( Kad a bien-sûr joué dans "je vais bien, ne t'en fais pas", adaptation d'un livre d'Olivier....)

BIBLIOGRAPHIE  N°7 : Encore et toujours Olivier ADAM et VIGNOL/BERBERIAN

Pour aller plus loin: à écouter https://www.franceinter.fr/emissions/cote-club/cote-club-12-janvier-2021

à 9'08: il est question de Murat : Adam "C'est fondateur"...  "le manteau de pluie du singe  même m'a conduit à lire de la poésie japonaise".  Juste avant, il parle de Dominique A influence stylistique majeur pour lui. La séquence sur Murat à écouter :

 

 

Olivier Adam, tout s'oublier, flammarion, 20 euros.

Un grand merci à lui.

 

2)  Et dans la série "ah quoi tu en es rendu mon fils", j'ai dû acheter un livre sur Johnny Hallyday!! Oui, je sais... Il va vite aller  dans le placard "archives Murat". Normalement, j'aurais volé une petite photo au Cultura du coin,  mais quand l'auteur est un bienfaiteur du blog... ça ne se fait pas... même si au passage, je l'ai grondé! En effet, Baptiste VIGNOL qui s'est sans doute plus volontiers consacré à son "Alain Delon, le dernier guépard" (sublime selon la presse unanime), a commis une boulette... que je ne pouvais pas laisser passer après mes deux articles précédents autour d'"a bird on a poire".

Le livre recense les chansons dans lesquelles Johnny est évoqué... et c'est effectivement assez surprenant de voir le nombre de titres... à commencer par la première: Ferré dès 1961.

 

Et naturellement, Jean-Louis Figure avec Mashpotétisés.

BIBLIOGRAPHIE  N°7 : Encore et toujours Olivier ADAM et VIGNOL/BERBERIAN

Vous avez vu la coquille?

Je vous laisse quelques instants pour y réfléchir.  Aurait-il fallu citer également d'autres titres de Murat où figure le prénom "Johnny"?   Jean-Louis répond:

Non johnny c’est moi ! Dans plusieurs de mes chansons je m’appelle Johnny. J’ai pris cette habitude depuis mes débuts, surtout lorsque je mets des paroles en anglais. Ce Johnny est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais a vu le jour à Montmartre, il chante Johnny B. Good mais ça fait rigoler tout le monde …  Il a un côté un peu dérisoire, mais ce n’est pas Johnny Hallyday ».

Murat refuse sans doute que ce prénom soit privatisé par un SMET, ces références à lui étant sans doute Johnny Guitare, et Johnny Frenchman (deux titres de film), mais dans "le tremplin",  il cite tout de même Les portes du pénitencier à quelques vers de Johnny...

Le fait est Johnny welcome home
Johnny welcome
Oh les jours de neige de neige au Veillis
Quelques bonnes longueurs de ficelle au cas où
En bas claquent Les Portes du Pénitencier
Mais bon dieu bon dieu elle va pas tout gâcher
 
- Et donc, vous aurez donc vu que Mashpopotétisés est crédité du seul Jean-Louis Bergheaud... Il manque donc Fred Jimenez, à la musique! Vous pouvez retrouver l'excellentissime interview de ce dernier sur un petit bloq qui monte... et qui descend:  http://www.surjeanlouismurat.com/2021/01/inter-vious-et-murat-jimenez-charles-n-1-du-cote-de-chez-fred-et-marie-jeanne-serero.html
 
Quant à la relation MURAT/Hallyday: vous retrouvez tout cela ici.
 
 
Baptiste Vignol/Berbérian aux illustrations,  "Oh, Johnny, si tu savais... Quand les chanteurs parlent d'Hallyday!", Hors-Collection, 9,95 euros
 
 
 
 
LE LIEN EN PLUS EST EN PAUSE DE MIDI ENFERME DANS SON BUREAU
 
On le retrouvera donc dans le prochain article s'il n'a pas attrapé le covid (mais mes liens en plus sont garanties sans virus)
 
 
 
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie, #divers- liens-autres

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Publié le 21 Janvier 2021

 

      A l'occasion de la ressortie en vinyle en décembre dernier d'A BIRD ON A POIRE (disponible au shop) après Fred Jimenez dans l'article précédent, voici donc l'interview exclusive et inédite de Marie-Jeanne Serero.

      Un peu à l'ombre (dans  "la chronique muratienne"),  d'un certain Dickon Hinchliffe, plus connu des critiques rock (par son travail avec les Tindersticks et crédité  dans Lilith et Mockba), on ne l'avait guère mentionnée pour l'instant. Et pourtant, elle figure  comme arrangeuse cordes de plusieurs titres d'A bird on a poire et de Mockba (7 titres) et son travail y illumine la production muratienne. Même si elle se consacre surtout maintenant à la musique de films et théâtre ("Guillaume et les garçons, à table"...), elle a un CV long comme le bras dans la pop... De Noir Désir (one trip/one noise), Aubert,   à Stomy Bugsy, Diams ou Passi, en passant par Pagny et Zazi, ou Era, elle s'est mise au service de toutes les musiques et de leurs messages, ou quand il s'agit de théâtre ou de films, avec l'intime conviction que sa musique était vecteur du message. A un moment où il est question d'activité non-essentielle, ce discours m'a touché.  C'est  une belle rencontre, émouvante, sensible, avec une personne humble, qui n'est pas tournée vers le passé: elle ne réécoute jamais ce qu'elle a a fait  - l'arrangeuse ne m'a donc pas donc arrangé pour l'interview mais on a  composé avec!-. Au bout du compte,  j'ai peut-être réussi à lui donner envie de le faire... Je lui réserve une petite surprise de deux témoignages en fin d'article (l'un d'entre eux est porteur d'une belle annonce pour les clermontois, pour Didier Varrod et les amateurs de chansons tout simplement...).

Mais pour vous rafraîchir la mémoire, presto commençons par écouter du Bergheaud/Serero/oiseaux (alla fine), avec ce contraste entre une guitare très résonnante et métallique et les cordes douces du violon… 

- Encore une fois merci de m’accorder un peu de temps.

M.J. SERERO : Ça me fait très plaisir de revenir là dessus, mais je ne savais pas que c’était en 2004. Cela fait si longtemps … 2004 vous m’avez dit, c’est fou. [2004; sortie du disque, peut-être même 2003 pour l'enregistrement]

 

-Alors je ne demande pas de vous présenter, et je débute donc directement sur votre intervention dans « a bird on a poire ». C’est a priori Marie Audigier qui vous propose. Est-ce que vous la connaissiez bien ? Vous aviez déjà travaillé avec elle ?

M.J. SERERO : Oui, je pense. J’avais déjà fait des albums avec elle avant même qu’elle aille chez Naïve peut-être. Je faisais beaucoup d’arrangements à l’époque. On s’entendait bien.

[NDLR: Nous avions eu un premier échange la veille par téléphone, et je lui ai donné des nouvelles de Marie au Congo, de Jean-Louis Murat. Elle me demande s'il lira ses propos, elle l'espère. J'en profite pour signaler que Marie Audigier était très fière cette semaine d'annoncer qu'elle était nommée Chevalier dans l'ordre national du mérite. Félicitations à elle. Jean-Louis est lui chevalier des arts et lettres]

- J’ai vu que vous aviez notamment travaillé pour elle avec Marie-Jo Therio qui était une de ses protégés… C’était sans doute à ce moment-là, l’album sort en 2005.

M.J. SERERO : Oui, Marie-Jo… mais c’est loin.

- Comment s’est fait la rencontre avec Murat ?

M.J. SERERO : Je pense que Marie a dû donner mon numéro de téléphone à Murat, il m’appelle et me demande de passer au studio dans lequel il travaillait. J’étais bien sûr très contente et je réponds favorablement. Je travaillais beaucoup et comme il me disait qu’il était en studio toute la journée, j’ai dû passer deux ou trois heures après. Je n’y suis pas allé dans le quart d’heure qui suivait. Et je crois que je l’appelle, je m’en souviens maintenant, et l’accueil a été un peu...glacial. Il me dit comment ça se fait d’être aussi en retard. Bon, on avait dû mal se comprendre, mais ça a commencé comme ça et j’y suis allée mais en étant un peu raidie, un peu embêtée… alors que je m’en faisais une joie. Et bon, quand j’ai pu écouter les titres, on a parlé, la communication a été tellement formidable, douce et fluide, sans heurts, on s’est détendu et on a compris qu’on était tous les deux des êtres fragiles, tout débordant d’envie de faire de la musique. Donc, je pense qu’on était un peu gêné de tout ça… Enfin, voilà, c’était pas banal comme rencontre. Ça a démarré un peu comme ça de façon un peu intense, comme ça pour rien.

 

- Est-ce que vous avez travaillé sur des bandes démos ou à partir du matériel enregistré ? Murat a l’habitude de dire qu’il travaille beaucoup avant le studio. Est-ce qu’on vous donne des consignes particulières ?

M.J. SERERO : Oui, je pense, pas forcement, pas les voix encore, ou juste les textes sur les guitares… mais non, je ne me souviens pas très bien. Mais il avait à cœur de me montrer l’univers. Et puis, j’entendais, ressentais la fragilité de son univers et ça me parlait énormément. Et Frederic était là, je parlais avec lui de façon plus technique, plus concrète, et avec Jean-Louis c’était complètement dans la poésie de ce que véhiculait ses textes et son univers. Ça se passait de mots et c’est ça qui me plaisait. Et après, ils sont venus dans mon appartement tous les deux, Jean-Louis est arrivé avec un immense bouquet de fleurs, c’était tellement gentil, tellement incroyable. Et puis, j’étais au piano, j’avais un tout petit bureau à l’époque avec mon synthé, un ordinateur. Je leur ai joué ce que j’avais imaginé, les arrangements au synthé, les cordes. J’ai senti qu’ils étaient heureux. Et moi aussi forcement. Ça s’est passé très vite. C’était une évidence.

 

- Vous vous rappelez combien de temps vous y avez travaillé ?

M.J. SERERO : Je mets très peu de temps, je vais très vite… Enfin, je vais très vite ou… c’est que ça ne fonctionne pas. Mais quand je dis oui, c’est que je sais que ça peut faire. D’un autre côté, je dis que je travaille vite, mais il y a tellement d’années de «travail», d’écoutes et d’univers dans la tête avant. Et avoir fait le conservatoire, on analyse vite. Après, c’est simplement se câbler sur l’essentiel: ce qui ne se comprend pas théoriquement, mais sur le plan du sensible et c’est ça qui me fait le plus plaisir, et qui m’a fait plaisir chez Jean-Louis et Frederic, c’est que cette chose-là a marché. Techniquement, je savais que je pouvais faire les choses, mais ce n’est pas là où on m’attend.

 

                  Pause musicale:  A bird on a poire,  les cordes arrivent tout en douceur à partir du trentaine de secondes, pour accompagner la guitare (on a du mal à imaginer que ce n'est pas celle de Jean-Louis, bravo Fred) et finissent par entourer les amoureux de toute leur douceur. L'amour du matin m'évoque forcement cette grande chanson d'un autre suisse: Prière du matin avec des cordes elles aussi magnifiques.

- Et est-ce qu’on vous donne un budget qui vous permet de dire :  j’écris pour trois, quatre, huit… violons, un orchestre… ?

M.J. SERERO : Je pense que pour cet album, on avait 10 cordes, ce qui était quand même beaucoup déjà. [8 violons et alto], mais je n’ai jamais eu besoin de beaucoup de monde. J’ai toujours pensé qu’un petit bateau va plus vite. Ce qui compte, c’est d’écrire, et même si j’écris pour 45 musiciens, ou qu’on est peu, ça n’a pas d’importance. Je n’ai pas la folie du grandeur par rapport à tous ça.

 

- Mais là, donc, si vous avez 8 musiciens, c’est qu’avant, on vous a dit : vous avez tel budget ?

M.J. SERERO :   Oui, à l’époque, il y avait du budget*, mais si on m’avait dit qu’il n’y a que 4 musiciens, j’aurais écrit exactement la même chose…

                                                                 *""un demi-budget" disait Fred, financé par JL en partie, mais avec la volonté donc d'en faire un maximum. Ça fait donc de ce disque le premier que Murat autofinance (même si juridiquement ce n'était pas une "licence", comme c'est le cas désormais.

- Est-ce qu’il y a quand même une question de puissance, de force qui nécessite un certain nombre de cordes? Vous avez arrangé plutôt des morceaux lents, est-ce que des chansons avec plus de tempo, nécessiteraient plus de musiciens peut être ?

M.J. SERERO : Non, peut-être que ça aurait nécessité d’avoir moins de monde pour plus de précisions. Plus on est nombreux, plus on peut écrire des choses romantiques, plus on a besoin de rondeurs dans le son, mais si c’est des choses plus pop, plus rythmiques ou plus sèches, moins on est, mieux on se porte. Avec des bons rythmiciens, des petites sessions, plus serré, c’est mieux.

 

- Sur mockba, vous avez juste un quatuor alors que l’autre arrangeur a 14 musiciens…

M.J. SERERO : Oui, ça dépend des titres.

 

- Mais lui a des chansons plus rythmées.

M.J. SERERO : Ça dépend. On peut aussi avoir beaucoup de musiciens et n’en faire jouer que la moitié. C’est un luxe qui est parfois nécessaire, mais qui parfois ne sert pas la musique. Donc c’est titre par titre qu’il faut imaginer. Parfois, il y a une écriture avec des cordes divisées où il faut 8 notes par accord et d’autres où il faut juste une note avec des unissons auquel cas il vaut mieux que quelques instruments. Vraiment, ça dépend. Quand il s’agit de ne faire qu’un raie de lumière très aigu on peut faire jouer à plusieurs V1 ou plusieurs V2...V1, V2, même s’il y avait une dizaine, une douzaine ou 14 musiciens pour faire une ligne, ça peut être intéressant. Parfois, c’est juste un solo, parfois un duo, parfois c’est un quatuor. Ça c’est vraiment l’étude de l’orchestration qui permet d’affiner le discours en fonction des titres, de ce qu’on a écrire. On m’a souvent demandé : c’est quoi ton effectif ? Et bien, ça dépend de ce qu’on a à écrire. Mais je n’ai pas d’effectif type. C’est juste ce qu’on apprend à l’orchestration. Ce n’est pas les musiciens qui font la musique, c’est la musique qui implique un nombre de musiciens. Que ce soit pour Jean-louis, ou pour toutes les musiques qu’on peut faire. Et moins il y a de musiciens, plus c’est dure. Parce que quand il y a beaucoup de musiciens, c’est plus facile de faire sonner qu’un petit ensemble où tout voix compte, doit être à nue.

 

- Excusez en tout cas mes questions très candides, je ne suis pas du tout musicien.

M.J. SERERO Non, non, au contraire, c’est moi, peut-être que je suis trop technique, mais je suis professeur vous savez, et j’adore ce métier, et j’adore expliquer, et m’expliquer à moi-même comment les choses se font, parce que je les étudie et j’enseigne l’orchestration, donc tout ça me passionne.

 

- Oui, très bien, d’ailleurs, n’ayez pas peur d’aller les choses techniques pour les passionnés comme vous, même si ça sera du chinois pour moi !

M.J. SERERO : Oui, mais après ce qu’il faut retenir de ça, c’est qu’il n’y a pas de règles. C’est la musique qui implique un effectif et pas l’inverse.

 

- Donc pour poursuivre sur mes questions candides, je me demande parfois en écoutant certains titres si les cordes sont faits par ordinateur et synthés ou s’il y a des vrais instruments, est-ce qu’on peut s’y tromper ?

M.J. SERERO Oui, oui, on peut s’y tromper, d’autant qu’à notre époque, en fait, on fusionne les deux. Il n’est pas rare d’avoir la maquette mélangée à des vrais cordes. On met les cordes un peu plus au dessus de façon à humaniser le son qui pourrait être un petit peu droit, et puis certains maquettent tellement bien que parfois, c’est même mieux… mais très souvent, notamment dans les musiques de film, on fusionne les deux. Et puis, il y a des musiques où le fait d’avoir un vrai son n’est pas intéressant parce que ça apporte quelque chose d’humain qui n’est pas nécessaire, c’est au contraire une musique qui nécessite une distance et un son très droit, un peu sans vie, un son blanc, un son plat et donc des cordes en skaï sont presque mieux que des cordes vivantes. Ça dépend des propos.

 

- C’est bien que ce ne soit pas qu’une question de budget...et on aura toujours besoin de vrais musiciens.

M.J. SERERO : Oh, oui, j’espère, j’espère et évidemment, mais je pense qu’on peut arriver aujourd’hui à mêler les deux. L’un n’empêche pas l’autre. L’un peut arranger l’autre. Avoir des fausses cordes permet d’apporter de la rondeur, comme un fond synthétique un peu large et le fait de rajouter devant des cordes avec des gens qui jouent, avec leur sensibilité, le timbre, le vibrato, le fait de mélanger les deux, ça peut être très intéressant. D’ailleurs, ce n’est pas que ça peut être intéressant, c’est ce qui se passe.

 

-Vous écrivez vous même avec un synthé et un ordinateur ?

M.J. SERERO : Oui, oui… enfin, j’écris avec le crayon, mais je maquette beaucoup aussi. Je fais les deux. En fait, je maquette avant de faire écouter au réalisateur, au producteur, et une fois qu’il valide, je peux faire jouer puisque tout est écrit, et je peux aussi me servir de la maquette en complément. Ça dépend des projets.

 

- Les sessions étaient au studio davout aujourd’hui disparu. Est-ce que c’était un studio particulier ?

M.J. SERERO : Oh oui ! Oh oui ! C’était absolument extraordinaire, d’abord, parce qu’il y avait DES studios, y avait du bois, il y avait du marbre, ça dépendait des endroits, il y avait celui du haut qui était un peu marbré et brillant, où tout était, oui, très brillant et une acoustique très vive, qui réagissait comme ça, très vite, et celui du bas qui était en bois, très grand, très spacieux,donc pour des musiques plus larges où on pouvait écarter les musiciens ou au contraire les resserrer. C’était passionnant. Il y régnait une atmosphère…

 

- Je crois que Michel Legrand l’aimait beaucoup..

M.J. SERERO Oh oui… On était toujours là-bas. IL y avait Olivier Kowalski qui administrait et Marc Prada qui était là, et on sentait beaucoup d’amour. Ils nous entouraient du plus vif intérêt, comme s’ils se faisaient un point d’honneur que tout marche bien pour nous, que les projets soient bien amenés à bon port. C’est rare de sentir ça. Ce n’était pas simplement un studio où on passe et on s’en va, il y avait toute une vie, on y mangeait, on prenait du thé, on s’installait, on discutait, on vibrait, on avait le trac, oui, je me souviens, il se passait beaucoup de choses. C’était tellement intense. C’était une époque. Je pense qu’on était conscient de l’importance de créer, de faire, d’être heureux dans ces moments-là et on l’était vraiment. Je dis ça au passé, ça ne veut pas dire que c’est fini mais aujourd’hui il y a le covid, ça ralentit les choses… Et puis après il y a eu beaucoup de choses, avec graines de star, Star academy où tout d’un coup, on crée un produit, on fait sortir des gens qui vont durer un an, deux ans… et Jean-Louis c’était quelqu’un qui « était là » pour toujours et qui avait encore pleins de choses à dire. Il y a les grands et l’éphémère, et tout le travail des grands qui donnaient leur vie, voilà c’était ça qui se jouait dans ces endroits-là. J’ai vu ce carrefour, j’étais là… J’ai vu aussi l’arrivée du rap, j’étais là, en 91/92, où les gens disaient : ça va passer… Mais non, ça n’est pas passé, c’était un vrai combat, un vrai sujet d’actualité. D’un côté il y avait Jean-Louis, avec les textes, la poésie, le beau français… Tout ça s’est côtoyé.

 

- Oui, vous figurez dans des disques de rap français célèbres…

M.J. SERERO : Oui, j’étais au début des rappeurs, avec DJ Medhi , et il y avait une vraie passion, on n’avait pas peur d’aimer fort et de le dire et de le partager.

 

- Est-ce qu’il y a d’autres studios que vous avez aimé ? J’ai vu le Guillaume Tell ?

M.J. SERERO : Pas celui-là en particulier, plutôt Ferber et surtout le davout, c’était les deux grands, mais Davout j’ai dû faire 20 ans là bas, et Ferber, j’y suis allé un petit peu moins. Je suis une fidèle vous avez, maintenant, je vais à Ferber. G. Tell, je n’ai pas eu d’attachement particulier. Et sinon, il y avait pleins de petits studios.  

 

- Vous n’êtes pas à proprement parlé une spécialiste des «cordes», violoniste...

M.J. SERERO : Oui, je suis pianiste mais formé à l'orchestration. j'ai fait le conservatoire, les classes d'écriture, l'harmonie, le contrepoint.

 

- Est-ce que le travail spécifique sur les arrangements corde est particulier pour vous ? Dickon Hinchliffe est formée au violon  par exemple. Vous partagez avec lui les arrangements corde du disque suivant « mockba ».

M.J. SERERO : Non… Disons que dans la pop, à moins de faire du big band comme j’ai fait parfois, il n’y a pas beaucoup d’arrangement de bois, très peu. Quand on veut arranger, ça peut être ou des chœurs, et dans la pop, c’est souvent 3 nanas qui vont chanter et harmoniser, j’ai pu le faire comme pour Diams ou pour des rappeurs, mais dans le symphonique, on va plus souvent me demander des cordes que des bois. Et les cuivres, bon, c’est souvent sur les big band ou des sessions de 3 musiciens qui en général harmonisent très bien ensemble, sax, cors, trombone ou trompette, en voicing, un petit peu en impro. Ça m’est arrivé d’écrire, par exemple, pour les Lilicub, on est allé à Pragues, ils avaient besoin d’un symphonique, ils avaient quand même besoin de sax, on avait un quintet [en écoute ci-dessous]. Moi, dès qu’il y avait un symphonique, j’étais présente, mais dans la pop, on demande surtout des cordes.

Inter-ViOUS ET MURAT-ET FRED-ET JENNIFER n°2:  MARIE-JEANNE SERERO

- Est-ce que ça vous a amené quelque chose dans votre travail de prédilection ces emplois dans la pop, la variété? Et c’est vrai que vous avez fait beaucoup d’extras dans la variété, avec des produits dont vous parliez : L5,   Eve Angeli ? Vous pouvez me dire que c’était alimentaire…

M.J. SERERO : Oui, j’aurais droit de le dire, mais je pense que j’ai eu une formation très classique, je suis rentré au CNSM à 12 ans, et avant à 6 ans dans un conservatoire, j’ai tellement bossé dans le milieu classique, je n’avais qu’un rêve, celui de s’émanciper et de découvrir d’autres musiques, les musiques du monde, que ce soit de la variété, rap, word music, toutes sortes de musique . J’avais l’impression d’avoir été frustrée de ne pas pouvoir « voyager ». Je me disais : le conservatoire de Paris, c’est génial mais si ce qu’on y apprend me sépare de toute un monde culturel et social, alors j’ai l’impression que quelque chose me manque. J’ai eu envie de prendre un bain, de partager des sensations et de ne pas être séparée dans une cage dorée, comme la musique savante, classique peut le faire. J’étais formée de cette manière là mais mon cœur est plus libre et plus ouvert que ma formation. Et c’était un cadeau pour moi que de gens venant d’un autre univers que ma formation vienne vers moi pour arranger leur musique et même un honneur, et je pense que eux de leur côté ils se disaient, oui c’est quelqu’un qui a fait le conservatoire mais qu’ ils n’ont pas vu chez moi la raideur. J’espère leur avoir fourni quelque chose qui pouvait magnifier un petit peu par endroits modestement leur musique et j’étais heureuse que mon savoir puisse aller aussi dans ces endroits-là. C’était comme si j’enlevais les frontières sociales de la culture populaire et de la culture dite savante et connotée bourgeoise. Il y a un peu de ça. J’essaye d’analyser. Et finalement, je n’ai jamais senti qu’il y avait de fossé quand j’arrange pour Jean-Louis ou pour d’autres, je sentais que ça fonctionnait bien. Si un rappeur me demandait d’écrire pour un orchestre symphonique, ou AARON d’aller à Bruxelles pour enregistrer un grand symphonique, quel bonheur [en écoute ci-dessous]… et je n’ai pas l’impression d’avoir écrit du Beethoven ou du faux Schubert derrière leur musique mais vraiment avoir essayer de se lover, c’est vraiment le mot, dans leurs harmonies, leur énergie qui me parlaient vraiment. Et j’ai eu l’impression que j’ai eu plus de problèmes au conservatoire en ayant cette capacité de passer dans d’autres mondes que l’inverse. Ça a gêné beaucoup plus le conservatoire que je m’ouvre à d’autres, ils trouvaient ça suspect et moi, c’était tellement normal, tellement un cadeau.

 

- J’ai vu que vous aviez travaillé sur un disque de DUTRONC, Jeanne Balibar et Rodolphe burger

M.J. SERERO Oh oui, formidable rencontre, oohh!

-  Avec derrière la vitre le célébre Ian Capple qui a enregistré un des plus grands albums de pop française : fantaisie militaire de Bashung.

M.J. SERERO Extraordinaire !… Je pense que c’est Marie Audigier qui m’avait fait rencontrer Rodolphe… Extraordinaire rencontre. Bouleversante pour moi. Et avec Ian Capple. Il était venu à la maison, avait mixé extraordinairement, on avait enregistré dans une église* un quatuor à cordes, c’était toujours l’orchestre de Radio France et c’était génial. On travaillait dans la ferme de Rodolphe, dans les Vosges, ça a été extraordinaire.  [*NDLR : peut-être l'Eglise où Jean-Louis a  chanté invité par Rodolphe Un live de kat Onoma y a été aussi enregistré]

- Est-ce qu’il y a eu d’autres rencontres marquantes ?

M.J. SERERO : Non, là avec Rodolphe, vous pointez du doigt une rencontre qui m’a bouleversée. Et après les autres rencontres fortes, ça a été dans le monde du théâtre. C’est autre chose. Et pourquoi le théâtre, parce qu’il y a des textes. Et moi, je vois là le fil conducteur.

Pause musicale : écoutons du coup le fruit de cette belle rencontre, ici, les cordes sont plus discrètes. Cet album avait été un beau succès avec 30 000 exemplaires vendus et selon certains, avait suscité une vague de disques d'actrices (ah, bein, bravo!)

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On a cité le nom de Dutronc? De Dutronc, passons à Françoise Hardy: dans ses 3 chansons favorites de Murat en 2010 (interview ici), elle citait : "Elle était venue de Californie"!  Signée Murat/Jimenez et Serero! Et on peut dire qu'elle connait la chanson, isn't it? '

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Reprenons!

 

- Et dans l’univers du classique, dans votre CV, il y a un très grand nom: celui de Rostropovitch? Vous l’accompagniez au piano durant combien de temps ? Que pouvez vous nous dire de cette rencontre ?

- J’avais 22 ans, à l’abbaye de Fontenay, il m’avait demandé de l’accompagner pour un concert pour Marc Meneau, le cuisinier, un gastronome extraordinaire. Il y avait 800 personnes et moi, j’accompagnais Rostropovitch. C’était une rencontre déterminante. Après il m’avait demandé d’être chef de chant au festival d’Evian, je faisais travailler les chanteurs d’Opéra sous sa baguette, car j’étais aussi chef de chant pour l’opéra. Je l’avais rencontré lors d’une audition où j’avais accompagné une cinquantaine de chanteurs et à l’issue de l’audition, il m’avait demandé d’abord d’être chef de chant dans ce festival, et j’étais renversée, enfin, vous imaginez, à 22 ans, c’est fou. Mais je me rendais pas du tout compte. Et après, j’avais aussi pu rencontrer son luthier, Vatelot, je crois qu’il est mort maintenant… Ça remue, des moment de vie. Vangelis, aussi, avoir enregistré, mixé là-bas [NDLR:  Orchestration pour le concert donné par la cantatrice Montserrat Caballé et l’Orchestre Symphonique d’Athènes (composition Vangelis)]. Franchement, c’est sur qu’il y a des listes que je revendique pas, qui sont alimentaires, je ne veux pas citer de noms. Par contre l’exercice d’arranger, j’ai toujours mis toute mon implication pour le faire, même si le support, je le trouvais limite. Bon, disons pour Eve Angeli, je ne me rappelle pas de la chanson, mais je suis sûr que j’ai pris du plaisir et j’ai dû m’appliquer à faire quelque chose de joli, même si c’était alimentaire, mais sans mépris. Arranger, c’est comme une invitation à faire une jolie décoration dans une maison qui a été pensée avant. Ce n’est pas un sous-métier et ça m’a permis de découvrir pleins de milieux.

- Entre le monde de la pop, de la variété et celui du classique, du cinéma ou du théâtre, est-ce que vous voyez des différences fondamentales chez les « créateurs »  que vous rencontrez? Je me disais qu’il y a peut-être plus d’humilité dans le classique par le travail quotidien qui est nécessaire… ou bien quelque que soit le milieu, il faut un ego tout à fait particulier pour émerger ?

M.J. SERERO : Non, L’égo, il est omniprésent et peut-être qu’il est nécessaire, parce que c’est extrêmement dure, et que l’égo, l’orgueil ou la vanité sont des moteurs. Pour moi, il me semble que c’est la passion, et je revendique tellement toutes ces années de travail par rapport à mon crayon, il est mis dans cette passion que j’ai mis et que je continue à mettre, et quand il est entendu ou un petit peu reconnu, rien ne peut me faire plus plaisir.

 

- Mais vous, vous vous mettez au service de quelqu’un…

-M.J. SERERO : Oui, et même la composition, ou au service d’un film… et cette humilité, je pense que dans le classique, on l’a parce qu’ on travaille sur un texte, et même si c’est un film, ou une pièce de théâtre, on travaille sur un texte, et la musique doit le magnifier. Et en tout cas, on n’est pas seul sur une île déserte, à exprimer quelque chose avec un ego qui pointe, on est toujours en relation. Si je peux définir ce que j’ai fait tout le temps, c’est d’être en relation avec, et il n’y a que ça qui m’intéresse, c’est de me dire que la musique elle est là pour tirer un trait de jonction, un lien avec autrui, un lien vers une autre œuvre d’art. C’est un art appliqué, en ce qui concerne le théâtre ou le cinéma. Je n’ai pas eu envie d’écrire pour être jouée salle pleyel et que les gens viennent pour écouter la musique de Marie-Jeanne Séréro. Je n’ai pas cet égo là. Par contre, faire une musique d’auteur à auteur humblement, en relation avec un sujet et d’être portée par le sujet, voilà la continuité avec l’arrangement. Pour moi, c’est exactement la même dynamique. Alors que peut-être qu’un compositeur a 100 % des droits, et quand on est arrangeur 10 ou rien du tout, mais mentalement, on part d’un texte, d’une composition, idem pour un film, on part d’une époque, on est soumis à une direction, que ce soit la direction des images, ou d’un ressenti du réalisateur, ça ça m’intéresse. Vous voyez bien le lien qu’il peut y avoir entre les deux.

 

- Pour en revenir à Murat, quelques mois plus tard, Murat fait de nouveau appel à vous pour Mockba ?… en partageant les orchestrations avec Dickon Hinchliffe…Vous le connaissez? 

M.J. SERERO : Oui, de nom.

- Vous arrangez toujours sur les morceaux les plus doux.  Et sur cet album-ci,  c'est sans doute l'album où les cordes sont le plus présente. Votre travail est remarquable..  Après le grand cinéma de Dickon sur la fille du capitaine et son grand orchestre, Votre quatuor accompagnent la guitare et la voix de Murat notamment sur la fille du fossoyeur, sans basse, ni batterie, et Murat leur laisse aussi une grande place : avec des intro d’une vingtaine de chansons. Est-ce que vous vous rappelez de ce travail ?

M.J. SERERO : Non, je ne l’ai pas réécouté. Je ne réécoute pas le passé (silence). C’est comme ça. Je le réécouterai peut-être…

 

- En tout cas,  dans l’œuvre de Murat, / et on voit aussi toute l’importance de ces cordes dans les titres orchestrées de Beranger par rapport aux chansons très nues figurant dans l’album suivant.

M.J. SERERO : En tout cas, je le remercie de les avoir mis à l’honneur et de m’avoir fait cette petite place.

 

- Murat disait que les compositions de Fred étaient complexes (je cite avec des diminués et des septième) par rapport au sienne qui n’utilise que 2/3 accords… on sent du coup que peut-être cela vous laisse plus d’options ?

M.J. SERERO : Ça m’est égal. Je dirais que moins il y a d’accords, plus il y a du challenge pour développer, trouver des idées. C’est aussi peut-être ce qui m’a plu dans le rap. Il n’y a souvent que deux accords pendant 7 minutes. C’est long pour faire du développement. Et je crois qu’on a trouvé un système de juxtaposition, en kit, avec des éléments, pour créer des développements.  Mais non, ça me dérange pas que la grille soit simple, ça me challenge davantage.

 

- On voit sur l’almanach amoureux, une rengaine très répétitive que tout le sel musical est apporté par les cordes…C’est vraiment très beau.

M.J. SERERO : Ah, super, je vais réécouter. Ça me donne envie de réécouter.

 

- Votre actualité ?  [on pourra se reporter à son site personnel pour plus de détails]

M.J. SERERO Je suis à la fois chanceuse parce que j’enseigne au CNSM pour l’orchestration, aux métiers du son, et j’enseigne la composition à l’image et j’enseigne au Conservatoire international. Je suis des jeunes qui ont une vingtaine d’années. J’ai une quarante, cinquante étudiants dont je m’occupe en visio quasiment tous les jours de ma vie. C’est une grande chance, j’espère pour eux et en tout cas pour moi. J’ai toujours enseigné… Et à côté de ça, les pièces de théâtre que j’ai pu faire, les 3 ont été interrompus, mais pourront peut-être reprendre en avril et en septembre, et sur ce point, ça va. Et je termine une musique pour un film qui s’appelle « composer les mondes » avec un anthropologue Philippe Descola, et c’est sur «Notre-Dame des landes », ce combat pour essayer de vivre autrement, donc c’était intéressant. J’ai aussi d’autres projets de films, même si tout est au ralenti. Et puis, j’ai pu travailler sur 2 albums, quelques titres pendant cette période.

Donc ça va, ça va mais maintenant, c’est triste ce qui se passe. Je suis inquiète, et je vois l’insécurité pour beaucoup. Ça me fait de la peine.

Et pour mon fils aussi qui veut faire ce métier également. Il a 20 ans et il se forme actuellement. Surtout, je sais ce que j’ai vécu, je sais le plaisir que j’ai eu, je pense que ça ne se fait plus exactement de cette façon à cause d’un problème économique, et ça m’inquiète beaucoup, la facture de la musique, aujourd’hui, qui si elle n’est faite qu’avec de l’électronique, si on ne mêle pas les musiciens ou trop peu, ça peut avoir des incidences. Enfin c’est comme ça, le monde change mais on ne pourra pas enlever ce que l’humain a à dire, on ne peut pas faire l’impasse , et j’espère que tous les artistes vont tenir bon, et avoir pleins de choses à se raconter après ça.. J’espère qu’on va se retrouver, j’ai hâte…

 

 

Avant dire dire au revoir à Marie-Jeanne, voici quelques mots qui lui sont adressés d'Auvergne...

LA CONNEXION AUVERGNATE EN PLUS:

Marie-Jeanne Serero a collaboré avec d'autres auvergnats...

1) Dois-je représenter Christophe Adam? vraiment? Alors vite fait alors (vous retrouverez d'autres éléments ici) :  CHRISTOPHE ADAM, pas le pâtissier, grand chef de French Kiss, producteur notamment du dernier Garciaphone, ex-Sales Gosses, Fafafa,  et grand frère et oreille avisée de la toute la branche Kütü,   nous dit quelques mots (j'évoquais Varrod en introduction car ce dernier parlait de l'album "la grande muette" de C.ADAM  comme le plus beau disque de 2001). Après avoir évoqué la mémoire de  Matthieu tous les deux...

"C'est bien Marie Audigier qui m'avait donné son contact. Cela a été une expérience fantastique pour moi, elle a su instantanément se coller à mes morceaux. Nous sommes allés, avec Daniel Larbaud, chez elle, pendant deux jours lui faire entendre les chansons et tout a semblé couler de source. J'ai l'espoir secret de croire que mes chansons lui parlaient. C'est étrange que vous me parliez de cela, car pas plus tard que la semaine dernière j'ai demandé à Pascal Mondaz de bien vouloir mixer quelques titres de ce concert avec quatuor à cordes que nous avions faits grâce à Jacques Madebène Directeur du Sémaphore à Cébazat. Je suis retombé sur cet enregistrement en revenant du Luxembourg dans la voiture d'un ami ingénieur du son (Emmanuel Perrot) qui avait cela dans son disque dur. Je ne me sens pas capable de mixer cela moi même, c'est trop difficile d'entendre la voix de Christophe Pie durant les sessions mais ce que j'ai entendu ce jour là m'a paru formidable. Je veux donc essayer d'en faire un 6 titres en vinyle si mes moyens me le permettent. Pour en revenir à Marie Jeanne, c'est une des personnes les plus exquises avec qui j'ai eu l'occasion de travailler et qui jusqu'au bout de ce projet n'a rien lâché jusqu’à ré-écrire des partitions le jour même du concert. Une grande dame que j'aurai plaisir à revoir et avec qui je rêve de refaire de la musique. I'm a lucky guy".

                                                            Marie-Jeanne en Auvergne au Sémaphore. 2006

                                                              Critique 4 étoiles du concert par P.Andrieu

 

Voilà Marie-Jeanne: tu as laissé des beaux souvenirs à Clermont, et tu fais partie des rêves de certain... On peut rappeler que la production solo de Christophe Adam n'est pas très riche, et un groupe facebook avait même été créé 10 ans après "la grande muette" : "Le groupe de pression pour que Christophe Adam ressorte enfin un album". C'est donc une grande nouvelle que ce projet de vinyle.  Un disque est disponible chez SOPHIANE PRODUCTIONS et Annick Clavaizolle; "live in Coopécabana".  (on peut aussi acheter du Rogojine, du Denis c., le premier cocoon... il faut passer par Contact pour commander).

 

2)  J'avais remarqué dans le CV de Marie-Jeanne un disque d'YVAN MARC. Je le croise souvent dans mes recherches car le nom de Jean-Louis Murat lui est souvent accolé dans les articles (il se revendique "cousin" dans sa bio, et pas seulement parce qu'il est de la Haute-Loire, ex-auvergne). Il avait assuré une première partie de Jean-Louis en 2013 (compte-rendu d'un mauvais soir : festival Les oreilles en pointe en Ondaine-42). J'ai interrogé Martial Semonsut, qui a produit le disque en question. Martial joue avec Yvan depuis longtemps et fait partie des HIVER POOL, un groupe dont on va reparler rapidement ici, je ne vous dis que ça, mais c'est énorme -enfin, j'espère-normalement-restez connecté-teaser...

Martial Semonsut:  Oui, c'est suite au travail entendu avec JLM et aussi les bons conseils de Christophe Adam qui avait fait appel à Marie Jeanne.  Marie Jeanne est une personne avec une grande sensibilité pour la musique, c'était très facile de travailler avec elle car c'est quelqu'un de très investie dans ce qu'elle fait et vraiment à l'écoute du projet. Pour la petite anecdote, je ne lis pas l'harmonie, je fais tout d'oreille, donc je lui chantais des phrases musicales ou des contre- chants que j'avais en tête et elle écrivait aussi tôt sur papier les arrangements pour toutes les cordes, c'était chouette de vivre çà!

Je laisse le dernier mot à Marie-Jeanne. Avez-vous un rapport particulier avec l'Auvergne?

M.J. SERERO Non, pas vraiment... Je me souviens de ces maisons, ces jolis maisons d'artistes comme ça, ces ateliers qui vibrent de musique, ces musiques qui sont sur le sol, sur les murs, partout, qui sont poésie. Voilà ce que j'ai aimé, ce que j'ai ressenti, des gens tellement sincères, n'ayant pas peur de leur fragilité mais ayant beaucoup de foi dans leur expression. C'est le point commun que j'ai pu trouvé.  Pour Christophe Adam, je me souviens que c'était une écriture pas facile, comme toujours pour ces titres-là, parce qu'il y a peu d'éléments, on peut aller partout. Il faut vraiment créer des branches à cet arbre. Et je me souviens d'une grande gentillesse, une énorme gentillesse.

 

Avec Yvan Marc, on peut entendre le travail de Marie-jeanne sur des chansons rythmées :

Interview réalisée par téléphone (janvier 2021). www.surjeanlouismurat.com   J'ai choisi une retranscription le plus proche possible de l'oralité afin de rester fidèle à la rencontre.    

Je vous laisse d'ailleurs avec la voix et l'image de Marie-Jeanne Serero au travail dans son bureau, telle que je l'ai entendu moi aussi il y a quelques jours; dans la vidéo, peut-être plus confiante et sûr d'elle-même car  plongé dans "le présent d'un travail".  Et Désolé pour le Voyage de Noz! Je ne vous ai pas placés : punition! J'attends toujours de pouvoir écouter votre nouvel album! na!  Quant au storytelling,le nom n'y est  pas mais  Marie-Jeanne Séréro m'a rappelé que la musique avait "un message" et que ce n''était pas que du marketing.

SITE PERSONNEL de Marie-Jeanne Séréro:

https://www.mariejeanneserero.fr

merci, Marie-Jeanne! Merci Christophe et Martial!

LA MUSIQUE EN PLUS

Voici un petit panel d'arrangements réalisés par Marie-Jeanne Séréro (un peu au hasard -mais bizarrement il n'y a pas Eve Angeli-  et également ceux dont elle nous a parlés: le rap, Aaron, Lilicub... et Murat...)

Jean Théfaine (CHORUS): 


A peine a t-on eu le temps de se familiariser avec le contenu de ses précédentes malles au trésor – Le Moujik et sa femme, en 2002 ; Lilith, en 2003 ; A bird on a poire et le DVD Parfum d’acacia au fond du jardin, en 2004 – que revoilà Jean-Louis Murat, caracolant en grand équipage, les poches pleines de nouveaux louis d’or.

Dans la première bourse, Moscou, il y a quatorze titres. Dans la seconde, 1829, en téléchargement payant dès le 14 mars sur internet et dans les bacs le 3 mai, il y a onze textes du grand chansonnier (du XIXe siècle) Pierre Jean de Béranger. Dans la troisième, on découvrira (en commande exclusive sur son site www.jlmurat.com) 1451 : un poème inédit de mille vers décliné en un CD de 26 minutes et un DVD de 38 minutes – le tout glissé dans un livre illustré par Murat lui-même ! Vous suivez ?
Moscou, donc, est le premier lot proposé. Une suite au Moujik et sa femme, penserez-vous. Pas si simple. On y parle bien de foulard rouge, de troïka, d’isba, de retraite de Russie, mais de façon tellement impressionniste et allusive qu’on est fort loin de la fresque enneigée.

Côté écrin, ce qui frappe d’abord, c’est que Murat renoue avec des climats où cela respire large, aérien, à fleur de peau. Fred Jimenez (basse et chœurs) et Stéphane Reynaud (batterie et percus) sont, bien sûr, de la fête, mais le « power trio » a enrichi sa palette. C’est ainsi que des cordes en majesté illustrent sept titres ; amples et crépusculaires (Le Désert, La Fille du capitaine, Colin-maillard) sous la direction de l’Anglais Dickon Hinchliffe, des Tindersticks ; romantiques et délicatement ornées sous celle de la Française Marie-Jeanne Séréro (Foulard rouge, La Bacchante, La Fille du fossoyeur, L’Almanach amoureux).

Spontanément, c’est le qualificatif somptueux qui vient sous la plume, pour désigner ce énième ovni de l’irréductible auvergnat, dont la course folle est de plus en plus fascinante ! Car aucun autre artiste n’a cette capacité à produire encore et encore, à brouiller les pistes, à inventer, à se remettre en question, à bousculer toutes les normes du métier. Ce pourrait n’être que de l’agitation, c’est le plus souvent magique. Comme si le fleuve de mots qui ruisselle de Murat trouvait naturellement son chemin dans une mangrove de mélodies et peintures sonores, balançant entre minimalisme acoustique et griffures électriques, draperies contemporaines et vêtures quasi médiévales.
On allait presque oublier de vous le dire : Camille (L’Amour et les Etats-Unis) et Carla Bruni (Ce que tu désires) posent en duos au côté du monsieur, dont la diction sensuelle a rarement été aussi précise. Et puis, il y a des cadeaux cachés en fin de piste... Mais chut, le prince de la Croix-Morand va entrer.

Jean Théfaine

Chez Béranger et à Moscou, deux voyages de Murat 

Véronique Mortaigne      ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.03.05

Prolifique Jean-Louis Murat, qui ne trie pas. N'en a ni l'envie ni le temps, tout occupé qu'il est à bâtir son œuvre poétique, photographique, musicale. 1451, mille vers écrits à la main livrés avec les encres afférentes, lus par leur auteur (2CD), a des allures de manuscrit, ratures, work in progress, création en train.

.. Moscou est un album de forme plus classique, où Murat case trois chansons de Pierre-Jean Béranger, qui est la matière de 1829, album disponible en téléchargement payant (www.jlmurat), consacré au grand chansonnier du XIXe siècle.

Précieux, politique, populaire, grivois, Pierre-Jean Béranger s'accommode mal du traitement doux qui lui est réservé par le docteur Murat, amant indubitable, mais sans doute moins doué pour la satire politique ou la comédie de mœurs. Chantées en nuances douces-amères, alors qu'elles peuvent être criées, les histoires de La Fille du fossoyeur ou de Jeanne la rousse perdent en pertinence. Mais elles ancrent ainsi l'urbain Murat dans la France paysanne ("Un enfant dort à sa mamelle ; elle en porte un autre à son dos").

Ponctué de jolis chants d'oiseaux sortis des synthétiseurs, Moscou se réfère à Pouchkine (La Fille du capitaine en ouverture, ballade à la mélancolie hivernale, pur Murat, à l'instar de Foulard rouge, murmures proférés à la face de la jalousie). Il intègre les cordes à un univers musical défini depuis le Moujik et sa femme - Murat (guitares), Fred Jimenez (basse), Stéphane Reynaud (batterie).

Ensemble, ils avaient su produire un son clair et direct, un rock appareillé, que l'on retrouvera sur Nixon, une broderie rock sur une seule phrase ("Nixon, réponds-moi, je ne peux plus vivre comme ça !"), ou sur Winter, en clôture. Les deux arrangeurs de passage, Dickson Hinchliffe (des Tundersticks) et Marie-Jeanne Séréro, ont choisi de créer des climats. Et puis il y a le duo de charme : Ce que tu désires, avec Carla Bruni, qui a la tête de l'emploi, moins drôle que le sautillant morceau folk L'Amour des Etats-Unis, chanté avec Camille.

avec l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie:

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 19 Janvier 2021

                                                                       Illustration: Eliane Genet- magic n°84

 

 

Et bien, cela faisait du temps que je ne vous avais pas proposé un contenu inédit! J'écrivais dans l'article précédent que la réédition vinyle d'A BIRD ON A POIRE n'avait pas suscité grande presse, et voilà que je me dis pas : je vais devoir m'y coller...  Sans réfléchir: 4 petites questions balancées à Fred Jimenez sur messenger, qui m'écrit qu'il répondra volontiers... Volontiers? Je relance de 9! et encore de 3 (j'ai mis le pied dans la porte).  Et me voilà avec une petite interview de la branche Basse de notre trio préféré pourtant le plus grand,  les "90% de A BIRD ON A POIRE" selon Jean-Louis Murat.  90%, c'est à la louche  pour cette musique limpide et claire...   qui a si vite inspiré Murat (50% pour la story, la voix et... les pépettes) et qui a aspiré dans le projet Jennifer Charles (20% pour le charme)... si bien produite par Stéphane Prin (5%)... et saupoudrée par le talent d'une arrangeuse pour les cordes: Marie-Jeanne Séréro (5%)... et c'est sans parler des productrices exécutives:  Marie (qui suggère Marie-Jeanne) et de Laure (qui boucle le budget avec Scarlett, le disque étant hors-contrat).

Calcul mental:   ça nous fait  un album à  170%, bien au dessus de la moyenne. Dans Crossroads, dans une discographie commentée, Yann Giraud, parlait "tout simplement d'une des plus belles collections de pop songs écrites en français".    De cordes en aiguilles, je contacte Marie-Jeanne Serero... Mince, elle aussi  me dit avec plaisir... mais me demande une interview par téléphone. Euh, vraiment? moi pas savoir bien parlé... Les trois derniers qui m'ont dit de les appeler, ils attendent toujours... mais cette fois, je ne peux pas reculer:  je n'ai pas eu le temps d'oublier  les résolutions de la nouvelle année. C'est pour vous, lecteurs! Et aussi pour moi:  j'étais curieux de découvrir qui se cachait derrière ses arrangements magnifiques de A bird on a poire mais aussi Mockba:  "La bacchante", "le calendrier amoureux",... 

Commençons sans gagner l'aéroport, prenons plutôt le Train bleu entre Lyon et Genève... Et saluons FRED!

 
- Que pensez-vous de la remasterisation? Avez- vous travaillé sur la réédition?
 
F. Jimenez:  Malheureusement j'attends toujours l'album.  PIAS est censé me l'envoyer la semaine prochaine...
 
  Pouvez vous nous parler de Marie-Jeanne Serero que je n'avais pour l'instant jamais citée sur le blog? [un fidèle lecteur m'avait rappelé son nom il y a quelques temps]
 
F. Jimenez:  Je me souviens d'une personne douce et très gentille. Dans mon souvenir Marie Audigier nous avait parlé d'elle. Nous étions allés, Jean-Louis Murat et moi, chez elle. Elle nous avait joué ses arrangements au clavier avec un son de violons. Nous avions beaucoup aimé et nous nous étions retrouvé en studio pour une journée d'enregistrement avec huit violonistes.
 
- Et les démos inédites? Ce sont les musiques que vous avez présentés à JL en premier? ou un premier travail de studio?
 
F. Jimenez:  Un jour en tournée, j'avais fait écouter la démo de French Kissing à JL dans la voiture. Il avait adoré à tel point qu'il m'a dit qu'il pourrait arrêter la voiture et écrire un texte sur le champ.
Sur cette démo, initialement prévue pour April March avec qui nous avions enregistré un album avec Burgalat et AS dragon et qui ne fut pas retenue, je chantais en faisant lalala. Une fois que JL m'a proposé de faire cet album avec lui et Jennifer, il m'a demandé de jouer les mélodies avec un clavier ou une guitare, le son des lalala le perturbait un peu. Notre méthode de travail pour l'écriture des chansons fut la suivante. Je lui envoyais des démos enregistrées en 4 pistes et il écrivait un texte sur les titres qui l'inspiraient.
J'ai dû envoyer 23 titres par paquet de 4 ou 5 et nous en avons enregistré 15.
Les démos inédites sont donc ce qu'entendait Jean-Louis et qui lui inspirait le texte. Tous les titres furent conçus ainsi. D'abord la musique puis les textes. Nous avons conçu cet album sur le temps que nous avions initialement prévu pour une tournée qui fut annulée à la dernière minute en 2003 me semble-t-il, avec Jean Marc Butty à la batterie à l'époque du Moujic.
 
- Oui, c'est cela: automne 2002... période où Murat se met à travailler sur Lilith ("J’ai commencé à bosser le 19 novembre. Et à enregistrer, le 1er février"... C'est fou... Quelle période intense pour Jean-Louis: 4 disques dont un double en 2/3 ans!
 Un petit mot sur Stéphane Prin?
 
F. Jimenez:  J'avais déjà fait pas mal d'albums avec Stéphane Prin pour JLM:  Moujic, Lilith, Parfum d'Acacia.  Bird on a Poire étant un album "hors contrat" avec EMI, nous avions donc un demi budget et très peu de temps pour l'enregistrer. 3 jours pour tous les instruments, 1 jour pour les violons et 6 jours pour les voix.  Son principal boulot fut de faire passer les démos "super huit"  à du "cinémascope"(c'est ce qu' avait dit Jean-Louis).
Nous avions beaucoup aimé travailler ensemble avec S.Prin que nous avions remis le couvert pour mon album "Il est temps maintenant " en prenant plus de temps.
 
"Le jimenez style" en live, avec Stéphane il y a 10 ans:
- C'est quand même remarquable qu'il soit crédité de "producteur", à tes côtés [on est passé au TU, on se connaît depuis 2003 à Vienne! Enfin surtout moi],  car Murat n'en a pas eu beaucoup dans ses disques: Zacha, toi, Denis...
 
F. Jimenez:  C'était une manière de le remercier.  Le budget était petit et en réalité on a bossé super vite car j'avais décidé en amont des tempos et des orchestrations comme l'attestent les démos. Nous avons cherché les bonnes tonalités avec J.L. On a pas eu le temps de se poser des questions en studio et d'essayer des trucs. Effectivement le disque est produit à trois. Ma part est visible sur les démos. J.L a choisi les titres, validé ou pas certaines orchestrations et fait quelques suggestions soit dans les arrangements soit quelques fois dans des modifications de mélodie. Stéphane Prin a principalement fait passer mes démos "super 8" à du "cinémascope". Bien évidemment il avait son mot à dire sur le choix des prises et d'insister sur la qualité de l'interprétation mais on a tout fait en trois jours de prises pour 15 titres!! Quand même! Batterie; basse, guitares sèches et électriques, piano; orgues, wurlitzer et trompettes...
 
- Oui, c'est assez dingue quand on voit le rendu et la qualité de la production... mais Murat dirait "mais c'est comme ça qu'on faisait avant etc...!!"
 
F. Jimenez:   Effectivement on ne va pas se plaindre sur le peu de temps, on faisait comme ça dans les sixties. On avait même le luxe de rôder les titres sur scène avant de le enregistrer en ce temps là...
 

                                                   Écartez les suisses    photo @surjeanlouismurat.com  koloko 2011

- L’orientation très pop, sixties, était définie dès le départ ?
 
F. Jimenez:  Il y avait les démos...
 
-euh... J'ai l'impression que ça t'agace  qu'on résume parfois l'album à ça (l'illustration a peut-être joué aussi)? Tu disais a l'époque que c était moderne à part le Fender Rhodes.?
 
F. Jimenez:  Ça ne me dérange pas qu'on trouve le son sixties, pour moi c'est l'Âge d'Or de la musique pop donc c'est un vrai compliment; cela dit à bien y regarder, il n'y a pas de gimmicks sixties, c'est plutôt l'esprit des sixties qui y est insufflé. Les chœurs y sont certainement pour beaucoup car on les envisageait comme ça dans la pop des sixties, je pense aux Turtles (happy together). Mais en réalité "l'esprit sixties" est dans l'ADN de la composition, pas dans la forme. 
 
- L album fait un peu débat chez les fans, mais il fait aussi souvent parmi des préférés de certains (notamment je pense au chanteur des voyage de noz que j'ai interviewé plusieurs fois, dont ici).
C'est peut-être sans importance pour toi, mais Est-ce que tu penses que dans la discographie de jlm faut  mettre ce disque à part, le ranger dans la catégorie "collaboration" ou au contraire  tu  peux revendiquer, avec fierté ?,  qu' il occupe une place d honneur dans l'oeuvre muratienne? (Je ne sais pas si c'est clair). Je suis pour l option deux car   l'écrin est particulier mais il a totalement inspiré  l auteur dans ses thèmes chers!
 
F. Jimenez:  Je suis très fier de A BIRD et éternellement reconnaissant à Jean-Louis Murat  de m'avoir donné cette opportunité. Je crois que JL lui même pense que ce disque est un peu à part dans sa discographie. Il a effectivement une couleur plus pop anglaise que les autres mais il y a aussi des titres comme "Petite luge", "Gagner l'aéroport", "A bird on a poire" et quelques autres qui auraient pu être sur MOSCOU ou LILITH sans trop détonner.
 
- oui, et sur Mockba, inversement, on dirait que Murat s'est laissé inspirer sur certains titres.... Qu est ce que ça t as fait d entendre ta musique chez un gros annonceur français La Poste pendant quelques semaines ?  J ai un peu peur de la réponse : ça t a rapporté plus que le disque?
 
F. Jimenez:  Avec A BIRD nous avions voulu faire un "produit frais" de longue conservation; étrangement cette teinte sixties lui a conféré une sorte d'intemporalité qui lui a permis de pouvoir illustrer une pub près de quinze ans plus tard. Si nous avions eu le son et les gimmicks 2004 pas sûr  que la Poste ait choisi notre titre.
Effectivement ça m'a plus rapporté que l'album lui même et m'a aussi permis de constater que les grands gagnants de cette opération financière furent la maison de disque et la Sacem, haut la main.
 

                                                            @surjeanlouismurat   Les 3 dédicaces,, la dernière obtenue lors d'un concert des Elysian Fields

              Frais mais costaud: l'avis de JLM:
"tout à fait, je me suis rendu compte que l'impression de légèreté et de fraicheur vient essentiellement des mélodies. Je n'ai pas fait d'effort pour alléger mes textes, mais ce sont les mélodies qui ont donné des ailes aux mots. C'est un peu une découverte d'ailleurs... Je pense même  qu'il y a des textes dans l'album qui sont les plus plombés que j'ai jamais écrits. C'est le propre de la chanson pop je crois. On n'y trouve pas de textes légers, à part les texte de corniauds comme ceux de Daho, où tu n'as pas besoin d'alléger puisqu'il n'y a pas de pesanteur dans les mots". (crossroads 11/2004-
 
ah, bein, voilà: il suffit de faire intervenir Jean-Louis pour que ça dérape.. revenons-en à Fred:
 
 - Un souvenir de la tournée ? A Lyon, c’était dans un théâtre en bas de la croix rousse, JL était très détendue dans mon souvenir (et les bootlegs de concerts). Est-ce que se retrouver comme un groupe, peut-être avec des chansons moins personnels, ne lui rendait pas l'exercice plus facile ?
 
F. Jimenez:  Dans mon souvenir, ce fut compliqué de rendre ça à trois sur scène, le show était conçu en deux parties; les titres de Bird et des chansons de JL. Ce fut un peu une galère pour moi de passer du piano à la basse puis à la guitare. J'avais toujours la trouille de jouer "Petite luge" tant l'arpège était compliqué.
J'étais content qu'Albin de la Simone vienne nous prêter main forte pour les dates parisiennes du Café de la Danse.
 
- Mashpopotétisé et Johnny Vacances, vous avez eu l'occasion d'en parler avec Hallyday?
 
F. Jimenez:  Non
 
- Tu as démarché encore les maisons de disque après cela pour ton disque solo? (3 ans plus tard, tu autoproduis le disque "il est temps")... et depuis, tu as peu produit en solo. En m'inspirant de propos de Burgalat (et aussi de Murat en promo) , je me demande si les "musiciens" (en opposition à ce qu'on pourrait appeler "des personnages") sont victimes de la dictature du "storytelling" dans le marché du disque? (présenter de la bonne musique ne suffit pas, il faut vendre autre chose). Qu'est-ce que tu en penses? (j'ai en tête aussi Laurent Saligault autre bassiste qui n'a eu que moi ou presque pour parler de son premier disque que j'ai beaucoup aimé).
 
F. Jimenez:  Honnêtement je ne sais pas. Avant de débarquer en France en 1997, j'avais fait partie d'un groupe suisse "The Needles" nous avions enregistré 3 albums et des singles, nous étions très populaires là-bas. Nous avons joué beaucoup en Allemagne et aussi en France. je composais quelques titres  que je chantais et jouais de la basse. Une fois arrivé en France je me suis rendu compte qu'on te mettait dans une case, "accompagnateur" me concernant, et qu'il était très difficile d'en sortir. Cela dit ça ne me dérange pas trop, je me suis rendu compte que je n'aimais pas trop être sur le devant de la scène, mon égo n'est pas assez gros pour ça. Mais depuis le temps j'ai de quoi faire au moins dix albums dans les tiroirs...
 
- Jean-Louis a dit une fois que Stéphane et toi  étiez dans le même groupe, et qu'en Suisse, la moitié de la salle venait pour vous!
 
F. Jimenez:  Non, Stéphane était l'attraction du groupe concurrent  Maniacs...  [et c'est Fred qui le conseille donc à Jean-Louis: "Sur On Ne Peut Rien En Dire, le tout premier morceau enregistré, je ne connaissais pas le batteur. Il souhaitait qu’on se parle au téléphone, mais je lui avais dit qu’on se verrait en studio. Et une seule prise a suffi" raconte Jean-Louis dans Magic n°74. ]
 
The Needles vs The Maniacs...  Non, on ne peut pas parler de légendaire opposition  façon Beatles/Rolling Stones, Oasis/Blur, G Scad/2be3...  On sait juste que l'un des 2 groupes a critiqué l'autre pour avoir traversé une rue en dehors des passages piétons, entraînant une forte indignation des autres: "oui, mais eux, ont vidé leur camion alors qu'il dépassait largement de l'emplacement de stationnement"... Enfin, c'était la Suisse...  Euh, c'est une blague. Ils étaient amis (the Needles remercie  Maniacs sur un de leur disque). On en reparlera peut-être car je ne suis peut-être pas le seul que ça intéresse tant on les apprécie! The NEEDLES ont une page wikipédia en allemand. . comme Maniacs.    Quelques titres en écoute sur cette chaine youtube.

                                                                                                Stéphane pour une fois devant

- J'ai mes questions rituelles: 3 chansons préférées de Murat? ton album préféré?  meilleur souvenir de concert (généralement, c'est en tant que "spectateur" que je demande).
 
F. Jimenez:  Les jours du jaguar, Je me souviens,  Si je m'attendais ( si tant est qu'on puisse répondre à une question pareille )
Meilleur album: Baby Love, parce que selon moi c'est son album le plus personnel et abouti et celui qui lui ressemble le plus.   [en effet, dès 2003, il disait:"il y a beaucoup de disco. Par exemple, je suis un fan absolu d’Eddie Kendricks, l’ancien chanteur des Temptations. D’ailleurs, Laure (ndlr. Bergheaud, sa femme), ça l’a toujours fait rigoler. Elle n’a toujours pas compris mon côté disco]
 
F. Jimenez:   Avec JL, je me souviens d'énormes moments de rigolade, bizarrement aux antipodes de l'image publique qu'il a. C'est quelqu'un de très attachant et humainement me retrouver avec lui, Stéphane Reynaud et toute sa fidèle équipe; c'est toujours un grand plaisir. Vivement que ça reprenne!
Ps: J'aurais pu aussi bien cité "Le mou du chat"; "Foule Romaine" , "la petite idée derrière la tête"....

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un grand merci Fred! ( Interview fabriquée (mixage et arrangements) par mails du 31/12/20 au 17/01/21. Sans me forcer, comme d'habitude, on a évoqué les Voyage de Noz et le storytelling).

(bien-sûr, j'aurais aimé  l'interroger plus en détails sur l'ensemble de son parcours, c'est partie remise)

En bonus, une rareté dont je n'avais pas souvenir:  la propre chanson de Fred Jimenez sur l'air de "Mirabelle Mirabeau" (un inédit live).


 

- hé Fred! J'ai encore une petite dernière pour la route : cette version existait avant a bird?

 F. Jimenez:  Oui elle était antérieure. Il y a quelques titres sur Bird qui étaient des inédits que j'avais dans les tiroirs, les musiques qui ont servis pour: french kissing, monsieur craindrait les demoiselles (composée dès 1996), mirabelle mirabeau et peu me chaut...  Il y avait des textes dessus mais je ne les ai pas montré à Jean-Louis pour ne pas l'influencer.

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J'ai tenté d'avoir un mot de Marie Audigier sans succès.   Stéphane Prin, je l'avais déjà inter-ViOUwé-ET MURAT en 2010. Une interview complète à redécouvrir ici. Voici l'extrait qui concernait A BIRD:

On reprend le fil... avec ce qui reste une parenthèse... enchantée presque... car l'album a beaucoup de fervents: a bird on a poire. Cette fois ci, vous avez un titre de producteur (même si c'est pas si clair : sur le livret de l'album, vous êtes crédité pour les prises de son et mixage, mais comme co-producteur sur le maxi...).

S. PRIN : Ah? Sur le cd, il me semble être crédité comme co- real aussi pourtant, non??

En tout cas, c'était vraiment le cas. En gros, le projet s'est initié lors des mix de lilith. Pendant que je mixais, Jean-Louis et Fred étaient dans la pièce d'à côté en train de réfléchir déjà sur les morceaux de Fred que Jean-Louis aimait, et sur lesquels il voulait écrire un texte. Jean-Louis a ensuite eu l'idée de faire un album concept autour d'une rencontre entre une américaine et un français, à Paris et a parlé de Jennifer, en parlant d'un album duo.

Pour cela il a voulu se concentrer sur les textes uniquement et laisser carte blanche à Fred pour la musique. Fred m'a donc demandé de l'aider pour la réalisation et on a géré toutes les musiques seuls en studio, pendant que Jean-Louis écrivait chez lui. Il n'est revenu en studio que pour faire les voix avec Jennifer lorsque les musiques étaient totalement réalisées.
Voilà pourquoi, cet album est un peu un ovni dans la discographie de Jean-Louis. Fred a définitivement des influences bien plus pop de JL :.)

 

LE  BONUS EN  PLUS : LE DOSSIER MAGIC n°84

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Et ma galanterie légendaire devrait en souffrir, passons la main... euh, plutôt la parole à Marie-Jeanne Séréro, que l'on retrouve donc dans  deux disques de Jean-Louis Murat (A BIRD ON A POIRE et MOCKBA) aux arrangements de cordes. Si la presse a souvent parlé de ceux de Dickon Hinc... (se mettre aux anges, la fille du capitaine), Marie-Jeanne a moins souvent été à l'honneur, et pourtant, sur des chansons peut-être moins faciles, elle a fait merveille... Allo, Marie-Jeanne, vous m'entendez?

- oui, bonsoir

"Inter-ViOUS ET MURAT-ET JIMENEZ-CHARLES n°1":  Du côté de chez Fred JIMENEZ!
"Inter-ViOUS ET MURAT-ET JIMENEZ-CHARLES n°1":  Du côté de chez Fred JIMENEZ!
"Inter-ViOUS ET MURAT-ET JIMENEZ-CHARLES n°1":  Du côté de chez Fred JIMENEZ!
"Inter-ViOUS ET MURAT-ET JIMENEZ-CHARLES n°1":  Du côté de chez Fred JIMENEZ!

Et ma galanterie légendaire devrait en souffrir, passons la main... euh, plutôt la parole à Marie-Jeanne Serero, que l'on retrouve donc dans  deux disques de Jean-Louis Murat (A BIRD ON A POIRE et MOCKBA) aux arrangements de cordes. Si la presse a souvent parlé de ceux de Dickon Hinc... (se mettre aux anges, la fille du capitaine), Marie-Jeanne a moins souvent été à l'honneur, et pourtant, sur des chansons peut-être moins faciles, elle a fait merveille... Allo, Marie-Jeanne, vous m'entendez?

- oui, bonsoir....    (à suivre ici: http://www.surjeanlouismurat.com/2021/01/inter-vious-et-murat-et-fred-et-jennifer-n-2-marie-jeanne-serero.html)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 17 Janvier 2021

bonsoir,

Avant du contenu inédit dans la semaine, n'oubliez pas de revenir!,  je vous fais vite fait un article:

 

1) On commence par l'évasion du jour: PHIL SPECTOR a quitté son pénitencier, en franchissant le wall. Apparemment, certains ne savaient pas qu'il était encore vivant... C'est une légende de la musique pop et rock, mais plutôt contesté...  si bien qu'on édite des disques nettoyés de ses arrangements (let it be)... et que Léonard Cohen rejettera le disque réalisé avec lui (Phil lui avait interdit l'accès au studio sur la fin).

Alors bien sûr, Jean-Louis n'ignore rien de son travail, mais ce n'est pas une référence. On sait qu'il est plutôt Stones que Beatles (Spector a travaillé avec Lennon, dont imagine)...  mais pour le petit détail, voici ce qu'il racontait:

"Je me souviens que le jour où j'ai écouté un vieux Phil Spector avec 'Da Do Run Run' en version originale, ma mère rentrant chez moi m'a demandé qui avait repris la chanson de Sylvie Vartan. La culture de l'ersatz a complètement faussé le jugement de beaucoup de gens. C'est le terreau où pousse encore, de nos jours, la variété française. Ils sont tous dingues et l'arrogance de ces gens qui n'ont pas de culture musicale est très comique. Mes amis anglo-saxons rigolent bien en tout cas".

 

- On trouve les noms de  Murat et Phil Spector sur deux disques:

a) celui d'Isabelle Boulay,  les grands espaces (où figure Amour aime aussi vous voir tomber"), Isabelle y reprend  To Know Him Is To Love Him, un standard de Phil Spector

b)  Dans I'm your fan, le tribute à L. COHEN.  Toutes les chansons ont été écrites par Leonard Cohen à l'exception de Don't Go Home with Your Hard-On et True Love Leaves No Traces (issu de l'album Death of a Ladies' Man  produit par Phil Spector en 77). Il semble que les versions d'i m your fan sont jugés meilleurs que les originales.

 

2) On passe aux amis et camarades de Clermont:  

On a déjà parlé de la chaine youtube "french kiss" de Christophe Adam and friends. Un concert va concrétiser cette belle aventure.  Le 19/03/21à la coopé... si tout va bien.  Voici la reprise de la chanson d'Alain Bonnefont chanté par Murat, par Christophe Adam.       

Voici une chanson de KARTON, fan de Murat: il disait ceci à Pierre ANDRIEU: "Voilà un mec qui a réussi dans l'adversité : Murat au début ; c'était pas évident à écouter, les thèmes étaient un peu difficiles ! Il se fout de son image : il s'est fait connaître avec Si je devais manquer de toi mais il n'a pas refait indéfiniment la même chanson, comme Goldman par exemple ! J'aime bien son cheminement, je suis assez inconditionnel : j'ai tout ce qu'il a sorti ! Sur la tournée Mustango, il a osé surprendre en réinterprétant ses chansons avec des machines : il prend des risques. Ce n'est pas parce qu'il est d'ici mais il faut reconnaître qu'il sait écrire et qu'il a un univers ! C'est le seul d'ici à avoir réussi !"
 

- Denis Clavaizolle lui est toujours en train de lancer son duo ELKEEN.

 

- Morgane Imbeaud poursuite elle sa promo du disque AMAZON. On l'a vu notamment chez RUQUIER. Le nom de Jean-Louis Murat est assez systématiquement cité lors de ses passages.

Voici un clip d'une chanson signée Furnon/hburns, et le clip est signé par l'ami Matthieu Pigné, ex-batteur de radiosofa, Doré...Et qui a aussi une actualité riche avec Animal triste ( avec des membres de Darko et la Maison tellier) et son autre groupe  City of exiles.
 

Morgane en concert à voir sur facebook:

- Matt Low a aussi des news. Après un essai chez Pias, son disque est annoncé chez MICROCULTURES le 5/03/2021!!

Il a diffusé un premier titre:

Et il a fait une résidence avec son nouveau groupe où figure Yann Clavaizolle et Jamie Pop (des Elders) ou encore un membre des Dragon Rapide, ce qui promet des bons concerts... enfin presque... Enfin, on espère.

Ps: ET dans la série "les auvergnats ont de la ressource", qui a réussi à faire un concert en janvier 2021? C'est Alain Bonnefont dans une médiathèque, seul lieu culturel ouvert... Bravo à Blanzat...

 

- On termine avec les amis de la coopé...

La coopérative de mai a fait son calendrier de l'avent en vidéo: on a pu voir Morgane... mais on avait peu entendu parler de Murat. C'est fait vite fait ce 22/12 avec JD Beauvallet, et le numéro se termine par un titre des Delano orchestra, avec des membres de la Kütü. Et on a droit à une spéciale dédicace à Christophe Pie:

le numéro #20 revient sur Bashung et la tournée "des grands espaces".

Dans le numéro 19, un petit message d'Annick Clavaizolle qui a posé devant elle deux disques de JLM..

Dans le 18, séquence humoristique avec Yann Clavaizolle, batteur, et crédité sur un album de JLM.

LE LIEN EN PLUS LES ENNEMIS

Jean-Louis nous avait fait découvrir le problème des rats taupiers... il y a bien des années... mais le renard est toujours classé nuisible... Il est pourtant le régulateur principal...

reportage:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/cantal/rats-taupiers-nous-ont-ruines-cantal-agriculteurs-desempares-face-au-fleau-campagnols-1901958.html?fbclid=IwAR0225M1hxU-S4uVWTLEBzEpdiY-92PvzzFLlY-MzK5LZevrj-jOpQ3UVik

Ps: Et bon anniversaire à Françoise HARDY: Il y a 11 ans je l'interrogeais.... C'est quand même fou...  A relire:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-4-stephane-prin-suite-50792794.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Publié le 12 Décembre 2020

 

Bonjour,

Cela faisait un petit moment que je ne prenais pas la peine de  signaler la date... mais suite à un post ce week-end sur facebook à ce sujet, grâce auquel j'ai constaté un certain intérêt, je me suis décidé à faire cet article. LE BLOG FETE DONC SES 11 ANS (depuis le 3/12).  Au démarrage, j'avais convenu avec moi-même sans négociation, de faire régulièrement un bilan dans une volonté de transparence.  J'ai laissé tomber il y a 4/5 ans je pense, oui, 2016... Après le départ de Matthieu...( http://www.surjeanlouismurat.com/2016/12/7-ans-debriefing-annuel.html  le coeur n'était plus à la fête).

http://www.surjeanlouismurat.com/2015/12/vers-l-age-de-raison.html

http://www.surjeanlouismurat.com/2014/12/give-me-five.html

Bon, alors, tentons ce petit bilan... avant de repartir vers de nouvelles aventures.

En créant ce blog sans trop y réfléchir le 3/12/2009, afin d'avoir mon espace à moi, avec une ligne éditoriale se voulant libre et ouverte, et dans une décontraction jemenfoutiste (mon premier article s'appelait "j'aime pas Jean-Louis Murat"),  est-ce que je pensais vivre tout ça, même si ce "ça" se situe dans une certaine virtualité d'écran et d'anonymat, et le sentiment d'être un grand usurpateur ?  Me retrouver dans une liste de 40 spécialistes de la chanson dans un livre de Baptiste Vignol, entre Vergeade et Varrod!, se faire recommander par Yves Bigot sur TV5 monde, et interviewer Françoise Hardy, Jeanne Cherhal, et quelques autres (Je tiens beaucoup au lien amical qui s'est créé avec Michel ZACHA)?  Non, évidemment pas.  D'ailleurs, on peut se dire que les grandes heures du blog sont derrière nous,  je me contente de surveiller l'actualité, et les visiteurs quotidiens ont du mal à passer désormais la barre des 100, mais je m'accroche au devoir que je m'étais confié. Et si je voulais faire de l'audience, je n'avais qu'à choisir  de parler de jeux vidéos, que je pose en strocpop, strucpup, trocpeup, crop-top sur instagram... avec mon beer belly (mon instagram).

A l'époque, le blog convenait bien, avec le site Le LIEN DEFAIT en parallèle, qui permettait une recherche facile,  notamment pour la restitution sur les tournées, les chansons. Le LLD désormais en mode pause, un lieu pour les archives est donc à créer... si on ne veut pas passer que par Google (Didier Le Bras est arrivé ensuite, mais ces sites ne disposaient pas d'un menu très pratique non plus). Bon, le fait est que dans mon petit coin, caché dans l'ombre,  cela permet de ne pas trop s'embêter avec le copyright et en 11 ans, je n'ai pas eu trop de souci à ce sujet (parce que je trouve important d'offrir cette banque de données, en reproduisant au maximum tout ce qui est écrit sur Murat, même si on peut rêver meilleur système d'archivage). Pour compenser, je vous invite toujours à lire les articles d'origine en suivant les liens que je mets toujours en évidence, et j'espère que vous le faites.

Très rapidement, un certain Matthieu est devenu un partenaire formidable, et ses recherches, et ses qualités de rédacteur  ont fait passer le blog dans une autre dimension, avec des articles originaux et un vrai travail journalistique ou historique. Grace à lui, le blog a donc sorti quelques infos ou archives inédites (Murat journaliste ici et , le festival de la Bourboule , tentant de percer le mystère de "suicidez-vous" etc...). Nos échanges étaient un booster pour mes propres rédactions.    Poursuivre surjeanlouismurat.com est une manière de lui rendre hommage, et vous le savez, il n'est jamais loin quand je m'attelle à une rédaction. Vu qu'il avait sans doute du mal avec ça,  il aurait peut-être profité d'une chanson pour faire passer le message qu'il m'a porté avec son départ : "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime" (Chedid).

Bon, justement, concernant Jean-Louis Murat, ce blog n'avait pas forcement pour but de lui clamer un amour sans fin, et peut-être que ces derniers temps, j'ai un peu trop gommé l'aspect critique (mon but n'est d'ailleurs pas de toujours donné mon avis en fait), mais après 11 ans, je reste toujours aussi passionné par les interrogations qu'ils m'aspirent, tant dans son oeuvre que sa personnalité médiatique. J'espère qu'il nous offrira encore longtemps des occasions de se questionner, de rire, de s'offusquer, de rêver, via des nombreux nouveaux épisodes... Je suis un de ses humbles feuilletonnistes.

J'espère pouvoir continuer longtemps, et n'hésitez pas, pour me secouer, à me faire part de vos idées, suggestions, articles, infos... et je suis ouvert à toutes propositions de collaboration (notamment pour être notre  correspondant clermontois ou parisien, ou autour de l'analyse littéraire de chansons, secteur laissé en friche depuis très longtemps). Cette semaine, on m'a ainsi parlé d'un projet sur lequel j'ai déjà passé un peu de temps... et j'espère pouvoir vous en reparler très vite.

 

Voici quelques chiffres (et je remarque par la même occasion que le million de pages vues est dépassé):

Total depuis la création
584 091Visiteurs uniques
1 006412Pages vues
1,723Vues / Visiteur
Total des Droits d'Auteur bruts générés par le blog
(Depuis le début du partenariat)

349,85 €

 

J'ai donc un versement de 48 euros environ tous les 14/15 mois en moyenne, avec un revenu de 0.15 centimes par jour quand il y a du passage, en sachant que la version "premium" d'overblog coûte 60 euros  par an. Avec les magazines, les livres que je me procure... ce n'est donc pas une activité rentable... C'est pourquoi je ne me suis pas encore résolu à suspendre les publicités (notez que je n'ai pas autorisé  la pub en"fenêtre volante" qui serait la plus embêtante pour le lecteur).

-------------------------

Je m'arrête là pour cet article.  J'ai des courses à faire... et l'actualité muratienne m'attend! Joyeux noël malgré tout ça, soyez vraiment prudent...  

Merci of course à M., Five, Manu, Baptiste-Michel, et Florence(s), Isabelle, Pierre, Samuel, Thierry, Emmanuelle... Laure... et à tous les lecteurs bienveillants, et à ceux que j'oublie.

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 3 Décembre 2020

Mais la grande faucheuse, tu vas me laisser buller devant la télé un peu? Pas moyen d'être tranquille! Après Maradona, Anne Sylvestre... voilà encore une icône muratienne qui... euh, icône? Façon de causer...  On est entre auvergnats... même si Giscard au bout du compte de l'élection, il s'était un peu dés-ancré... préférant les... d'autres... cul-terreux du Loir et Cher. La richesse est moins pénible dans un château spacieux. 

Bon, désolé Jean-Louis, mais désormais  aux yeux des cercles parisiens, tu seras plus que jamais le représentant attitré de l'Auvergne. La concurrence des vivants se dissipe. Font pas le poids Jacques Mailhot, Nolwenn Leroy, l'immigré Hortefeux, Claire Chazal, Mazarine Pingeot ou les Michelin, ou le terne fiston VGE qui végète à Cham.  Y'a que Vercingétorix qui ferait encore le poids. Qui connaît encore  La Fayette, Pompidou, Vialatte, Pialat, Pascal, Michel Charasse et Jacques Barrot et Danielle Gilbert? 

Ça sera donc sous Macron (selon l'expression que Murat aime utiliser en concert... Sous Mitterrand...) que l'on va enterrer Giscard....  Ça ne sera pas à Chamalières, ville qui vit la naissance de Jean-Louis en 52. [Tiens, on peut lancer le générique d'Amicalement vôtre pour faire genre]. VGE entre noblesse, et dynastie politique, un Louis dans la famille (XV*), JLM entre classes ouvrière et paysanne, un Loï dans la famille (XVIII... mort en 18 en Somme).  Cette année-là, VGE était à l'ENA, mais avait fréquenté le lycée Blaise Pascal de Clermont que Bergheaud rejoint quelques années plus tard (Delors, C.Lanzmann et D'Ormesson l'ont également fréquenté... mais seule notre musicien fonde une bande et influencera durablement ses camarades... Tiens, on retrouve également Alain Rey, autre trépassé récent, je lui dédie les fautes d'orthographe de cet article). 

*V'là Louis le quinziste, y manquait plus qu'ça  chantent les Rancheros

Giscard remonta à Paris ensuite, et y rencontra plus de succès  que Jean-Louis dans sa période parisienne... la cuillère en argent lui évite la vache enragée du zonard, même si, ne lui enlevons pas, Giscard s'engagea dans les combats de la 2e guerre... Après la guerre, il effectua un premier séjour aux Etats-Unis et au Canada, soirées Mousse et tango pour lui, à moins qu'il ne suivît déjà son cours ordinaire des choses politiques.  Comme un cowboy à l'âme fresh, vas-y, je suis Kennedy.  Murat chante plutôt "Chappaquiddick"...  et Bob dit l'âme.

C'est en 56 que Giscard devient député du 6/3 (suffrage à la proportionnelle). En 58, il se frotte au Sancy: le petit brenoï s'amuse alors à lui ficher une belle moustache (et pas une tête de noeud  car il est alors trop jeune)  sur les affiches électorales des cantonales  du canton de Rochefort-Montagne (où se situe Orcival, Murat Le Quaire et la Bourboule)... C'est peut-être pas vrai, mais on fera comme si.  Quelques temps après, Murat commence la musique, mais ça ne sera pas l'accordéon, que VGE a appris sur le tard pour s'occuper en Autriche.  En 1970, il joue d'ailleurs un air autour d'un "chat noir" auprès de l’enamourée Danielle... mais je cherche vraiment toutes les petites bêtes pour rapprocher les deux hommes... d'autant que dans la chanson "je cherche fortune autour du chat noir", il n'est pas question de l'animal mais d'un cabaret. 

En 66, Giscard ne fait plus partie du gouvernement, et de conseiller municipal, il devient maire de Chamalières en 67. Il rate une belle occasion de montrer qu'il était un grand visionnaire en n'attribuant pas à un joli square de la ville le nom de "Jean-Louis Bergheaud, enfant de la ville". 

En 1973, l'un s'installe dans le salon Murat sur un poste en CDD, l'autre multiplie les petits boulots, avant de fonder son parti Clara et, au bout de la décennie, de choisir ce pseudo, et de chanter "suicidez-vous le peuple est mort"... par désespoir de voir le notable auvergnat se faire balayer... NON? Ah, on me dit que ce n'était pas ça (avec "Suicidez-vous le peuple est mort"... et "le coup de Jarnac", Murat aura plutôt chanté Mitterrand).  On retiendra du septennat concernant JL, la création du divorce par consentement  mutuel, ça peut toujours servir (faute à la fidélité, thème cher à Murat, que ce soit pour ses amours ou pour l'Auvergne, VGE semble en avoir lui une vision plus "19e").  Quelques années plus tard, les Rancheros improviseront sur Bokassa (2e album resté inédit)... mais pas certain qu'on puisse faire un rapprochement.

Refusant la traversée du désert auquel JLM lui est contraint, Giscard repart en campagne. Député; et président de la région Auvergne en 86, et c'est là qu'il va avoir l'idée de faire un trou... alors que Jean-Louis perce enfin... "ah si je devais manquer de toi"...

Quelques années plus tard, Murat sur l'un de ses thèmes de prédilection de la ruralité en crise :
 

AU PAYS DE GISCARD  (inédit live 99)

 

Antoine te fait la bise, on pense à toi

On a bien rentré les salers hier soir

Ils ont aussi rentré leurs grands bœufs

Dans la combe à Rieu

 

Quelle journée j'ai eu oui je te dis

J'ai eu la visite de Johnny

Il fait des fèves aux lards du Canada

J'en suis toute flagada

 

Mon Dieu quel monde y'avait Dimanche

Ils ont dit une messe pour Monsieur Planche

Ton père a encore eu mal au bras

Quel malheur qu'on ait plus la Maria

 

Il paraît André dit qu'à Orcines

Ils veulent nous construire un genre d'usine

Un truc affreux en fer que veut Giscard

Je te jure quels tocards

 

Ils auraient pas bien lu le règlement

Ils ont fait un trou ils ont rien mis dedans

Au lieu de nous faire payer de impôts

Qu'ils nous donnent du boulot

 

Y'a pas assez du feu pour els pompiers

C'est dans l'purin que les gars vont se jeter

Comme celui des Etables bien trop endetté

Ton père me jure qu'on va tous y passer

 

A part ça au pays de Giscard, ça va...

Très belle chanson...

Sur le site de la fondation "vge", il est écrit: "Son attachement à l’Auvergne, dira-t-il, n’est pas politique mais génétique : ses quatre grands-parents et ses deux parents y sont enterrés". Autant du coup ne pas gâcher et s'en servir comme on peut, même si, comme Jean-Louis, la relation n'est pas si univoque.  Jean-Louis n'aime pas tant que ça  "Clermont" ("Clermont, c'est Versailles", "Quand je change de vallée, j'ai un sentiment presque d'infidélité. Ou de jalousie. Ça ne me plaît pas tant que ça".) alors que VGE se fait recaler par  la plèbe clermontoise pour le poste de maire. L'ultime défaite de 2004 aux régionales, ai-je entendu au JT de France 2,  portera un coup sévère à l'attachement de Giscard à l'Auvergne... Alors que Jean-Louis  est plus que jamais ancré.

On collera à tous les deux l'étiquette d'érotomane... Murat jouant Marlène ("Cuisses entrouvertes,
Dis comme tu y vas") et autre "princess",  Valery joua avec Marlène et peut-être la Princesse D... De cette inspiration,  l'homme politique se sera rêvé en sa retraite homme de lettres, tentant de parler d'amour et de séduction, JLM refuse toujours à cette heure le costume en ne franchissant pas le seuil du roman ("par manque de suite dans les idées dit-il, mais aussi " Moi, ça ne compte pas. Je fais des chansons pour réparer la toiture".).  Néanmoins, on citera Baudelaire pour les rapprocher: VGE fait également régulièrement allusion au poème de Charles Baudelaire Moesta et errabunda dit wikipédia.... et appréciait énormément Maupassant dont il parla à Apostrophes.

 

En mai 2010, Michel Drucker, autre disparu de cette année, fait écouter sur Europe 1, "TERRE DE FRANCE" de Jean-Louis Murat à VGE. La présentatrice indique : "c'est une chanson que vous aimez beaucoup, enfin vous aimez beaucoup le chanteur, c'est Jean-Louis Murat". Drucker dit :"il habite le col de la Croix morand"... et l'ancien président d'indiquer: "c'est magnifique, près du Sancy, j'y suis allé souvent", et Drucker ajoute "il est très fier de cette région, Jean-Louis Murat"...

 

En mai 2010, Michel Drucker, autre disparu de cette année, fait écouter sur Europe 1, "TERRE DE FRANCE" de Jean-Louis Murat à VGE. La présentatrice indique : "c'est une chanson que vous aimez beaucoup, enfin vous aimez beaucoup le chanteur, c'est Jean-Louis Murat". Drucker dit :"il habite le col de la Croix morand"... et l'ancien président d'indiquer: "c'est magnifique, près du Sancy, j'y suis allé souvent", et Drucker ajoute "il est très fier de cette région, Jean-Louis Murat"...

Terminons par quelques citations:
Dans Magic numéro 59, G comme Giscard (mars 2002)

On s’enfonce tellement dans le médiocre que Giscard va bientôt passer pour le meilleur président de la Ve République. On va halluciner, c’est-à-dire que Pompidou est un génie, De Gaulle Charlemagne, et Giscard d’Estaing, Colbert. Giscard, chez moi, en Auvergne, il se fout de tout, il pense à sa gloire personnelle, et il a vidé les caisses de la région avec Vulcania. En passant aux trente-cinq heures et en les prolongeant tous jusqu’à quatre-vingt-quinze ans, il faut bien en faire quelque chose. Donc tu balades des gens en bus. Vulcania, c’est un billard finalement. Tu as tous les grabataires de France et d’Europe qui viennent passer trois heures à regarder fumer un truc dans le parc des volcans. Moi, de toute façon, je déteste le tourisme et les touristes, et depuis que je suis tout petit. Enfant, j’ai été élevé à la ferme, et chaque fois que mon grand-père voyait un touriste, il sortait son fusil avec les cartouches à sel. À côté de ça, dans ma commune, ils nous ferment l’école, la Poste. Alors ça nous fait une belle jambe que les mecs viennent bouffer au McDo et restent trois heures, parce que tout ça est payé avec notre pognon. Les pauvres Auvergnats n’en verront pas la couleur revenir. Je trouve que c’est une idée du siècle dernier de penser qu’on va développer les pays et les régions. On se croirait revenu en 1975, en plein dans la période Giscard. Comme dans le foot, à trente-cinq ans, il faudrait obliger les mecs à se retirer parce qu’ils ne sont plus performants. Giscard est sincère, sauf que son idée a trente ans de retard.

 

Interview FOUTRAQUE 2003 à propos d'un projet giscardien:

Et si on te propose de jouer au nouveau Zénith d’Auvergne de 8500 places, une réalisation de Valéry Giscard d’Estaing…
Jamais ! C’est trop grand, je suis pour qu’on multiplie les petites salles de 500 places en France. Comme ça tous les gens qui savent jouer, comme les Rogojine, pourront vivre de la musique. C’est quoi ce délire de foutre du pognon sur des trucs pour Johnny Hallyday ou Bruel, on a rien à voir avec ça ! Si ça se trouve le Zénith va tuer la Coopérative de Mai en plus… Qu’est ce tu veux que j’aille foutre au Zénith ? Pierre-Yves Denizot veut tuer la Coopé, enfin, les Giscardiens veulent tuer les socialistes. Il ne vaut mieux pas mettre les pieds là-dedans parce que s’ils tuent La Coopé, on n’aura que les yeux pour pleurer !

Tu estimes que la Coopé, c’est une chance pour Clermont-Ferrand ?
Bien sûr, mais le problème maintenant c’est qu’avec les lois Sarkozy, tu ne peux plus boire trois bières ou en rouler un sans être emmerdé quand tu rentres chez toi. Ils sont en train de vider les salles de France surtout sur des villes comme Clermont où Il y a beaucoup de gens viennent de l’extérieur en voiture. Et puis les gens sont des veaux, il y a 15000 étudiants dans cette ville, on n’en voit jamais un seul au concert ! Ils sont plus vieux que leurs grands-parents, quel pays de morts, de macchabées ! C’est « macchabéeland », Clermont !

 

Inrocks 1994:

J'ai aussi tourné en automne un film qui s'appelle Notre-Dame de Roche Charles, une chapelle du XIIe dans laquelle on a enregistré des chansons, avec les paysans tout autour.

Toutes les chansons concernent le monde paysan, avec des images qui vous plairaient beaucoup. On pourrait dire que ça ressemble à certaines de vos photos : tous les objets qui disparaissent. Je me sentais une sorte de responsabilité. Enfin, j'ai enregistré une assez longue chanson, un chant de Noël en patois. J'ai retrouvé des clichés d'un abbé, vers 1899 , j'ai fait tout un montage avec. Donc, j'ai déjà donné. Mais à un moment, on m'invitait à des débats sur les problèmes d'agriculture... Et ce n'était pas vraiment le sujet. Je ne veux pas devenir le spécialiste. Pour moi, ce mouvement est irrémédiable. Je suis toujours là en train d'insulter Giscard d'Estaing et le Gatt.

Le MONDE 2004

Pour les hommes politiques, après un détour vers Valéry Giscard d'Estaing, initiateur de Vulcania, parc d'attractions auvergnat, Murat cite Edmond Rostand : "Se rendre compte que ce monde est réglé par des hommes politiques aujourd'hui, c'est aussi stupéfiant que de constater qu'au Moyen Age les barbiers étaient aussi chirurgiens."

 

LE LIEN EN PLUS

J'ai oublié hier de consulter le livre de Claude Dejacques, qui signa Murat chez Pathé... Et bien, il participa à relancer Anne Sylvestre chez Philips et fut donc son Directeur artistique durant 4 albums...  Voici ce qu'il en dit:

VGE et le GJ JLM, entre auvergnats du haut et du bas
VGE et le GJ JLM, entre auvergnats du haut et du bas

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 1 Décembre 2020

Et bien, comme d'habitude, on a droit à la série... et ce jour, c'est Anne Sylvestre qui nous quitte. Voici rapidement quelques éléments qui seront peut-être complétés ce soir...  

Jean-Louis Murat l'aimait beaucoup. Très récemment, il l'avait interprétée de manière un peu improvisé:

http://www.surjeanlouismurat.com/2018/10/la-reprise-d-anne-sylvestre-en-video.html

Dans une interview accordé à Sud-Ouest, Jean-Louis Murat y citait la chanson comme l'une des chansons clés : pour lui, c'est du "blues français, pur et dur". Une description qui colle bien aussi à la musique de Murat…

Anne Sylvestre lui avait parlé ensuite par Laure Adler interposée...

http://www.surjeanlouismurat.com/2019/05/jean-louis-murat-dans-l-heure-bleue-france-inter.html

- Petite séquence surprise et cadeau :  Anne Sylvestre, enregistrée,  vient parler à Jean-Louis pour lui dire qu'elle  a été touchée par ses propos  sur elle, lui explique la chanson "le mur pour pleurer"....  et interroge Jean-Louis : "avez-vous trouvé votre mur pour pleurer"?

JLM se dit "très touché".. et raconte qu'il n'a pas osé aller lui parler quand il en a eu l'occasion.  A la question, il répond:

- "oui, j'y pense... la poitrine de la fille que j'aime actuellement".

 

Jean-Louis avait également parlé d'Anne à Valérie LEHOUX:

Et aujourd’hui, dans cette loge sans luxe et pas vraiment chauffée, il est d’humeur taquine. « Au fait, puisque tu t’intéresses à la chanson française, tu sais qui est la référence pour moi ? Anne Sylvestre. Mais évidemment, personne dans les médias ne la défend... ».

Ah ben, en voilà une qu'elle est bonne ! S’il y a une artiste dont j’essaye de parler le plus possible, c’est bien Anne Sylvestre. En dix-huit ans ans de service à Télérama, je l’ai citée quarante-six fois – dixit le service doc. Et toc... Mais en quelques mots, Jean-Louis Murat vient aussi de marquer un point : il n’est pas aussi prévisible que je le pensais. Nous venons de nous découvrir un point commun capable de dépasser toutes les chamailleries passées ou à venir.

Aimer Anne Sylvestre, c’est un peu comme un signe de reconnaissance. « Je peux l’écouter tous les jours... C’est intelligent et jamais ringard. Y’a pas longtemps, sur France Inter, j’ai même repris l’une de ses chansons : Un mur pour pleurer ». Pas la plus connue, mais l’une de mes préférées ! Et voilà qu’il se met à fredonner par cœur : « On ne pleure plus, paraît-il, on rigole, c'est plus facile. On n'écoute plus les poètes, les errants. On leur dit : “Taisez-vous Vous n'êtes pas marrants". On est télé, télé... On est si fatigué de penser »…  http://www.surjeanlouismurat.com/2019/01/un-moment-avec-murat-par-valerie-lehoux.html

 

EDIT:  Les INROCKS rappellent que TOBOGGAN doit beaucoup à ANNE:

Toboggan (2013), lui a été inspiré par un morceau de l'autrice-compositrice décédée le 30 novembre, à l'âge de 86 ans : “Le titre de l’album m’est venu à cause de Le Toboggan d’Anne Sylvestre. En fait j’aime autant Gimme Shelter des Stones qu’une comptine d’Anne Sylvestre. Après, c’est vrai, c’est difficile de mélanger tout ça”, confiait-il alors. On apprenait aussi, au détour de cette interview, que sa chanson préférée était donc... Un mur pour pleurer.

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 26 Novembre 2020

Bon, je tiens à dire que l'auteur de ce blog ne prépare aucune nécro en avance... même si je profite de ces événements fâcheux pour me faire quelques lignes... Alors, ce soir:  GGGOOOOOOAAAAAAAAAAALLLLLLL, MARADONNNNAAA......

Je vois que certains  disent: "pourquoi tout ce bruit pour ça?"... Et bien, Jean-Louis donne une réponse dans sa chanson sur le football, "achille à Mexico" (sorti sur le disque "amour foot"), consacrée à Platoch... mais qui pourrait tout aussi bien parler à l'Argentine:

 

 

 

Le genre humain, tous les oiseaux
Dans le ciel blanc de Mexico
Tout devenait si personnel entre eux et nous
C'est l'unité, il faut me croire
C'est l'unité, il faut me croire
C'est l'unité
 
Solennité il faut me croire
 

C'est assez clair pour ne pas en rajouter, et comme l'a dit le chanteur : "il ne faut pas donner d'arguments à ceux qui n'aime pas le foot".   Murat peut s'interroger (en y cédant un peu?) sur l'émotion d'une nation suscitée par le décès de F.Mitterrand, ce "florentin"  qui n'a pas ressuscité le peuple, suicidé depuis longtemps (Quel est ce deuil sur nos âmes Quel est ce deuil qui nous tient " -le coup de jarnac-),  mais  certainement pas devant l'émoi du dernier départ d'un grand champion, et pas seulement espagnol...  Encore moins s'il a été un peu brigand (JL, avant Murat, héros napoléonien à la chevelure maradonienne, avait choisi en alias Aymerigot Marchès  bandit du peuple, ayant frayé du côté de Vendeix... sans oublier de citer  "la complainte de Mandrin" qui fait partie de son top ten des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur).  Ah, tiens d'ailleurs, amusant de constater que Murat comparera Maradona à Mitterrand (voir-ci dessous), physiquement (pas pour un centre déposé venu de la gauche ou un crochet à droite à VGE...).

Jean-Louis, en 1990, était en Italie pour Libération, billettiste all-accès...  Il n'en livra finalement que 3, que ce blog republia en intégralité, mal-être et trouille le fit rentrer fissa... d'autant que "Maradona jouait mal".

Dans l'Equipe du 10/02/94, le journaliste indique: "Murat quittait Naples et la plume après un Argentine-Urss où "Maradona jouait mal". JLM:

"« C’était le délire dans le stade. Ils étaient tous pour l’Argentine, ça te filait la trouille. Ils étaient prêts à tuer les Russes. Cette ambiance hystérique et méchante, je ne la sentais pas du tout. Faut y aller dans les tribunes ! "

« « Libé » m’avait envoyé en 1990 en Italie sur le Mondial. J’étais correspondant. Je suivais les matchs. Je suis allé à Naples, à Rome, tout ça. J’ai fait la première semaine. J’ai vu ARGENTINE – URSS. A Naples, il y avait une ambiance de chiottes, avec MARADONA qui faisait n’importe quoi. J’ai envoyé un dernier papier à « Libé » en disant : c’est quoi c’te bug, et puis j’ai repris la bagnole pour rentrer chez moi ». (le soir)

 

Pourtant, sa 2e chronique évoque joliment le dieu DIEGO: "homme pur que Dieu choisit",   "comme un pur-sang fou,comme un voyou (jouer de la main). De la main de dieu, imbécile génial. J'ai senti naître en moi l'infini tendresse, celle que j'ai pour Johnny, Vega, Neil Young, car même le ventre plein comme un oeuf et la verge bandée comme un arc, il mourra lui aussi d'amour et de faim". 

Et le troubadour de  nous livrer une chanson de gestes: "nous sommes venus pour une animation sacrée. Voilà le pré, le nouveau monde où nous entrons en lice... Un monde de geste et de religion. Beaux gestes, vilains gestes, efficacité des gestes, amélioration des gestes, gestes de polémiques, gestes pires que les mots, gestes de reconnaissance,gestes divins".

 

L'intégralité du texte:


 

Muradona : Jean-Louis  Murat et Maradona, le Quaire et Naples.

Après avoir écrit un poème pour Thierry Henry (en 2004), dans l'interview fameuse de So foot (2005), loin de la déprime napolitaine, Murat cause encore de Maradona, en dénonçant l'époque..."sans odeurs, sans poils", qui finalement l'éloignera du football.

"Ils jouent comme des sans-couilles. Moi, ce que j'aime, c'est le contraire: Maradona. C'est le dernier Dieu du football, le dernier des mohicans, l'homo footballicus absolu qui trichait, prenait de la coke, trainait avec la mafia".

Muradona : Jean-Louis  Murat et Maradona, le Quaire et Naples.

 

Bien sûr, on rappellera que récemment avec Il francese , JL Bergheaud a clamé son amour pour Naples...  C'est sans doute un peu bête de dire qu'il aime forcement donc l'idole de la ville... car il chérit sans doute autant ou plus les image de "l'or de Naples", film qu'il invita les lyonnais  à regarder un soir de 2018  (à lire et écouter ici), mais un remake 2020 ferait sans doute apparaître "el pibe del oro" (De Sica: « Mon film est une comédie, et pourtant l'idée de mort y apparaît constamment en filigrane"). Et hier, cet "enfant est mort", et son enterrement me fera sans doute penser  à la fierté de la "mama" du film...

 

LES CITATIONS "et les autres" EN PLUS (cherchez l'intrus)

 

"Quand on joue, c'est moi qui dirige les manœuvres, j'ai une vision d'ensemble, je suis d'emblée Platini, un peu Beckenbauer, un peu Pelé"

Je ne sais toujours pas si c’est un ange ou un démon. Il grimace comme un serial killer, et il a le sourire de Sainte-Thérèse D’Avila, tu ne sais plus. Il doit être un peu fou, c’est pour cela qu’il est génial au foot. Il y a deux Zizou qui cohabitent dans le même. Chaque fois que je le vois jouer, j’y pense. C’est un mystère, il me fait penser à Johnny, on ne sait pas, on ne sait rien, c’est romanesque   (magic)

'Bon d’accord, il y a MESSI, le nouveau Bonaparte, un génie..."        et bien sûr Didier Deschamps...' euh,oups... :

 

LE LIEN DE CIRCONSTANCE EN PLUS

Mustang revient avec un titre "memento mori"... et F. Vergeade évoque la "muratisation" de leur leader (cf article précédent, on peut d'ailleurs penser à Dominique a à l'écoute)  J. Felzine: A l'instar d'un autre célèbre chanteur auvergnat, on connaît le stakhanovisme de Jean Felzine qui, entre deux albums de Mustang, duettiste avec Jo Wedin ou s'échappe en solo et sans guitare. Trois ans après Karaboudjan EP, où le groupe s'essayait avec brio au “krautabilly”, et une tournée anglaise avec Blondie, Mustang revient enfin avec un nouveau single, Memento Mori. Derrière ce poignant éloge funèbre, on retrouve le sens de la composition racée et de l'écriture inspirée de Mustang.

https://www.lesinrocks.com/2020/11/16/musique/musique/mustang-revient-avec-le-poignant-memento-mori/

 

LE LIEN LE ROI DANS L'ARENE

On continue de parler de mort, de provocation...

Voilà que j'ai aperçu que sur twitter, Murat était une nouvelle fois sur une affiche rouge, une cible sur le dos. C'est l'association anti-corrida qui l'a rangé dans les personnalités "qui ne ratent aucune occasion de défendre leur passion mortifère"!

Jean-Louis a effectivement dit qu'il aimait la corrida... et dans le même temps le machisme...  dans les interviews où il jouait la polémique, c'est pour moi de la pure provocation et en faire un ardent défenseur de la tauromachie, c'est un rien abusé.

Je propose de retenir plutôt cette citation: "La cruauté du monde est amortie par les animaux"... même si l'amour lui évoque la bête sur le sable:

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #Baby Love

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Publié le 15 Novembre 2020

bonjour les confifi à moitié,

Je sors de mon trou. 

Rien  de phénoménal ne m'avait mis dedans et rien ne m'en faisait remonter... Oui, malgré la sortie d'un nouveau disque...  nouveau à moitié?

Je pense qu'entre vous vous êtes déjà tout dit sur Baby Love DC...  déconfiné alors que le tocsin sonnait à nouveau (quand ça veut pas, ça veut pas). Bon, après tout, il n'avait pas grand chose de déconfiné: Son intime et intérieur, débranché et con finie, et  l'amour aussi. Et bien sûr que ça va très bien de réentendre Murat ainsi, et se replonger dans la tournée Tristan par exemple. On a comme l'impression de se retrouver dans son salon, avec le feu qui crépite légèrement dans la cheminée.  Etait-ce pour certains enregistrements des démos?  L'inédit Prince ahuri  enregistré à la maison au piano -sans crédit de Denis- est très légèrement orchestré. "Que dois-je en penser?" sur un texte pour une fois assez explicite est plus nu... et  ce sont deux belles réussites. Le son est magnifique,  sur le dernier surtout.    On peut en profiter pour remarquer que ce n'est pas  Aymeric Letoquart (ci-dessous dans le "studio scarlett") mais Eric Toury aux manettes pour la majorité des titres (2 ont été fait au studio de Denis, Wooden D).

Eric Toury figure déjà sur un disque au côté de Murat... mais jamais sorti: SVOBODA de Möör. Il était à l'époque selon les mots même d'Alain Bonnefont  l'"équipier" de ce dernier.  On retrouvait aussi Eric (comme batteur) dans le  groupe FOLAMOUR (où ont évolué plusieurs anciens de Clara), groupe à la solide réputation ("aussi bon que les américains" selon P. Veillet), après avoir fait de la musique avec un autre personnage de la musique clermontoise : Geraud Costet (Barons du délire). On le retrouvera  aussi aux côtés d'un 3e sacré personnalité :  Christian Descamps de Ange...  Son activité principal est "technicien/régisseur son"... mais il n'a jamais été sur une tournée de JLM. 

Petite pause publicité:
 

« Wooden D « unité de création musicale à 10mn Clermont centre . ( création de musiques originales tous styles /...

Posted by Clavaizolle Denis on Thursday, 12 November 2020

 

 Pour en revenir à BBLDC (qu'il ne faudra pas confondre avec le CODC) - y en a qui comprennent, y en a qui comprennent pas... ou pas...-,  la seule porte ouverte du disque, c'est le titre de CELENTANO, orchestré façon baby love,  et il surprend d'ailleurs un peu au milieu du disque.  Je n'accroche pas trop à ce son synthétique... Et on en vient au grand défaut de ce disque : c'est bien trop court (y compris les chansons)!  Certes, on peut ne pas se plaindre que les titres inédits n'aient pas fait l'objet d'une réédition de luxe double cd (avec les versions non-déconfinées), qui pouvaient être mise en vente à 20/25 euros  (pour un public de curieux, ce format aurait été pertinent).     Pour un ancêtre comme moi, qui écoute à l'ancienne, on en fait trop vite le tour. Cela donne envie de se faire sa petite K7 avec quelques autres versions acoustiques du catalogue pour pouvoir assouvir son plaisir dans la durée... ou une playlist en aime- pets3... soit.

Sur la chanson "l'arc-en-ciel",  je viens de chercher si du côté italien, cela avait suscité un peu d'actualité, mais je n'ai rien trouvé. Le site officiel de Celentano ne relaie pas, et j'ai juste trouvé un ou deux tweets de fanpage, semble-t-il ravie de se mettre quelque chose sous la dent.   Ce que je n'avais pas signalé, c'est que la chanson est un hommage à un autre chanteur italien Lucio Battisti, dont la carrière est marquée par son refus de se montrer dès 1972 à la façon d'un Manset...  A propos des thématiques chers à JL,  voici ce qu'en disait Libé à sa mort: "Le mâle italien, l'amant latin, tel que le chante Battisti, est devenu un peu femme. C'est lui que l'on trahit, que l'on quitte, que l'on fait pleurer. C'est lui qui ressent désormais des émotions, si douces, si pathétiques qu'aucune femme bien constituée n'en voudrait plus, même pas gratis"... La chanson a sa page wikipédia en italien   car sa publication a fait l'objet de toute une histoire liée à une fausse médium et au fait que le titre est signé par le parolier même de Lucio (Mogol  qui écrira plus tard pour Cocciante,  Gianni Bella et Gianni Morandi).. tout ceci mettant en évidence l'importante de Lucio Battisti en Italie.   
 

A part ça, on attendra donc pour découvrir les autres adaptations muratiennes d'Adriano Celentano, en espérant que ce soit bien le programme pour 2021, car ça reste excitant.

Côté presse, je n'ai pas vu grand chose:

Un mot du côté de la MOntagne, 

un autre dans télé7jours  (merci Régis)

F. Rapilly glisse un petit mot sur Murat presque à chaque sortie.

 

A part ça...  j'ai pris avec philosophie que je n'aurai pas de concerts ce mois-ci,  après la première alerte du couvre-feu... mais avec le deuxième effet kiss cool du confinement, j'y pense, j'y pense...   Bien heureux donc ceux qui ont pu voir Murat cet automne. Certaines dates étaient annoncées comme reportées (comme Mordelles), mais elles sont bien  toutes annulées. Il faudra sans doute attendre 2021/2022 pour le revoir sur scène.

On espère, on espère.

Le télégramme faisait le point sur les décisions des maisons de disques en cette période de confinement ce qui valait à JLM de cotoyer des petits artistes en émergents:  "...Jean-Louis Murat, AC/DC et Paul McCartney !" ;  https://www.letelegramme.fr/soir/pourquoi-les-maisons-de-disques-decalent-elles-leurs-sorties-d-albums-06-11-2020-12652718.php   Ça me refait penser que j'aurais aussi dû voir Paul en juin...  

 

LE DOMINIQUE A EN PLUS

Ah tiens, ça faisait longtemps que Dominique A n'avait pas parlé de Murat (il essaye de respecter sa résolution...), mais il a fait une petite entorse:

La "muratisation" des esprits est un peu moins grave que la lepénisation, mais faudra veiller à créer des instances de démuratisation afin qu'on n'ait pas des disques d'Aya Nakamura tous les 6 mois... Déjà que JUL est à 30 albums...

 

LE RESTONS AUX INROCKS EN PLUS

LUZ était le rédac chef du numéro début novembre. On le connaît ici pour ses dessins saignants et tordants sur Jean-Louis (et la chanson française).

Dans son édito, il indique qu'il soigne son allergie: 

Parce que, même si je ne suis pas chanson française, je chéris un numéro avec la tête de Jean-Louis Murat en couverture parce qu’il y a un entretien formidable avec Robert Wyatt.

 

On ne sait pas ce que cette couv peut lui inspirer alors!

Pour rappel: l'inter-ViOUS ET MURAT- de Philippe Barbot où on en parlait: http://www.surjeanlouismurat.com/2015/04/inter-vious-et-murat-n-18-philippe-barbot.html

 

LE LIEN EN MOINS

Je ne sais pas si on pouvait encore accéder aux discussions (Didier lebras avait travaillé sur ces archives) mais yahoo supprime les groupes le 15/12, et donc avec eux, la fameuse dolo-liste...  A partir de 10 décembre 98, c'était la place to be pour les fans, et qui a créé une vraie communauté, avec une proximité avec JL... avant l'obsolescence du dispositif et l'usure pour certains. Cette ferveur a été un peu perdue. Repose en paix dolo.

Salut aux survivants! et amitiés aux anciens!

La quinzaine depuis BABY LOVE DC... et de la culture, du rock et du punk...
La quinzaine depuis BABY LOVE DC... et de la culture, du rock et du punk...

LE LIEN CULTUREL EN PLUS

Merci à Florence qui m'adresse des petits mails sympathiques. Ainsi qu'à Thierry qui s'est inquiété pour moi. (J'ai besoin de vous! Encouragements, infos, commentaires!)


Florence m'a signalé une chronique  sur Marie-Hélène Lafon... "ancrée" dans le Cantal.... Clara Dupont-Monod a des jolis mots: ce territoire "l'aimante mais ne l'enracine pas, l'ancre mais ne l'attache pas". Elle cite les mots de l'écrivain qui parle de "joie brutale de l'appartenance".

La journaliste termine (élargissant à GIono, ou Frisson-Roche) : "c'est même parce qu'ils ont les chevilles campées dans  un lieu qu'ils peuvent s'envoler vers l'universel". "qui sait d'où il part sait où il va".  Voilà des mots qui collent bien à notre auteur auvergnat...  Bien vu Florence!

ET VOILA ENFIN LE VRAI DERNIER LIEN EN PLUS EN PLUS

Le petit label lyonnais tout récent "Simplex records" qui a ressorti la toute première production de mes amis du Voyage de NOZ (encore disponible) connait un beau succès avec son 3e disque :  une production du groupe GANAFOUL, qui était totalement inédite!  La presse nationale en parle (figaro, inrocks)... et il a  même fallu refaire quelques exemplaires!

Au détour d'un petit mail, j'ai interrogé MICHEL ZACHA qui enregistra Murat pour son premier disque...  il a en effet enregistré FACTORY que certains membres de GANAFOUL avaient rejoint.  Je partage son anecdote:

J’avais enregistré en 24 pistes, début juillet 1978, les 3 jours du concert Le Rock d’ici à l’Olympia avec Le Studio Mobile de Maison Rouge. 
Tous les groupes sont venus, les uns après les autres, au fameux Studio 2 de Pathé Marconi pour écouter leur enregistrement.
Chacun est reparti, sélectionné ou pas, avec une copie de la mise-à-plat de leur passage. Ceux que nous avions choisis, d’abord pour la qualité de leur prestation et ensuite en accord avec leur staff (contrats, manager, producteurs, éditeurs, maisons de disque etc…) ont pu venir en studio pour suivre le mixage et faire d’éventuelles corrections quand c’était nécessaire (pains de guitare, de basse ou de voix) … et surtout possible !
pour Ganafoul, c’est à cette occasion je les ai rencontrés pour la première fois… Ils étaient en trio genre Jimmy Hendrix expérience mais je ne les ai pas sélectionnés pour le Vinyle. Après l’écoute j’ai expliqué à Jack Bon le plus diplomatiquement possible qu’il y avait trop de pains et qu’il fallait qu’il arrête de se prendre pour Jimmy Hendrix :-( … heureusement c' est un mec très doux et intelligent ; il a tout de suite compris. 
Je n'étais pas sur de m’en être fait un ami mais pour la belle histoire il m’a téléphoné en septembre de la même année pour que je vienne au studio de l’Air à Angers ou ils enregistraient « Full Speed Ahead » pour que je vienne écouter … et les aider à mixer leur album (« Spécial remerciement à Michel Zacha »). 
Une jolie histoire de la Rock’n Roll attitude :-)

https://www.facebook.com/simplexrecords

 

Pour rappel:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-12-michel-zacha-part-2-101352425.html

http://www.surjeanlouismurat.com/article-zacha-et-desjacques-producteurs-de-murat-en-82-84-part-1-97335518.html

Et le site officiel n'est toujours pas à jour concernant les crédits du EP Murat...

Allez, pour la peine, je vous dévoile encore une petite anecdote de ZAC du temps du punk:

"Une autre anecdote, pendant qu’on y est : Guilty Razors arrivent au studio en roulant des mécaniques avec leur air de gros méchants en godillots blindés et casquettes à clous en distribuant à tout le monde des caramels, et des paquets de bonbon… 1 heure plus tard on est dans le 2 en train d’écouter leurs morceaux quand un assistant ouvre la porte et me fait signe de venir, je sors et il me dit que la police vient de passer en cherchant une bande de loubards qui a détruit le distributeur de friandises au métro Pont de Sèvres !! Étonnant non ? comme dirait Desproges :-)) [PS: Zac a produit les enregistrements de Desproges du tribunal Des flagrants Délires]

Et la suite : Dans le morceau qu’on a sélectionné Il y a un passage où la guitare rythmique est complètement foirée. je propose au guitariste de revenir avant le mixage avec sa gratte et son ampli pour rejouer le passage en espérant que je pourrait ainsi « maquiller »  le désastre. 
Le jour de la séance, il se branche, on cherche le son pour qu’il soit à-peu-près raccord et j’envoie la bande…
çà prend du  temps, tension nerveuse dans le studio, le mec se plante plusieurs fois « Ouais ça fait chier, c’est pas du « live » c’est pas honnête etc… jusqu’au moment ou j’arrête  la bande au milieu d’une prise car  je crois voir qu’il a cassé sa corde de mi. il m’engueule et je lui répond qu’il a cassé son mi 6 et là, il explose : " j’ai retiré la corde de mi car c’est plus facile pour jouer ce putain de truc !!"

ET LE LIEN QUE JE VOUS AI MENTI EN DISANT QUE C'ETAIT FINI LORS DU DERNIER LIEN EN PLUS EN PLUS

Bon, ce n'est pas la première fois qu'on partage une vanne de l'émission de 17 h sur France inter à propos de JLM. Il y a de toute façon 2/3 vannes par émission sur la playlist d'inter ou les choix musicaux des intervenants... Cette fois, c'est MEURICE qui tacle (à 2 minutes), avec entre autres: "déjà qu'il y a les 40 rugissants, ce n'est pas pour se taper le cinquantenaire bougonnant"...   Merci Manu!

PS: Désolé pour cet article un peu bavard... mais ça faisait 3 semaines que je ne parlais pas après tout...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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